Plusieurs semaines s'étaient écoulées depuis les évènements du Mime et pourtant, les souvenirs de cette journée étaient encore bien présents dans tous les esprits. La violence de l'attaque avait touché tous les citoyens présents ce jour-là ainsi que tous ceux qui avaient été mis au courant de ces évènements, à savoir la totalité de la capitale et au-delà.
Les médias avaient relayé les informations encore et encore pendant les jours qui suivirent, passant en boucle sur toutes les chaînes de la télévision ainsi qu'à la radio. Pourtant, bien que touchés de plein fouet, Jehan, Andréa, Bridgette et Félix avaient décidé de ne plus évoquer cette attaque. Même s'ils s'étaient retrouvés malgré eux au milieu du chaos, les jeunes gens gardaient de cette journée un bon souvenir : celle de leur première sortie tous les quatre. Et si le Mime avait été un gros point noir au milieu de cet après-midi, les adolescents l'avaient volontairement effacé de leur mémoire.
Le mois de novembre touchait maintenant à sa fin et une vague de froid commençait à s'installer sur la ville. Pourtant, cela n'avait pas empêché les quatre jeunes gens de se retrouver dans la cour du lycée pour discuter, occupant leur temps de permanence du mieux qu'ils pouvaient. Emmitouflés dans leurs manteaux, le quatuor avait choisi un banc dans la cour déserte pour se rassembler. Félix tenait entre ses mains un livre emprunté à la bibliothèque, son visage à moitié couvert par une épaisse écharpe bleue. Andréa et Bridgette avaient sorti un jeu de carte et s'affrontaient, placées à califourchon sur le banc, l'une en face de l'autre.
Mais si les jeunes gens avaient décidé de passer leur heure de permanence à l'extérieur, c'était surtout pour que Jehan puisse jouer de sa flûte à sa guise. Le jeune homme ramenait de plus en plus souvent son instrument au lycée et, faute d'avoir trouvé un autre lieu pour s'exercer, le garçon faisait chanter sa flûte à l'extérieur et ses trois amis ne manquaient jamais de l'accompagner afin qu'il ne soit pas seul. Et si la température extérieure était encore plus ou moins supportable, le froid ne se faisant pas encore mordant, cette situation n'allait malheureusement pas pouvoir durer très longtemps.
Relevant les yeux vers son camarade qui effectuait des tours sur lui-même tout en jouant un air festif, Bridgette ne put s'empêcher de prendre une mine triste.
-« C'est quand même dommage qu'il ne puisse pas jouer ailleurs que dehors, dans le froid. » murmura-t-elle en baissant les épaules
-« Tu connais le règlement, répondit aussitôt Félix sans quitter son livre des yeux. Il n'a pas le droit de jouer dans les couloirs ou dans les salles de classe. »
-« « Nuisances sonores qui pourraient déranger les élèves dans leur travail » récita la jeune fille en soupirant, oui on sait. »
-« C'est quand même injuste, insista Andréa en relevant à son tour les yeux vers Jehan. Lui qui adore jouer pour les autres, c'est vraiment dommage qu'il ne puisse pas partager cette passion avec plus de monde. »
-« Comment ça ? » demanda Bridgette en se tournant vers elle, perplexe.
-« Si on avait un club de musique par exemple, je suis sûre qu'il pourrait jouer sans être obligé de rester dehors, et que d'autre élèves se joindraient à lui pour jouer. » expliqua Andréa sans quitter son ami des yeux.
Félix et Bridgette regardèrent Jehan qui venait de s'arrêter pour se réchauffer les mains avant de porter de nouveau son instrument à sa bouche. Les deux camarades échangèrent un regard avant que Félix ne se lève du banc pour ranger son livre dans son sac.
-« Et pourquoi ne s'exerce-t-il pas chez lui ? » questionna-t-il.
-« Oh mais il le fait, expliqua Andréa en se tournant vers lui. Mais d'après ce que je sais, ses voisins sont de véritables rabat-joie qui se plaignent dès qu'il sort l'un de ses instruments. Ils ne peuvent pas entendre leur télévision sinon ! »
-« Ignares. » murmura aussitôt le jeune homme avec agacement.
Cette dernière réflexion fit rire les deux filles mais au fond de lui, Félix était véritablement en colère. S'il pouvait tout à fait comprendre le désir de tranquillité de ces voisins, empêcher Jehan de jouer chez lui pour une raison aussi futile le révoltait. C'est à cause de ce genre de situation stupides que Félix n'était parfois pas mécontent de vivre seul, sans voisin, sans personne pour venir se plaindre de lui et de sa musique, et même de vivre sous le toit de son père qui l'encourageait, à sa façon, à continuer la pratique de son violon. Regardant sa montre, il passa la bandoulière de son sac sur ses épaules, l'heure de retour en classe approchant. Passant ses mains dans les poches de son manteau, il se tourna vers Jehan qui s'était éloigné quelque peu, jouant toujours de sa flûte. La musique que jouait le jeune homme ne manquait pas d'entrain et était pourtant teintée d'une certaine mélancolie qui ne pouvait échapper à une oreille attentive. Ce garçon était doué, c'était indéniable, et personne n'avait le droit de l'empêcher de s'exercer. En tant que musicien, Félix se sentait concerné par le problème auquel était confronté Jehan.
-« Je te rejoins finalement sur l'idée du club de musique. » finit-il par murmurer en tournant les yeux vers Andréa.
-« Ah oui ? » questionna la jeune fille alors que Bridgette se tournait vers lui.
-« Il est nécessaire de faire quelque chose pour remédier à la situation, expliqua Félix en haussant légèrement les épaules. Et je suis sûr que l'école ne verrait pas d'inconvénient à ouvrir ce genre de club. La musique est une noble activité, fédératrice qui plus est, comme tu le disais. Il faut proposer l'idée. »
-« Allons voir le directeur demain alors ! décida Bridgette en se levant d'un bond. Soyons convaincants et Jehan pourra jouer sans risquer d'attraper un rhume ! »
Les deux autres hochèrent la tête alors que la sonnerie de reprise de cours retentissait dans les couloirs du lycée. Jehan, interrompu dans sa ronde musicale, revint vers eux avec un petit sourire pour ranger sa flûte dans son étui avant de passer à son tour son sac de cours sur le dos.
Le lendemain, alors que l'heure de la pause déjeuner venait de retentir, Andréa et Bridgette discutaient de l'approche à adopter pour convaincre le directeur d'accepter leur demande. Les deux jeunes filles débattaient vivement, parfois interrompues par Félix qui leur donnait son avis tout en rangeant ses affaires.
-« Moi je pense qu'il faut être le plus franc possible, murmura Bridgette en glissant sa trousse dans son sac. La sincérité, ça fonctionne plutôt bien en général. »
-« Si on arrive juste comme ça, sans avoir pensé au déroulement du club, on ne sera jamais pris au sérieux. » contra Andréa en fermant son sac.
-« Je suis d'accord avec toi, dit Félix en hochant la tête. Il faut que notre projet soit précis, il faut montrer notre sérieux. La motivation est un plus mais ça ne fait pas tout. Nous devons prouver au directeur que nous avons sérieusement réfléchi à la chose, nous ne devons pas lui laisser la possibilité de formuler des objections. »
Interloqué par la drôle discussion de ces camarades, Jehan se tourna vers eux en haussant les sourcils.
-« De quoi vous parlez ? » demanda-t-il en regardant ses amis tour à tour.
-« On a réfléchi et on pense que ce serait super de créer un club de musique dans le lycée, tu ne crois pas ? » expliqua Bridgette avec enthousiasme.
-« Un club de musique ? » répéta le grand métis, étonné.
-« Tu ne peux pas continuer de jouer dans la cour comme ça, poursuivit Andréa avec un hochement de tête. Et puis on est persuadé que beaucoup d'élèves ont envie de t'entendre jouer avec toi ou même tout simplement de t'écouter dans de meilleures conditions. »
Jehan resta un instant interdit, ne sachant quoi dire devant cette proposition qui le ravissait. Il était sincèrement touché par l'attention de ses amis. Ils voulaient aller voir le directeur, affronter toutes les démarches administratives rien que pour lui. Un grand sourire se dessina sur ses lèvres alors que la joie augmentait progressivement son rythme cardiaque.
-« Vous faites tout ça pour moi ? » questionna-t-il pour la forme, son excitation étant maintenant parfaitement palpable.
-« C'est Andréa qui a eu l'idée. » répondit Félix en la désignant d'un geste de menton.
-« Il fallait qu'on trouve un moyen pour que tu puisses partager ta musique. » expliqua-t-elle en baissant les yeux.
Le sourire de Jehan se fit plus large encore alors qu'il la regardait avec insistance. La jeune fille s'empourpra doucement, ce qui n'échappa ni à Félix ni à Bridgette. Les deux amis échangèrent un regard furtif. Bridgette esquissa un petit sourire mais Félix se contenta de hausser les épaules. Il avait remarqué leur petit jeu depuis les événements du Mime mais il n'avait aucun commentaire à faire dessus. Cela ne le concernait pas et il n'avait aucune envie de s'impliquer dans ce genre de petites histoires qui le mettaient plus que mal à l'aise.
-« Et donc, reprit Bridgette après un petit silence. On était en train d'établir un plan pour aller voir le directeur après les cours. Si on se montre convaincants en lui présentant un projet concret et bien préparé, on aura peut-être une chance ! »
-« C'est génial, je suis à 100% derrière vous, reprit Jehan en posant ses mains sur ses hanches. Merci, vous êtes les meilleurs ! »
-« Je pense que vous oubliez tout de même un élément très important dans votre plan. » tonna une voix derrière eux.
Les quatre amis se retournèrent en même temps pour se retrouver face à Camille et Sarah, cachée derrière la blonde, les yeux baissés. Camille, les bras croisés et un petit sourire sur le visage, les regardaient avec un air mauvais.
Elle posa ses yeux sur Félix qui s'empressa de détourner le regard aussitôt en hochant négativement la tête, signe de sa désapprobation.
-« Et qu'est-ce qu'on oublie ? » demanda Bridgette en imitant la pose de Camille.
-« Il vous faut l'accord du comité des élèves pour créer un nouveau club au sein de l'établissement, expliqua-t-elle avec un air mauvais. Mais vous n'aurez jamais cette autorisation. »
-« Et pourquoi cela ? » questionna Andréa en se levant de sa place.
-« Parce que je suis la présidente de ce comité, et que je ne vous permettrai jamais de créer un club de musique, voilà pourquoi. »
-« Ah oui c'est vrai, tu as été « élue » à la tête du comité, c'est ça ? souffla Jehan en s'approchant d'elle, ce qui la fit reculer d'un pas. Jamais une élection ne fut autant truquée, n'est-ce pas ? C'est papa qui t'a aidé, avoue-le. »
-« Surveille tes paroles Jehan, menaça Camille en plongeant son regard dans celui du grand métis. Si tu te montres insolent avec moi, je pourrais t'attirer d'énormes ennuis. »
-« Allons bon, on sait tous que seul ton père pourrait te permettre de mettre tes menaces à exécution, déclara Félix en se tournant vers elle, soutenant son regard. Qu'est-ce que tu vas lui dire, hmm ? « Papa, mes camarades de classe n'arrêtent pas de m'embêter, alors je veux me venger comme la gamine puérile que je suis » ? »
Les autres laissèrent échapper une exclamation de surprise. La mâchoire de Camille se décrocha tandis que Jehan se retenait d'éclater de rire en posant sa main contre sa bouche. La blonde le foudroya du regard avant de claquer des doigts, ordonnant sans un mot à Sarah de récupérer leurs affaires afin de quitter les lieux. La jeune rousse prit la tête, le regard baissé et Camille passa devant eux avant de s'arrêter juste devant Félix, le foudroyant du regard.
-« J'ai été relativement clémente avec toi jusqu'ici Félix murmura-t-elle en approchant son visage du sien. Mais ma patience a des limites. Je te conseille de faire très attention avec moi sinon je serai obligée de sévir. »
-« Fais de ton pire. » se contenta de répondre le jeune homme en se retournant pour attraper son sac, tournant le dos à la peste.
Camille resta bouche bée avant de laisser échapper une nouvelle exclamation de mécontentement. Elle posa ses yeux bleus sur Jehan puis Andréa et Bridgette, un regard empli de haine, et quitta enfin les lieux. Un lourd silence se posa dans la pièce maintenant vide de tout occupant en dehors des quatre amis avant que Jehan n'éclate de rire malgré lui.
-« C'était génial ! s'exclama-t-il en se tenant les côtes. Je n'ai rien du tout à t'apprendre. Tu es un génie ! »
-« Je ne suis pas sûre qu'il faille trop en rigoler tu vois… » murmura Andréa en regardant Félix qui baissait les yeux.
-« Oh aller, protesta le grand métis en haussant les épaules. Ça va, on l'a pas touché, on lui a rien fait du tout, elle ne pourra pas intenter quoi que ce soit contre nous. »
-« Ce n'est pas parce qu'elle ne peut pas s'en prendre à nous directement que Camille ne peut pas trouver d'autres moyens de nous atteindre. » soupira Félix en secouant négativement la tête.
-« C'est vrai, murmura Bridgette en affichant une mine contrite. Je ne suis pas sûre que lui tenir tête de la sorte était une bonne idée. »
-« Si au contraire, répondit Jehan en croisant les bras. C'était nécessaire. Il faut lui faire comprendre que nous ne sommes pas à ses ordres. C'est la crainte qui lui permet d'avoir du pouvoir sur nous. Si on lui tient tête, elle finira par abandonner. »
-« Je la connais depuis 17 ans, souffla Félix en se tournant vers Jehan. Quand elle tient quelqu'un, il est très difficile de lui échapper. »
Un silence se fit dans la pièce, les trois jeunes gens comprenant à travers les lignes où voulait en venir leur ami. Ils se regardèrent avant que Jehan ne pose ses mains sur ses hanches avec un petit sourire.
-« Bon allez, on va pas laisser cette peste nous gâcher notre pause déjeuner ! Direction la cantine ! »
Avec un grand sourire, le jeune homme prit la tête. Andréa, Bridgette et Félix échangèrent un regard avant de pousser un petit soupir, mi-amusé mi-désespéré devant le comportement de leur ami. Mais dans un sens, il n'avait pas tort. Ils ne devaient pas laisser Camille affecter leur moral de la sorte.
Malgré cela, Félix ne pouvait pas s'empêcher de se soucier de la situation. S'il ne regrettait absolument pas les paroles qu'il lui avait dites, il savait qu'elles seraient sûrement lourdes de conséquence pour ses amis. Voyant que son camarade traînait à l'arrière de leur groupe, plongé en pleine réflexion, Bridgette fit un pas en arrière dans sa direction en l'attrapant par le bras.
-« Allez, arrête de t'inquiéter ! Viens, on va manger ! » dit-elle en riant.
Sans qu'il n'ait eu le temps de protester ou de dire quoi que ce soit, la jeune fille l'entraîna, le tirant derrière elle, toujours avec un grand sourire sur le visage sous les regards amusés de Jehan et Andréa à quelques mètres devant eux.
Si le club n'était pas encore fondé, la rumeur de sa future existence s'était répandue dans le lycée comme une traînée de poudre. Jehan, trop excité, n'avait pas pu s'empêcher d'en parler à tous ses camarades de classe et à tous ceux qui voulaient bien l'écouter.
Andréa, Bridgette et Félix l'avaient regardé faire, plus amusés qu'autre chose, ravis au fond d'eux de voir leur ami aussi heureux. Quand la sonnerie de fin des cours avait retenti, le grand métis avait rangé ses affaires à la vitesse de l'éclair, un large sourire sur le visage.
-« Allez dépêchez-vous ! riait-il en trépignant légèrement sur place. Le directeur ne va pas rester indéfiniment dans son bureau ! »
-« Relax Jehan, répondit Andréa avec un sourire en passant son sac sur son dos. On a tout le temps devant nous. »
-« Oui mais moi je ne peux pas attendre ! » protesta-t-il en passant son bras autour de ses épaules.
-« Alors le problème est tout autre. » releva Félix en croisant les bras tandis que Bridgette acquiesçait avec un sourire.
Sans rien ajouter, Jehan sortit de la classe en tête, suivit de près par ses trois amis. Les autres camarades leur souhaitaient bonne chance, leur faisant promettre d'être le plus convaincant possible. Les jeunes gens se contentaient d'acquiescer avec un sourire alors qu'il se rapprochaient du bureau de M. Damoclès, le directeur de l'établissement.
Ils gravirent les derniers escaliers, arrivant au palier de l'administration. Ils progressèrent encore un peu sur la plateforme avant de s'arrêter devant la grand porte en bois du bureau du principal. Les quatre amis échangèrent un regard avant que Jehan ne frappe à la porte. Il toqua 3 coups et un petit silence se fit avant que M. Damoclès les invite à entrer.
Jehan prit la tête tandis que Félix laissait Bridgette et Andréa passer devant pour refermer la porte derrière lui. Dès qu'ils furent entrer, le principal leva les yeux vers eux et aussitôt poussa un petit soupir, ce qui intrigua tout de suite Jehan.
-« Ah c'est vous, murmura l'homme en croisant ses doigts. On m'a prévenu que vous viendriez. »
Les jeunes gens se regardèrent mais n'eurent même pas à ouvrir la bouche pour comprendre comment le principal avait été mis au courant de leur venue. Une seule conclusion possible à cette intrigante situation : Camille était passée le voir avant eux.
Félix balança légèrement sa tête en arrière en posant sa main sur son front, montrant son exaspération tandis que Andréa et Bridgette se regardaient, inquiètes. Mais Jehan refusait de se laisser impressionner. Le jeune homme fronça les sourcils en faisant un pas en avant.
-« Vous savez pourquoi nous sommes ici dans ce cas. » déclara le garçon.
-« Oui je le sais, répondit M. Damoclès en s'enfonçant dans son fauteuil. Et je vous annonce dès maintenant mon refus. »
La mâchoire des quatre adolescents se décrocha. Jehan sentit la rage lui parcourir le ventre, courir le long de son dos, passant par son visage. Mais il s'interdit de se laisser décourager. Il se racla la gorge après avoir inspiré longuement et plongea son regard ambré dans celui du directeur.
-« Monsieur, permettez-moi d'insister s'il vous plaît. Je suis persuadé que ce club de musique pourrait fédérer énormément de monde. Vous n'avez qu'à aller questionner vos élèves pour vous en rendre compte. Tout le monde est partant pour fonder ce club ! »
-« Nous n'avons pas les installations requises pour ce genre d'activités, ni le budget d'ailleurs. Nous ne pouvons pas nous permettre d'organiser un club de musique à la va-vite. Comprenez que le bruit pourrait importuner les classes alentours. »
-« Mais nous pourrions jouer sur l'heure de midi ! insista Jehan en s'avançant encore. Les classes sont vides à cette heure-là, nous ne dérangerions personne ! »
-« Certaines salles sont totalement vides dans les bâtiments. » déclara Bridgette en prenant la parole.
-« Nous pourrions en habiliter une à cette activité, murmura Andréa en croisant les bras. Une éloignée de nos classes par exemple. »
M. Damoclès se contenta de les regarder avant de croiser les bras pour réfléchir un instant. Félix regardait la scène d'un air soucieux. Si les arguments de ses amis ne manquaient pas de sincérité et de persuasion, il savait que Camille avait la main longue. Et si elle avait vraiment un rapport avec ce premier refus, elle avait dû se montrer très « persuasive » elle aussi… Félix ne doutait pas une seule seconde que la peste blonde avait dû avoir recourt à l'intimidation grâce à son statut et celui de son père.
-« Monsieur, reprit Jehan en brisant le silence. La musique, c'est toute ma vie et j'ai envie de la partager avec tout le monde. Je me porte personnellement garant du bon fonctionnement de ce club, vous n'aurez aucun problème à vous faire. S'il vous plaît, acceptez notre demande. »
-« … Écoutez, je vous ai déjà répondu, murmura le directeur en se levant de son fauteuil. Je comprends votre envie et je reconnais votre talent pour cette discipline mais comme je vous l'ai dit, nous n'avons pas de quoi faire ce genre de club dans notre établissement. Si vous aimez tant faire de la musique et la partager, allez donc faire le saltimbanque dans la rue. »
Jehan laissa échapper une exclamation de surprise tant les mots de M. Damoclès venait de le heurter. Bridgette vit le regard de son ami s'assombrir et prit sur elle de poser sa main dans son dos. Mais sans qu'elle n'ait eu le temps de dire quoi que ce soit, le jeune homme tourna les talons, passa entre Andréa et Félix qui s'écartèrent pour le laisser passer et passa la porte du bureau pour la claquer derrière elle. Ses trois amis sursautèrent en entendant la porte se refermer aussi violemment avant de se tourner vers le directeur qui les regardait avec un air mécontent.
-« Ne lui en voulez pas monsieur, murmura Bridgette en tortillant ses doigts. Il se faisait une telle joie de ce club, il était persuadé que vous alliez accepter. »
-« Il faut parfois sortir de ses rêves, répondit le principal en haussant les épaules. On ne peut pas toujours avoir ce que l'on veut, ça fait partie de la vie. »
-« Avec tout le respect que je vous dois, je ne suis pas sûre que votre dernière remarque était nécessaire, protesta Andréa en regardant la porte par-dessus son épaule. Jehan est un véritable passionné et un formidable musicien, pas un « saltimbanque ». »
-« Je ne faisais que le taquiner, contra M. Damoclès en croisant les bras. Il n'a qu'à aller s'inscrire dans un club sur son temps extrascolaire. »
-« C'est avec ses amis qu'il veut faire de la musique monsieur, dit Bridgette en faisant la moue. C'est pour ça qu'il s'acharne à jouer dans la cour tous les midis. C'est parce qu'il n'a aucun endroit ailleurs qu'ici pour jouer. Il espérait que vous pourriez comprendre. »
-« Je comprends, mais je refuse. Je vous le répète : nous n'avons pas les installations qui conviennent pour ce genre de club. Il nous faudrait des murs insonorisés, et même un budget pour se procurer des instruments, sans compter le personnel qu'il faudrait affecter à la surveillance… »
-« Moi je pense surtout que Chloé Bourgeois vous a « gentiment » invité à ne pas accepter notre demande. » souffla Félix en croisant à son tour les bras.
M. Damoclès se figea avant de regarder Félix avec un regard noir. Le garçon ne put s'empêcher d'esquisser un petit sourire. Il était persuadé d'avoir vu juste. Il ne pouvait pas le prouver et il n'avait même aucune idée de comment elle pouvait s'y prendre mais il était convaincu que Camille faisait chanter le principal d'une manière ou d'une autre. Bridgette tenta d'ouvrir la bouche pour apaiser la tension dans la pièce mais fut aussitôt coupée par M. Damoclès qui reprit la parole sur un ton grave.
-« Mon refus est totalement compréhensible et de toute façon, je n'ai pas à me justifier outre mesure auprès de vous, déclara-t-il en faisant un pas en avant. Je vous invite par ailleurs à tenir votre langue, jeune homme. Je sais qui est votre père et je ne suis pas sûr qu'il serait ravi d'apprendre que son fils unique pose problème au lycée, n'est-ce pas ? »
Félix eut l'impression de recevoir un coup de poing dans le ventre ou que tout le bâtiment venait de s'effondrer sur lui. Il savait que Camille était rusée mais il ne s'attendait pas un coup aussi bas de sa part. Elle avait informé le directeur de sa situation avec son père et l'avait convaincu de s'en servir contre lui s'il tentait quoi que ce soit. Il savait qu'elle était derrière tout cela car aucun directeur digne de ce nom ne se permettrait de menacer directement un élève, surtout en présence de témoins. C'était au tour de Félix de se sentir coincé.
Comprenant que la situation leur échappait, Andréa décida de prendre les devants. La jeune fille craignait que l'un ou l'autre ne perde son sang-froid et les conséquences pourraient alors être terribles, surtout pour Félix. Elle fit un mouvement de tête à Bridgette pour lui montrer silencieusement la sortie. La jeune fille acquiesça et s'approcha de la porte, saisissant doucement le poignet de Félix qui soutenait toujours le regard du principal, la mâchoire crispée. Elle ouvrit la porte en entraînant le garçon à sa suite tandis qu'Andréa se plaçait entre les deux hommes.
-« Nous partons, déclara-t-elle d'un ton presque méprisant. Merci de nous avoir reçu. »
Les trois jeunes gens quittèrent la pièce sans attendre le moindre commentaire du directeur. Andréa referma la porte tandis que Bridgette et Félix s'étaient écartés sur le côté pour la laisser sortir à son tour. Ils restèrent silencieux quelques instants, se contentant de se regarder les uns les autres.
-« Quelle peste, murmura Bridgette en hochant négativement la tête. Je ne pensais pas que Camille était capable de faire une chose pareille. »
-« Moi j'en étais sûr. » soupira Félix en se pinçant l'arête du nez.
-« Je vais essayer de retrouver Jehan. » dit Andréa en passant entre eux.
Félix et Bridgette la regardèrent s'éloigner avec un soupir. Bridgette passa ses mains dans les poches de son manteau en enfonçant son visage dans l'écharpe qui recouvrait son cou tandis que Félix baissait les yeux. Les mots du directeur tournaient dans sa tête et lui glaçaient le sang autant qu'ils le révoltaient. Jamais il n'aurait pu croire qu'un directeur puisse céder à la menace de la sorte et menacer un de ses élèves pour cela.
Bridgette tourna les yeux vers lui. Elle avait assisté à la scène et elle se doutait que son ami devait à ce moment être plongé dans un profond tourment, à raison. Elle-même avait été choqué des mots de M. Damoclès, qui n'avait même pas pris la peine de maquiller ses menaces. Elle fit un pas vers lui et pencha la tête pour attirer son attention.
-« Est-ce que ça va ? » murmura-t-elle avec une mine contrite.
-« Oui, ça va, répondit Félix en relevant la tête, fuyant le regard de Bridgette. J'ai juste été surpris. »
-« C'est normal, moi aussi tu sais. » souffla-t-elle en soupirant.
-« Je sais que Camille est capable de beaucoup de choses, mais ça… murmura Félix en serrant les dents. Je la connais depuis très longtemps et pourtant elle arrive encore à me surprendre. »
-« Dans le mauvais sens du terme en plus. »
Félix tourna les yeux vers son amie et se permit de sourire à cette dernière remarque. Si les gens se battaient en général pour devenir meilleurs, ce n'était pas le cas de Camille qui bataillait, elle, pour devenir pire de jour en jour. Après un autre silence, les deux jeunes gens décidèrent de prendre la direction de la sortie de l'établissement. L'heure tournait et le chauffeur de Félix devait déjà être là, à l'attendre.
-« Pauvre Jehan… murmura Bridgette alors qu'ils descendaient les escaliers. Je ne l'avais jamais vu aussi en colère. »
-« Il y a de quoi, répondit Félix en arrivant au bas des marches. La remarque de M. Damoclès ne manquait pas de piquant si tu veux mon avis. »
-« C'est tellement injuste… »
Félix baissa les yeux vers Bridgette. La jeune fille avançait en traînant les pieds, le visage à moitié caché dans son écharpe. Elle ressemblait à une enfant prise en faute, le regard presque emplit de larmes. Félix soupira. Il avait redouté un scénario semblable depuis le midi et il ne s'était hélas pas trompé. Les deux amis arrivèrent sur le parvis et le garçon remarqua tout de suite la berline noire stationnée tout près.
-« Ne te tracasse pas pour ça, dit Félix en se tournant vers Bridgette. On va trouver une solution, c'est promis. »
-« C'est plus Jehan qui m'inquiète, murmura la jeune fille. Quand il est en colère, il est capable de n'importe quoi. »
-« On essayera de lui parler demain. »
La jeune fille se contenta de hocher la tête avant de saluer Félix qui s'éloignait vers sa voiture. Le garçon lui adressa un dernier regard en ouvrant la portière avant de disparaître dans l'habitacle. Bridgette regarda sans rien dire la voiture démarrer puis s'éloigner dans la rue. Tikki, qui avait tout entendu depuis la sacoche de sa porteuse ouvrit discrètement le sac pour s'adresser à son amie.
-« Ça va Bridgette ? » demanda-t-elle de sa voix fluette.
-« Oui, ça va, murmura-t-elle en baissant les yeux vers sa camarade. Je suis simplement déçue de comment se termine la journée. Mais un chocolat chaud devrait réussir à me remettre sur pied. »
-« Je suis sûre que vous allez trouver une solution, répondit Tikki avec un hochement de tête. Félix a raison, vous ne devez rien précipiter. Et pour ce qui est de Jehan, une petite discussion avec lui devrait suffire à le calmer. »
-« Je vais tenter de l'appeler tout à l'heure, affirma Bridgette en prenant la direction de son appartement. J'espère qu'Andréa à réussit à le retrouver, je vais lui envoyer un message. »
Joignant le geste à la parole, l'adolescente attrapa son téléphone dans sa poche et pianota sur l'écran en continuant de progresser sur le trottoir tandis que Tikki refermait la sacoche. Même si elle savait que Félix avait raison, Bridgette ne pouvait s'empêcher de s'en faire pour Jehan. Elle l'avait déjà vu en colère une ou deux fois, bien que cela lui arrivait très rarement, et il savait que dans ce genre de moment, le garçon n'écoutait plus sa tête et était capable de faire n'importe quoi pour arriver à ses fins. Et avec une frustration pareille, elle ne savait pas à quoi s'attendre de la part de son ami.
Le lendemain, en arrivant au lycée, Bridgette fut étonnée de retrouver Andréa seule au milieu de la cour, les bras repliés contre elle en signe d'inconfort. Elle regardait tout autour d'elle, ses yeux couleur émeraude bougeant frénétiquement.
-« Coucou Andréa ! salua la jeune fille avec un petit sourire. Est-ce que ça va ? Tu as l'air inquiète. »
-« Ah Bridgette, laissa échapper Andréa en voyant son amie arriver, lui prenant aussitôt les mains. Tu as vu Jehan ce matin ? »
-« Non, je pensais qu'il serait avec toi. Il arrive toujours plus en avance que moi normalement. »
-« Je sais, justement… soupira Andréa en continuant de regarder autour d'elle. Il est introuvable et avec tout ce qui s'est passé hier, j'ai peur qu'il prépare quelque chose… »
-« Tu crois qu'il serait capable de faire ça ? » questionna Bridgette avec effroi.
-« Évidemment ! Tu le connais mieux que moi non ? Quand il a une idée derrière la tête, il est capable de tout… »
-« Tu l'as dit… »
Les deux amies soupirèrent en même temps en échangeant un regard inquiet. Elles savaient toutes les deux qu'elles avaient de bonnes raisons de s'inquiéter. La colère de leur ami mêlée à sa soudaine disparition inexpliquée n'augurait rien de bon. Imitant sa camarade, Bridgette se mit à regarder autour d'elle, espérant apercevoir le visage de son ami mais c'est finalement celui de Félix que la jeune fille distingua dans la foule, à quelques distances d'elles.
-« Bonjour. » salua sobrement le garçon une fois à leur hauteur.
-« Salut… » répondirent Andréa et Bridgette d'une même voix, sur un ton morne.
-« Que se passe-t-il ? » demanda Félix en haussant un sourcil, surpris.
-« C'est Jehan… » murmura Bridgette.
-« Il n'est pas là et personne ne l'a vu… »
-« Et alors ? Il est peut-être absent tout simplement. » rétorqua Félix en haussant les épaules.
-« Non non, protesta Bridgette en hochant négativement la tête. Tu peux nous croire, il prépare quelque chose. Il n'a pas du tout apprécié l'entrevue avec M. Damoclès hier, je suis sûre qu'il va chercher à se venger. »
-« À ce point ? releva Félix. N'est-ce pas un peu démesuré comme réaction ? »
-« C'est Jehan… murmura Andréa en haussant les épaules. Si personne n'a de nouvelles de lui, c'est mauvais signe. »
-« S'il était contrarié, il n'a peut-être pas voulu venir en cours ce matin, expliqua Félix. Je trouve que vous tirez des conclusions un peu hâtivement. »
-« Tu vas voir… soupira Bridgette. Jehan n'abandonne jamais ses idées, surtout quand ça lui tient à cœur. »
Un petit silence s'installa entre les jeunes gens et se fut la sonnerie du premier interclasse de la journée qui les obligea à se diriger vers leur salle. Montant péniblement les escaliers derrière Andréa et Félix, Bridgette continuait de regarder autour d'elle, espérant apercevoir son ami en vain. Il était arrivé à Jehan de rater des cours, voire tout simplement d'arriver en retard. Mais la jeune fille connaissait son ami et elle savait que sa soudaine absence n'avait rien à voir avec une fièvre soudaine qui l'aurait cloué au lit ou une panne de réveil qui l'aurait fait se réveiller trop tard.
Et sa crainte fut d'autant plus justifiée lorsqu'elle se rendit compte qu'Alizée et Kilian manquaient eux aussi à l'appel une fois arrivés en classe. Si Killian était « habitué » à sécher les cours pour des raisons qui le regardaient, Alizée en revanche, même si elle n'était pas la meilleure de la classe, se disciplinait pour assister à toutes les heures de cours, sans faute, même si certaines matières l'incommodaient.
Trois de leurs amis manquaient à cet instant, alors que les cours étaient sur le point de commencer, c'était trop pour une coïncidence. Alors qu'Andréa et Félix prenaient place à leurs bureaux respectifs, Bridgette s'avança vers le fond de la classe pour se rapprocher de Maxence qui griffonnait sur son carnet.
-« Coucou Maxence, salua-t-elle avec un petit sourire forcé. Tu ne sais pas où sont Alizée et Kilian ? »
-« Hey Bridgette, répondit le garçon en relevant ses lunettes sur son nez. Non, désolé, je n'ai aucune information sur ce sujet, pourquoi ? »
-« Jehan n'est pas là non plus et j'ai peur qu'ils préparent quelque chose tous les trois. » soupira Bridgette en remettant une mèche de cheveux derrière son oreille.
-« Pourquoi ? » demanda Roxane en se penchant en avant, assise à la table juste derrière Maxence avec Johana.
-« Le rendez-vous d'hier avec M. Damoclès ne s'est pas bien passé et Jehan en est sorti vraiment blessé… » expliqua Bridgette sans entrer plus dans les détails.
-« Pas de club de musique alors ? » questionna Sullivan qui venait d'arriver derrière elle.
-« Non, mais j'ai l'impression que Jehan ne veut pas en rester là, il avait l'air très remonté. »
-« Et le fait que Kilian et Alizée ne soient pas là te fait penser qu'il prépare quelque chose contre le directeur ? » questionna Myriam, au bras de Sullivan.
-« Le pourcentage de chance que ce soit une simple coïncidence est en effet très faible. » murmura Maxence en montrant son carnet.
Bridgette regarda le couple d'un air démuni avant de tourner le regard vers le reste de ses camarades, tous aussi muets. Ils n'eurent pas le temps de poursuivre la discussion car Mlle Bustier venait de passer la porte, un sourire sur le visage.
-« Bonjour, salua-t-elle en posant ses affaires sur le bureau. À vos places jeunes gens, le cours a commencé ! »
Bridgette obéit avec le regard baissé, rejoignant sa place à côté d'Andréa tandis que Félix occupait seul la double table juste devant la leur, bras et jambes croisés. Le grand blond avait remarqué le petit regard satisfait de Camille quand elle était rentrée dans la classe, juste après eux. Ses yeux s'étaient illuminés de malice quand elle avait constaté l'absence de Jehan. La peste avait dû être mise au courant de la situation d'une manière ou d'une autre et même si elle ne laissait presque rien transparaître, le sourire aux coins de ses lèvres indiquait clairement qu'elle jubilait intérieurement. Elle était fière de sa mauvaise action, sans le moindre doute possible.
Mais Félix n'avait rien dit, se contentant de lui adresser un regard sévère. Il se savait sur la corde raide lui aussi et, malgré tout le respect que lui inspirait Jehan, il ne pouvait pas prendre le moindre risque inconsidéré. Et ouvrir un débat devant toute la classe et Mlle Bustier en l'accusant sans la moindre preuve n'était pas une bonne stratégie. Elle était coupable, c'était évident. Mais Félix savait qu'ils devaient se montrer plus malins qu'elle s'ils voulaient que leur riposte soit efficace.
Quand le calme fut installé dans la salle, Mlle Bustier se plaça devant ses élèves, appuyée sur son bureau comme elle en avait l'habitude. Et tout de suite, l'institutrice remarqua que trois de ses élèves manquaient à l'appel.
-« Il manque Jehan, Alizée et Kilian, constata-t-elle, ses yeux bleu-vert balayant l'ensemble des jeunes gens assis face à elle. Quelqu'un sait où ils sont ? »
Un lourd silence se mit à planer dans l'air. Personne ne savait où ils étaient, là était le problème. Et si Bridgette brûlait d'envie de quitter la classe pour les retrouver, elle n'osait rien dire. Car au fond d'elle, elle espérait avoir tort. Elle espérait que Kilian n'avait pas entendu son réveil et qu'il était toujours en train de dormir. Elle espérait qu'Alizée était simplement coincée dans le bus qui l'amenait jusqu'au lycée à cause des embouteillages. Elle espérait même que Jehan s'était trouvé mal à cause de la contrariété de la veille, trop contrarié pour se lever. N'importe quoi pourvu que ses amis ne soient pas en train de s'attirer des ennuis.
-« Bon, ils arriveront peut-être plus tard, déclara Mlle Bustier en tapant dans ses mains pour attirer l'attention de ses élèves. Ouvrez vos livres s'il vous plait, j'aimerai revenir sur la fin de la leçon d'hier après-midi. »
Avec un petit regard à Andréa, Bridgette sorti ses affaires de son sac en soupirant. Où pouvaient-ils être ?
Voilà qui achève cette première partie du Joueur de Flûte, j'espère que ça vous a plu ! Ça y est, je suis de retour après deux semaines très stressantes pour moi. Mais le pire est derrière moi et je suis vraiment contente de poursuivre les publications sur cette histoire. Merci à vous d'ailleurs, vous êtes de plus en plus à réagir sur cette fanfic et ça me fait vraiment très plaisir !
A vos théories, qu'est-ce que Jehan prépare à votre avis ? La réponse la semaine prochaine, restez connectés...
