CHAPITRE 26
OOC : Bonjour à tous. Voici un nouveau chapitre. J'espère qu'il vous plaira. N'hésitez pas à laisser des reviews. Ça fait toujours plaisir.
« Ratchet…Raaatchet »
Cette voix…
« C'est moi, Pharma. Allons. Je veux jouer à un jeu de devinettes. »
Oh non. La situation ne faisait qu'empirer au fur et à mesure. Cette scène avec Pharma penché juste au-dessus de lui n'en était que l'illustration.
« Ta tête est officiellement la dernière chose que je désire voir à mon réveil. »
Il avait encore de la répartie. Pharma ne s'en vexa pas. Au contraire. Ratchet savait maintenant qu'il adorait ça. Qu'il en était obsédé. Tout concernant Ratchet, son statut de medic, ses compétences…Il l'enviait.
Lui qui le croyait mort…lui qui avait passé un temps long à faire le deuil de son ami…
Avant, il ne ressentait pas de haine envers Pharma. La haine était dirigée contre Tarn qui l'avait rendu comme ça. Non. Pharma lui avait inspiré de l'horreur, de la pitié…Mais pas de la haine.
Du moins jusqu'à présent.
Quelque part, au fond du gouffre, au fond de toute cette folie, Pharma pouvait ressentir les sentiments de Ratchet à son égard.
- Ouch. Ta langue est plus acérée qu'un scalpel. Et dire qu'avant…On était amis, répéta Pharma, le rictus jusqu'aux audios. Le département médical Deltarien ? On était inséparables !
- Oui. Tu entends ça ? C'est le sens glorieux du participe passé.
Puis, il lui parla. Lui raconta.
Il n'avait plus besoin de lui. Il avait grandi. Il avait un nouveau meilleur ami à présent.
« Il m'a trouvé endormi dans la neige et m'a montré comment produire des miracles ! »
Par pitié, Pharma…Tu es déjà perdu. N'en rajoute pas.
- Tes mains…
- Quoi, mes mains ?
- Elles sont stupides, commenta sarcastiquement Ratchet.
- En fait, elles sont intelligentes. Elles peuvent se transformer en n'importe quoi.
Un cadeau d'un génie à un autre, répéta Pharma.
Puis, il dévoila le sujet de son jeu :
- TADA ! Devine ce qu'il y a dans la boîte ?
Oh non.
Ratchet ne voulait pas jouer. Il voulait rejoindre les autres. Il voulait partir d'ici et récupérer leurs camarades.
- J'en ai assez, Pharma. J'abandonne, d'accord ?
Pharma continuait de se rapprocher de lui.
- Mais tu n'as même pas essayé de deviner.
- Je me fiche de ce qu'il y a dans la boîte !
- Menteur. Tu t'en soucies. Tu te soucies de tout et de tout le monde.
Oui, je me souciais de toi avant, Pharma.
- Il s'agit de l'une de tes plus admirables faiblesses.
- Montre-moi ou ne me montre pas. Dans tous les cas, je ne joue pas.
Pharma se rapprochait de la boîte sacrée.
J'ai un mauvais pressentiment…un mauvais pressentiment…
- Très bien, je vais te montrer. Prêt ?
Puis, la boîte s'ouvrit.
Un cri se perdit dans la gorge de Ratchet quand il vit de quoi il s'agissait. Un cri qui refusa de sortir tellement il fut tétanisé par la scène.
Son mode véhicule…à l'autre bout de la pièce, devant lui.
Non…
Il y avait seulement sa tête et son spark qui étaient séparés de lui.
- C'est cela, Ratchet. Tu es dans la boîte.
Pharma avait ri.
Pharma avait utilisé son scalpel, la lame de son scalpel pour rayer son spark. Pour que Ratchet puisse ressentir la douleur. Pour le faire souffrir.
Et il voulait parler. Il voulait parler avec lui toute la nuit, comme autrefois.
Je ne te reconnais plus.
J'appréciais l'ancien Pharma. Pas cet imposteur qui a son apparence et qui se trouve devant moi à l'heure actuelle.
Il croyait que Luna One était remplie de magie, que s'il croisait les fils et souhaitait de tout son être, ses rêves deviendraient réalité.
Pharma ne l'écouterait pas. Il ne l'écoutait plus.
Alors, Ratchet eut l'idée d'une solution pour se sortir de là.
Les mains…les mains de Pharma…les mains de Ratchet…
Il n'avait même pas essayé de les reprendre pendant qu'il était inconscient…il avait peur que Ratchet les ait piégées pour qu'elles explosent.
Cela avait été sa faiblesse.
« Tu crois que je les ai piégées ? »
Pharma n'avait pas nié la possibilité.
- Tu as peut-être peur de l'échec. Peut-être que tu ne seras pas capable de crocheter la serrure ou desserrer les fils alors tu as besoin d'aide. Je le comprends, Pharma. ça m'a mis du temps mais je l'ai finalement réalisé : je suis meilleur que toi.
Pharma avait mordu à l'hameçon.
- Un meilleur docteur que moi ? Voyons, je t'ai dépassé il y a tellement longtemps ! Je n'ai pas besoin de récupérer mes mains pour te gifler.
- Prouve-le. Replace-moi sur mon corps et prouve-le.
Un concours pour savoir quel serait le meilleur chirurgien pour réparer la même blessure.
Pharma avait été incapable de résister et avait accepté.
Mais…
Les choses ne s'étaient pas déroulées comme il l'avait prévu.
Quand il avait repris connaissance, Pharma avait capturé First Aid et Ambulon.
« Qu'est-ce qui se passe, Ratchet ? » lui avait demandé First Aid, d'une voix faible. « Pharma a dit que c'était ton idée… »
Il s'agissait de son idée, oui.
Mais il ne pensait pas que le concours porterait sur eux ! Sur leurs anciens collègues !
Ratchet avait supplié.
Il avait perdu Pharma. Il ne pouvait pas perdre First Aid ou Ambulon. Ils avaient déjà tous trop souffert !
Ratchet avait été arrogant. Il lui avait crié de reprendre ses mains. Il les méritait. Il était le meilleur docteur. Bien meilleur que lui.
Pharma l'avait rassuré :
- Je vais seulement les couper en deux. Rien de grave. On n'aura qu'à les rattacher ensemble, rattacher les deux moitiés ensemble et le plus rapide aura gagné.
Ratchet avait cru…Il l'avait cru jusqu'au bout.
Pharma conservait peut-être encore une trace de lucidité pour ne pas tuer ses anciens camarades…
« Tu vas laisser docteur DJD nous couper en deux ? »
Ratchet aurait été presque confiant. Il avait la situation en main. Il saurait protéger First Aid et Ambulon.
Les couper en deux en largeur n'était pas mortel…
Pharma réparerait Ambulon. Ratchet réparerait First Aid.
Mais…il n'aurait jamais cru qu'en choisissant First Aid, il condamnerait Ambulon à mort.
Les couper en largeur aurait minimisé la douleur.
Puis, Pharma avait prononcé ces mots :
- La largeur ? Quoi, la largeur ?
- Tu as dit que tu les couperais en deux !
- Oui, en deux—
Pharma s'était avancé vers son patient.
Ambulon…un ancien Decepticon devenu Autobot, devenu un brillant medic.
Il avait observé son ancien ami lever sa tronçonneuse…
- …Mais en longueur ! avait précisé Pharma.
Et il avait scié Ambulon en deux, l'energon giclant autour d'eux, atterrissant sur le visage de Ratchet qui avait reculé sous le choc tandis que First Aid avait crié le nom de son ami, l'impuissance l'ayant rendu hystérique.
Les jours passaient.
Nickel assistait aux conférences le matin, rendait des consultations l'après-midi. Même habitude qui était devenue une routine. Entre temps, elle écrivait ses rapports pour le rendre aux responsables de la formation. Elle se décontractait le soir, dans son appartement, seule à visionner une série ou à lire Vers La paix pour environ la troisième fois. Velocity continuait de l'inviter aux soirées, mais Nickel trouvait toujours une excuse pour se désister. Elle n'aimait pas trop les fêtes, pour être honnête. Ou plutôt, elle les appréciait auparavant. Mais plus maintenant. Du moins, quand il s'agissait de fêtes regroupant des inconnus.
Dans un mois à peine, elle ne serait plus là, de toute façon. Elle retournerait sur le Peaceful tyranny afin de reprendre le cours de ses missions.
A quoi bon nouer des liens ?
Et puis, elle avait autre chose à faire. Son processeur était occupé par quelque chose.
Borealis était violentée.
Elle avait emprunté à la bibliothèque de l'école quelques livres sur la psychologie. Elle les avait étudiés en long et en large.
Tous les symptômes d'une personne victime de violence correspondaient. L'attitude de Borealis l'illustrait.
Mauvaise estime de soi, anxiété, état d'alerte continu, autodénigrement, prompt à toujours excuser le comportement des autres…
Mais autrement…même si Nickel pouvait avoir percé le mystère du mal de Borealis, elle ignorait une grande partie des informations : qui la violentait ? Comment réagir ? Etait-ce comme ça depuis longtemps ?
Son processeur tournait à toute allure. Aucun moyen de savoir, de répondre à ces questions sans en avoir appris davantage.
Quand elle avait rendu son diagnostic auprès de son confrère, le medic avait simplement haussé les épaules.
Elle est violentée. Il faut la protéger.
La seule réponse du medic : Avez-vous des preuves ?
Non.
La question avait été légitime. Mais Nickel avait une intuition qui devenait de plus en plus solide.
Le medic lui avait alors déclaré que sans preuve, ils ne pourraient rien faire.
Mais le seul soupçon qu'un patient soit violenté devrait déjà pousser à prendre des mesures.
Mais le medic avait rétorqué qu'elle n'était plus leur patiente et que ce n'était pas leur affaire, ce qui se passait dans sa vie. Il y avait plus important à faire.
Et elle n'avait qu'à le signaler aux autorités de Presidium. Mais à l'heure actuelle, il n'y avait de la place que pour la guerre.
Nickel avait été furieuse. Le comportement de l'hôpital était honteux. Alors quoi ? Une personne portait le mot « violence » affiché en néon sur son front et on ne faisait rien ?
Oui, il y avait la guerre. Mais sur Prion, s'il y avait eu suspicion de violence envers une personne, le voisin le plus proche aurait agi.
Et même si Borealis pouvait le signaler aux autorités compétentes, les victimes de violence étaient toujours emprisonnées dans une boucle les empêchant d'agir ou de parler.
Des preuves, des preuves…L'attitude de Borealis devait suffire en elle-même.
Mais s'il le souhaitait…
Nickel n'avait pas dit son dernier mot.
Dorénavant, suite à son entretien avec son confrère, Nickel se rendait tous les jours près de la boutique d'Australis et de Borealis. A scruter, à attendre dehors. Parfois, elle entrait. Elle consultait les articles, demandait conseil avant de repartir comme si de rien n'était.
Elle croisait à peine Borealis. Australis s'occupait toujours d'elle quand elle venait. Parfois, l'autre jumelle était polie et aimable. Mais d'autres fois, elle paraissait un peu suspicieuse sur les allées-venues régulières de la Minicon.
Mais qu'est-ce que Nickel pourrait lui répondre ? Elle n'avait pas de preuve. Autant en dénicher là où elle pouvait.
Un jour, elle s'assit sur un banc à attendre.
De manière inattendue, elle vit Borealis sortir de l'arrière-boutique. Nickel se figea et se cacha derrière le banc pour observer. Borealis ne parut pas l'avoir remarquée et rejoignit au bout de l'allée un autre robot aux couleurs orange et vert, les optiques rouges.
Son petit-ami, manifestement.
Nickel se redressa.
Borealis étendit les bras pour l'étreindre. Le robot la repoussa. De ce qu'elle pouvait deviner de cette distance, le robot paraissait énervé. Il ouvrit sa bouche en grand et Nickel put à peine entendre des éclats de voix.
Cela paraissait très animé. Une dispute, de toute évidence. Le robot effectuait de grands gestes, désignait la boutique à plusieurs reprises.
Borealis baissait la tête et reculait dès que le robot s'approchait d'elle.
On aurait dit qu'elle avait peur…
« Ce n'est plus possible ! »
Le robot tourna les talons. Borealis tendit les bras vers lui, essayant de le rejoindre. De le rattraper. Mais ce dernier ne se retourna jamais.
Borealis se couvrit la tête et fit demi-tour, rentrant précipitamment dans l'arrière-boutique.
Nickel avait cru entendre des sanglots…
La medic fronça les sourcils. Elle aurait aimé la rejoindre, faire quelque chose…mais elle aurait grillé sa couverture.
Et que lui aurait-elle dit ?
« Je savais que vous nous espionniez. »
Nickel se retourna en sursaut. Elle croisa le regard sévère et méfiant d'Australis qui se tenait derrière elle, des achats pleins les bras.
- Qu'est-ce que vous fichez ici, docteur Nickel ?
La medic laissa les bras pendre le long du corps.
Grillée pour grillée…autant dire la vérité.
- …Je crois que votre sœur est violentée.
« J'avais des doutes moi-même. »
Un cube d'energon à la main, Australis avait emmené Nickel à l'écart, dans le centre-ville. Même si Borealis était occupée à l'atelier, elle ne voulait pas prendre le risque que les deux soient vues ensemble.
Surtout si le sujet la concernait.
- Cetus et Borealis se fréquentent depuis quelques mois. Borealis était excitée quand elle l'a rencontré pour la première fois. C'est son premier petit-ami. Elle croyait qu'elle n'attirerait jamais personne à cause de…enfin, vous voyez.
- Je comprends, répondit Nickel, amère.
- Mais…j'ai senti un truc pas net chez lui. Je ne saurai dire quoi. C'est peut-être l'instinct protecteur que je ressens à l'égard de Borealis. En tant que jumelle, tu vois. Mais c'est fréquemment arrivé que Borealis revienne en larmes après un rendez-vous avec lui.
Nickel croisa les bras, dubitative.
- Elle a tous les signes. Et quand elle est venue à l'hôpital…elle ne pouvait pas faire semblant. C'est impossible.
- Mais de là à ce qu'il la violente…
Australis secoua la tête.
Elle paraissait sous le choc, quand bien même elle gardait une apparence calme et attentive.
- Je l'aurais senti, non ?
- Ils se sont disputés tout à l'heure. Cela avait l'air assez sérieux. Borealis est ta sœur, non ? Elle te dit tout, je pense ?
- Oui…même si ces derniers temps…elle ne parlait plus trop de Cetus.
Australis marqua une pause.
- J'ai eu le malheur de lui confier mes doutes, de dire une fois ce que j'en pensais et Borealis s'est complètement renfermée. Elle ne voulait pas me croire.
La jumelle prit une gorgée de son cube.
- …Si c'est son premier petit-ami, je comprends qu'elle y soit attachée, soupira Nickel amèrement. Mais ce n'est pas sain. Il faut agir.
- Je m'en veux.
- Vous vous en voulez ?
Australis se couvrit le visage.
- C'était moi, la dominante. La grande sœur qui devait protéger sa petite sœur. Je l'ai toujours fait. Même maintenant. Elle me répétait que je la surprotégeais trop. J'ai voulu être plus conciliante mais…j'ai eu tort. Je l'ai laissée partir alors qu'elle n'était pas armée pour ce genre de situation.
- Je comprends que vous soyez désemparée. Mais vous n'avez pas à vous en vouloir.
Nickel laissa ses pieds pendre dans le vide.
- L'essentiel est de trouver des preuves concrètes pour le signaler aux autorités.
- Et ils agiront ? Tu penses ?
La medic garda le silence. Elle-même l'ignorait.
Peut-être pouvait-elle contacter la DJD…Si tout le monde les connaissait et s'ils inspiraient la terreur…cela pourrait suffire à faire fuir Cetus, non ?
Nickel balaya cette idée de sa tête. Non. Il fallait qu'elle oublie ça.
- Je vais faire de mon mieux. Je suis medic. Je ne vais pas la laisser tomber. Mais je suis sûre de moi.
- Merci de m'avoir prévenue, Nickel, déclara doucement Australis.
- Je vous en prie.
Australis se releva.
- Il faut que je retourne travailler. Borealis doit sûrement m'attendre. Et si Cetus apparaît pendant que je ne suis pas là…
- Je comprends. Mais si vous pouvez la faire parler, ça faciliterait les choses.
- Je vais tout faire pour. De toute façon, Borealis ne peut pas me cacher la vérité bien longtemps. On est sœurs. On devine quand l'autre ment.
Elle espérait que ce soit le cas.
- Nickel, l'interpella Australis avant de disparaître. D'où venez-vous ?
D'où viens-tu, Nickel ?
La réponse de la medic fut plus spontanée que ce qu'elle n'avait imaginé.
- …De nulle part. Je suis juste venue ici pour recommencer et reconstruire ma vie.
Avec les personnes qui l'avaient recueillie.
Lorsqu'elle regagna son appartement, Nickel reçut un nouveau message de la part de Velocity.
Nouvelle soirée. Viens, s'il te plaît. On va s'amuser !
Nickel répondit par la négative. Cette fois-ci, Velocity réagit quasi immédiatement.
« Tu ne viens jamais aux soirées, Stormwalker. Tu me fais tellement penser à mon amie Nautica maintenant. »
Nickel leva les optiques.
Ce n'était pas un compliment.
Cette fois-ci, la medic se justifia plus ou moins.
« Je m'occupe d'une amie qui a de gros problèmes. »
Bien sûr, elle ne pouvait pas préciser qu'il s'agissait d'une ancienne patiente. Et amie…le mot était peut-être trop fort.
La réaction de Velocity la surprit :
« Alors, emmène-la avec toi si tu veux. Cela lui changera les idées de rencontrer du monde. Plus on est de fous, plus on rit. Ce sera amusant. »
Nickel allait décliner.
Puis, elle y repensa à deux fois.
L'emmener à une soirée pour qu'elle s'amuse, qu'elle pense à autre chose qu'à Cetus, qu'à la situation où elle était emprisonnée contre son gré.
Ce n'était pas une mauvaise idée, en fait.
Mais la question…est-ce que Borealis accepterait ?
Peut-être pouvait-elle demander à Australis de l'accompagner ? Elle serait peut-être plus rassurée.
Mais en même temps, elle avait l'impression qu'elle s'aventurait en pente glissante…
Nickel fixa son Pad. Pendant quelques minutes, elle demeura immobile, pesant le pour et le contre.
Elle finit par écrire :
« Tu m'as convaincue. »
Velocity lui répondit par un GIGANTESQUE émoticon excité.
Nickel attendit.
L'heure de rendez-vous était passée.
Cinq minutes s'écoulèrent…dix minutes s'écoulèrent…un quart d'heure s'écoula…
Plus le temps passait, plus Nickel sentit l'amertume l'envahir.
Elle lui avait donné rendez-vous devant chez elle. Borealis, bien que surprise, n'était pas sûre de venir.
La boutique devait tourner, elle devait rendre les commandes le lendemain…
Mais Nickel lui avait malgré tout donné un point de rendez-vous. Libre à elle de venir si elle le décidait.
La medic jeta un œil à l'heure.
Manifestement, elle ne viendrait pas.
Nickel retint un soupir. Elle aurait essayé.
Mais alors qu'elle s'avançait pour quitter l'appartement et se rendre au lieu de la soirée, une ombre surgit devant elle. Elle sursauta et manqua de basculer en arrière quand l'une des « mains » de Borealis la rattrapa pour la redresser et la remettre debout.
« Je suis désolée de vous avoir fait peur. »
Si Borealis avait pu, Nickel aurait deviné qu'elle aurait souri.
« Préviens, la prochaine fois, grogna Nickel.
- J'ai pu me libérer.
- Et Australis ? Elle ne vient pas avec nous ?
Elle lui avait proposé de venir ensemble.
Borealis marqua un temps avant de répondre.
- …On s'est disputées, déclara-t-elle piteusement.
Bah voyons. Australis avait sûrement dû aborder le sujet de Cetus.
- Je dois avouer que j'étais surprise que vous me proposiez de sortir.
- Hé bien—
- C'est rare que je sorte. Je suis contente.
Et c'était sincère.
Elle était vraiment à ramasser à la petite cuillère…
Même si Nickel était déçue qu'Australis ne vienne pas, la seule mention de la phrase « je suis contente » lui mit du baume au spark.
Elle n'avait pas ressenti cela depuis...
- Je n'avais pas envie de sortir non plus. Donc…Ouais. Contente que tu m'accompagnes aussi, répondit Nickel, un peu gênée.
- Pourquoi ? Ils sont méchants ? demanda Borealis.
- Non. Bien sûr que non. Enfin, je ne le pense pas. Velocity est gentille et Knockout un peu décalé et narcissique mais…je pense que cela sera une bonne soirée.
Cela parut rassurer Borealis.
- Et s'il y a un problème, déclara Nickel en se bombant le torse, je leur donne la correction de leur vie.
Comme elle aimerait le faire à ce foutu medic qui ne l'écoutait même pas quand elle soupçonnait une patiente d'être violentée.
- Vous vous inquiétez pour moi.
Encore cette phrase.
- Bien sûr. Je suis medic, après tout.
- Il n'y a pas que ça, n'est-ce pas ?
- Hé bien…je me disais que tu avais besoin de te changer les idées.
Nickel précisa quand elle sentit Borealis se tendre :
- …Après un séjour à l'hôpital, tu as sûrement besoin de te détendre.
Hors de question d'avouer qu'elle l'avait espionnée.
- C'est vrai.
- Donc, on y va ? fit Nickel pour couper court.
- Je vous suis.
« Stormwalker ! » s'exclama Velocity dès qu'elle leur ouvrit la porte.
Nickel lui fit un geste nonchalant. Velocity sourit à Borealis.
- Et ton amie !
- Voici Borealis, la présenta la Minicon.
- Enchantée ! Moi, c'est Velocity. Mais tu peux m'appeler Lotty !
Borealis se figea et eut un geste de recul quand Velocity lui toucha l'épaule.
- Oh, désolée. Trop familière ?
- Non…ça va.
La pauvre. Velocity ignorait tout.
Elle n'avait pas protesté par rapport à sa condition.
- C'est par là ! leur montra la fembot turquoise.
- Ouah. La fête bat déjà son plein, commenta Nickel.
- Héhé, amusez-vous !
Parmi les robots sur la piste de danse, la Minicon reconnut Knockout qui se déhanchait aux côtés de l'immense robot bleu que Velocity avait désigné comme étant son Conjunx. Nickel chercha Moonracer du regard et la repéra assise à une table, en train de rédiger des papiers.
- Ne me dis pas que tu es encore en train d'écrire, grogna Nickel en s'avançant vers elle.
- On retourne à la Clinique demain. Je dois finir ça, soupira Moonracer.
En guise de réponse, Nickel balaya ses papiers d'un revers de bras et les jeta au sol.
- Nickel ! protesta Moonracer.
- Tu es à une fête. Détends-toi ! Même si c'est pour Knockout, il n'a qu'à les faire lui-même pour une fois.
- Mais…
- Na-na-na. Knockout est un gamin. Et les gamins, il faut les cadrer. On commence par leur dire non.
Moonracer fit une moue boudeuse, ne semblant pas partager son opinion.
- Je suis son assistante.
- Il en trouvera une autre s'il continue comme ça.
- Ouah. Tu ne rigoles pas, toi.
- Bah non, je ne rigole pas.
- MA PEINTURE ! TU AS OSE ERAFLER MA PEINTURE ! entendirent-elles crier depuis la piste de danse, la voix du medic rouge couvrant presque la musique.
Près de lui, son Conjunx essaya de le calmer tandis que Knockout levait son bras transformé en scie pour frapper le responsable. (Le même que la dernière fois).
- Chirurgie esthétique !
- Et là, c'est un gamin qui fait un caprice, commenta Nickel.
- Mais ça reste un bon représentant de Velocitron, soupira Moonracer.
- Et toi, tu ne viens pas de Velocitron ?
- Si. Mais mes idées ne sont pas les meilleures.
- Ah bon ?
Intriguée, Nickel activa ses fusées pour s'asseoir à sa hauteur.
- Je suis le premier robot à faire les courses en-dehors des villes. Les habitants de Velocitron me traitent de folle pour cela.
- C'est tout ?
Enfin c'était peut-être dans la culture de Velocitron mais…pour Nickel, cela paraissait trivial à côté des problématiques actuelles.
- Après, je ne suis pas spécialiste des courses mais…si ce sont tes idées, tu devrais te battre pour les mener à bien, déclara Nickel.
Comme elle-même souhaitait se battre pour la Cause Decepticon et la mener à bien aux côtés de Tarn et de la DJD.
Moonracer lui adressa un léger sourire. Le premier depuis qu'elle l'avait rencontrée.
- Calme-toi, Knockout ! Ce n'est pas—
- Si c'est important !
- Mais tu en fais une affaire d'Etat alors que tu es supposé être ambassadeur !
- Ambassadeur ? répéta Nickel, intriguée.
- On nous as proposés de faire partie du Conseil du Monde. C'est en train d'être élaboré.
- Je ne connais pas. C'est une bonne chose ?
- Il faut bien que Cybertron se relève…avec une autorité au pouvoir.
Etrange…
Elle croyait que c'était Megatron qui gagnerait la guerre. C'était ce que Tarn répétait.
- Hé, Moonracer ! l'appela Velocity. Powerglide veut t'inviter à danser !
- Vraiment ? sourit la concernée, flattée.
- Allez, viens !
Moonracer adressa un regard en direction de Nickel qui l'invita à le rejoindre d'un signe de tête. Moonracer se dépêcha de rejoindre un robot rouge sur la piste et les deux se prirent les mains tandis qu'une nouvelle musique battait son plein et que Knockout quittait la piste pour se repeindre le châssis et effacer « l'insulte ».
Nickel se retourna vers Borealis.
- Tu danses avec moi ?
- J'ai le droit ?
- Puisque je te le demande.
D'abord timidement, Borealis hésita avant d'accepter avec enthousiasme. Elle rejoignit Nickel sur la piste et commença à danser, d'abord mécaniquement avant de se laisser emporter par la musique.
- Ouah…tu aimes ça, toi.
- Mon petit-ami m'a appris, répondit Borealis avant de s'étendre avec grâce.
Nickel se mordit la lèvre à ce constat.
La musique s'acheva. Une autre commença.
Borealis prenait beaucoup de plaisir et cela se sentait. Bientôt, Velocity les aborda pour danser avec elles.
- Je suis tellement heureuse. C'est la meilleure soirée de toute ma vie !
- Vraiment ? ricana Nickel. Jusqu'à la prochaine, tu veux dire.
- La prochaine sera toute aussi super ! J'espère que vous serez là toutes les deux.
Borealis ralentit le rythme pour répondre.
- Tu me réinviteras ?
- Bien sûr. Les amies de mes amies sont mes amies.
Nickel haussa un sourcil.
- Amie ? Tu me considères comme une amie ?
- Ce n'est pas réciproque ?
- Hé bien…
Elle hésita sur la réponse.
Quel intérêt de refuser ?
- Oui, c'est réciproque, répondit finalement Nickel.
Oui…
C'était réciproque.
Et elle devait admettre que c'était sympa…partager ce genre de moment avec elles deux. Et avec tous ses camarades de formation.
Dans tous les cas, elle ne le regretta pas.
Tarn raya un nouveau nom de la Liste.
Ils venaient tout juste de quitter le domicile du traître après l'avoir torturé et tué. Encore une fois, Tarn avait utilisé sa Voix. Ce dernier s'était mal comporté mais il avait tenu face à la torture des quatre autres.
Et il avait exprimé des regrets. Tarn avait décidé d'être clément pour cette fois et avait abrégé ses souffrances.
Alors qu'il fouillait la carte galactique, il poussa un nouveau soupir.
Toujours aucune trace d'Overlord.
A bout de patience, il quitta la salle de contrôle. Il avait besoin de lâcher prise. Overlord était certainement quelque part.
Facilement trouvable. Il en était certain.
- Kaon ? Occupe-toi des détecteurs de signature énergétique et scanne-
Kaon ouvrit la bouche.
Sans aucun avertissement, il se mit soudainement à crier.
La scène tétanisa Tarn. L'aveugle hurla, gronda, se tint le châssis tandis qu'il se tordait de douleur.
- Kaon ?
Tarn s'approcha. Kaon ne répondit pas. Les hurlements ne cessèrent pas. L'aveugle se penchait en avant tandis que l'électricité s'amassait tout autour de lui.
Qu'est-ce que…
Tarn ne l'avait jamais vu comme ça.
- Kaon ? Qu'est-ce qui se passe ?
Mais Kaon était incapable de lui dire ce qui n'allait pas. Tarn recula pour éviter de se prendre un jet d'électricité que l'agent de communication envoyait accidentellement aux alentours.
Il ne l'avait jamais vu comme ça.
Les cris de Kaon devinrent plus intenses et stridents. Lorsque Tarn observa plus attentivement, il vit quelque chose sortir de sa bouche.
Une sorte de lumière…une lumière jaune, brillante, trop brillante au point que Tarn dût fermer les optiques, ébloui.
Quand il les rouvrit, cela empira.
La lumière devint blanche. Cela n'émanait plus seulement de sa bouche…mais de ses optiques aussi.
En même temps, les cris étranglés de Kaon se perdirent dans la toux, les crachats avant de se mettre à vomir.
On aurait dit qu'il brûlait de l'intérieur. Que son spark brûlait.
- Kaon ! Parle-moi !
L'inquiétude commença à le gagner à son tour. Tarn tendit la main vers son camarade. Il faillit le toucher avant de se ressaisir.
Il ne savait pas ce que c'était. Il pouvait être infecté aussi…
- Parle-moi !
Tarn continua de l'appeler encore et encore.
Rien ne changea.
- Dis-moi ce que je peux faire pour t'aider, Kaon !
La réponse de Kaon se perdit dans le jet de lumière qui lui couvrit bientôt le visage.
Tarn ne put que le contempler, impuissant. Il tourna les talons et se précipita hors de la pièce tandis que le Chien fixait son maître en souffrance, tout aussi angoissé.
- Je ne t'abandonne pas, Kaon.
Précipitamment, il commença à entrer les coordonnées de Nickel…
- Tarn ! Qu'est-ce qui se passe, avec Kaon ? l'appela Tesarus.
Helex et Vos les avaient également rejoints.
Tarn ne sut pas quoi répondre. Il se tourna vers eux, s'attendant à ce que les autres soient foudroyés par la même crise que leur camarade.
Mais aucun d'eux…Non. Aucun d'eux ne souffrait.
Aucun d'eux n'était atteint.
- Tarn !
- Je ne sais pas.
Il ne savait pas.
Mais Kaon risquait d'y passer s'ils ne faisaient rien.
Vos murmura quelque chose, avant de sortir un Pad de son châssis. Tarn savait ce qu'il était en train de faire : des recherches pour comprendre la cause de la crise et comment l'arrêter.
Ses optiques s'écarquillèrent.
- Quoi ?
Vos lui montra le Pad.
Tarn lut le contenu.
Sur tous les réseaux, sur tous les supports d'information…
Partout, des robots à travers toute la galaxie…
La même lumière, les mêmes symptômes…
Tous furent frappés par le même phénomène. En même temps, à moins de quelques secondes d'intervalle.
Ce n'était pas un hasard, c'était un massacre qui se produisait.
Les gens s'affolaient, envoyaient des messages instantanés sur toutes les plateformes pour en déterminer la cause. Probablement quelqu'un qu'ils connaissaient était touché.
Vos commença à paniquer. Il ne fut pas le seul. Tarn réessaya de contacter Nickel.
Nickel, répond-moi, toi aussi.
Juste… dis-moi que tu n'as rien.
Au loin, l'état de Kaon ne s'améliorait pas.
- Allez le surveiller, leur ordonna Tarn tandis qu'il lisait les messages qui apparaissaient sur le Pad, cherchant un indice, quel qu'il soit.
Enfin, la voix de Nickel s'éleva.
- Tarn ?
- Tu n'as rien ? lui demanda immédiatement le robot masqué.
- Non…pourquoi ?
Cela le soulagea à peine.
- Kaon est frappé d'une crise…je ne sais pas ce que c'est.
- Quoi ?
Nickel se figea en entendant les hurlements derrière Tarn.
- Décris-moi les symptômes ! Vous êtes affectés aussi ?
- Non. Il y a seulement Kaon.
- Pourquoi seulement Kaon ?
- Qu'est-ce que j'en sais ? D'autres ont eu les mêmes symptômes quasiment en même temps dans toute la galaxie ! cela touche des gens mais pas d'autres. Je ne sais pas ce que c'est !
Un message apparut sur l'écran.
« Aidez-moi. Mon compagnon a été frappé d'une crise. Je l'ai touché mais il ne s'est rien passé.'
Non. Rien. Aucun indice sur ce qu'il fallait faire.
« Je suis forgé. Je n'ai pas été infecté. »
« La même chose. »
« Mon compagnon est construit à froid. Il est en train de hurler à la mort. Vous croyez que ça a un lien ? »
Cela réduisit Tarn au silence.
- Tarn ! Parle-moi ! décris-moi les symptômes !
…Aucun d'eux n'était construit à froid, à part Kaon. Ils avaient tous été forgés.
Aucun d'eux n'était touché. Et Nickel avait été créée par le titan Micronus. Elle n'était pas infectée non plus.
Le souvenir d'un échange jaillit dans son processeur.
On avait besoin de lui.
Le Grand Tyrest avait besoin de ses compétences.
- Tarn !
- …Je te laisse, Nickel.
- Tarn ! Tu n'as pas intérêt à me laisser en plan !
- Je viens de comprendre. Je vais juste tuer quelqu'un et je te rappelle.
- Tarn !
Tarn raccrocha.
Il appela Vos.
- Reprends les commandes. Direction Luna One sans perdre de temps.
Tesarus l'interpella:
- De quoi s'agit-il?
- ...Pharma.
- Tu disais qu'il ne s'en prendrait pas à nous! s'écria Helex.
Le leader de la DJD serra les poings.
Oui...Il l'avait cru aussi.
« Tarn ! »
La musique s'amplifiait. Nickel s'était isolée pour écouter la conversation mais maintenant, elle n'avait plus aucune réponse de la part de son leader.
« Tarn ! » appela-t-elle.
Précipitamment, elle essaya de réétablir la connexion.
Kaon était frappé d'une crise…
Elle était à Presidium…à l'autre bout de la galaxie…loin du vaisseau, de son vaisseau…
Si Tarn ne lui décrivait pas les symptômes alors qu'elle était supposée être leur medic…
L'inquiétude commençait à monter en elle. Nickel essaya de se concentrer sur sa respiration pour se calmer.
Je t'en prie, décroche.
Derrière elle, quelqu'un cria.
Nickel ne l'entendit pas immédiatement, la musique couvrant partiellement les bruits de la fête.
Puis, un autre cri tout aussi strident.
Celui de Velocity.
Et l'appel d'un nom.
« Borealis ! »
Nickel sursauta.
Elle laissa presque tomber son Pad par terre tandis qu'elle se précipitait dans la salle pour voir ce qui se passait.
Borealis était à terre.
Une lumière blanchâtre provenait de son corps tandis que les autres robots s'écartaient pour laisser les medics pratiquer les premiers gestes de secourisme.
Qu'est-ce que…
Nickel en demeura interdite durant quelques secondes, fixant Borealis sans réagir tandis qu'elle se tordait, allongée au sol, en hurlant à l'agonie.
Elle eut comme un électrochoc…tout de suite, elle rejoignit les medics et prêta assistance à Velocity et Knockout.
« Borealis ! Entends-moi ! Parle-moi ! »
Borealis la repoussa. Elle souffrait dès qu'on la touchait. Elle continua de crier à la mort et Nickel essaya de l'éloigner le plus possible du mur et des mobiliers afin qu'elle ne se cogne pas.
Quelqu'un cria pour se faire entendre malgré le brouhaha de la pièce.
« Ça touche…quelque chose touche… »
Puis, il s'effondra, foudroyé à son tour par le phénomène cauchemardesque qui avait frappé Borealis.
