Yo !

Voilà un OS écrit dans le cadre de la Foire aux prompts sur le prompt donc :

DLC : 20/04/2020 Un nombre de personnages : 2 Une contrainte sur les personnages : Une relation dominant/dominé Un lieu : Une salle de théâtre Une réplique : "Viens, ça te dit, on arrête de s'engueuler et on se met d'accord ?"

Voilà. J'ai écrit ça en une demi-heure parce que l'inspiration arrive une demi-heure avant la date limite donc hm.

Un grand merci à cœur de lune, Zofra, Conteuse et Maneeya pour leurs reviews ! C'est ce qui m'a motivé ce soir !

Bonne lecture !

5 sens : l'ouïe, 6

Laughing Out Loud

Il y a eu des voix, fortes et qui emplissaient la salle. Il y a eu des silences. Il y a eu des éclats. Il y a même eu de la musique. C'était beau. Il y a eu la clameur qui s'est levée. Oui, il y a eu beaucoup de choses ici, et ce soir seulement, entre les murs de ce théâtre.

Après la clameur il y a eu un court silence et puis un premier cri, un bruit horrible de chair qui se déchire et le brouhaha. Des explosions, un cri qui s'élève avant de s'éteindre et le choc mat d'un corps contre le sol. Maintenant crient encore deux voix. Deux voix qui jamais ne crient à ce point l'une contre l'autre.

Katsuki a déjà vu Deku crier. En pleurant, surtout. Jamais comme ça, contre lui, vraiment contre lui.

Il lui crie d'arrêter de crier. D'arrêter de se rebeller. Le mot le choque lui-même, mais ne désarçonne pas Deku une seconde. Deku le sait. Il obéit à Katsuki. Il fera ce qu'il voudra. Il faisait ce qu'il voulait.

Katsuki a pu le frapper. Katsuki a pu l'insulter. Katsuki a pu l'humilier. Deku ne lui en a jamais voulu.

Il revenait vers lui, la queue battant entre les jambes et les yeux fous.

Comme cette fille qui se jette aux genoux de Démétrius et qui le supplie de lui accorder la place de son chien. Katsuki pense, il devra lire cette pièce qu'il vient de voir. La scène était drôle. Les cris de Deku ne le sont pas.

Pour la première fois, Deku lui crie dessus, vraiment, comme s'il lui en voulait. En voulait pour quoi ? Katsuki en est malade. Le cadavre, sur la scène, semble faux. Deku était là. Il aurait pu arrêter Katsuki. Mais il a laissé le combat se passer en fumant une cigarette. Il ne pensait pas.

C'est seulement quand il a entendu le choc. Un choc que rien n'amortit, parce que plus rien à l'intérieur du corps qui tombe n'a la volonté d'amortir le choc. Quand on a l'habitude, le son de la mort est reconnaissable.

Deku a changé en un instant. Le silence ne s'est pas installé. Il n'y a pas eu la tension qui l'accompagne d'habitude, ça a directement été l'explosion.

C'est le rôle de Katsuki, d'exploser. Et le rôle de Deku, de le calmer.

Maintenant que c'est inversé, est-ce que Katsuki doit arrêter de crier ? Est-ce qu'il doit emprunter à Deku sa raison et son silence, son calme fracturé, sa douceur âpre ?

« Deku. »

Il n'a pas crié, et Deku crie toujours.

« Deku. Viens, ça te dit, on arrête de s'engueuler et on se met d'accord ? »

Il le répète. Mot pour mot. Plusieurs fois. Jusqu'à ce que la voix de Deku arrête de crier et commence à pleurer.

« Mais, Kacchan. Ils vont te tuer. Tu as tué Himiko. Ils vont te tuer.

— C'est pour ça que tu m'en veux ?

— Va-t-en !

— Ou tu m'en veux de l'avoir tuée ?

— Kacchan, je ne veux pas t'entendre ! Pas cette fois ! C'est trop loin ! C'est trop ! Tu fais des bêtises !

— Eh. Ils voulaient déjà me tuer avant.

— Mais maintenant. Maintenant moi aussi, je crois que j'ai un peu envie de te tuer. Alors tu ferais mieux de partir avant que je me mette vraiment en colère. »

Katsuki sent son sang se geler dans ses veines. Les yeux de Deku, posés sur le cadavre de sa camarade, sont froids et acérés. C'est la première fois qu'il semble prêt, vraiment, à lui faire du mal. Katsuki bouillonne. Et tremble. Il est en colère. Et il a peur.

Alors cette fois c'est lui qui part la queue entre les jambes, et les oreilles basses, humilié, terrifié.

Il ne comprenait pas Deku.

Le spectacle est terminé.

Pourquoi revenir vers lui ?

Le rideau est tombé.

Pourquoi accourir vers quelqu'un qui le méprise et qui le blesse ?

Le public a quitté la salle.

Il se sent bête de s'être posé cette question si longtemps.

Dans la rue vide devant le théâtre, Katsuki perce le silence d'un rire affreux.

Comme si Deku et lui avaient le choix.