[Règle n°21 – Se faire violence]


Bonjour à tooouuus ! J'espère que ce chapitre 21 vous plaira ; j'ai pris pas mal de décisions concernant la suite et fin de l'histoire en dressant la trame de ce chapitre.

Bonne lecture à vous, j'espère que vous me suivrez jusqu'à la fin de cette fiction que j'adore écrire !


« Chaque jour, je m'éloigne un peu plus de celui que j'étais,
alors que je m'étais juré de rester fidèle à moi-même… »


« C'est ta mère qui m'a engagée. » Naruto n'en était pas revenu, sur le coup. Et aujourd'hui, pas plus que trois jours auparavant, il n'arrivait à réaliser tout ce qu'il avait appris. Les chuchotements de ses camarades de classe et les paroles de son professeur ne l'aidaient pas à réfléchir correctement ; savoir que c'était son dernier cours de la journée ne l'aidait pas davantage. Il n'avait qu'une envie : que la sonnerie retentisse pour pouvoir parler à Sasuke. Depuis qu'ils s'étaient introduits dans les archives de l'Uchiwa Corporation, le brun agissait étrangement avec lui, et pour cause.

La femme aux cheveux roses, une certaine Sakura, était une détective privée engagée par sa mère. Cette première nouvelle les avait tous les deux surpris, bien évidemment, mais ce qui était d'autant plus surprenant, c'était l'objectif donné par Kushina. Trouver l'assassin de Minato. Naruto croyait pourtant que sa mère avait tourné la page, et qu'elle s'était résignée à ne pas savoir qui avait tué son mari. L'enquête qui avait suivi la mort de Minato avait été une terrible épreuve pour elle, et Naruto se souvenait encore de la voir souvent rentrer le soir avec les yeux rouges et larmoyants, mal dissimulés derrière un sourire timide qui tentait de faire semblant devant ses fils. Elle avait eu tant de mal à s'en remettre que Naruto ne pensait pas qu'elle s'entêterait si longtemps et continuerait à creuser un passé trop douloureux.

Le blond fit glisser un regard ennuyé sur ses camarades de classe puis bâilla à s'en décrocher la mâchoire quand ses yeux tombèrent sur son professeur de japonais. Il ne l'écoutait plus depuis longtemps… Il était même bien incapable de dire de quoi le cours parlait. Il croisa ses bras sur son bureau et posa paresseusement son menton dessus, se perdant dans la contemplation des longs cheveux d'Ino, assise juste devant lui. Ils avaient quelque chose de bien plus intéressant que le cours de leur professeur. Il avait presque envie de jouer avec, de les tresser comme il lui arrivait parfois de le faire avec ceux de sa mère.

Penser à Kushina le fit retomber dans ses réflexions. Sakura cherchait donc l'assassin de Minato, et ils l'avaient rencontrée au siège social de l'Uchiwa Corporation. Ils avaient tous les deux rapidement fait le lien. Au fil de la discussion, Naruto et Sasuke avaient appris que Fugaku était bien celui qui avait tiré les ficelles de ce qu'il s'était passé ce dimanche après-midi, presque dix ans auparavant. Sakura n'en avait pas la preuve, mais elle le savait…

Cela n'avait pas été difficile à conclure. Elle aussi avait entendu parler de l'affaire 8436.7.12 ; c'était la dernière sur laquelle Minato avait enquêté. Celle-là même qui lui avait donné du fil à retordre durant des mois, et qui l'avait fait s'exiler à Séoul avec sa famille. C'était également la raison pour laquelle Sakura s'était introduite dans les archives de l'Uchiwa Corporation. L'entreprise était soupçonnée d'avoir fait passer un trafic de méthamphétamine pour des livraisons banales, et Sakura cherchait à le prouver ; comme Minato avant elle. Elle espérait juste ne pas tomber dans le même piège…

Le regard de Naruto dévia vers le ciel gris et froid de mi-novembre. Il pensa à son père, qui avait tant cherché à exposer la vérité qu'il en était mort. Cette obscure vérité que lui-même cherchait, était-elle à ce point dangereuse et douloureuse ? Savoir que c'était Fugaku qui était à l'origine de la mort de son père n'avait pas soulagé Naruto. Cette fois, la vérité n'avait fait que le blesser ; et Sasuke aussi, d'ailleurs. Le brun ne lui avait pas envoyé le moindre message de tout le week-end, et le matin-même, il lui avait à peine adressé la parole pendant qu'ils étaient en train de fumer. Son regard s'était fait lointain, et il semblait s'être renfermé sur lui-même, comme s'il était redevenu le garçon distant et solitaire qu'il était en arrivant à Konoha. Et à chaque fois que Naruto avait tenté de le tirer de son étrange torpeur, cela n'avait fait que refermer un peu plus la coquille dans laquelle Sasuke semblait s'être réfugié.

Il fallait absolument qu'il lui parle. Au moins pour lui dire qu'il n'avait rien à voir avec son père, qu'il n'était pas responsable des agissements de Fugaku. Que même si savoir qui avait commandité l'assassinat de Minato lui avait fait du mal, cela ne changeait en rien ce qu'il pensait de Sasuke. Il le considérait toujours comme un ami, peut-être même le meilleur qu'il ait eu depuis longtemps.

De nouveau, Naruto laissa son regard se perdre autour de lui. Quand ses yeux tombèrent sur la trousse de Tenten, il eut l'impression de se sentir encore une fois acculé contre le mur froid du restaurant, tout comme trois jours auparavant – le tissu vert clair avait exactement la même couleur que les yeux marmoréens qui l'avaient presque paralysé l'autre nuit, ceux de Sakura. Cette fille avait beau agir apparemment dans l'intérêt des Uzumaki, elle n'inspirait aucune confiance à Naruto. Il se souvenait encore très bien – peut-être même trop bien – de ses paroles tranchantes. « T'es qu'un lycéen de dernière année qui pense pouvoir abattre tous les murs du monde juste parce qu'il en a envie. » Elle l'avait cerné si rapidement, et avec une telle facilité, que c'en était effrayant. En moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire, elle avait vu au travers des apparences que Naruto s'entraînait à bâtir depuis des années et qui ne lui avaient jusque-là quasiment jamais fait défaut.

Un long souffle ennuyé s'échappa de la bouche du blond, qui rapporta son attention à la feuille qu'il avait devant lui. Quelques accords de guitare étaient griffonnés dans les coins, tandis que des mots disparates et vides de sens s'emmêlaient au milieu. Il n'avait aucune idée de ce que ce charabia pouvait bien signifier. Étaient-ce ses notes de début de cours ? C'était possible.

En poussant un nouveau soupir d'ennui, il fit tourner son stylo entre ses doigts avant de se remettre à coucher deux ou trois accords sur le papier. Imaginer les notes s'échapper de sa guitare pour voleter librement dans l'air lui donnait une impression agréable de liberté.

Mais soudain, cette impression fut brusquement écrasée par une claque violente et inévitable : celle de la réalité. Naruto entendait encore la voix de Sakura résonner dans son esprit. « Tu veux savoir comment je sais ça sur toi, Uzumaki Naruto ? » Un frisson lui échappa tandis que la même phrase, sempiternelle, retentit encore une fois dans sa mémoire. « C'est ta mère qui m'a engagée. » Les mots de Sakura se mêlaient à ses souvenirs, un peu flous, de leur nuit au siège social. Le nom d'Uchiwa apparaissait devant son regard perdu, dansait en narguant l'impuissance de Naruto et Sasuke, s'écrasait par terre pour devenir Fugaku, un homme que Naruto n'avait jamais vu mais qu'il imaginait courbé sur lui-même pour mieux ricaner dans sa barbe clairsemée. Et cette silhouette sournoise sortait une arme qui assassinait Minato, ou plutôt les souvenirs que son fils avait de lui. Ces images, vestiges d'une enfance trop vite partie, se ravivaient parfois, pour être de nouveau abattues par la silhouette, qui restait toujours dissimulée dans l'ombre et s'enfuyait, insaisissable, inarrêtable, ne laissant derrière elle que les échos d'une rire sardonique.

Une assourdissante sonnerie fit sursauter Naruto, qui cligna des yeux en reprenant pied dans la salle de cours. Il ne s'était pas endormi, mais c'était tout comme. Son imagination avait pris le pas sur sa conscience, et il avait l'impression de se réveiller d'une longue nuit cauchemardesque. Lorsqu'il réalisa que Kiba et Shikamaru lui disait au revoir, Naruto se rendit également compte que Sasuke n'était plus dans la salle, et que s'il voulait lui parler avant qu'il ne s'en aille du lycée, il allait lui falloir se dépêcher.

Il fourra donc sans la moindre trace de délicatesse toutes ses affaires dans son sac, et se précipita dans le couloir pour atteindre les escaliers, bondés à cette heure-ci. Il se fraya un chemin entre les élèves, presque tous aussi pressés que lui de quitter l'établissement, puis parvint dans le couloir des casiers mais ne trouva pas la personne qu'il cherchait. Hésitant entre exaspération et désespoir, Naruto joua des coudes pour atteindre la large ouverture du bâtiment, qui vomissait son flot d'élèves babillant à propos de tout et de rien. Le blond embrassa du regard la cour pour voir s'il voyait s'en échapper les mèches folles de Sasuke, mais rien. Et les arbres qui bordaient la charmille, bien que presque nus à cette époque, ne le laissaient tout de même pas voir correctement qui y passait.

Quelque chose de positif, il lui fallait absolument penser à quelque chose de positif. Par exemple, à son trésor, sa guitare qui l'attendait patiemment, posée sur son support, dans sa chambre douillette et accueillante. Tandis que l'idée d'une soirée parfaite se déroulait dans son esprit, la réalité se rappela à son bon souvenir. Ce soir, il avait son cours particulier de sciences avec le vieux Jiraya.

Finalement, il n'y avait rien d'agréable, ni même de positif dans cette journée ennuyeuse et déprimante.

Par ailleurs, Sasuke partageait exactement le même avis. Assis dans le métro, il regardait la station défiler sous ses yeux et se demandait s'il allait avoir la volonté de se lever. Lorsque le train fut tout à fait arrêté, il se redressa en ayant l'impression d'avoir fait un effort considérable et quitta le wagon en maudissant son portable qui faisait trop souvent revenir les mêmes chansons. Il passa à la suivante et traîna des pieds vers la sortie, n'ayant aucune envie d'arriver trop rapidement chez lui. Il ne savait aucunement d'où lui venait cette soudaine absence de volonté. Peut-être étaient-ce toutes les mauvaises nouvelles qu'il avait apprises quelques jours auparavant ? Il est vrai que de découvrir qu'une détective privée, engagée par la mère de celui pour qui il nourrissait des sentiments forts, cherchait à prouver que son propre père avait orchestré l'assassinat d'un policier qui se trouvait être le père de ce même ami était… disons que cela n'arrangeait pas l'opinion qu'il se faisait de son père, ni de lui-même d'ailleurs.

Quelque part, Sasuke espérait qu'en rentrant, Itachi l'accueillerait à bras ouverts et lui changerait les idées en lui racontant ses blagues toutes aussi navrantes les unes que les autres, ou bien lui proposerait un plan pour retourner dans le passé et changer le caractère de Fugaku. C'était utopique, tout à fait irréaliste, mais au moins, cela lui faisait penser à quelque chose de plus gai que son existence, qu'il jugeait catastrophique.

Même voir Lee, le matin-même, lui annoncer que sa dette était réglée et que leur collaboration continuait n'avait pas suffi à lui redonner du baume au cœur. Il ne pensait qu'à une chose : son père était un meurtrier qui avait froidement tué le père de Naruto. Qui plus était devant sa femme et ses fils, encore enfants. Fugaku était un monstre au cœur de pierre et au sang plus froid que la glace. Et Sasuke ne parvenait pas à faire bonne figure devant son ami. Il avait beau se persuader qu'il n'y était pour rien, cela n'atténuait en rien la petite voix pernicieuse qui résonnait dans sa tête à chaque fois que son regard se posait sur Naruto, celle-là même qui lui sifflait que le blond ne voudrait jamais, au grand jamais, sortir avec le fils de l'assassin de son père. Peut-être même finirait-il par ne plus vouloir être ami avec lui.

Sasuke tapa le code de la porte de l'appartement qu'il partageait avec Itachi, puis entra en allumant le vestibule. Il se déchaussa en faisant voler ses bottines et laissa choir son sac non loin avant de dénouer son écharpe. Il avait envie d'un bon thé bien chaud pour réchauffer, non seulement ses mains, mais aussi son cœur. Il entra donc dans la cuisine pour remplir la bouilloire et l'allumer, puis se dirigea vers le salon avec la ferme intention de s'effondrer dans le canapé pour y végéter au moins une demi-heure avant de faire le moindre devoir. Itachi n'était apparemment pas là pour lui changer les idées, alors il ne lui restait plus que la télévision…

Lorsqu'il alluma le plafonnier du salon, Sasuke sursauta avant de sentir son corps se tendre sous l'impulsion d'une colère noire. Assis comme un roi sur son trône, Uchiwa Fugaku avait investi le plus confortable fauteuil et y attendait le plus posément du monde que l'on veuille bien le remarquer, tout en lissant son bouc de ses doigts graciles pour donner l'impression qu'il ne faisait pas rien.

— Qu'est-ce que tu fous ici ? persifla Sasuke en ressentant l'indicible envie de l'étrangler. Et comment t'as pu entrer alors qu'il y a un code sur la porte ?

— Sache que j'ai plusieurs as dans ma manche, fils.

Il avait la voix sournoise d'un serpent à sonnette.

— Je ne suis plus ton fils. Qu'est-ce que tu fous ici ? réitéra Sasuke en se rapprochant de Fugaku, poings serrés, l'air menaçant.

Le sourire que lui tendit l'adulte, débordant d'une animosité à couper le souffle, ne fit pas reculer Sasuke. Il connaissait assez son père pour savoir qu'il était bien trop malin pour l'attaquer physiquement. Non, Fugaku était plus mesquin. Céder le pas à ses bas-instincts n'était que son dernier recours. Il préférait d'abord détruire mentalement sa proie, l'affaiblir jusqu'à ce qu'elle meure intérieurement, assassiner sa confiance, son estime et sa personnalité.

— Tu as pris toutes les précautions du monde, mon cher Sasuke. Mais malgré tout, il semblerait que deux personnes se soient introduites quelque part où elles n'étaient pas les bienvenues, vendredi dernier…

Ses mots détournés, ses insinuations, ses doubles sens, tout cela faisait grincer les dents de Sasuke. À croire qu'il prenait toujours garde à ne pas révéler quoique ce fût de compromettant au cas où il fût enregistré. Mais encore pire que la prudence insupportable de Fugaku, il y avait sa capacité à être au courant de tout. Il semblait avoir des yeux et des oreilles dans tous les coins sombres de Tōkyō.

— Ne crois pas que je me laisserais intimider par ces amateurs, certainement pas. Par ailleurs, j'en sais bien plus sur eux qu'ils ne se l'imaginent.

Sasuke contracta sa mâchoire déjà douloureuse pour ne pas laisser sa frustration et sa colère éclater au grand jour ; ç'aurait été une preuve de sa faiblesse. Il ne cilla même pas, croisant juste les bras sur sa poitrine en attendant la suite de cet interminable monologue dont il craignait l'issue.

— Je crois savoir qu'un ami à toi, au demeurant, fort sympathique, bénéficie d'une bourse grâce à son père – pauvre homme, paix à son âme – pour service rendu à la nation, me trompé-je ? C'est drôle, je connais justement fort bien le directeur du comité d'administration de ces bourses. Un homme très agréable, je crois que tu connais son fils. Comment s'appelle-t-il, déjà ? Ah oui, Jūgo.

Si le père était aussi méchamment stupide que le fils – ce qui paraissait évident, étant donné qu'il était apparemment ami avec Fugaku – alors c'était là une très mauvaise nouvelle. Sasuke connaissait les habitudes mesquines de l'homme qui lui faisait face, et savait pertinemment que les mots qui suivraient ne lui plairaient guère. Il eut beau tenter de disparaître ou de devenir sourd, ses espoirs vains ne se réalisèrent pas, et il ne put qu'entendre la suite :

— Il m'a appris que des coupes dans le budget étaient à prévoir, quel malheur… ! Ce serait vraiment dommage que ce charmant jeune homme se voie obligé de finir son lycée ailleurs.

N'y tenant plus, Sasuke prit garde à ne pas laisser sa haine faire trembler sa voix et cracha :

— T'es venu pour me menacer moi, ou Naruto ?

— Comme tu y vas ! s'exclama Fugaku en prenant un air outré aussi exagéré que celui d'un acteur d'une quelconque sitcom américaine. Je ne menace personne, je ne fais qu'énoncer des faits.

Était-il possible d'avoir l'air condescendant à ce point-là ? Visiblement, cet être infâme n'y éprouvait aucun mal. Devant tant de mauvaise foi, Sasuke ne put s'empêcher de franchir les limites qu'il n'aurait pas voulu outrepasser, celles que Fugaku traversaient, lui, presque à chaque instant de sa vie ; celles de l'exagération.

— Ne force pas trop sur les faits alors, ce serait bête que les flics l'apprennent malencontreusement.

Le jeune homme regretta aussitôt ses mots. Il n'avait jamais eu la moindre intention de mêler la police à tout cela, pour la simple et bonne raison qu'il avait déjà vu un bon nombre d'agents corrompus se remplir les poches avec l'argent sale de Fugaku.

— Aurais-tu confiance en nos chers gardiens de la paix, désormais ? demanda le plus âgé en haussant un sourcil faussement intrigué. Tu n'es pas sans savoir que Hōzuki Mangetsu est un ami très cher, n'est-ce pas ?

Un rire accablé, court et dénué de joie, échappa à Sasuke.

— Alors Neji ne t'a pas suffi ? Tu t'en prends à Naruto, maintenant ? Quand est-ce que tu vas laisser les gens que j'aime vivre en paix, quand je vivrai la vie que tu veux me voir mener ? Ou quand je serai mort, six pieds sous terre ?!

Sa colère avait eu raison de sa retenue. Il n'était pas parvenu à faire taire ses sentiments plus longtemps, abasourdi par l'entêtement de son géniteur. Il en avait plus qu'assez de voir les autres souffrir par sa faute. Il aurait tellement voulu griffer ce sourire arrogant que Fugaku arborait sans cesse… Mais il n'avait rien. Ni arme, ni argument de poids. Pas le moindre.

Et l'homme en face de lui le savait. Il se leva avec une lenteur calculée, de celles qui peuvent rendre fou n'importe qui, puis se rapprocha de Sasuke en enfonçant les mains dans ses poches dans un geste débordant d'assurance. Arrivé face à lui, il plongea son regard aussi froid que l'acier dans celui de son fils, qui n'avait pas bougé d'un iota.

— Tu sais ce que j'aime chez les gens intelligents ? Ils posent des questions sans attendre de réponse en retour. Tout simplement parce qu'ils l'ont déjà. Certains même ne se fatiguent pas à poser de question…

Son air condescendant disparut soudain pour laisser la place à un visage dur et inexpressif, qui aurait pu faire trembler Sasuke s'il ne l'avait pas déjà vu des dizaines de fois.

— Tu connais parfaitement la raison de tout cela. Si tout cela s'ébruite, t'imagines-tu à quelle vitesse mes collaborateurs vendront leurs actions ? L'entreprise pourrait perdre toute sa valeur en quelques minutes, à cause de ton égoïsme. Je ne suis peut-être plus ton tuteur légal, je n'en reste pas moins ton père. Je ne veux plus entendre parler de quelque chose d'anormal, est-ce bien clair ? articula-t-il avec une précision chirurgicale.

Sa voix s'était muée en un ton monocorde dépourvu d'humanité. Il détourna ensuite rapidement son attention du visage de son fils et le contourna comme s'il s'agissait d'un vulgaire poteau pour quitter la pièce en faisant claquer ses talonnettes sur le parquet. Alors qu'il s'apprêtait à sortir de l'appartement, Sasuke se retourna en criant de toutes ses forces :

— Tu n'es plus mon père depuis que tu as laissé Maman mourir ! Et j'ai le droit d'aimer qui je veux !

Fugaku affichait un sourire plus qu'agaçant lorsqu'il se retourna pour dévisager à nouveau son fils. Mais il ne répliqua rien. Il laissa seulement quelques secondes couler dans le vide, avant de faire volte-face et de s'en aller, ne laissant derrière lui que l'odeur entêtante de son eau de Cologne, et les restes d'une colère appesantie d'accablement dans le cœur de Sasuke.


Itachi enleva son casque en remuant sa tignasse folle, aplatie par le trop long chemin depuis les studios d'Ame Entertainment. Il adorait sentir ses cheveux voler derrière lui, emportés par le vent et la vitesse, mais il détestait toujours les sentir emmêlés et tristement plats à l'arrivée. Avec une grimace de désespoir, il les tira en arrière et les noua dans sa nuque avant de se décider à descendre de sa moto.

Avec son casque sous le bras, il monta les quelques escaliers jusqu'à son appartement, pressé de retrouver Sasuke pour lui annoncer la bonne nouvelle. En entrant, il sentit dans le vestibule une très légère odeur d'eau de Cologne, qu'il oublia bien vite, et constata que le salon était plongé dans la pénombre du crépuscule. En allumant la lumière dans la cuisine, il n'y trouva qu'un mug abandonné sur le comptoir, et la bouilloire pleine d'une eau qui ne devait plus être chaude depuis un certain temps déjà, mais pas la moindre assiette sale en vue. Sasuke avait-il emmené son repas à l'étage ? Cela ne lui ressemblait pourtant pas…

En fronçant les sourcils d'incompréhension, Itachi monta jusqu'aux chambres. Quand il s'arrêta devant la porte de celle de Sasuke, il remarqua qu'un rai de lumière filtrait par en dessous, mais qu'aucun son ne se faisait entendre. S'était-il endormi en laissant sa lampe allumée ? Ce ne serait pas la première fois que cela arriverait.

Précautionneusement, Itachi ouvrit la porte pour en avoir le cœur net, lorsqu'une odeur assommante de tabac froid lui assaillit les narines. Il eut un mouvement de recul, ayant du mal à supporter cette désagréable et puante addiction qu'avait son frère, puis pénétra tout de même dans la chambre en retenant sa respiration. Ce qu'il y découvrit le fit frissonner. Sasuke gisait à même le sol, au milieu d'une mare de feuilles griffonnées de paroles assassines, de menaces vengeresses et de dessins agressifs. Un nuage de nicotine semblait peser sur la pièce et menacer d'étouffer le jeune homme, qui tenait encore son briquet dans une main. Le cendrier à côté de lui débordait de trop de mégots.

Inquiet, Itachi ne put s'empêcher de se précipiter vers son petit frère en l'appelant, mais Sasuke ne lui répondit pas. Il dégagea son front barré de mèches pour prendre sa température ; il était brûlant.

— Sasuke ? Sasuke, qu'est-ce que t'as fait, bordel ? Réveille-toi ! supplia-t-il, en vain.

Peut-être son frère dormait-il seulement profondément, mais il ne put s'empêcher de s'imaginer des scenarii catastrophiques. Il fallait qu'il se calme, ou sinon, il se mettrait bientôt à faire n'importe quoi. Prenant sur lui, Itachi expira longuement, puis se décida à porter Sasuke jusqu'à son lit. Lorsqu'il le posa sur les couvertures, son frère se mit à grogner presque imperceptiblement… Quelque part, c'était un bon signe, n'est-ce pas ? Il prit une profonde inspiration pour retrouver un semblant de calme.

— Hey, Sasu… Dors, d'accord ? Tu m'expliqueras demain ce qu'il s'est passé. Je préviendrai le lycée que tu n'iras pas en cours.

Mais ses paroles rassurantes n'eurent pas l'effet escompté… Alors qu'il allait chercher un plaid pour couvrir Sasuke, Itachi le sentit saisir sa manche d'une poigne tremblotante. Il chercha alors son regard pour savoir s'il s'était réveillé, et en effet, ses paupières papillotaient doucement sur ses yeux humides.

— J'suis trop con, grand frère…

À l'entente de ces quelques mots, Itachi s'assit à côté de Sasuke en lui demandant d'une voix calme :

— Pourquoi tu dis ça, enfin ? Tu sais très bien que c'est faux.

— Je dis ça parce que c'est vrai. marmotta le plus jeune en fuyant les yeux inquisiteurs de son aîné pour se réfugier dans la contemplation du ciel noir. Il veut que je m'éloigne de Naruto, il… il a menacé de lui enlever sa bourse pour Konoha…

Itachi mit un instant à rassembler toutes les pièces du puzzle mental qu'il assemblait depuis quelques semaines déjà. Tout était beaucoup plus clair, désormais, ou plutôt tout s'assombrissait. Il soupira légèrement, ne sachant trop quoi dire pour montrer à son frère que s'il ne connaissait aucun moyen de l'aider, il n'en était pas moins décidé à le soutenir. Même si Sasuke lui avait demandé de ne plus se mêler de ses affaires, il détestait voir son petit frère aussi malheureux.

— Et qu'est-ce que tu comptes faire ? Parce que tu n'as aucune envie de t'éloigner de lui. affirma Itachi en sachant pertinemment qu'il avait raison.

Sasuke grogna en se muchant contre son oreiller. Il avait horreur du sixième sens de son grand frère.

— Et qu'est-ce que tu crois que je puisse faire ? Rien, comme d'hab. Et le pire c'est que, oui ! s'exclama-t-il en se redressant, croisant le regard d'Itachi de ses yeux fous. T'as raison, j'ai aucune envie de le laisser gagner cette fois. J'ai aucune envie de m'éloigner de Naruto, parce qu'il me fait me sentir bien, et que j'adore les moments passés avec lui. Mais le voir souffrir, c'est… – le regard de Sasuke se fit hésitant, cherchant quelque part une réponse à ses trop nombreuses questions – c'est la dernière chose que je souhaite. Il est fait pour sourire, pas pour pleurer…

Les lèvres d'Itachi frémirent en s'étirant légèrement pour esquisser un sourire. Dans un souffle, il fit remarquer à son frère qu'il ne l'avait jamais vu s'accrocher autant à Neji. Sasuke détourna alors le regard, mais il ne fut pas surpris de la déduction d'Itachi. Il ne s'en cachait pas ; lui-même avait bien réalisé que Naruto comptait davantage à ses yeux qu'avait jamais pu compter Neji. Il ne savait pas pourquoi, ne parvenait pas à décider si c'était du fait de leurs points communs, de leurs expériences semblables, de leurs expéditions secrètes menées ensemble ou de quelque chose d'autre – un sentiment plus fort encore que ce qu'il croyait ressentir pour Naruto.

— Je peux pas prendre de décision pour toi, Sasuke. Et je veux pas, d'ailleurs. Tu m'as demandé de pas m'en mêler. Mais sache que peu importe ta décision, je te soutiendrai… Et que si tu veux mon avis, je veux bien te le donner.

Sasuke se laissa retomber sur ses coussins, le regard tourné vers un plafond qui ne l'inspirait pas. Il cherchait à réfléchir, à prendre une décision, mais son cerveau avait apparemment décidé de ne pas fonctionner car il ne parvenait qu'à revoir des flashes de moments passés en compagnie de Naruto. Et rien d'autre. Aucune idée lumineuse, aucune révélation soudaine, aucune réflexion brillante.

— Qu'est-ce que tu ferais, toi, à ma place ? finit-il par demander dans un soupir.

Itachi se laissa aller à sourire – son frère lui demandait enfin conseil – mais il se reprit aussitôt en répondant très honnêtement :

— Sûrement quelque chose de fou. Je crois que je tenterais d'abord de le narguer en m'affichant publiquement avec la personne que j'aime, et que s'il décidait de s'en prendre à cette personne, je chercherais un moyen de le confondre, de prouver qu'il me menace et de le dénoncer.

Son frère ne répondit rien. Il se contenta de souffler un petit rire, d'avantage désespéré qu'amusé.

— Mais toi, tu ne fonctionnes pas comme moi. Toi, tu penses à ceux que tu aimes d'abord, donc tu vas sûrement faire un truc stupide pour protéger Naruto.

Cette fois, il parvint à capter l'attention de Sasuke. Son regard noir s'illumina d'une discrète étincelle lorsqu'il rencontra celui d'Itachi. Il allait lui demander comment il avait pu deviner tout cela lorsqu'il réalisa que c'était une question inutile.

— Et quel est ton avis sur ce truc stupide ? préféra-t-il demander.

— Qu'il ne va pas plaire à Naruto, c'est certain. Mais que c'est sûrement la chose la plus intelligente à faire pour le moment. Je sais que tu assures tes arrières, alors je suppose que tu as déjà pensé à tout. J'espère juste que tu sais que les choses ne se déroulent pas toujours comme on l'a imaginé. Je voudrais pas que tu aies des regrets…

— Des regrets, j'en aurais si je laisse ce connard s'en sortir. conclut Sasuke en levant à nouveau le regard vers le plafond.

La discussion était terminée, Itachi l'avait parfaitement compris. Il se leva donc pour quitter la chambre de son frère, en réalisant qu'avec tout cela, il n'avait même pas eu l'occasion de lui parler de sa bonne nouvelle. Il le ferait plus tard ; Sasuke n'était clairement pas d'humeur à partager son enthousiasme. En attendant, il comptait bien se préparer un délicieux sandwich qu'il regarderait devant un bon film. Il l'avait mérité !


Naruto respira profondément en sortant de chez lui, ce matin-là. Il faisait beau et froid, comme un parfait jour d'hiver. Sa respiration formait un petit nuage de buée devant lui, qui s'évanouissait puis réapparaissait sans arrêt. Il s'était emmitouflé dans une épaisse écharpe qui faisait trois fois le tour de son cou, et avait sorti sa doudoune du placard ; il était prêt à affronter les températures qui commençaient un peu trop sérieusement à baisser. En enfilant ses écouteurs, il se mit à siffloter tandis qu'il rejoignait l'arrêt de bus.

Il retrouva plus tard Shikamaru, puis ils passèrent les grilles du lycée en discutant avec animation de la dernière série qu'ils avaient commencé à regarder la veille au soir. Ils s'assirent dans leur salle de classe en profitant d'être seuls pour poser leurs pieds sur les tables et poursuivirent leur discussion encore longtemps… un peu trop longtemps, même. Lorsque Kiba fit irruption dans la salle, en s'étonnant de voir le blond parmi eux à cette heure, Naruto réalisa que Sasuke aurait dû arriver de longues minutes auparavant. Cela ne lui arrivait que très rarement d'être en retard, et ne pouvait signifier que deux choses : soit il était allé voir Lee, soit il avait un souci.

Les sourcils froncés, Naruto récupéra son paquet de cigarettes dans son sac et sortit de la classe en faisant tourner son écharpe autour de son cou. Il traversa la cour, puis tourna au coin du bâtiment J pour rallier l'endroit où ils se retrouvaient tous les matins, mais il était loin d'imaginer ce qu'il y trouverait.

Des éclats de voix se faisaient entendre, et Naruto pressa le pas pour savoir ce qu'il pouvait bien se passer. Lorsqu'il arriva en vue de leur coin tranquille, il fut surpris de voir Sasuke, une cigarette à la main, en train d'expliquer – en criant – sa façon de voir les choses à un surveillant visiblement aussi excédé que le brun. Ses arguments n'avaient aucun effet face au règlement que l'homme avait à la place de la langue, et les règles de ce dernier coulaient sur les principes de Sasuke sans le convaincre le moins du monde. Alors que le blond allait intervenir pour stopper cette rixe stupide, le surveillant, à bout de nerfs, empoigna Sasuke pour le tirer jusqu'à son bureau, sous le regard impuissant de Naruto.

Sasuke l'avait bien vu du coin de l'œil, avant que ce satané surveillant ne le tire dans la cour, mais il n'avait rien fait pour attirer son attention. Tout d'abord parce qu'il ne voulait pas le mêler à ses soucis avec l'autorité, et ensuite parce qu'il ne voulait plus le mêler à quoi que ce fût. Il avait blessé Neji, il ne blesserait pas Naruto.

Et lorsqu'il ressortit plus tard du bureau de la directrice avec deux jours de renvoi momentané, pour désobéissance au règlement intérieur et insolence, il se sentit coupablement satisfait. Il venait de faire gagner deux jours de répit à son ami.

Aussi, lorsqu'il s'effondra sur le canapé en rentrant chez lui, sous le regard désespéré – mais pas étonné – de son grand frère, Sasuke poussa un soupir de soulagement. Il avait repris ses mauvaises habitudes bien plus naturellement qu'il ne l'aurait imaginé… Il s'en voulait un peu de laisser Naruto à l'écart de cette décision importante qu'il avait prise, mais il ne pouvait définitivement pas laisser ce blondinet aussi têtu qu'une mule tenter une énième fois de le protéger ou de le défendre. D'ailleurs, l'entêté en question venait de lui envoyer son sixième message de la matinée, toujours un peu plus hystérique que le précédent. Sasuke n'était pas contre le fait de sortir avec lui, bien au contraire, mais s'il devait d'abord endurer tous les côtés négatifs d'une relation amoureuse sans en avoir les côtés positifs, une partie de sa raison lui susurrait que le jeu n'en valait pas forcément la chandelle…

Le brun se leva soudain en grognant, agacé contre lui-même. Pourquoi, dès que Naruto apparaissait dans ses pensées, devait-il apporter avec lui des réflexions sans le moindre sens logique ? C'était énervant, épuisant, inutile.

Son portable se mit à vibrer frénétiquement sur la table basse, tandis qu'une chanson commençait à résonner un peu trop fort dans le salon. Sasuke tiqua. Ce n'était tout de même pas Naruto ? Un regard ennuyé plus tard, ses doutes furent confirmés. Il s'agissait bien de Naruto. Il raccrocha immédiatement sans même répondre, et éteignit son portable d'un geste rageur. Il ne voulait pas, il ne pouvait pas lui parler. Pas tant qu'il n'était pas tout à fait sûr qu'il ne risquait plus rien.

Tout en sirotant une tasse de thé dans la cuisine, Itachi observait le manège de son petit frère sans tenter de cacher la lueur de désapprobation qui dansait dans ses yeux. Il n'était pas du tout d'accord avec la manière qu'avait Sasuke de gérer son problème, mais il lui avait promis de ne plus s'en mêler… Il commençait vraiment à regretter l'époque où son adorable petit frère le regardait avec des étoiles dans les yeux et cherchait à tout faire comme lui ! Il avala une gorgée du liquide presque brûlant en se disant que c'était un temps définitivement révolu. Peut-être Sasuke se rendrait-il compte à temps de l'erreur qu'il venait de faire, ou qu'il avait prévu une solution à laquelle Itachi n'avait pas réfléchi… Il l'espérait de tout son cœur. Peut-être même que le coriace et obstiné Uzumaki Naruto lui ferait voir la réalité en face ! Après tout, il avait le droit de rêver, non ?

Oui, il en avait le droit. D'ailleurs, il crut bien être au beau milieu d'un rêve lorsque le lendemain, alors qu'il sortait de l'appartement pour rejoindre Deidara et Sasori à l'université, il trouva le cadet des Uzumaki adossé au mur du couloir, juste à côté de la porte d'entrée.

Passé un instant de surprise, Itachi parvint à retrouver ses esprits pour lui demander ce qu'il faisait là, à attendre sans sonner, avec cet air si énervé qu'il affichait sans même tenter de le dissimuler.

— Je sais qu'il est génial, beau et presque aussi parfait que moi, mais arrête de stalker mon petit frère. tenta-t-il pour détendre l'atmosphère.

Malheureusement, sa tentative n'eut aucunement l'effet escompté. Naruto eut un petit rire, qui ressemblait davantage à un sursaut de frustration, puis lâcha d'un ton acerbe :

— Je risque pas, il fuit trop bien pour ça !

Itachi ne répondit rien. L'énervement du blond était palpable, et il comprenait très bien que la situation le rendît fou. Il n'avait pas approuvé la décision de Sasuke, et une partie de lui-même était tentée par l'envie de laisser Naruto étrangler son petit frère.

— J'ai hésité pendant un bon quart d'heure, reprit le plus jeune, mais autant que je sois pas venu pour rien. Je peux lui parler ? Promis, je nettoierai derrière moi quand je lui aurais démonté la gueule.

Si une envie de sourire l'avait pris au début de la phrase, Itachi l'oublia bien vite ; l'air sarcastique de Naruto, et la tristesse qu'il lisait au fond de ses yeux irrités, tout cela lui fit réaliser qu'il aurait peut-être dû se mêler des décisions de Sasuke. S'il en avait discuté avec lui avant, son frère aurait-il fait cette même erreur ? En voulant éviter de blesser Naruto, il l'avait finalement fait souffrir d'une toute autre manière. Mais avait-il seulement réfléchi au fait que les blessures du cœur étaient souvent bien plus difficiles à guérir que celles du corps ?

Avec un discret soupir de résignation, Itachi poussa de nouveau la porte pour laisser Naruto entrer. Il était temps que Sasuke se rende compte de sa bêtise. Le blond le remercia d'un regard, et pénétra dans l'appartement en déglutissant. Pourvu que tout cela ne finisse pas en pugilat…


Héhé, à vos pronostics ! J'ai hâte de savoir ce que vous imaginez pour le chapitre suivant x)

En tous cas, j'espère que celui-ci vous a plu ! Laissez-moi votre avis ! À la prochaine !