Coucou à tous !

On approche peu à peu de la fin

Bonne lecture !

Le lendemain soir, c'était plus de trois cents milles soldats qui se rassemblaient autour de la vallée de Tatooïne. Ce que Grievous et Thrawn avaient régulièrement appelé « plaine » était en réalité une vallée immense, vaste terre de sable jaune et aride, entourée par une sorte de cercle très irrégulier et incomplet de différents plateaux.

Les armées de Grievous, après avoir passé la journée comme prévue à égaliser le vaste terrain, à nettoyer le sol des trop grosses pierres qui étaient jonchés un peu partout et à retirer les quelques pousses trop hautes (qui avaient réussis à atteindre plus de vingt ou trente centimètres de hauteur dans ses conditions extrêmes) s'étaient installées sur les plateaux orientaux avant la tombée de la nuit. Ainsi, lorsqu'au moment où le crépuscule arrivait, l'armée du Bien pu s'installer sur les plateaux ouest, du côté d'où ils arrivaient.

Les deux armées se retrouvaient maintenant directement opposées l'une à l'autre, séparées par l'immense vallée où se devait se dérouler dès demain matin la grande bataille.

La nuit était déjà tombée, et pourtant les armées du bien étaient toujours en train de s'agiter dans leur campement, à préparer tout le matériel pour le lendemain, ce qui forcément était une tâche d'une incroyable complexité étant donné le nombre considérable de troupes.

Des lampes torches avaient donc été allumées un peu partout, ce qui malheureusement constituait en cette nuit un terrible désavantage.

Car du côté de Grievous, qui avait secrètement été rejoint par Thrawn et Palpatine un peu plus tôt, il n'y avait que quelques lueurs provenant de tentes éparses, maintenant dans l'obscurité l'immense majorité de leurs troupes.

En effet, pourquoi allumer des feux lorsque vos soldats étaient des cadavres ? Ils n'avaient ni besoin de chaleurs, ni de chauffer de la viande ou de l'eau.

Plongée ainsi dans une noirceur quasi absolue, le campement des troupes du Mal était invisible pour ceux du Bien. Un fait qui inquiétait beaucoup l'état-major. Poe avait donc demandé à huit personnes de se partager des speeders pour monter des tours de garde en contrebas du campement.

Ce n'était pourtant pas suffisant pour rassurer qui que ce soit ; et à vrai dire s'il n'y avait pas tant de tâches sur lesquelles se concentrer, toutes les personnes présentes auraient sans doute été mortes de peur en redoutant une attaque surprise.

La peur du noir était décidément l'une des plus viscérales.

Rien, en effet, ne disait que l'ennemi serait honnête et attendrait bel et bien le levé du soleil et l'installation des troupes pour démarrer le massacre qui s'annonçait.

Pendant ce temps, le Général Ackbar était en train d'annoncer à ses confrères de l'état-major la stratégie définitive qu'il avait conçu pour la bataille du lendemain. Bien qu'ils n'avaient pu rassembler que soixante dix milles hommes et se retrouvaient donc en grande infériorité, le général croyait en la victoire des siens. Son premier motif était qu'ils avaient malgré tout réussi à amenés avec eux une très grande quantité de speeders, plus de vingt mille en réalité !

Il ne le savait pas encore, mais il estimait (avec justesse) que c'était très largement plus que ce dont disposait l'ennemi. L'une des manœuvres préférées d'Ackbar était en effet d'utiliser la vitesse des speeders pour contourner son ennemi et ainsi l'encercler, puis de l'attaquer finalement de partout à la fois. Il n'avait cependant eux que trop peu d'occasions d'utiliser ce subterfuge récemment, car trop peu de fois ils avaient eut le temps de réunir assez de speeders.

Cependant, il devait reconnaître que cette fois-ci, le nombre de troupe annoncé par l'ennemi et les dimensions folles du champ de bataille ne lui permettrait une nouvelle fois pas d'utiliser sa tactique fétiche. Mais peu importe, Ackbar savait improviser. Il le fallait toujours si l'on voulait l'emporter.

Dans le même temps, à un autre bout du campement, Rey Nowhere était dans sa tente en train de fumer sa pipe silencieusement. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas pu prendre un long moment pour fumer avec celle-ci – et dire qu'il y a un moment elle avait oublié même que son objet fétiche existait ! – et elle voulait profiter d'un dernier moment de pause dans ses préparatifs pour faire le vide en elle.

Même si c'était une tâche ardue, surtout que la jeune femme n'était pas seule…

« Cela me fait vraiment bizarre de te voir fumer. J'ai parfois l'impression que tu es une autre personne… »

Rey sépara la pipe de sa bouche et laissa échapper une grande volute. Elle n'avait pas envie d'être avec Ben en ce moment, cela lui faisait trop mal. Mais l'état-major avait bien rappelé qu'il fallait garder un œil sur lui à tout moment, car personne ne lui faisait confiance. Et c'était logique, car Ben lui-même avouait que Palpatine était « encore là, quelque part » dans sa tête. Peu importe le sens exact, cela faisait de celui-ci au mieux un potentiel espion, au pire un traître.

C'était donc à la jeune femme que revenait la mission de garder le jeune homme, attaché au pilier de maintien de la tente.

Il n'avait pas tord, était obligée de reconnaître Rey. Je suis une autre personne qu'autrefois, de même que lui. Et pourtant…

Rien dans ses sentiments n'avait changé. Même si elle évitait son regard, le corps de la jeune femme ne pouvait s'empêcher de réagir à la présence de Ben, et son esprit de se dire que si elle commençait à l'embrasser, il pourrait ne pas refuser qu'ils fassent l'amour ici même…

Presque à contrecœur, elle éloigna sa pipe de sa bouche pour répondre.

« Tu en saurais plus sur ce que je suis devenue si tu ne m'avais pas évité depuis ton retour. »

Même si elle le redoutait, Rey comprenait que c'était le moment de discuter. D'avoir leur conversation. Elle se leva alors de la chaise où elle était assise pour se retourner et faire face au jeune homme.

« Tu m'as dit le minimum nécessaire ces dernier mois. Mais maintenant que je vais affronter mon père et probablement… Te tuer, j'ai besoin de savoir des choses.

- Comme quoi ? »

Rey prit une nouvelle inspiration, puis expira à nouveau.

« Est-ce que tu m'en veux pour ce qui est arrivé ? Sache que je ne t'en veux pas, enfin… je ne t'en veux plus, pour ce qu'il s'est passé avec mon maître. Finalement c'est moi qui ait eut tord de t'abandonner… Tout ça pour dire que si tu m'en veux pour tout ce qui t'est arrivé et ce que l'on t'a obligé à faire je comprendrais.

- Non (la réponse fut si brusque qu'il était évident que Ben avait déjà réfléchi longtemps à la question), je ne t'en veux pas. Tu as fait des erreurs, mais moi aussi. On s'est promis que l'on s'aiderait toujours. Je t'aime toujours Rey. Le seul responsable est cette enflure de Palpatine, et c'est pour cela que tu dois le tuer. »

La jeune femme faillit perdre son attention à la dernière phrase du jeune homme, à cause de ce qu'elle venait d'entendre juste avant…

« Tu m'aimes encore ?

- Pas toi ?

- Je… (la jeune femme hésita à mentir, et puis…) oui, je t'aime toujours Ben. Sinon je n'aurais jamais refusé de te tuer. Tout ce que j'ai fait de mal, je l'ai fait parce que j'étais trop faible et que je t'aimais. »

Cette fois, Rey accepta de se rapprocher du jeune homme. Jusqu'à être juste devant lui et s'accroupir pour pouvoir être à sa hauteur.

Ben était bien conscient de ce qu'il risquait de se passer, et du coup il intervint.

« Rey, on ne peut pas faire ça. »

La jeune femme se remit en rogne.

Bien sûr ! Comment pouvait-elle penser qu'il puisse encore vouloir d'elle ! Surtout s'il voulait qu'il meurt… Faire l'amour ce soir ne ferait que rendre encore plus impossible la tâche de demain…

La jeune femme était en train de se lever, vexé, quand Ben hurla.

« Rey, on ne peut pas faire ça car je suis ton frère ! »

Et brusquement, toutes les pensées de la jeune femme furent détruites.

Qu'est-ce que Ben venait de dire ? Cela n'avait aucun sens !

En faisant à nouveau face au jeune homme, le visage de Rey n'était que surprise et confusion.

« C'est… c'est vrai. Je suis ton frère, enfin, ton demi-frère ! Palpatine est mon père tout autant que le tien. »

C'était un choc d'une violence inimaginable pour la jeune femme. Mais en même temps, il était impossible pour elle d'y croire.

« C'est Palpatine qui te l'a dit ?

- Oui, mais c'est aussi pour cela qu'il a pu me marquer. C'est parce qu'il a violé ma mère, tout comme la tienne, et que j'ai son sang immonde dans mes veines qu'il a pu me choisir comme réceptacle. »

Pendant un moment, Rey ne fut plus capable de prononcer une parole. C'était impossible. Dans tout son être se mélangeait violemment la stupéfaction et l'horreur.

« Qui te dit qu'il n'a pas menti ? » tenta tout de même la jeune femme. « Tu sais qu'il en serait parfaitement capable !

- Je sais Rey, et j'ai voulu ne pas y croire moi non plus… Mais au fond je pense que tu sais autant que moi que c'est sûrement la vérité. Si tu avais vu l'expression de son visage… Lorsqu'il m'a capturé… Et puis même Rey, quelle chance y avait-il que de tout Jakku, ce soit toi et moi qui soyons aussi sensible à la Force ? »

Les deux jeunes gens demeurent à nouveau silencieux pendant un autre long moment. Rey essayait lentement de digérer toutes les implications que cela amenait. Il lui fallu un long moment pour finalement avoir le courage de regarder à nouveau Ben – son frère ? - dans les yeux et de parler d'une voix blanche.

« Est-ce que… C'est pour ça que tu me fuis depuis que tu es avec nous ? »

Ben n'était pas tellement plus à l'aise.

« En partie, oui.

- Et sinon, quoi ?

- Une partie de moi voulait aussi qu'il n'y ait plus de lien entre nous… Pour que tu puisses me tuer sans trop de regret. »

Entre la colère et son précédent état mental, Rey manqua de s'étouffer.

« Sans trop de regret ?! Tu crois que j'arriverais à te tuer comme ça ? Tu crois que j'en avais plus envie durant les semaines où tu m'as ignoré ? Ben, je t'… »

Au moment où les mots passaient les lèvres de la jeune femme, elle comprit qu'elle ne pourrait finir sa phrase. Je t'aime.

Non. Plus jamais elle ne pourrait utiliser ses mots dans le sens où son cœur le voudrait. Une partie d'elle avait envie de vomir rien qu'à penser à tous ses moments d'amour, qu'elle avait vécu en réalité avec son demi-frère…

« Pourquoi, Ben ? Pourquoi me raconter cela maintenant ?

- Parce que je pense que tu devais le savoir, surtout si… »

Ben et Rey se tournèrent en même temps vers un coin de la tente. Tous les deux venaient de sentir que quelque chose de dangereux était en train de s'approcher.

En effet, la garde installée en contrebas du campement n'était pas une protection suffisante. Palpatine et Thrawn le savaient et en ont profité.

Dans les profondeurs de la nuit, quatre assassins avaient traversés le futur champ de bataille pour atteindre les tentes, guidés par leurs lumières comme par un phare. Ils avaient ensuite fait usage de leurs sens développés pour pister leur ancien chef, Kylo Ren.

Le jeune homme n'était cependant pas leur cible ; ils devaient se servir uniquement de lui et du lien qu'ils avaient conservé pour trouver la personne qu'ils avaient à assassiner.

L'Empereur les avait envoyé porter un coup fatal à l'ennemi avant même le début de la bataille : tuer Rey Nowhere.

Une fois arrivé entre les tentes, les chevaliers s'étaient alors séparés, puis aussi discrètement que possible avaient commencés à se déplacer, se cachant dans les tâches d'obscurité que les feux de camps n'effaçaient pas, et demeurant aussi silencieux que des ombres.

Au milieu de soixante-dix mille personnes, ils s'étaient bien entendu fait repérer plusieurs fois ; mais à chaque fois ils avaient été assez rapides pour tuer avant qu'un témoin ne donne l'alerte.

A présent, les chevaliers étaient en train de se regrouper, sentant maintenant clairement la présence d'une autre entité puissante en compagnie de leur ancien chef. A peu près à ce moment exact, Rey et Ben sentirent également leur présence.

Mais les Chevaliers avaient anticipé l'instant où ils se feraient repérer par leur cible. Ils se déployèrent alors pour attaquer la tente par tous les côtés. Leurs épées surgirent immédiatement de leurs fourreaux et ils s'en servirent pour découper la toile de la tente ainsi que les cordelettes qui la maintenaient debout.

Avant qu'ils ne puissent réagir, la tente s'effondra sur Rey et Ben, tandis que les chevaliers se jetèrent sur tout ce qui formait des bosses en dessous de la toile. Rey, à toute vitesse, parvint à utiliser la Force pour repousser les assaillants, mais étant donné sa panique et le fait qu'elle n'avait aucun contact visuel avec eux, cela s'avéra peu efficace.

L'assaut fut très bref. Bien entendu, toutes les personnes autour de la tente comprirent rapidement que quelque chose d'anormal se passait. Bien entendu, Rey réussie vite à déchirer à son tour la toile pour s'y extraire et affronter les chevaliers. Bien sûr, il y eut des morts.

Rey réussi à abattre deux chevaliers, les deux autres s'enfuirent mais furent tuer à leur tour. C'est dans cette attaque précipitée que moururent les derniers chevaliers. Une quinzaine de soldats succombèrent en essayant de les arrêter ; mais s'il n'avait pas pu assassiner Rey, l'ordre de Ren avait au moins touché une personne importante.

Dès qu'elle eut une seconde sans un ennemi à affronter, Rey se précipita vers là où se trouvait Ben Solo ; toujours attaché au pilier de la tente, coincé sous la toile. Immédiatement, malgré le peu de clarté, la jeune femme vit que les tissus étaient imprégnés de sang, et au fond d'elle-même elle savait ce qui était en train d'arriver.

Rey hurla le nom de son fiancé, de son demi-frère, de longues secondes avant d'enfin parvenir à le tirer des décombres.

Ben était là, agonisant, le torse ensanglanté.

L'homme à la carrure imposante ne respirait presque plus lorsque la jeune femme réussie à le prendre dans ses bras.

« Ben, ne t'en vas pas, non… Je t'en prie… »

Ben Solo tenta de glisser une dernière parole, mais aucun son ne sortit de sa bouche. A peine eut-il la force de lui adresser un regard, avant qu'il ne rende son dernier souffle.

Tout ce pour quoi Rey s'était battue, tout ce que pendant des mois, des années elle avait cherché à tout prix à éviter venait d'arriver à l'instant devant ses yeux.

« Non… »

Non. Non.

NOOOOOONN !

Voilà voilà... Si vous me cherchez je suis dans un bunker dans un lieu inconnu pour que vous ne me puissiez pas me tuer ^^' A la prochaine !