Chapitre 20
Pendant la minute où Edward m'embrassa de la manière la plus douce, la plus légère dont il en était capable, comme s'il ne voulait pas me briser, je ne pus m'arrêter de pleurer.
J'avais cru mourir mais, presque pire que cela encore, j'avais cru pouvoir ne jamais le revoir, ne jamais le sentir contre moi… ne plus jamais croiser son regard clair et d'une profondeur extrême. J'avais cru le perdre à jamais. Cette perspective me fit le serrer plus fort contre moi, savourant sa bouche, ses lèvres chaudes et son corps puissant contre moi.
- Cesses de pleurer, murmura-t-il contre ma bouche en s'éloignant légèrement.
Je restai les yeux fermés, combattant le pire qui voulait se dessiner sous mes paupières sans cesse. Ses pouces effacèrent mes larmes une nouvelle fois.
- Tout est fini, promit-il, allégeant mon cœur trop lourd. Tout va bien.
Je hochai la tête lentement, me concentrant sur son souffle chaud sur ma bouche, et sur son corps contre le mien.
Il me fallut plusieurs minutes pour réussir à calmer mes nerfs et les tremblements de mes mains. Autour de nous, je sentais des mouvements, des mots échangés, des allers et venus, mais je m'en fichais : je ne sentais qu'Edward. Que sa peau, que son parfum, que son nez frôlant le mien amoureusement le temps que j'arrive à tarir mes larmes et ma peur.
- C'est terminé, souffla-t-il contre moi en posant son front contre le mien.
Ses mots résonnèrent dans ma poitrine, puis dans mon corps entier, s'infiltrant jusqu'à mon cœur encore serré.
J'inspirai profondément son odeur boisé et chaude, et expirai lentement.
C'était terminé.
Cette fois, l'angoisse ne m'étranglait plus comme le matin même, lorsqu'il m'avait appelé pour Tanya.
Cette fois, mon cerveau et mon corps entier semblait y croire.
Cette fois, la perspective de pouvoir enfin vivre me traversa, faisant renaitre l'espoir, et l'envie d'avancer.
- Désolé de vous déranger monsieur, intervint une voix pas loin. L'opération est terminée.
Je sentis Edward se reculer légèrement même si ses yeux brulaient encore mon visage.
J'ouvris les paupières difficilement, reprenant pieds dans la réalité qui était celle nous entourant : le FBI encore présent, en partie dans le couloir. Alice et Jasper arrivant depuis l'ascenseur, au loin. Emmett, appuyé sur le mur en face de nous, les yeux rivés sur la porte de la suite encore ouverte d'où sortait et venait plusieurs membre de la police.
Les yeux d'Edward, face à moi, me scrutèrent avec une attention profonde et vraiment particulière.
Pendant quelques secondes, il ne répondit rien à l'agent à nos cotés. Son regard fouilla le mien, comme s'il arrivait à y trouver absolument toutes les réponses dont il avait besoin pour continuer à vivre.
Je me sentais mieux, maintenant, bien qu'épuisée. J'avais juste envie de me retrouver seule avec Edward, et d'oublier absolument toute cette histoire.
Edward, comme s'il avait lu dans mes pensées, dirigea son attention à l'homme qui lui avait parlé quelques secondes auparavant.
- Qu'est ce qu'il se passe, maintenant ?
- Etant donné que le suspect à été tué, il n'y aura aucune forme de procès. Mademoiselle Swan doit faire une déposition, il faut nous suivre jusqu'au poste.
L'homme qui embrouillait mes sens et apaisait mon cœur me jeta un coup d'œil, attendant visiblement ma décision.
- Je veux juste oublier tout ça, soufflai-je doucement.
Alice arriva à notre hauteur avec Jasper.
- Ca peut attendre demain ? demanda Edward en jetant un coup d'œil à l'agent du FBI. Je crois que ça suffira pour aujourd'hui.
- Il faut qu'elle fasse une déposition pour confirmer les faits, quoi qu'il en soit.
Edward me regarda à nouveau, un peu crispé par l'insistance de l'homme face à nous.
J'eus l'impression qu'il tentait de mesurer si je tenais le coup.
Cependant, je me sentais mieux maintenant. Savoir que tout était terminé, que l'homme en question avait été tué... je m'entendis déglutir. Je n'aurai certainement pas dû ressentir tout ça... mais, le soulagement s'empara de mon corps entier, faisant cesser brutalement les tremblements qui me secouaient depuis que j'avais retrouver Edward.
- Vous ne risquez plus rien, dit l'agent gentiment en glissant un regard jusqu'à moi.
Il était probablement dans nos âges. Ses yeux, bleus clairs, me dévisagèrent un instant avant qu'Edward ne se racle la gorge.
L'agent l'ignora royalement, faisant glisser son regard sur mon corps sans s'en cacher. Était-il sérieux ? Je devais être hideuse, et, quand bien même, Edward était juste là !
Ce dernier bougea légèrement, faisant un pas de coté pour stopper obligatoirement ce qui se passait.
La tension dans le couloir augmenta en une fraction de seconde. Gênée, je reportai mes yeux sur Edward.
Personne ne lui arrivait à la cheville, qu'importe qui face à moi tentait de me faire du zèle.
- La déposition attendra demain, lâcha Edward froidement.
Les deux hommes se dévisagèrent, puis l'agent recula d'un pas, vraisemblablement mal à l'aise. Jasper derrière nous se racla la gorge, ce qui me fit sourire. Il n'y avait pas que moi qui sentait la tension entre les deux hommes.
L'agent nous salua, nous priant de nous présenter le lendemain au commissariat le plus près pour faire ma déposition et clôturer le dossier.
Alors, cela était désormais terminé ? Pour de bon ?
- Alice, charges toi de trouver une autre suite, dans un autre hôtel, ordonna Edward à son agent qui avait dégainé son téléphone avant même qu'il ne termine sa phrase.
- Je suis dessus.
Elle s'éloigna pour passa des coups de fil.
- Tu veux aller diner ? me demanda-t-il ensuite en reportant son attention sur moi.
- J'n'ai pas faim, soufflai-je. Mais si tu veux y aller…
- Pas sans toi, me coupa-t-il avec un petit sourire.
Un sourire étira doucement mes lèvres à mon tour, semblant alléger le poids sur nos épaules.
Tout irait bien.
Alice nous trouva une suite au dernier étage -avec terrasse- et vue sur Central Parc pour la nuit qu'il nous restait. En pénétrant dans la suite tout en marbre, je filai jusqu'à l'immense baie pour observer la nuit tombée sur le parc et la ville.
Edward derrière moi passa ses bras autour de moi pour me prendre contre lui, laissant tomber nos sacs à nos pieds.
Pendant plusieurs minutes, on observa en silence les chemins de lumières à travers les allées et les arbres éclairés.
C'était magnifique.
- Comme tu te sens ? finit-il par demander, sa bouche trainant dans mes cheveux.
- Bien, répondis-je honnêtement.
Et c'était vrai.
Il y avait vraiment, vraiment longtemps que je n'avais pas été si bien, aussi insouciante. Plus de peur, plus de poids invisible mais pourtant bien présent sur ma poitrine, plus de questionnement sur l'avenir, sur ce qu'allait devenir notre histoire ou sur la sécurité d'Edward. Plus de tourments, plus d'épée de Damoclès au dessus de la tête, plus d'inquiétude… plus rien.
Juste nous.
Lui, moi, Central Parc sous nos yeux et le sentiment qu'une nouvelle vie s'ouvrait doucement mais surement devant nous.
Notre nouvelle vie.
- Et toi ? lui demandai-je quand il me fit tourner dans ses bras pour m'observer.
Son regard profond verrouilla le mien.
- Bien, souffla-t-il à son tour.
Ses traits fins éclairés par la douce lumière de l'entrée, je le trouvais plus beau qu'il n'avait jamais été. Mes doigts dessinèrent les contours de sa légère barbe avant de caresser ses cernes mauves. Il avait l'air épuisé.
- On devrait se reposer.
Il acquiesça, puis partit en direction de la chambre, plus loin, posant nos sacs au pied du grand lit à baldaquin.
Je n'avais certainement pas encore assez de recule sur tout ce qu'il venait d'arriver, mais, ce soir, en l'observant s'asseoir sur le lit lentement, j'eus la sensation d'avoir une nouvelle chance… notre nouvelle chance.
Il passa ses mains sur son visage fatigué quand j'approchai.
Je retirai mes chaussures à l'entrée de la pièce et vint jusqu'à lui pour caresser ses cheveux.
Automatiquement, ses mains trouvèrent la peau de mes cuisses.
Automatiquement, mon cœur sursauta à son contact, avant de s'emballer.
Je savourai sa peau caressant la mienne avec douceur pendant quelques secondes. Mes jambes tremblèrent quand il posa son front contre mon estomac, son parfum m'apaisant doucement.
Je l'entourai de mes bras pendant qu'il m'enlaçait, me rapprochant plus de lui encore en me faisant une place entre ses jambes.
Les derniers évènements semblaient l'avoir marqués lui aussi, peut-être autant que moi. Si la situation avait été l'inverse… je serais certainement devenue folle.
Les souvenirs de ce que j'avais ressentis dans la suite piquèrent mon cœur, serrant ma gorge à nouveau.
Il faudrait certainement beaucoup de temps pour que ce cauchemar ne remonte plus à la surface et que tout cela soit totalement derrière nous…
- Est ce que tu veux en parler ? demanda-t-il à voix basse en relevant les yeux vers moi.
Son regard sombre et d'une profondeur troublante fit accélérer mon cœur.
- Je… je ne sais pas quoi en dire, murmurai-je en haussant les épaules. Je… cet homme…
Un soupire passa mes lèvres.
- Grimaldi à retrouver dossier, m'informa-t-il en fouillant mon regard. Il a été arrêter plusieurs fois pour violence et à fait plusieurs séjours à l'hôpital psychiatrique. Il souffrait visiblement d'un trouble psychologique important.
- Son attitude… il n'était pas normal, je l'ai senti dès le début… on aurait dit… on aurait un malade… balbutiai-je en secouant la tête, refusant de me replonger dans mes souvenirs encore trop réels.
Edward serra les dents. Mes doigts caressèrent ses joues puis sa mâchoire carrée.
- Je vais bien Ed...
- Il t'a frappé, me coupa-t-il, la colère éclatant dans ses yeux désormais plus sombres.
Ses doigts effleurèrent très légèrement ma lèvre blessée, faisant renaitre la douleur malgré sa douceur.
- Ca n'est rien, assurai-je en attrapant son poignet pour stopper son geste.
Il serra les dents plus fort, retenant visiblement mal sa colère d'exploser.
- Je…
- Pendant que tu étais avec lui, j'ai eu tout le temps d'imaginer des centaines de scénarios pire les uns que les autres… Quand tu es sortie de la suite j'ai…
Il soupira, semblant incapable de réussir à exprimer la colère l'habitant.
- J'arrêtai pas de me dire que s'il t'arrivait quoi que ce soit, que s'il touchait un seul de tes cheveux…
Il fit une légère pause, ses yeux quittant les miennes pour caresser mes lèvres. Ma douleur avait soudain l'air d'être la sienne. Mon souffle se raréfia.
- Et il l'a fait. S'il n'avait pas été tué par le FBI, je l'aurai surement fait de mes propres mains.
- Edward…
- Je suis responsable de tout ça, murmura-t-il avec difficulté, ses yeux ancrés dans les miens.
La culpabilité le traversa douloureusement pendant que je fronçai les sourcils.
- Tu ne l'es pas.
Il secoua la tête, comme si j'étais en train de dire la chose la plus idiote qui soit.
- Tu ne l'es pas Edward, répétai-je, espérant y insuffler toute la confiance que j'avais en lui. Jamais je ne pourrais te tenir pour responsable… personne ne l'est, si ce n'est cet homme qui à essayer de tout t'enlever parce qu'il souffrait de troubles trop importants pour nous. Ca aurait pu être n'importe qui, mais c'est tomber sur toi…
Edward serra les dents et, pour la première fois depuis notre rencontre, il détourna les yeux, semblant incapable de soutenir mon regard alors que de profonds doutes secouaient son corps.
Capturant son menton entre mes doigts tremblants, je l'obligeai à me regarder.
Quelques secondes, je restai silencieuse, observant ses traits crispés et fatigués où la colère et la culpabilité se mêlaient aux émotions encore trop présentes des dernières heures.
- Tu n'y es pour rien. Tu n'y es pour rien et je te le répèterai chaque jour de notre vie s'il le faut. Ce monstre à fait de ta vie un enfer depuis presque un an… personne ne mérite ça. Et surtout pas toi.
Ses yeux fouillèrent les miens pendant quelques secondes. Si profondément que je me sentis rougir légèrement face à tout ce qu'il me faisait ressentir, et à tout ce que je lisais dans ses iris.
Quelque chose en lui s'apaisa lentement.
Avec du temps, certainement beaucoup de temps, tout irait mieux.
Son regard se baissa sur nos corps si près l'un de l'autre que mon cœur en était fou.
Ses mains capturèrent la mienne, maintenant son visage vers le mien, avant qu'il n'inspire profondément. Le baiser qu'il déposa dans ma paume tordit mon ventre dans un spasme qui me secoua toute entière.
A cet instant, je me sentais la personne la plus aimée au monde.
Lorsqu'il releva les yeux vers moi, son regard trouble fit s'arrêter mon cœur. Une de ses mains tremblantes remonta à mon visage, son pouce passant sur ma lèvre abimée.
- Tout va bien, réussi-je à dire en dépit du poids appuyant sur ma poitrine à la vue de son émotion.
La mienne brula ma gorge et mes yeux douloureusement.
- J'ai cru t'avoir perdu pour toujours, murmura-t-il la voix cassée.
- Je l'ai cru aussi.
- S'il t'était arrivée quoi que ce soit, s'il avait…
Il se stoppa, incapable de poursuivre. L'émotion serra si fort ma gorge que je dû serrer les dents pour ne pas me mettre à sangloter comme une enfant.
- Je ne sais pas ce que je serais devenu.
- Je suis là. Tout est terminé, chuchotai-je en me penchant vers lui.
Ses mains glissèrent sur mon corps, brulant ma peau délicieusement.
Mon cœur s'affola, faisant crépiter l'air autour de nous quand son nez frôla le mien, accentuant brutalement la chaleur de la pièce.
Le désir s'insinua entre mes hanches, me faisant trembler.
- Je t'aime, susurra-t-il, les larmes aux yeux.
Les miennes débordèrent, roulant sur mes joues quand ma bouche rejoignit la sienne dans un premier effleurement.
- Je t'aime, répondis-je dans un souffle.
Ses mains me ramenèrent un peu plus contre lui, me laissant la place de m'insinuer un peu plus entre ses jambes.
Sa bouche embrassa doucement la mienne à nouveau, appuyant parfaitement contre mes lèvres.
Le désir répandit une douce chaleur dans mon ventre, me faisant trembler d'avantage contre lui.
Il avait dû naitre pour faire créer mon désir.
Il avait dû naitre pour m'embrasser, pour ne faire plus qu'un avec mon être.
D'un geste habile, il me tira à lui, s'allongeant sur le lit tout en continuant d'embrasser mes lèvres lentement. Je pris appui sur mes mains, savourant sa chaleur et la texture de ses lèvres contre les miennes.
Pendant un long moment, il ne fit rien de plus que m'embrasser, caressant mon corps de ses mains, semblant s'imprégner de chacune de mes courbes.
Plusieurs fois, il murmura qu'il m'aimait, tremblant chaque fois un peu plus contre moi.
Le désir finit par l'emporter, pressant nos souffles et nos cœurs.
Avec une facilité déconcertante, Edward nous fit tourner, inversant nos positions. Son corps brulant reposa sur moi, flottant au dessus du mien alors que ses yeux sombres de désir me transperçaient, augmentant le crépitement du désir dans la pièce silencieuse.
Quelque chose changea le court du temps.
Il me fit l'amour lentement, prenant le temps d'aimer mon corps pendant des heures.
Cette nuit là, nous étions seuls au monde.
Cette nuit là, je ne savais plus qui nous étions vraiment.
J'étais lui, il était moi. Si bien que, longtemps, que je distinguai plus mon corps du sien. Nous ne faisions qu'un… physiquement et émotionnellement.
Chacun de ses baisers, chaque tremblement, chacun de ses gestes trahissait l'émotion encore présente entre nous, mais l'amour, notre Amour prit le pas sur absolument tout ce qui nous entourait.
Il prit le temps d'embrasser chacune de mes courbes, vénérant presque ce corps que j'avais détesté pendant des années.
Je pris alors presque brutalement conscience de tout, de nous.
Rien ne pourrais plus nous séparer.
Rien ne pourrais désormais me faire douter de son amour pour moi, de l'importance de notre histoire et de l'évidence de notre amour.
Cette nuit là, je pris pleinement conscience à quel point Rosalie avait raison… il était mon âme sœur. Nous étions liés, par quelque chose de plus important, de plus grand qu'une simple histoire de cœur.
J'avais été faite pour lui, seulement pour lui.
Et je l'aimais, plus que personne ne l'avait jamais aimé, et comme je n'aimerais jamais personne d'autre que lui.
Cette nuit là, rien n'était arrivé, et tout était possible.
6 mois plus tard.
- Tu vas me manquer, murmura Alice à mon oreille, me serrant plus fort contre elle.
- Toi aussi… tellement…
Mes bras lui rendirent la force et l'amour qu'elle me transmettait. Mes yeux me brulèrent quand on se recula assez pour s'observer.
Qui aurait pu penser qu'Alice deviendrait une amie, mon amie ?
- Faites attention à vous, ordonna-t-elle la voix tremblante.
- On se voit vite, la rassura Edward en la prenant contre elle. Je te rappelle que tu restes mon agent.
- Encore heureux, rigola-t-elle les yeux brillants.
Jasper, à nos cotés, nous observa avec cette émotion calme et maitrisée qui était toujours la sienne.
- On viendra vous voir très vite.
- Je sais.
- Et on se fera des journées piscines-apéro dans votre piscine à débordement.
- N'y compte pas trop, claqua Edward, le visage sérieux mais les yeux rieurs.
Jasper me serra contre lui à son tour.
- On le fera, lui promis-je tout bas.
- T'es la meilleure, se réjouit-il avant de me relâcher.
Quand le dernier appel arriva, on s'éloigna à regrets.
Avant de passer la porte d'embarquement, je leur jetai un dernier regard.
Je savais que cela n'était pas la fin. Je savais qu'on le reverrait bientôt -très bientôt. Je savais que, peu importe la distance entre nous, ils seraient toujours dans nos vies, d'une manière ou d'une autre. Mais en les observant, Alice essuyant ses larmes piteusement et Jasper les yeux brillants, j'eus du mal à ne pas pleurer.
J'allais regretter nos déjeuner entres filles chaque mardi.
J'allais regretter nos séances shopping improvisées, nos soirées ensemble.
J'allais regretter de ne pas pouvoir assister physiquement au quotidien de leur vie.
J'allais regretter de ne pas voir chaque semaine son ventre s'arrondir un peu plus.
Comme si elle était connectée en directe à mes pensées, Alice caressa son ventre où leur enfant grandissait chaque jour un peu plus… plus que 5 mois et ce petit ange serait parmi nous.
- On les voit bientôt, me rappela Edward en me serrant contre lui d'une main autour de mes hanches.
- Je sais… c'est juste…
- Je sais, murmura-t-il en embrassant ma tempe.
Leur image disparue quand on passa les portes. Malgré tout, malgré la douleur de la séparation et la difficulté que j'avais à les quitter, je ne pouvais pas regretter notre décision.
Nous avions trouvé notre place.
Dans l'avion, je dormi une bonne partie du trajet, et passait l'autre partie à observer l'océan sous nos pieds. Depuis que j'avais rencontré Edward, et, surtout depuis plusieurs mois, nos vols étaient devenus si fréquents que j'avais la sensation de passer mon temps à voyager.
Quand on arriva, il faisait nuit. Le soleil était couché depuis plusieurs heures et il me fallut toutes mes forces pour ne pas m'endormir le temps du trajet entre l'aéroport et notre destination.
Devant la bâtisse ocre qui m'était désormais familière, un sourire étira mes lèvres.
- On est chez nous, souffla Edward à mon coté en me prenant par la taille pour me ramener contre lui.
- Presque, oui, souris-je en retrouvant son regard pétillant.
Les évènements d'il y a six mois avaient l'air d'être ceux d'une autre vie.
On contourna l'immense maison pour retrouver le chemin de la maison au fond du terrain. Les petites lumières à l'intérieur étaient allumées, comme la première fois qu'Edward m'avait emmené ici.
En y pénétrant, je me stoppai dans l'entrée, savourant ce que je ressentais chaque fois que j'arrivai ici.
Ici, nous nous étions aimés, déchirés.
Ici, je lui avais dit pour la première fois que je l'aimais, et on se l'était dit des centaines de fois depuis.
Ici, il avait prit la décision la plus difficile de sa vie : me quitter pour me protéger.
Je frissonnai, ramenant mes bras autour de moi.
- Ca va ? demanda-t-il en voyant que je n'avais pas bougé de l'entrée.
- Oui je… on en a vécu des choses ici, murmurai-je en retrouvant ses yeux clairs et envoutants.
Un sourire étira ses lèvres, puis les miennes.
- Des centaines de choses, oui. Mes préférés se sont généralement passées là bas, s'amusa-t-il en désignant la chambre un peu plus loin.
Je me retins de lever les yeux au ciel, ce qui l'amusa. Son air enfantin me détendit et je pénétrai dans le salon, faisant trainer mes yeux sur la cuisine. A cet endroit précis, je lui avait demandé de rester vivre ici, malgré tout ce que cela signifiait : quitter nos proches et s'éloigner de tout ce que j'avais toujours connu.
- Tu es sûre de toi ? s'inquiéta-t-il en m'observant, à quelques pas de moi.
Mes yeux retrouvèrent son visage. Le bonheur lui allait bien. Il était superbe… superbe, et à moi.
- Oui. J'n'ai jamais été plus sûre de moi de ma vie.
- On pourra retourner à Los Angeles dès qu'on le voudra.
- Je sais, admis-je avec un petit sourire.
Son regard fouilla le mien, y cherchant le moindre doute… mais je n'en avais pas.
Nous allions vivre ici, en Sicile, tous les deux… je ne voulais que ça.
- Enfin faut-il encore que tu arrives à nous trouver une maison, me taquinât-il en m'approchant.
Je grognai, ce qui le fit rire.
- Tu es d'une exigence horrible, me défendis-je quand il colla son corps au mien. Tu veux une piscine à débordement, quatre chambres, des tonnes de baignoires, un jacuzzi, une…
Ses lèvres se posèrent sur les miennes, me faisant taire.
Je fermai les yeux, savourant la douceur avec laquelle il savait m'embrasser et me faire absolument tout oublier.
- Là, maintenant… je te veux toi, murmura-t-il contre ma bouche, effleurant mes lèvres à chaque mot.
Mon cœur s'arrêta avant de battre plus fort, plus vite… comme à chaque fois qu'Edward allumait le désir dans mon corps tremblant.
- Je ne suis pas trop exigeant ? nargua-t-il avec une arrogance qui me troubla.
- Je… je pense pouvoir répondre à ta requête, bafouillai-je, le faisant sourire sur mes lèvres.
- Bien, approuvât-il avant de me relâcher et de partir à l'opposer de la pièce.
Le cœur battant, je restai prostrée par son soudain changement d'avis.
- Edward ! m'indignai-je, le faisant rire malgré le désir que je lisais dans son regard brulant.
- Je vais prendre une douche, m'apprit-il en me lançant un regard qui aurait pu faire fondre n'importe qui.
Hébétée, je ne bougeai pas d'un pouce pendant quelques secondes, ayant du mal à penser à autre chose qu'à son corps parfait sous l'eau chaude.
- Tu viens ? demanda-t-il en disparaissant déjà par la porte de la chambre.
Je me mordis les lèvres en retenant de rire, seule au milieu du salon. Qu'importe que cela fasse une semaine, ou un an que nous étions ensemble… il avait toujours le même effet dévastateur sur ma personne…
Quand on s'endormit l'un contre l'autre dans le grand lit, le jour se levait déjà.
- On dérange ? interrogea une voix derrière nous, me faisant lâcher le croissant qu'Edward avait été chercher quelques instants plus tôt.
- Rose !
Je me levai précipitamment pour atteindre ma meilleure amie, debout au bord de la terrasse en bois. L'horizon se dessinait derrière elle où le soleil brillait, illuminant les vignes et les oliveraies autour de nous.
- Salut belle étrangère ! salua-t-elle quand je l'atteignis pour l'étreindre.
Je la serrai de toutes mes forces, plus qu'heureuse qu'elle soit ici, maintenant. Edward se leva pour la saluer alors qu'Emmett apparaissait à son tour.
- C'est à cette heure là que vous déjeuner ? s'indigna-t-il en jetant un coup d'œil à la table derrière nous.
- On est arrivés tard, nous défendis-je, ignorant le sourire d'Edward.
Je lui lançai un regard noir pour qu'il arrête de sourire aussi bêtement. Son sourire s'agrandit un peu plus, m'éblouissant totalement. Notre échange silencieux fut interrompue par Rosalie qui claqua des doigts pour retrouver mon attention.
- Tu es superbe, la complimentai-je dans un sourire en retrouvant ses yeux d'un bleu profond.
- Tu as vu ! s'extasia-t-elle en tournant sur elle même.
Sa robe à fleurs vola doucement autour d'elle, me faisant réaliser à quel point elle était bronzée.
- Si tu m'avais expliqué dès le départ que cet endroit était le paradis j'y serais venue beaucoup plus vite, me reprocha-t-elle.
Je levai les yeux au ciel.
- Je n'ai pas eu à te supplier, lui rappelai-je en souriant à Emmett qui nous observait, amusé.
- C'est vrai, avoua-t-elle en rougissant légèrement.
Emmett et elle échangèrent un regard amoureux avant qu'Edward ne leur propose de manger quelque chose.
- Il est presque 15h, nous rappela Emmett dans un rire.
- Jamais trop tard pour des croissants, indiqua Edward en en croquant un.
Je souris doucement, totalement, complètement amoureuse de cet homme, qu'importe si notre vie se résumait désormais à manger des croissants au milieu de l'après-midi. On prit place autour de la table en bois.
- Mon Gribouille supporte bien la vie Italienne ? m'enquis-je en observant Rosalie se servir du café.
Un sourire immense barra son visage.
- Notre appartement sur le port à l'air de lui plaire… peut-être qu'il voudra rester avec nous…
- Hors de question, m'écriai-je, faisant rire les garçons.
- Il vit avec nous depuis quinze jours, fit remarquer ma meilleure amie en me fusillant du regard. Je pense que ça va le perturber de changer encore de maison…
- Faut-il encore qu'Isabella nous en trouve une, se moqua Edward.
Je le fusillai du regard, récoltant un sourire à tomber qui fit sursauter mon ventre.
- J'y travaille, me défendis-je. Et Gribouille viendra vivre avec nous dès que nous aurons trouvé notre bonheur.
Rosalie bouda, espérant surement me faire changer d'avis… mais mon amour de chat me manquait trop pour que je refuse de le retrouver. Déjà quinze jours qu'il était venu ici pour vivre avec Rosalie et Emmett le temps que nous arrivions à notre tour. J'avais hâte de le revoir.
Une bonne partie de l'après midi passa dans la même ambiance sereine et décontractée, me faisant me sentir plus heureuse que je l'avais rarement été. A plusieurs reprises, le regard de Rosalie croisa le mien. Elle était heureuse, je le sentais. En paix, souriante, et bon sang, ce qu'elle était bronzée ! Quand Edward et moi avions prit la décision de venir vivre en Sicile, l'annoncé à Rosalie avait été vraiment difficile.
Après de longs jours, Emmett avait contacter Edward. Il ne voulait pas perdre son travail, Edward étant devenu plus que son patron mais, surtout, il n'avait pas envie que l'on se retrouve séparer par des milliers de kilomètres.
Désormais, ils vivaient ici, et nous allions pouvoir continuer de vivre nos vies liées à jamais.
Cette perspective me rendait fébrile et heureuse.
En les observant rire autour de la table, je souris doucement. J'aurai voulu pouvoir arrêter le temps à cet instant, rien que pour pouvoir savourer à jamais ce que je ressentais en regardant rire les personnes que j'aimais le plus au monde. Il ne manquait plus qu'Alice et Jasper… un jour, peut-être…
- Tout va bien ? murmura Edward en se penchant légèrement vers moi après un instant.
Mon regard retrouva le sien, clair, profond, époustouflant.
- Tout est parfait, répondis-je à voix basse, le bonheur irradiant mon âme dans de longues vagues.
Nos yeux brillèrent, nos bouches se sourirent.
Ma perfection.
En fin de journée, alors que nous profitions de la piscine auprès des parents d'Edward, toujours accompagnés de nos amis, Esmée disparut dans la maison. Pendant un moment, assise sur le transat, j'observai Edward, Rosalie et Emmett jouer comme des adolescents.
Carlisle assis à mon coté, admirait son fils dans un silence rempli d'émotion et de fierté.
- Il est heureux, dit-il au bout de plusieurs minutes.
- Je crois que oui.
Emue, je ne pus détacher mes yeux d'Edward devant nous qui riait aux éclats.
- Non, il l'est vraiment… grâce à toi. Cette vie… c'est tout ce qu'il mérite.
Je jetai un regard à Carlisle qui me sourit doucement. Rare était les fois où il parlait avec le cœur mais, chaque fois, cela me déboussolait.
- J'espère que ça durera encore très longtemps, murmurai-je, ignorant le tremblement de ma voix.
- J'en suis sûr, sourit-il, m'insufflant toute la confiance qu'il avait en nous.
Moi aussi, j'avais confiance en nous.
Au même moment, Edward sortit de la piscine pour nous rejoindre. Je lui tendis sa serviette, le dévorant des yeux quand il s'essuya. Il n'était pas beau, il était parfait. Ma perfection.
Le soleil déclinait lentement sur l'horizon, illuminant tout autour de nous, y compris la nature s'étendant à perte de vue sous nos yeux jusqu'à la mer au loin. L'avenir promettait d'être beau. J'avais tout ce qu'il me fallait pour être complètement heureuse.
- Edward ? intervint la voix tremblante d'Esmée derrière nous.
On se tourna d'un même ensemble pour voir Esmée, debout près des baies, le visage pâle et les yeux brillants.
Mon cœur s'accéléra tout seul alors que mes sourcils se froncèrent.
- Maman ? Ca va ? s'inquiéta Edward en se relevant précipitamment pour la rejoindre.
J'eus l'impression douloureuse qu'elle faisait de son mieux pour ne pas s'écrouler. Emmett et Rosalie sortirent de la piscine en moins de temps qu'il en faut pour le dire.
- Je…
Avec Carlisle, on les rejoignit pendant qu'elle tentait de parler, l'émotion serrant sa gorge si fort qu'il lui fallut quelques secondes pour se reprendre. Son mari, visiblement très inquiet lui toucha le visage où ses larmes débordèrent. Ma poitrine se serra à m'en faire mal quand une silhouette se dessina derrière elle.
- Quelqu'un veut te voir, finit-elle par lâcher avant de s'écarter de la baie.
Un homme, bien plus grand qu'elle passa la porte, figeant tout le monde sur la terrasse.
Ses grands yeux bleus, sa mâchoire carrée, son air très -trop familier- son corps bronzé et ses cheveux longs, blondit par le soleil… il ne me fallut pas une seconde pour comprendre de qui il s'agissait.
Mon regard se porta sur Edward à mon coté.
Figé, il observa son frère avec une émotion incroyable dans les yeux.
Les larmes me vinrent quand ils s'observèrent en silence pendant quelques secondes.
Evidement, ils s'étaient reconnus à la première seconde.
Evidement, ils avaient des milliers de choses à se dire mais, pourtant, aucun d'entre eux ne semblaient capable d'acquiescer le moindre mot.
La main d'Edward trembla quand je l'effleurai, espérant lui transmettre tout mon courage.
- J'espère que je ne dérange pas, murmura la voix rauque d'émotion de Mickael. Je voulais voir mon frère.
Avant que quelqu'un n'ai eut le temps de réagir, Edward atteignit son frère dans une étreinte puissante et bouleversante.
La vive émotion entre eux fit déborder mes larmes alors que, face à moi, Carlisle prenait Esmée, en larmes, par les épaules pour la serrer contre lui.
La mère d'Edward releva ses yeux mouillés vers moi, alors qu'un sourire pénible étirait ses lèvres.
Aujourd'hui, tout changeait.
- Tu veux me dire ce que tu fais ?
Un sourire étira mes lèvres alors que l'impatience d'Edward grandissait.
- Tu verras, m'amusai-je en lui jetant un coup d'œil.
Faussement agacé, il soupira tandis que reportai mon attention sur la petite route devant nous.
- Tu pourrais au moins me dire où on va.
- Quelque part.
Je le sentis plus que je le vis lever les yeux au ciel à cause du bandeau sur ses yeux. Je savais qu'il n'était pas à l'aise à avec les surprises, mais pour une fois, c'était moi qui menait la danse.
Quand on se gara, je sentis mon cœur s'accélérer en jetant un coup d'œil à l'extérieur. Et s'il ne l'aimait pas ? Et s'il trouvait mon idée totalement stupide ?
- Bon tu vas sortir oui ? Que je puisse…
- Oh tais-toi, m'écriai-je avant d'éclater de rire.
Son rire chatouilla mes oreilles pendant que je sortais de la voiture pour en faire le tour. L'air chaud secoua mes cheveux. Ce que j'aimais vivre ici.
Je fis sortir Edward et, l'entrainant par la main pour le guider, j'allais jusqu'à cet endroit dont j'avais rêvé pendant des mois.
- Je vais t'enlever le bandeau, le prévins-je en m'approchant.
Son bras s'enroula autour de ma taille, accélérant mon souffle.
Le soleil déclinant derrière lui rendait l'environ sublime. Soudain, je me sentis fébrile.
- Tu trembles, murmura Edward quand je passai mes mains derrière lui pour défaire le nœud du bandeau.
- J'ai peur, avouai-je avec sincérité.
- Rien de ce que tu pourras faire ne me décevra, murmura-t-il en se penchant vers moi, son nez frôlant le mien.
Mon cœur s'arrêta avant de repartir brusquement. Ses mains entourèrent mon visage alors qu'il se penchait un peu plus sur moi, effleurant ma bouche délicieusement.
- Tu ne sais pas où on est et tu m'embrasses ? demandai-je pour cacher l'effet de ses gestes en moi.
Son sourire se dessina tandis que ses doigts caressaient ma joue.
- Le monde entier sait pour nous, me rappelât-il dans un souffle. Même Mickeal qui vivait au fond du Kenya depuis dix ans à été mis au courant.
Je ne pus m'empêcher de sourire à mon tour quand sa bouche embrassa la mienne doucement.
Son frère était réapparût quelques jours plutôt et, désormais, tout semblait avoir un sens. Leurs retrouvailles avaient étés si fortes en émotions que j'avais encore du mal à m'en remettre. Nous avions passés des heures à parler avec lui, à vouloir savoir tout ce qui était arrivé depuis le jour où ils avaient été séparés.
Mickeal vivait depuis plus de dix ans dans une réserve, au fin fond du Kenya. Ses parents adoptifs l'y avait emmené plus jeune, et il en était tombé littéralement amoureux. Il avait eu une vie paisible après son adoption, loin de tout puisqu'ils étaient partis vivre dans un petit village en Inde.
Pendant plusieurs années, il avait voulu, souhaité retrouvé Edward mais les moyens limités de ses parents et la distance l'en avait empêcher.
Un matin, un mois plus tôt, il avait dû se rendre à la Capitale du Kenya pour des besoins de la réserve dont il était le gérant.
Devant un kiosk à journaux, il était tombé sur une photo, dans un magazine, d'Edward et moi à un Gala de charité pour l'association des Enfants du Kenya.
Immédiatement, il avait reconnu son frère.
Immédiatement, il avait tout fait pour le retrouver.
Tout était encore récent, surement, mais Edward était plus heureux que jamais. Il avait enfin retrouvé ce frère qu'il avait cherché pendant des années. Rien ne se mettrait plus en travers de leur route, désormais.
J'inspirai profondément avant d'enlever le tissus du visage d'Edward.
Mon cœur ne s'habituerait donc jamais d'avoir sa présence contre moi ?
Edward n'ouvrit pas les yeux pour autant. Ses doigts caressèrent une nouvelle fois mes joues avant qu'il n'effleure ma bouche à nouveau.
- Je t'ai déjà dit à quel point je t'aime ?
- Ce matin, le taquinai-je en caressant son nez du mien.
- Bien.
Mon sourire s'agrandit même si l'appréhension était toujours là.
- Je peux ouvrir les yeux ?
- Tu me demandes la permission ? m'étonnai-je.
Il éclata d'un rire sensuel, me faisant tomber un peu plus amoureuse de lui.
Me décalant sur le coté, mes doigts rejoignirent les siens automatiquement. Sa peau contre la mienne m'apaisa, comme à chaque fois.
J'inspirai lentement, prenant le temps de savourer la paix que je ressentais ici.
- Ouvres, ordonnai-je après une seconde.
Il cligna des yeux plusieurs fois, un peu aveuglé par la lumière de la fin du jour qui glissait sur nous.
Devant nous, une maison.
La maison.
Mon cœur s'accéléra quand Edward me jeta un regard brulant.
- Tu m'expliques ?
Sa voix, légèrement tremblante, fit accélérer mon cœur.
- C'est chez nous... enfin… si.. si tu es d'accord.
Son regard se reporta sur la bâtisse blanche face à nous. Les feuilles des palmiers firent une douce mélodie quand une bourrasque de vent les secoua.
- Elle a tout mes critères ?
Je retins mal mon sourire, mordant ma lèvre.
- Oui. Baignoire, grand ilot, piscine, jacuzzi…
- Je signe, me coupa-t-il en se tournant vers moi.
- Tu ne la même pas visitée !
J'éclatai de rire quand il me souleva contre lui, l'appréhension, l'émotion se mêlant à un bonheur incandescent qui brulait mon âme depuis que j'avais posé les yeux sur lui.
- J'vais t'épouser et te faire tout un tas d'enfants, m'annonça-t-il, faisant s'arrêter brutalement mon cœur.
Sa promesse avait goût d'éternité.
- On aura assez de chambre pour tout ce que tu veux, murmurai-je, maintenant émue.
Un sourire traversa ses traits, mais ses yeux restèrent sérieux et brillants.
- On va être heureux pour toujours, souffla-t-il en posant son front contre le mien.
Ses yeux clairs transpercèrent les miens, me faisant réaliser que je ne pourrais jamais me lasser de tout ce qu'il me faisant ressentir.
- A jamais, confirmai-je doucement.
La vie allait être douce, et merveilleuse.
Chaque matin, je m'éveillerai dans ses bras, pensant que je ne pourrais jamais l'aimer plus, et, chaque soir, je me coucherai en réalisant que je l'aimais d'avantage.
C'était fou…
C'était beau…
C'était nous.
Un dernier chapitre un peu en retard… pardon.
Voilà, c'était le dernier chapitre de Soulmates.
Ca me fait tout drôle, je ne vous cache pas que l'émotion est vive ce matin. J'ai eu beaucoup de mal à écrire ce chapitre, parce qu'il était le dernier… mais je suis heureuse de l'avoir fait.
Cette fin… c'est celle que j'ai toujours voulu pour eux.
Je sais que cet Edward et cette Isabella sont profondément heureux désormais. Et ca fait du bien.
Je ne sais pas encore si je ferais un épilogue… peut-être, si vous en avez envie, je prendrais le temps d'en écrire un mais, j'aime à me dire que cette histoire n'aura pas vraiment de point final.
C'est particulier pour moi de vous avoir écrit tout ça, et j'ai un peu de mal à croire que c'est déjà terminé.
Je vais certainement prendre un peu de vacances, bien que je continuerai à publier Je suis.
Et je vous reviens bientôt avec une autre romance à laquelle je pense depuis plusieurs semaines (oui, je suis une obsessionnelle)
Merci encore, pour tout. Pour vos mots, pour ces rires et ces larmes, pour tout ce que vous provoquez chez moi. Merci pour votre soutien, votre engouement et vos émotions.
Grâce à vous, je réalise un rêve, ne l'oubliez jamais.
On se retrouve très vite.
J'vous embrasse,
Tied.
