Bonjour tout le monde ! Comment allez vous ? J'espère que vous n'êtes pas trop en train de cuire. Bon voici un chapitre faisant face aux réactions de Bella du à la perte de Jasper. Et puis pourquoi pas un petit mariage.

MeliBZH: Merci beaucoup pour ton message et bienvenu parmi nous. J'espère que cette fic te plaira jusqu'à la fin, croisons les doigts. Bisous !

Emelyne: Ah là clairement, Bella était pas en état de vouloir s'expliquer. Non je n'ai mis aucune discussion entre les deux femmes et même entre Carlisle et la marquise, je prévois autre chose. Bisous !

Hmp: C'est bien ce qu'elle a fait. Elle a prit en compte le bonheur de Jasper avant le sien, mais ce n'est pas pour autant qu'elle pardonne à Carlisle le fait de l'avoir fait dans son dos. Avec eux c'est toujours un pas en avant deux en arrière, mais ils y arriveront un jour. Bisous !

Allez bonne lecture et à la semaine prochaine ! Bisous !


- Je comprend mieux le commandant Whitlock, s'amusa Alistair en déplaçant à nouveau un pion.

- De quoi voulez vous parler ? le questionna la reine en continuant à jouer.

- Il a raison de croire que vous le laissez gagner par moment. Quand je vois une partie comme celle ci où vous êtes capable de me battre en quelques coups et que vous faites intentionnellement durer la partie, j'en conclue que vous cherchez à me laisser gagner.

Isabella se mit à sourire, oui il avait raison, elle aurait bien pu gagner cette partie d'échec depuis longtemps, mais décourager son adversaire dès le départ n'allait pas lui donner envie de continuer à jouer.

- Vous ne devriez pas faire ça, conseilla son nouveau chef de garde.

- Pourquoi donc ? Si cela peut aider à ce que vous reveniez jouer avec moi.

- Mais ça n'aide en rien. Ce n'est pas bien ce que vous faites. Ce n'est pas en me laissant gagner que j'apprendrai à être meilleur. Il faut parfois perdre et de nombreuse fois face à la même personne pour se donner le courage de monter son niveau. Je préfère largement que vous m'appreniez à mieux jouer, plutôt que vous me laissiez gagner pour ne pas froisser mon ego.

La brune le regarda intensément. Elle n'avait jamais pensé à ça. Est-ce que ça s'appliquait dans tous les domaines car si c'était le cas elle s'y prenait très mal sur certain sujet depuis un moment.

- Recommençons alors, sourit-elle en replaçant les pièces.

Voilà deux mois que Jasper était parti du château. Il avait pris ses marques dans sa nouvelle garnison, ce qui n'avait pas été une mince affaire. Il avait dû en botter des culs pour se faire respecter. Mais contre toute attente, son côté froid et calculateur avait fini par plaire à ses hommes. Un peu moins aux autres commandants du conseil de guerre. Heureusement le nouveau général Grant était d'une bonne écoute et avait toujours une oreille attentive pour les conseils du nouveau commandant.

Bien sûr le phénixien avait demandé Alice en mariage, elle préparait ce jour depuis deux mois et ne tenait plus en place. Se serait fait sur ses terres, en petit comité. Demetri, Athénodora, Jane, Alistair et elle. Aucun des deux mariés ne voulaient une grande fête où ils ne pourraient pas vraiment s'amuser et se détendre dû au convenance. En gros, Bella sentait un mariage phénixien en perspective. Les rares fois où l'alcool coulait à flot chez eux.

Quand elle avait demandé à Alistair de devenir son nouveau chef de garde, il n'en avait pas cru ses oreilles. Pourquoi lui accordait-elle une telle confiance alors qu'elle le connaissait à peine ? Il avait accepté bien sûr, il connaissait bien ce métier. Il n'avait pas de femme, pas d'enfant, pas de famille à dire vrai. Alistair n'avait toujours vécu que pour son métier et ne trouvait le bonheur qu'en se sentant utile. Alors oui, il avait sauté sur l'occasion avec beaucoup de joie. Puis il avait vite découvert que s'occuper d'Isabella était une toute autre histoire que de s'occuper d'Aro. Elle ne tenait pas en place, il fallait toujours qu'elle s'occupe à droite à gauche. La reine sortait rarement en ville, mais adorait les longues balades en forêt et surtout, surtout... elle se comportait plus souvent comme une amie que comme sa souveraine. Il avait déjà entendu nombre de fois ce reproche des nobles de la cour. Isabella était trop proche de ses gardes.

Il était vrai que jamais Aro n'avait parlé longuement avec lui, jamais il n'avait fait une partie d'échec en sa compagnie et encore moins avec sa suite. A Volterra, un garde était un garde. Il se devait de rester à sa place, c'est à dire, devant la porte à surveiller un potentiel danger. Mais pour la reine, un garde était avant tout un ami. Quelqu'un en qui elle pouvait avoir confiance. Il lui arrivait de temps à autre de lui demander son avis et à chaque fois, Alistair en restait pantois. Depuis quand demandait-on l'avis du petit peuple ? Mais il n'y avait aucune malice dans ses manières. Isabella était juste ainsi. Un jour elle lui avait avoué qu'elle connaissait tous les noms de ses gardes, ainsi que leur vie. Qu'elle aimait à connaître ceux qui la protégeaient. Alors Alistair s'était laissé prendre au jeu. Plus les jours avait passé et plus il avait adoré être son garde personnel. Appréciant d'avoir une amie sincère, qui de plus avait mis sa vie en jeu pour lui alors qu'elle ne le connaissait même pas, il s'était donné pour mission de ne jamais lui faire défaut. Mais lorsque Carlisle était là, il n'avait pas d'autre choix que de se rappeler qu'il était bien un garde et rien d'autre. Vu comment le roi le regardait, il n'avait pas intérêt à faire un pas de travers en sa présence.

- Que faites vous encore ici ? grogna Carlisle en entrant dans les appartements de sa femme.

Alistair se leva aussitôt en se mettant au garde à vous. Isabella n'avait même pas bougé d'un pouce et continuait à ranger les pièces. Il ne chercha même pas à se défendre puisque la reine lui fit signe de se taire. Si Alistair avait appris quelque chose depuis deux mois, c'était qu'il valait mieux la laisser plaider sa cause plutôt que tenter de se défendre seul.

- Il me tient compagnie, répondit-elle en se levant enfin.

- Isabella..., soupira le roi en levant les yeux au ciel. C'est un garde ! Il n'est pas censé vous tenir compagnie, il est censé surveiller votre porte.

- Et nous nous ennuierions profondément tous les deux, alors qu'assis ici en ma compagnie il ne peut pas mieux me protéger, répliqua-t-elle avec un sourire hypocrite.

Carlisle ferma les yeux en s'intimant la patience. Plus les jours avancés et plus il se demandait si éloigner Jasper avait été une bonne idée. Après tout ce temps il avait appris à avoir confiance dans le Major en se qui concernait leur intimité. Il n'en avait aucune en Alistair. Cet homme était beau comme un dieu, il semblait apprécier sa femme autant qu'elle l'appréciait. Lorsqu'il n'était pas au service de la reine, il ne faisait que chanter ses louanges. Il était célibataire et Carlisle devait bien admettre qu'il n'était pas serein de le laisser seul avec sa femme. Isabella fit signe à son garde de sortir en posant une main sur son épaule. Une fois encore elle plaiderait sa cause jusqu'au bout. Le sous-commandant Blake sourit en coin et sortit de la pièce. Il était bon d'avoir une amie qui préférait se mettre le roi à dos que de perdre sa compagnie.

- Vous savez que j'ai raison, lança Carlisle dépité.

- Et vous savez que si votre jalousie ne tient pas en place c'est uniquement de votre faute, vous n'aviez qu'à me laisser Jasper, rétorqua-t-elle intransigeante.

Même si elle avait accepté qu'il revienne dans ses appartements le lendemain de leur dispute, cette phrase revenait sans cesse. « Vous n'aviez qu'à pas m'enlever Jasper ». Carlisle l'avait tellement entendu depuis deux mois, qu'il ne trouvait plus rien à répondre.

- J'ai des raisons d'être jaloux, cet homme vous regarde comme si vous étiez... vous ne pouvez pas garder un garde qui a des sentiments pour vous.

- Je garderai Alistair parce que c'est un bon garde qu'il l'a été pendant de nombreuses années pour Aro. Parce qu'il n'y a rien que vous puissiez lui reprocher si ce n'est votre maudite jalousie. Et surtout, surtout, parce qu'il est hors de question que vous m'enleviez encore un seul garde ! En plus réjouissez vous, celui ci est volterrien !

Le soupir de Carlisle dû s'entendre jusque dans le couloir. Il avait tout fait pour apaiser sa colère. La marquise était retournée chez elle et c'était lui qui lui avait dit. Il passait beaucoup de temps avec sa femme et pourtant elle arrivait toujours à lui reprocher le départ de Jasper. Il la regarda plus intensément, se demandant ce qu'il devait faire de plus. Puis il comprit, à sa posture, à sa façon de lui répondre, à ses yeux brillants. Carlisle s'avança et la prit doucement dans ses bras en lui caressant les cheveux.

- Je sais qu'il vous manque, chuchota-t-il à son oreille. Mais il n'est pas mort. Vous allez bientôt le voir. Que sont quelques mois face à vos années d'amitié ? Jasper sera toujours là pour vous, comme vous serez toujours là pour lui.

- Ce n'est pas pareil, pleura-t-elle enfin en s'accrochant à son mari.

Il lui releva le menton et l'embrassa tendrement. Qu'il n'aimait pas la voir dans cet état.

- Vous n'êtes pas seule quoique vous en pensiez. Je sais que c'est une maigre consolation mais je suis là. Je ne suis pas Jasper, je ne peux pas vous suivre constamment. Mais je peux vous écouter, je peux vous soutenir. Vous n'avez pas être aussi triste sans pouvoir en parler à personne. Je sais que vous m'en voulez mais je préfère largement que vous me le disiez plutôt que vous pleuriez dans votre coin.

- Je vous en veux, grommela-t-elle sincèrement. Même si chaque jour qui passe je vois mon ami s'épanouir dans sa nouvelle vie, j'ai un mal fou à ne plus l'avoir à mes côtés.

- Je sais et c'est pour ça que vous faites tout pour qu'Alistair prenne sa place, mais il n'est pas votre ami d'enfance, il n'est pas imperméable à vos charmes. Il va succomber, il succombe déjà. Je ne peux pas lui en vouloir pour ça, je le comprend mieux que quiconque. Mais faites attention que dans votre besoin d'amitié vous ne brisiez pas le cœur d'un homme.

Ce qu'il disait avait du sens. Sa jalousie était peut-être justifiée quelque part. Néanmoins, elle ne reviendrait pas sur sa relation naissante avec Alistair, il suffisait de mettre les choses au point pour que rien de fâcheux n'arrive. Elle déposa un tendre baiser sur les lèvres de son mari. Isabella avait besoin de se sentir aimer. Sentant son changement d'humeur, Carlisle lui rendit son baiser avec bonheur. Il passa ses mains doucement sur ses épaules et descendit ses lèvres dans son cou.

- Ne me laissez pas seule, susurra-t-elle à son oreille.

Il l'embrassa avec vénération et envoya le jeu d'échec au sol pour l'asseoir sur la table.

- Je ne peux pas vous abandonner et vous le savez très bien, répondit-il en lui souriant tendrement.

- Vous avez plutôt intérêt de la tenir cette promesse.

Elle tira sur sa chemise pour qu'il vienne la rejoindre. Ils furent tellement bruyant que si Alistair avait encore des doutes sur leur vie de couple, il n'en eut plus. Carlisle ressorti des appartements de sa femme avec les joues rouges et un sourire niais. Bella le suivit pour lui dire au revoir.

- Demetri viendra vous chercher demain matin. Êtes vous sûr que vous ne voulez pas d'un de mes hommes pour faire la route ? demanda Carlisle inquiet.

- J'ai déjà l'entièreté de ma garde et Demetri. Je ne risque rien, détendez vous.

- La seule fois où je vous ai laissé seule vous vous êtes fait attaquer, donc j'ai le droit d'être inquiet, grogna-t-il en la prenant dans ses bras.

Le fait qu'il le fasse devant Alistair fit sourire la brune, il n'était jamais aussi tactile devant les gardes habituellement. Aro connaissait bien son frère. Elle eut une surprise de plus lorsqu'il déposa ses lèvres sur les siennes, c'était bien la première fois qu'il se permettait un écart pareil en public.

- Envoyez moi une lettre à votre arrivée...

- Je ne pars que trois jours..., soupira-t-elle en levant les yeux au ciel.

- C'est non négociable. Si je n'ai pas de nouvelle de vous avant la fin de journée, j'envoie l'armée vous récupérer. Au moins cette fois ci je ne prendrai pas de risque.

Il l'embrassa à nouveau et fit demi-tour en jetant un regard mauvais à Alistair. Le garde attendit bien qu'il soit hors de vue avant de sourire.

- Serait-ce moi ou votre mari est jaloux ? l'interrogea son garde amusé.

- J'ai beau lui répéter qu'il n'a pas de raison de l'être il ne m'écoute pas.

- Je ferai peut-être mieux de prendre mes distances, je ne tiens ni à être rétrogradé, ni à mourir.

- Carlisle ne vous fera rien, il sait à présent ce qu'il risque à m'enlever mes gardes.

- Vraiment et que risque-t-il ? s'amusa Alistair n'en croyant pas ses oreilles.

- Des années de reproches, répondit-elle sincèrement en retournant dans ses appartements.

C'était la pure vérité, elle n'allait pas lâcher l'affaire Jasper de si tôt. Heureusement il avait tenu son autre promesse, sinon il en aurait subi les conséquences. La marquise était enfin hors de sa vue. Retourner chez elle, seule, dans « sa maison ». Enfin maison, plus pour très longtemps. Alistair avait fait ce qu'il fallait pour être enfin libre. Cela ne prendrait plus beaucoup de temps. Qu'allait-elle bien pouvoir devenir sans mari, sans amant et sans amis. Bella avait hâte de voir ça.

En attendant elle retourna dans sa chambre et se prépara à aller dormir. Carlisle ne pouvait pas rester avec elle cette nuit, son bureau débordait de document en attente. S'il avait bien une chose que son mari détestait plus que tout c'était le désordre, son côté militaire peut-être. Il n'aimait pas délégué, le roi avait un besoin de tout savoir sur son pays et exigé de revérifier la plupart des rapports, son côté paranoïaque peut-être. Bella lui avait proposé son aide et il avait accepté avec soulagement. Il lui avait tendu les dossiers financiers et la brune avait travaillé toute la semaine en tandem avec son mari.

Depuis qu'elle était à Volterra, elle ne s'était jamais senti aussi utile. De plus, Carlisle la gardait près de lui au cas où elle aurait une question. Le roi n'aurait jamais imaginé qu'il pourrait trouver une femme qui le comprenne si bien sur un point de vue intellectuel. Lorsque Isabella ne savait pas comment agir, elle se tournait vers lui et il en faisait de même. Faire équipe était une chose inconnu aux yeux de l'ancien général. Il avait toujours tout géré tout seul. Mais il découvrait à quel point s'était agréable de travailler avec sa femme. Elle n'était pas pipelette, ses questions étaient toujours pertinentes et son aide était précieuse. La brune avait un œil certain pour les roublard de première comme Opale.

Bella avait été élevé pour être reine et elle le prouvait chaque jour. De plus, elle lui prouvait qu'en cas de besoin elle pouvait le remplacer. Après tout, les frontières n'étaient toujours pas calmes. Il serait peut-être nécessaire qu'il aille y faire un tour pour marquer sa position. Mais plus les jours passés et plus il appréciait d'être avec elle. Savourant ses sourires, appréciant sa compagnie et attendant ses caresses. Oui, il devait le reconnaître, il était bien plus heureux avec Isabella qu'avec la marquise. Seulement il se sentait toujours coupable de la façon dont il avait traité son amante. Malgré tout ce qu'on pouvait penser de lui, Carlisle n'était pas un homme cruel. La marquise avait pleuré toutes les larmes de son corps et s'était même mise à genou en le suppliant de ne pas l'abandonner. Mais Carlisle avait promis à sa femme et il ne pouvait pas revenir une deuxième fois sur sa parole au risque de perdre définitivement le peu de confiance que Bella avait en lui.

La reine se leva de bonne heure le lendemain, ne tenant plus en place. D'ailleurs Demetri le remarqua bien en entrant dans ses appartements. Il se mit à rire en la voyant crapahuter dans son salon.

- Qu'est-ce qui te rend aussi heureuse ? s'amusa-t-il en s'avançant. Le fait de marier ton meilleur ami, le fait de sortir de ce château ou le fait d'enfin échapper à la surveillance constante de ton mari ?

- Un peu des trois je crois, admit sincèrement Bella avant de se rendre compte de ce qu'elle venait d'avouer.

Est-ce qu'elle avait l'impression d'être surveillée par Carlisle ? Parfois oui, mais en ce moment ce n'était pas malveillant. Mais peut-être qu'inconsciemment cela lui pesait.

- Vais-je retrouver la Bella de notre enfance pendant ces trois jours ? Ou vais-je devoir bien me comporter en présence de ma reine ? demanda Demetri avec un sourire mutin.

- Partons de ce château et tu le sauras bien assez tôt ! explosa-t-elle de rire en prenant son chapeau.

Demetri préférait largement la voir comme cela. Rayonnante et pleine de vie. Une domestique s'empressa d'accrocher le chapeau de la reine et Isabella put enfin rejoindre Athénodora et Jane dans la calèche qui les attendait devant. Trois jours loin de tout ça. Avec ses amis, Bella n'osait y croire. Trois jours de pur bonheur en perspective.

La demeure d'Alice était tout à fait charmante. Sans être extravagante, elle était tout de même imposante. La noblesse se scandaliserait de savoir que leur mariage ne se faisait pas au château, surtout si la reine était présente. Bella avait dû se faire à l'idée de se séparer d'eux pendant un petit moment. Ils avaient besoin de leur intimité. Voilà pourquoi Jane avait pris la place d'Alice. Athénodora avait été touchée qu'elle lui propose, mais avait certifié que sa place actuelle lui convenait parfaitement. Ce qui avait conforté la reine dans son choix de faire confiance à sa dame de compagnie. Alors qu'elles descendirent du carrosse, Jane tendit sa main à la reine pour l'aider à sortir. Les yeux de Bella étaient aussi affûtés que ceux de son mari. Elle remarqua bien la marque bleutée sur le poignet de son amie. Voyant le regard de sa reine, Jane s'empressa de remonter sa manche et trouva la première excuse qu'elle trouva.

- Le coin de ma coiffeuse a gagné contre moi, s'amusa-t-elle faussement.

Ce mensonge elle avait dû le sortir un nombre incalculable de fois parce qu'il sonnait vrai. Seulement Isabella n'en crut pas un mot. Elle lui fit un sourire charmant et la suivit jusqu'à l'entrée.

- Bell's ! s'exclama Jasper en se jetant dans ses bras sous les rires des autres.

- Ça ne fait que deux mois que vous ne vous êtes pas vu, les taquina Demetri.

- Oui et bien pour nous c'est toujours une éternité, répliqua le blond en posant son bras sur l'épaule de la reine et l'emportant avec lui.

- Si le roi voyait ça, je n'ose imaginer sa réaction, lança Alistair n'y pouvant plus.

- Elle a été d'éloigner le Major, répondit Athénodora froidement. Carlisle n'est pas partageur. Malheureusement pour lui, sa femme n'est pas aussi docile qu'Esmée et Sulpicia. J'ai la vanité de croire qu'elle me ressemble un peu plus.

- Sans vouloir vous offenser madame, continua le garde refroidi, j'ai travaillé pour le roi pendant des années et les colères de sa femme sont légendaires. La reine actuelle n'a pas encore donné beaucoup de voix pour l'instant, mais j'ai peur du jour où je devrai me mettre entre les deux.

- Pour sûr, s'amusa Eléazar en s'imaginant bien la scène. Carlisle a beaucoup de défaut mais jamais il ne fera de mal à sa femme. Pas physiquement j'entends. Mais même s'il essayait, je pense que Bella saurait trouver où frapper. Ce qui ne dois pas être le cas d'autre femme de la cour.

Jane baissa le regard en n'osant pas ajouter quoique ce soit. Le soir venu, elle fut surprise d'être convoquée si tôt au côté de la reine. Qu'est-ce qu'elle pouvait l'admirer. Si jeune et pourtant si forte. Si seulement elle aussi avait pu être phénixienne, peut-être s'en sortirai-t-elle mieux maintenant.

- Vous avez besoin de quelque chose ma reine ? demanda Jane en la rejoignant dans son salon.

- Asseyez vous Jane, proposa Bella en se tournant vers elle avec un regard perçant. Nous sommes d'accord sur le fait que vous ne pouvez rien me refuser ?

- En effet, répondit la blonde en fronçant les sourcils ne comprenant pas où elle voulait en venir.

- Alors vous allez me retirer votre haut que je puisse voir l'ampleur des dégâts, ordonna froidement la reine en s'avançant.

Le cœur de Jane s'arrêta de battre quelques secondes. Personne ne s'en était jamais rendu compte. Comment la reine, avec juste un aperçu avait pu en venir à cette conclusion ? Jane voulut refuser, mais le regard de la reine lui certifia qu'elle n'en avait pas le droit. Les lèvres tremblantes et honteuse, la blonde retira son col et son haut. Tout le monde avait toujours pensé que c'était un style qu'elle se donner. Seulement les hauts cols et les manches longues étaient parfait pour cacher ses hématomes. Le regard de la reine se fit encore plus dur lorsqu'elle remarqua l'état du corps de sa dame de compagnie. Jane avait passé quelques jours chez elle sous la demande de son mari. Bella n'y avait pas vu à mal. Elle s'approcha de la blonde et regarda les bleus de plus près.

- Votre mari je suppose, cracha la reine en attrapant un onguent.

- Je suis désolée de vous importuner avec cela...

- Est-ce votre mari oui ou non ? l'interrogea-t-elle en la regardant droit dans les yeux.

Les lèvres de Jane se firent tremblantes en voyant la colère de la reine. Était-elle fâchée contre elle ? Elle fit oui de la tête n'osant plus parler.

- Votre frère est-il au courant ?

- Ciel non ! se scandalisa Jane en ouvrant grand les yeux. Mon mari serait déjà mort à l'heure qu'il est et lui serait emprisonné. Non, il ne faut surtout pas qu'il sache !

- En avez vous déjà fait part à quelqu'un ?

- Non, pleura pour de bon la blonde.

N'y tenant plus, Isabella la prit dans ses bras en lui caressant les cheveux et en lui murmurant des mots doux à l'oreille. Puis elle mit de l'onguent sur ses doigts et entreprit de badigeonner sa dame de compagnie avec. Mais Jane se recula en baissant la tête.

- Ce n'est pas à vous de faire ça votre Majesté !

- Je fais ce que je veux Jane. Je sais à quel point cet onguent fonctionne puisque je l'ai utilisé après l'attaque du château. Et croyez bien que je l'utiliserai sur vous jusqu'à ce que je trouve une solution pour vous sortir de là.

La blonde la regarda avec admiration puis secoua la tête en séchant une larme tombant sur sa joue.

- Même si j'apprécie ce que vous faites et que je vous fais toujours confiance, cette fois ci c'est différent. A Volterra, une femme appartient à son mari et si je dévoilai cela, la honte ne retomberait pas sur lui. Je n'ai pas à parler de ma vie privée avec quiconque.

- En attendant vous m'êtes trop utile pour que je me sépare de vous la semaine prochaine.

- C'est adorable, mais les invitations ont déjà été faite et je ne pourrais pas m'y soustraire. Que voulez vous que je vous dise, mes parents ont été mal avisé de me marier avec un homme bien plus vieux que moi qui a tendance à aimer un peu trop le bon vin.

- Devrais-je m'estimer heureuse que le mien ne boive pas, lança Bella en ne croyant pas ce qu'elle entendait. Seriez vous aussi fataliste si le roi me levait la main dessus ?

Jane devait bien reconnaître que non. D'ailleurs, elle avait pleuré de rage quand elle avait vu l'état du corps de la reine après l'attaque du château. Alors pourquoi acceptait-elle sa situation ?

- Je ne vous retiendrai pas, je n'en ai pas le pouvoir, mais vous ne m'empêcherez pas de trouver une solution pour vous aider. C'est à ça que serve les amis et si votre mari a quelque problème à respecter la gente féminine, dans ce cas il serait de bon ton que je le rencontre. J'aurai certainement beaucoup de chose à lui apprendre.

- J'aimerai être aussi forte que vous...

- Vous le deviendrez ça je vous en fait la promesse.

Bella était furieuse et elle l'était d'autant plus que pour l'instant elle ne voyait pas de solution. Elle ne pouvait pas appliquer la même loi que pour Eléazar, puisque le mari de Jane accomplissait son rôle d'époux. Ils n'avaient pas d'enfant mais cela ne faisait pas aussi longtemps que ça qu'ils étaient mariés. C'était déterminée à trouver quelque chose que la brune se rendit à la cérémonie de mariage de ses amis.

Alice était magnifique et son sourire la rendait encore plus belle. La reine se tourna vers son meilleur ami et les larmes lui montèrent aux yeux. Il était plus heureux qu'il ne l'avait jamais été, elle le connaissait assez pour savoir ça. Son cœur se serra un peu, comme il s'était serré lorsque Rosalie lui avait enlevé Emmett. Ils avaient intérêt à être heureux, Bella n'accepterait pas moins d'eux.

- Ils vont bien ensemble, chuchota Demetri à son oreille.

- Oui je trouve aussi. Pourtant ce n'était pas chose aisé que de trouver une femme pour Jasper.

- Ce n'est pas chose aisée d'en trouver une pour Carlisle non plus, marmonna-t-il en grimaçant.

- Ne me met pas de mauvaise humeur je t'en supplie, lança-t-elle discrètement en serrant sa main.

- Fort bien, changeons de sujet. M'accorderas-tu la première danse ?

- Avec grand plaisir, sourit-elle enfin en regardant à nouveau la cérémonie.

Et c'est ce qu'ils firent. Athénodora, Demetri, Peter, Alistair et Eléazar purent vite découvrir qu'une soirée phénixienne n'avait rien à voir avec une soirée de noblesse. Ils étaient entre amis, les musiciens étaient ceux d'Alice et lui étaient dévoués. Personne, absolument personne ne parlerait de cette soirée en dehors d'ici. Voilà pourquoi la reine s'autorisa enfin à boire quelques verres sous le regard amusé de Jasper. Ils dansèrent jusqu'à en avoir mal au pied, sans se préoccuper du qu'en dira-t-on. C'est les joues rouges que la reine se posa sur un fauteuil pour récupérer son souffle. Eléazar ne tarda pas à la rejoindre avec un grand sourire.

- Si j'avais cru un jour m'amuser autant ! Tout le monde pense que les phénixiens ne savent pas faire la fête bon sang !

- Nous ne savons pas faire la fête avec des étrangers, précisa Bella morte de rire. Je peux vous assurer que nous ne sommes pas couché.

- Votre culture est tellement énigmatique que je m'y perd par moment, avoua Eléazar en les regardant avec bonheur.

- Dans notre culture vous auriez déjà pu répudier votre femme depuis longtemps, admit la reine en perdant au fur et à mesure son sourire. Et j'aurais pu en faire de même avec mon mari.

Eléazar lui serra la main avec complicité. Il la comprenait tellement bien.

- Y avez vous vraiment pensé ? Une seule fois ? s'inquiéta-t-il tout de même.

- Pas encore, mais j'ai peur du jour où cette idée me traversera l'esprit. J'ai déjà rêvé de laisser mon caractère l'engloutir, mais j'ai des années d'expérience quand il s'agit de prendre sur moi. Mais encore une erreur de sa part et je crois sincèrement qu'il risque d'ouvrir une porte en moi que je ne saurais fermer.

- Ma requête a été reçu par le tribunal, je devrais recevoir la réponse dans peu de temps. Grâce à vous, je serai peut-être bientôt libre. Comment pourrais-je vous remercier ?

Les yeux de la reine se tournèrent aussitôt vers Jane. Elle ne pouvait pas l'aider, pas comme Eléazar, mais elle pouvait au moins lui fournir un peu de sécurité.

- Vous êtes invité à la réception du marquis d'Abalte la semaine prochaine ?

- En effet, répondit-il en fronçant les sourcils.

- Auriez vous l'obligeance de surveiller Jane et de veiller sur elle, même si pour cela il faut que vous vous invitiez chez eux jusqu'à ce qu'elle me revienne ?

- Que craignez vous ? l'interrogea-t-il aussitôt en tournant son regard vers la marquise.

- Rien que je ne puisse vous avouer. Néanmoins ma dame de compagnie m'est précieuse et je tiens à ce qu'elle me revienne au plus tôt.

- J'y veillerai votre Majesté, promit son ami en comprenant la gravité de la situation.

- Cesse donc de flemmarder et viens plutôt danser ! lui hurla Jasper de l'autre côté de la salle.

Bella secoua la tête et se redressa pour le rejoindre. De l'autre bout, Alistair surveillait sa reine avec un sourire aux lèvres. Il était bon de voir qu'elle pouvait se montrer jeune par moment. Il était choqué de la voir aussi expansive en sachant son rang. Mais Isabella n'était pas entrain de se conduire comme une reine mais comme une amie. Alors Alistair, en bon garde qu'il était, surveillait que rien de fâcheux ne lui arrive. Voilà pourquoi, lorsque la soirée se termina aux petites heures du matin, il suivit Demetri qui ramenait la reine à ses appartements. Isabella était ivre et c'était bien la première fois qu'elle l'était. Demetri la soutenait en se moquant gentiment d'elle. Alistair se faisait discret mais il n'aimait pas la façon dont le neveu du roi tenait son amie. Beaucoup trop proche. Alors qu'il allait fermer la porte des appartements de la reine, le garde s'invita dedans.

- Vous pouvez disposer, je vais prendre soin d'elle, ordonna Demetri scandalisé qu'un garde se permette de le suivre.

- Vous n'avez pas d'ordre à me donner, lança Alistair froidement en récupérant la reine avec délicatesse.

- Ne vous disputez pas les garçons ! marmonna Bella en tanguant légèrement.

- Bella est mon amie et je suis apte à prendre soin d'elle...

- Jusqu'à quel point ? l'interrogea Alistair pas dupe. N'osez même pas profiter de sa faiblesse pour obtenir quelque faveur qui ne vous sont pas dû. Elle est mariée au roi de plus. Dois-je vous expliquer ce que vous risquez si jamais vous veniez à être inconvenant avec elle ?

- Je ne vous permets pas ! se scandalisa Demetri en devenant rouge de colère.

- Je ne vous permets pas également ! enchaîna Alistair le regard tueur. Croyez bien que je vais vous garder à l'œil. En attendant, j'ai fait appelé des domestiques pour l'aider à se mettre au lit, ce que vous auriez fait si vous étiez bien intentionné.

- Je n'ai aucune intention de lui faire du mal ! cria Demetri hors de lui.

- Ce n'est pas ce que j'ai dit, ni ce dont je vous soupçonne. A l'avenir, gardez vos mains dans vos poches, menaça Alistair en emmenant Bella jusque dans sa chambre.

La brune était bien trop ivre pour comprendre ce qui se passait autour d'elle. C'était la première fois qu'elle était dans cet état et elle sut qu'elle éviterait à l'avenir de l'être lorsqu'elle se réveilla le lendemain. Son mal de crâne lui arracha une grimace. Elle prit sa tête dans ses mains en ouvrant les yeux difficilement. Elle faillit faire un arrêt cardiaque quand elle vit Carlisle assis sur une chaise en face d'elle.

- Bon sang Carlisle ! sursauta-t-elle en se massant la tempe. Que faites vous ici ?!

L'homme la regardait froidement. Pourtant elle lui avait bien envoyé un message pour lui dire qu'elle était bien arrivée. Que se passait-il encore ?

- Votre soirée a été bonne ? demanda-t-il en croisant ses mains et en posant son menton dessus.

- Un peu trop je crois, avoua-t-elle en fronçant les sourcils. Non pas que je ne sois pas heureuse de vous voir, mais je croyais que vous ne pouviez pas vous libérer.

- Pourquoi avez vous fait ça Isabella ? demanda-t-il froidement.

La brune le regarda, perdue. Elle avait déjà assez mal à la tête sans qu'il en rajoute avec ses questions étranges. Qu'est-ce qu'elle avait fait au juste ? Est-ce que quelque chose d'inconvenant s'était produit avec Alistair ? Non, bien qu'elle apprécie l'homme elle lui faisait confiance. Elle se rappelait vaguement que Demetri l'avait aidé à revenir dans ses appartements...

- Pourquoi avez vous fait en sorte qu'Eléazar répudie sa femme ! s'énerva Carlisle en venant au fait. Où avez vous trouver cette loi ? Parce que je ne doute pas un instant que ça vient de vous. Vous rendez-vous compte des conséquences ?

Il était furieux et cela n'eut d'autre résultat que de mettre sa femme en colère à son tour.

- Vous trouvez encore le moyen de défendre cette femme ? Elle n'a que ce qu'elle mérite ! Elle a été infidèle, elle a abandonné son mari, pourquoi Eléazar devrait se priver d'une vie heureuse à cause d'elle. La conséquence, c'est qu'il est libre !

- Non la conséquence évidente, c'est que dû à mon éloignement, à la perte de ses richesses et de sa maison, Carmen a tenté de mettre fin à ses jours !

Le visage de la reine se décomposa aussitôt. Cette femme avait été jusque là ? Pour sûr elles ne jouaient pas dans la même catégorie. Parce que Bella ne doutait pas un instant que la marquise n'avait pas vraiment voulu mettre fin à ses jours. C'était une manipulation de plus pour récupérer Carlisle et à voir le regard perdu et inquiet du roi, elle avait encore tapé juste.


... non je vous assure je ne cherche pas à mourir. J'essaye juste d'écrire une jolie fic, sympathique et pleine de rebondissement. Bisous !