Je sors d'un partiel, j'ai dormi 3 heures cette nuit, je suis complètement à l'ouest mais j'ai pas oublié d'update. Au fait, bon courage à vous si vous devez vous déconfiner pour le travail ou les cours, j'espère que ça ira pour vous !

Sinon, dans ce chapitre, des sujets un peu difficiles : agression sexuelle (bornes en gras as usual) et description de torture (dans les derniers paragraphes, après "La douleur fut immédiate" en gras).

Promis, Loki ira mieux après !


Loki se réveilla une seconde fois. La première chose qu'il comprit, c'est qu'il avait particulièrement froid. La deuxième, qu'il était allongé sur une sorte de planche en forme de croix, sanglé aux poignets et aux chevilles, et qu'on lui avait remis son bâillon. Et la troisième, qu'il n'était vêtu en tout et pour tout que de son boxer. Voilà qui expliquait son inconfort.

Cependant, contrairement à la dernière fois –cette nuit ? hier ? il n'en savait rien, il n'était pas seul.

La salle où il était retenu était plus grande et il crut reconnaître le gymnase souterrain où il avait dû s'entraîner pour le casse de Fiduxis. Mais les lumières qui entouraient son brancard étaient trop violentes pour qu'il ne puisse distinguer grand-chose.

Il parvenait cependant à percevoir l'agitation de quelques personnes autour de lui. Il tourna la tête dans l'espoir de les voir, mais le geste réveilla un violent mal de crâne.

Les lumières baissèrent un peu d'intensité, lui permettant d'ouvrir les yeux plus franchement.

Il put apercevoir tout autour de lui des tuyaux qui rejoignaient une imposante machine, faites de pompes, de hublots, de boutons et de leviers. Elle-même était reliée par des tubes et des câbles à une sorte de gigantesque citerne de verre inclinée, à environ deux mètres au-dessus de lui. L'ensemble lui évoquait une sorte de squelette d'un animal étrange, mi araignée, mi poulpe.

Ce n'était évidemment pas pour le rassurer.

Néanmoins, ce n'était rien face à la peur qui l'envahit quand il vit le Grandmaster s'approcher de lui. Il ramena un tabouret et s'assit à peu près au niveau de ses côtes. Loki tenta de rester stoïque, exercice difficile quand on est entravé à moitié nu dans une cave, sakaariane qui plus est.

- Je continue de penser que tu aurais pu briller avec nous. D'ici quelques années, tu aurais même pu devenir un membre éminent de la Sakaariane.

Loki croisa son regard. Il avait l'air sincèrement déçu. Le Grandmaster effleura distraitement sa joue de ses doigts, et Loki retint un frémissement à son contact.

- Mais j'ai tout de même un grand projet pour toi. Enfin, pour ta magie.

Le regard du Grandmaster le dégoûtait. L'homme tendit son autre main vers son visage, et il ne put s'empêcher de se débattre.

- Du calme, je t'enlève juste ton bâillon.

Loki se laissa faire. Le Grandmaster jeta les deux torchons derrière lui et se remit à l'observer. Il poussa un soupir.

- J'aurai dû profiter de toi quand tu étais encore là. Maintenant c'est trop tard.

Il se pencha vers lui et avant que Loki n'ait pu faire un geste, posa ses lèvres sur les siennes. Il l'embrassa longuement, une main sur son cou et une autre sur sa hanche. Loki serra les poings, jusqu'à sentir ses ongles s'enfoncer dans sa paume. Sa mâchoire était crispée quand le Grandmaster, après s'être redressé, rajusta une de ses mèches derrière son oreille avec un petit sourire.

- Quoique, rien ne m'empêche de m'amuser un peu après tout ça. Il restera bien assez de toi pour me satisfaire.

- Qu'est-ce que vous allez me faire ? murmura Loki. Pourquoi je suis ici ?

Le Grandmaster sourit de nouveau.

- C'est vrai que tu mérites de savoir. Nous avons réalisé que la puissance du Tesseract pouvait être à la fois amplifiée et contrôlée si mise en relation avec une autre entité magique. Mais pas n'importe laquelle ! Pas une petite relique venue d'un passé obscur ! s'emporta-t-il. Non, il nous faut de la magie pure, charnelle, humaine.

Il lui tapota le torse de l'index.

- C'est là que tu entres en scène.

Loki eut un nouveau frisson devant le regard brûlant de son geôlier.

- Nous allons, avec cette machine, le selk, extraire ta magie, ton , et en faire une nouvelle pierre, qui contrebalancera le pouvoir du Tesseract et le stabilisera de sorte que nous puissions le contrôler sans difficultés. Ta magie sera en quelque sorte son catalyseur.

- Vous allez m'arracher ma magie…souffla Loki d'une voix blanche.

Une vague de panique le submergea et il se mit à se débattre avec frénésie. Sa magie semblait protester avec lui et le brûlait de l'intérieur.

- Non, non, non, laissez-moi partir ! parvint-il à haleter dans son affolement. Je vous en supplie !

Le Grandmaster le regardait s'agiter en secouant doucement la tête.

- Plus tu te débattras plus ça sera douloureux, tu sais.

Loki se mit à claquer des dents nerveusement. Le Grandmaster lui posa une main sur sa joue, la caressant lentement avec son pouce, en disant des « chhhttt » distraitement, comme pour rassurer un animal.

Loki tremblait toujours un peu, mais il semblait avoir retrouvé ses esprits. Est-ce qu'il allait mourir ? Ou est-ce qu'il survivra à l'extraction de sa magie ?

C'était connu pour être un procédé d'une violence inouïe, mais rares étaient les personnes à l'avoir subi, en raison de la complexité de la manœuvre. On disait qu'enlever la magie de quelqu'un lui retirait sa force vitale, son âme. Les exemples historiques de survivants étaient connus, mais il s'agissait de personnes dont seule une fraction de leur pouvoir avait été arraché, et leur magie, malgré la douleur, s'était régénérée après quelques mois.

Mais pour la condenser en une pierre de taille à affronter le Tesseract, il faudrait extraire toute sa magie, et en un laps de temps relativement court. Combien de temps tiendrait-il avant de s'évanouir, et combien de temps encore avant que son corps ne lâche complètement ?

Il eut une pensée pour Stephen, Thor, sa mère, Val… il n'avait même pas eu le temps de leur dire au revoir. Ils ne sauraient probablement pas ce qu'il lui est arrivé. Pourront-ils avoir le corps, ou sera-t-il jeté dans une décharge ou dans le port ? Est-ce qu'il restera seulement un corps à enterrer après tout ça ? Il avait lu des histoires où le corps des suppliciés implosait complètement, ou se retournait comme une chaussette, et où il ne restait qu'un petit tas de chairs en liquéfaction, ou bien un squelette carbonisé qui tombait en poussière au moindre contact.

C'était injuste.

Loki était absolument terrifié, et s'il ne s'agitait plus, il ne voulait pas abandonner pour autant.

- Pourquoi moi ? Qu'est-ce qui vous dit que ma magie sera suffisante ?

- On l'a senti, tu es un être puissant, plus que tu ne l'imagines, expliqua le Grandmaster. Le selk va révéler ton potentiel.

- Mais qu'est-ce que vous en savez ? lui cria Loki. Ça se trouve, la réaction sera tellement instable que tout va exploser !

- Oh, il n'y a qu'un moyen de le savoir, sourit le Grandmaster.

Il leva la tête, regardant là où Loki ne pouvait rien voir.

- Topaze ! On va pouvoir commencer !

Puis, se retourna vers Loki.

- Bon courage, mon petit serpent.

Topaze rapprocha la machine et poussa un levier. De longs filaments noirs sortirent de nulle part et se mirent à serpenter sur la peau nue de Loki. Ils épousèrent la forme de ses os. L'un se fixa sur le pourtour de son visage, se coulant sur ses tempes, son front et sa mandibule, avec une excroissance sur ses pommettes. D'autres se glissèrent le long de ses côtes, de ses clavicules, reformant sa cage thoracique alors que d'autres encore moulaient ses crêtes iliaques.

Loki eut un sursaut de dégoût : la matière était très froide et très visqueuse, et paraissait vivante. De nouveaux filaments entourèrent ses chevilles et s'enroulèrent autour de ses cuisses, avant de rejoindre ses avant-bras et ses mains.

Les liens se rigidifièrent soudainement et devinrent aussi durs que de la pierre. Loki ne pouvait plus bouger, et avait du mal à respirer.

Le Grandmaster revint vers lui et lui mit un masque hospitalier sur le visage. Puis il y glissa un tube qu'il introduit de force dans la bouche du jeune homme, malgré ses protestations de douleur, et entreprit de l'enfoncer quelques centimètres après l'entrée de sa gorge.

Le tuyau l'irritait terriblement et Loki sentait du sang couler dans son œsophage là où l'engin l'avait écorché. Le Grandmaster lui sourit de nouveau avec une légère caresse sur sa joue, savourant la panique de son prisonnier. Il se tourna vers la machine et fit un geste de la main à Topaze. Celle-ci poussa un autre levier.

La douleur fut immédiate et même si Loki avait essayé de s'y préparer mentalement, elle le prit par surprise. C'était comme si la moelle de ses os avait soudainement été changée en glace et son sang en lave. Il se contracta mais restait plaqué contre sa planche. Il n'était plus qu'un bloc de souffrance.

Certaines douleurs pouvaient être conscientisées : quand l'intensité était régulière, le cerveau pouvait en prendre conscience et s'en détacher mentalement, en la visualisant par exemple. Malgré les dommages physiques, on pouvait alors supporter la douleur.

Mais Loki était loin de tout ça. Tous ses nerfs hurlaient. Il n'y avait plus aucune pensée cohérente dans son esprit. La douleur n'était pas régulière, il la sentait courir dans ses veines, triturer ses nerfs. Il sentait la machine fouiller chaque coin et recoin de son corps, grappillant la moindre parcelle de magie. Et celle-ci ne se laissait pas faire. En plus de la présence de l'extracteur, Loki sentait sa magie se défendre et souffrir avec lui. Il la sentait se décoller de ses os et de la paroi de ses artères, comme du mazout qu'on nettoie sur les goélands après une marée noire. Sa magie essayait de résister à l'aspiration, et augmentait ainsi l'intensité et la longueur de son martyre. Ses yeux roulaient dans ses orbites, brûlants, avant de se mettre à saigner, rejoignant le flot qui dégoulinait de son nez.

Ses entraves se colorèrent du vert de sa magie, mais il ne s'en rendit même pas compte.

Il tint à peu près un quart d'heure avant de perdre connaissance.