Disclaimer : les personnages ne m'appartiennnt pas.


La magie crépitait, ce n'était pas censé être un endroit propice à la magie humaine. Le pouvoir qui sommeillait en Yuuri avait décidé autrement. Même lui pouvait sentir cette puissance énorme comme des vagues venant s'échouer contre son corps tout entier. Les éclairs qui partaient dans tous les sens, ce n'était pas de la foudre naturelle, mais magique. Conrad se tourna vers Wolfram. Ça ne sentait pas bon, autant pour les futures victimes que pour le souverain qui se retrouverait bien rapidement épuisé par cet éclat de colère. Il ne savait pas quoi dire ou que faire de plus que de s'approcher autant que possible du Maoh qui flottait dans une aura menaçante, les yeux vides et les cheveux courts s'agitant avec force. Il portait les mêmes vêtements qu'il avait mis lors de son arrivée. Un uniforme ocre devenu en peu plus brun à cause de sa saleté et des longues bottes sombres abîmées.

« Que faire ?
- Je me pose la même question. Mais je n'ai pas la réponse et toi non plus… En tout cas, il n'est pas bon d'être l'ennemi du boulet en ce moment. »

Yuuri eut un vague sourire et commençait à descendre, la magie toujours autour de lui. Il s'approcha des soldats. Son regard vide était encore plus flagrant pour Conrad, vu que certains hommes s'étaient approché de lui pour le saisir. Mais ce n'était pas au goût du souverain. Qui était là, la magie menaçant en partie à ça place…

« Je le savais, mais c'est toujours impressionnant de le voir dans cet état.
- Ces lentilles sont tombées, je suis qu'à moitié surpris de ça... »

Les lèvres du souverain commencèrent à s'ouvrir. Mais à la place de sa voix habituelle, le ton était plus profond. Plus dangereux. Et Autoritaire. La lumière qui habitait normalement le souverain s'était éteinte.

« Ces femmes ont donné leur vie courageusement ainsi que leur amour sans limite à ses enfants. Ces mêmes enfants que vous leur avez retiré pour des raisons de santé soi-disant. Elles vous ont confiance. Elles croyaient en vous et votre bonté. Mais au lieu de leur rendre leur progéniture. Vous avez encore plus traîné dans la boue. Et même fouetter sans aucune forme de pitié. Mais à la place que de la cruauté. Je ne pense pas qu'elles sont coupables des crimes que vous les accusez. Vous préférez croire à des témoignages dirigés pour enrichir encore plus cette exploitation et ces terres. Mais à force de creuser ou de mettre toutes ces femmes au bagne. Vous perdez de la population. Sans femmes, aucun homme ici présent ne serait là. À moins qu'on m'explique l'inverse. Tout ça parce que cette main d'œuvre gratuite vous est donnée par la justice injuste. C'est un peu un comble. Si vous vouliez de la main d'œuvre, vous auriez pu en trouver sûrement. Mais non, c'est tellement plus simple de faire confiance à ce juge qui les envoie une à une ici même. Vous êtes responsable, responsable, en plus votre fils trouve ça normal de punir ces mères et que ces enfants sont pires que des démons. Vous êtes fier de votre éducation ? Nobliau de bas étage. »

Yuuri volait à quelques mètres du sol et pointait un homme d'un certain âge. Ce dernier portait une moustache et semblait effrayer. Mais qui ne le serait pas. Sans son amitié avec le souverain, lui aussi aurait pris peur.

« Rompre les liens, ce sont bien des mots d'un homme qui n'a eu que peu d'amour dans sa vie ou ceux d'une courtisane. Qui dit que ces femmes ne sont pas des victimes de votre système archaïque ? Qu'elle se retrouve forcé à se lier à des types dont elles n'ont aucune envie. Leur avis ? On s'en cogne, c'est ça ? Je pensais ces terres plus évolué que ça. Que les femmes pouvaient avoir autant pouvoir qu'un homme. Mais non ! »

Les éclairs semblaient s'intensifier, mais aucun ne les touchaient. La magie du souverain était contre ces hommes et ce noble. Conrad avait bien conscience qu'il devrait sûrement récupérer un roi épuisé après ces actions.

« Enterrer ces enfants vivant a été votre plus terrible erreur. Pire, vous avez laissé ces hommes le faire à votre place. Il est bien facile de déléguer à des personnes serviles prêtes à tout pour un peu d'argent. Vos décisions vous font ressembler plus aux démons que les mazokus. Je suis écœuré , dégoûté et peiné. C'est vous les plus inhumains… Si vous vous entêtez à rester ces ordures. Je n'ai pas plus de choix que ça… Nous te tuerons... »

La terre se mit à bouger proche de Conrad et Wolfram. Mais sans qu'elle les déstabilise. Un grondement digne d'un ours géant se fit entendre et des mains de boue firent leur apparition. Celles-ci semblaient chercher quelque chose. La terre formait de plus en plus de ces mains qui s'agitaient. Les mains devinrent des bras, puis des silhouette de boue. Ressemblant vaguement à des humains qui s'avançaient vers les soldats et le noble.

« Les morts ! C'est un nécromancien ? »

Hurla un des soldats qui tremblait littéralement dans son armure alors qu'un de ses collègues prenait la poudre d'escampette. Pourtant impossible d'échapper à ces personnes faites de terre qu'avait faites le roi Car elles semblaient être partout. La plupart d'entre elles se rassemblèrent pour former lentement et sûrement une silhouette géante. Les soldats étaient tétanisés et le noble pleurait de peur sur le sol.

« Ce n'est pas vraiment les morts, juste des hommes faits de boue et de sable. On appelle parfois ça un golem. Et là, il forme un géant… Sa majesté a dû apprendre ce genre de chose dans son monde. Il y a un appareil nommé télévision. Ils ont un tas de choses faites dans cet appareil. Mais je soupçonne que notre souverain s'est inspiré de ces héros qu'il a vu. En tout cas, l'effet est bien là. Impressionnant, il a l'air d'être le redresseur de torts. »

Le roi tendit le bras comme pour diriger le golem géant.

« Maintenant, je vais voir ce que vous allez faire contre le destin. Celui de ces âmes prise trop tôt. J'espère que vous savez danser. Car ça sera très utile pour éviter les coups de ma créature. »

Le golem géant se mit en mouvement, créant la panique parmi les soldats qui couraient et hurlaient en cherchant un lieu pour se mettre à l'abri du courroux de cet homme. Le noble quant à lui était toujours sur le sol paralysé par la peur qui lisait dans ses pupilles.

« C'est un démon, un messager des enfers.
- Un messager des enfers, tu dis ? Rappelle-moi un peu ce que tu as fait ? Ce que tu as mis en place contre les gens d'ici ? Comment ces femmes ont été traités... »

Le Yuuri enragé allait vraiment tuer un homme. Le si gentil maoh était enragé à un tel point que ça inquiétait fortement Conrad.

« Bien, maintenant, comment on le stoppe vraiment ?
- Ne demande pas ça à moi, j'en sais rien, hurla Wolfram. »

Au loin, une silhouette s'approcha à vive allure. Si au début, il était difficile de reconnaître la personne qui était sur un cheval qui s'avançait. Il était de plus en plus évident que la personne était un homme d'une bonne taille. Puis soudain, le soldat reconnaissait son frère aîné. Il avait un air sombre sur le visage. Il galopait à toute allure. Semblant ne pas vouloir s'arrêter. Quand il arriva proche d'eux. Il ne les salua pas, il fixait Yuuri et le golem qui marchait lentement.

« Mon frère…
Que faites-vous donc Yuuri !? »

Le cri de son frère surprit un peu Conrad. Depuis leur séparation, le rapprochement entre son aîné et son souverain était réel.

« Vous allez tuer quelqu'un. Est-ce que cela vous satisfera t-il vraiment ?
- Je ne pourrais pas reconnaître ça... »

Gwendal s'était approché à tel point que la magie du maoh l'entourait sans lui faire aucune mal. L'homme posa sa tête contre le torse de son souverain et sa main vint saisir le bras gauche du maoh qui le fixait avec le même regard vide en silence.

« Sors de cet état Yuuri, ça ne te ressemble pas. Rappelle ce montre de sable et de boue.
- Tu es magnifiquement résolu à me faire arrêter. C'était risqué de venir si proche de moi. Pourtant, tu es venu sans crainte et acceptant les risques. Je n'ai pas vraiment le choix alors. Devant autant de courage et de loyauté, je ne peux que m'incliner... »

Suite à ces mots, il commence doucement à tomber et la magie autour de lui diminuer progressivement.

« Nous allons conclure cette affaire... »

Et il tombait, bien vite rattrapé par Gwendal qui descendit de sa monture pour mieux tenir son roi. Il était vite rejoint par Wolfram et Conrad. Le soldat vérifierait si son roi respirait alors que le mazoku blond les regardais. Le semi-mazoku sourit en se disant qu'il aurait aimé que Gunther voit leur souverain si fort et si puissant.

Le vent frais sur ses joues finit par réveiller Yuuri de son sommeil. Il avait un peu mal partout. Mais ce n'était pas si grave. Il pouvait sentir les rayons de soleil réchauffer un peu son corps. Il avait un peu froid. Signe que quelque chose avait changé. L'atmosphère semblait moins écrasante, presque accueillante. Il ouvrit péniblement les yeux et vit des cheveux blonds qu'il connaissait que trop bien. L'esprit encore embrumé, il entendit Wolfram hurlé.

« Hey ! »

Le soir commençait à tomber rendant presque l'homme en face de lui, brillant. Il se sentait encore étourdit par tout ce qui se passait.

« Quoi ?
- C'est tout ce que tu as dire, boulet ?
- Wolf, ce n'est pas ce que…
- Quoi encore ?
- J'aimerai un peu d'eau.
- De l'eau, alors. »

Sans une once de douceur, le mazoku blond pris son fiancé et le plongea la tête la première dans une bassine d'eau. Il y avait plus délicat comme réveil. Mais il savait que c'était dû à la colère que ressentait son fiancé. Il fallait qu'il lise un peu les livres sur la gestion de la colère dans son monde. Peut-être que ça pourrai aider à calmer un peu ce garçon.

« Bois maintenant si tu as si soif. »

Yuuri dans l'eau laissa échapper un soupir, il avait presque oublié son affinité avec l'eau. En tout cas, ça le sauvais bien à présent. Il sentit la pression sur son crâne se retirer. Il sortit sa tête de l'eau pour faire face à Wolfram dont la colère et la peur se lisait dans le visage.

« S'il te plaît, Wolf, laisse-moi le temps d'expliquer… Par pitié…
- Sais-tu à quel point je me suis tracassé pour toi, espèce de boulet. J'avais peur qu'il t'arrive quelque chose de vraiment grave. Je te retrouve en furie paré à tuer un homme comme si de rien n'était alors que tu es contre la violence… Et tu te laisses convaincre d'arrêter par Gwen,… Par Gwen… Mon frère en plus !
- Wolfram... »

Le souverain respira à fond avant de saisir les joues de son fiancé et de poser un bref baiser sur les lèvres de l'autre garçon. Il avait bien vu l'attachement qu'il avait pour ce garçon et l'inverse. Oui, il ne pouvait pas tout voir. Mais il devait se rendre compte que cette colère était juste de la peur. La peur de le perdre. Il posa son front contre celui du mazoku blond au fort caractère.

« Maintenant, je peux savoir où est Conrad et peut-être Gwen, s'il te plaît Wolf... »

Il entendit clairement le grognement de l'autre homme. Il savait que son geste avait rassuré son fiancé. Il faisait un pas. Maintenant, il ne savait pas encore où tout ça allait finir. Mais c'était fini le garçon centré sur lui. À la place, il avait un jeune homme inquiet pour lui. Même plus que lui-même. Wolfram tentait de le protéger. Par devoir ? Pas seulement, il avait l'impression.

« Tout ça ne réponds pas à toutes les questions que je me suis posés. Tout ça parce que je m'en fais pour toi. Et tu sais que ce n'est pas facile pour moi de l'avouer.
- Je sais, mais je veux savoir si eux aussi vont bien.
- Très bien, allons parler à tous le monde. Si tu le désires ! »

Il savait que Wolfram était légèrement vexé, mais Yuuri appréciait ces hommes et voulait que leur santé et leur bonheur. Il suivit son fiancé. il espérait se faire pardonner plus tard. En tout cas, il l'avait embrassé, et il se sentait plutôt fier de ça.

« Gwen s'est assis un peu plus loin et bois. Je pense qu'il est parti sans prendre le temps de penser à son hydratation pour te sauver. Gwen est devenu proche de toi…
- Il est mon ministre. C'est normal en un sens... »

Ils marchèrent un moment sous les rayons de la lune qui était bien pleine aujourd'hui. C'était étrange qu'il y en avait qu'une d'ailleurs. Mais peut-être que les autres étaient ailleurs. Elle était d'un bleu clair et vraiment belle. Brillant parmi les étoiles. Ils croisèrent non pas Gwendal, mais Conrad. Il tenait dans sa main une lanterne digne des films se passant dans une mine. Elle éclairait le sol d'un rayon lumineux blafard.

« Ah votre majesté, c'est vous.
- Que se passe-til... »

Mais à peine la question était posée qu'il pouvait voir la femme qui l'avait aidé en prison creuser le sol avec détermination. Elle faisait donc partie de ses mères dont on avait arraché l'enfant. Pour faire face à l'horreur, il s'accrocha au premier vêtement de Wolfram à sa portée, donc sa veste.

« Norika…
- C'est bien elle…
- Pourquoi elle creuse en pleine nuit. Elle cherche quelque chose. Quelque chose qui sommeille ici.
- Son enfant… Yozak et moi sommes chanceux, nous connaissons cet endroit… Et il est connu pour avoir fait d'autres dégâts du genre à de nombreuses familles. Les autorités mentent en montrant une belle face aux étrangers. Mais le destin de ces femmes et enfants est partagé par de nombreux habitants de ces régions. Je suis navré de vous le dire Yuuri... »

Le souverain serra dans sa main le tissu qu'il tenait. Rien que sentir Wolfram proche de lui et le soutenant à sa manière calme la tristesse et l'horreur que dépeignait la situation. Il avait envie de pleurer, de hurler… Mais il ne pouvait que regarder Norika creuser le sol avec espoir. Que pouvait-il dire ? Sa voix ne serait pas teintée par la peine ? Sûrement. Il se demandait aussi en quoi Yozak et lui avait été si chanceux ? Yuuri se dit qu'il était sûrement déjà venu sur ces terres et qu'il avait perdu en route, laissant seuls survivant de ce terrible voyage...