Chapitre 33 : A la recherche de la vérité... (Partie 2)

Ce qu'elle ignorait cependant, était qu'une blessure bien plus profonde n'allait plus tarder à se rouvrir...

Ce soir-là, alors que ses amis étaient allés soutenir leur équipe à l'entrainement de Quidditch, à l'approche du match Serdaigle contre Gryffondor, Emma qui avait prétexté avoir à terminer un devoir en Etude des Runes, quitta sa salle commune pour aller diner. Arrivée près de l'escalier magique, elle jeta un regard au couloir menant à la Salle sur demande. Elle s'imagina Drago s'affairer à cette chose mystérieuse dans cette immense salle qu'elle avait pu un jour entrevoir. Après un soupir de résignation elle s'apprêta à rejoindre l'escalier magique menant directement au premier étage.

Son attention se reporta cependant de nouveau sur le couloir. Elle avait en effet, cru entendre le résonnement lointain d'un fracas métallique. Elle oublia aussitôt sa résolution de ne plus passer par ce chemin et emprunta le couloir menant notamment à la tapisserie de Barnabas Le Follet. Quelques mètres avant ce dernier, elle vit les composantes d'une armure gisant sur le sol. Comme elle l'avait pensé, un élève avait dû foncer dans cette pauvre armure, volontairement ou non, avant de l'abandonner dans cet état. Consciencieuse, elle sortit sa baguette et jeta un sortilège informulé afin de remettre sur pied ladite armure. Puis, elle reprit son chemin en ralentissant légèrement devant la tapisserie qu'elle ne connaissait que trop bien sans pour autant s'y arrêter.

Alors qu'elle descendait les escaliers fixes menant aux étages inférieurs, une douleur fulgurante traversa sa main droite, qu'elle secoua aussitôt. Non, ce n'était pas possible, pourtant elle connaissait cette sensation. Déjà qu'il n'avait aucun temps pour la voir elle, pourquoi et où en trouverait-il pour en voir une autre ? Elle n'y croyait pas. Ses doutes se firent plus grands lorsqu'elle s'aperçut que cette fois-ci, sa cicatrice ne se contentait pas d'être à vif. Non, celle-ci saignait littéralement. Dans une douleur plus atroce qu'à l'accoutumée, des flots de sang vermillon s'écoulaient des lettres gravées sur le dos de sa main. La panique s'empara d'elle. Qu'est-ce que c'était que ça ? Que se passait-il ? Arrivait-il la même chose à Drago ? Qu'arrivait-il à Drago ? Oui, telle était la question qui la terrifia le plus. Il se passait quelque chose, elle le sentait. Elle était là, immobile au milieu des marches situées entre le cinquième et le sixième étage, à fixer cette main qui ne cessait de saigner alors que quelque chose arrivait à Drago au sein du château. Que donc pouvait-il lui arriver dans l'enceinte de Poudlard ? Soudainement, l'écho d'une voix stridente vint jusqu'à elle.

« Au meurtre ! Meurtre dans les toilettes ! Au meurtre ! »

Ses yeux s'écarquillèrent, son cœur rata un battement, son souffle de coupa. Au meurtre ? Se pouvait-il que...? Etait-ce Drago qui...? Ses jambes se dérobèrent et elle se laissa choir entre les marches. Lorsqu'elle inspira enfin, un sanglot s'échappa de sa gorge alors que des larmes inondèrent automatiquement ses yeux. Elle apporta sa main ensanglantée à sa bouche pour étouffer le cri qui sortait de sa bouche. « Non. » Répéta-t-elle en plusieurs fois, tentant de se convaincre qu'il était impossible que les dires de cette voix qui était celle de Mimi Geignarde, aient un rapport avec sa cicatrice, donc un rapport avec Drago. Mais sa réaction prouvait qu'il ne pouvait en être autrement. Chaque bouffée d'air qu'elle prenait était accompagnée d'un sanglot.

Ses gémissements s'arrêtèrent cependant lorsqu'elle sentit la douleur diminuer au fur et à mesure. Elle remit brusquement sa main en face de ses yeux trempés et remarqua que le flot de sang s'y écoulant faiblissait. Cela voulait-il dire qu'il n'était pas mort ? Que Mimi avait tort ? Que tout était en train de s'arranger ? Ou cela voulait-il dire que... tout était fini...? Sa respiration s'accéléra subitement. Cette cicatrice était ce qui la liait magiquement à son fiancé. Et si, à l'instant elle était en train de disparaître à tout jamais ? Non, il ne fallait pas. Tant qu'elle serait apparente, la jeune fille saurait que Drago serait toujours là, quelque part. Comme prise d'une frénésie soudaine, Emma appuya sur les mots sanglants qui s'estompaient peu à peu. Il ne fallait pas que ça disparaisse. Il fallait que ça saigne. Il fallait que ça brûle. Mais il était trop tard... La cicatrice n'était plus. Drago n'était plus. Elle l'avait perdu à tout jamais... Comme elle avait perdu son père... L'image de ce dernier tombant lourdement sur le sol, le regard fixe et vide tourné vers elle revint à son esprit en même temps que la douleur qui avait transpercée son cœur ce jour-là. Puis, le visage de Drago remplaça celui de son paternel et se furent ses yeux bleu-gris qui la fixèrent. Un sentiment horrible l'envahissait. Un sentiment qu'elle s'était jurée de ne jamais plus ressentir. Un sentiment qu'elle avait peiné à contenir lors de la mort de Cédric. Mais pour Drago, pour celui qui était son fiancé, elle ne s'en sentait pas capable cette fois-ci. Une foule d'émotions mêlant, culpabilité et tristesse, colère et désespoir, la traversait de toute part.

Une voix sèche éclata la bulle dans laquelle elle semblait se trouver. Elle se rendit compte qu'elle pleurait désormais impunément. Elle ne comprit pas tout de suite ce qu'on lui disait mais elle se tourna tout de même vers celui qui l'interpellait.

« Miss Oreiro, cessez donc de pleurnicher et venez m'aider ! »

C'était la voix du professeur Rogue. Que voulait-il ? Ne voyait-il pas qu'elle n'était pas en état de faire quoique ce soit ! Elle essuya ses yeux de ses mains se fichant qu'elles soient pleines de sang. Elle remarqua alors que Rogue portait une silhouette blonde. Portait-il le corps de Drago ? Non, il semblait simplement le soutenir.

- Drago... couina-t-elle. Oh Merlin, il est vivant !

- Bien sûr qu'il est vivant ! Mais si vous le voulez en bon état, vous feriez mieux de vous bouger, Miss Oreiro, la rabroua-t-il alors qu'il la rejoignait déjà à son niveau des marches.

Ce fut comme un électrochoc pour Emma qui se leva aussi rapidement que possible et vint soutenir Drago en enroulant le bras restant de celui-ci autour de ses épaules. Le trio improbable dévala alors les escaliers tant bien que mal. La jeune fille n'osait pas le regarder de peur d'éclater de nouveau en sanglots. Il n'était pas mort. Il avait l'air mal en point mais il était vivant. Son cœur et son corps s'était réchauffés brusquement lorsqu'elle l'avait compris, comme si le vide qui s'était créé en elle s'était aussitôt rempli. Le soulagement la parcourait, mais elle ne put s'empêcher de se trouver idiote d'avoir fait des conclusions si hâtives sans même partir à la recherche de la vérité.

- Pourquoi t'es couverte de sang ? demanda faiblement Drago.

- Pourquoi, toi, t'es couvert de sang ! rétorqua-t-elle en s'autorisant enfin à le regarder.

Des traces de sang presque séché semblèrent avoir été rapidement essuyées sur son visage. Ses yeux mis-clos la fixaient, mais elle dû rompre le contact pour ne pas se prendre les pieds dans les marches.

- Ne gaspillez pas vos forces en parlant, Drago ! Miss Oreiro, regardez où vous mettez les pieds.

Ils continuèrent ainsi leur marche en silence avant d'arriver enfin à l'infirmerie. Alors que l'élève et son professeur déposaient le blessé sur le lit le plus proche, Mrs Pomfresh accourut vers son nouveau patient. Rogue lui dicta les potions nécessaires et évoqua un sortilège nommé « Sectumsempra » qu'Emma ne connaissait pas.

- Que faut-il pour Miss Oreiro ? demanda l'infirmière qui semblait penser qu'elle était également blessée. Rogue tourna alors un regard interrogateur vers son élève.

- Je... Je ne suis pas blessée, déclara-t-elle en remarquant que ses mains étaient toujours ensanglantées.

- Je vous le confie, Mrs Pomfresh. Un certain élève m'attend sur les lieux du crime, siffla froidement Rogue, s'apprêtant à quitter la pièce.

- Qui a bien pu faire ça ? demanda l'infirmière qui nettoyait le sang du corps de Drago d'un coup de baguette.

- Qui d'autre que Potter ! lança le professeur avant de disparaître.

En entendant le nom, Emma fut saisie. Harry Potter avait osé s'attaquer à un élève en le tuant presque ! Qu'est-ce qui avait bien pu l'amener jusque là ?

- Prenez une de ces compresses et versez-y le dictame. Il faut l'enduire sur toutes les cicatrices le plus vite possible pour ne pas qu'elles soient définitives ordonna Mrs Pomfresh qui s'occupait du visage du jeune homme.

Emma s'exécuta aussitôt et tamponna les marques rougies sur l'abdomen de son fiancé. Il y en avait au moins une quinzaine. La jeune fille ignorait tout du sortilège Sectumsempra mais devina qu'il était plus que dangereux. Que se serait-il passé si Rogue n'était pas intervenu entre Potter et Drago ? Un frisson parcourut son échine en y pensant. Lorsqu'elles eurent finirent d'étaler la potion, Emma recula légèrement alors que Mrs Pomfresh bandait les plaies du jeune homme. Ceci fait, elle le plaça plus confortablement sur le lit, ajustant l'oreiller derrière lui. Puis, son regard tomba sur Emma. L'infirmière l'enjoignit de se débarbouiller dans les toilettes en lui tendant une compresse désinfectante, au cas où.

Une fois dans les toilettes de l'infirmerie, la jeune fille vit de quoi elle avait l'air. Son visage et certaines mèches de ses cheveux étaient maculées de sang asséché et collant. Ses yeux gonflés et rougies la fixaient, presque apeurés. Il fallait qu'elle se calme. Rien de ce qu'elle avait cru n'était arrivé. En y réfléchissant, elle était choquée de sa réaction. Elle n'aurait jamais imaginé être prise d'une aussi violente crise de larmes. La jeune fille se sentait un peu honteuse tout de même. Elle secoua la tête et ouvrit le robinet d'eau. Une fois le sang nettoyé, elle utilisa tout de même la compresse pour le dos de sa main qu'elle avait meurtrie quelques minutes auparavant. En effet, ce qui semblaient être des griffures remplaçaient l'endroit où se situaient les mots lorsque sa cicatrice se réveillait.

Une fois de retour dans la salle, elle approcha un tabouret près du lit de Drago et s'y assit. Il avait les yeux fermés et semblait être endormi.

- Il doit se reposer. Vous pourrez repasser plus tard si vous le souhaitez, intervint Mrs Pomfresh.

- Je reste juste quelques instants, avant que cela ne se sache, lui répondit-elle ne comptant pas s'en aller tout de suite.

L'infirmière lui lança un regard méfiant avant de retourner dans son bureau. Emma reporta alors son attention sur Drago qui n'avait pas bougé. Elle prit la main de celui-ci dans les sienne et la leva vers sa bouche afin d'y déposer ses lèvres.

- Pourquoi tu étais couverte de sang ? demanda-t-il à nouveau sans ouvrir les yeux.

- Ma cicatrice s'est brusquement ouverte et s'est mise à saigner, expliqua-t-elle en serrant sa main plus fort que voulu.

Drago ouvrit alors les yeux et la regarda, sans aucune expression. En repensant à ce qui avait suivi, la jeune fille sentit les larmes lui monter de nouveau.

- Dommage pour toi, tu as bien failli être « libre », lança-t-il avec une once d'ironie.

- Je t'interdis de dire ça, Drago ! objecta-t-elle vivement. Tu n'imagines pas à quel point j'ai pu avoir peur !

- Peur... répéta-t-il de sa voix trainante.

- Je t'ai cru mort... avoua-t-elle avec douleur.

- C'est pour ça que tu pleurais ? comprit-il alors que la jeune fille ne répondait pas. Emma, ce n'était pas le cas aujourd'hui, mais si ça devait arriver...

- Arrête Drago, ça n'arrivera pas d'aussitôt, l'interrompit-elle.

- Si seulement je pouvais en être aussi sûr, soupira-t-il avant d'entrainer sa main entourée de celles d'Emma près de son visage. Emma entreprit alors de lui caresser les cheveux ainsi que le front du bout du pouce.

- N'abandonne pas. Il y a toujours un moyen de s'en sortir. Je suis sûre que si tu...

- Avant de terminer ta phrase, laisse moi te rappeler qui vient juste de faillir de me tuer. Il n'y a qu'un seul et unique moyen pour que je m'en sorte. Et j'ai l'impression que je n'y arriverai jamais... termina-t-il sa phrase dans un souffle.

- Maintenant que je sais ce que ça fait, je ne veux pas te perdre Drago, déclara-t-elle en se penchant vers lui de manière à coller sa tête contre la sienne. Je ne pourrai pas le supporter...

Un silence s'installa alors entre eux deux. Les doigts d'Emma passant de son front à sa joue alors que Drago déplaça sa main de façon à entourer la taille de sa fiancée. Ils ne remarquèrent pas la personne qui entra brusquement dans l'infirmerie, semblant exténuée d'avoir couru. Celle-ci, n'ayant déjà plus beaucoup de souffle, s'étouffa presque en voyant le couple plus qu'inattendu. « Merlin tout puissant... » Murmura-t-elle alors qu'Emma se rendit compte de la présence de la nouvelle arrivante. Comme dans un mauvais rêve, la jeune fille rencontra le regard meurtrie d'Astoria. La jeune Serpentard les regarda bouche bée durant quelques secondes avant de sortir aussi brusquement qu'elle était arrivée.

- Il ne manquait plus que ça... gémit Emma en fixant les portes de l'infirmerie.

- Vas-y, lui conseilla Drago en regardant dans la même direction.

- Je ne peux pas.

- Bien sûr que tu peux. Tu n'es pas clouée sur un lit à ce que je sache, rétorqua-t-il. A moins que tu préfères tomber nez-à-nez avec Pansy ! Elle aussi risque de ne pas tarder, la connaissant.

- Je préfère mille fois tomber nez-à-nez avec Pansy plutôt que d'avoir cette conversation avec Astoria.

- Emma, va la voir immédiatement, lui ordonna-t-il, criant presque.

- Qu'est-ce qu'il se passe ici ? intervint Mrs Pomfresh qui sortait de son bureau.

- Rien, elle s'en allait, répondit le blond en lançant un regard perçant à sa fiancée.

Emma se leva alors et se dirigea vers la sortie sans un regard pour les deux autres. Une fois dans le couloir, elle regarda à gauche : personne. Puis à droite : une silhouette brune était appuyée contre un mur à quelques mètres d'ici. Elle n'était pas allée bien loin. Emma s'avança alors vers elle, tentant de rassembler le peu de force qui lui restait. Lorsqu'Astoria la vit, elle reprit aussitôt son chemin cherchant à l'éviter. La Serdaigle accéléra son pas.

- Astoria !

- Je ne veux pas te voir, Emma, la rembarra-t-elle d'un ton sec.

- Je t'en prie, Astoria. Il faut qu'on parle.

- Il n'y a rien à dire ! s'exclama-t-elle en atteignant presque le haut du grand escalier en marbre menant au Grand Hall.

Puis n'y tenant plus, la jeune Serpentard explosa en plein milieu du chemin en faisant tourner vers elle de nombreux regards curieux.

- Tu m'as prise pour une grosse idiote, Emma ! Et le pire c'est que je le suis vraiment ! Il fallait vraiment être bête et aveugle pour ne pas le remarquer ! Evidemment que tu ne voulais pas entendre parler de lui de ma bouche ! Puisque, Mademoiselle voulait se le garder pour elle !

- Astoria, allons en parler ailleurs, la pria Emma qui lui prit le bras dans l'optique de l'entrainer hors de la vue du Grand Hall.

- Ne me touche pas, espèce de sale... menteuse ! Traitre ! Pétasse ! se débattit-elle en montant en crescendo, autant dans la voix que dans les insultes.

- Ca suffit, maintenant ! Cesse de nous donner en spectacle et suis-moi ! aboya Emma qui l'obligea à la suivre vers la première salle ouverte.

Une fois à l'intérieur, elle jeta un sortilège d'insonorisation au cas où de petits malins aient du temps à perdre pour les espionner. Puis, elle se retourna vers Astoria qui semblait fulminer.

- Si tu crois que c'est comme ça que je te pardonnerai un jour, tu te fourres le doigt dans l'œil jusqu'au coude !

- Je ne voulais pas que tu l'apprennes de cette façon et surtout pas maintenant, fit Emma qui ne savait par où commencer.

- Voulais-tu seulement que je l'apprenne un jour, Emma ! siffla-t-elle avec dégoût.

- Malheureusement, tu aurais fini par l'apprendre un jour ou l'autre Astoria, avoua calmement la Serdaigle.

- Tu n'as même pas l'air désolé ! Tu te fous complètement du mal que tu me fais n'est-ce pas ? Au contraire ça t'amuse !

- A l'origine si je n'ai rien voulu te dire c'était pour ne pas te faire de mal justement. Enfin... Au début, c'était surtout pour protéger le secret que je gardais. Mais plus je devenais proche de toi, plus il m'était impossible de te l'avouer.

- C'est quoi cette histoire de secret ! Qu'est-ce que tu sous-entend par « au début » ? Quand est-ce que c'est arrivé !

- Cela fait plus d'un an que je suis fiancée à Drago Malefoy, confessa Emma après une grande inspiration.

- Quoi ? encaissa le coup, la plus jeune.

- Certaines familles Sang-pur usent encore de ce genre de vieilles traditions et les nôtres en font partie. Cela a été décidé depuis nos naissances, expliqua-t-elle alors qu'Astoria semblait terrée dans un silence tendu. Au début je faisais comme si de rien n'était, mais plus le temps passait, plus... Enfin, c'était pour toi Astoria. Au fond je ne te mentais pas tant que ça. Je te le disais qu'entre lui et toi c'était impossible. C'est pour ça que je t'encourageais à passer à autre chose. Mais tu n'en faisais qu'à ta tête. Et moi j'étais coincée dans mon mensonge, je ne pouvais rien te dire.

- Mais... Explique-moi... Comment ça se fait qu'il soit venu vers moi ? Et sa réaction lorsque j'ai rompu avec Blaise ? Lorsqu'on s'est embrassé... Ca ne pouvait pas ne rien signifier !

- Pour ce genre de choses c'est avec lui qu'il faudra t'expliquer, indiqua Emma plus sèchement qu'elle ne l'aurait voulu.

- Comment va-t-il ? s'inquiéta-t-elle alors soudainement, se rappelant la raison pour laquelle elle avait accouru à l'infirmerie.

- Ca va. Il va bien. Il est même fort probable qu'il n'en garde aucune cicatrice.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Pourquoi Potter l'a attaqué ?

- Je n'en sais rien, dit la jeune fille qui n'avait eu le temps d'aborder le sujet avec lui.

Un blanc s'installa de nouveau entre les deux élèves, durant lequel Astoria semblait se remémorer certaines chose à la lumière de ce qu'elle savait désormais.

- Est-ce qu'il était au courant lorsqu'il m'a approchée durant la semaine des BUSE ? Lui avais-tu parlé de mon béguin pour lui ? demanda soudain la Serpentard, le regard dur.

- Je suis désolée, Astoria...

- Alors comme ça, vous ne faisiez que vous payer ma tête durant tout ce temps. Mais oui après tout, pourquoi se gêner !

- Je n'ai jamais voulu ça ! Et je lui en ai toujours voulu d'avoir agi de la sorte.

- Tu n'as jamais voulu ça ? Si tu étais vraiment mon amie, Emma, il ne te serait jamais venu à l'idée de lui dire que cette petite idiote d'Astoria était amoureuse de lui, fiancé ou pas. Tu as construit une montagne de mensonges pour cacher ton secret alors même que tu n'as eu aucun respect pour le mien !

- J'étais saoule au moment où je le lui ai dit, s'excusa misérablement la jeune fille.

- C'était le soir de l'anniversaire de Daphné ? Tu étais avec Théodore ce soir-là.

- Oui, mais on est rentré ensemble. Il devait passer le reste des vacances chez moi.

- Théodore est au courant pour vous deux ?

- Il a découvert que j'avais un fiancé il y a un an, lors du dernier match de l'année. Il n'a été au courant de son identité que très récemment.

- C'est pour ça qu'il n'a jamais rien pu se passer entre toi et Théodore, conclut Astoria qui comprenait mieux les choses désormais. Qui d'autre est au courant ?

- Michael. Il a surpris une de nos disputes le soir où la brigade inquisitoriale et Ombrage ont débusqué les membres de l'AD.

- Et Théodore et Corner ont accepté de garder ton « petit secret ». Je suppose que tu espères que j'en fasse de même.

- Ce serait appréciable de ta part, en effet, confirma la jeune fille alors qu'Astoria fut prise d'un petit rire nerveux.

- Cette histoire est dingue.

- A qui le dis-tu...

- Pourquoi est-ce si important de garder tout ça secret ?

- Il ne faudrait pas... que cela tombe entre de mauvaises oreilles.

- Très bien. Tu peux compter sur moi alors...

- Merci, Astoria. Je suis vraiment soulagée que tu le prennes comme ça. Je...

- Quelles sont vos relations exactement ? La manière dont tu en parles pourrait faire penser que vous n'êtes... que deux personnes obligées de se marier. Mais vous aviez l'air d'être assez, même très proches à l'infirmerie tout à l'heure.

- Les circonstances ont fait que l'on est devenu plutôt proches, répondit Emma avec une impression de déjà vu en se rappelant de ses conversations avec Théodore.

- Les circonstances ?

- Les circonstances, répéta-t-elle de nouveau ne souhaitant pas vraiment approfondir cette partie de l'histoire.

- Vous couchez ensemble ? demanda sans gêne la Serpentard, sans qu'Emma ne s'y attende.

Celle-ci, embarrassée ne se sentit pas la force de mentir. A quoi cela servirait-il maintenant ? Elle se contenta donc de hocher la tête affirmativement alors qu'Astoria encaissait à nouveau le coup.

- Donc en gros vous êtes un vrai couple, déduisit-elle de la voix froide dont elle avait usé depuis le début de la discussion.

Emma ne répondit pas tout de suite et fixa le vide.

- Nous sommes des fiancés, finit-elle par dire.

- Eh bien, Mademoiselle la fiancée, je pense que je vais vous laisser. Je ne suis pas sûre de pouvoir en supporter plus, lança la plus jeune en se dirigeant vers la porte.

- Astoria, je suis désolée pour tout !

- Moi aussi je suis désolée, Emma. Je suis désolée d'avoir cru en une amitié qui ne reposait finalement sur aucune base solide. Au moins comme ça les choses sont claires, déclara-t-elle avant de disparaître derrière la porte, laissant Emma seule avec elle même.

La jeune fille ne savait pas vraiment quoi en penser. D'un côté, elle s'attendait à pire de la part d'Astoria, d'un autre, elle aurait espéré que cette dernière paraisse moins froide et distante. Elle savait ce que voulait dire cette dernière phrase. Elles n'étaient définitivement plus amies désormais. Et bien plus qu'en colère, la jeune Serpentard avait paru déçue. Contrairement aux fois où elle avait avoué certaines choses à Michael et Théodore, elle ne se sentait pas soulagée en ce qui concernait Astoria.

Une énième fois, elle soupira. Elle se sentait épuisée et vide. En parlant de vide, c'était également le cas de son estomac. L'heure du diner battait son plein, elle avait encore le temps d'aller manger. D'une démarche lente, elle se dirigea vers la Grande salle. Une fois arrivée, elle alla vers le fond de la table des Serdaigle, où se trouvaient ses amis. Mandy et Terry lui firent une place entre eux deux avant qu'une assiette n'apparaisse face à elle. Sans prendre la peine de se demander comment les Elfes avaient su qu'elle en avait besoin d'une, elle se servit de patates et de Rosbif.

- Où étais-tu passée ? demanda Mandy.

- J'étais avec Astoria, répondit sincèrement Emma qui en avait marre de mentir alors que Michael face à elle, lui lança un regard semblant dire qu'il n'en croyait pas un mot.

- Je croyais que vous ne vous parliez plus ? demanda Terry, la bouche pleine.

- C'est toujours le cas, confirma-t-elle alors que tous devinaient qu'il était inutile d'approfondir le sujet. Comment se débrouille l'équipe ?

- Pas mal du tout, répondit Padma. Mais il serait préférable que Cho empêche Potter de prendre le vif d'or.

- Dans ce cas on peut dire adieu à la coupe, se moqua Emma alors que Michael lui lançait un regard noir.

- Elle en est tout à fait capable ! répliqua le jeune homme qui défendait sa petite-amie.

- Excuse-nous de ne pas faire confiance en ton pronostic, vieux, mais tu ne m'as pas l'air très objectif ! s'esclaffa Terry pour embêter son ami.

- Au moins cette année, si ta petite-amie attrape le vif d'or, il n'y a pas de risques que tu la quittes, le nargua à son tour Padma qui faisait référence au fait que Michael et Ginny se soit séparés peu après la défaite de Serdaigle.

- Par contre, il faudrait peut-être qu'elle s'inquiète au cas où elle perdrait du coup, renchérit Mandy.

- Allez tous vous faire voir ! s'énerva Michael en se levant au moment même où Anthony arrivait derrière lui.

- Je peux savoir ce qu'il se passe ici ? demanda le nouvel arrivant en s'asseyant près de Michael.

- Notre pauvre Michael ne supporte pas qu'on mette en doute le potentiel de sa petite-amie, expliqua Emma avec un sourire alors que le concerné se rasseyait brutalement.

- Eh bien j'ai justement une nouvelle qui vous plaira sans doute, apprit Anthony à ses amis.

- C'est quoi ? demanda impatiemment, Terry.

- Daphné m'a dit que Potter ne sera pas présent au match, samedi.

- Comment ça se fait ? intervint Padma, interloquée.

- Il s'est pris une retenue avec Rogue.

- Tu veux rire ? Je suis sûr que Rogue l'a fait exprès ! accusa Terry.

- Au moins ça fait nos affaires, relativisa Michael, non mécontent que l'ex de sa copine soit absent du match.

- Du coup c'est Ginny qui le remplacera, supposa pertinemment Mandy. Elle nous a montré l'année dernière qu'elle dominait Cho largement.

- Ginny contre Cho. Ce sera intéressant à regarder, n'est-ce pas Michael ? lança innocemment Emma à son ami qui lui envoya un regard mauvais.

- Qu'est-ce qu'il a fait pour avoir une sanction aussi sévère ? voulut savoir l'indienne.

- Il aurait attaqué Malefoy dans les toilettes. C'est Mimi Geignarde qui le crie dans tous les cabinets apparemment.

- Si je compte bien, ça fait deux bonnes nouvelles que tu nous annonces là, Anthony ! fit fièrement Michael en lançant un léger rictus à Emma alors que tout le monde s'esclaffa mise à part cette dernière.

- J'y étais, déclara la jeune fille, prise d'une envie soudaine de dire la vérité, ou du moins une partie. Enfin, pas au moment de l'attaque, mais j'ai croisé Rogue qui soutenait Malefoy dans les escaliers. Il m'a demandé de l'aider à l'emmener à l'infirmerie.

- Eh ben ! Et dans quel état était-il ? Vous vous souvenez de sa tête l'année dernière dans le train ! demanda Terry en rappelant leur exploit passé alors que tout le monde riait, sauf Emma et Anthony qui savaient que le Serpentard n'avait pas subi le même genre de sortilèges.

- Je crains que cette fois-ci Potter ne soit monté d'un cran niveau sortilège d'attaque, lâcha sombrement Emma.

- A ce qu'il paraît, il y avait plein de sang partout, ajouta Anthony.

- Emma, ton chemisier est tâché de sang ! fit remarquer Padma alors que tout le monde regardait le vêtement de la jeune fille, y comprit cette dernière qui baissa la tête.

En la relevant , elle croisa le regard de Michael qui n'avait plus rien de moqueur, ou de reproche.

- Il a dû s'imprégner de son sang lorsque tu as aidé le professeur Rogue à porter Malefoy, proposa Mandy.

- Sans doute, répondit-elle avant de boire son jus de citrouille.

- A ta place, j'aurai eu envie de me changer immédiatement, grimaça Terry en fixant les traces de sang.

- Qu'est-ce qui est arrivé à ta main ? demanda soudainement Padma en désignant la main qui tenait son verre.

Elle déposa se dernier et observa à son tour le dos de sa main droite. Une croûte s'était formée à l'endroit où se trouvait ses griffures.

- J'ai eu une crise de démangeaison en fin d'après midi. Un insecte à du me piquer, fut-elle obligée de retourner dans son cercle de mensonges.

En voyant le lieu de la blessure, Michael sut de suite qu'il n'y avait aucun rapport avec un quelconque insecte. Lorsque la bande d'amis quitta la Grande Salle, Michael prit Emma à part au moment de prendre les escaliers magiques. Seuls à seuls dans un escalier mobile menant tout d'abord au cinquième étage puis au septième, ils en profitèrent pour parler.

- Qu'est-ce qui est arrivé à ta main alors ?

- Je crois que le lien magique entre lui et moi, a détecté qu'il était... sur le point de mourir. Ma main s'est mise à saigner continuellement. Je n'ai pas tout de suite compris ce qu'il se passait, jusqu'au moment où j'ai entendu Mimi hurler au meurtre...

- Hum... ecouta attentivement Michael, semblant se retenir de faire certains commentaires.

- Je l'ai cru mort, tu sais, confessa-t-elle d'une voix faible.

- Cela t'as rappelé de mauvais souvenirs, supposa le jeune homme.

- Cela m'a surtout créé des émotions qui n'avaient finalement pas lieu d'être.

- Est-ce que tu l'aimes ? demanda sérieusement Michael en prenant au dépourvu la jeune fille.

- Tu sais bien que j'ai toujours eu du mal avec ce mot, se contenta-t-elle de dire, mal à l'aise sur le sujet.

- Oui, ça je le sais.

- C'est évident, je tiens à lui. On est lié, lui et moi. Et je me sens bien quand je suis avec lui.

- Dire que tu parles de Drago Malefoy.

- Michael, Cho Chang !

- Bon, on va éviter de se lancer dans ce débat-là, dit-il alors que l'escalier atteignait le cinquième étage.

Une fois arrivés ils empruntèrent celui qui les mènerait au dernier étage.

- Astoria est au courant, elle nous a surpris à l'infirmerie.

- Tu dois être soulagée de ne plus rien avoir à lui cacher.

- Moins que je ne le pensais, confia-t-elle avant d'expirer bruyamment. Je suis épuisée, j'en ai marre de cette journée.

- Je comprends que cette fin de journée ait pu être éprouvante, concéda Michael.

- Vraiment ? fit Emma, perplexe.

- Tu as cru que celui à qui tu tenais était mort. Peu importe que j'approuve ou non son identité, je peux comprendre que ce soit assez dur à vivre, expliqua-t-il alors que son amie se mit soudainement à pleurer, comme si les sensation vécues quelques heures plutôt venaient de la rattraper.

- Je suis vraiment désolée, ça sort tout seul, couina-t-elle, tentant vainement de se contrôler en essuyant ses larmes.

- Il faut que ça sorte, la consola-t-il maladroitement en lui tapotant l'épaule.

Ce fut à ce moment qu'ils atteignirent enfin le septième étage. Alors qu'elle reniflait péniblement, un groupe de Gryffondor les regardèrent bizarrement. Les deux amis s'éclipsèrent vers le couloir menant à leur salle commune. Les Serdaigle ne débouchant généralement pas à ce niveau du septième étage, ce couloir n'était pas souvent emprunté. Emma s'arrêta soudainement.

- Ca ne va pas, constata-t-il plus qu'il ne demanda.

- Je n'en peux plus, Michael. J'ai envie que ça s'arrête, se plaignit la jeune fille d'une voix exténuée, s'adossant contre le mur et fermant les yeux.

- Que quoi s'arrête ?

- Je ne sais pas. Tout ! Les cachoteries, les mensonges, Poudlard, la guerre...

- Si t'en es au point de vouloir que Poudlard s'arrête, c'est que tu ne vas vraiment pas bien, s'inquiéta Michael. Tu sais au fond tout le monde est un peu sous haute tension en cette période. Personnellement, Poudlard est l'endroit où je me sens le mieux. Comme si le château nous protégeait du monde extérieur.

- Je n'ai jamais eu autant envie de rentrer chez moi. Tu te rend comptes où j'en suis !

- Il faut dire que tu as toujours un peu fonctionné à l'inverse de nous, ne put s'empêcher de sourire Michael alors qu'Emma fit de même suite à la remarque.

- C'est vrai... Mais j'en ai marre de ne pas être comme tout le monde justement.

- Tu es toi, Emma. Et heureusement car je ne peux pas t'imaginer autrement que tel que tu es.

- Et comment je suis ?

- Tu es une magnifique fille, égoïste, manipulatrice, sournoise et froide, mais qui grâce à son intelligence, se rend compte que la curiosité envers le monde, l'indulgence envers les gens et la loyauté envers son entourage est ce qui la sauvera de sa déplorable existence, récita presque Michael.

- C'est horrible ce que tu me dis là, se rendit compte la jeune fille, atterrée.

- La Emma que je connais, ne trouverait pas cette description « horrible », assura le jeune homme. Y a-t-il un des éléments que j'ai cité qui ne soit pas véridique ?

- Tout ce que tu as dit est vrai, Michael, c'est bien ça qui est horrible, se lamenta-t-elle.

- Il y a quelque chose que j'ai oublié. Ce qui fait que cette fille y arrive, c'est qu'elle s'assume.

- Je ne suis pas assez courageuse pour m'assumer en ce moment.

- Ca c'est bien vrai, tu n'es pas quelqu'un de courageux. Mais c'est un bon début que de s'en rende compte. Tu n'as qu'à essayer de te servir de ce dont la vie t'a offert pour essayer de t'assumer de nouveau.

- Ca ressemble plus à une équation arithmantique qu'à un conseil amical, lança la jeune fille avec un petit rire.

- Une chance que tu sois une boss en Arithmancie, fit-il remarquer avec humour.

- Merci à toi, Michael. Je te remercie de sortir de ton mode « je te pourrie ta vie déplorable pour t'encourager à vouloir te sauver de là » et de faire abstraction de ce qui te déplait pour pouvoir me remonter le moral.

- Eh, ta répartie s'améliore, tu vas déjà mieux, constata-t-il avec un sourire.

Emma répondit à son sourire avant de lui tomber dans les bras de manière tout de même contrôlée. Elle le détestait autant qu'elle l'appréciait, mais heureusement qu'il était là pour elle. Toujours enlacés de manière amicale, Emma se redressa et fit face à son ami à qui elle fit un bisou sonore sur la joue. Puis, ils se regardèrent de nouveau, yeux dans les yeux.

- Je suis content de ne plus sortir avec toi, tu sais, déclara le jeune homme le plus sérieusement du monde.

- Ta franchise me surprendra toujours, Michael ! réagit Emma de manière désabusée. Je t'en prie, explicite donc ta pensée.

- Tu es bien trop complexe pour moi. D'ailleurs je pense que tu l'es pour un grand nombre de personne. C'est peut-être pas si mal que Malefoy soit tombé sur toi. J'espère que tu lui mènes la vie dure.

- Je peux t'assurer qu'il n'a pas besoin de moi pour mener une vie dure, annonça-t-elle, le ton léger quittant sa voix.

- En parlant de lui, ça ne me plait pas vraiment d'avoir des traces de son sang contre moi, lança-t-il alors qu'il s'écartait d'elle, se souvenant de l'état du chemisier de son amie.

Lorsqu'Emma rejoignit enfin son dortoir, elle se dirigea aussitôt dans la salle de bain afin de prendre une bonne douche chaude. Elle y resta tellement longtemps que ses amies furent déjà prêtes à se coucher alors même qu'elles étaient restées dans la salle commune avant de monter dans la chambre. Elle bavarda quelques minutes avec ses camarades de chambre avant de fermer les rideaux de son lit à baldaquin et de sombrer dans un sommeil plus qu'attendu. Ce dernier quelque peu agité fut toutefois réparateur. Mais il ne dura pas autant que son corps semblait le réclamer. Telle fut la réflexion qu'elle eut lorsque son réveil sonna juste à côté de son oreille. Avant de dormir, Emma avait en effet pris le soin d'insonoriser l'espace confiné que formaient les rideaux de son lit pour ne pas que ses amies entendent le réveil qu'elle avait installé près de sa tête. Celui-ci sonna comme prévu à quatre heures du matin.

Emma voulait rendre visite à Drago et savait que cela lui aurait été impossible au cours de la journée. Elle avait ainsi prévu de se réveiller bien avant l'aube pour pouvoir rendre cela possible. En effet, à cette heure-ci il y avait peu de risques que Rusard et Pomfresh soient réveillés. Elle pourrait donc profiter de ce moment seul à seul avec son fiancé. Elle s'habilla et sortit à pas de loup de la chambre. Le chemin jusqu'à l'infirmerie fut plutôt stressant malgré toutes ses précautions. Une fois arrivée, elle ouvrit la porte le plus silencieusement possible et alluma sa baguette afin d'y voir plus clair. Elle repéra le lit de Drago et s'y dirigea. Le jeune homme semblait dormir à poings fermés. Après avoir trouvé un tabouret, elle le plaça près du lit et s'y assit. Elle posa sa baguette sur la table de chevet et se contenta d'observer son fiancé. Lorsque son regard tomba sur sa main, elle ne résista pas à l'envie de la toucher doucement. Alors qu'elle pensait qu'il réagirait plutôt bien à ce contact, Drago sursauta soudain et se mit en position d'attaque, tombant presque du lit.

- C'est moi, Drago, chuchota-t-elle calmement.

- Qu'est-ce que tu fiches ici ! l'interrogea-t-il sur le même ton.

- C'est le seul moment que j'ai trouvé pour pouvoir te voir.

- T'es dingue, on peut dire adieu à notre secret si jamais on se fait prendre, lui reprocha-t-il.

- Je voulais te voir.

- Qu'est-ce qui s'est passé avec Astoria ? voulut savoir immédiatement Drago alors qu'Emma avait oublié l'évènement depuis son réveil.

- Elle... a compris la situation. Enfin, je lui ai tout raconté et elle a promis qu'elle ne dirait rien.

- Tant mieux. Ce n'était pas si terrible que ça alors.

- Cela n'a rien changé rien au fait qu'on ne soit plus amies, fit-elle avec regret.

- Elle doit m'en vouloir, elle n'est pas revenue depuis. J'ai dû supporter Pansy toute la soirée, quelle plaie.

- Quelle épreuve, en effet, se contenta de dire Emma. Que s'est-il passé ? enchaina-t-elle alors que Drago soupirait.

- Tu sais ce qu'il s'est passé : Potter m'a attaqué avec ce putain de sort.

- Il s'est attaqué à toi ou il s'est défendu contre toi ?

- Peu importe, le résultat est le même, répliqua-t-il en lui lançant un regard perçant.

- Il paraît que Mimi a vu toute l'action.

- Tu sais comment sont les fantômes. Toujours à rôder par-ci par-là, se justifia-t-il en levant les yeux vers le plafond.

- Je sais que tu mens, Drago. Mais je vais faire comme si je te croyais si ça peut te faire plaisir. J'ai soif, je t'emprunte un peu d'eau, ajouta-t-elle sans lui laisser le temps de répondre en se servant un verre avec la carafe d'eau posée sur la table de chevet. T'en veux un peu ?

- Non merci. Quel heure est-il ? questionna-t-il après avoir étouffé un bâillement.

- Il doit être pas loin de 4h30.

- Ca a dû être un exploit pour toi, de te lever aussi tôt, se moqua-t-il d'elle.

- Je constate que tu as plutôt bien récupéré, constata-t-elle face au sens de l'humour du jeune homme.

- Et toi, tu as pu récupérer de tes... émotions ?

- Il faut croire que oui, répondit-elle en baillant.

- Tu es épuisée, Emma. Tu devrais retourner dormir, lui conseilla-t-il en la voyant aussi faible. Mais tu peux tout aussi bien t'épargner le chemin du retour en rejoignant mon lit d'infortune, ajouta-t-il en voulant se faire aguicheur.

- On y rentrera jamais à deux.

- Je suis sûr que si, assura-t-il en poussant les draps et en lui faisant de la place.

Emma, plutôt tentée par la proposition du jeune homme, ne se fit pas prier et se positionna comme elle put dans le lit de son fiancé de façon à être face à face. Lorsqu'elle posa sa tête sur l'oreiller, leurs nez se frôlèrent et une envie furieuse de sentir ses lèvres contre les siennes monta en elle. Apparemment, ce fut également le cas pour lui, puisque d'une main habile, il l'approcha un peu plus contre lui et leurs bouches se rencontrèrent... La jeune fille ne savait pas combien de temps était passé depuis son arrivée lorsqu'elle ouvrit les yeux en tentant de lutter contre ce sommeil qui la rappelait. Drago ne dormait pas et son regard acier était rivé sur elle.

- Parle-moi, il ne faut pas que je m'endorme complètement, je risque de ne pas me réveiller à temps sinon, murmura-t-elle en plein combat pour ne pas que ses yeux se referment.

- Je te dirai quand il sera temps. Dors.

- Et si tu t'endors toi aussi... questionna-t-elle abandonnant les dernières résistances de ses paupières.

- Ca n'arrivera pas, promit-il.

- Parle-moi, quand-même... insista-t-elle d'une voix plus endormie que jamais.

Le jeune homme ne s'exécuta pas tout de suite mais accéda tout de même à sa requête.

- Si jamais il devait m'arriver quelque chose, je veux que tu te concentres uniquement sur ta liberté retrouvée. Tu n'as pas à t'apitoyer sur mon sort.

- Je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose...

- Tu devrais tout de même considérer la chose.

- N'abandonne pas, Drago...

- Je n'abandonne pas. Il me reste encore quelques semaines...

- C'est si compliqué ce que tu dois faire ?

- Tu n'imagines même pas. Le pire dans tout ça c'est que je n'en suis qu'à la première étape.

- Est-ce que c'est dangereux ?

- D'après toi...

- Est-ce qu'après, tout s'arrangera pour de bon ?

- Je croyais que tu voulais que ce soit moi qui parles.

- Je le veux.

- Alors écoute-moi et si jamais cela ne te plait pas, tu pourras faire comme si tu n'avais rien entendu... murmura-t-il d'une voix encore plus basse après quelques secondes de silence.

La jeune fille ne répondit pas, il continua alors.

- Je n'aurai jamais cru en arriver là, mais j'ai besoin de toi, Emma... Je ne veux pas vraiment t'impliquer dans cette histoire, ce serait trop dangereux. Mais tu es l'une de mes motivations principales... Car tu es en quelque sorte le symbole de mon avenir. Alors, je voudrais essayer quelque chose... Je voudrais que tu viennes avec moi dans cette pièce que je t'ai fait entrevoir un jour malgré moi. En soit, ce n'est pas vraiment ton aide que je te demande, juste... ta présence... Qui sait, cela m'inspirera peut-être plus qu'à l'accoutumée...

Emma dut cette fois-ci se concentrer pour garder les yeux fermés. Elle ne s'était vraiment pas attendue à ça et regretta presque d'avoir voulu qu'il « parle ». Alors qu'elle déglutissait difficilement, elle se laissa à la merci de ce sommeil qui s'était toutefois quelque peu évaporé. Elle remercia silencieusement son fiancé de lui avoir laissé une porte de sortie. Il fallait qu'elle réfléchisse grandement à ce qu'il venait de dire...


J'espère que ce nouveau chapitre corrigé vous aura plu ! J'ai remarqué que j'avais de moins en moins de fautes à corriger (ou alors je ne vois plus aussi bien qu'avant XD !).

J'ai pris beaucoup de plaisir à imaginer (avec énormément de versions avant que je ne finisse par le poser sur papier) et écrire ce chapitre qui se base sur une scène culte du livre. C'est également le moment pour Astoria de découvrir la vérité sur nos deux fiancés. Autre élément important du chapitre et qui m'a fait me poser beaucoup de questionS sur la manière de l'amener : la demande de Drago. Au départ je l'avais formulée en demande d'aide, mais j'ai préféré nuancer la chose et à l'époque de l'écriture du chapitre j'avais finalement nuancé cette demande. Dans ma vision, Drago est aux abois mais puise un peu de force grâce à sa relation avec Emma.

Je suis très curieuse d'avoir votre ressenti et vos avis sur ces différents points du chapitre. N'hésitez pas à me le donner !

A bientôt !

Desea Oreiro