La roue tourne
Magia était une Entité assez investie sur Terre.
Elle/Il ne se leurrait pas, Elle/Il avait complètement perdu le contrôle en Grande Bretagne et Elle/Il s'en mordait les doigts. Alors quand Vie et Destinée avaient autorisé l'une des faucheuses de Mort, Harry « Loki » Potter, à revenir dans une dimension de toute façon vouée à la destruction à court terme, Elle/Il avait décidé d'en profiter pour prendre ses responsabilités et surtout, de voir ce qui avait foiré pour ne pas reproduire les mêmes erreurs.
Mais il semblerait que la petite expérience des Entités ait eu plus de conséquences que prévues. L'agitation de Néant alors qu'Il/Elle ne devait pas faire son apparition dans cette dimension avant deux siècles les avait tous inquiété. Chaos et Elle/Il avaient fait en sorte de prévenir Loki mais ce n'était pas pour autant qu'Ils étaient rassurés.
Il fallait qu'Ils agissent, et vite. Il fallait qu'Ils le fassent, malgré le statu quo qu'Ils étaient censés garder.
C'était pour cela qu'en cette nuit de nouvelle lune, Magia se promenait à l'insu de tous aux pieds de Poudlard.
L'Entité toucha délicatement la pierre, examinant distraitement la magie qui courrait à travers les murs. Mais plus Elle/Il avançait, plus la colère l'envahissait.
Magia avait été là lorsque l'école avait été construite. A l'époque, les sorciers La/Le vénéraient encore et Elle/Il le leur avait bien rendu. Elle avait positivement adoré l'idée de Salazar, Godric, Helga et Rowena et avait déversé un peu plus de pouvoir que prévu dans la bâtisse.
En pure perte, il semblerait.
Depuis que le gouvernement sorcier avait pu faire main basse sur l'école en nommant lui-même les directeurs de l'école, ces derniers laissaient tomber de plus en plus de leurs devoirs pour s'aligner sur l'idée du gouvernement qui voulait limiter drastiquement les connaissances du peuple sorcier pour mieux le contrôler. L'idée était devenue de plus en plus voyante avec Dustin Hart puis avec Armando Dippet mais le summum était atteint avec Albus Dumbledore. Si les deux premiers s'étaient seulement contentés d'abandonner les rituels les plus gourmands en énergie qui servaient à renouveler les protections de l'école, Dumbledore avait carrément détourné l'énergie de la plupart des barrières, les laissant presque exsangues, prêtes à s'écrouler au moindre souffle de vent un peu rude.
Pire, il avait lentement assourdi la conscience de Poudlard après que la bâtisse se soit « réveillée » avec l'arrivée d'un Champion de Destinée, Tom Riddle, avant de complètement l'étouffer avec l'arrivée d'Harry Potter. Sans cette conscience, l'école perdait une grande partie de sa fonction de forteresse et les élèves n'étaient pratiquement plus protégés.
Pas si Elle/Il avait son mot à dire !
Légère comme une fée, Magia fit le tour du château pour identifier les liens qui bridaient la conscience de l'école puis se faufila vers le cœur de Poudlard, pièce normalement uniquement accessible au directeur de l'école désigné par cette dernière, donc laissée à l'abandon depuis des dizaines et des dizaines d'années. Malheureusement, cela n'empêchait pas le directeur en poste d'agir, puisque la plupart des fonctions de cette salle pouvaient être réalisées depuis le bureau du directeur. Ce fut donc sans surprise que Magia découvrit une cage de magie pure où un petit dragon maigre comme un clou reposait à bout de souffle.
Peinée, Magia observa quelques instants Poudlard, le dragon gardien de l'école, en train de perdre de plus en plus de forces à cause de la stupidité des sorciers. Avec l'arrivée de Loki Potter, Elle/Il réfléchissait de plus en plus à la possibilité de retirer son don sur l'archipel britannique à tous les plus de dix-huit ans et avec ce qu'Elle/Il avait sous les yeux, Elle/Il en était encore plus décidée.
Magia tendit une main et fissura la cage pour nourrir directement le dragon qui se redressa, surpris de voir quelqu'un dans sa prison avant de s'incliner tant bien que mal. Si une Entité prenait la peine de se montrer, le respect était primordial. Tendrement, Elle/Il lui caressa la tête avant de lui donner un apport conséquent de magie. Magia ne pouvait se permettre de délivrer Poudlard – statu quo des Entités – mais Elle/Il pouvait faire en sorte que Poudlard se délivre de ses chaînes pour s'opposer directement à la menace qu'était Albus Dumbledore.
-Il est temps que tu fasses ce pour quoi tu es ici, soupira doucement Magia.
Elle/Il colmata volontairement maladroitement la brèche qu'Elle/Il avait créée avant de s'en aller sans un bruit.
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Harry mit le point final à sa rédaction. Il adorait littéralement les cours particuliers de runes et d'arithmancie et ne regrettait pas d'avoir abandonné les soins aux créatures magiques et la divination. Certes, il aurait aimé avoir des cours avec Charlie Weasley mais il avait fallu faire des choix raisonnables pour son avenir.
-Harry ? Tu veux aller voler avec moi ?
Le brun se crispa. Malgré le monstrueux revers des fêtes de fin d'année, Ginny Weasley ne lâchait pas l'affaire pour accaparer le Survivant. Au début, il l'ignorait purement et simplement mais la rousse se faisait de plus en plus insistante.
-Non merci, grinça des dents Harry. Si c'est pour t'entendre te vanter que tu serais parfaite pour moi, je m'en passerai.
La grimace de Ginny parlait pour elle : elle n'avait pas du tout apprécié la remarque.
-Tu te trompes ! assura Ginny avec un sourire séducteur
-Je sais encore ce que je veux et je ne te veux pas dans mon entourage, décréta Harry en la regardant droit dans les yeux.
-C'est parce que ton « tuteur » ne veut pas que tu te compromettes avec des Weasley, renifla Ginny.
-Pourquoi est-ce que tu dis ça ? s'étonna Harry
-Il traîne avec le lord Prince, rappela Ginny. Il méprise notre famille !
-Il est vraiment dommage que Loki adore Molly et Arthur, fit machiavéliquement Harry. Qu'il s'entende parfaitement bien avec Charlie, Fred et Georges. En fait, les seuls membres de la famille Weasley qu'il n'apprécie vraiment pas, c'est Ron et toi. J'ai arrêté de te considérer comme une amie parce que tu continues encore et encore à critiquer l'une des seules personnes qui se soit intéressé à moi pour mon bien-être et pas parce qu'il se pourrait que je puisse vaincre un mage qui pourrait largement être arrêté si les adultes voulaient bien cesser de faire l'autruche et de prendre les armes pour se défendre.
-Le professeur Dumbledore … protesta Ginny.
-Je ne vais pas discuter avec toi des actes du directeur, déclara froidement Harry. Nous sommes en train de parler du fait que je ne veux rien faire avec toi, encore moins former un couple. Tu n'es pas et tu ne seras jamais la personne qui me conviendra.
Tout cela avait été dit dans la salle commune devenue silencieuse dès le début de l'altercation. Les Gryffondors ne comptaient plus le nombre de fois où la rousse avait tenté de convaincre le brun de sortir avec elle et ils comprenaient quand une cause était perdue d'avance. Les Weasley avaient toujours été obstinés, ce n'était pas le problème, mais Ginny ne voulait pas reconnaître qu'elle n'avait aucune chance.
-Mais … protesta Ginny.
-Tu n'aurais pas autre chose à faire, comme préparer tes examens ? grinça Harry. Tu me déranges, là, et honnêtement, je n'ai pas l'intention de t'écouter une minute de plus.
Il retourna à ses devoirs, refusant de quitter la pièce à cause de la rousse. Cette dernière serrait convulsivement sa baguette, prête à lancer son fameux sort de chauve-furie parce qu'il ne voulait pas lui obéir immédiatement.
-Pourrais-tu dégager le passage maintenant ? intervint Neville en arrivant. Harry a raison, tu as sûrement autre chose à faire au lieu de le harceler.
Furieuse, Ginny tourna des talons et gagna sa chambre, amenant des soupirs de soulagement de la part de la majorité des élèves. Hermione et Neville en profitèrent pour s'installer à la table d'Harry et pour lancer quelques sorts d'intimité afin de ne pas être dérangés.
-Elle est encore revenue à la charge ? soupira Hermione
-Elle ne veut pas comprendre que non, c'est non, souffla Harry en refermant son livre. Heureusement que Ron n'est pas là pour en remettre une couche.
Quand le train était revenu de Londres pour la reprise de l'année scolaire, les élèves avaient découvert que Ron Weasley n'était pas parmi eux. A la demande d'Harry, Loki s'était renseigné auprès de Molly et d'Arthur et il avait appris que les médicomages qu'ils avaient consulté avaient préconisé un temps de repos plus important que celui proposé par Poppy Pomfrey. Le couple avait souligné les tentatives du directeur pour que leur dernier fils regagne Poudlard au plus vite sous la surveillance de l'infirmière mais ils avaient été intraitables.
-Cela va faire bizarre de ne plus le voir, fit Hermione.
-Peut-être, concéda Neville, mais il doit penser à sa santé et je pense que c'est le mieux.
Harry soupira. Même si Ron et lui s'étaient éloignés depuis le Tournoi des Trois Sorciers, il s'inquiétait toujours un peu pour lui. Il s'était décidé à lui écrire pour prendre de ses nouvelles quelques jours plus tôt mais il avait encore un peu de mal à s'exprimer.
Les trois amis passèrent finalement à un autre sujet.
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Amelia et Laurent s'étaient retrouvés pour discuter, comme ils en avaient l'habitude environ deux fois par mois. Généralement, ils s'arrêtaient sur les coups de pieds dans la fourmilière qu'avait donné Loki Potter ainsi que l'éclairage nouveau sur les nombreux actes d'Albus Dumbledore. Mais ce jour-là, ils avaient décidé de se concentrer sur le projet de l'équipe d'aurors d'élite qu'ils comptaient mettre en place à l'insu de tous. Les lieux choisis avaient été protégés, les stagiaires sélectionnés, ne restait que le choix des instructeurs et le temps qu'ils allaient y passer.
-Pourquoi ne pas prendre des instructeurs étrangers ? proposa Laurent
-J'y ai pensé, avoua Amelia. Mais leur programme n'est pas le nôtre.
-Nos programmes, toutes matières confondues, sont les plus bas d'Europe et parmi les dernières places au niveau mondial, protesta Laurent. Qu'importe qui tu choisiras, le niveau de ces élèves sera de facto plus élevé que celui actuel des aurors.
-Tu n'as pas tort, concéda Amelia. Mais comment garder leur venue secrète ?
-Tu es la directrice du département de la justice magique et moi celui du département des mystères, rappela Laurent. A nous deux, on peut mettre en place un partenariat efficace, tu ne penses pas ?
-Pourquoi pas … fit Amelia.
Distraitement, elle rédigea le premier jet de la lettre qu'elle enverrait au chef des Mousquetaires, la brigade d'élite des aurors français.
-Amelia ? fit Laurent
-Moui ? fit Amelia, encore plongée dans sa rédaction
-J'ai une nouvelle à t'annoncer, déclara Laurent.
Inquiète, elle se redressa et observa son ami, l'enjoignant à parler.
-Les capteurs de magie ont relevé un pic de magie au niveau de Poudlard, fit Laurent. Il semblerait que les barrières aient été renforcées.
-En quoi est-ce inquiétant ? demanda Amelia, intriguée
-L'un de mes agents s'est rendu à l'école pour enquêter et il s'avère que ce n'est pas Dumbledore qui en est à l'origine, expliqua Laurent. Pire, il a compris que ce vieux fou au contraire siphonnait la magie des barrières, d'où le fait qu'elles aient été aussi faibles.
-Je ne suis même pas étonnée, soupira Amelia. Qu'est-ce qu'on peut faire ?
-On y réfléchit, répondit Laurent.
Les deux amis gardèrent un moment le silence. Quoi qui se prépare, il fallait absolument qu'ils s'y préparent.
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-Les salauds … siffla Sirius.
Le nouveau lord Black avait décidé de faire un saut dans l'ancien manoir ancestral – après tous les merveilleux souvenirs qu'il avait dedans, il était hors de question que sa famille s'y installe, encore plus en sachant que Dumbledore y avait pris ses quartiers comme s'il était chez lui – et il avait été outré de ce qu'il avait découvert. Il n'était pas surpris que l'Ordre du Phénix occupe encore le manoir du square Grimmaurd – puisqu'il n'était pas mort – mais il ne s'attendait pas que Dumbledore ne sache pas entretenir une maison sans l'aide de Molly Weasley. La poussière s'accumulait dans tous les coins, les nuisibles se trouvaient dans toutes les pièces accessibles … Kreattur n'avait même pas le droit de faire le ménage ! S'il avait son mot à dire, il jetterait tout le monde dehors.
-Du calme, tempéra Loki en posant une main réconfortante sur son épaule.
-On leur laisse utiliser une maison à titre gracieux et ils la laissent se délabrer ?! pesta Sirius
-Je comprends, fit Loki. Mais nous avons plus important à faire.
Puisque la guerre s'accélérait, Loki avait pris le parti d'inclure un peu plus de monde dans son combat. Il rencontrait souvent Amelia Bones concernant les actes d'Albus Dumbledore vis-à-vis d'Harry et Seth Severus remplissait pleinement son rôle de lord Prince. Intégrer Sirius dans ses plans était devenu en évidence quand il s'était rendu compte du poids politique du clan Black en Grande Bretagne sorcière. De plus, ça lui permettrait de récupérer le médaillon de Serpentard sans problème. Il fallait juste espérer que Mondingus Fletcher n'avait pas eu le temps de vider les lieux de tous ses objets de valeur.
Sirius et Loki s'étaient introduits dans le manoir Black sans que les alarmes de Dumbledore ne retentissent. Loki avait été assez surpris mais Sirius lui avait expliqué que les alarmes étaient posées uniquement sur le quartier général de l'Ordre du Phénix parce que tout puissant sorcier qu'il se croyait être, Dumbledore ne pouvait faire quoi que ce soit sur le manoir Black sauf s'il était le propriétaire, même si c'était le même lieu. Grâce à la connexion de la cheminée, ils arrivèrent dans le bureau du chef de famille où Sirius activa quelques protections en marmonnant.
-Il n'y a personne, annonça Sirius. Mais cette maison est tapissée de sorts de contrôle du sol au plafond. A croire qu'il n'a aucune confiance dans les membres de l'Ordre.
-Ou qu'il veut cultiver son omniscience en laissant des mouchards partout pour connaître les secrets de tout le monde, proposa Loki.
-Ce n'est pas ce que tu veux faire ? ricana Sirius. Ah non, pardon, tu veux savoir ce que mijote le célébrissime Ordre du Phénix sous les ordres du grand Albus Dumbledore. Pourquoi ne pas intégrer l'Ordre ? Ça serait beaucoup plus facile, tu ne crois pas ?
-Pour la même raison pour laquelle tu es avec moi, rétorqua Loki. Je n'ai aucune confiance en Albus Dumbledore, encore plus quand ça concerne mon fils.
Sirius se tut, soufflé. Harry lui avait déjà dit comment Loki le considérait mais le savoir de la personne concernée … l'ancien fugitif était désormais certain que son filleul serait en sécurité. Le nouveau garant magique d'Harry avait d'ailleurs raison sur sa présence en ces lieux : Dumbledore leur avait caché trop de choses et avait trop souvent croisé les bras sans rien faire pour qu'ils puissent lui accorder leur pleine et entière confiance.
-Kreattur ?
L'elfe de maison apparut aussitôt. Au réveil de Sirius, ce dernier était venu à son chevet complètement affolé car il n'arrivait pas à localiser son maître et totalement paniqué à l'idée de l'avoir envoyé à la mort. L'elfe avait dû attendre que son maître récupère officiellement le titre de lord Black et qu'il renouvelle leur lien magique pour qu'il se calme. Pour l'occuper, Sirius lui avait confié la formation de plusieurs elfes de maison pour renouveler le personnel de la famille Black sans que l'Ordre du Phénix ne le sache.
-Maître Sirius, s'inclina Kreattur. Seigneur Loki.
Loki grimaça. Seuls les sorciers ne sentaient pas qu'il était plus qu'un sorcier, il l'avait oublié.
-Bonjour Kreattur, salua Sirius. Je sais que ma famille idolâtrait Voldemort et je voulais savoir si elle n'avait pas eu en sa possession, en témoignage de son soutien, un objet lui appartenant.
En sachant que Sirius avait récupéré la tête du clan Black, Loki avait décidé d'utiliser l'histoire du journal de Riddle pour faire semblant de jeter une ligne de pêche à la mer au cas où : si Voldemort avait pu confier au clan Malfoy un artefact aussi précieux que son propre journal ensorcelé, pourquoi n'aurait-il pas fait la même chose avec d'autres clans sorciers ? Avec les Malfoy, les Black avaient une très bonne position, notamment grâce à ses connaissances de magie « noire ». Cela valait le coup de vérifier.
-Kreattur peut se permettre de demander pourquoi ? fit l'elfe de maison
-Voldemort a prouvé qu'il ne voulait pas honorer la Magie mais la soumettre à ses désirs, répondit Loki. En anéantissant l'une des races magiques majeures de cet archipel, il rompt sans équivoque l'équilibre de cette contrée et menace Magia.
Loki se traita de tous les noms en fermant la bouche. La notion même des Entités avait été oubliée par les sorciers mais il ne fallait pas qu'il montre aux autres races magiques qu'il était versé dans les Enseignements, connus uniquement par les druides parmi les humains. Une fois qu'il aurait réglé l'affaire à cet horcruxe-là, une introspection serait de mise puisqu'il était en train de perdre le contrôle, il le sentait.
Kreattur regarda Loki d'un œil curieux avant de répondre.
-Peu avant sa mort, maître Regulus est revenu ici en certifiant que le maître de dame Walburga bafouait la Magie, expliqua lentement Kreattur. Maître Regulus a alors expliqué qu'il avait vengé Kreattur qui était revenu d'une mission du maître de dame Walburga au bord de la mort en lui volant quelque chose de précieux. Mais maître Regulus a senti que ce serait la dernière chose qu'il ferait et il a fait promettre à Kreattur que s'il n'arrivait pas à le détruire, ce serait à Kreattur de le faire. Maître Regulus est mort et Kreattur a essayé mais n'a jamais réussi.
Loki retint un sourire. Visiblement, les sentiments de Regulus, le petit frère de Sirius, envers son elfe de maison personnel, n'avaient pas changé d'une dimension à l'autre et l'histoire était restée la même.
-Où se trouve cet objet précieux ? demanda Sirius
-Kreattur l'a rangé là où il dort, répondit Kreattur. Pendant un moment, le voleur s'est approché de cet endroit mais Kreattur l'a chassé. Le sorcier mauvais sait qu'il y a quelque chose de magique dans les affaires de Kreattur mais il n'a pas tenté de le prendre sans la présence de lord Black ou de son héritier.
-Un instant, fit Loki. Tu es en train de dire que si Sirius ou son héritier ne sont pas dans le manoir, personne ne peut … voler quoi que ce soit ici ?
-Oui, seigneur Loki, confirma Kreattur.
-Sais-tu ce qui a été volé depuis que j'ai ouvert le manoir à l'Ordre ? demanda Sirius
-Est-ce que Kreattur doit compter dedans les objets mis de côté par Molly Weasley Madame et mis à la poubelle par Albus Dumbledore Monsieur ? demanda Kreattur
-Oui, fit Sirius, surpris.
-Kreattur a pu mettre en sécurité la majorité de ces objets dans le sous-sol caché, avoua Kreattur. Le reste a été pris par Mondingus Fletcher Monsieur. Kreattur sait ce qu'il a pris.
-Et concernant cet objet précieux dans tes affaires, Kreattur ? recentra Loki
-Kreattur a dû le déplacer plusieurs fois pour qu'Albus Dumbledore Monsieur ne puisse pas mettre la main dessus, répondit Kreattur. Kreattur n'a pas voulu le mettre avec les autres pour qu'Albus Dumbledore Monsieur ne se rende pas compte que sa volonté n'a pas été exécutée.
-Apporte-nous cet objet, ordonna Sirius.
L'instant suivant, le médaillon de Serpentard fut sur le bureau. Sirius voulut le prendre mais Loki l'en empêcha.
-Je me méfierai à ta place, conseilla Loki. Avec une énergie aussi mauvaise dégagée, je pense que c'est un objet appartenant à Voldemort. Tu permets ?
-Tu vas en faire quoi ? demanda Sirius
-Au cas où, je suis allé avec Harry chercher du venin de basilic, révéla Loki. Dans le doute, je vais poignarder cet objet. Si Voldemort y tenait, il pourra faire une croix dessus. Mais ce qui m'inquiète, c'est le fait que Dumbledore le recherchait.
-Moi, c'est le fait qu'il se soit permis de jeter des objets qui ne lui appartiennent pas, grogna Sirius. Oui, j'ai un problème avec la famille Black, mais c'est ma famille, pas la sienne ! C'est comme cette histoire avec la bibliothèque. Elle ne contiendrait que des livres de magie « noire » parce qu'elle appartient à une famille sombre ? Foutaises !
-Est-ce qu'il y a d'autres objets dangereux pour toi ou ses habitants entre ces murs ? demanda Loki à Kreattur
L'elfe de maison regarda son maître, attendant une réponse.
-Tu peux répondre, autorisa Sirius.
-La plupart d'entre eux sont dans le coffre familial, révéla Kreattur. Le reste se trouve dans le sous-sol caché, avec les autres objets.
-Isole-les des autres sous des barrières magiques, ordonna Sirius, un peu inquiet. Je les examinerai plus tard. Quant aux objets que tu as récupérés, tu peux les protéger des voleurs. Pour Mondingus … Je veux que tu récupères chaque objet qu'il a volé au manoir Black puis tu le traqueras et tu l'enfermeras dans l'un des cachots les plus isolés du manoir. Quand ce sera fait, tu me préviendras immédiatement.
-Tu ne rigoles pas, commenta Loki.
-J'ai ouvert le manoir pour permettre à l'Ordre du Phénix de se réunir, pas pour que des voleurs viennent faire leur marché, gronda Sirius. Dumbledore lui assure peut-être une immunité mais pas moi. Donc il va payer pour ses crimes.
Loki fixa Sirius, impressionné. L'ancienne faucheuse n'avait jamais vu l'ancien prisonnier se mettre en colère pour le traitement injuste dont il bénéficiait et voir lord Black prendre offense était donc une première. Se secouant, Loki enferma le médaillon dans une sphère hermétique en verre et la rangea dans l'une de ses poches
Prochaine cible : Nagini.
