Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas.
Norika avait les mains sales et ensanglantées. Toutes ses mères qui avaient été mises en prison sans l'ombre d'une pitié. Elle était la seule à creuser comme si sa vie en dépendait. Portant sur ces épaules le poids de ces êtres disparus trop tôt. Bien trop tôt. Que pouvait-il dire ? Yuuri devait faire en sorte que cette femme ne se blesse pas plus. Alors, lâchant la chemise de Wolfram, il avança vers la femme. Il devait rassembler tout son courage pour être celui qui annoncerait cette mauvaise nouvelle. Quel rôle infect.
« Norika…
- Je vais bien. C'est mon enfant, c'est moi qui le trouverais…
- Votre enfant, vous savez…
- Je dois vous remercier, vous avez sauvé l'enfant de Malta. Pour avoir châtié ces hommes qui nous les ont pris... »
Il n'avait pas fait grand-chose, il s'était encore énervé et sa magie avait fait le reste. Maintenant Norika lui faisait face. Ses yeux déjà fatigués l'étaient encore plus. Ses poings rouge carmin tapissé de l'hémoglobine qu'elle perdait lentement. Il espérait seulement que le fait qu'il soit un mazoku ne lui porterait pas préjudice. Car il savait qu'avec son coup d'éclat, il était plus que grillé. Même un humain ne pouvait pas faire ce genre de magie. Quoique, il n'avait pas vu grand-chose de la magie des humains. Si seulement les humains et les mazokus pouvaient mieux s'entendre.
« Votre nom, c'est bien Bonnet blanc ?
- Vous n'êtes pas effrayé par mes yeux. Ils sont noirs, pas de chance.
- Je ne vois pas pourquoi je serai effrayée par vous. Laissez-moi mieux vous regarder... »
Norika posa sa main sur la joue du maoh en douceur. Elle caressa sa joue avec une douceur infinie, malgré le sang qui tâchait sa peau, Yuuri la laissait faire.
« Je n'ai jamais vu de si beaux yeux. Il m'a dit un jour qu'il avait vu une fois un portrait. Celui d'un sage venant d'un lointain passé à la capitale royale. Il avait selon ces dires les mêmes yeux que vous et ces mêmes cheveux sombres.
- De qui parlez-vous ? »
Norika lui fit un petit sourire avant de s'éloigner. Cette personne, ça devait être l'homme qu'elle avait aimé. Il avait donc vécu à la capitale et dans le château du serment de sang pour avoir vu les portraits. Il faudrait qu'il s'attarde un jour à observer ses anciens maoh et sages qui avait laissé leur trace dans le château.
« Il était comme vous, un Mazoku. »
Elle avait tout l'air d'être humaine, mais absolument adorable. Il pouvait comprendre pour ce mystérieux mazoku avait craqué pour cette femme si forte.
« Je peux vous chercher une pelle si vous voulez.
- Tout ira bien. Je veux creuser ce trou avec mes mains sales. Je vous demande juste de me laisser trouver mon cher enfant de mes mains. Je sais que je trouverai sûrement que des os et la couverture dans laquelle il était entouré. Après tout, ça fait dix années qu'il est né ici. Il ne verra jamais son fils. Son magnifique enfant. »
Elle creusait et il ne pouvait pas l'empêcher de le faire. Rein que d'y penser, il avait la boule au ventre. Il se sentait si triste pour ces pauvres femmes qui avaient tout perdu. Même leur dignité. Il s'approcha de Conrad, il connaissait cet endroit. Donc c'était lui le plus renseigné sur ce qui se passait sur ces terres. En dehors de Gwendal qui était de toute façon trop fatigué pour lui répondre.
« Qu'arrive t-il à ces femmes quand elles arrivent ici ? Et pourquoi elles sont là ? Pour une histoire de tromperie, c'est un peu gros.
- Toutes ces personnes sont en prison grâce au juge que tu as pu voir. Elles sont parfois relâchées, mais souvent. Elles sortent que peu vivant. C'est plus souvent morte qu'elle quittent cet endroit. Tous les soldats sont vraiment partis. Ils ont déserté cet endroit. J'espère qu'on organisera bientôt une poursuite de ces hommes, mais...
- Mais… Conrad ? Tu as l'air presque heureux…
- En quoi ma voix fait de moi quelqu'un d'heureux.
- Ce n'est pas ça... »
Mais Yuuri pouvait voir dans son regard une certaine joie, car toutes les femmes à part Norika étaient parties. Ces femmes, qui avaient souffert de cette activité, étaient libres. Libres de faire ce qu'elles désiraient. C'était sûrement ça qui faisait sourire cet homme.
« Outre le fait que vous êtes libres, c'est aussi le cas pour ces quatorze femmes. Dont certaines ont des relations plus que romantiques avec des mazokus. C'est sûrement un crime pour les humains de tomber amoureux de mazokus. Comme ça l'est dans certains territoires mazous. Mais tout change. Je sais que vous aimerez qu'elles soient heureuses avec leur amant dans leur maison.. ; »
Au Shin Makoku, c'est le seul endroit dans lequel il avait presque les pleins pouvoirs. Il pouvait les protéger sur ces terres qu'il avait obtenu en devenant roi.
« J'aimerais qu'elles vivent heureuses avec les personnes qu'elles aiment. J'en prendrai l'entière responsabilité si elles sont coupables de quoi que ce soit d'autre que leur amour envers ces persopnnes. Elles doivent être heureuses, ce monde a besoin d'apprendre à aimer. Il n'y a pas que moi qui est concerné par cette histoire d'apprentissage.
- Vous avez encore parlé avec votre instinct ? N'est-ce pas… Mais dans certains cas, ça s'avère correct. Votre confiance est touchante Yuuri... »
Il rougit un peu face aux mots du soldat. Il ne s'était pas vraiment attendu à ce genre de compliment. Il savait qu'il était peut-être trop généreux pour ces personnes. Mais il voulait croire en la rédemption. Quelque chose que cet univers semble ignorer. Il vit Norika toujours en train de creuser. Elle était vraiment déterminée à trouver les os son enfant.
« Pas ici... Je n'ai pas trouvé son squelette. C'est comme s'il n'avait jamais été là. Comme s'il n'avait jamais existé… Je suis sûre pourtant qu'il est né. C'était il y a dix ans… Peut-être qu'il a fini par rejoindre la terre. Mais qu'est que c'est ? »
Elle ne sortit pas des os, mais des morceau d'instrument qu'il connaissait bien. Ce qui manquait au tube qu'avait passé Nicola. Le bec et le derrière de la flûte. Qui attendait là, dans cette terre. Proche de cadavres d'enfants. Il s'approcha de Norika et prit en douceur les deux morceaux qu'elle tenait avec force dans ces mains crispées. Il fallait dire qu'elle cherchait encore les restes de son fils. Il finit par récupérer les morceaux en souriant avec tendresse à cette femme qui avait tant perdu. Il s'écarta pour fouiller sa veste. C'était là qu'était le tube sombre muni de trou qui servait de corps à l'instrument. Il avait retrouvé cet objet sans trop avoir eu à affronter un boss ou parcouru un donjon. À la place, il avait fait à la tyrannie des soldats qui gardaient le village.
Il finit par trouver le tube dans ses vêtements. Il le fit rouler dans ses mains et avec précaution et en enlevant la terre sur les deux autres morceaux. Il commença à assembler l'instrument. Qui se visait. Ce qui était plutôt pratique pour la construction. Il n'avait pas vraiment plus cherché que ça cet objet. Hube n'était pas si loin d'avoir tout rassembler. Le corps était noir et les décors étaient faits d'argent. La flûte était belle. Vraiment belle. Alors voici la flûte démoniaque qui permettait d'invoquer les autres éléments sans crainte. C'était un peu de la triche. Mais d'autres Maoh ont du s'en servir. Lui, il ne ferait que le bien avec.
« C'est une flûte à bec soprano… Je dois me rappeler du cours de musique au collège... »
Yuuri lâcha un soupir. Il espérait que les mélodies sur terre fonctionnaient dans ce monde.
« Conrad, nous avons enfin la flûte démoniaque à présent. Cette forme me rappelle des souvenirs. C'est étrange, car ils ne viennent pas que de mon enfance sur terre.
- Est-ce la vérité ?
- Je ne sais pas. Mais quelque chose me dit que c'est incroyable d'en jouer. Je dois essayer... »
Ce lien qu'il avait senti avec Morgif n'était si puissant qu'avec cet instrument. Il inspira avant de jouer quelques notes suivant ses souvenirs.
« C'est comme ces nombreux jours où j'ai joué à une flûte. Elle a l'air des plus normale. Bizarre. Pourquoi elle fait le même son qu'une flûte ordinaire. Elle pourrait pas, je ne sais pas être baroque ?
- Mais c'est génial Yuuri, tu sais déjà jouer de cet instrument sans qu'on te l'enseigne.
- Ce n'est pas ça Conrad…
- C'est à cause que beaucoup de Japonais, y compris moi-même s'entraînent durant six ans sur cet instrument. Si ces derniers n'en ont pas d'autres. Donc je n'ai aucun mérite.
- Toutefois… Je peux savoir où avez eu cette autre partie ?
- Oh, c'est quelque chose qui vient de Nicola. Nicolas est…
- Nicola ? Tu as dit Nicola, la fiancée de Hubert ?
- Tu la connais ?
- Nous nous sommes rencontré en chemin et nous avons voyagé ensemble. Elle ne doit pas être bien loin. »
En effet, la jeune femme agitait avec énergie sa main et rejoignait Conrad et Yuuri avec un immense sourire. Mais pourquoi les morceaux était dans un cimetière d'enfants. Qu'avait pu faire cet homme sous l'influence de cette flûte. Il sentit un frisson le parcourir alors qu'il imaginait le pire. Il ne pouvait pas avoir sacrifié un enfant. Il ne pouvait pas. Il ne pouvait pas faire ça alors que Nicola était enceinte de lui. Non, ça devait être quelque chose d'autre. Il devait penser à autre chose. Par exemple à Norika.
« Norika, quel est le nom de votre père ? »
Il ne voulait pas que Hubert ait fait une erreur trop grave. Mais il sentait que cet enfant que cherchait cette femme n'était pas vraiment mort. Même mieux, qu'il l'avait rencontré. Il se demandait si ce n'était pas sa magie qui lui soufflait cette idée. Mais savoir que cet enfant que cherchait depuis des heures la femme était quelque part vivant gonflait son cœur de bonheur. Il aimait bien cette idée soufflée par ses pouvoirs.
« C'est Shas, mais pourquoi ?
- Je l'ai rencontré ! »
Et pas qu'un peu, c'était lui qui l'avait aidé lorsqu'il était attaché à Gwendal. Il avait présenté son petit-fils. C'était sûrement lui le fils de cette femme. Ce fils qu'elle cherchait. Un jeune mazoku né d'une union humaine et mazoku. Gilta pourrait retrouver sa mère…
« Norika, votre enfant, il est vivant ! Il est vivant et en bonne santé. Avant que l'armée de Svelera soit envoyé en expédition punitive. Il serait mieux pour vous d'aller autre part. Je vous propose humblement de venir au Shin Makoku. Votre enfant pourra grandir entouré d'enfant comme lui. »
La femme grimpa sur un des chevaux présents. Elle fila à toute allure vers la ville. Yuuri se doutait que cette mère de famille n'avait qu'une envie. Retrouver son enfant et son père. Le Maoh grimpa à l'arrière de Wolfram qui chevauchait un cheval lui aussi. Il avançait lentement, suivant le rythme des pas des soldats qui avait servaient de renfort pour le sauver.
« Je me sens un peu coupable. Vous avez prévu de me sauver. Mais j'ai laissé encore ma magie faire qu'à sa tête. Je me sens coupable d'être à cheval alors qu'il marche dans cette sinistre carrière.
- Ils sont sûrement donnés ces chevaux à ses femmes, celles qui sont parties lors de ton coup d'éclat. Elles se sont échappées.
- J'espère qu'elles iront bien.
- Je pense que tu en verras certaines au Shin Makoku. Certaines d'entre elles aimait un mazoku. Comme le prouve Norika... »
Yuuri s'accrocha alors que Nicola était derrière Conrad, elle rit doucement. Ne voyant pas ce qui avait de drôle, il la fixa.
« Ne tombe pas, boulet. Je sais qu'utiliser ta magie t'épuise normalement.
- Je vais bien, imbécile pompeux. Pourquoi tu voudrais que je m'endorme, ça te rendrai heureux.
- Comme si ça me rendait heureux de servir de cousin, boulet ! »
Et les deux hommes se crièrent un bon moment dessus, sous le rire de Norika qui s'amusait clairement de leur conflit. Shas, Norika et Gilta se retrouveront rapidement et pourront vivre heureux ensemble. Qu'importerait si Gilta était le fruit d'une union extraconjugal en vérité. Elle méritaient cette deuxième chance. Celle que ne lui avait pas accorder ce monde. Il pouvait comprendre que la tromperie pouvait faire mal. Mais il ne fallait pas non plus abuser dans l'autre sens. Il espérait que Nicola pourrait bientôt retrouver Hubert. Toutes ces personnes sans endroit où vivre. Il pouvait les laisser vivre au Shin Makoku. Bien sûr, il savait que son baiser, donné à Wolfram, ne serait pas le dernier. Mais il avait imaginé un premier baiser plus romantique. Deux secondes… Il avait imaginé. Il était perdu. Il laissait cet abruti de noble faire une place dans son cœur. Il ne pouvait pas laisser ça comme ça.
« Conrad, je me demandais si vous n'avez pas été surpris de voir quelqu'un me ressemblant. Réclamer quelque chose.
- Surpris, sûrement, mais quelque chose me disait que quelque chose clochait. Par contre Gwendal, il a été sûr que c'était vous. Ce qui explique sa réaction lors de votre rencontre. Puis, vous avez pu parler à mon grand frère. Je suis content. Gwen n'est pas quelqu'un de mauvais. Juste un peu trop sérieux. Je suis content que vous vous êtes rapprochés. En tout bien tout honneur petit frère… »
Il entendit clairement le grognement du mazoku blond. Yuuri roula des yeux et sera un peu plus son cavalier aux cheveux dorés. Sa jalousie était si visible que s'en était parfois ridicule. Il savait qu'il restait proche de Gwen et Conrad malgré tout. N'en déplaise pas à ce garçon au caractère de cochon. Bon, il avait des bons côtés. Seulement, il se demandait souvent ce qui faisait pencher le cœur en sa faveur. Oh, il n'avouerait pas à voix haute que cet imbécile avait fini par obtenir son affection. Il n'avait pas que ce garçon pour cacher ses sentiments. Il pouvait très bien le faire, lui aussi. Sans compter que ça lui permettait de tester ce qu'il ressentait en situation réelle.
En tout cas, il pouvait aussi considérer Gwen comme un ministre et un grand frère un peu sévère, mais infiniment protecteur. En tant que petit frère de cœur, il ferait tout pour que ce grand homme finisse par trouver la personne idéale pour lui. Qu'importe son sexe. Venir dans ce monde avait changer tout dans sa vie. Il se sentait plus en paix avec lui-même. Cette bisexualité était donc en lui depuis toutes ses années. C'est pour ça qu'il était resté calme quand il avait rendu son yaoi à une fille lors de ses études. Peut-être, ou parce qu'il n'avait rien vu de choquant à ses yeux.
Yuuri pouvait voir à nouveau la ville qui s'approchait. Mais où était Hubert ? Qu'avait-il fait ? Tant de mystère autour de cet homme...
