La classe avait commencé depuis plus d'une heure et toujours aucun signe des trois absents dans la classe de Mlle Bustier. Bridgette, toujours très inquiète, tapait le bout de son crayon sur son cahier tout en essayant de se concentrer sur le texte sous ses yeux.
La jeune fille avait enfin réussi à retrouver sa concentration quand tout à coup, on put entendre au loin un bruit sourd, comme un grondement, ce qui fit relever la tête de tous les élèves, et même celle de Mlle Bustier. Et plus ce grondement se rapprochait, plus il était clair que celui-ci était dû à des objets qui s'entrechoquaient en rythme. Des voix se firent entendre à leur tour, des voix claires et graves qui s'unissaient en un seul et unique chant. Et soudain, un son plus aigu que les autres, un son plus puissant ce fit entendre. Un son de flûte.
Aussitôt, Bridgette tourna les yeux vers Andréa qui fit de même, car elle aussi avait reconnu ce son si particulier qu'elles connaissaient bien. Félix, qui lui aussi avait identifié cette mélodie, se contenta de soupirer. S'il était rassuré en ce que Jehan n'allait pas faire exploser le lycée à cause de sa colère, il avait conscience que son ami allait au-devant de gros ennuis en faisant ce qu'il était en train de faire.
Trop surpris et intrigués par cette agitation soudaine, les élèves se levèrent les uns après les autres pour sortir sur la plateforme extérieure qui surplombait la cour.
En contrebas, un groupe d'élèves s'était rassemblé en plein milieu de la cour et s'était armé de plusieurs ustensiles qui s'entrechoquaient, animés par les jeunes gens qui chantaient tous ensemble. Penchée en avant, Bridgette reconnu immédiatement Jehan, juché sur un des bancs de la cour, sa flûte à la bouche, puis Alizée et enfin Kilian qui frappaient deux casseroles entre elles. Elle échangea plusieurs regards avec l'ensemble de ses camarades qui s'étaient tous tournés vers elle dès qu'ils avaient à leur tour reconnu le grand métis au milieu de la cohue. La jeune fille se contenta de soupirer en posant sa main sur son front.
Elle était à la fois soulagée que son ami ait choisi ce moyen de se faire entendre et bien sûr qu'il ne se soit pas fait akumatiser mais d'un autre côté, elle savait que son ami et tous ses compagnons allaient s'attirer des ennuis pour avoir volontairement manqué les cours de la matinée et surtout pour ce bruit qui avait dérangé toutes les classes de l'établissement.
S'intéressant au rassemblement en-dessous de lui, Félix écoutait les revendications du groupe, réclamant, sans grande surprise, la reconsidération de la décision de M. Damoclès quant au groupe de musique. Le jeune homme était cela dit vraiment surpris de la volonté de ses camarades. Il savait que Jehan était un leader né, mais pour avoir réussi à convaincre autant de monde à suivre sa cause, il avait vraiment frappé fort. Toujours penché, les mains sur la barre de la balustrade, le garçon vit une silhouette se placer à sa gauche, imitant sa posture. Il n'eut pas à tourner les yeux pour savoir que c'était Camille qui venait d'arriver et cela le fit renforcer sa prise sur la barre, faisant blanchir les jointures de ses mains par frustration.
-« Tu es fière de toi ? » demanda-t-il d'une vois sévère, sans tourner les yeux.
-« Plutôt oui ! rit la peste. Regarde ça, c'est beau non ? »
-« Tu sais qu'ils vont s'attirer des ennuis, et tout ça à cause de toi ! répliqua Félix en croisant les bras. Je ne peux pas le prouver mais je sais que tu fais pression sur M. Damoclès et que tu l'as convaincu de refuser l'ouverture de ce groupe de musique. »
-« Et alors ? répondit Camille avec un sourire. Même si c'était vrai, je ne suis pas responsable de ce rassemblement. Je suis innocente, ils ont tout fait tous seuls. »
Sans rien ajouter, la jeune fille tourna les talons en repoussant ses cheveux du revers de la main. Félix la suivi des yeux sans rien dire, son regard noir simplement posé sur elle. En bas, la musique des élèves se faisait de plus en plus forte, suffisamment forte pour faire sortir M. Damoclès de son bureau. L'homme semblait furieux, sûrement contrarié d'avoir été dérangé en plein travail.
-« Que signifie ce remue-ménage ?! » tonna-t-il en se penchant afin d'avoir une vue dégagée sur la cour.
Ordonnant aux autres de continuer ce qu'ils étaient en train de faire, Jehan, toujours debout sur le banc, se tourna vers M. Damoclès, pointant son index vers lui.
-« Nous demandons une reconsidération de votre décision quant au club de musique ! clama le garçon en tendant son doigt vers le directeur. Votre choix est arbitraire, et vous le savez ! Vous n'avez pas voulu nous écouter, alors voilà notre manière de nous faire entendre ! »
En entendant cela, Andréa posa sa main devant sa bouche alors que Bridgette poussait un long soupir. Le visage de M. Damoclès devint rouge de colère. L'homme crispa ses mains sur la rambarde qui le protégeait du vide avant de reprendre la parole.
-« M. Iscarioth, dois-je comprendre que vous êtes derrière tout ça ?! »
-« Je suis le seul et unique responsable de tout ce chambardement monsieur ! » déclara Jehan avec un grand sourire insolent.
-« Alors dans mon bureau ! Tout de suite ! »
Mais à ces mots, tous les autres musiciens s'arrêtèrent de jouer, trop surpris par ce que venait de déclarer leur camarade. S'ils avaient accepté une telle action, c'était d'une part pour montrer leur soutien à leur ami, pour qui la musique représentait tout, mais également pour se montrer solidaire, imaginant qu'une rébellion menée par plusieurs dizaines de personnes minimiserait peut-être ses conséquences néfastes.
Mais avec ce que venait d'annoncer leur leader, il leur avait totalement coupé l'herbe sous le pied, assumant tout, tout seuln pour les protéger. Aussitôt, Alizée, suivie de près par Kilian, s'approcha de lui pour tirer son pull afin d'attirer son attention.
-« Hey Jehan, qu'est-ce que tu nous fait là ?! s'indigna-t-elle en posant ses mains sur ses hanches. On est tous ensemble je te rappelle ! »
-« Hors de question que tu portes tout sur tes épaules ! renchérit Kilian en croisant les bras. Et puis un renvoi temporaire me permettrait de me faire quelques jours de vacances, alors hors de question de te laisser faire ! »
-« Je suis désolé, murmura le grand métis avec un sourire. Mais c'est moi qui vous ai entraîné là-dedans, hors de question que vous payiez pour moi. »
Le garçon tapa sur l'épaule de son ami avant de se tourner vers le reste de la foule.
-« Et merci à vous de m'avoir suivi dans cette petite révolution ! Dispersez-vous avant qu'un de nos professeurs ne prennent vos noms. »
Et tandis que les compagnons tentaient de le retenir, de le raisonner, Jehan fendit la foule en se dirigeant vers les escaliers sans qu'aucun d'entre eux ne puisse l'arrêter. Le menton relevé, il grimpa sur les escaliers, tenant toujours fermement sa flûte dans ses mains. Sans rien dire, il passa devant sa classe où tous ses camarades s'étaient rassemblés. Il passa également devant Félix, Bridgette et Andréa qu'il ne regarda même pas, ne leur fit aucune mimique, se contentant de marcher droit devant lui dans le plus grande des silences.
Tous s'écartèrent pour le laisser passer, même Camille, qui fut la seule à recevoir un petit coup d'œil, un regard noir, ténébreux, meurtrier qui la fit reculer, craignant, sans l'admettre, un débordement et même des coups de vengeance de la part de Jehan.
Mais le garçon n'en fit rien et continua de progresser sur la plateforme jusqu'à atteindre la dernière série d'escalier qui l'amenaient jusqu'au bureau du proviseur. Le jeune homme passa devant M. Damoclès qui le regarda à son tour d'un œil mauvais avant de lui faire un signe de menton pour le faire entrer dans son bureau, ce qu'il fit sans rien dire mais en soutenant tout de même son regard aussi longtemps que possible.
Et une fois qu'il fut entré, le proviseur se pencha de nouveau pour se faire entendre de tous.
-« Quant à vous autres, retournez en classe, immédiatement ! »
Sa voix lézarda les murs, les faisant presque trembler et arracha un sursaut à toutes les personnes qui se trouvaient dans les parages. Même Mlle Bustier ne put retenir une petite mimique de surprise, tant ce dernier ordre avait raisonné dans tout l'établissement. Après un petit temps, les musiciens qui avaient accompagné Jehan s'exécutèrent, se dispersant dans la cour pour rejoindre leur classe dans un silence qui contrastait de manière flagrante avec le chaos sonore qui avait résonné quelques minutes auparavant.
Kilian et Alizée grimpèrent les mêmes escaliers que le grand métis avait emprunté, passant devant leur camarade, les yeux baissés. Et même s'ils étaient vraiment désolés pour ce qu'il venait d'arriver, n'ayant jamais eu l'attention d'abandonner Jehan à son sort, ils ne pouvaient réprimer un certain sentiment de fierté d'avoir fait ce qu'ils venaient de faire.
Mlle Bustier les accueilli avec un hochement négatif de tête, trahit par un léger sourire qui ne s'attarda pourtant pas longtemps aux coins de ses lèvres. Et une fois les deux révolutionnaires rentrés dans la salle de classe, elle frappa plusieurs fois dans ses mains pour ramener l'attention de ses élèves sur elle.
-« Allez, le spectacle est terminé, rentrez maintenant ! » clama-t-elle avant de disparaître à son tour dans la salle.
Tous les élèves échangèrent un regard avant de suivre leur professeure. Andréa s'avança en soupirant : l'inquiétude se lisait facilement sur son visage et la jeune fille n'avait de cesse de tortiller une de ses mèches de cheveux, signe évident de son stress. Bridgette se tourna vers Félix qui hocha négativement la tête. Il avait compris en un coup d'œil que la jeune fille avait envie de rejoindre Jehan dans le bureau de M. Damoclès pour tenter d'arranger les choses mais il savait que cela ne servirait pas à grand-chose. Pire, avec ce geste, elle pourrait elle-même s'attirer des ennuis, et cela n'était vraiment pas nécessaire.
Le garçon, sans rien dire, fit un pas en avant puis lui adressa un petit signe de menton, lui indiquant la porte de la classe, afin de la convaincre de faire de même.
Bridgette se mordit la lèvre inférieure en tournant la tête vers là où Jehan avait disparu quelques minutes plus tôt. Elle voulait rejoindre Jehan, essayer de convaincre M. Damoclès, tout remettre en ordre sans que son ami ne s'attire des ennuis.
Mais au fond d'elle, la jeune fille savait qu'elle ne servirait pas à grand-chose, et elle savait que Félix avait eu la même pensée qu'elle. Elle s'en voulait énormément de l'avoir laissé aller aussi loin, il aurait fallu réagir beaucoup plus tôt, le convaincre de renoncer à cette idée. Maintenant, elle ne pouvait que ramasser les pots cassés. De plus, l'indifférence du grand métis à leur égard lui signifiait que le garçon leur en voulait certainement de ne pas l'avoir soutenu, de ne pas l'avoir aidé dans son projet.
Bridgette soupira. Beaucoup de choses se bousculaient dans sa tête et elle ne savait pas comment faire pour les arranger. Il fallait trouver une solution au plus vite, tenter de réparer ce qui avait été cassé avant que les choses ne s'enveniment.
Mais dans l'instant, Félix avait raison. Elle serait plus utile pour son ami en ne s'attirant pas elle-même des ennuis, alors elle allait devoir obéir à la demande de Mlle Bustier, même si c'était à contre-cœur. Avec un nouveau soupir, la jeune fille s'entoura de ses bras avant de pénétrer dans la salle de classe, suivie de près par Félix qui referma la porte derrière lui.
Bridgette retrouva sa place aux côtés d'Andréa qui semblait toujours autant stressée. Elle se rongeait maintenant les ongles et sa jambe s'activait sous le bureau, son pied frappant rapidement contre le sol. La voyant faire, Bridgette avança sa main vers elle pour la poser sur la sienne en lui adressant un petit sourire qui se voulait rassurant.
-« On va trouver une solution, chuchota-t-elle tandis que Mlle Bustier reprenait la parole. Tout ira bien, je te le promets. »
-« Merci Bridgette, répondit la rousse en posant sa deuxième main sur la paume de son amie. J'espère que tout va bien pour lui. »
-« On ne peut rien faire pour l'instant, mais je suis sûre qu'en discutant une nouvelle fois avec M. Damoclès après avoir réussi à calmer Jehan, tout ira mieux. »
-« J'espère que tu as raison. » soupira Andréa en détournant les yeux.
Bridgette savait que ses mots n'avaient pas complètement apaisé son amie, mais elle-même se trouvait un peu perdue face à cette situation. Et elle savait aussi que se concentrer sur son travail pour le reste de la journée allait se montrer très compliqué.
Lorsque la sonnerie annonçant la pause déjeuner retentit, l'heure n'était pas aux réjouissances. Plus d'une heure trente s'était écoulée depuis l'intervention de Jehan et de sa troupe et le jeune homme n'était toujours pas revenu de son entrevue avec M. Damoclès. Le stress d'Andréa et Bridgette ne cessait de grandir tandis que Félix tentait de trouver ce que Camille pouvait bien tenir contre le directeur pour le faire chanter de la sorte.
Il n'était dans cet établissement que depuis 3 mois, et pourtant il savait que M. Damoclès n'était pas du genre à blesser volontairement ses étudiants. S'il savait se montrer ferme, il n'en était pas moins juste et il se montrait toujours enclin à la discussion : tout l'inverse de la situation actuelle en définitif. Jamais le proviseur n'aurait refusé de la sorte leur demande pour le club de musique, on lui avait fortement recommandé de le faire. Mais pour le moment, Félix n'avait aucun moyen de prouver tout cela, même s'il en était intimement convaincu.
C'est l'esprit distrait qu'il rangeait ses affaires quand la voix de Bridgette dans son dos le ramena à la réalité.
-« Andréa ? Où est-ce que tu vas ? » demanda la jeune fille à son amie qui s'en allait précipitamment vers la porte.
-« Il faut que je trouve Jehan, expliqua-t-elle avec un regard en arrière. Je ne sais pas comment s'est passé la rencontre avec M. Damoclès mais connaissant Jehan, s'il est encore plus en colère qu'avant, j'ai peur qu'il ne fasse une plus grosse bêtise encore, ou pire. »
-« Tu penses aux akumas ? » questionna Félix en se relevant de son bureau.
-« À l'heure qu'il est, le Papillon a dû déjà sentir sa fureur, acquiesça Andréa. Si on ne réussit pas à le calmer, j'ai peur de ce qui peut arriver. »
Et sans rien ajouter de plus, Andréa quitta la classe en remontant la hanse de son sac sur son épaule. Félix la regarda faire, sourcils froncés. Il est vrai que, sur l'instant, il n'avait pas du tout pris en compte le paramètre du super vilain. Et pourtant, l'akumatisation de leur ami n'était pas à exclure, et même de plus en plus probable. Andréa avait raison, ils devaient retrouver le garçon et tenter de le raisonner avant que quelque chose de terrible ne se produise.
Il se tourna vers Bridgette, les lèvres entrouvertes pour lui recommander de suivre leur amie mais se ravisa aussitôt. La jeune fille avait le regard baissé, ses mains tremblantes étaient crispées sur son sac et elle semblait prise de spasmes incontrôlables qui agitaient tout son corps. Il se tourna complètement vers elle et pencha légèrement la tête pour tenter d'apercevoir correctement le visage de sa camarade. Mais il n'eut pas à aller jusqu'au bout de son geste car c'est Bridgette qui releva la sienne pour le regarder. Ses yeux étaient emplis de larmes, dont certaines avaient déjà roulé sur ses joues. Et quand une des perles humides tombaient des cils de la jeune fille pour rouler le long de sa peau, une autre prenait immédiatement sa place.
À cette vision, Félix sentit son estomac se tordre dans tous les sens. Il n'était pas doué pour réconforter qui que ce soit mais ces quelques mois en collectivité avaient réussi à lui inculquer la pitié et la compassion envers les autres. Et elle n'avait pas encore ouvert la bouche que le garçon avait déjà parfaitement compris ce qui tourmentait son amie.
-« Je ne veux pas qu'il se fasse akumatiser… » murmura-t-elle avant que sa voix ne se brise en sanglots.
Les épaules de Bridgette s'animèrent alors qu'elle cachait sa bouche de sa main en se cramponnant au bureau de l'autre. Plusieurs secondes s'écoulèrent avant que Félix ne se décide à faire un pas en avant de poser une main sur le bras de l'adolescente.
-« Nous allons tout faire pour que cela n'arrive pas. »
-« Tu crois qu'il y a un risque que ça arrive ? » chuchota-t-elle en relevant légèrement les yeux.
-« Je ne veux pas que tu te fasses d'illusions, nous sommes tous en danger tant que le Papillon sera actif, répondit sobrement Félix en fronçant légèrement les sourcils. Nous pouvons tous être ses victimes, dans tous les sens du terme, tous, sans exception. »
Bridgette baissa de nouveau les yeux, ce qui fit rouler de nouvelles larmes sur ses joues alors que ses lèvres se remettaient à trembler. Mais les doigts de son ami exercèrent soudain une plus grande pression, ce qui la surprit.
-« Mais c'est en ne nous laissant pas impressionner que nous pouvons gagner contre lui, reprit Félix avec un léger sourire. En veillant les uns sur les autres, je suis persuadé que nous pourrons le vaincre à notre façon. »
-« Tu le penses vraiment ? »
-« Oui, acquiesça-t-il. Allons retrouver Jehan, tentons de le calmer, de remettre les choses à plat. Il nous écoutera, j'en suis sûr. »
Bridgette plongea son regard dans celui de Félix. Comme le jour où il lui avait donné son parapluie, la jeune fille lisait de nouveau beaucoup de choses dans ces prunelles grises. Si le jeune homme n'était jamais très expressif, ses yeux ne mentaient jamais et il était facile de le comprendre en plongeant son regard dans le sien. Il avait beau savoir se contrôler presqu'à la perfection, ses yeux ne mentaient jamais. Et en cet instant, c'était bien de l'assurance qu'elle lisait. Félix était persuadé de ce qu'il venait de lui dire, il ne faisait pas semblant.
Et cela rassura Bridgette. Un petit sourire fit incurver le coin de ses lèvres alors qu'elle essuyait ses joues du revers de sa manche. Après un petit silence, elle inspira profondément, les yeux clos pour tenter de calmer sa respiration chaotique et son cœur qui s'affolait dans sa cage thoracique.
-« Tu as raison, allons le trouver, souffla-t-elle en hochant la tête. Faisons de notre mieux. »
Félix répondit par une simple approbation alors que Bridgette passait son sac sur son dos. Elle passa devant son camarade et sortit en première de la pièce. Elle avait beau côtoyer Jehan depuis plus d'un an, elle ne savait jamais à quoi s'attendre avec lui. Le calmer et le raisonner n'allait pas être une mince affaire et il allait falloir faire preuve de persuasion.
Leur priorité était de retrouver Andréa. Inquiète comme elle l'était, elle avait dû se diriger directement vers le bureau de M. Damoclès pour y retrouver Jehan pensa Bridgette. Avec un petit regard en arrière pour s'assurer que Félix la suivait, elle dirigea ses pas vers les escaliers qui montaient vers le bureau du proviseur.
Mais alors que les deux jeunes gens atteignaient la plateforme supérieure, ils purent se rendre aisément compte, à travers la vitre qui donnait sur le couloir, que la pièce était vide. Aucune trace de M. Damoclès ou de Jehan. Bridgette colla son front contre la glace pour tenter de distinguer quoi que ce soit d'inhabituel à l'intérieur mais rien ne lui sauta aux yeux, tout semblait normal. Retour à la case départ. Ils devaient absolument retrouver M. Damoclès pour savoir où était parti Jehan puisque leur « rendez-vous » était manifestement terminé. Alors qu'il la regardait faire, Félix entendit des pas venir de leur droite. Le garçon tourna les yeux pour apercevoir un surveillant de l'établissement qui venait vers eux.
-« Qu'est-ce que vous faites ici ? questionna l'homme, posant un regard inquisiteur sur Bridgette qui s'écarta aussitôt de la vitre. Vous savez que cet étage est interdit aux élèves ! »
-« Nous cherchons M. Damoclès, expliqua la jeune fille en faisant un pas en avant. Est-ce que vous pourriez nous dire où il se trouve ? Nous avons besoin de lui parler, c'est très important. »
-« M. Le directeur s'est absenté pour le moment, expliqua le surveillant en croisant les bras. Revenez plus tard. Il n'était de toute façon pas du tout d'humeur à faire la discussion quand il a quitté l'établissement tout à l'heure, alors je vous conseille de ne pas trop le déranger si vous ne voulez pas avoir des ennuis ! »
Joignant le geste à la parole, l'homme leur montra du doigt l'escalier par où ils étaient arrivés et les deux jeunes gens durent faire demi-tour sans possibilité de discuter plus longuement. Bridgette crispa ses mains sur les hanses de son sac à dos en laissant échapper un nouveau soupir.
-« Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? questionna Bridgette en se tournant vers Félix. Tout le monde a disparu ! Même Andréa est introuvable… »
-« Essaye de l'appeler, répondit le garçon d'un ton détaché. Tu as déjà essayé d'appeler Jehan plusieurs fois et il n'a jamais répondu. Mais Andréa doit savoir que nous la cherchons, elle répondra peut-être. »
Avec une lueur d'espoir, Bridgette attrapa son téléphone et composa le numéro de son amie. Le téléphone sonna dans le vide plusieurs fois avant de basculer sur la messagerie. Elle retenta une seconde fois, puis une troisième, en vain. Contrariée, elle remit son appareil dans la poche de son pantalon en soupirant.
-« Super, on est de nouveau bloqués. C'est quand même incroyable ! s'emporta la jeune fille en trépignant légèrement. Ils savent que nous sommes inquiets pour eux et aucun ne répond à son téléphone ! »
-« Calme-toi voyons, ça ne sert à rien de s'énerver, la raisonna Félix. Cela veut tout simplement dire que nous allons devoir nous débrouiller tous seuls. Viens allons voir les autres, ils les ont peut-être croisés. »
Sortie en première de la salle de classe, Andréa avait pris la direction du bureau de M. Damoclès, espérant y retrouver Jehan. Elle était terriblement inquiète et un horrible pressentiment caressait chaque centimètre de sa conscience qui lui hurlait de retrouver son camarade le plus vite possible. Mais alors qu'elle s'approchait des escaliers qui conduisaient à l'étage des professeurs, le regard de la jeune fille fut attiré sur sa gauche. Et soudain, elle put apercevoir Jehan en contrebas, traversant la cour avec un pas manifestement agacé, son visage reflétant clairement de la colère.
-« Jehan ! » cria-t-elle par-dessus la balustrade pour attirer son attention.
Elle put voir le garçon lever les yeux vers elle mais il ne s'arrêta pas pour autant, continuant sa route vers la sortie de l'établissement, les poings serrés.
Surprise de ne pas le voir s'arrêter, Andréa décida de prendre les devants. Elle tourna les talons pour descendre les escaliers qui la séparait de la cour où Jehan progressait de plus en plus loin. Elle dévala les marches à toute vitesse, ratant la dernière et manquant presque de tomber en avant. Mais elle ne pouvait pas se permettre de s'arrêter, elle ne pouvait pas le laisser partir sans s'assurer d'abord de son état. Elle pressa le pas pour tenter de le rattraper alors qu'il passait la porte de l'établissement. La surveillante placée à l'entrée tenta de le rappeler, lui demandant de revenir immédiatement. Mais Jehan n'écouta pas et poursuivit sa route.
Remontant son sac sur son épaule, Andréa imita son geste, inspirant profondément pour passer rapidement devant la surveillante qui se mit à crier de plus belle. Elle exigeait qu'ils fassent demi-tour, qu'ils allaient être sévèrement puni pour avoir quitté l'établissement sans autorisation. Pourtant, dans la minute, ce n'était pas ce qui importait à Andréa. Bien qu'elle ait toujours été à cheval sur la discipline, elle refusait de laisser aller Jehan sans rien faire. Et aucune punition du monde ne pourrait l'arrêter dans sa tentative d'empêcher l'akumatisation de son ami.
-« Jehan ! » appela-t-elle de nouveau.
Mais rien à faire, le garçon ne ralentissait pas, il continuait droit devant lui sans réagir aux appels de la jeune fille. Agacée de ce comportement désinvolte, Andréa se mit à courir pour le rattraper. En se rapprochant, elle remarqua que le garçon n'avait même pas son sac de cours sur le dos, simplement sa flûte dans sa main gauche. Il n'avait même pas pris la peine de prendre ses affaires de classe en venant ce matin, comme s'il savait déjà ce qui risquait d'arriver. Dès qu'elle fut suffisamment près, Andréa tendit le bras droit devant elle pour attraper la main de Jehan pour le faire s'arrêter.
-« Jehan. » murmura-t-elle alors que les deux jeunes gens stoppaient enfin leur marche.
Le garçon ne broncha pas, son regard toujours perdu droit devant lui. Elle se plaça face à lui pour attirer son attention mais rien à faire, c'est comme si elle était invisible. Jehan agissait comme un robot, comme une coquille vide.
-« Hey… Où est-ce que tu vas comme ça ? » murmura-t-elle en posant sa main sur l'épaule du grand métis.
-« Je vais chez moi. » répondit-il sobrement sans bouger.
-« On a cours cet aprèm, il faut que tu viennes. »
-« Non. »
-« Pourquoi ? »
-« Je me suis fait renvoyer. »
-« Quoi ?! » s'étrangla presqu'Andréa en portant son autre main à sa bouche.
-« Tu as toutes les infos que tu voulais non ? Laisse-moi tranquille maintenant. »
Jehan retira violemment sa main pour tenter de poursuivre sa route mais Andréa lui entrava le chemin en posant ses mains sur le torse du garçon.
-« Non attends ! dit-elle en plongeant son regard dans le sien. M. Damoclès n'a pas le droit de faire ça ! Tu ne peux pas te faire renvoyer juste pour ça enfin, ça n'a aucun sens ! »
-« Eh bien visiblement pour lui, c'est une cause suffisante ! »
-« Il était énervé, je suis persuadée qu'on peut encore rattraper le coup ! insista Andréa en secouant négativement la tête. Viens, on va aller le voir tous les deux. »
-« Oui, on va aller le voir comme hier c'est ça ? » asséna Jehan en fronçant les sourcils.
Andréa eut presque la respiration coupée quand le regard de son ami plongea dans le sien. Les yeux ambrés de Jehan, habituellement emplis de malice, ne reflétaient à cet instant que de la haine. Plus aucune trace de joie ou de camaraderie, rien que de la colère et même du chagrin. La jeune fille sentit un frisson lui parcourir le dos en avalant difficilement sa salive.
-« Le problème n'est pas du tout le même ici… tenta l'adolescente en remettant une mèche de cheveux derrière son oreille. C'est beaucoup plus grave. »
-« Oh alors le club de musique, ce n'est pas important c'est ça ?! »
-« Bien sûr que si ! Mais pas aussi important que ta place au lycée ! Laisse-moi t'aider, je suis sûre qu'on peut remédier à la situation. »
-« Ah ! Tu veux m'aider maintenant ?! »
-« E-Evidemment… bredouilla Andréa, étonnée par cette dernière réflexion. Pourquoi penses-tu l'inverse… ? »
-« Où étais-tu tout à l'heure quand j'avais besoin de toi ? gronda Jehan en fronçant les sourcils. Tous ceux qui souhaitaient voir la naissance de ce club étaient dans la cour avec moi ! Où étais-tu toi ?! »
-« Je- »
-« Tu prétends vouloir m'aider mais tu n'as même pas voulu te battre à mes côtés ! »
-« Personne ne savait où tu étais Jehan ! protesta Andréa. J'ai cherché à t'appeler des dizaines et des dizaines de fois mais tu ne m'as jamais répondu ! Et de toute façon, si j'avais été au courant de ce que tu allais faire, j'aurai cherché à te dissuader ! Parce que j'aurai su que ce n'était pas la bonne solution ! »
-« Oui, bien sûr ! Parce que toi tu sais tout c'est ça ?! Et moi je ne suis qu'un imbécile beaucoup trop impulsif pour réfléchir correctement, c'est ce que tu penses ?! DIS-LE ! »
-« Pas du tout ! répondit fébrilement Andréa, au bord des larmes. Je voulais simplement trouver le meilleur moyen de- »
-« J'en ai marre qu'on décide pour moi. Je ne t'ai rien demandé, tu ne devrais même pas être ici. Laisse-moi tranquille, retourne avec les autres et laisse-moi gérer ! Ok ?! »
Le garçon s'esquiva et reprit sa route mais Andréa ne voulait pas en rester là. Elle fit un pas en avant pour attraper une nouvelle fois la main de son ami.
-« Jehan, s'il te plait… »
Mais la réaction de l'adolescent ne fut pas du tout celle escomptée. Le garçon fit violemment volte-face, retirant vivement sa main dans un grand mouvement qui fit reculer Andréa, apeurée par ce geste menaçant.
-« Je t'ai dit de t'en aller, laisse-moi maintenant ! » cria Jehan, sa voix puissante se faisant se retourner tous les passants aux alentours.
-« Je voulais t- »
-« DÉGAGE ! »
Andréa se figea aussitôt, complètement choquée par la violence de ce que venait de lui dire Jehan. Le garçon resta lui aussi interdit un instant. Ses mots avaient manifestement dépassé sa pensée mais il était trop tard. Ce qui était dit était dit et le garçon se sentait trop énervé mais également honteux pour dire quoi que ce soit d'autre. Ils restèrent immobiles quelques instants, yeux dans les yeux avant que le garçon ne se retourne pour reprendre sa route.
Andréa le regarda s'éloigner, les bras ballants, la bouche légèrement entrouverte, aphone de tout ce qui se passait autour d'elle. Elle reprit le chemin du lycée comme l'aurait fait un mort vivant, trainant les pieds, dirigeants ses pas de manière automatique, sans réfléchir. Les yeux emplis de colère de Jehan étaient gravés dans sa mémoire et cette image n'avait de cesse de tourner dans sa tête. Andréa sentit des larmes perler aux coins de ses yeux.
Elle savait qu'il était très en colère, et c'était même plutôt normal. Mais jamais elle ne l'aurait cru capable d'élever la voix sur elle, ni même de la blâmer pour ce qui venait de se produire. La jeune fille ressentit une vive douleur dans sa poitrine qui la fit légèrement sangloter. Non seulement elle n'avait pas réussi à le calmer, mais maintenant, sa colère était encore plus encrée en lui. Ce profond sentiment d'échec se propageait partout dans son corps, comme si des milliers d'abeilles venaient la piquer toutes en même temps.
Comment allait-elle expliquer tout cela à Bridgette et Félix ? Qu'allait-elle faire si Jehan se faisait akumatiser ? Elle soupira en essuyant sa joue. Andréa se sentait complètement perdue. Elle n'avait ni envie de retourner au lycée, ni envie de rentrer chez elle. Elle ignorait qu'elle était la bonne chose à faire, et c'est ce qui l'effrayait le plus.
Ruminant sa colère, Jehan marchait au hasard dans les rues, tournant de manière totalement aléatoire à droit puis à gauche à chaque croisement. Il ne savait pas quoi faire, ni où aller. Le jeune homme se sentait totalement vide, il n'avait envie de rien, ni de retourner au lycée pour s'excuser ni de rentrer chez lui.
Le garçon marchait, puis s'arrêtait, faisait demi-tour puis faisait de nouveau volte-face pour reprendre sa route en n'ayant de cesse de se parler à lui-même. D'un côté, il s'en voulait énormément pour l'altercation avec Andréa, il n'avait pas à lui crier dessus de la sorte, rien n'était de sa faute après tout. Mais d'un autre côté, il avait envie de tout faire valser, de faire payer M. Damoclès mais surtout Camille pour cette injustice dont il venait d'être victime. Il en voulait à la terre entière, à lui-même aussi. Il se sentait totalement perdu, il ne savait plus quoi faire.
Tentant de se calmer du mieux qu'il pouvait, le garçon entra dans un parc qu'il connaissait à peine et parti s'assoir sur un banc quelque peu reculé, sous un arbre. Le froid du mois de novembre s'était bien installé et le garçon peinait à ressentir le bout de ses doigts gelés. Mais cela ne l'empêcha pas de se recroqueviller sur lui-même afin de serrer contre lui sa flûte traversière qu'il avait toujours avec lui. Ce matin-là, il n'avait pris que son instrument en partant au lycée. Tout au fond de lui, il savait qu'il n'aurait besoin de rien d'autre, pas de ses cahiers, pas de ses livres, pas de ses stylos, juste son instrument. Et même s'il n'avait jamais voulu que la situation dégénère à ce point, il s'était pourtant attendu à de mauvaises répercussions sur lui et sur tous ceux qui avaient choisi de l'accompagner. C'était la raison pour laquelle il avait tout de suite pris les devants en se désignant comme seul responsable de la situation. Malgré la colère qui lui inondait le corps, Jehan gardait ses principes et il était hors de question que quelqu'un d'autre paye pour son mauvais comportement. À cette pensée, le visage d'Andréa lui revint en mémoire.
Avec un soupir, il regardait sa flûte qui brillait dans ses mains. Qu'allait-il pouvoir lui dire pour se faire pardonner ? Qu'allait-il pouvoir faire pour lui montrer à quel point il était désolé ? Elle refuserait probablement de lui adresser une nouvelle fois la parole. Après tout, il lui avait crié dessus, dans la rue et devant tout le monde. Non, jamais elle ne pourrait oublier ce qui s'était passé.
Avec tristesse, Jehan porta son instrument à sa bouche et se mit à jouer, les yeux clos. La mélodie qui sorti de l'instrument était d'une infinie mélancolie. Plus aucune once de joie ne se glissait dans les notes. Perdu dans ses pensées, il tentait de faire abstraction de tout ce qui se passait autour de lui, oubliant le parc, les gens, le vent frais qui soufflait sur son visage, le banc sur lequel il était assis.
Mais alors qu'il jouait depuis quelques minutes, le garçon fut arrêté par des pleurs sur sa droite. Un petit garçon, jusque-là agenouillé sur le sol pour jouer avec un camion en plastique qu'il tenait dans ses mains, venait de se faire relever assez durement par sa mère qui se mit à lui crier dessus.
-« Tu as vu l'état de ton pantalon ?! cria la mère alors que le petit continuait de pleurer. Tu n'as pas vu qu'il y avait de la boue ici ?! »
Regardant la scène de loin, Jehan se contenta de serrer les poings en voyant le petit si malmené pour quelque chose d'aussi futile. Même si quelque part, la colère de la mère pouvait être compréhensible, le jeune homme ne voyait que de l'injustice ici. Le garçon s'était vu arraché à son jeu de manière violente pour une histoire de vêtement sale, cela était totalement démesuré.
Sentant sa colère montée de nouveau, Jehan se releva du banc pour continuer sa route, tentant de garder son calme. Mais plus il progressait dans les rues, plus il se sentait bouillir intérieurement de rage. Tout autour de lui se déroulait des scènes de réprimande des adultes envers d'autres enfants : une petite fille se faisait disputer pour avoir couru le long de la route, une autre parce qu'elle était sortie de l'école avec de la peinture sur ses vêtements, encore un autre pour une mauvaise note. Tout semblait plus clair à Jehan qui commençait à sentir ses mains trembler, à croire que le monde entier s'était décidé à punir l'ensemble de ses enfants rien que pour l'énerver. Tentant de calmer le rythme affolé de son cœur, le garçon s'enserra de ses bras même si ses dents serrées montraient que cela ne fonctionnait pas aussi bien qu'il le voudrait.
« Toute cette colère que je ressens à cet instant ! Un véritable sentiment d'injustice, d'abandon, un justicier malmené par les siens, une proie parfaite pour mon akuma ! »
Avec un petit sourire malsain, le Papillon ensorcela l'un de ces petits messagers avant de le laisser s'envoler par la fenêtre de son repère.
« Envole-toi maléfique akuma, et retrouve ce cœur meurtri ! »
Jehan marchait sans but depuis plusieurs minutes, tournant à droite, puis à gauche, tentant de fuir la foule autant qu'il le pouvait, s'éloignant de toutes les autres personnes qui ne faisaient qu'augmenter sa colère. Pourtant, à chaque coin de rue, le jeune homme tombait sur des enfants accompagnés de parents, certains souriant mais d'autres échappant de grosses larmes ou protestant sur les décisions de leurs ainés. Tout lui rappelait la situation dans laquelle il était, rien ne lui permettait de se calmer. De plus, la honte et la tristesse de s'être disputé avec Andréa lui tordait les boyaux dans tous les sens. Il ne savait pas quoi faire, comment réagir.
Alors qu'il s'arrêtait un instant sur le trottoir, le garçon entendit un petit bruit qu'il connaissait. Mais le garçon était trop énervé pour réfléchir correctement. Et le temps de comprendre ce qu'était ce bruit et tenter de l'éviter, il était trop tard : l'akuma venait de pénétrer dans sa flûte et il ne fallut qu'une fraction de seconde pour que la voix du Papillon ne résonne dans la tête de Jehan.
« Joueur de Flûte, je suis le Papillon, murmura le super-vilain. J'ai senti ta détresse et je sais à quel point tu souffres de voir nos jeunes générations opprimées par les plus âgés. Je suis là pour t'aider.
Je te propose de leur redonner leur liberté, de les guider vers un idéal meilleur pour eux, là où l'autorité et l'injuste ne sont plus.
En échange, je te demanderai de me rapporter les miraculous de Ladybug et Chat Noir, sommes-nous d'accord ? »
Jehan, immobile, ne répondit pas tout de suite. Tout à fait conscient de ce qui était en train de lui arriver, il écouta le vilain jusqu'au bout, muré dans un profond silence. Il sentit un frisson glisser le long de sa colonne vertébrale avec d'éclater de rire, un rire froid qui fit se retourner tous les passants.
-« Sans problème Papillon, tu peux compter sur moi. » répondit Jehan avec un dernier éclat de rire menaçant.
Jusque-là recroquevillé sur lui-même, le jeune homme se redressa fièrement tout en laissant la masse noirâtre qui partait de se main recouvrir entièrement son corps.
Oui j'aime le drama :D
