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BIENVENU À LA MAISON

"Bella, éloigne-toi de là."

Bella tressailit. Elle n'avait pas réalisé qu'il y avait quelqu'un dans la pièce. Elle regarda attentivement la couture sur ses genoux en répondant à Alice. "Il y a une meilleure lumière près de la fenêtre."

C'était vrai. Puisque la plupart de leurs vêtements avaient été perdus ou déchirés pendant le voyage il y avait beaucoup de couture à faire pour préparer les longs mois d'hiver.

Alice acquiesça en faisant un bruit et tira une autre chaise de salle à manger pour s'asseoir face à Bella. "Oui tu as raison. La lumière est très bonne. C'est aussi un bon endroit pour rêver aux hommes merveilleux qui chevauchent sur la colline là-bas."

"Hum," acquiesça Bella, ignorant la chaleur qui montait à ses joues.

"Je ne vais pas te dire pour la millième fois que ton mari ira bien parce que tu ne me croiras jamais de toute façon. A la place je vais te distraire. Cela fonctionne pour nous deux parce que j'ai besoin de bavarder avec quelqu'un."

Cela attira l'attention de Bella. "Potins ? A propos de qui ? Nous connaissons à peine les voisins."

"Et pourtant au milieu d'une saison de récolte très occupée beaucoup d'entre eux sont passés par là pour se présenter." Alice gloussa. "Et as-tu remarqué... il se trouve que ce sont des hommes célibataires ou au moins leur mère ?"

Bella réfléchit. Arrivant de la ville ça ne lui semblait pas bizarre que les voisins viennent pour leur souhaiter la bienvenue. Mais maintenant que Bella y réfléchissait, les voisins les plus proches de son père étaient à des kilomètres. Ça avait dû leur demander quelque effort pour venir un jour de semaine et comme Alice l'avait fait remarquer c'était le temps des récoltes. Les hommes revenaient des champs après le coucher du soleil. Emmett était tombé de sommeil dans son assiette au dîner hier soir.

"Des célibataires. Mais pour qui ? Il n'y a pas…" Bella inclina la tête regardant vers Alice avec surprise. "Vera ?"

"A vrai dire... les premiers sont venus pour toi."

"Moi?" Bella était tellement étonnée qu'elle laissa presque tomber son ouvrage.

"Bien sûr. Après tout, personne ne s'attendait à ce que tu arrives chez toi avec un mari. Ils savaient tous que Charlie avait une fille en âge de se marier. On sait ces choses concernant ses voisins. Mais ne t'inquiète pas. Ils ne viendront pas t'ennuyer. Tu aurais été une bonne prise pour chacun d'eux Bella mais ils sont allés voir vers des prairies plus vertes, pour ainsi dire."

"Mais ça n'a pas de sens. Vera est nouvellement veuve et pas encore sortie du deuil. Avec deux garçons, en plus."

"Tu dois voir le bon parti qu'elle représente," dit Alice regardant Bella avec perplexité. "Elle est encore assez jeune, à trente et un ans elle peut avoir plus d'enfants. Elle a un peu d'argent, même avec la perte du chariot. Les garçons ne font que bonifier l'affaire."

"Que veux-tu dire ?"

L'expression sur le visage d'Alice suggéra qu'elle pensait que Bella était un peu bête. "Ils sont déjà à moitié élevés. Il ne faudra que quelques années avant qu'ils puissent travailler à la récolte. Pas besoin de partir de zéro dans ce cas."

Bella fit la grimace. "C'est tellement grossier et froid."

"Ce sont des affaires," dit Alice avec un haussement d'épaules. "C'est un arrangement mutuellement avantageux. Vera sera subventionnée et protégée. Le prétendant chanceux gagnera deux garçons forts et une jolie femme. Entre Jasper et papa ses intérêts sont bien pris en charge."

Ce n'était pas la première fois que Bella se demanda à quoi aurait ressemblé sa vie si les choses s'étaient déroulées différemment avec Edward. Elle aimait rêver qu'il aurait pu juger bon de s'installer et de la courtiser comme il le regrettait souvent. Connaissant son mari comme elle le faisait il était plus probable qu'il se serait convaincu qu'il n'était pas bon pour elle et qu'il aurait continué avec James comme il l'avait toujours fait.

Si Edward et elle n'avaient pas été pris dans une situation compromettante cela aurait bien pu être elle à la place de Vera, évaluée comme un prix. Assez jeune pour avoir de nombreux enfants. Assez jolie pour ce que ça compte. Probablement plus opiniâtre et têtue qu'une bonne épouse aurait dû l'être mais comme son père l'avait dit, il y avait beaucoup plus d'hommes que de femmes dans ce nouveau pays.

Là encore elle ne pouvait pas appeler son mariage le summum de la romance. Elle avait été mariée comme un bien prétendument endommagé, sa valeur diminuée par le bâtard qu'elle portait potentiellement.

Bella frissonna et retourna à sa couture. "Je ne comprends pas pourquoi il y a une telle précipitation. Même en mettant de côté ce qu'Alistair a laissé à Jasper, elle en a assez pour commencer une vie ici seule. Elle pourrait subvenir à ses besoins et à ceux des garçons pendant des années avant même qu'elle ne soit à court d'argent. Même si elle échouait lamentablement cela lui donnerait le temps de lui trouver quelqu'un qu'elle veut vraiment."

Alice bourdonna, concentrée sur sa tâche pendant quelques instants. "Je sais que tu penses que je ne suis pas très charitable d'avoir dit ce qui est la simple vérité," dit-elle. "Vera n'a tout simplement pas ton sens aigu, Bella. Je ne doute pas que tu puisses gérer une ferme et tes finances assez bien par toi-même si jamais tu perdrais ton mari... mais Vera n'est pas ce genre de femme. Elle doit être prise en charge. Elle veut être prise en charge. Je suis convaincue que tu pourrais survivre seule mais elle, elle ne peut pas."

Bella frissonna, une sensation de froid et de nausée se tordant dans son ventre. Elle posa son ouvrage avec des mains tremblantes. "Je ne veux pas survivre toute seule."

"Oh, chérie." Alice se leva et alla se mettre à côté de Bella. Elle tira la tête de son amie pour la faire reposer sur sa poitrine et lui tapota les cheveux. "Encore quelques jours et il sera de retour sain et sauf."

Bien qu'elle ait essayé de se dire à plusieurs reprises qu'elle était ridicule Bella avait du mal à inspirer profondément. Sa poitrine lui faisait mal et ses yeux se déchiraient. Elle gémit, les frottant. "Je suis désolée. J'ai été si pleurnicharde ces derniers jours."

"Bella." Alice rigola en mettant ses cheveux en arrière. "Nous somme dix dans cette maison, onze si on compte ton mari, parce qu'aucun de nous ne supporte l'idée de partir. Ne t'excuse pas d'être pleurnicharde. Tu crois que je ne sais pas la chance que j'aie que mon mari ne parte pas plus loin que dans les pâturages? Je ne te blâme pas pour ta peur, pas après tout ce que nous avons vu et traversé mais Edward ira bien."

Sur ce Bella respira plus facilement, se laissant croire les paroles de son amie. Quelques jours de plus. Elle pourrait être courageuse encore un peu.

"Je veux lui dire, Alice," chuchota-t-elle, fermant les yeux et souhaitant de toutes ses forces que lorsqu'elle les ouvrirait il arriverait par cette colline.

Alice la serra dans ses bras. "Tu le feras."

Oo FH oO

Ce fut Jasper qu'Edward vit en premier. Du moins il pensait que c'était Jasper. C'était une silhouette blonde montée sur un cheval qui rassemblait le bétail

Quelle que soit la silhouette, sa vue signifiait une chose : Edward était presque à la maison. Sa prise se resserra autour des rênes et il dut lutter pour maintenir les chevaux à un rythme régulier. Ils tiraient un chariot - presque vide pour le moment - et cela ne lui ferait aucun bien de se précipiter et de le renverser. Une autre heure de trajet ne le tuerait pas...

C'était comme si c'était le cas. Bella était si proche.

Etre loin d'elle avait été plus difficile qu'il ne l'avait prévu. Les jours étaient presque supportables avec toutes leurs distractions. Il y avait des registres sans fin à parcourir, des achats, des projets à faire, sa terre avec laquelle renouer. Les nuits, cependant, étaient longues et désolées sans elle.

Souvent elle était tellement dans ses pensées qu'il ressentait le fantôme de son toucher. Quand il se retournait pour trouver le lit vide et froid à côté de lui, la douleur qu'il ressentait s'intensifiait au point qu'il pensait qu'il pourrait en mourir.

Avant de devenir fou Edward tourna ses pensées vers un grand nombre de choses dont la moindre n'était pas la famille dans laquelle il avait été adopté.

Il était probable que Carlisle finirait par faire comme il l'avait toujours fait. Même pendant le peu de temps qu'il lui restait avant de devoir partir pour sa propre propriété, Carlisle avait été appelé pour s'occuper de ce voisin ou de quelqu'un d'autre.

Peu importe ce qu'il était censé faire d'autre... il y allait toujours. C'était un appel pour lui, Edward le reconnaissait. Peut-être il pourrait embaucher quelqu'un pour travailler la terre pour lui mais Edward pensait que Carlisle pourrait se faire payer pour son travail de médecin tout comme il le faisait à l'endroit d'où il venait.

Emmett était aussi susceptible de retrouver son métier que Rosalie et lui voyagent ou non dans une plus grande ville. Comme Carlisle il possédait des capacités des plus recherchées. Menuisier serait plus lucratif ici où les gens luttaient pour bâtir la civilisation dans le désert.

Jasper, avait pensé Edward, finirait probablement par élever du bétail. Il était doué avec les animaux et il avait le sens du commerce surtout s'il voulait transformer sa terre en ferme laitière.

L'homme avait été un bon ami pour lui alors que tous les autres ne faisaient que le juger. Edward avait pris note mentalement de lui parler de cette possibilité.

En regardant Jasper avec le bétail pendant qu'il s'approchait, Edward se sentit satisfait. Il avait eu raison concernant les préférences de son ami.

Quand Jasper l'aperçut il fit tourner son cheval et partit au galop. Il s'arrêta à côté du chariot d'Edward et tapota le côté. "Frère si je ne revois plus jamais ceci…"

Edward rigola. Ce n'était pas le même genre de chariot. Celui-là était plus près du chariot de transport qu'autre chose. "Il sera stocké pour l'hiver, alors essaie de ne pas le laisser te traumatiser."

Jasper sourit mais son sourire se fana rapidement. "Pourquoi ne le laisserais-tu pas là et que je finisse le reste du chemin ?

Le cœur d'Edward tomba jusque dans ses pieds, son sang devint glacial. "Pourquoi ?"

"Un homme à cheval arrivera plus rapidement et…"

"Quelque chose est arrivé." Edward arrêta les chevaux. "Dis-moi." Il essayait de garder son calme mais sa panique augmentait de plus en plus.

S'il vous plaît, non. Ils étaient sortis de la piste. Ils étaient censés être en sécurité. Bella était supposée être en sécurité.

Jasper grimaça. "Tu as presque une semaine de retard par rapport à ce que tu avais dit. Entre s'inquiéter pour toi, nous aider à préparer l'hiver et prendre soin des hommes, Bella a un peu exagéré..."

Edward descendit du chariot juste au moment où Jasper descendait du cheval. Il attrapa son ami par les épaules et le secoua. "Que veux-tu dire ? Qu'est-ce que ça veut dire ?"

"Elle s'est un peu évanouie et a dégringolé dans l'escalier."

Edward poussa un petit cri, se tournant déjà vers le cheval. Jasper essaya d'en dire plus mais Edward était parti sans entendre un mot de plus.

A cheval, en tant que cavalier solitaire, il ne fallait pas plus de vingt minutes pour atteindre la maison mais chacune de ces minutes s'étirèrent comme une éternité. Il n'y avait aucune raison d'être aussi paniqué. Plus près de la maison, il avait repéré Rosalie et Esmée dans les jardins. Si tout le monde vaquait à ses occupations comme d'habitude, Bella ne pouvait pas être si mal en point. Son esprit rationnel s'était habitué à tout cela mais cela n'eut aucune importance. Sa pire crainte était la mort prématurée de sa belle femme et maintenant il ne pouvait pas se calmer jusqu'à ce qu'il puisse la voir devant lui.

"Edward..." Sue, assise sur le porche en train de coudre, voulait se lever quand elle le vit mais Edward lui coupa la parole avant qu'elle ne puisse parler.

"Désolé, Mme Swan," dit-il en descendant d'un bond. Il courut dans la maison et monta l'escalier sans un regard vers sa belle-mère.

Bella dormait quand il arriva dans leur chambre mais la voir à nouveau, la poitrine se soulevant et s'abaissant à intervalles réguliers, contribua beaucoup à apaiser les nerfs d'Edward. Plus que cela, sa vue soulagea la douleur d'être séparé d'elle.

Il traversa la chambre et alla s'asseoir sur le lit. Son soulagement se dissipa vite lorsqu'il la vit de près.

Elle avait l'air d'avoir fait un ou deux rounds sur un ring de boxe. Des bleus jonchaient la peau claire de ses bras. Mais c'est son visage qui lui tordit l'estomac d'effroi et d'inquiétude. Il y avait un bleu foncé sur sa joue mais c'était le dernier de ses soucis. La peau qui n'était pas meurtrie avait une pâleur maladive. Elle était couverte de sueur et lorsqu'il lui toucha la joue, sa peau était moite et fraîche. L'air de la pièce était chaud, principalement à cause du feu qui faisait rage dans l'âtre et bien que la fenêtre ait été ouverte, il pouvait encore sentir l'odeur de maladie.

"Bella," murmura-t-il, la voix rauque.

Ses cils battirent quand elle se réveilla et il lui fallut quelques secondes pour se concentrer sur lui. "Edward ?" murmura-t-elle, sa voix faible et haletante, de sommeil ou de maladie ? se demanda-t-il.

Mais après avoir cligné plusieurs fois des yeux , elle se redressa. "Edward !" L'instant suivant, Edward se trouva dans une étreinte si serrée qu'il faillit s'étouffer. "Oh, Edward. Es-tu ici ? Es-tu vraiment là ?"

Il oublia momentanément son inquiétude pour pouvoir la serrer tout aussi fort dans ses bras mais il le regretta quand elle cria et s'éloigna. "Désolée," dit-elle, en prenant son visage dans ses mains et en faisant courir ses pouces sur sa barbe qui avait repoussé. "Je suis un peu amochée, c'est tout. Je suis désolée."

"Que s'est-il passé ? Qu'est-ce qui ne va pas ?" demanda-t-il. Son anxiété était une grosseur dure et douloureuse dans sa gorge et il redoutait la réponse.

"Oh, ce n'était rien, vraiment. Je n'ai pas dormi et je n'ai pas pu manger beaucoup et..."

"Pourquoi ?" Il bougea sa main pour lui prendre la joue en coupe, trop anxieux pour la laisser radoter. Il prit une profonde respiration et fit un visage stoïque. Il pourrait être courageux pour elle. "S'il te plaît, dis-moi ce qui ne va pas."

Elle baissa la tête. "Il n'y a rien de mauvais," dit-elle. Son ton était étrangement timide.

Bella repoussa les couvertures et le tira. Comprenant l'idée, Edward se réajusta pour pouvoir s'asseoir avec le dos contre la tête de lit. Elle le surprit en grimpant sur ses genoux. Malgré son assurance, il ne lui échappa pas qu'elle tremblait. Quelque chose ne collait pas ici et Edward pensait qu'il allait devenir fou s'il devait attendre plus longtemps pour savoir.

Mais plutôt que de parler tout de suite, elle sembla distraite lorsqu'elle leva les yeux. Elle commença à tracer les traits de son visage, en faisant courir son doigt le long du contour de sa barbe.

"J'avais tellement peur. Tu n'es pas rentré à la maison quand tu as dit que tu le ferais et j'avais tellement peur que tu sois mort sans que je le sache."

"Quoi, Bella ? Chérie, qu'est-ce qu'il y a ?"

De nouveau, elle regarda vers le bas mais au moins ce qu'elle avait à dire apporta un peu de couleur à ses joues.

Elle cacha son visage contre son cou mais finit par murmurer : "Je vais avoir un bébé."

Son cœur rata un battement. Il était tellement sûr que les nouvelles qu'elle allait lui annoncer seraient mauvaises qu'il ne pouvait pas traiter cette information. Sa main s'arrêta un instant de lui frotter le dos.

Il mit tellement de temps à parler qu'elle leva la tête, un mélange de peur et d'incrédulité évident sur son visage. "Es-tu mécontent ?"

"Non !" Le mot sortit comme un croassement effrayé et il réajusta sa prise sur elle. "Mon Dieu, non. Bella."

Il dit son nom dans un murmure haletant, stupéfait. Un frisson s'élevait en lui, une joie si profonde qu'il avait presque peur de la reconnaître.

C'était effrayant d'aimer quelqu'un autant qu'il aimait cette femme dans ses bras. Cela le rendait vulnérable. La partie de lui qui avait vu trop de pertes savait que même ici, en sécurité dans leur lit emprunté, il y avait tant de façons de la perdre. Des possibilités infinies. L'accouchement était non sans risque dans la meilleure des situations.

Pourtant, s'il osait espérer, l'amour qui fleurissait en lui à l'idée qu'il avait créé un enfant avec elle était quelque chose de profond. C'était tellement différent de ce que c'était avec Maggie.

Quand Maggie lui avait dit la même chose, il avait simplement été fier de ses prouesses. C'était… ce qu'un homme fait, après tout. Il prenait une femme et avait des enfants. C'était l'ordre naturel des choses et il avait pris cette bénédiction pour acquise.

Il savait maintenant ce que c'était que d'aimer une femme au plus profond de son âme. Il savait à quel point c'était spécial que cet enfant ait été créé dans l'amour. Il savait à quel point la vie était précieuse et terriblement fragile.

"C'est le meilleur des accueils dont j'ai jamais entendu parler..." dit-il, trouvant enfin sa voix. Il laissa son sourire s'agrandir encore. "Combien de temps ? Ça n'a pas pu être ce premier jour à la maison..."

La teinte rose de ses joues s'est accentuée. "Non. Pas à ce moment-là. J'en suis à huit semaines."

Bien qu'il n'ait pas cru que c'était possible, le sourire d'Edward s'élargit. "Ton anniversaire ?"

Elle souffla. "Oui, il semblerait que c'était inutile d'échanger ta montre contre mon collier." Elle toucha la chose qui pendait encore à son cou. "Tu as laissé un autre cadeau derrière toi."

Aussi ridicule qu'il soit, cette idée le faisait gonfler comme un paon. Il étendit sa main sur son ventre, l'imaginant gonfler sous ses doigts. "C'est ce que j'ai fait."

Son expression était adorable mais exaspérée. "Si prétentieux!"

"Fier," corrigea-t-il et il captura ses lèvres avant qu'elle puisse discuter.

Elle l'embrassa en retour jusqu'à ce qu'il porte sa main à sa joue. Quand elle a commencé à avoir mal, il recula, se rappelant tardivement qu'elle était blessée.

Enceinte et blessée. "Bella. Ta chute. Comment ? Le bébé," bégaya-t-il, ne sachant pas ce qu'il fallait demander.

"Je vais bien," dit-elle, bien qu'elle ait elle-même l'air inquiète. "C'est arrivé hier soir. J'étais à mi-chemin dans l'escalier et j'ai eu un vertige." Elle fit une grimace et tapota la literie. "C'est pour ça que je suis ici en milieu de journée. Carlisle m'a surveillé comme un faucon mais il n'y a pas eu de douleur - bien à part les bleus mais pas de douleur ici". Elle posa une main sur son ventre.

Elle s'éclaircit la gorge. "Et pas de saignement. Il m'a dit de rester tranquille quelques jours par précaution mais si tu veux savoir la vérité, je pense que c'est parce qu'il pourrait enfin me faire dormir si je restais tranquille. Il me poursuit pour cette raison depuis que tu es parti."

"Tu n'as pas dormi ? "

Elle toucha sa poitrine. "Sans toi ? Non. Je ne pouvais pas. Au début, j'ai attendu parce que je savais qu'il faudrait des jours pour que la nouvelle nous parvienne si tu n'étais pas arrivé là où tu allais puis..."

Elle secoua la tête et Edward pensa qu'il comprenait. Même lorsque il s'était écoulé suffisamment de temps pour qu'elle puisse être sûre qu'il était bien arrivé, il était toujours parti. Elle prit une profonde respiration. "Puis la fin de la deuxième semaine est arrivée et partie. Puis un autre jour et un autre et une autre.

"Et un autre et un autre," finit-il pour elle. Il lui embrassa le front. "Je suis désolé. J'aurais dû… penser à envoyer un message. J'y ai pensé mais j'ai cru que cela ne me prendrait pas autant de temps. J'ai pensé que je me mettrais en route le lendemain - inutile d'envoyer quelqu'un avec un message - mais alors quelque chose d'autre se présentait et le temps a filé."

"Tu es là," dit-elle, en se blottissant contre lui. "Et je suis là, et nous aurons un bébé d'été comme Alice l'avait prédit."

Il rit, la tenant tout près. "Un tel talent. Qu'a-t-elle prédit d'autre ?"

"Rien que je ne sache."

"Eh bien, c'est suffisant." Il mit ses doigts sous son menton et inclina sa tête pour la regarder.

"C'est plus que suffisant," dit-il, et il l'embrassa.


...