Bonjour tout le monde !
C'est la rentrée, pour nous aussi, pour mieux vous dire au revoir et à très bientôt !
Désolée pour les longs mois d'attente, mais entre le triple pontage de mon père, la COVID-19, les vacances, la rentrée, cette année 2020 (pas encore terminée) a été bien chargée !
Bref, voici le dernier chapitre, qui met un terme (définitif ou pas, seul le temps nous le dira) à cette histoire commencée en 2008 !
Donc, 12 ans après le début des aventures d'Hermione, voici la fin tant attendue !
Bonne lecture !
Chapitre 35 : Tout est bien qui finit bien
La nuit était avancée quand Hermione transplana pour le bureau de la Directrice de Poudlard. Apparaissant dans un craquement sec au septième étage du collège, devant la gargouille gardienne de la porte menant au bureau de Minerva, la Source trouva que l'ambiance dans le château était légèrement sinistre. Elle haussa les épaules et se planta devant la statue de pierre.
- Bonsoir, lança-t-elle avec un sourire. Madame la Directrice pourrait-elle me recevoir ?
- Elle est partie se coucher et elle a bien de la chance, bailla la gargouille. Je vous laisse monter, Origine de toutes magies.
Hermione grimpa les marches en colimaçon, embêtée d'avoir tardé à se rendre à Poudlard. Mais elle avait aidé Elise à finaliser un rapport pour son crétin de chef et cela avait pris un peu de temps à déformer la vérité pour qu'elle soit avalable par des moldus.
Arrivée devant la porte du bureau, la brunette frappa quelques coups et attendit, tendant l'oreille. Après une bonne minute, elle se décida à entrer et à tenter sa chance en frappant à la porte des appartements privés.
- Au pire, je repasserai demain à la première heure, soupira-t-elle en pénétrant dans la pièce.
- Origine de toutes magies, je vous salue !
Hermione tourna la tête et avisa que tous les défunts directeurs de Poudlard la dévisageaient. Et celui qui avait parlé était Armando Dippet.
- Bonsoir messieurs, répondit la Source, son regard se posant sur le portrait de Dumbledore.
Le vieux sorcier la regardait avec son air avenant et un demi sourire.
- Miss Granger, quelle surprise de vous voir en si bonne forme.
- Tu m'étonnes...
Dumbledore fronça les sourcils, étonné du ton de son ancienne élève, tandis que Rogue semblait attendre avec une certaine impatience la suite de la conversation.
- Un problème, Miss Granger ? demanda Albus.
- Si on peut qualifier le fait que dans mon monde, vous avez essayé de me tuer, que vous avez vendu votre âme à une sorcière qui était pire que Voldemort, on peut parler de problème, ouais, j'ai un problème avec vous.
- Dumbledore est un homme aux nombreux défauts, commença Rogue. Mais à ma connaissance, il n'a jamais tenté de tuer quelqu'un dans ce monde.
- Il faut croire que l'occasion fait le larron, Professeur Rogue.
- Miss Granger, je vous assure n'avoir rien fait de ce que le Albus Dumbledore vous a fait subir dans votre monde. Et je vous présente mes sincères excuses pour les actions qu'il a commises.
- Mouais... Madame la Directrice est partie se coucher il y a combien de temps ?
Albus fit mine de réfléchir.
- Il y a une heure de cela, je dirais.
- Amusant pour un animagus qui est sensé passer ses nuits à chasser les souris dans les couloirs, se gaussa Severus.
- Merde... Bon, je repasserai demain.
- Non, frappez à sa porte et entrez, contra Rogue. Personne n'est jamais venu la visiter dans sa chambre, ça sera une grande première.
Une étincelle dans le regard de la Source, bien que fugace, n'échappa pas à Rogue.
- Miss Granger, vous ne cesserez de me surprendre.
- On me le dit souvent, fit Hermione en attrapant un parchemin et une plume sur le bureau de Minerva.
Elle commença à écrire quelques mots quand la porte des appartements s'ouvrit. L'animagus apparut, sa baguette à la main, prête à jeter un sort.
- Promis, je voulais juste emprunter votre plume pour écrire un mot, sourit la brunette en levant les mains.
- Au clair de la lune …, chantonna Albus dans son cadre.
- La ferme, Dumbledore, gronda Hermione. Madame la Directrice, y a-t-il un endroit où nous pouvons discuter loin de ces portraits trop curieux pour leur bien ?
Minerva toisa les portraits en fronçant les sourcils.
- Je pense effectivement que l'on peut se passer de public, ces messieurs sont de vraies pipelettes qui commentent la moindre chose sans intérêt pour passer le temps. Suivez-moi.
Hermione pénétra dans les appartements de la Directrice et fut comme happée par un lointain passé. Dans ce monde comme dans l'autre, Minerva McGonagall avait les mêmes goûts pour la décoration. La brunette se revit jouer aux échecs avec sa femme sur le divan du salon. Les siècles avaient beau avoir défilés, le souvenir fit naitre autant de nostalgie que de bien-être dans l'esprit de la Source.
- Vous êtes bien aimable de me recevoir dans vos quartiers privés.
- Je vous en prie ma Source, répondit McGonagall en désignant le canapé.
- Hermione suffira, je vous assure.
- Très bien, Hermione. Thé ?
- Plutôt un café. Je ne pense pas avoir le temps de dormir de toute façon.
- Vous avez mangé au moins ?
- Ma foi, je crois que je n'ai pas eu le temps pour ça non plus depuis que j'ai retrouvé la mémoire. D'ailleurs je tiens à vous remercier pour tous vos efforts.
- Je vous en prie, c'est surtout le Dr Parkinson qu'il faut remercier pour sa ténacité.
- Ou sa curiosité, sourit la Source.
Minerva acquiesça, tout en commandant un plateau repas à l'elfe de maison qu'elle avait convoqué. La petite créature magique ne savait pas comment se comporter, entre la Directrice de Poudlard qui lui donnait des instructions et l'Origine de toute magie qui la regardait aimablement.
L'elfe finit par s'incliner grandement devant sa créatrice, ses longues oreilles trainant sur le sol. Hermione secoua la tête et fit un geste pour que la créature se redresse.
- Pas de cérémoniale avec moi, s'il vous plait, dit-elle avec un sourire. Et remerciez vos collègues en cuisine de ma part. Je suis navrée de vous faire travailler à cette heure tardive.
- Rien de ce que pourrait demander Guenily ne saurait être une corvée. C'est notre plaisir de vous servir et de vous honorer.
Sur ces mots, l'elfe disparut et Hermione soupira.
- Je n'y arriverai jamais avec eux...
- Je me souviens de votre mouvement de libération...
- Donc, je l'ai fait également dans ce monde. J'en suis heureuse... sourit Hermione. Bref, comment voulez-vous procéder à l'évacuation de vos élèves ?
- J'ai envoyé une note en fin de journée aux parents pour expliquer une épidémie de variole du dragon, répondit Minerva. Le Poudlard Express va être affrété et le départ des élèves aura lieu demain matin à dix heures. J'ai donné consigne qu'ils récupèrent l'intégralité de leurs affaires.
- Parfait. Je serai dans le train pour sécuriser le trajet, répondit la Source. Autant ne pas prendre de risque.
- Vous n'avez pas peur que cela attire justement vos ennemis vers le train ? Si vous vous montrez ostensiblement ici, elles délaisseront les élèves. Il y aura les professeurs avec eux.
- Je masquerai ma puissance magique, la fée noire ne pourra pas me détecter. Et vos professeurs ne pourront rien face à une armée de fées.
McGonagall soupira en s'asseyant sur un fauteuil.
- Je n'ai jamais rencontré de fées. Qu'est-ce qui a pu les conduire à vouloir vous défier ?
- Les deux femmes que vous avez affrontées à Londres en étaient. C'est coriace. Il se trouve qu'elles m'en veulent car il y a deux milliers d'années, leur chef a cherché à me tuer. Elle ne voulait pas d'une divinité dans son monde. Elle et ses ouailles ont menacé beaucoup de moldus et de sorciers, alors j'ai sévi. J'ai tué la chef et j'ai coupé les ailes des autres. Une d'entre elles a échappé à la punition et m'en veut à mort.
Hermione crut bon de taire son contentieux personnel avec la fée noire pour ne pas passer la nuit à raconter sa vie à l'animagus.
- Vous êtes expéditive.
- Pas assez visiblement. Je n'aurais pas seulement dû les punir mais les éradiquer de tous les mondes à ce moment-là. Lexa serait encore vivante.
Le ton était sans appel et Minerva sentit un courant d'air froid circuler dans la pièce. Fort à propos pour les deux femmes, un pop résonna dans le salon annonçant l'apparition de l'elfe qui revenait avec un en-cas digne de toute une cour royale.
- Je crois que vous me voyez plus en appétit que je ne le suis.
Le ton était à nouveau affable et le sourire sincère pour l'elfe de Poudlard. La créature s'inclina une nouvelle fois et disparut aussi brusquement qu'il était apparu. Hermione attrapa la tasse de café et en but une gorgée.
- Je ne suis pas de nature belliqueuse Minerva, vous me connaissez. Je laisse leur libre-arbitre à toutes les créatures, qu'elles soient d'essence magique, extraterrestre ou moldue. J'aide de toutes les manières possibles à l'équilibre des mondes. Mais je ne permettrais jamais à une espèce de prendre un ascendant morbide sur les autres.
- Je ne vous juge pas, Hermione. S'il y avait bien une personne pour devenir la déesse des sorciers, c'est bien vous. J'ai confiance en votre jugement.
- Mais ?
Hermione ne put s'empêcher de relancer l'animagus. En son temps, Minerva avait toujours quelque chose à débattre dans les choix qu'elle faisait. Et cette fois-ci ne fit pas exception.
- Et bien, si je peux me permettre, vous n'avez pas exterminé la race des sorciers sous prétexte que Voldemort et ses partisans voulaient réduire tout ce qui n'était pas Sang-pur en esclavage...
-Voldemort n'est qu'un vermisseau par rapport aux fées. Ce qui nous attend est tout autre. Dans mon monde, j'ai annihilé toute magie pour éviter les problèmes.
Pendant une fraction de seconde Minerva figea avant de tendre la main vers un verre de jus de citrouille.
- Je vous choque ?
- Je ne sais pas trop quoi penser. Vous avez privé les sorciers de leurs pouvoirs, c'est assez radical.
- Ce ne fut pas une décision facile à prendre mais c'était la meilleure. Par moi-même, la cuisine est toujours aussi délicieuse !
Minerva préféra ne pas épiloguer sur le sujet. Elle connaissait une Hermione, son élève. Mais elle ne savait finalement rien de la version qui était devant elle. Le vécu de la jeune femme, qui était somme toute bien plus âgée qu'elle-même, lui était totalement inconnu. Elle devait apprendre qui était cette Hermione Granger avant toute chose.
- Comment envisagez-vous la suite des événements ? Quel soutient attendez-vous de nous ?
- C'est la partie délicate de mon plan. Je n'attends rien des sorciers. Mais de vous, oui. Si jamais les événements ne tournent pas comme je l'espère, ce qui est souvent le cas, vous aurez un rôle crucial à jouer.
McGonagall se pencha en avant.
- Dites m'en plus.
Le sourire d'Hermione s'agrandit et elle croisa les mains sur ses genoux.
- Comme dirait Pansy, ça va être le fun...
Minerva avait aimablement raccompagné la Source jusqu'à la porte de son bureau, éveillant une nouvelle fois la curiosité des portraits qui avaient assailli les deux femmes de questions plus ou moins pertinentes, voire oiseuses pour Rogue. Maintenant, Hermione descendait l'escalier en colimaçon, silencieuse. La gargouille la laissa sortir et la brunette, au lieu de transplaner pour quitter l'enceinte de l'école, prit un couloir et se mit à déambuler dans le collège endormi.
Des souvenirs vieux de plusieurs millénaires s'imposèrent à elle. Nostalgique, elle ralentit le pas et allongea sa ballade en visitant quelques étages, son esprit vagabondant.
Sans qu'elle y prenne garde, ses pas la menèrent devant la porte de la salle de cours de métamorphose. Religieusement, elle poussa la porte et pénétra dans la pièce. La pénombre lui permettait de juste discerner des ombres mais ses souvenirs habillaient l'endroit de couleurs, de bruits, d'odeurs. S'asseyant à la place qu'elle affectionnait étudiante, ses sens lui permirent de respirer le parfum de Minerva, d'entendre sa voix expliquer le principe d'une incantation et de voir sa baguette accomplir des arabesques complexes avant d'entendre les exclamations des élèves du passé.
Hermione avait connu plusieurs existences depuis cette époque. Mais elle se rendit compte que cette première vie lui manquait terriblement. Et que revoir Minerva, l'avoir près d'elle, était une torture.
- Ce qu'elle me manque... murmura-t-elle dans la nuit.
Le son de sa voix la fit frissonner. Devait-elle… pouvait-elle penser à cette Minerva comme à la sienne ? Elle ressentait par avance la torture que ce pourrait être que de la côtoyer dans ce monde en faisant comme si leur centaine d'années d'existence commune n'avait jamais existée, comme si elles n'avaient pas eu de filles à chérir, de combats à mener, de chagrins, de peur... La petite heure qu'elle venait de passer dans ses appartements en feignant d'être détachée lui avait donner un avant-goût amer. Elle soupira.
- Putain, j'ai besoin d'une cuite...
Elise tournait dans son lit, n'osant regarder l'heure sur son réveil. Hermione était partie depuis un long moment et elle n'avait aucune nouvelle de la brunette.
Elle n'avait pas l'habitude de s'inquiéter pour quelqu'un. Bien sûr il lui arrivait de faire des nuits sans sommeil, préoccupée par une enquête, son esprit jouant avec toutes les hypothèses, cherchant à les rattacher à des choses déjà archivées dans les pièces bien ordonnées de son conscient. Mais là, il s'agissait d'autre chose. La porte d'entrée s'entrouvrit et le bruit la fit légèrement sursauter. Elle se redressa pour voir une ombre se faufiler à pas de loup dans l'appartement.
- Je ne dors pas.
- Heureuse de ne pas t'avoir réveillée, fit la voix d'Hermione, soulagée.
Élise devina aux sons que la déesse se déshabillait mais, au bout de quelques minutes, elle resta plantée au milieu de l'appartement.
- Un problème ? Demanda la commandante.
- Je ne sais pas si tu souhaites que je dorme avec toi ou sur le canapé.
- Il me semblait que la chose était claire entre nous. Tu hésites.
- Seulement car je ne veux pas te déranger, répondit doucement la brunette en venant s'allonger à côté de la blonde.
Elise se redressa dans le lit et plaça son oreiller plus haut pour se caler.
- Il me semblait que lorsqu'on disait à quelqu'un "on est ensemble", ça incluait le lit sans avoir peur de déranger. Je me trompe ?
- Non, tu ne te trompes pas, sourit Hermione. Mais la journée a été compliquée pour toi et je voulais te laisser la possibilité de réfléchir sans avoir une bouillotte collée à toi.
- J'ai déjà beaucoup réfléchi.
- Et dois-je m'inquiéter ? s'enquit Hermione.
- Non. J'ai décidé que c'était pas différent pour moi que tu sois sans mémoire ou que tu sois la déesse des sorciers.
Hermione sourit devant la façon dont la blonde s'appropriait la situation.
- Ah, tant mieux. Et le fait que les sorciers existent ?
- C'est seulement une donnée supplémentaire à assimiler. Tu me sembles soucieuse. Ta conversation avec la Directrice n'a pas été concluante ?
- Tout c'est bien passé, pas d'inquiétude de ce côté-là. J'ai son entière collaboration en ce qui concerne l'évacuation de l'école.
- Alors, c'est l'anticipation de l'affrontement ? Comment on va s'y prendre, d'ailleurs ? Tu ne m'en as pas parlé encore.
- Je verrai le moment venu. Mais tu es certaine de vouloir participer ? Tu n'es pas une sorcière, ça serait dangereux pour toi.
- Je ne compte pas te laisser affronter les problèmes toute seule. Et puis, je suis encore concernée par le meurtre de ton amante.
La déesse se pencha et posa un baiser éthéré sur les lèvres de la moldue.
- Merci d'être là, chuchota-t-elle.
- Je veux m'impliquer et faire des efforts pour toi, essayer de comprendre. Mais ca veut dire que tu dois m'expliquer les choses parce que je ne les comprends pas comme toi.
- Je suis loin de tout savoir et de tout comprendre. Je serais bien incapable de t'expliquer ce que je ressens en ce moment, avoua Hermione.
- Essaie. C'est à propos de Lexa ? De moi ?
- De Lexa, de Minerva, de toi... Je prends conscience de ce que j'ai eu perdu au cours de ma longue existence mais je suis heureuse que tu sois entrée dans ma vie. Le chaud et le froid se disputent en moi, je suis triste mais heureuse à la fois. C'est perturbant.
- Pourquoi la directrice du collège de ton enfance te faire ressentir quelque chose ? C'est le souvenir de ce que tu étais quand tu étudiais là ?
- Dans mon monde, c'était ma femme. Nous avons eu 3 enfants.
Un long silence accueillit la révélation. Hermione grimaça en tournant son attention vers Elise et en constatant le froncement de ses sourcils.
- J'ai une vie compliquée, s'excusa-t-elle.
La Française ne répondit pas, paraissant toujours dans ses pensées, préoccupée.
- Elise ? Ça te pose un problème ? S'inquiéta la déesse.
- Je ne sais pas.
- Explique-moi, relança la brunette.
Elise tourna son regard pale vers la Source.
- Lexa est morte, c'est pour ça que tu es avec moi. Mais Minerva est vivante, alors est-ce que tu veux être avec elle ?
- Non. Cette Minerva n'est pas celle que j'ai connue.
- Mais tu es troublée. Elle est celle que tu as connue jusqu'à un certain point. Tu n'as pas envie d'être avec elle ou bien tu ne veux pas l'envisager ?
- L'un et l'autre. C'est du passé pour moi.
- Très bien. Je te crois.
Elise se réinstalla confortablement et Hermione admira sa capacité à prendre des décisions et à ne plus avoir à s'inquiéter de la chose en trame de fonds.
- Tu veux dormir ou tu te sens d'attaque pour un corps-à-corps ? demanda la brunette.
- Je veux bien.
La réponse était laconique et tira pourtant un fin sourire à la Source, qui regardait son amante ôter son tee-shirt sans plus de cérémonie. Décidément, il lui avait fallu des millénaires d'existence pour finalement apprendre que la vie pouvait être simple.
Hermione l'imita et, après avoir jeté son haut au loin, prit la moldue dans ses bras et l'embrassa avec fougue.
- Merci d'être toi, fit la Source, reconnaissante.
- Il me semble que tu le dis souvent.
- Parce que ta façon de voir la vie m'apaise.
- J'espère que tu m'expliqueras comment une déesse voit le monde.
- Et bien...
La blonde posa ses lèvres sur celles de son amante.
- Pas maintenant. On a quelque chose de plus intéressant à faire.
Et les mots à peine prononcés, Élise descendait sous le drap le long du corps de la Source.
Le lendemain soir
Pansy se frictionnait les mains, soufflant dessus, tout en jetant des regards inquiets autour d'elle.
- Mais quel froid de gueux, pesta-t-elle à voix basse, craignant que la Source l'entende.
Cette dernière était devant les grilles du château de Poudlard, immobile, attendant patiemment l'arrivée des fées.
- Comment fait-elle pour ne pas être gelée ? Putain, j'aurais dû demander à être planquée dans le bureau de la dirlo, au chaud... Et elles font quoi, les fées ? Elles attendent le déluge ?
La brunette se tourna vers la médicomage et lui fit signe de s'approcher. Les quelques pas qui les séparaient furent rapidement comblés par une Serpentard plus ou moins rassurée.
- Tu as une cigarette à partager ?
- Bonne idée, ça va me réchauffer.
- Tu as oublié les fondamentaux pour avoir chaud sous ton manteau?
La brune rougit jusqu'à la racine des cheveux ce qui fit sourire Hermione. Un claquement de doigts plus tard, Pansy sentait l'air autour d'elle devenir printanier.
- Sans vouloir être offensante, Ma Source, pourquoi on attend devant le portail ? Comme vous avez fait sauter toutes les protections magiques de Poudlard, elles pourraient arriver de n'importe où, non ?
- Et bien, j'hésite encore entre dire que la fée noire aime le décorum de l'entrée principale du domaine, ou anticiper qu'elle est juste conne.
- Bien. Et... euh... Elise est-elle vraiment à sa place ici ? Enfin, ce que je veux dire, c'est que les professeurs vont se battre avec des fées, qu'il va y avoir des échanges de sorts plutôt musclés et que votre compagne est moldue.
- C'est un flic, elle sait suivre les ordres. Enfin, quand ça l'arrange. Mais ce soir, j'ai confiance, elle fera exactement ce que je lui ai dit de faire.
- Et c'est ?
- Veiller sur la Directrice de Poudlard. Il se peut que notre Ecossaise irascible sauve le monde, sourit Hermione.
- Irascible est le mot le plus... aimable qui caractérise Minerva. Et vous pensez qu'Élise est de taille ?
- Oui, car elle est têtue comme trois mules et son Asperger fait qu'elle se fout de ce que les gens pensent d'elle. J'aimerais être une petite souris pour entendre les amabilités qu'elles doivent se jeter à la tête en ce moment même.
Hermione leva les yeux et fronça légèrement les sourcils.
- Pansy, va te réfugier dans le hall, les fées arrivent. Ne sors que pour venir soigner les blessés.
A peine donnée, la consigne était scrupuleusement suivie par la Serpentard qui battait en retraite derrière les murs protecteur du château. De son côté, Hermione ouvrait largement le portail ouvragé au moment même où les premières fées se matérialisaient dans l'air.
Elles n'eurent le temps de faire quoi que ce soir qu'une vague de pouvoir balaya l'air, pulvérisant les créatures ailées, ne laissant que des tas de cendre sur le chemin de terre.
- Je vais m'ennuyer si c'est comme ça longtemps.
Une vibration se fit sentir dans l'air et la Source recula d'un pas, évitant un sort.
- Montre-toi, petite garce, siffla Hermione.
L'insulte n'eut pas l'effet escompté, si ce n'est l'apparition d'une multitude de créatures ailées qui semblèrent foncer dans toutes les directions. Les professeurs jusqu'alors en réserve de la Source se trouvèrent engagés dans les escarmouches lancées par les fées.
- Conne et lâche, elle a vraiment tout pour plaire... marmonna la brunette en tentant de localiser l'autre moitié de son pouvoir.
Voyant Flitwick aux prises avec trois fées, elle claqua des doigts, et deux des adversaires du professeur de sortilèges se trouvèrent propulsées contre un des murs du château, les ailes brisées.
Et c'est à ce moment précis que la fée noire fit son apparition, sa baguette à la main. Sans un mot, elle lança un sort à sa Nemesis qui l'évita en plongeant sur le côté, atterrissant dans une mare de boue.
- Tu viens de trouver ta place, ricana la fée noire. Restes-y !
Elle enchaina plusieurs sorts qui mirent la brunette à mal, la boue volant dans ses yeux tandis que les maléfices servaient autant à creuser le sol pour l'embourber qu'à l'affaiblir en l'entravant dans ses mouvements.
Perdant patience, Hermione concentra sa magie dans sa main et donna un coup de poing sur le sol qui fit trembler la terre. Des lianes surgirent de la pelouse et s'agrippèrent aux mains et aux pieds de la Fée noire qui se retrouva empêtrée dans une jungle végétale.
- Tu fais moins ta cake, connasse !
Un bataillon de fées fit écran devant leur cheffe et Hermione en profita pour s'extirper de la boue avant de secouer sa main pour disperser les êtres ailés.
- Dès que tu as fini de te servir de tes larbins pour te protéger, tu descends et on s'explique ? Parce que j'ai pas toute la soirée à perdre avec toi.
La fée noire se débarrassa des lianes et bouscula ses aides pour se planter à quelques pas de la sorcière.
- Tu as bien perdu des millénaires à faire n'importe quoi avec la puissance suprême, alors tu peux bien perdre ta dernière soirée à te battre avec moi ! Tu vas mourir, Hermione Granger !
- Visiblement, je ne suis pas la seule à être nulle en divination. Alors, tu veux qu'on le fasse comment ?
- Tu as tort de me sous-estimer.
- En fait, je sais exactement qui tu es. Une grosse conne. Avec un complexe de supériorité gros comme ton cul. Je comprends pourquoi l'Initiale t'a facilement manipulée. Elle cherchait quelqu'un de faible.
- Et au final, j'ai la puissance du plus fort, alors je ne suis peut-être pas aussi imbécile que tu le penses. De nous deux, tu me sembles être celle avec l'ego surdimensionné, se gaussa Noire.
Et le temps d'un battement de cil, l'autre moitié de la Source se téléporta juste devant Hermione. L'ancienne Gryffondor, dans un réflexe pavlovien, lui colla une droite au visage, tandis que son adversaire lui attrapait la gorge. L'impact fut rude pour la fée qui sentit sa tête partir en arrière. Mais le rictus qu'elle affichait fit craindre le pire à la Source.
- Qui est la grosse conne, maintenant, humaine ? se moqua la fée noire en ouvrant la paume de sa main gauche.
Hermione vit les deux pierres d'âme réduites en morceaux et eut un regard furieux pour sa Némésis.
- Même si tu arrives à me tuer, tu ne pourras canaliser nos deux pouvoirs dans ton misérable corps de mortelle. Tu mourras à ton tour et cette terre sera anéantie !
- Tu fais vraiment chier !
- A ton service, moitié de source.
- Ne crois pas que je vais te laisser gagner parce que je n'ai plus les pierres.
- Et bien, dis adieu à tout ce que tu connais, d'une façon ou d'une autre, je gagne et tu perds.
- Ou de toutes façons, je gagne et tu perds, car tu ne vois pas plus loin que le bout de ton nez... sourit Hermione, énigmatique.
"Elise, c'est le moment de te mettre en route. Je vais la contenir cinq minutes".
Campant ses pieds solidement au sol, la brunette fit signe des deux mains à la fée noire de venir la retrouver pour se battre.
- Je te laisse choisir. A main nue ou … à main nue, j'ai pas besoin de baguette, moi.
- Je suis une fée, j'ai une baguette, répondit l'autre demi Source.
- Mais c'est pas possible d'être con à ce point ! T'es l'Origine de toutes magies ! répliqua Hermione. T'as pas besoin de baguette !
- Je canalise mieux... et je ne crois pas que ce soit le moment d'un cours magistral, bien qu'il y ait de moins en moins de professeurs pour en donner, ajouta-t-elle après un coup d'oeil vers les autres protagonistes de l'affrontement dans le parc.
Hermione ne se risqua pas à détourner le regard de son adversaire. Elle envoya sa magie décrypter ce qui se passait dans le parc et elle fut soulagée de constater que les professeurs étaient toujours vivants. Mal en point, mais vivants.
- Tu as raison sur un point, pas le temps pour un cours magistral. On va passer directement à la pratique, répondit la brunette en faisant appel à son pouvoir.
Elle lança une boule de magie blanche en l'air qui se scinda en une vingtaine de sortilèges qui vinrent frapper les fées en train d'en découdre avec les professeurs. Des cris de douleurs résonnèrent dans le parc et la brunette afficha un sourire mauvais.
- Les prochains hurlements que j'entendrai seront les tiens. Approche, que je te mette une branlée maison.
La fée noire grimaça de colère et engagea rapidement un combat magique, se sachant sans ressource dans un affrontement physique. Elle enchaina rapidement les sorts les plus vicieux qu'elle maitrisait, rendant la situation de la brunette délicate.
Constatant que la pluie de maléfices semblait passer au-delà de la protection établie par la brunette, la fée augmenta la puissance de ses coups sans s'apercevoir qu'elle n'était l'objet d'aucune attaque. Elle était confiante sur sa victoire. Cette humaine usurpatrice n'avait pas le niveau pour la battre.
Hermione était concentrée sur son combat, tentant de limiter les dégâts que lui causait son adversaire.
"Ma Source, elles sont à la porte." fit la voix de Pansy dans son esprit.
"Escorte-les jusqu'à moi." ordonna la brunette sans se laisser perturber.
Hermione se déplaça sur le terrain, amenant la fée à tourner le dos à l'entrée monumentale du château. Elle lança un sort fumeux pour obscurcir l'espace que devraient courir les trois femmes.
- Quelle Source inutile tu fais, se moqua son adversaire. Tu cherches à m'enfumer ? C'est tout ce que tu as trouvé à m'opposer ?
Une ombre gigantesque se fit voir dans l'épaisseur âcre qui envahissait l'air et le fée noire fronça les sourcils.
- Une illusion d'optique...
Elle tourna brusquement la tête et vit l'humaine qui fonçait sur elle, tête baissée.
Les deux demi-Source tombèrent au sol et roulèrent sur quelques centimètres. La brunette décocha une droite bien sentie dans le visage de la fée. Le choc laissa la créature ailée sonnée, la mâchoire brisée.
- Minerva, maintenant ! cria Hermione en faisant apparaitre l'épée de Gryffondor qu'elle planta sans perdre de temps dans le coeur de sa Némésis.
Elle fit glisser ses deux paumes sur la lame qui dépassait du corps de la fée et lança le sort pour absorber la magie de l'autre Source.
- Tu vas mourir, stupide humaine ! Et tu détruiras le monde ! hoqueta l'assassin de Lexa.
- Non, car si tu es stupide à bouffer du foin, ce n'est pas mon cas. J'avais prévu ton minable stratagème.
Une jeune femme aux cheveux d'ébène s'avança à travers la fumée pour venir s'agenouiller à côté des deux Sources.
- Minerva, vous savez ce que vous avez à faire.
La jeune femme acquiesça et s'ouvrit à son tour la main. Elle prit celle de son ancienne élève dans la sienne et marmonna quelques mots. La fée pâlit, autant de se sentir mourir que de percevoir le flux de magie qui s'échappait d'elle pour rejoindre cette sorcière inconnue qui s'abreuvait au pouvoir de la Source que canalisait pour elle son ennemie jurée.
- Tu n'as pas gagné, minable humaine. Tu resteras toute ta vie rongée par ce pouvoir et tu t'y perdras, éructa une dernière fois entité magique qui se désagrégea pour devenir poussière.
- Ouais, j'suis au courant, c'est ce que je vis depuis des milliers d'années... rétorqua Hermione. Mais j'ai le meilleur des garde-fous, ajouta-t-elle en tournant la tête vers Minerva.
La Directrice acquiesça dans un automatisme, surtout concentrée à ne pas flancher alors que l'incommensurable énergie de la Source se déversait en elle. Elle sentait que quelque chose d'immense tentait de se déployer dans son corps qui paraissait trop étroit. Elle avait chaud, elle avait mal partout, elle voulait crier sa douleur mais était incapable de prononcer un seul son.
- Il faut tenir Minerva. C'est un mauvais moment à passer, et j'ai confiance en vous.
Le sang pulsa dans ses veines au rythme de la magie ancienne qui circulait à une vitesse folle.
- Allongez vous, ça ira mieux dans quelques minutes, chuchota Hermione en posant sa main fraîche sur la joue de la Directrice.
- Je comprends pourquoi le rajeunissement, murmura l'animagus entre ses dents serrées.
Les secondes s'écoulèrent et la douleur vint à s'amenuiser, avant de ne devenir qu'un léger picotement. Minerva cligna des yeux, ayant la sensation d'être légèrement éméchée.
- Ca va mieux ? demanda Hermione, l'inquiétude se faisant entendre dans la voix.
- Je crois que je survivrai, mais comme disent les étudiants moldus, ça décoiffe.
- Votre chignon est toujours impeccable, rassurez-vous, sourit Hermione.
- Surprenant quand on pense à ce qui vient de se passer dans mon corps.
- Je n'ai servi à rien. Je peux au moins aider à la relever, fit la voix d'Elise.
Le regard d'Hermione se tourna vers la moldue et lui sourit.
- Elle est arrivée à bon port grâce à toi.
Elise fronça les sourcils en dévisageant sa compagne.
- Tu n'as pas une égratignure. Cette apocalypse est décevante.
Hermione éclata de rire avant d'embrasser sa compagne.
- C'est à ça qu'on reconnait une déesse.
La blonde dévisagea la directrice rajeunie et fronça les sourcils.
- Elle n'a pas l'air bien. On devrait rester avec elle cette nuit.
- Et bien, je peux lui donner un coup d'énergie supplémentaire, mais tu as raison c'est sans doute plus "humain" de passer un peu de temps avec elle. Elise, tu me surprends tous les jours un peu plus.
Déposant un nouveau baiser sur les lèvres de l'enquêtrice, Hermione aida la Directrice de Poudlard à se relever.
- Ma Source, la salua-t-elle de la tête.
- Euh... je... balbutia l'animagus avant d'abandonner sa tentative de communication.
- Oui, ça fait ça la première fois. Sauf à Lexa, elle s'est remise extrêmement vite, fit doucement Hermione tandis qu'Elise aidait sa compagne à maintenir debout la nouvelle demi-déesse.
Les trois femmes se mirent en route vers le château, suivies de près par les autres professeurs qui se demandaient ce qu'ils venaient de se passer dans le parc.
- Offrez-moi un whisky pur feu et je vous raconterai tout! proposa Pansy à Flitwick.
La nuit avait été calme, si on considérait que Minerva n'avait pas réussi à fermer l'œil et avait cramé quelques fils de son tapis et réduit en pièces quelques meubles en tentant de canaliser les soubresauts de magie qui cherchait à s'exprimer. Rien qu'Hermione n'avait pu réparer en rassurant l'animagus sur sa capacité à faire face.
Aussi, au petit jour, alors que l'Ecossaise commençait à s'assoupir, Hermione et Elise rentrèrent à Calais. Une fois dans le studio de la blonde, Hermione se débarrassa de ses vêtements et se laissa tomber sur le lit de son amante.
- Quelle nuit ! soupira-t-elle.
- Hmmm, fit la commandante, dubitative. Comme je le disais, ton apocalypse s'est dégonflée.
- Excuse-moi d'être douée, sourit la Source.
- Tu avais raison sur un point : ton adversaire était d'une stupidité abyssale.
- Elle avait tout de même compris que je ne pouvais pas héberger toute la puissance primitive au risque de voir mon corps se consumer. Et elle a anticipé le rôle des pierres qui étaient à mon cou.
- Et tu as déjoué ses plans. Bravo. Je crois que ça mérite une récompense... fit tranquillement la policière en se déshabillant.
Hermione eut un petit rire.
- Tu as toujours réponse à tout n'est-ce pas ?
- Non, je ne suis pas une déesse. Et je ne sais pas ce que tu as dit à ton ancien professeur pour qu'elle accepte de devenir la moitié d'un tout qui dépasse l'entendement. Personnellement, j'aurais refusé.
- Et bien... étonnement, elle n'a pas été difficile à convaincre.
Deux nuits plus tôt
Le sourire d'Hermione s'agrandit et elle croisa les mains sur ses genoux.
- Comme dirait Pansy, ça va être le fun... Les deux pierres que j'ai autour du cou servent à enfermer le pouvoir de la Source. Il faudra enfermer le pouvoir que détient la fée noire dans la pierre avant de la tuer, sinon votre monde explosera.
- Ce serait... dommage, fit Minerva, inquiète.
- Effectivement. Cependant, si j'étais à sa place, je détruirais les pierres avant de s'en prendre à mon adversaire. Donc, il faut un autre réceptacle pour la magie de la fée.
- Vous me semblez toute indiquée.
- Non, car le corps humain ne peut contenir l'intégralité du pouvoir de la Source. Une fée le peut. c'est pour ça que j'ai toujours eu un alter-ego humain. Et c'est là que j'aimerais que vous entriez en jeu. Je souhaite vous apprendre à jeter le sort qui privera l'autre dinde de sa magie. Soit vous l'enfermerez dans la pierre d'âme si je ne suis plus en état de le faire, soit vous deviendrez avec moi la Source.
Minerva avait eu besoin de s'asseoir. Le sort du monde allait être entre ses mains, d'une façon ou d'une autre. Elle n'était pas de nature à éviter les difficultés, mais ce que lui promettait la Source était d'une autre ampleur.
- Je n'ai donc pas le choix de réussir.
- On a toujours le choix Minerva.
- Et on en assume les conséquences, je sais. Mais là... Et je suis votre choix de, comment dire, co-propriétaire ?
- Oui, dans ce monde et dans les autres, vous êtes la personne la plus qualifiée pour ce rôle d'envergure.
- Et Elise ?
- Elle est moldue. Tout comme Lexa l'était. Et je ne reproduirais pas la même erreur qui a coûté la vie à une jeune femme qui n'a pas eu le temps de maîtriser son pouvoir.
- L'ai-je déjà été ?
- Eté quoi ?
- L'autre moitié de la Source, précisa Minerva.
- Non, jamais. C'est l'occasion d'essayer, vous ne croyez pas ?
L'Ecossaise plongea dans les yeux noisettes et choisit de faire confiance à la brunette, pour l'éternité.
- Alors, une chose à savoir, reprit Hermione. La première fois qu'on embrasse le pouvoir de la Source, ça fait un mal de chien... Je suis une exception, mais j'ai eu trois jours de coma. Aussi, je vous demande l'autorisation de vous rajeunir. Sinon, je crains que vous ne résistiez pas au choc.
- Rajeunir… on parle de combien ?
- Pas au-dessus de la trentaine. Toujours intéressée ?
- Je connais des collègues qui vont être jaloux, sourit en coin l'animagus.
- C'est fort possible. Mais si vous devenez la Source, ils ne le seront pas longtemps. C'est une existence... Peu enviable.
- Décidément, vous me tentez ! Mais plaisanterie mise à part, je n'ai rien qui m'attache particulièrement à ce temps.
- Vous n'avez pas de famille ?
- Je suis venue habiter à Poudlard à la mort de mon époux. Je ne souhaitais pas être seule dans notre maison.
- Devenir l'autre moitié de la Source signifie me supporter et suivre mon enseignement, précisa Hermione. Toujours partante ?
- J'ai toujours eu un intérêt pour l'apprentissage. Et je vais être devant la somme des connaissances magiques à maitriser. Que demander de plus ?
- Bien. Donnez-moi vos mains, je vais lancer le sort de rajeunissement.
100 ans plus tard
Minerva McGonagall dormait paisiblement. Depuis qu'elle était devenue l'autre moitié de l'Origine de toutes magies, des décennies plus tôt, ses songes étaient devenus assez étranges. Elle voyait des situations, des évènements qui s'étaient déroulés dans une autre vie. Mais le plus inhabituel, c'est qu'elle y assistait par les yeux d'une autre personne. La plupart du temps, c'était des scènes de batailles homériques, dans lesquelles les protagonistes semblaient repousser les limites de la magie.
Mais de temps en temps, comme ce soir, son pouvoir de demi Source lui dévoilait un passage de la vie de son alter ego, Hermione Granger. Minerva était honteuse d'assister à ces moments volés, telle une voyeuse, mais ces nuits l'aidaient à comprendre qui était cette brunette. Son ancienne élève qu'elle avait cru perdue pour toujours, et qui revenait sous les traits d'une déesse toute puissante et ô combien énigmatique, indéchiffrable, secrète et cachotière.
Cent ans qu'elles s'étaient retrouvées, qu'elles se fréquentaient quasi quotidiennement, et jamais la brunette ne lui avait avoué qu'elle avait été mariée avec la Minerva de son monde d'origine. L'animagus se tourna dans son lit et poussa un petit soupir, se laissant porter par son rêve qui lui dévoilait une scène de vie de couple tranquille. Elle comprenait les raisons pour lesquelles Hermione n'abordait pas le sujet. Cela devait être extrêmement perturbant de se trouver tous les jours face à une personne qui ressemblait trait pour trait à un amour perdu, mais qui n'était pas cette personne. Pourtant, la brunette ne laissait rien deviner de ce qu'elle pouvait ressentir, de comment elle vivait cette situation. Si ce n'était les regards. Minerva les imaginait-elle ? Mais de temps à autre, elle avait le sentiment que les yeux noisette la dévisageaient comme ils avaient couvé la Minerva du passé.
"Sûrement le fruit de mon imagination..." songea l'ancienne Directrice de Poudlard en souriant alors qu'Hermione posait un délicat baiser sur le front de la Minerva de son rêve.
Elle sentit une pointe de jalousie mais ne sut si c'était l'expression de ses propres sentiments ou de ceux de la personne qui avait assisté à la scène. Hermione lui avait expliqué qu'elle avait récupéré la puissance qui avait appartenu à Aliénor d'Aquitaine, ancienne présidente des Conseils et autre demi-Source. Et l'animagus avait depuis longtemps compris que cette Aliénor et la Minerva de l'autre monde n'étaient pas de grandes amies.
Son rêve s'effaça brusquement sans qu'elle s'y attende. Elle se trouva dans le noir le plus complet et regarda autour d'elle pour tenter de savoir ce qui se passait. Elle entendait des murmures rauques, des sifflements et sentit les battements de son coeur s'accélérer.
- Qui que vous soyez, je vous conseille de partir de mon esprit. C'est une mauvaise idée de s'en prendre à l'Origine de toutes magies.
- Stupide humaine... répondit une voix froide. Toi et l'autre sac à viande n'êtes que l'ombre de ce que je suis.
- Et qu'êtes-vous ? s'enquit Minerva, cherchant à maîtriser les tremblements de sa voix.
- La fin des mondes, l'Omega de toutes vies. Venu d'en-dessous, ça dévore tout.
L'animagus se réveilla en sursaut et, d'un geste fébrile de la main, alluma sa lampe de chevet. Elle attrapa son téléphone portable et sélectionna le numéro d'Hermione. Une voix rauque et endormie répondit au bout de cinq sonneries.
- Allo...
- Bonsoir Hermione. Désolée de vous réveiller, mais avez-vous senti ?
- La puissance démoniaque incommensurable ? Ouais...
- Vous savez ce que c'est ?
- Non. Et vu l'heure, je m'en fous, grogna l'autre demi-Source.
- Venu d'en-dessous, ça dévore tout, répéta Minerva.
- Beau programme. On verra ça demain si vous le voulez bien.
L'animagus hésita mais préféra se ranger du côté de l'avis de l'experte.
- Oui, bien sûr. Désolée de vous avoir dérangée.
- Y'a pas de quoi. Bonne nuit, Minerva.
L'ancienne Directrice de Poudlard raccrocha et posa le téléphone à côté d'elle, songeuse. Repoussant les draps, elle se leva et après quelques pas, elle découvrit qu'elle tremblait de tous ses membres. Cette chose l'avait ébranlée. Et le comportement d'Hermione l'avait... déçue. Et c'était bien la première fois.
- Si ça se trouve, je fais toute une montagne d'un tout petit rien. Hermione a l'habitude de ce genre de situation, et moi non. Je dois lui faire confiance. Elle a ses raisons. Comme elle a sûrement de bonnes raisons de me cacher tout un pan de son passé.
Une musique envahit sa chambre et Minerva sursauta. Elle cherchait d'où pouvait provenir cette mélodie, peut-être un voisin peu attentif à l'heure tardive, quand elle se mit à chanter, contre sa volonté.
- Serait-ce juste dans ma tête ou toi aussi c'est dans la tienne ? Mais chaque fois qu'je suis seule je pense à toi, je sais c'est bête.
L'animagus se donna une gifle, espérant que ce serait suffisant pour qu'elle arrête de fredonner ses pensées mais le coup n'eut aucun effet.
- J'y ai pensé en boucle, je te veux. Je m'le cachais sans doute, je te veux. Quand j'ai besoin d'aide je te vois. Oh et c'est peut-être ce qui m'échappe. J'aimerais pouvoir t'aimer sans mal. Ou j'aimerais peut-être juste que tu me regardes comme tu me regardais hier.
L'Ecossaise perdit patience et concentra sa magie dans sa main pour créer une barrière de protection. Elle attendit cinq secondes puis ouvrit la bouche.
- C'est bon, ça s'est arrêté, souffla-t-elle, heureuse que son sort ait fonctionné. Mais par Merlin, quel est ce maléfice ?
Le téléphone avait valdingué à l'autre bout du lit et Hermione était prête à se rendormir. Oui, elle avait bien senti la puissance évoquée par Minerva. Oui, elle avait entendu les murmures rauques, les sifflements, et les entendait encore. Quelque chose l'appelait, réclamait sa présence. Mais elle ne ferait rien cette nuit. Et peut-être qu'elle ne ferait rien du tout. Après tout, elle avait passé cent ans à former Minerva qui pouvait bien prendre la relève. La brunette poussa un soupir. Elle pouvait même enfermer son pouvoir dans une pierre d'âme, la donner à McGonagall, et prendre sa retraite définitive. Après tout, elle l'avait bien méritée. Des notes jouées au piano se firent entendre et la Source fronça les sourcils, perplexe. Alors qu'elle allait dire "Mais il se passe quoi encore, bordel ?", elle perdit le contrôle de ses lèvres et se mit à chanter.
- Oui je t'entends, mais c'est non. Parce que tu n'es pas la solution. J'aurais mille raisons de vivre comme il me plaît, d'ignorer tes murmures, faire comme si de rien n'était.
Elle enfonça la tête dans l'oreiller, espérant que le piano s'arrêterait.
- Tu n'es personne, poursuivit-elle. Tu n'es qu'un son, une mélodie. Si je t'écoutais, mais c'est non, j'en oublierais ma vie. Ils sont morts, tous ceux que j'aime, ceux qui comptent pour de vrai. Tu peux hurler dans la nuit mais jamais je ne répondrai !
Elle s'enroula dans la couette et se mit en position pour se rendormir.
- J'ai tenté l'aventure et je me suis perdue. Je ne veux plus partir ni m'élancer vers l'inconnu. Dans un autre monde ! Dans un autre monde ! Dans un autre mooooonde !
Après un grognement, elle finit par se lever et chercher l'origine de ce maléfice.
- Que veut cette voix ? Celle qui me maintient éveillée. Est-ce un vent de liberté, un chemin abandonné ? Vient-elle de quelqu'un au loin qui me ressemble en tous points, qui mieux que moi pourrait savoir d'où je viens ?
Elle ferma les yeux, se concentrant sur l'essence magique qui flottait dans la pièce.
- Chaque jour un nouveau défi, mélange de gloire et pouvoir. Une partie de moi s'emballe sans le vouloir... Dans un autre monde !
Elle ouvrit brusquement les yeux et tendit la main devant elle, fermant sa poigne autour de quelque chose d'invisible. Un démon au visage rouge apparut et Hermione raffermit sa prise sur la gorge qu'elle serrait entre ses doigts.
- Arrêtes tes conneries immédiatement, siffla la Source.
- Oui, Ténèbres Originelles, haleta la créature en claquant des doigts. Très... belle chanson.
- Qui es-tu, infâme reptile ?
- Sweet, répondit-il d'une voix grave et chantante. Pourriez-vous... desserrer ? Je suffoque.
Le regard noisette vira au noir et Sweet déglutit.
- Je suis le seigneur de la danse, le roi du swing. Et j'ai été envoyé pour vous porter un message.
- Et me faire chanter était dans le contrat ? demanda froidement Hermione.
- Hmmm, non. C'était un petit bonus, reconnut le démon.
La Source resserra sa poigne et les os du cou de Sweet commencèrent à craquer.
- Attendez, le message... je dois vous le donner.
- Tu as dix secondes, prévint Hermione.
- Venu d'en-dessous, ça dévore tout, suffoqua le démon.
- Je suis déjà au courant. Cinq secondes.
- Elle veut que vous soyez sur la bouche de l'enfer.
- Qui elle ? Celle qui dévore tout ?
- Non, une des forces supérieures. Une certaine Tara. Elle craint pour les mondes. Et pour une de ses amies. Willow. Deux filles charmantes, je les ai déjà rencontrées. Dommage que cette Tara soit décédée. Elle chantait divinement bien son amour pour sa copine.
- Ferme-la, je ne comprends rien. Une fille décédée est devenue une puissance supérieure et veut que je sois sur la bouche de l'enfer avec son ex encore en vie ?
- Oui.
- Mais pour y faire quoi ?
- Pour contenir la Force.
- Et c'est quoi la Force ?
- Celle qui dévore tout d'en-dessous.
- Putain, c'est trop long, ça me saoule... maugréa Hermione en relâchant sa prise sur la gorge du démon.
Ce dernier tomba à genoux et haletait, cherchant l'air.
- Casse-toi d'ici et ne reviens jamais.
- Hmmm, on se reverra, Ténèbres Originelles. Car la fin des mondes est proche, et je ne manquerai ça pour rien au monde.
Sur ces mots, Sweet disparut et Hermione retourna sur son lit pour prendre son téléphone portable. Elle rappela le dernier contact et se pinça l'arrête du nez.
- Bonsoir Minerva. J'ai changé d'avis. Je vous propose de plier bagages demain matin à la première heure.
- Pour où ?
- Un autre univers. Avec une bouche de l'enfer. Vous allez adorer, ironisa la brunette. Je passe vous prendre à 8 heures ?
- Reviendrons-nous dans ce monde ?
- Peu probable, sauf si vous y avez des intérêts.
- Pas spécialement, répondit l'animagus.
- A demain donc... Et, euh, Minerva. Avez-vous chanté une chanson ce soir ? demanda Hermione, se sentant un peu bête de poser la question.
- Oui, et vous ?
- Également. Mais j'ai réglé ce petit souci. Un démon farceur. Euh... qu'avez-vous chanté ?
- Une comptine pour enfant. Et vous ?
- Une chanson paillarde, mentit la brunette.
Le jour était naissant quand Hermione se matérialisa devant une petite tombe parfaitement entretenue. Elle posa la valise qu'elle tenait dans la main droite et s'accroupit devant la stèle pour caresser le marbre de ses doigts.
- Je vais devoir partir Elise, chuchota la brunette.
Elle jeta un sortilège sur la pierre avant d'en chasser un insecte.
- J'ai payé la concession pour les deux cents prochaines années, tu devrais être tranquille. Enfin, si je peux dire ça, sourit-elle tristement. Je voulais te remercier une dernière fois de m'avoir accompagnée toutes ces années, ma chérie.
Elle fit apparaître un bouquet de roses rouges et les posa devant la tombe.
- Trente ans que tu m'a quittée et tu me manques comme au premier jour sans toi. Notre relation restera unique dans mon coeur, confessa la Source. Mais aujourd'hui, je dois t'abandonner. Encore une histoire d'apocalypse. Et Merlin sait que je serais bien restée ici.
La Source embrassa son index et son majeur qu'elle porta ensuite à la stèle. Puis elle se leva, alla récupérer sa valise et disparut dans un craquement sonore pour réapparaître un dixième de seconde plus tard sur le pas de la porte de McGonagall. Elle n'eut pas le temps de frapper que l'Ecossaise lui ouvrit, visiblement prête à partir.
- Je suis un peu en avance, s'excusa Hermione avec un sourire contrit.
- Thé ? proposa Minerva.
- Avec plaisir.
- Vous avez une mine affreuse, vous n'avez pas réussi à vous rendormir ? fit l'ancienne Directrice de Poudlard en emmenant son ancienne élève dans un salon désormais presque vide, hormis le mobilier.
- Hmmm, ouais. Et je suis passée dire au revoir à Elise.
- Oh... je comprends mieux, fit doucement Minerva en faisant apparaître deux tasses.
- Et... pour Philip ?
- Je pense qu'il a compris notre rupture. De toute façon, il n'a guère le choix. S'il vient aujourd'hui pour des explications, il ne trouvera personne.
- Désolée pour vous deux.
- Ne le soyez pas. Philip était un charmant divertissement mais rien de concret ne serait né de cette relation.
Les deux femmes burent leur thé, l'une et l'autre enfermées dans leurs pensées, et McGonagall finit par briser le silence.
- Que s'est-il passé cette nuit ?
- Les puissances supérieures ont cru amusant de nous envoyer un démon chantant pour nous faire parvenir un message. Nous devons nous rendre sur une des bouches de l'enfer pour contenir le truc du dessous qui dévore tout, résuma grossièrement Hermione.
- Et il avait besoin de nous faire chanter ? sourit l'Ecossaise.
- C'était un petit bonus, grimaça la brunette. Pour sa seule satisfaction personnelle.
- Vous avez une idée de comment contenir une chose qui dévore tout ? poursuivit Minerva en faisant apparaître une assiette de scones frais.
- Aucune. Nous aviserons une fois sur place, proposa la brunette.
- Savez-vous ce qu'est cette chose ? Et pourquoi se manifeste-t-elle maintenant ? s'enquit l'ancienne Directrice.
Hermione eut une petite moue, ne sachant si elle devait dévoiler ses suppositions. Elle avait eu le temps de réfléchir cette nuit tout en rangeant ses affaires, et ce qu'elle avait imaginé ne lui plaisait guère.
- L'univers est une histoire d'équilibre des forces. Il y a la Source, l'Alpha, et la Force, l'Oméga. Notre pouvoir, celui de la Source, n'est à l'origine ni bon ni mauvais. C'est un équilibre fragile, mais globalement, ce n'est pas démoniaque. Il y a donc un contre-pouvoir quelque part, dans un même équilibre précaire, qui s'appelle la Force mais qui ne se manifestait pas car la Source ne penchait pas d'un côté de la balance. Cependant, depuis que j'ai récupéré la fonction, il se peut que j'aie choisi plus un côté que l'autre. J'ai donc brisé le fragile équilibre, ce qui a poussé l'autre à sortir de sa tanière.
- Ca fait plus de quatre mille ans que vous faites le bien. La Force est longue à la détente.
- Il y a peut-être d'autres évènements qui sont à l'origine de sa manifestation et dont nous n'avons pas encore connaissance. Nous verrons ce qu'il en est quand nous y serons. Et puis, quatre mille ans à l'aune de notre immortalité, c'est une poussière de secondes.
Minerva acquiesça et finit sa tasse de thé. Cependant, Hermione sentait qu'autre chose tracassait son ancien professeur.
- Il y a un problème, Minerva ? s'enquit la brunette.
- Je n'ai jamais changé d'univers, rappela l'animagus. Aussi, je ressens une légère appréhension. Qu'aurons-nous à faire une fois sur place ?
- Ne vous en faites pas, j'ai malheureusement l'habitude. Nous allons dans un premier temps cerner l'endroit où nous nous trouverons, puis faire des faux-papiers, créer magiquement un compte en banque, trouver un endroit où vivre et ensuite, on aura probablement à chercher un travail.
- Chercher un travail ?
- Afin de s'insérer dans la société, expliqua Hermione. Le but est de passer inaperçues.
La brunette se leva et attrapa sa valise.
- Nous y allons ? demanda-t-elle avec ce qui semblait à Minerva être une certaine lassitude.
L'animagus fit disparaitre les restes du petit-déjeuner et prit son propre bagage.
- Je suis prête, affirma-t-elle. Donc, nouveau monde, nouvelle vie, nouveau départ ?
- Effectivement.
- Nous laissons donc ici les fantômes du passé et nos... bagages trop lourds à porter ? interrogea à nouveau l'ancienne directrice de Poudlard.
- Euh... oui, fit Hermione, peu certaine de ce que voulait dire l'animagus.
Minerva usa de son courage de Gryffondor et, après avoir lâché sa valise, encadra de ses mains le visage d'Hermione et captura ses lèvres.
- A vous de voir si ce baiser restera dans ce monde ou si vous voudrez en parler dans le nouveau, fit l'animagus en récupérant sa valise.
Hermione fronça les sourcils, puis les haussa et finit par sortir de sa poche un haricot magique et le laissa tomber négligemment sur le sol. Un portail magique apparut subitement à ses pieds et Minerva l'observa avec appréhension.
- Dès que nous sortirons du vortex, nous irons boire un café et nous discuterons de tout ça, promit la brunette.
Elle prit la main de son ancien professeur et toutes deux sautèrent dans le portail magique, sans savoir où ni quand elles allaient atterrir.
FIN
On se revoit en 2021 avec une nouvelle histoire, sans lien avec notre Source, qui va nous manquer !
Bisous et à bientôt,
Link9 et Sygui
