Chapitre 22

Feitan le tua, comme les autres.

Sauf que, alors qu'il était concentré sur sa victime, un homme se mit derrière lui et le ceignit au niveau de sa cage thoracique déjà fragilisée. Il cria de douleur et essaya de s'en défaire, mais n'y parvint pas. Un autre garde arriva vers lui avec une seringue en main.

- Avec ça, tu vas te calmer vite fait.

Il maintint sa tête penchée sur le côté et planta l'aiguille dans son cou. Feitan sentit un liquide froid se répandre dans ses veines. On le lâcha soudain. Il tomba sur le sol, essaya se relever, mais trébucha. Bientôt, il n'eut plus assez d'énergie pour tenir debout.

Il s'effondra et ce fut le noir.

Lorsqu'il reprit connaissance, il était enchaîné dans une pièce sombra. Cela le fit presque rire. Même ici, il y avait des cachots. Cet Amaldi se prenait vraiment pour un roi.

Il se rendit compte qu'il avait suffisamment regagné de forces pour pouvoir un peu bouger mais pas suffisamment pour pouvoir briser ses chaînes. Bon. On dirait qu'il était bloqué ici.

Un homme arriva.

- On te garde ici au cas où tu te défiles.

Feitan haussa un sourcil.

- Me défiler de quoi ?

- De ce qui t'attends demain.

- … C'est-à-dire ?

Il commençait à être passablement exaspéré.

- Du match contre le boss.

Feitan pouffa contre sa volonté.

- Tu feras moins le malin demain. Et puis… tu ne vas pas t'ennuyer vu ce qu'on t'a préparé. Rassure-toi, tes amis ne savent pas que tu es ici. On va pouvoir être tranquille.

Deux hommes en plus de celui qui lui parlait rentrèrent dans la cellule. Le premier s'approcha de lui et dit d'une grosse voix :

- C'est une bien vilaine blessure que t'as à l'épaule…

Il mit son pouce dessus et commença à appuyer. Feitan serrait les dents. Bon sang ! Ça faisait un mal de chien ! Il se retenait pour ne pas gémir. Il voulait garder un peu de dignité. Quand l'autre se rendit compte que Feitan encaissait le coup, pire ! qu'il lui souriait avec défi malgré la douleur que ça pouvait être, il se recula sans un mot.

Un autre approcha. L'asiatique ne remarqua qu'à cet instant qu'il était torse nu. Il ne voyait pas la blessure qu'il lui avait été faite au nen, mais il sentait à chaque respiration une douleur dans les côtes. L'homme s'accroupit devant lui et appuya avec un doigt sur son plexus solaire. Un courant électrique de douleur se répandit dans tout son corps et ce, même si l'homme n'avait presque pas appuyé. Seulement, à défaut de ne pas avoir parlé, il avait affiché une expression inquiète.

Erreur fatale.

L'homme sourit, ravi d'avoir trouvé un point qui lui fasse mal. Feitan était beaucoup moins confiant désormais et dans ce cas, impossible d'utiliser Pain Packer. Il reçut un coup violent au même endroit.

Il cria de douleur.

Il sentit, au moment de l'impact, ses os se fissurer de plus en plus.

Les hommes lui assenèrent encore quelques coups et le laissèrent ainsi. Son corps n'était plus que douleur. Il fallait qu'il fasse des exercices de respiration. Il gémit un peu. Plus personne n'était là de toute manière.

La nuit allait être longue.

Le lendemain, il était encore assez affaibli lorsqu'on vint le chercher.

Il pénétra dans l'arène du combat. (Chap. 9)