Bonjour à tous. Le chapitre est publié avec un jour d'avance. en effet, j'ai un beug internet à la maison hahaha, et on ignore quand il sera réparé. Pour l'heure, j'utilise le partage des données du téléphone de mon père...qui ne sera pas là demain. Donc au lieu de vous faire mariner pendant un temps indéterminé, j'ai préféré publier avec un jour d'avance.


- T'es sûr qu'on est bien à Anthéma… ?

Sceptique, Minos tourne la tête, observant les alentours. Tout est sec, aride et il n'y a pas le moindre signe de vie.

Tout aussi perplexe, Avenir s'est accroupit sur le sol et a ramassé une poignée de terre poussiéreuse.

- Le Titan a confirmé, rappelle Saga qui n'en mène pas vraiment large. Mais j'avoue… je croyais que ce monde était paradisiaque. Ici, tout à l'air mort.

- Est-ce qu'on est sur ton territoire ? s'enquiert Sarpédon en se tournant vers Aiacos.

L'air agacé, ce dernier secoue la tête :

- Alors de un, oui on est sur Anthéma Doralis. De deux, non, nous ne sommes pas sur mon territoire.

Le Chevalier du futur lève les yeux vers lui en frottant ses paumes pour chasser la poussière. Minos, les mains sur les hanches, pivote vers son frère :

- Comment tu sais ça ?

Un long soupir échappe au Spectre du Garuda :

- Ok, alors petit cours accéléré et mise au point générale. Anthéma Doralis est sous la gérance de deux Dieux Principaux : Moi et Aggelos. Tout du moins, nous avons été les premiers à vivre ici et c'est nous qui avons construit ce monde, à partir de ce que Chaos nous avait laissé. Au fil des années, la situation a évolué. J'ai dû me retrancher chez moi, dans ma forteresse pour diverses raisons, tandis que la Création devenait quasiment le chef exclusif du monde au complet. Il est aimé, adoré, idolâtré, respecté et toutes les conneries du même genre. Ici, nous ne sommes pas chez nous et les choses fonctionnent différemment. Ainsi, vous devez comprendre que le peuple Anthémien n'a aucune noirceur en lui. Ils ne connaissent pas les émotions négatives, ils n'ont pas peur, ils ne sont pas menteurs, ni hypocrites. Ils ont leur libre arbitre, je le précise, ce ne sont pas des petits pantins, nous ne les contrôlons pas, nous ne les influençons pas. Ils sont nés avec une bonté d'âme. D'une certaine manière, on peut dire qu'ils sont « purs ». Des vrais petits anges. Ils naissent, vivent et meurent en toute quiétude. Et ils ne peuvent pas déclencher de maladies, à moins de s'aventurer chez moi. C'est ainsi que nous avons équilibré les choses ici. Mon territoire, lui, est purement négatif. Je suis négatif. Si je côtoie trop longtemps quelqu'un vivant ici, je risque de le rendre malade et de le tuer. Mes terres, judicieusement nommées « Les Terres Noires » sont littéralement un condensé de maladies et d'impuretés en tout genre.

Les sourcils haussés, Kanon prend la parole :

- Et ça marche ? Genre, la notion de Bien et de Mal existent bien ici, il a juste fallu faire du « Mal » un territoire et ça suffit pour garder un équilibre ? Je suis impressionné ! C'est génial comme idée.

Un sourire dangereux étire les lèvres d'Aiacos dont les yeux s'allument brièvement d'un éclat rouge :

- Tente l'expérience de vivre seul sur les Terres Noires et revient me dire que c'est une bonne idée, Lézard Aquatique.

Le Gémeau referme la bouche sans rien ajouter.

- Tu as l'air de te souvenir de pas mal de choses, commente Minos en l'observant du coin de l'œil.

Le Juge hausse nonchalamment les épaules :

- Au fur et à mesure du temps qui passe, des choses me reviennent plus ou moins naturellement.

Avenir se redresse en essuyant ses mains sur son pantalon.

Attentif aux explications fournies par Aiacos, Saga reprend la parole :

- Donc, si j'ai bien compris, le départ d'Aggelos a entraîné des graves conséquences. Je suppose que son pouvoir bénéfique a fini par s'estomper au fur et à mesure.

- A petite échelle, il suffit d'imaginer Alba loin de la Villa pendant trop longtemps. Malgré nos soins, son jardin finirait par dépérir lentement, mais surement, commente Sarpédon.

- Exact, approuve le Garuda. C'est pareil, à une échelle bien plus importante ici. Maintenant, on y va.

Il se met en route sans hésitation, l'air de savoir parfaitement où il va. Le reste du groupe lui emboite docilement le pas, personne n'ayant envie de se retrouver perdu en territoire inconnu alors qu'ils doivent mener une opération de sauvetage.

La poussière soulevée par leurs déplacements fait éternuer Kanon. Saga lui lance immédiatement un léger regard inquiet, sans faire le moindre commentaire toutefois.

- Dans mon futur, Grelhart a estimé qu'Anthéma Doralis était irrécupérable, rappelle Avenir d'une voix pensive. Si le monde entier est dans cet état, en un sens je comprends sa folie. D'ici vingt ans, les choses sont certainement pires.

- Vingt ans pour nous. Le temps ne s'écoule pas tout à fait pareil entre ici et la Terre. Grosso modo, une journée chez nous, c'est environs trois-quatre jours ici, intervient Aiacos.

- Même ! renchérit Minos. Dans vingt ou quarante ans, que ce soit pire ou non, c'est pas une raison pour vouloir détruire la Terre afin de construire sa « nouvelle » Anthéma. C'est de l'abus total !

Un petit rire franchit les lèvres de Sarpédon, les yeux pétillants, il avance en tournant la tête vers le Griffon :

- Depuis le temps, tu devrais savoir que c'est le lot de tous les fous meurtriers de l'Histoire. On ne peut pas lui reprocher d'avoir voulu sauver ce qu'il peut.

- Mais on peut lui reprocher sa façon de faire, complète le Grand Pope.

Le Chevalier du futur reprend la parole :

- Sans compter qu'il a fini par perdre le contrôle puisque la Destruction a fini par le tuer…

- Je l'ai tué, j'ai perdu les pédales, j'ai massacré tout le monde, blablabla… Changez de disque ! gronde Aiacos. De toute façon, ce n'est plus moi la cible, ok ? C'est Alba.

Le silence retombe sur le groupe pendant un moment.

Les sourcils froncés, en pleine réflexion, Minos finit par donner un coup de pied dans un caillou :

- D'ailleurs… Désolé, Aiacos, si le sujet te déplait, mais j'ai une question par rapport au futur d'où vient Avenir.

Le Juge répond par un grommellement contrarié. Sarpédon accélère pour se mettre à son niveau et glisse sa main dans la sienne en lui adressant son plus beau sourire. Il sent immédiatement son amant se détendre à son contact.

Le Chevalier du Bélier tourne la tête vers le Griffon en lui adressant un regard interrogateur :

- Oui ?

- Quand Grelhart a pris le contrôle de Lucéma, est-ce qu'il a attaqué notre monde dans la foulée ?

-… Oui.

Kanon sursaute en comprenant où veut en venir Minos et s'écrie :

- C'est vrai ça ! On n'a essuyé aucune attaque avec Alba ! Ils ne sont pas restés chez nous, ils sont partis pour venir ici ! Donc ça confirme que les plans ont été modifiés.

Aiacos roule des yeux :

- C'est logique puisque nos pouvoirs sont différents. Pour ne pas dire totalement contraire.

- Dans ce cas, ça veut dire quoi ? reprend le Dragon des Mers. Qu'au lieu de détruire chez nous, ils reconstruisent ici ?

Le rouquin fronce les sourcils tout en réfléchissant :

- Eh bien… ça me parait probable, oui. En un sens, c'est mieux, non ?

- En théorie, sûrement, décrète sèchement Minos. Le problème, c'est que c'est toujours ce Grelhart qui reste à l'origine du projet et que, d'après Aiacos, il n'a pas hésité un seul instant à enlever Albafica de force ! Excusez-moi, mais cette attitude ne me dit rien qui vaille ! Ce mec semble tout sauf fréquentable.

Et s'il était clean, mon Lien de Moitié ne me signalerait pas que mon Poisson ne va pas bien du tout.

En tête du groupe, sa main tenant toujours celle de son amant, Sarpédon lève la tête vers Aiacos :

- M'en veux pas de poser la question, mais nous sommes en train de traverser un territoire complètement mort, chuchote-il. Comment sais-tu que c'est le manque d'influence d'Alba et non ton territoire qui se serait étendu ?

Le Garuda baisse les yeux vers lui, apparemment les questions posées par ce dernier ne semblent pas le contrarier.

- Je le sens. C'est juste mort. Celle de chez moi dégagent une forme d'Energie négative, des effluves, et il y a une forme de vie destructrice puisque même des plantes poussent.

- Des plantes ?

- Des orties, des ronces et des plantes carnivores, ricane le Spectre. Certainement pas des roses, des muguets et des pissenlits.

- Oh…

Attentif, Sarpédon observe les alentours et hoche la tête pour lui-même. Il n'y a effectivement aucun pouvoir en circulation ici. Ni vie, ni mort. Juste rien.

Ils avancent toujours, durant plus d'une demi-heure. Alors que le rouquin s'apprête à ouvrir la bouche pour demander à Aiacos s'ils arrivent bientôt à la destination voulue, il sent soudain quelque chose qui se modifie dans l'air.

Non, c'est pas un truc qui change. C'est nous qui venons de passer sur un autre territoire…

Son ressenti lui indique que de l'Energie est à l'œuvre ici et qu'elle n'est pas positive. Il reconnait, de façon imperceptible, celle de son amant.

Au moment où il finit de se faire cette réflexion, il doit s'arrêter devant un imposant mur de ronces qui leur bloque la route et qui semble s'étendre sur des kilomètres. Le contourner prendrait certainement des heures entières. Et passer au-dessus est tout bonnement inenvisageable.

Instinctivement, Saga agite la main devant son nez, la mine quelque peu écœurée :

- L'air est passablement… lourd… ici. Et plein d'hostilité. Où tu nous as amené ?

- Chez moi, répond Aiacos. Avant de foncer tête baissée, nous devons nous poser et réfléchir. Et au moins, nous serons sûrs que personne ne viendra nous déranger.

Un bras passé autour des épaules de Sarpédon, il lève la voix pour être entendu par tout le groupe :

- Gardez vos mains dans vos poches, restez collés les uns aux autres et vous arriverez peut-être en vie jusqu'à Zanbaât.

- Charmant… souffle Minos.

Sans hésiter, le Garuda s'avance droit sur le mur de ronces qui s'écarte immédiatement sur son passage.

Mal à l'aise, les autres lui emboitent le pas, serrés les uns aux autres, peu rassurés par cet endroit inquiétant.

La végétation épineuse se referme sans bruit derrière eux.

Au bout de dix minutes de traversée, les ronces cèdent la place à un terrain sec et imprégné d'un pouvoir négatif qui semble vouloir jaillir à tout moment hors du sol. Au milieu se dresse une imposante forteresse en basalte noire.

Sans ralentir l'allure, ils traversent la zone séparant les ronces du bâtiment, en marchant dans les pas d'Aiacos, puis montent les marches de l'entrée.

Les portes de Zanbaât s'ouvrent, sans un bruit, pour les laisser entrer.

A peine sont-ils tous dans les lieux que les battants se referment tandis que des torches s'allument le long des murs, les flammes étant d'un violent rouge vif.

- C'est bon, vous pouvez circuler comme chez vous. Evitez juste de toucher les trucs que vous ne connaissez pas, annonce Aiacos.

Minos s'éloigne de son côté, tandis que Sarpédon – le plus curieux de tous – s'éloigne dans une autre direction.

Préférant ne pas s'écarter les uns des autres, Avenir, Saga et Kanon restent ensemble en entrant dans la première pièce qui se présente à eux.

Les murs en pierres noires les mettent terriblement mal à l'aise. Ils ne peuvent qu'admirer cependant le mobilier en marbre noir, décoré avec goût de pierres précieuses scintillantes. Il leur apparaitre clairement que d'autres meubles sont construits dans des matériaux totalement inconnus sur Terre. Les sourcils froncés, Kanon passe un doigt sur une étagère dont l'aspect ressemble à de la pierre, mais à la texture rappelant celle du bois :

- Aucune poussière… remarque-t-il.

- C'est vrai ! réalise son frère. Ça ne sent ni le renfermé, ni la poussière, ni la moisissure, ni quoi que ce soit d'autre !

- C'est la demeure d'un Dieu, leur lance Minos en passant dans le couloir. Vous croyez vraiment que ça peut sentir le renfermé comme ça ?

Il continue son chemin.

Les Jumeaux et Avenir s'entreregardent.

- N'empêche, c'est flippant aussi, marmonne le Dragon des Mers en croisant les bras. On dirait que l'endroit a été quitté la veille, alors que ça fait des siècles.

Le Grand Pope se dirige vers la porte fenêtre la plus proche et l'ouvre sans difficulté :

- Ce qui est sûr, c'est que nous ne sommes pas dans notre élément, c'est clair.

Il s'avance sur le balcon-terrasse, bientôt rejoint par le Chevalier du futur et par Kanon. Celui-ci pousse un petit soupir de soulagement :

- On est mieux à l'extérieur que dedans…Au moins, j'ai l'impression de mieux respirer.

- Rien ne nous empêche de rester ici, déclare Avenir en s'appuyant sur la rambarde en marbre noir. Nous sommes peut-être un peu trop sensibles pour rester à l'intérieur.

Il observe les alentours visibles depuis leur point de vue. Ils aperçoivent effectivement d'autres végétaux menaçant ici et là, véritable forêt qui isole la forteresse du reste du monde.

Depuis une toute autre fenêtre, à l'étage supérieur, Minos, lui, a remarqué les vestiges d'un chemin encore visible entre les ronces et les plantes carnivores. Son regard perçant suit le tracé de cette route.

- La nuit va tomber, annonce Aiacos en le rejoignant. Il vaut mieux qu'on se repose et on avisera demain matin. Tu n'as besoin de rien ?

Le Griffon fait signe que non.

- Ok. Il y a une chambre au fond du couloir, à droite, si tu veux dormir un peu.

- D'accord. Merci, répond Minos distraitement.

Le Garuda plisse les yeux en l'observant brièvement, puis sort de la pièce. Il croise Sarpédon et lui adresse un sourire :

- Tu m'appelles si tu as besoin de quelque chose, d'accord ? Je dois vérifier un truc.

Le rouquin hoche la tête en déposant un baiser sur ses lèvres, puis continue son exploration, les yeux pétillants comme ceux d'un enfant qui découvre qu'on l'a amené dans un parc d'attraction. Amusé, Aiacos le suit du regard, puis s'éloigne vers un escalier secret.

L'oreille tendue, Minos est toujours collé à la fenêtre. Sans bouger, il attend patiemment que ses cadets soient partis de l'étage pour se décider à tourner la tête. La pièce où il se trouve est une bibliothèque. Il se dirige vers les rayonnages les plus proches, puis étudie le dos des livres. L'alphabet lui est inconnu, mélange d'idéogrammes asiatique, de caractères sémitiques qui ne sont pas sans rappeler l'hébreu, l'égyptien et l'arabe… Il a l'impression de voir toutes les langues antiques réunies en une seule. Sur certains mots, il a même l'impression de voir de l'elfique, comme dans la trilogie du Seigneur des Anneaux qu'Aiacos l'a forcé à regarder lorsque la dernière Guerre Sainte se préparait.

Le Griffon observe les étagères avec attention, puis le grand bureau éclairé par les torches à l'éclat rouge. Il s'avance vers ce dernier et ouvre les tiroirs. Satisfait, il extirpe une carte du plus grand et l'étale devant lui.

Les lieux sont bien entendu écrits avec l'incompréhensible alphabet Anthémien, néanmoins il demeure facile de comprendre ce qu'il voit. La forteresse noire d'Aiacos est on ne peut plus visible sur cette carte et il voit, tracé avec précision, le chemin qu'il a entraperçu dans les ronces. Les villages sont indiqués. Et le palais d'Aggelos également.

Hochant la tête pour lui-même, Minos entreprend de mémoriser la carte.


J'espère que ce chapitre vous a plu et que vous avez passé une bonne rentrée !

On se retrouve la semaine prochaine