Sixième partie

~ Noyau de la galaxie, Coruscant, capitale de l'Empire galactique

Territoire du palais impérial, quartier général des armées ~

Il faisait nuit lorsque Hell posa son fighter dans son hangar attitré. Les lumières de la capitale filtraient jusque dans le quartier général des armées, caché dans des bâtiments administratifs derrière le grand palais impérial. Par chance, personne ne semblait l'attendre. Il n'avait pas envoyé de communication pour prévenir de son retour et espérait bien passer inaperçu au moins jusqu'aux premières lueurs du jour. Il ne doutait pas que Stanford l'attendait de pied ferme quelque part mais il avait l'intention de l'éviter le plus possible.

Le Seigneur Sith coupa les moteurs et se laissa aller contre le dossier de son fauteuil. Le voyage depuis Kro Var lui avait permis de calmer quelque peu ses nerfs mais il se sentait malgré tout vidé de toutes ses forces. Il savait qu'il s'agissait en partie du contre-coup de la transe cosmique mais il ne pouvait s'empêcher de penser que quelque chose d'autre s'était produit. Son esprit vagabonda encore une fois vers la jolie rebelle qu'il avait abandonnée dans son repère. Il n'avait aucune idée de ce qu'il lui fallait faire à présent et il allait devoir affronter d'autres problèmes. Soupirant, le jeune homme finit par ouvrir le capot de son vaisseau pour sauter à terre. Il n'avait aucune envie d'affronter la bureaucratie impériale. Il avait tous ces officiels en horreur et il se doutait que les heures à venir seraient loin d'être de tout repos. Hell n'avait pas encore eu le temps de penser à ce qu'il dirait lorsqu'on lui poserait la question fatidique des Archives mais, une chose était claire, il n'avait nullement l'intention de desserrer les lèvres. Sa vision dans les mines de Kyber lui avait fait prendre conscience de certaines pratiques douteuses utilisées par l'Empereur et ses alliés et il était loin d'être enthousiasmé par ces découvertes. Les Sith ne parlaient que très rarement des Jedi Noirs. Ils leur avaient tout pris et la blessure était bien trop profondément ancrée en eux pour qu'ils puissent trouver le courage de la rouvrir. De plus, ils étaient trop faibles et trop peu nombreux pour tenter de reprendre leurs droits et Hell supposait que cela expliquait le silence des Anciens. À quoi bon parler si l'on n'a pas la force de se battre ? Pourtant, le jeune homme savait certaines choses concernant cet Ordre maudit et il ne pouvait s'empêcher de s'en vouloir de ne pas avoir réagi plus tôt. Il n'avait peut-être jamais vu de cristaux à l'état brut auparavant mais, le gris terne de ceux qui lui avaient été présentés pour la formation de son sabre aurait dû le faire réagir davantage. Mais il n'avait alors que onze ans. Il était à la fois trop jeune pour comprendre et encore bien trop engourdi par la barrière mise en place sur ses émotions.

Le jeune homme plaça le cristal récolté sur Ilum dans un compartiment secret de son fighter afin de le mettre en sécurité. L'Empereur cherchait à se procurer une quantité colossale de cristaux. S'il arrivait à tous les soumettre à sa volonté, il serait capable d'accomplir des miracles. Ou des désastres, en fonction du point de vue. Hell poussa un profond soupir et s'adossa contre l'aile de son TIE. Il avait passé les dix-neuf dernières années de sa vie à suivre et à obéir aux ordres sans jamais chercher à les contester. On ne lui avait pas laissé le choix et il s'était de lui même ôté toute capacité de résistance. Pourtant, il n'avait jamais vraiment oublié qui il était et il avait toujours conservé cet espoir de reprendre un jour la place qui lui revenait de droit. Il était loin de porter Palpatine dans son cœur mais il n'avait encore jamais pu analyser la situation telle qu'elle se présentait à lui. Avec l'absence d'émotions venait invariablement une forme d'absence de jugement. Un Sith sous verrou émotionnel était redoutable pour cette simple raison. Il obéissait. Sur Kro Var, il s'était senti sur le point d'exploser. Le simple fait d'être capable de passer en transe cosmique signifiait que le blocage ne tenait plus qu'à un fil et il devait à tout prix garder le contrôle de lui-même. L'Empereur l'avait envoyé à la recherche des Archives et il avait bien l'intention de découvrir ce que ce dernier y cherchait. Le terme Grand Oeuvre revenait sans arrêt mais il ne savait pas réellement de quoi il retournait. Une arme, il en était certain. Mais laquelle et pour servir quel but ? Les cristaux y joueraient sans aucun doute un rôle de premier plan et Hell avait du mal à accepter que ces pierres incarnant la Force pure soit utilisées pour servir les desseins d'un seul homme qui s'était approprié des pouvoirs qui n'auraient jamais dû lui revenir de droit. Il se souvenait des Anciens et de leurs préceptes qu'il trouvait alors si répétitifs. Toujours vivre en harmonie avec la Force et respecter sa volonté en toutes circonstances. Manifestement, Palpatine n'avait pas reçu les mêmes enseignements.

Je ne me serais jamais posé ce genre de questions il y a quelques mois encore. Et maintenant je me demande comment j'ai pu être aussi stupide. Entre ça et ma crise de panique sur Kro Var, je vais finir par perdre la tête. Je dois à tout prix garder le contrôle sur mes émotions mais tenter d'apposer un nouveau verrou plus solide ne me mènerait à rien. Il faut que je garde un minimum de lucidité, surtout pour affronter ce qui va me tomber dessus dans les prochaines heures. Ensuite, j'aviserai. Les évènements à venir décideront pour moi.

Hell se détacha de son fighter, jeta son sac sur son épaule, et se dirigea vers la sortie du hangar. Il avait besoin d'une bonne douche et de quelques heures de sommeil pour se remettre des effets de sa transe. Il se sentait encore engourdi et il lui faudrait toute son énergie aussi bien physique que mentale pour affronter Stanford. Et Ténébris. Le jeune homme poussa un grognement de frustration. Dans sa course aux Archives et aux Sentinels, il en avait presque oublié son apprentie. Elle allait être furieuse et, nul doute qu'elle lui demanderait des explications qu'il n'avait aucune envie de lui fournir. De plus, elle avait passé des semaines loin de lui et à proximité de Palpatine et il craignait de la retrouver encore plus aveuglée par les discours de l'Empereur que lorsqu'il l'avait quittée. Hell n'avait jamais pensé que la jeune fille pourrait devenir un problème, mais il allait devoir garder un œil sur elle.

Alors que le jeune homme s'engageait dans le couloir menant à ses quartiers, il fut stoppé par un bataillon de stormtroopers.

« Seigneur Hell, l'interpella le capitaine. Nous attendions votre retour. Son Excellence l'Amiral Stanford désire s'entretenir avec vous.

- Et je suppose que vous n'allez pas me laisser prendre une douche avant ?, soupira Hell.

- Son Excellence m'a demandé de vous amener immédiatement dans son bureau.

- Évidemment. »

J'aurais du le voir venir, Stanford saute sur toutes les occasions qui lui permettent de se pavaner devant l'Empereur. Hell gardait le regard rivé sur l'arrière du casque du trooper se trouvant devant lui. Le bureau de l'Amiral se trouvait à l'opposé du quartier général des armées, dans les étages élevés où se prélassaient les grands officiels dans le luxe et l'opulence. Très loin de la réalité de la guerre qui faisait rage. Il va falloir que je prenne sur moi, je n'ai pas l'intention de me saboter encore davantage. Un meurtre d'Amiral ne serait probablement pas bien vu par son Altesse impériale. Le jeune homme inspira profondément et força son esprit à passer en état méditatif. Il allait lui falloir conserver son calme et, avec ses émotions qui menaçaient de remonter à la surface, la tâche n'allait pas s'avérer facile. Je vais devoir m'écraser au maximum devant lui, lui donner l'impression qu'il conserve sa soi-disant supériorité. Une fois qu'il aura fini son grand discours de remontrances, je pourrai m'atteler à des choses plus importantes.

Les troopers s'arrêtèrent devant l'entrée du bureau de l'Amiral. Visiblement, ils n'avaient pas l'intention d'entrer avec lui. Hell carra les épaules, afficha son air le plus blasé, et poussa la porte. Stanford se trouvait assis derrière son bureau. Les lumières de la capitale se reflétaient sur ses écrans et renvoyaient un halo rouge menaçant sur son visage. Ce type a vraiment besoin de se sentir important, cette mise en scène est ridicule. Hell s'arrêta à quelques mètres du bureau et croisa les mains derrière son dos.

« Vous m'avez fait demander, Amiral ?, demanda-t-il d'un ton traînant.

- Seigneur Hell, l'officier grinçait des dents. Je suppose que vous avez reçu mon message, étant donné que vous daignez enfin vous présenter devant vos supérieurs.

- Quel message ?, Hell choisit de jouer l'ignorance.

- Le message que je vous ai envoyé en vous sommant de revenir le plus vite possible.

- Je n'ai reçu aucun message et, pardonnez-moi, mais j'ai des choses plus importantes à faire que d'attendre vos ordres comme un gentil petit soldat, Hell grimaça intérieurement, il ne fallait pas se mettre l'Amiral encore plus à dos.

- Je vois. Peu importe, auriez-vous l'obligeance de me dire où vous étiez passé ces dernières semaines ? Nous n'avons plus eu de vos nouvelles depuis une éternité et, au cas où vous l'auriez oublié, nous avons un besoin urgent des Archives. Il était de votre devoir de nous les rapporter le plus vite possible et votre attitude frôle l'insubordination ! De quel droit vous permettez-vous de dédaigner les ordres de son Altesse impériale ? Vous êtes dans l'obligation de nous tenir au courant de l'évolution de votre mission à chaque étape et je ne pense pas me tromper en disant que vous avez préféré vous la jouer solo. Votre statut ne vous permet pas d'ignorer les ordres, Seigneur Hell. Vous nous êtes subordonné et vous avez donc des comptes à nous rendre. J'ignore où vous aviez disparu mais vos explications ont plutôt intérêt à être convaincantes et, pour votre propre bien, j'espère que vous nous ramenez les Archives.

- Vous avez terminé ?, finit par demander Hell sans se départir de son air indifférent.

- Je vous demande pardon ?, Stanford fulminait.

- Au risque de vous décevoir, Amiral, le Seigneur Sith décida finalement que la passivité ne lui convenait pas. Je n'ai aucun compte à vous rendre. Mis à part les médailles à votre boutonnière, rien en vous ne m'est supérieur. Vous n'êtes qu'un bureaucrate, vous n'êtes même pas un soldat. Vous n'avez sans doute jamais quitté le confort de votre villa et vous vous croyez important parce que l'Empereur a, pour une raison qui m'échappe, décidé de vous accorder un poste à responsabilités. Je suis un Seigneur Sith, Stanford. Je pourrais vous briser le cou par la simple force de ma pensée s'il m'en prenait l'envie. Alors, si j'étais vous, j'éviterais d'en faire trop. Je ne suis guère de bonne humeur ces derniers temps et cela fait maintenant un moment que vous me tapez sur le système. Ce que je fais de mon temps ne vous regarde en rien, vous croyez peut-être que vous êtes le seul à donner des ordres par ici ? Ma mission m'a été commandée par l'Empereur en personne et vous en ignorez les termes. Je vous prierai donc de ne pas vous mêler de choses qui vous dépassent.

- Votre insubordination est inacceptable, l'Amiral avait viré au blanc. Vous paierez pour cette attitude !

- Et que comptez vous faire exactement ? Me tirer dessus avec le blaster de précision que vous cachez sous votre bureau ? Vous faites le moindre mouvement et vous êtes mort. Vous m'avez déjà vu à l'oeuvre, vous savez de quoi je suis capable.

- J'ai toujours dit à l'Empereur que vous n'étiez pas digne de confiance et qu'il fallait se méfier de vous. À présent, il va être forcé de reconnaître que j'avais raison. Je ne peux peut-être rien contre vous mais il est votre Maître, il saura vous infliger une punition à la hauteur de vos actes. Je pensais pouvoir lui épargner la tâche ingrate de votre interrogatoire mais il semble que vous soyez encore moins coopératif que ce que j'avais anticipé. C'est donc devant lui que vous allez à présent vous expliquer. Je suis persuadé que vous n'êtes pas en possession des Archives et que vous vous êtes livré à des activités douteuses durant votre absence. Jamais son Excellence ne vous pardonnera cela et je me réjouis à l'idée de vous voir ramper à ses pieds. Malheureusement, je crains qu'il ne rechigne encore à vous éliminer. Il prétend que vous êtes irremplaçable et indispensable au même titre que Vador. J'ignore ce que vous avez de si spécial mais peu importe. Quand bien même il déciderait de vous garder en vie, vous allez rapidement retourner dans le droit chemin et, comme il verra qu'il ne peut plus vous faire confiance, la tâche de localiser les Archives me reviendra de droit. À ce moment-là, je pourrai lui prouver que je suis bien plus fiable et efficace que n'importe lequel de ses sbires au sabre laser. Gardes ! »

Les troopers qui avaient accompagné Hell jusqu'au bureau entrèrent. Cette fois cependant, ils étaient encadrés par des soldats de la Garde Rouge, la protection rapprochée de l'Empereur. Masqués et entièrement vêtus de rouge, ces hommes vivaient dans l'anonymat le plus complet et ne répondaient qu'à Palpatine. Hell pesta intérieurement. Il n'aurait eu aucun mal à se débarrasser de quelques troopers mais, s'en prendre aux Gardes Rouges était bien plus complexe. Ils disposaient d'armes très perfectionnées et étaient des guerriers d'exception. De plus, si l'un d'entre eux se faisait attaquer, il pouvait prévenir ses pairs qui ne manquaient jamais de se porter à son aide et, généralement, ils arrivaient en nombre. Ce genre d'altercation alerterait tout le quartier général et le Seigneur Sith risquait de se trouver piégé. Il n'allait pas avoir d'autre choix que de les suivre. L'un des soldats royaux se détacha du groupe et se dirigea vers lui. Il lui prit son sabre laser et le força à ôter son gant canalisateur. Le jeune homme se laissa faire sans opposer de résistance. Créer un scandale finirait indubitablement en catastrophe.

« Vous pouvez l'escorter à son Altesse impériale à présent, reprit Stanford. Je suis persuadé qu'il a beaucoup de choses à lui dire. »

Je devrais vraiment revoir ma définition de l'obéissance et de la soumission feinte. Hell avançait dans les méandres du quartier général des armées, encadré par les soldats impériaux, les clones ouvrant et fermant la marche. Le jeune homme savait qu'il n'aurait pas pu se soustraire à une entrevue avec Palpatine mais, s'il s'était montré un peu plus coopératif face à Stanford, il aurait peut-être pu la retarder au maximum. C'est plus fort que moi, je n'arrive pas à simuler le respect face à cet homme. Tant pis, au moins avec l'Empereur, je sais plus ou moins à quoi m'attendre. Le moment sera loin d'être agréable mais je peux peut-être minimiser les dégâts, tout dépendra de son état d'esprit.

Hell fronça les sourcils en avisant la direction que les soldats lui faisaient prendre. Il avait pensé qu'ils sortiraient du quartier militaire pour se diriger vers le palais en lui-même – Palpatine ne quittant presque jamais la salle du trône – mais les soldats semblaient le conduire vers un tout autre endroit. Une fois les quartiers des hauts officiers derrière eux, le groupe s'orienta vers les hangars localisés à l'arrière des bâtiments. Ils en traversèrent plusieurs avant de sortir dans la nuit noire de la capitale. Les lumières des grattes-ciel atteignaient en temps normal le coin le plus reculé de la cité mais, là où Hell se rendait, les ténèbres régnaient. Après avoir marché durant de longues minutes, il dut descendre un escalier escarpé jusqu'à se retrouver devant une lourde porte visiblement blindée. Les troopers s'arrêtèrent plusieurs marches derrière lui et le soldat rouge qui le précédait tapa un code sur le panneau d'ouverture. La porte coulissa et l'homme derrière lui le poussa légèrement sur l'épaule. Hell fit un pas dans le hangar souterrain et les battants se refermèrent derrière lui. D'accord. Le jeune homme avança prudemment. La pièce était sombre et seule sa vision nocturne lui permit d'évaluer son environnement. Un être humain n'y aurait rien vu. Il lui fallut plusieurs minutes pour réaliser et il s'arrêta net lorsqu'il comprit. Il n'était jamais venu dans cet endroit mais, des années auparavant, il avait passé les heures les plus horribles de sa vie dans une cave identique. Sur une autre planète peut-être, mais les infrastructures avaient été reproduites à la perfection. Aucun regard vers l'extérieur, aucune autre issue hormis la porte principale ne s'ouvrant visiblement que depuis l'extérieur, les chaînes au mur, la table en acier située au centre de la salle… Hell calma sa respiration et bloqua son esprit en état méditatif, les souvenirs menaçaient de remonter et il ne pouvait pas se le permettre. Il avait anticipé différents types de scénarios mais celui-ci était bien pire que tout ce qu'il avait pu imaginer. Le jeune homme finit par se remettre en marche et se dirigea vers le fond du hangar où il savait trouver Palpatine. Il eut le temps de faire encore quelques pas avant qu'une lumière aveuglante n'envahisse tout l'espace. Hell ferma les yeux et monta un bras devant son visage.

« Vous vous êtes fait désirer, Seigneur Hell. »

L'Empereur était assis sur un trône de fortune, situé sur une estrade surélevée. Son visage déformé était masqué sous sa capuche et ses longs doigts décharnés frappaient un rythme inquiétant sur ses accoudoirs. Hell cligna des yeux et leva le regard vers son interlocuteur. Autour de lui, les équipements de la salle se firent plus évidents. Le jeune homme choisit de ne rien répondre à l'invective du monarque et resta silencieux en le fixant sans ciller. Stanford n'avait aucun pouvoir et il pouvait se permettre de lui manquer de respect et de l'agresser verbalement, il aurait toujours le dessus en cas d'affrontement. Avec l'Empereur, la situation nécessitait une autre approche. Il préféra donc attendre la tournure que prendraient les évènements.

« Approchez, reprit l'Empereur. Vous avez une mine terrible, les dernières semaines auraient-elles été difficiles ?

- La mission que votre Altesse impériale m'a confiée est loin d'être de tout repos, Hell opta pour la facilité.

- J'en ai bien conscience. C'est pour cette raison que je vous ai choisi. Vous ne m'avez encore jamais déçu et votre fiabilité vous a honoré durant toutes les années que vous avez passées à mon service. Pas une fois, je n'ai eu à me plaindre de vous ou de votre efficacité. À chaque mission confiée, vous observiez mes ordres avec une précision quasi-chirurgicale et je me suis toujours félicité de l'excellent instinct dont j'avais fait preuve en vous choisissant. Voilà donc pourquoi je ne m'explique pas votre attitude des dernières semaines. Je pensais que vous progressiez, vous me teniez au courant, vous sembliez même avoir des pistes très sérieuses et, soudain, plus rien. Le silence. Vous comprenez donc ma perplexité. J'ai même pensé qu'il avait pu vous arriver quelque chose. Votre présence aujourd'hui me prouvant le contraire, j'aimerais donc comprendre.

- J'avais effectivement une piste sérieuse, Hell choisit de raconter une semi-vérité. Mais il s'est avéré que je m'étais trompé. Les Archives ne se trouvaient pas là où je le pensais. Mes sources étaient cependant très fiables et je pense donc qu'elles avaient été délogées peu de temps avant mon arrivée.

- Je vois. Votre apprentie m'a cependant parlé de détours inexpliqués et fortement inutiles selon son avis. Et elle a fait mention de rebelles qui semblaient vous intéresser davantage que votre mission ?

- Il se trouve, Hell maudit intérieurement Ténébris et sa loyauté mal placée. Que j'ai effectivement croisé la route des Sentinels au cours de mon périple. Ils m'ont donné du fil à retordre et je les ai soupçonnés de manigancer quelque chose de sérieux à l'encontre de l'Empire. En parallèle de ma mission, j'ai donc voulu garder un œil sur eux afin de m'assurer qu'ils ne tentent rien pouvant finir par nous nuire. J'ignorais que ce genre d'attitude était répréhensible.

- Oh, elle ne l'est pas. Si vous me dites la vérité, elle est même tout à fait louable.

- Et pourquoi vous mentirais-je ?

- C'est bien cela que je ne m'explique pas. Que votre piste se soit avérée froide ne me pose en soi aucun problème. J'en suis fort contrarié certes, mais, lorsque je vous ai confié cette mission, je me doutais qu'elle serait semée d'embûches. Les Jedi ont toujours été très doués pour couvrir leurs traces et je n'aurais donc pas été étonné d'apprendre que votre première tentative s'était soldée par un échec. Je vous aurais simplement demandé de redoubler d'efforts. Alors, pourquoi ne pas simplement nous avoir prévenus que vous recherchiez de nouvelles pistes puisque, d'après ce que je semble comprendre, c'est ce que vous prétendez avoir fait ces dernières semaines.

- Je ne souhaitais pas m'avancer à nouveau avant d'avoir des preuves solides de mes allégations.

- Tout cela me semble, encore une fois, fort louable mais ne répond en rien à ma question. Où étiez-vous et qu'avez-vous fait au cours des dernières semaines ?, le ton badin de l'Empereur s'était fait plus menaçant.

- Vous m'avez confié une mission et je tente depuis de la mener à bien.

- Sans vos hommes ?

- Je vous demande pardon ?

- Votre apprentie – cette enfant me semble de plus en plus prometteuse – m'a conté une bien étrange histoire, voyez-vous. Il semblerait que votre piste vous ait mené sur Jedha. Planète qui m'intéresse au plus haut point et j'ai donc été ravi d'apprendre que vous la pensiez effectivement liée au Kyber. La suite de son récit m'a en revanche nettement moins amusé. Vous auriez donc établi un plan d'attaque une fois votre vaisseau installé en orbite de la planète. Elle serait partie à la recherche de potentielles mines avec certains de vos hommes tandis que vous vous seriez intéressé à autre chose. Il s'agissait évidemment des Archives mais elle ne semblait pas au courant de leur existence ni du fait qu'elles étaient l'objectif précis de votre mission. Je vous avais demandé un secret absolu et ce point ne m'a donc pas étonné. Cependant, il paraîtrait que, une fois les procédures d'atterrissage terminées, elle serait venue vous chercher dans la salle des commandes et avait eu la surprise d'apprendre que vous aviez disparu. Après investigation, elle a découvert que vous aviez quitté l'Interceptor à bord de votre fighter, accompagné de vos deathtroopers. Au départ, elle a pensé qu'il y avait eu une urgence et que vous n'aviez tout simplement pas eu le temps de la prévenir mais, son avis sur la question a rapidement changé en voyant vos soldats regagner le vaisseau amiral sans vous. Elle m'a confié que vous étiez parti un long moment et que, à leur retour, vos hommes étaient aussi perplexes qu'elle quant à votre absence. Vous auriez décollé derrière eux pour ensuite vous volatiliser. Bien évidemment, la pauvre enfant était totalement déboussolée et l'Interceptor est immédiatement revenu vers la capitale. Elle est ensuite venue me trouver sans attendre pour me faire part de tous ces évènements incompréhensibles. Elle m'a expliqué que vous vous étiez rendus sur Ilum, alors que j'avais affirmé moi-même qu'il n'y avait plus rien à tirer de cette planète, et que vous vous y étiez aventuré seul. À votre retour, elle vous a trouvé changé voire même grandement perturbé. Par la suite, elle m'a parlé de votre étrange obsession pour les Sentinels et de votre attitude plus que préoccupante à leur sujet. Et, enfin, j'ai pu découvrir le fin mot de toute cette histoire. Ténébris ignorait tout de ce qu'il s'était passé sur Jedha et elle n'avait pas osé questionner vos deathtroopers. Après tout, ils vous sont entièrement dévoués et elle n'a aucune autorité sur eux. Cependant, apprenant qu'ils vous avaient suivi sur le sol de la planète, je les ai convoqués pour les soumettre à un interrogatoire. Je tiens à vous féliciter, vous en avez fait des hommes à la loyauté presque infaillible ce que je ne pensais pas possible. Malheureusement, ils restent des êtres humains et ils ont fini par céder sous la pression. Il paraîtrait donc que vous vous êtes retrouvés face aux Sentinels sur Jedha. Que faisaient-ils là ? Je me le demande encore mais là n'est pas le plus important. Vous auriez affronté Cassiopea El-Solar en duel et, d'après votre capitaine, vous l'auriez lourdement blessée. Les autres rebelles seraient ensuite arrivés et vous seriez retournés à bord de vos fighter respectifs. C'est à ce moment que leur récit devient confus. Ils ne savent pas exactement ce que vous avez fait. L'avez-vous laissée là ? L'avez-vous emmenée avec vous ? La seule chose dont ils sont certains, c'est que vous n'avez jamais atteint l'Interceptor. Ils ignorent tout de vos agissements par la suite et je n'ai aucun doute concernant leur sincérité. Voilà donc, Seigneur Hell, la raison pour laquelle je me trouve dans une position délicate vous concernant. Je peux comprendre que vous ayez tout de même tenté Ilum, peut-être pour essayer de comprendre le mode de pensée des Jedi. Je peux aussi comprendre que vous vous soyez intéressé aux Sentinels, d'autant plus qu'ils se sont retrouvés sur la même planète que vous. Planète sur laquelle vous pensiez trouver les Archives. Mais, je n'arrive pas à concevoir votre attitude par la suite. Privilégier les rebelles au détriment de votre mission et du plan d'attaque que vous aviez établi ? Affronter la personne la plus recherchée de la galaxie et en rester là ? Rien de tout cela n'a de sens. Si elle était si gravement blessée, vous auriez dû la ramener immédiatement. J'aurais oublié votre premier échec concernant les Archives étant donné que vous m'auriez fait donc de ce que je cherche ardemment depuis trois années à présent. Alors, je vais encore une fois vous reposer la question. Où étiez-vous ? Qu'avez-vous fait ? Et où sont mes Archives ? »

Hell avait rapidement pris la décision de se taire. Au départ, il avait pensé pouvoir se sortir de cette situation en déviant le sujet et en racontant quelques fausses vérités mais, à la seconde où l'Empereur avait mentionné Ténébris, il avait compris qu'il ne pourrait pas s'en sortir de cette manière. Évidemment qu'elle lui a tout raconté. Je savais que sa loyauté envers l'Empire devenait lentement un problème mais je ne pensais pas que les choses dégénéreraient aussi vite. J'aurais dû la surveiller de plus près. Ou, mieux encore, j'aurais dû m'arranger pour qu'on ne m'attribue jamais d'apprentie. Je me serais évité bien des problèmes. Malheureusement, le mal était fait et le jeune homme allait devoir en assumer les conséquences. Il n'avait pas le choix, il ne pouvait rien dire à l'Empereur.

« Vous ne répondez rien ?, s'enquit Palpatine après plusieurs minutes de silence. Il me semble pourtant que mes questions sont simples.

- Je n'ai rien à vous dire, répondit finalement Hell d'une voix dure.

- Il se pourrait fortement qu'El-Solar et ses sbires soient également sur la piste de mes Archives et vous n'avez rien à me dire ?, l'Empereur fulminait et il se leva. Je pensais que vous auriez une explication logique à me fournir. Que vos agissements n'étaient peut-être finalement pas aussi inacceptables que je le supposais. Je commence sérieusement à douter de votre loyauté Seigneur Hell alors, pour votre propre bien, je vous suggère de vous mettre à parler.

- Je n'ai pas vos Archives, je ne sais pas où elles sont et ce que je fais de ma vie ne vous concerne en rien. Je ne suis pas un pantin que vous pouvez placer où bon vous semble. Je ne suis pas Vador.

- Faites très attention à ce que vous dites, Palpatine descendit lentement les marches de son estrade. Je pourrais commencer à penser que vous êtes devenu un traître à l'Empire en plus d'être un déserteur.

- Je suis devant vous à ce que je sache.

- Vous avez abandonné vos hommes et disparu de nos radars durant des semaines ! Votre TIE est censé être localisable en toutes circonstances mais, j'ignore comment vous vous y êtes pris, vos balises sont restées inactives ! Vous êtes sous mes ordres ! Votre attitude est celle d'un déserteur et les récits de votre apprentie me poussent à penser que vous pourriez également être un traître. Vous ne m'avez pas ramené Cassiopea El-Solar alors qu'elle se tenait à votre merci. Donc. Je vais vous le demander une dernière fois. Qu'avez-vous fait au cours de ces dernières semaines et où sont mes Archives ?!

- Allez vous faire voir. »

Il n'aurait peut-être pas dû se montrer aussi virulent, mais l'attitude de l'Empereur et son acharnement l'avaient poussé à bout. Jamais il n'aurait pensé pouvoir s'adresser à Palpatine de la sorte, il était supposé être trop engourdi émotionnellement pour cela. Cependant, il n'avait jamais apprécié l'Empereur et il était évident qu'il finirait par craquer un jour. Son verrou émotionnel et son attitude rebelle étaient cependant le cadet de ses soucis. En entrant dans le hangar souterrain et en comprenant dans quoi il avait posé les pieds, il s'était plus ou moins douté de ce qui l'attendait. S'il avait pu tourner la situation à son avantage, il aurait peut-être pu l'éviter mais, compte tenu des évènements, l'issue de son entrevue avec l'Empereur était inéluctable.

Hell serra les dents en se sentant propulsé contre le mur. Les chaînes qui y pendaient vinrent s'enrouler autour de ses avants-bras et de ses chevilles et le plaquèrent contre la paroi glacée. Malgré l'angoisse qui commençait à lui serrer les entrailles, il gardait son regard froid fixé sur l'homme lui faisant face.

« Je pensais que la leçon avait été claire il y a toutes ces années, Palpatine s'approchait lentement de lui. Je croyais que l'insubordination ne faisait plus partie de votre personnalité, qu'elle avait été effacée avec tout le reste grâce au petit tour de magie que vous aviez pratiqué. J'en avais d'ailleurs été très impressionné à l'époque. Je constate cependant à présent qu'il n'en est rien. Ce qui m'amène à me poser la question de votre obéissance. Était-elle feinte ? Ou avons-nous affaire à quelque chose de plus complexe et de plus profond ? Dans le doute, je préfère en revenir aux bonnes vieilles méthodes. Elles ont fait leur preuve une fois, je suppose que ce sera à nouveau le cas. Vous refusez d'obéir et de me donner les informations dont, j'en suis certain, vous disposez ? Soit. Je les obtiendrai donc d'une autre manière. »

Hell carra la mâchoire et attendit l'impact. Ce dernier ne mit que quelques secondes à venir et il dut se retenir de hurler. Les Eclairs de Force des Jedi Noirs n'avaient rien de naturel et la douleur qu'ils étaient capables d'infliger pouvait tuer un homme en l'espace d'une seconde si ce dernier n'avait aucune sensibilité à la Force. La constitution des Sith était excellente et ils pouvaient résister à de nombreux chocs. Malheureusement, ils n'en ressentaient pas moins la douleur. Le jeune homme connaissait la douleur. Peut-être même mieux que quiconque. Il savait qu'il était capable de l'endurer, il l'avait déjà fait une fois auparavant et il était à présent bien plus fort encore.

Refusant de donner à l'Empereur la satisfaction de le voir souffrir, il se tint le plus droit possible et continua à le regarder dans les yeux sans esquisser le moindre mouvement et sans lâcher le moindre son. Visiblement, Palpatine ne sembla pas apprécier son attitude et redoubla de puissance dans ses attaques. Bientôt, une cage d'Eclairs de Force l'enserrait de toutes parts et lui martyrisait la chair. Si sa propre foudre était pure et directe, celle de l'Empereur attaquait par à coups et semblait être constituée de milliers de petits aiguillons qui frappaient les uns après les autres. La douleur était à la limite du soutenable et Palpatine ne relâchait pas ses attaques. Cependant, tout cela n'était que physique. Hell retrancha son esprit derrière son bouclier méditatif et tenta de se dissocier de son enveloppe charnelle pour se distancer de la brûlure lancinante qui lui léchait la peau. Le jeune homme savait que son corps pouvait tenir longtemps et que son assaillant serait bien forcé de relâcher ses efforts, il ne pouvait pas tenir la cadence indéfiniment. Hell ferma les yeux et se concentra sur sa respiration. Peu à peu, il sentit la tension quitter ses muscles et la douleur se faire plus diffuse. Une lumière blanche envahit son esprit et il se représenta l'un des cours d'eau qui traversaient sa ville natale. Le clapotis des vagues acheva de le calmer et il ne ressentit bientôt plus rien, son esprit flottant dans les méandres de la Force.

Hell ne sut combien de temps il resta figé dans son état méditatif, mais le choc qu'il ressentit en s'écrasant contre une nouvelle surface, métallique cette fois, le réveilla. Il reprit très vite conscience de son corps et son souffle se coupa en sentant les aiguillons des Eclairs de Palpatine. Ils ne se contentaient plus de le frapper à un rythme régulier, ils avaient s'étaient fixés dans sa chair et tout son corps le faisait atrocement souffrir. Il tenta de bouger mais l'engourdissement résultant de sa torture l'empêchait de faire le moindre mouvement. Péniblement, il tourna la tête et avisa sa situation. Visiblement, il avait été déplacé du mur pour se retrouver sur la table centrale. Le jeune homme pesta. Des lanières en cuir et d'autres en métal le maintenaient allongé et il sentit le casque se poser sur sa tête. Du coin de l'oeil, il vit que Palpatine avait repris place dans son trône et baissé sa capuche. Il l'observait avec un grand sourire satisfait mais n'esquissait plus le moindre mouvement. Les composantes métalliques de la table concentraient l'énergie et permettaient à la boule de foudre de continuer son œuvre sans l'aide de son créateur. Le casque avait fini de prendre sa place et ses petits bras métalliques vinrent se poser contre ses tempes. Hell essaya encore vainement de se mouvoir mais il savait que c'était peine perdue. Les ondes commençaient déjà à se diffuser à l'intérieur de son crâne. Impossible de se retrancher dans son subconscient une fois la machine en marche. Les ingénieurs avaient effectué des améliorations depuis sa première rencontre avec l'engin de torture psychique préféré de l'Empereur. La machine concentrait les Eclairs de Force et les propageait sous forme d'ondes de choc dans le cerveau de la personne visée. Le rythme était bien plus rapide que dans ses souvenirs et les pressions se firent rapidement insoutenables. Il se demanda faiblement si cela ressemblait à ce que pouvait subir une personne victime de la transe cosmique d'un Sith. Les Jedi Noirs ayant toujours eu pour but de dérober les pouvoirs des Sith, il supposait qu'ils avaient au moins dû s'en inspirer.

« Vous pouvez encore parler, intervint soudain l'Empereur. Si vous concédez votre défaite et que vous me dites la vérité, je pourrais mettre un terme à cette petite torture.

- Je croyais vous avoir dit d'aller vous faire voir, siffla Hell entre ses dents.

Comme vous voudrez. »

Palpatine se releva et étendit les bras devant lui. Les Eclairs de Force jaillirent de ses doigts et vinrent frapper la table de plein fouet. Le métal démultiplia le choc et le renvoya dans le dos de Hell. Cette fois, il hurla. Il sentit ses côtes se fendre et, pour certaines, se briser. La pression remonta ensuite le long de sa colonne vertébrale et explosa à l'arrière de son crâne. Un étau semblait enserrer son cerveau et le comprimait. Il entendit vaguement Palpatine éclater d'un rire maniaque mais il ne put y prêter vraiment attention. Il se sentait sur le point de basculer dans l'inconscience. La douleur était si forte qu'il ne sentait plus son corps et toutes pensées cohérentes avaient quitté son esprit. Il avait de plus en plus de mal à respirer. Un immense poids lui comprimait la poitrine et, quelque part, au-delà de la souffrance que lui prodiguait le casque relié à son esprit, il semblait percevoir un étrange vrombissement qui émanait de sa personne et non de la machine. Il aurait aimé savoir de quoi il s'agissait mais il ne parvenait plus à réfléchir. Alors qu'il commençait à se sentir basculer, Hell entendit soudain une voix lointaine. Une voix d'homme qu'il était certain de reconnaître mais que, dans son esprit tordu de douleur, il ne parvint à identifier.

Notre race est très puissante, tu sais. Nous avons en nous de très nombreux mécanismes de défense qui nous permettront toujours de survivre et de rester forts face à l'adversité. Si un jour quelqu'un s'en prend à toi et tente de te faire du mal, il ne faudra pas te laisser faire. Mais, si toutefois l'adversaire est trop fort pour toi, et cela finira forcément par arriver, sache que ton corps et ton esprit ont été conçus pour résister et pour te protéger de toutes les menaces, que tu en aies conscience ou non. Tu n'auras rien à faire, le pouvoir te viendra de lui-même, tu dois juste te rappeler d'une chose. Si tu sens que tu bascules, si tu as l'impression de perdre pied, raccroche-toi à quelque chose. Empare-toi d'une image, d'un sentiment, d'un souvenir. D'un instant de vie, d'un lieu ou d'une personne et raccroche-toi y de toutes tes forces. Grave-le dans ton esprit et, je te promets, que rien ne pourra jamais te briser. Car, de cette manière, tu ne te protègeras pas uniquement des forces tentant de te détruire, mais également de toi-même. Souviens-toi, la seule personne réellement capable de te faire du mal, c'est toi. Alors ne te laisse pas faire. Et accroche-toi.

Le rire de Palpatine lui vrillait les tympans, décuplé par le bruit sourd et blanc qui emplissait son esprit. Il ne sentait plus rien. Son corps ne répondait plus et sa conscience le quittait peu à peu. Tandis que le noir emplissait sa vision, Hell chercha une chose à laquelle se raccrocher. De nombreuses images s'imposèrent à lui et, finalement, le visage endormi de Cassiopea apparut devant ses yeux. Alors il ferma les paupières, laissa toute la tension quitter son corps, et sombra dans l'inconscience. Alors, il se souvint.