Andréa traînait les pieds sur le chemin qui la ramenait au lycée. La scène qu'elle venait de vivre avec Jehan ne cessait de tourner dans sa tête. Elle se sentait profondément blessée mais surtout triste de ne pas avoir pu aider son ami comme elle l'aurait voulu. Elle était persuadée que si elle était intervenue avant, rien de tout cela ne serait arrivé. Les larmes aux yeux, elle avançait doucement.
Elle avait l'estomac retourné, un violent mal-être lui retournait les tripes. Qu'allait-elle dire à Bridgette ? Comment allait-elle réagir ? Pourrait-elle seulement lui pardonner de l'avoir laissé filer sans pouvoir le retenir ? Soudain, un bruit provenant de sa gauche lui fit tourner les yeux. Quelque peu ailleurs, elle leva le regard vers le trottoir d'en face. De l'autre côté de la rue, des gens courraient dans le même sens qu'elle, semblant fuir quelque chose tandis que d'autres au contraire, revenaient en arrière, les bras tendus en avant, appelant différents prénoms, ce qui intrigua la jeune fille. Andréa se retourna vers l'autre côté de la route pour apercevoir une foule d'enfants qui filait vers elle. Ils étaient tous de différents âges, allant de petits de 5 ans à de grands ados à peine plus jeunes qu'elle. Elle laissa échapper une exclamation de surprise en voyant cela. Ils s'approchaient de plus en plus vite et semblaient très énervés. Dans leurs yeux flottaient comme une lueur, comme s'ils étaient totalement envoutés.
Sur leur passage, les enfants n'hésitaient pas à fracturer les voitures et autres vitrines devant lesquels ils passaient. Ils étaient des centaines, et rien ne semblait pouvoir les arrêter. Un mouvement sur un toit fit lever les yeux d'Andréa alors que son rythme cardiaque commençait à s'accélérer. Elle plissa les yeux pour tenter de distinguer la forme qui bougeait sur les tuiles du toit d'en face. Et il ne lui fallut pas plus de quelques secondes pour comprendre que cette ombre était un akumatisé. Et c'est avec horreur que la jeune fille réalisa que cette silhouette ne lui était pas inconnue. Elle refusait d'y croire : portant sa main à sa bouche, elle resta immobile, incapable de bouger, pendant quelques instants. Mais elle dû se rendre à l'évidence quand l'akumatisé décrocha l'instrument qui était accroché dans son dos avec un sourire malsain. Une flûte, qu'elle aurait très facilement reconnu tant il y tenait.
-« Jehan… » murmura Andréa en éclatant en sanglot, prise d'un spasme qui lui fit mettre un genou à terre.
Perché sur son toit, le jeune homme regardait son œuvre avec un sourire satisfait. Prenant une profonde inspiration après avoir posé ses yeux sur des enfants qui n'étaient pas encore sous son contrôle, il porta sa flûte à sa bouche pour en laisser échapper une petite mélodie entraînante. Aussitôt, les enfants qui n'avaient pas encore été touchés par son maléfice se figèrent et la même petite lueur que celle dans les yeux de leurs camarades s'alluma dans les leurs. Ils se mirent aussitôt à suivre le cortège, sous le regard impuissant des adultes ou de leurs parents.
Tentant de reprendre ses esprits, Andréa se redressa avant de prendre la direction du lycée, en courant cette fois. Il fallait prévenir les autres, le plus vite possible. Bientôt, tous les enfants de la ville allaient être asservis et elle ne pouvait pas rester là sans rien faire, à se morfondre. Et si savoir que Jehan était l'akumatisé du jour lui brisait le cœur en un millier de petits morceaux, elle se devait d'avertir un maximum de personnes, tant que cela était encore possible.
L'heure du déjeuner était déjà bien avancée et Félix et Bridgette étaient maintenant assis sur un des bancs de la cour. Ils avaient fait de leur mieux pour retrouver Jehan ou Andréa mais rien à faire : les deux amis restaient introuvables et injoignables, l'un comme l'autre. Félix avait croisé les jambes et les bras, semblant réfléchir aux maigres éléments qu'ils avaient pu glaner çà et là tandis que Bridgette avait replié ses jambes contre sa poitrine et passé ses bras autour de ses genoux, un air contrarié sur le visage. Personne ne les avait vu, si ce n'est la surveillante, très énervée contre les deux adolescents, qui n'avait pas pu empêcher de quitter l'enceinte de l'établissement. Andréa et Jehan avaient donc quitter le lycée depuis presque une demie heure et n'étaient toujours pas revenus.
Bridgette laissa échapper un petit soupir avant de lever discrètement les yeux vers Félix, plongé dans ses pensées. Le garçon l'avait suivi partout dans l'établissement pour tenter de retrouver leurs amis, lui donnant parfois des conseils et tentant de la rassurer à sa manière. Malgré la situation préoccupante, l'adolescente était heureuse de constater que Félix semblait s'intéresser de plus en plus à leurs petits groupes et n'hésitait maintenant plus à s'exprimer ou à donner son avis, ce qui la ravissait. Elle souhaitait vraiment le voir à l'aise avec eux, et le garçon semblait prendre de plus en plus de plaisir en leur présence, ce qui était très bon signe.
Dix nouvelles minutes passèrent mais toujours rien, aucun signe de Jehan ou d'Andréa. Bridgette aurait au moins souhaiter que l'un des deux leur laissent un message, pour leur dire qu'ils allaient bien, qu'ils allaient revenir ou qu'ils allaient sécher les cours de l'après-midi pour tenter de trouver une solution au problème auquel ils faisaient face. Mais rien, et ce silence commençait à préoccuper sérieusement Bridgette.
-« Je suis inquiète… » finit-elle par murmurer, sortant Félix de ses pensées.
-« Tu ne devrais pas, je suis sûr qu'ils vont bien. Ils ont dû se retrouver et s'assoir quelque part pour discuter, répondit le garçon avec un haussement d'épaules. Ils vont finir par revenir. »
-« Mais- »
-« Il est normal que tu te poses des questions, mais il est inutile d'envisager le pire scénario qui soit, insista le garçon en croisant son regard. Nous aurons des informations en temps voulu. Pour l'instant, tu vas devoir prendre ton mal en patience et attendre. »
Bridgette abandonna l'idée de lancer Félix sur ce sujet. Après tout, même s'il le disait de manière plutôt désagréable au goût de la jeune fille, il n'avait pas totalement tort. À quoi bon s'imaginer des horreurs ? Andréa ou Jehan finiraient bien par les contacter à un moment où à un autre, et alors ils seraient fixés. Frissonnant quelque peu à cause de l'air frais, Bridgette s'entoura plus étroitement de ses bras en enfonçant un peu plus son visage dans son écharpe, tentant de calmer les grelottements de son corps. La voyant faire, Félix se releva du banc.
-« Cela ne sert à rien de rester ici pour l'instant, si ce n'est pour attraper froid. Allons-nous mettre au chaud, je ne tiens pas à ce que tu tombes malade juste parce que nous restons assis là. »
Bridgette lui adressa un petit sourire avant de hocher la tête. Elle attrapa son sac au pied du banc pour le repasser sur son dos. Mais alors qu'elle emboitait le pas à son camarade qui se dirigeait vers le bâtiment le plus proche, la jeune fille se stoppa net et se retourna brusquement vers la grande porte du parvis, toujours ouverte et gardée par la même surveillante. Constatant qu'elle ne le suivait pas, Félix s'arrêta à son tour.
-« Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda-t-il en haussant un sourcil.
-« Je ne sais pas, j'avais l'impression qu'on m'appelait… » murmura l'adolescente, le regard toujours rivé sur la porte.
Les deux amis gardèrent le silence quelques instants avant que Bridgette ne reprenne la parole.
-« J'ai dû rêver. » dit-elle en haussant les épaules.
La jeune fille reprit sa marche, ainsi que Félix une fois qu'elle fut à sa hauteur.
-« Bridgette ! » cria de nouveau une voix, au loin.
-« Cette fois je suis sûre d'avoir entendu quelqu'un m'appeler ! » cria presque l'intéressée en faisant volte-face.
-« Oui, j'ai entendu moi aussi. » confirma Félix en imitant son geste.
-« On dirait que ça vient de l'extérieur. »
S'intéressant de nouveau à la porte, les deux jeunes gens attendirent quelques instants avant de voir apparaître Andréa dans l'embrasure de celle-ci. Sans ménagement, elle passa devant la surveillante qui la somma, pour la seconde fois de la journée, de s'arrêter. Mais la jeune fille n'y prêta pas attention, et continua sa course jusqu'à Bridgette qui tendait les mains vers elle.
-« Andréa, s'écria-t-elle alors qu'elle entrelaçait ses doigts avec les siens. Où étais-tu ? On a eu tellement peur, on pensait- »
-« J-… Je-… han… » haletait la grande brune, la tête baissée.
-« Quoi… ? » murmura son amie.
-« Jehan ! C'est Jehan ! L'akumatisé, dehors ! Jehan a été akumatisé ! »
Bridgette sentit soudain le sol tanguer sous ses pieds. Elle vit flou pendant quelques instants avant de se reprendre tandis que Félix restait figé de stupéfaction.
-« T-T-Tu es sûre de t-toi ?! » bredouilla la jeune fille, sa gorge devenue soudainement sèche.
-« J'en suis sûre… acquiesça Andréa, la boule au ventre. Je suis persuadée que l'akuma est dans sa flûte, il s'en sert pour contrôler une armée d'enfants ! »
-« Comment ?! » sursauta Félix.
-« Oui, et ils viennent par ici ! »
Bridgette et Félix échangèrent un regard inquiet. La situation ne pouvait pas être pire. Au fond de lui, le jeune homme savait que l'akumatisation de son ami ne pouvait être que la conclusion dramatique de cette journée, même s'il avait refusé d'y croire jusqu'au bout. Mais là, il était trop tard. Jehan avait été akumatisé et sa fureur était telle que le chaos n'allait pas tarder à s'étendre sur toute la ville. De plus, si Jehan était réellement au commandement d'une armée d'enfant, les victimes pourraient être plus nombreuses qu'à l'accoutumée.
Alertés par l'agitation qui commençait à régner dans la cour et dans les rues alentour, les professeurs ainsi que M. Damoclès, revenu dans l'établissement, étaient en train de descendre les escaliers. Apercevant Mlle Bustier aux côtés du principal, Andréa pressa le pas vers elle en passant entre ses deux amis. Elle monta les quelques marches qui la séparait de sa professeure principale avant de prendre la parole.
-« Madame, l'akumatisé, dehors, c'est Jehan ! » cria-t-elle presque, essoufflée.
-« Pardon ?! » s'étonnèrent d'une même voix le principal et l'intéressée.
-« Il s'est laissé dépasser par sa colère après avoir quitté l'établissement, après votre entrevue ! » continua la jeune fille en posant un regard inquisiteur sur le directeur.
-« Attendez, tenta de calmer Mlle Bustier. De quoi est-ce que vous parlez, il s'est passé quelque chose pendant votre rendez-vous avec M. Iscarioth ? » demanda-t-elle en se tournant vers M. Damoclès.
-« Il l'a renvoyé ! affirma Alizée, sortant de la foule d'élèves qui s'amassait au pied des escaliers. M. Damoclès a renvoyé Jehan sans aucun droit ! »
-« J'ai tout entendu ! affirma Kilian aux côtés de sa camarade. C'est de votre faute si Jehan s'est fait akumatisé ! »
Bridgette et Félix, qui n'étaient pas au courant de ce détail pourtant fondamental, se retournèrent l'un vers l'autre, stupéfaits. Ils ne pensaient pas que la situation était si grave et ils comprenaient alors mieux pourquoi Jehan et Andréa avaient disparus sans laisser de trace après le rendez-vous de M. Damoclès.
Mlle Bustier, intriguée par les accusations de ses élèves, se tourna vers M. Damoclès qui se contenta de tourner le regard en desserrant sa cravate. Elle non plus n'était manifestement pas au courant, et la fureur dans ses yeux manifestait un vif mécontentement contre son supérieur.
Mais un grand bruit à l'extérieur de l'enceinte de l'établissement stoppa toute tentative de poursuivre cette discussion qui prenait des allures de tribunal populaire. Mlle Bustier, posant sa main sur l'épaule d'Andréa, s'avança vers la balustrade afin de se faire entendre de tous.
-« Je vous promets que nous règlerons cette affaire en temps voulu, mais pour l'instant, nous devons tous aller nous mettre à l'abris. Allez ! »
À peine l'ordre fût-il donné que les élèves se dispersèrent pour retrouver leur classe respective, comme le protocole d'urgence le demandait. Bridgette prit les devants en se joignant à ses camarades, se fondant dans la foule. Elle devait se transformer de toute urgence mais, avant cela, elle devait se soustraire à la vue de Félix et d'Andréa afin de ne pas attirer les soupçons. Sans prévenir Félix qui était toujours à ses côtés, elle se joignit aux autres élèves qui se dirigeaient vers différents couloirs, tachant de se fondre dans la masse. Et dès que le jeune homme eut disparu de son champ de vision, elle prit un tournant différent que celui qu'empruntait la foule pour se diriger vers un recoin du bâtiment qu'elle savait toujours désert, car menant sur un couloir réservé au personnel d'entretien.
De son côté, Félix devait lui aussi s'arranger pour disparaître du champ de vision de sa professeure et de ses camarades. Il savait qu'il allait manquer à l'appel de classe, mais il ne pouvait pas prendre le risque de se retrouver piéger dans un endroit dont il ne pourrait plus ressortir pour se transformer. Le garçon avait donc pris la direction totalement opposée de celle des autres élèves, se dirigeant vers le réfectoire de la cantine qui se vidait précipitamment de ses occupants. Se cachant derrière un mur afin de ne pas se faire repérer par les fuyards, Félix attendit que tout le monde soit parti pour s'introduire à son tour dans le bâtiment. Vérifiant que tous les élèves étaient partis, il s'approcha du couloir de service et s'y arrêta après s'être assuré qu'il était également désert.
Regardant toujours autour de lui, il laissa Plagg s'échapper de sa veste, le kwami venant flotter près de lui.
-« Pas banale comme akumatisation… » souffla la petite créature.
-« Nous devons intervenir avant qu'il n'y ait trop de blessés, acquiesça Félix, dissimulant difficilement son inquiétude. Si Jehan utilise réellement des enfants pour en faire une armée, les conséquences pourraient être catastrophiques. »
-« Alors pas de temps à perdre ! »
Félix hocha la tête avant de laisser tomber son sac de cours de son épaule pour le cacher dans un coin sombre du couloir. Le jeune homme inspecta de nouveau les alentours d'un rapide coup d'œil avant de prononcer sa formule.
« Plagg, transforme-moi ! »
Aussitôt vêtu de son costume noir, le jeune homme se précipita vers la sortie la plus proche, et se dépêcha de grimper sur le toit du lycée afin de ne pas se faire repérer par d'éventuels élèves qui pouvaient surgir de n'importe où.
Enfermée dans le placard à balais, Bridgette était recroquevillée sur elle-même, la tête dans les bras, tentant de calmer les sanglots qui remontaient le long de sa poitrine. Tikki, posée sur son épaule, essayait du mieux qu'elle pouvait de la rassurer.
-« Tout va bien aller, je te le promets, murmura la petite créature en se collant à la joue de sa porteuse. Tu es une super Ladybug, tu vas réussir à sauver tout le monde avec l'aide de Chat Noir. »
-« Tikki… L'akumatisé, c'est Jehan ! murmura-t-elle entre deux sanglots. Comment est-ce que j'ai pu laisser ça arriver ?! Je suis vraiment nulle, j'aurai dû le protéger, comprendre ce qui n'allait pas ! »
-« Tu ne peux pas toujours tout surveiller, expliqua Tikki en venant virevolter devant la jeune fille. Tu n'es pas infaillible, et c'est normal ! Ton rôle de super-héroïne ne te demande pas d'être parfaite mais d'assurer la sécurité de Paris. Tu ne peux pas toujours tout prévoir, et personne ne peut t'en vouloir pour ça. »
-« Mais Jehan est mon ami, mon meilleur ami ! insista Bridgette. Si je ne peux même pas protéger les personnes auxquelles je tiens, à quoi je sers ? Andréa a déjà frôlé la mort pendant l'incident du Mime et maintenant c'est Jehan qui est en danger ! »
-« Je sais ce que tu ressens, mais tu dois te ressaisir Bridgette. Tu verras que, malheureusement, les choses ne se passent pas toujours comme on le voudrait. Mais ce n'est pas pour autant qu'il faut baisser les bras. Bridgette ne pouvait rien faire pour Jehan, mais Ladybug peut l'aider ! »
Bridgette se contenta de relever les yeux vers Tikki qui la regarda avec un sourire.
-« Les choses sont parfois injustes et ton rôle de super-héroïne ne rend pas les choses plus faciles. Mais je crois en toi et je sais que tu as tout ce qu'il faut pour remplir la mission qui t'as été confiée. Tu dois juste avoir un peu plus confiance en toi. »
-« Je ne veux pas revivre ce qui s'est passé pendant l'attaque du Mime. » gémit Bridgette en posant ses mains de part et d'autres de sa tête.
-« Tu apprends de tes erreurs, c'est comme ça que tu vas devenir de plus en plus forte. Aies confiance en toi, et puis n'oublies pas que tu n'es pas toute seule. »
Bridgette hocha la tête en se souvenant du regard que Chat Noir avait porté sur elle après les évènements du Mime. Elle l'avait inquiété, elle lui avait fait vraiment peur et pourtant il avait tout de suite pardonné, il s'était même montré compréhensif. La jeune fille se redressa en inspirant à fond. Tikki avait raison, elle ne pouvait pas se laisser aller de la sorte. Tout le monde comptait sur elle et elle ne pouvait pas laisser son partenaire affronter seul le danger une fois de plus. Elle regarda une nouvelle fois sa petite compagne en se redressant.
-« D'accord je suis prête. » murmura-t-elle d'une petite voix.
-« Tout se passera bien, tu verras. » répondit Tikki en se collant à la joue de sa porteuse.
Un petit silence s'installa, laissant à Bridgette le temps d'essuyer son visage des larmes qui avaient coulées sur ses joues. Et après un dernier regard à Tikki, la jeune fille prononça sa formule de transformation.
« Tikki ! Transforme-moi ! »
Vêtue de son costume rouge, elle sortit discrètement du placard et emprunta le couloir dans l'autre sens, cherchant la porte la plus proche pour rejoindre la cour. Avec précaution, elle s'assura que personne ne traînait encore dans le coin avant de se propulser directement sur le toit de l'établissement grâce à son yoyo. Pendant son saut, elle put remarquer que les portes du lycée avaient été fermées et même barricadées avec des tables, des chaises et autres meubles trouvés dans les salles de classe. Elle était satisfaite de voir que les protocoles d'urgence fraîchement instaurés par la direction fonctionnaient à merveille et permettaient de mettre tout le monde à l'abris en quelques minutes.
Reportant son attention sur sa mission, elle put apercevoir Chat Noir devant elle, de dos, debout sur le même toit, les bras croisés. Elle s'empressa de le rejoindre en courant sur les tuiles, raccrochant son yoyo à sa hanche. Il tourna les yeux vers elle mais attendit qu'elle soit à sa hauteur pour la saluer.
-« Je ne savais pas qu'on faisait la garderie aujourd'hui. » souffla-t-il en posant son regard sur la foule d'enfants qui s'agglutinait en bas.
-« Ils sont trop nombreux pour attaquer de front, déclara Ladybug en se penchant à son tour. Et nous ne pouvons pas nous permettre de blesser qui que ce soit. »
Ladybug savait que Chat Noir ne devait pas se douter qu'elle connaissait l'akumatisé du jour, et pour cela, elle allait devoir se montrer très prudente et contrôler au maximum ses émotions. Et même si le stress lui dévorait la poitrine, lui retournait l'estomac, elle ne devait rien laisser paraître. Elle tourna un instant les yeux vers son coéquipier. Il semblait assez calme même si un léger tremblement dans ses doigts trahissait peut-être son véritable état d'esprit.
-« Où est leur leader ? » demanda-t-elle en regardant autour d'elle, cherchant Jehan des yeux avec appréhension.
Chat Noir se contenta de pointer son doigt vers le sol, vers le début du cortège d'enfant. Un homme habillé d'un long vêtement pourpre, d'un chapeau à plumes et jouant de la flûte marchait en tête du groupe, sans jamais s'arrêter de jouer. Derrière lui, la foule d'enfants ne laissait rien au hasard, entrant parfois dans des bâtiments, ramassant au sol ou dans les boutiques dont ils explosaient les vitres tout ce qui pouvait leur servir d'armes. Les grands entrainaient les plus petits et malgré le chaos qui régnait, le groupe semblait soudé, répondant à la seconde aux ordres de leur chef.
Ladybug sentit un frisson quand elle posa son regard sur Jehan. Ce visage tordu d'un sourire mauvais et ce regard emplit de fureur étaient bien loin de l'image que son ami renvoyait à l'accoutumée, ce qui renforçait le stress de la jeune fille. Si les enfants devaient être épargnés, elle ne savait pas si elle aurait le courage de se battre contre son meilleur ami, même si celui-ci était sous l'emprise du Papillon.
-« Est-ce que tout va bien ? » questionna Chat Noir qui avait remarqué son désarroi avec un léger froncement de sourcils.
-« O-Oh oui ! C'est juste que je ne sais pas du tout comment aborder le problème. Nous ne pouvons pas nous battre contre des enfants ! »
-« Ils ne nous ont pas encore remarqué, tâchons de les suivre discrètement. Peut-être allons-nous trouver une occasion de surprendre l'akumatisé sans avoir à toucher à son groupe. »
Ladybug hocha la tête en emboîtant le pas à Chat Noir qui se baissa légèrement pour suivre le Joueur de Flûte et son armée depuis les hauteurs. Tout en suivant son partenaire, la jeune héroïne continuait d'observer la scène qui se déroulait juste au-dessous d'elle, ne pouvant détacher son regard des enfants mais surtout du Joueur de Flûte qui progressait toujours de manière décidée dans la rue. Ladybug était tellement obnubilée qu'elle ne pensait plus à regarder devant elle, si bien qu'elle ne put éviter la tuile décrochée que Chat Noir avait esquivé mais sur laquelle elle marcha sans y faire attention. Elle perdit l'équilibre, glissant sur le bord du toit jusqu'à la gouttière. Son coéquipier, plus vif, la rattrapa juste avant que ses pieds de pendent dans le vide, agrippant la jeune fille par le poignet. Mais la tuile sur laquelle elle avait glissé continua sa course et dégringola jusqu'en bas, s'explosant sur le trottoir, sans ne toucher personne, au grand soulagement des deux héros.
Mais le bruit ne manqua pas d'attirer l'attention de tout le monde, faisant relever les yeux des enfants et du Joueur de Flûte vers eux.
-« Oups… » murmura la jeune fille en écarquillant les yeux.
« Les voilà ! murmura Papillon. N'oublie pas notre marché Joueur de Flûte, je veux leurs bijoux. »
-« Compagnons, nous avons de la visite ! lança aussitôt l'akumatisé. Allez me les chercher ! »
À peine avait-il prononcé ces mots que les enfants se ruèrent sur la grande porte en bois de l'immeuble sur le toit duquel les deux héros étaient perchés. Avec leur puissance de groupe et leur entrain d'accomplir la mission confiée par leur chef, la porte céda très facilement et se fut bientôt une nuée de jeunes garçons et filles en colère qui commencèrent à gravir les escaliers du bâtiment en criant.
La mâchoire des deux héros se décrocha littéralement en voyant cela, très surpris de voir l'entrée de l'immeuble être si facilement détruite.
-« Bon, bah maintenant nous savons qu'il faut mieux éviter de se retrouver face à eux ! » tenta Chat Noir avec un haussement d'épaules.
-« Si on ne veut pas finir dans le même état que cette porte, on a intérêt à bouger d'ici et vite fait ! »
Les deux partenaires n'attendirent pas une seconde de plus avant de se propulser de l'autre côté de la rue. Portant sa flûte à sa bouche, l'akumatisé ordonna à un autre groupe d'enfants d'imiter leurs camarades avec ce second bâtiment. Et tout aussi facilement, la porte céda sous les coups et la hargne des enfants.
Aucun d'entre eux ne semblait se fatiguer à force de courir et de crier, et la lueur dans leurs yeux montrait bien qu'ils n'avaient pas peur d'en découdre avec les deux héros. Chat Noir, surpris d'entendre déjà les acclamations des enfants parvenir jusqu'à eux, se tourna vers sa coéquipière.
-« Une idée ? »
-« Pas là non, et il est trop tôt pour déclencher le Lucky Charm, nous ne savons pas encore tout à fait de quoi l'akumatisé est capable. »
-« Regarde, les enfants partis dans les immeubles ont laissé un espace dégagé autour de lui, tu crois qu'on a une chance ? »
-« De toute façon, si on reste ici, on va se faire submerger par une vague de gamins en colère, alors autant tenter quelque chose ! Mais restons prudents ! »
Le jeune homme acquiesça avant de se laisser tomber au bas du toit, suivit de sa partenaire. Dès que ses pieds eurent toucher le sol, le garçon se précipita vers l'akumatisé en brandissant son bâton. Mais le Joueur de Flûte, loin de s'en formaliser, se contenta de quelques pas en arrière pour laisser la place à 3 jeunes hommes, légèrement plus jeunes que les deux héros, armés d'un panneau de circulation, arraché d'on ne sait où, pour l'un et des morceaux de tuyaux pour les deux autres.
Voyant cela, le héros pila pour les éviter, mais pas assez rapidement cependant car deux des trois gardes du corps se précipitèrent sur lui, lui barrant le chemin pour l'empêcher d'avancer davantage. Le garçon, piégé, ne pouvait alors qu'esquiver et parer les coups sans pouvoir les rendre et commença, malgré lui, à reculer. Car si son agilité héroïque aurait pu lui permettre de passer facilement outre cette garde de fortune, Chat Noir se refusait à utiliser toute forme de violence physique contre ses cadets. Ladybug, quant à elle, faisait face au troisième garde du corps du Joueur de Flûte qui faisait tourner son morceau de tuyau devant lui, un air menaçant sur le visage. L'héroïne osa tourner son regard en arrière un bref instant pour constater que le reste de l'armée d'enfants se rapprochait dangereusement et que Chat Noir et elle n'allaient pas tarder à se faire de nouveau submerger sans possibilité d'agir. Remarquant du mouvement sur sa gauche, Ladybug put remarquer qu'une jeune fille courrait dans sa direction, brandissant une chaise en bois au-dessus de sa tête. Analysant tour à tour les deux adolescents qu'elle avait autour d'elle, l'héroïne se plaça de profil par rapport à eux, afin de ne pas les perdre de vue.
Mais livrés à eux-mêmes sans instructions précises de la part de leur chef, les actions des enfants étaient plus que désordonnés et il ne fallut qu'une fraction de seconde à Ladybug pour constater que ses deux adversaires courraient l'un vers l'autre, cherchant tous les deux à l'atteindre sans se concerter. Attendant le bon moment, la jeune héroïne n'eut qu'à faire un pas en arrière pour laisser les deux adolescents se rentrer dedans sans qu'elle n'ait rien eu à faire. Tournant rapidement le regard vers Chat Noir qui se débattait toujours avec les deux autres jeunes gens, son coéquipier eut le temps de lui adresser un petit hochement de tête afin de l'encourager à s'opposer au Joueur de Flûte qui n'était maintenant plus protéger.
Ne perdant pas une seconde de plus, Ladybug s'élança vers le Joueur de Flûte en décrochant son yoyo de sa hanche et le faisant tournoyer à côté d'elle. Le chemin était tout tracé, elle n'avait qu'à lancer son filin dans les jambes du vilain, le faire chuter, attraper sa flûte et tout serait terminé. Mais pourtant, plus la jeune fille se rapprochait de son adversaire, moins cela devenait facile pour elle. Car malgré le masque doré qui recouvrait ses traits et l'armée d'enfants qu'il avait à sa suite, l'akumatisé restait Jehan, son meilleur ami. Et cela, même avec toute la meilleure volonté du monde, Bridgette ne pouvait pas retirer cette information de sa tête.
Elle savait que les akumatisés n'était pas les personnes qu'elles étaient sous leur forme civile, qu'elles n'étaient alors que l'incarnation vivante de leur frustration, de leur colère ou de leur peur. Elle savait que le vilain qu'elle avait face à elle ne représentait en rien le Jehan qu'elle connaissait. Et malgré cela, elle ne pouvait ignorer que c'était pourtant son meilleur ami qui portait ce masque. Déconcentrée, Ladybug ne put envoyer son filin comme sa tête lui criait de le faire. Elle continua de courir bêtement vers lui et l'akumatisé n'eut qu'à s'écarter d'un pas sur le côté pour lui administrer un coup de pied dans la hanche qui l'envoya rouler quelques mètres plus loin.
-« Ladybug ! » cria aussitôt Chat Noir qui avait assisté à la scène du coin de l'œil.
« Profite de cette opportunité pour récupérer les miraculous de Ladybug, ordonna Papillon au Joueur de Flûte, ses boucles d'oreilles. »
Continuant de batailler avec les deux garçons qui lui barraient toujours la route, Chat Noir pur remarquer l'avancée préoccupante du vilain vers sa coéquipière qui ne s'était toujours pas relevée. Constatant par ailleurs que le reste du groupe d'enfants était maintenant arrivé à sa hauteur, le héros dû user d'autres moyens pour se frayer un chemin. Attendant que l'un de ses deux adversaires principaux eut frapper un coup, le jeune homme l'esquiva et se contenta de placer le bout de son bâton derrière sa cheville pour lui donner un coup d'épaule mesuré afin de le faire chuter en arrière.
Enfin libre l'espace de quelques secondes, Chat Noir courut vers le Joueur de Flûte. L'akumatisé, de dos, n'eut pas le temps de se retourner avant que le héros ne lui saute dessus. Le voyant faire, Ladybug eut envie de lui hurler de ne pas lui faire de mal, de le laisser tranquille, mais elle ne pouvait pas le faire sans engendrer des questions auxquelles elle ne pourrait pas répondre par la suite. Son coéquipier parvint à stopper le vilain dans sa progression, avant de relever les yeux vers elle.
-« Allez, debout ! » lui ordonna-t-il en croisant leur regard.
Comme si elle avait été une automate, la jeune fille s'exécuta sur le champ. Elle se releva d'un bond avant de lancer son yoyo vers les hauteurs, là où les enfants, qui arrivaient en hurlant, ne pourraient pas la suivre. Après avoir tenté de d'arracher la flûte des mains du vilain, Chat Noir lui emboîta le pas, craignant de se faire submerger par les enfants qui s'approchaient dangereusement.
Une fois en sécurité, Ladybug regarda derrière elle. Une fois de plus le Joueur de Flûte avaient envoyé son armée à leur poursuite, portant son instrument à sa bouche, un air machiavélique dans ses yeux. L'héroïne peinait à se concentrer, et cela se remarquait de plus en plus, malgré tous les efforts qu'elle essayait de faire. Chat Noir se tourna vers elle et posa sa main droite sur son épaule.
-« Est-ce que ça va ? » demanda-t-il en inclinant légèrement la tête.
-« J-Je… J'en sais rien… » répondit simplement la jeune fille en secouant la tête.
Ladybug s'en voulait réellement de ne pas avoir plus de contrôle sur elle-même. Elle savait très bien qu'elle n'avait pas été efficace dans leur mission du jour, qu'elle avait fait rater une très bonne occasion d'arrêter l'attaque et que, encore une fois, elle mettait en danger son partenaire en ne parvenant pas à gérer ses émotions. S'entourant de ses bras, la jeune fille se recroquevilla légèrement sur elle-même pour tenter de calmer les battements chaotiques de son cœur.
Chat Noir fronça légèrement les sourcils en la voyant faire avant de regarder à son tour en contrebas. Le toit sur lequel ils étaient perchés n'avaient pas d'accès direct, mais cela n'avait pas empêché les enfants de tenter de grimper le long de la façade. Montant progressivement sur les épaules des uns et des autres, les enfants avaient déjà atteint le premier étage sur quatre. Leur progression était plutôt lente, mais efficace.
-« J'ai peur de ne pas être à la hauteur… » déclara sa partenaire, le sortant par la même occasion de sa réflexion.
Les deux jeunes gens croisèrent leur regard avant que l'héroïne ne pousse un petit soupir.
-« J'ai l'impression de m'être emballée pour cette tâche qu'on m'a confié. Je réagis très mal au stress et j'ai du mal à me contrôler quand je sens que la situation m'échappe, et plus je me sens mal, plus les choses empirent. Regarde, je viens de nous faire rater une occasion d'arrêter le Joueur de Flûte, tu t'es mis en danger pour me sauver… encore une fois, souffla Ladybug en secouant négativement la tête. Les évènements du Mime ont déjà prouvé que je ne pouvais pas gérer une situation compliquée correctement, et nous y revoilà aujourd'hui... »
Chat Noir ne put s'empêcher d'entrouvrir la bouche de surprise en entendant la complainte de sa partenaire. C'était la toute première fois que quelqu'un se confiait à lui de la sorte, et jamais il ne se serait douté que Ladybug affrontait les mêmes doutes auxquels il avait été confronté, et auxquels il était toujours confronté aujourd'hui, ce qui rendait la chose encore plus inhabituelle pour lui.
Mais il savait également que beaucoup de personnes risquaient d'être blessées si la situation ne trouvait pas de solution rapidement. Le jeune homme avait bien conscience que sa coéquipière ne pourrait pas accomplir correctement la mission du jour sans se mettre en danger dans l'état où elle était. Avec une mine contrite, Chat Noir prit sur lui de lui remonter le moral.
-« Écoutes, dit-il en posant une nouvelle fois sa main sur l'épaule de sa coéquipière, j'ai ressenti exactement la même chose au début. J'étais persuadé qu'il y avait une erreur, je détestais l'idée que j'allais devenir un héros, vraiment. »
Intriguée, Ladybug releva ses yeux vers lui en fronçant légèrement les sourcils, l'air perdue.
-« Je n'avais qu'une seule idée en tête : me débarrasser de mon miraculous. Mais… soupira le garçon, finalement je n'ai pas eu le choix que de le garder. Et j'ai fini par m'y habituer, et malgré moi, j'y ai même pris goût, parce que j'ai trouvé du bon dans ce rôle qui est désormais le nôtre. »
Chat Noir se stoppa un instant en prenant conscience qu'à son tour, il était en train de partager son état d'esprit, comme il ne l'avait jamais fait jusqu'alors. Perturbé, le garçon s'écarta d'un pas sans détacher son regard de sa partenaire. Pour la toute première fois, il confiait ses peurs à quelqu'un d'autre que Plagg, qui était bien la seule personne à qui il pouvait parler de son rôle de héros. Le jeune homme secoua la tête avant de reprendre.
-« J'ignore pourquoi j'ai été choisi : Je ne suis pas le plus fort, certainement pas le plus agile, pas le plus dégourdi non plus, je n'y connais rien au relationnel humain ni en stratégie de combat. Mais si je l'ai été, il doit y avoir une raison, même si elle n'est pas évidente de prime abord. Crois-moi, je suis loin d'être serein. »
Chat Noir passa une main dans sa nuque alors que Ladybug s'approchait de lui, un air désolé sur le visage.
-« Et c'est exactement pareil pour toi, murmura-t-il avec un petit sourire. Je comprends ce sentiment de peur qui t'habites mais j'ai vu de quoi tu étais capable. Et même si nous faisons encore des faux-pas, c'est en continuant de se battre côte à côte que nous allons nous améliorer. »
Ladybug n'était maintenant plus qu'à un pas de lui. Ses yeux bleus brillaient d'une manière qu'il n'avait jamais vu, ce qui ajouta au trouble auquel il faisait déjà face.
-« C'est un travail compliqué… murmura le jeune homme sans pouvoir détacher ses yeux de ceux de sa partenaire. Mais… Nous ne pouvons pas laisser tomber tous ceux qui comptent sur nous ni nous faire submerger par nos sentiments, même si ça peut parfois être… compliqué. Et… Pour ce que ça vaut… Je trouve que tu es une super Ladybug. »
Le jeune héros tressaillit en prenant conscience de ce qu'il venait de dire : il avait prononcé ces mots sans réfléchir, sans penser, il avait juste dit ce qu'il ressentait. Le garçon était totalement figé, incapable de prononcer un mot de plus. Sans quitter ce contact visuel que les deux jeunes gens partageaient depuis de bien trop longues secondes, le garçon écarquilla les yeux. Comment arrivait-elle à lui faire perdre pied de la sorte ? Lui qui était toujours en plein contrôle de lui-même, la plupart du temps en tout cas, comment parvenait-elle à lui faire dire tout ce qui lui passait par la tête, sans jamais rien faire ?! Et ses yeux… Étaient-ils toujours aussi bleus ou est-ce que la transformation agissait, comme sur lui-même, pour leur donner cette couleur ?
Le garçon s'empourpra violemment en prenant conscience de la question qu'il venait de se poser à lui-même. Elle lui avait jeté un sort, il ne pouvait en être autrement. Voyant sa mimique à la limite de la gêne, Ladybug ne put retenir un petit rire. Chat Noir n'était pas diplomate, c'était vrai, mais le voir ainsi et ses mots francs avaient réussi à lui redonner un peu confiance. Dans sa complainte, elle avait totalement omis les sentiments de son coéquipier. Après tout, tout était nouveau pour lui aussi, et elle n'avait jamais pris le temps de lui demander comment il vivait son rôle de héros, alors qu'il était bien la seule personne avec qui elle pouvait discuter de cela, mise à part Tikki.
-« Merci Chat Noir,murmura-t-elle avec un petit sourire. Je suis contente que tu me partages tes ressentis, je me sens mieux grâce à toi. »
Le jeune homme se contenta de hocher brièvement la tête, toujours plus ou moins perdu dans ses pensées. Il allait devoir se reprendre en main, et vite. Un bruit dans son dos ramena les deux héros à la raison et les amenèrent à se rapprocher de la bordure du toit avant de s'en écarter tout aussi brusquement.
Les enfants avaient presque atteint la gouttière du toit et il ne restait plus que quelques instants avant qu'ils n'arrivent sur les tuiles. Les deux héros devaient tout de même reconnaître que ces jeunes soldats avaient de la détermination.
-« Bon allez, assez perdu de temps, il faut agir. » déclara Ladybug avec un regard à Chat Noir.
Le jeune homme secoua rapidement sa tête avant d'acquiescer, se remettant les idées en place. Il devait se concentrer sur la mission et ne pas penser à ce qui venait d'arriver. Déployant leurs armes pour atteindre le toit de l'immeuble de l'autre côté de la rue, sous les hurlements rageurs des enfants, les deux héros ne purent s'empêcher de remarquer du mouvement en bas, qui n'était pas causé par leur présence.
Les enfants, bien que l'air menaçant, semblait s'écarter à la demande du Joueur de Flûte devant une jeune fille qui progressait avec prudence vers lui. Le sang de Ladybug ne fit qu'un tour quand la jeune personne sortit quelque peu de la foule et qu'elle put apercevoir correctement son visage.
-« Andréa ! »
Je ne sais pas si vous avez remarqué mais mes héros ont toujours tendance à faire des discours psychologiques au PIRE moment possible xD
Merci d'avoir lu, à la semaine prochaine pour la suite, restez connectés...
