Bonjour

Voici le chapitre 35. Nos deux héros continuent d'avancer chacun de leur côté mais une belle frayeur pourrait pousser Castiel à revenir. Je n'en dis pas plus.

Merci de continuer à me lire. Merci pour vos messages.

Bonne lecture et à la semaine prochaine !

Sydney8201

Musique du chapitre :

I'm still standing d'Elton John

Chapitre 35 : Responsabilités

« La responsabilité est le prix de la liberté. »

Cyrille Guimard

Dean n'avait toujours pas donné sa réponse à Stan. Il n'avait pas non plus donné sa démission à Ellen. Il n'avait rien fait de concret depuis qu'il avait appris de la bouche de Gabriel qu'il avait de grandes chances de se voir proposer un contrat de publication. Il avait fini par se faire à l'idée. Il avait même envie de tenter sa chance. Et il savait que Sam serait probablement ravi de l'apprendre. Il ne lui avait toutefois rien dit. Il savait qu'en racontant tout à son frère, il enclencherait une machine qu'il ne serait plus capable d'arrêter ensuite. Il ne pourrait que suivre le mouvement. Il s'engagerait pour de bon et même s'il savait que c'était ainsi que cela se finirait, il n'était pas encore tout à fait prêt. Il avait besoin de temps.

Pas parce qu'il avait des doutes. Il savait qu'il avait fait le bon choix. Mais parce qu'il avait la sensation de ne pas encore avoir tout accompli. Il avait la très nette impression qu'il lui restait une tâche à remplir avant de pouvoir tout laisser derrière lui pour de bon. Et le problème était qu'il n'avait pas la moindre idée de ce dont il s'agissait. Cela le rendait complétement fou. Il passait ses journées à chercher sans résultat.

Comme souvent, ce fut finalement la réponse à ses questions qui vint à lui. Elle n'était pas vraiment ce qu'il avait imaginé mais il sut que c'était elle dès qu'il reçut le coup de fil du Détective Henriksen.

Dean hésita à réponse quand il ne reconnut pas le numéro de téléphone. Il avait trop peur qu'il puisse s'agir d'un client mécontent qui avait fini par mettre la main sur son numéro. Il n'aurait pas su quoi lui dire. Mais il finit toutefois par décrocher près quelques secondes. Il n'était pas du genre à ne pas affronter ses responsabilités. Il avait pris une décision et il devait en assumer les conséquences.

Henriksen ne perdit pas de temps à tourner autour du pot. Il lui annonça presque aussitôt qu'ils avaient arrêté Roger. Qu'ils avaient besoin de quelqu'un pour confirmer son identité et pour faire une déposition. Dean était le seul à avoir porter plainte contre lui. Il ne pouvait pas se défiler s'il voulait que Roger paye pour ce qu'il lui avait fait.

Il promit à Henriksen d'être là rapidement puis annonça la nouvelle à Sam. Bien sûr son frère lui propose de venir avec lui. Mais Dean ne voulait pas qu'il soit confronté à Roger. Il ne voulait pas que Sam ait à entendre une nouvelle fois ce qu'il lui avait fait subir. Il ne voulait pas non plus qu'il puise assister à la façon déplorable dont les policier le traiteraient. Car il ne se faisait aucune illusion à ce sujet. Il savait parfaitement qu'il serait considéré comme un moins que rien. Et il pouvait le supporter bien sûr. Mais Sam non. Dean voulait le protéger et son frère semblait le comprendre puisqu'il n'insista pas.

Henriksen ne ressemblait pas du tout à ce que Dean imaginait. Pour commencer, il n'était pas en uniforme mais en costume. Il était également plutôt jeune même s'il avait quelques années de plus que Dean. Et il était incroyablement séduisant. Le jeune prostitué fut agréable surpris également par son sourire amical et par le ton doux qu'il employa en s'adressant à lui.

Il lui demanda de le suivre jusqu'à son bureau à l'étage. Dean sentit le regard de plusieurs policier sur lui sur le chemin. Tous semblaient savoir qui il était et pourquoi il était là. Et la plupart le dévisageait avec un mépris évident. Comme s'il était l'ennemi.

Mais pas Henriksen. Dean n'était d'ailleurs pas sûr de comprendre ce qu'il cherchait en se comportant ainsi avec lui Peut être voulait-il juste le mettre à l'aise pour avoir la meilleure déposition possible. Peut-être jouait-il un rôle. Dean avait du mal à le croire sincère. Et il préférait encore le savoir maintenant plutôt que d'avoir de faux espoirs. Il opta donc pour la franchise quand Henriksen lui apporta un café.

Je suis désolé si ma question vous vexe mais … je peux savoir pourquoi … pourquoi vous êtes aussi gentil avec moi. Vous savez parfaitement qui je suis et ce que je fais … faisais pour vivre. Vous … vous devriez me traiter comme vos collègues me traitent alors … si c'est ce que vous avez envie de faire, ne vous gênez pas. Inutile de jouer un rôle avec moi. Vous obtiendrez ma déposition que vous voyez sympathique ou non. Vous n'avez pas besoin de vous forcer.

Henriksen ne répondit pas immédiatement. Il s'assit en face de Dean en le regardant droit dans les yeux. Il ne paraissait pas vexé. Mais il n'avait pas perdu son sourire non plus. Le jeune prostitué était perdu.

- Je sais ce que mes collègues pensent de vous et … je ne partage pas leur opinion. Je me fiche de ce qu'ils peuvent dire ou imaginer. En ce qui me concerne, vous êtes la victime dans cette histoire … peu importe comment vous avez été confronté à ce monstre … peu ce que vous faites … ou faisiez, vous méritez qu'on vous traite avec respect. Je sais que vous avez traversé une épreuve.

- Mais je suis … je … je vendais … je me …

- Mais rien du tout Monsieur Winchester … Dean ? Je peux vous appeler Dean ?

Dean hocha la tête, incapable de parler. Il était pris de court. Surpris par cet homme dont il n'attendait pas grand-chose et qui semblait pourtant déterminé à lui apporter du réconfort et du soutien.

- Vous êtes la victime Dean. C'est la seule chose que je dois prendre en considération. Vous n'êtes pas l'ennemi ici. Vous n'êtes pas celui que je veux mettre derrière les barreaux. Et je ne vois pas en quoi votre profession ou ex-profession devrait changer cela.

Le jeune prostitué avait toujours un peu de mal à y croire mais il hocha à nouveau la tête. Henriksen était réellement un homme surprenant. Il avait quelque chose d'intriguant et de fascinant que Dean avait envie d'essayer de découvrir. S'ils s'étaient rencontrés dans d'autres circonstances, il aurait probablement essayé. Mais il ne devait pas oublier la raison de sa venue ici.

- Nous avons arrêté Roger Stanfield ce matin. Et nous sommes persuadés qu'il s'agit de l'homme qui vous a agressé. Je ne rêve que d'une chose … c'est de mettre ce salopard derrière les barreaux pour quelques dizaines d'années. Mais j'ai besoin de vous pour ça. Vous êtes le seul à pouvoir témoigner contre lui.

Dean aurait du être soulagé d'entendre qu'il était le seul. Cela signifiait que Roger n'avait pas fait d'autres victimes. Que son dépit de plainte n'était pas arrivé trop tard. Cela l'aidait à oublier sa culpabilité. Mais il n'aimait pas forcément l'idée que tout le procès puisse reposer sur lui. Il avait peur de ne pas être à la hauteur.

- Je … je suis le seul alors ? C'est … je veux vous aider. Vraiment. Je veux … je veux moi aussi qu'on l'empêche de faire du mal à qui que ce soit d'autre mais … il va falloir me guider parce que je ne suis pas sûr d'être … d'être capable de … enfin, je sais qu'un jury ou un juge me regarderait comme … comme le prostitué que je suis. Tout le monde n'a pas votre capacité à passer outre ce que je suis pour voir la victime derrière.

Henriksen ne le contredit pas sur ce point. Il ne cherchait pas à nier le fait que beaucoup jugeait Dean sur sa profession et sans tenter d'apprendre à le connaître. Il était une exception. Et il en était conscient.

- J'aimerais vous dire le contraire mais je ne vais pas vous mentir. Il y aura des gens pour minimiser ce qui vous est arrivé parce que Roger était votre client. Mais c'est au procureur de faire en sorte de choisir le meilleur jury pour que nous puissions gagner ce procès. Et je ne vous mens pas quand je vous dis que vous êtes notre seul espoir Dean. Votre témoignage viendra en plus de toutes les preuves que nous avons accumulés. Il rendra ce que le procureur dira plus concret et plus vrai.

Le jeune prostitué hocha la tête. Il doutait que ses quelques blessures puissent suffire à faire condamner Roger pour quelques dizaine d'années comme Henriksen le voulait. Mais s'il avait une peine de prison, même minime, Dean serait content.

- Je ferais de mon mieux. Mais je ne suis pas sûr qu'il … s'il s'agit de son premier crime, il ne prendra guère plus que quelques années avec sursis non ?

Henriksen détourna les yeux une seconde pour la première depuis le début de leur entrevue et Dean sut aussitôt qu'il allait lui annoncer quelque chose de difficile à entendre. Le jeune prostitué prit une grande inspiration et tenta de se préparer à entendre le pire.

- Dean, quand je vous ai dit que vous étiez le seul à pouvoir témoigner, ce n'est pas … vous n'avez pas été la seule victime de Roger mais … vous êtes le seul à vous en être sorti. Vous êtes le seul encore vivant.

- Je … quoi ?

Il avait forcément mal entendu. Henriksen ne pouvait pas être en train de lui dire que Roger était un meurtrier. Qu'il avait été le seul à lui échapper en vie.

Nous avons trouvé des corps … la plupart mutilés et démembrés. Tous étaient des hommes jeunes … le plus grand nombre se prostituaient comme vous. Roger les a tué avant vous … vous auriez du être sa dernière victime. Mais vous lui avez échappé et maintenant … grâce à vous et à ce que vous avez pu nous dire, nous sommes en mesure de le relier aux cadavres de ces jeunes hommes. Nous avons une chance de coincer un meurtrier multi récidiviste. Et on vous le doit.

Dean se souvenait avoir dit à Castiel qu'il ne pensait pas Roger dangereux. Qu'il ne voyait pas pourquoi il témoignerait contre lui. Qu'il était juste violent et en colère mais certainement pas capable de tuer qui que ce soit. Il n'avait pas pensé une seule seconde qu'il pourrait être aussi dangereux. S'il n'était pas allé voir la police, il aurait laissé à ce monstre une chance de faire d'autres victimes.

- Je … j'étais convaincu qu'il … qu'il était juste un peu violent parce qu'il était en colère. Je n'avais pas songé une seule seconde qu'il puisse … vous êtes en train de me dire qu'il aurait pu me tuer ? Que j'ai vraiment échappé à la mort ?

Henriksen hocha la tête en reportant son attention sur lui. Dean était sous le choc. Il était complètement chamboulé. Il avait encore du mal à réaliser ce à quoi il avait échappé. Il ne savait même pas quoi dire.

- Il voulait vous tuer Dean. C'était son idée. Il vous avait repéré depuis un moment maintenant. Comme pour toutes ces précédentes victimes, il vous a choisi pace que vous ressembliez à son ex petit ami. Il avait des photos de vous partout dans son appartement. Il était déterminé à vous tuer et si … si vous n'aviez pas réussi à lui échapper, c'est exactement ainsi que cela ce serait fini.

Dean baissa les yeux sur ses mains et fut surpris de voir qu'elles tremblaient. Il relâcha sa tasse de café pour ne pas prendre le risque de la renverser et joignit ses mains sur la table pour tenter de cesser leur mouvement. Quand il releva les yeux, Henriksen souriait gentiment et Dean se sentit aussitôt mieux. Il était fou de voir comment cet homme pouvait avoir un tel effet sur lui alors même qu'ils ne se connaissaient pas. Il l'apaisait sans rien dire. Dean sentait qu'il pouvait avoir confiance en lui.

- Il est dangereux. Mais personne ne peut vous en vouloir de ne pas l'avoir compris tout de suite. Personne ne l'avait deviné. Ni ses voisins … ni ses collègues de travail. Et vous avez fait le plus important. Vous avez parlé. Croyez moi Dean. Vous avez sauvé de nombreuses vies en venant nous voir. Vous en sauverez d'autres en témoignant. Même si je sais que ce ne sera probablement pas facile.

Dean se fichait que cela soit compliqué pour lui. Il ne voulait pas penser à lui pour le moment. Roger avait tué des innocents et c'était pour eux que le jeune prostitué voulait se battre maintenant. Pour que leur mort ne reste pas impuni. Son propre sort n'avait plus la moindre importance.

- Parler devant le tribunal implique que vous révéliez à un grand nombre de personnes ce que vous faisiez pour vivre … que vous parliez de votre travail. Des circonstances dans lesquelles vous avez rencontré Roger. Et on sait tous les deux combien les médias aiment ce genre d'histoires. Ils raconteront votre histoire. Votre nom sera dans les journaux. Et bientôt, les gens vous reconnaîtront dans la rue. Je veux que vous soyez préparé au déferlement médiatique et à tout ce que cela pourra avoir comme conséquences pour vous. Je ne dis pas ça pour vous faire renoncer. On a vraiment besoin de vous mais … vous avez besoin de savoir.

Dean acquiesça. Il savait parfaitement ce qui l'attendait maintenant. Mais ce n'était pas une excuse pour reculer. Il devait être le messager de tous ceux qui n'avaient pas eu la chance de s'en sortir. De tous ces jeunes hommes dont la mort n'avait probablement ému personne. Il parlerait pour eux tous. Car leur décès comptait pour lui.

- Je ne serais jamais venu vous voir si mon frère et mes proches n'avaient pas insisté pour que je le fasse. Je n'aurais rien dit parce que j'étais convaincu que Roger n'était pas réellement dangereux. Parce que je pensais ne rien devoir aux autres. Et … si je n'avais rien fait, il aurait pu tué d'autres innocents. Tout aurait été de ma faute. Je … je ne peux pas faire passer mon intérêt personnel avant celui des dizaines d'hommes qu'il aurait pu tuer. Je n'ai pas le droit de chercher à me protéger alors que d'autres sont morts sans que personne ne se soucie d'eux. Ce … ce n'est pas le genre d'homme que je veux être. Alors oui … peut être qu'on me montrera du doigt et peut être qu'on me reconnaitra dans la rue. Mais je m'en fiche complètement. Faire en sorte que ce monstre paye pour ce qu'il a fait est plus important que moi … plus important que le fait de garder mon anonymat.

Henriksen semblait impressionné par son comportement. Dean ne pensait toutefois pas faire quoi que ce soit d'héroïque. Il faisait juste ce qu'il devait faire. Parce qu'il avait eu de la chance. Parce qu''il avait maintenant une responsabilité à assumer. Et parce qu'il n'avait tout simplement pas le droit de faire autrement. Il avait déjà manqué de faire cette erreur. Sans Sam, Castiel et Ellen, il n'aurait rien dit. Et il aurait alors eu la mort d'autres sur la conscience.

- Ce que vous allez faire est courageux Dean. Vous ne le pensez peut être pas mais je le sais … et je pense que d'autres en prendront conscience également. Peu importe le nombre de preuves qu'on peut fournir au tribunal … peu importe les rapports des médecins légistes, les preuves physiques et les traces ADN … il n'y a rien de mieux que le témoignage d'une victime pour enfoncer un criminel. Parce que cela émeut les gens. Parce que cela rend l'histoire plus réelle. Les gens se mettront à votre place et la peine sera plus lourde grâce à vous. Alors que vous vouliez le croire ou non. Vous êtes un héros dans cette histoire.

Dean secoua la tête. Il refusait qu'on le félicite. Il n'aimait pas qu'on le complimente. Bien sûr, les propos de Victor le touchaient. Mais il refusait d'en tirer une quelconque fierté.

- Je ne cherche pas à jouer les héros. Juste à faire ce qui est nécessaire. A prendre les bonnes décisions. N'importe qui en aurait fait de même dans cette situation. Et … je ne suis pas sûr que … mon témoignage aura un réel poids parce que je suis … ce que je suis. Tout le monde n'est pas aussi cool que vous face à quelqu'un comme moi. Je continue à être surpris que vous soyez aussi sympathique.

- Je ne suis pas sympathique Dean. Je suis juste quelqu'un qui refuse de juger les autres. Vous n'avez rien fait de mal. Le seul monstre dans cette histoire est celui que nous allons envoyer en prison ensemble. Et je dois vous avouer que je vous admire. Je ne devrais peut être pas vous le dire parce que ce n'est pas professionnel mais … oui je vous admire.

Dean prit alors une seconde pour observer Victor. Il y avait quelque chose qui avait changer dans son regard. Et même si le jeune prostitué n'avait pas la tête à penser au sexe ou à quoi que ce soit d'autre qu'aux victimes de Roger, il ne pouvait pas ignorer ce que le comportement de Victor signifiait. Il avait déjà eu ce même genre de regard posé sur lui. Et il savait toujours ce que cela voulait dire. Il sourit malgré la gravité de la situation.

- Est-ce que vous cherchez à me draguer Inspecteur ? Parce que je doute que cela soit effectivement le moment idéal pour ce genre de comportement. Je suis flatté mais … enfin … je ne suis pas vraiment d'humeur à penser à ce genre de choses.

Victor détourna les yeux une seconde, visiblement gêné. Dean avait donc vu juste. Il n'était pas surpris. Il avait un don pour sentir ce genre de choses. Et il ne se trompait jamais.

- Je ne vous draguais pas … ou du moins pas consciemment. Je ne vais pas vous mentir Dean. Vous … vous êtes un homme séduisant et je suis gay. Je vous laisse en tirer les conséquences qui s'imposent. Mais … ce n'est ni le lieu ni le moment pour penser à ce genre de choses. Je veux avant tout faire plonger Roger. Et qui sait … peut être que quand tout sera terminé, on pourra en reparler ensemble. Enfin si vous le souhaitez.

- Vous sortiriez avec quelqu'un comme moi ? Vous êtes dans la police je vous rappelle et moi j'étais un prostitué … ce qui si vous l'ignorez signifie que j'étais dans l'illégalité.

- Je ne cherche pas à sortir avec un délinquant Dean. Je songe, dans le futur, à inviter un homme courageux et séduisant à dîner avec moi. Un homme qui … comme vous l'avez répété se prostituait au passé.

Dean avait effectivement décidé de tout arrêter. Victor avait raison. Il ne prenait plus aucun risque en sortant avec lui. Mais le jeune prostitué n'était pas sûr d'en avoir envie. Il appréciait le policier. Il le trouvait séduisant. Et il était évident que c'était quelqu'un de bien. Mais Dean aimait toujours Castiel. Il doutait de pouvoir l'oublier rapidement. Avait-il le droit de sortir avec un homme quand son cœur était déjà pris par un autre ?

- Je … j'ai tout arrêté. Je … je crois que cette histoire m'a servi de leçon et j'ai envie de faire autre chose de ma vie. Mais je … je ne pense pas être dans le bon état d'esprit pour vous dire si une telle proposition serait la bienvenue ou non … même après le procès. Je … je ne veux pas vous donner de faux espoirs. Je préfère vous dire que les choses sont compliquées pour moi en ce miment et que je n'ai pas la moindre idée de l'état d'esprit dans lequel je serais quand tout sera terminé.

- Je vous remercie pour votre franchise Dean. Et vous avez raison. Il est trop tôt pour envisager quoi que ce soit de ce genre. On en reparlera plus tard et on avisera d'accord ?

- D'accord.

Henriksen lui sourit puis l'invita à terminer son café. Il était temps pour Dean de faire face à Roger. De l'identifier parmi plusieurs autres hommes. De le pointer du doigt pour enclencher la machine. Il avait beaucoup de choses à penser. Il aurait peut-être besoin d'un avocat. Il devait parler à Ellen et à Sam. Il devait également avertir Gabriel. Sortir avec quelqu'un n'était clairement pas dans ses priorités. Mais il allait le garder dans un coin de sa tête. Même si cela ne devait pas fonctionner avec Henriksen, ils pourraient être amis. Dean avait bien besoin de quelqu'un d'aussi positif après le départ de Castiel. La chance était peut-être en train de tourner. L'entrée d'Henriksen dans sa vie était peut être le signe qu'il méritait réellement une seconde chance. Une nouvelle vie. C'était ce qu'il avait envie de croire pour le moment. Il prendra le temps de réellement d'y réfléchir quand le moment serait venu.


Castiel avait décidé de gérer son amour pour Dean et sa façon de penser constamment à lui comme une maladie. Il avait des symptômes et s'il ne tentait pas de les traiter alors il ne pourrait jamais guérir. Il devait trouver le bon médicament et la bon dosage pour aller mieux. Mais il lui fallait également du temps. Être patient et accepter de ne pas guérir miraculeusement du jour au lendemain étaient les clefs de la réussite. Ce fut donc ce qu'il fit.

Il s'accorda du temps. Il tenta de faire autre chose. De s'occuper pour ne pas trop penser. D'avancer dans une nouvelle direction. Il se félicitait de chaque petit progrès, aussi infime soit-il. Chacun d'entre eux était une raison d'être fier de lui. Et un pas de plus de fait dans la bonne direction.

Meg était à ses côtés à chaque étape. Elle était là pour l'encourager. Pour le forcer à se bouger quand il perdait courage ou qu'il n'avait pas envie de faire quoi que ce soit d'autre que de se morfondre dans son coin. Elle était là pour lui à chaque fois qu'il en avait besoin. Elle était sa sauveuse et Castiel savait qu'il lui devait énormément.

Il progressait. Ce n'était pas flagrant et ce n'était pas énorme. Mais il avançait. Il pouvait le sentir. Dean occupait encore son esprit la majeure partie du temps. Il arrivait toutefois à penser à autre chose parfois. A rire et à plaisanter. Il commençait doucement à avoir envie de rencontrer des gens. Pas pour le sexe ou pour une hypothétique histoire d'amour. Mais pour tisser de nouveaux liens. Pour se faire des amis. Pour continuer à avancer.

Ce n'était pas parfait. Loin de là. Et il n'était pas dupe. Il savait que le temps serait probablement encore très long. Il avait du chemin à parcourir. Il y aurait des hauts et des bas. Des moments de doute. Mais il voulait croire qu'il avait fait le plus en prenant la décision de se lancer. En acceptant que rien ne serait jamais possible avec Dean et qu'il devait l'oublier. C'était de prendre cette décision qui avait enclenché la machine. Castiel était plutôt fier de lui quand il y pensait.

Gabriel lui manquait. Il l'appelait tous les soirs. Ils ne parlaient jamais de Dean. Ils ne parlaient pas non plus du retour de Castiel chez eux. Ils parlaient du temps, de ce que Castiel dessinait, de Meg et du travail de Gabriel. Et ces conversations aidaient grandement le jeune homme à reprendre une vie normale. A tracer un trait sur ce qu'il avait vécu ces derniers mois.

Il dessinait toujours Dean. Parfois, c'était plus fort que lui. Même sans le vouloir, sa main commençait à tracer les contours d'un visage qu'il aimait toujours. La silhouette d'un homme qui continuait à lui manquer malgré toutes ses bonnes résolutions. Il lui arrivait heureusement de parvenir à dessiner autre chose. Ses meilleurs dessins restaient ceux de Dean bien sûr. Mais il voulait croire que cela finirait par changer.

C'était exactement ce qu'il tentait de faire, installé sur le canapé du salon de Meg un soir quand la jeune femme rentra du travail, épuisée. Elle prit de quoi manger dans la cuisine et une bière au frigo puis rejoignit son ami sur le canapé sans un mot.

Castiel savait qu'il était inutile d'engager la conversation quand elle était dans cet état. Il était préférable de lui laisser le temps d'évacuer sa colère ou son stress avant de lui adresser la parole. Il continua donc à dessiner en l'observant du coin de l'œil au cas où.

Meg finit par attraper la télécommande de la télévision et par l'agiter sous son nez, sans doute pour lui demander si elle pouvait l'allumer. Castiel hocha la tête avant de se concentrer sur son dessin à nouveau.

Ce ne fut que lorsque Meg s'arrêta sur les informations que Castiel releva le nez de ce qu'il faisait. Il n'aurait pas su dire pourquoi. Il n'aimait pas écouter les nouvelles. Le plus souvent, elles étaient déprimantes. Mais cette fois, il eut le pressentiment étrange qu'il devait absolument se montrer attentif.

L'homme a été arrêté à son domicile. La police pense qu'il pourrait être relié à une série de meurtres. Les corps de cinq jeunes hommes avaient été retrouvé, il y a deux semaines maintenant, dans un entrepôt en périphérie de la ville. Ils étaient démembrés pour la plupart.

- Si tu veux mon avis, ce type mériterait qu'on lui fasse subir le même sort. C'est un malade, commenta Meg avant de boire une longue gorgée de sa bière.

Castiel était farouchement opposé à la peine de mort. Il estimait que la justice devait se montrer meilleure. Qu'elle ne devait surtout pas se rabaisser à ce genre de sanctions. Mais il était difficile de continuer à le penser quand on entendait ce genre de choses. Ces hommes étaient innocents. Ils avaient du souffrir atrocement. Et ce monstre ne pourrait jamais payer suffisamment.

Les victimes étaient tous de jeunes prostitués. Leurs disparitions n'avaient pas été signalés. Selon la police, il pourrait y avoir d'autres victimes dont les corps n'auraient pas encore été retrouvé. L'identité des corps n'a pas été dévoilé. Nous savons en revanche que l'homme en question Roger Stanfield, était considéré comme quelqu'un de gentil et de calme par ses voisins. Personne ne soupçonnait qu'il puisse être un meurtrier en série.

Castiel sentit un frisson le parcourir en entendant le nom du meurtrier en question. Roger Stanfield. Bien sûr, il y avait probablement des milliers de Roger dans le pays. Il n'y avait que très peu de chances que ce monstre soit l'homme qui avait agressé Dean. Mais Castiel avait toujours un mauvais pressentiment.

Il fut confirmé quand le présentateur montra une photo de Stanfield. Elle s'afficha en grand sur l'écran et Castiel eut la sensation que le temps suspendait son cours. Que son cœur s'arrêtait de battre. Que tout disparaissait autour de lui. C'était Roger. Celui qui avait manqué de tuer Dean. C'était le monstre qui l'avait agressé et envoyé à l'hôpital.

- Je … souffla t-il avant de jeter son carnet à dessin à côté de lui et d'attraper son téléphone sur la table basse.

Il ne perdit pas de temps à expliquer quoi que ce soit à Meg. Il pouvait sentir son regard sur lui. Il savait qu'elle devait se poser des questions. Mais il avait plus urgent à faire. Plus important à penser. Il devait appeler Dean. Il devait entendre sa voix et savoir.

Il sut dès la première sonnerie que son ami ne répondrait pas. C'était une nouvelle une impression étrange qu'il ne s'expliquait pas. Peut être était il lié au jeune prostitué par une sorte de lien mystique. Peut être était ce un don qu'il avait sans le savoir. A cet instant précis, il s'en fichait.

Comme il s'y était attendu, Dean ne décrocha pas. Il pouvait y avoir des centaines d'explications. Il n'avait peut être pas son téléphone à côté de lui. Il étai peut être trop occupé pour répondre. Ou il ne souhaitait pas lui parler après leur dispute. Castiel n'aurait pas du s'inquiéter immédiatement. Mais il ne parvenait pas à penser de façon raisonnable. Il était totalement terrifié.

- Cas, je peux savoir qui tu appelles ?

La voix de Meg le tira de ses songes. Il recomposa le numéro quand même mais sans le moindre espoir. Il fit face à son amie alors que les sonneries résonnaient à son oreille à travers son téléphone.

- J'appelle Dean … ce type … ce monstre qui a tué tous ces prostitués … c'est celui qui l'a agressé et qui a causé notre dispute … mon départ. Je … je sais qu'il y a peu de chance qu'il … je ne devrais pas m'inquiéter mais … j'aimerais juste qu'il me répondre … j'ai besoin d'entendre sa voix.

Il aurait aimé que Meg le rassure. Qu'elle lui dise qu'il était idiot de s'inquiéter pour rien. Mais la jeune femme ne le fit pas. Elle jeta un coup d'œil à la télévision puis reporta son attention sur Castiel. Elle semblait inquiète à son tour et cela ne rassurait pas Castiel du tout.

- Tu penses que j'ai raison de m'en faire ? demanda t-il.

Meg haussa les épaules. Elle avait les sourcils froncés et elle serrait sa bouteille de bière bien trop fortement dans sa main. Castiel avait envie de la supplier de se détendre. Ne serait-ce que pour lui éviter à lui de faire une crise de panique.

- Je ne sais pas Cas … je … je ne dis pas que tu dois t'en faire mais … tu as sans doute raison … le meilleur moyen de savoir est de l'appeler.

Castiel retenta une troisième fois de joindre Dean mais le jeune homme ne répondait pas. Il continua à composer son numéro sans relâche tout en reportant son attention sur la télévision. Le présentateur parlait de Roger à nouveau.

Sa dernière victime était un jeune homme d'une petite vingtaine d'année. Prostitué comme les autres. Selon nos sources, il lui avait échappé une première fois et avait tenté de prévenir la police. Mais personne ne semblait avoir pris ses propos au sérieux. Il n'a pas réussi à lui échapper une deuxième fois.

Castiel lâcha son téléphone en entendant la nouvelle. Cette fois, il avait toutes les raisons de s'inquiéter. Cette fois, cela devenait concret. Dean avait échappé à Roger. Il avait parfaitement pu aller trouver la police après que Sam l'en ait contraint. Et il était fort possible que personne n'ait accepté de l'écouter. Les policiers n'aimaient pas les prostitués. Certains pensaient qu'ils méritaient ce qu'on leur faisait subir Qu'ils l'avaient cherché. Dean pouvait être cette dernière victime. Celle qui n'avait pas réussi à échapper une seconde fois à son agresseur. Et c'était très certainement de la faute de Castiel. Il aurait du être là pour veiller sur lui. Il aurait du être là pour le protéger. Il l'avait abandonné et Dean était peut être mort par sa faute.

- Cas, souffla Meg qui semblait penser la même chose.

- Ca ne peut pas … il ne peut pas être mort. Je … je refuse de le croire.

Même en disant cela, il avait du mal à y croire. Il se rendait compte qu'il y avait de fortes chances pour que cette dernière victime soit Dean. Et il pouvait dire tout ce qu'il voulait, cela ne chassait pas la peur. Maintenant que l'angoisse s'était insinuée en lui, il ne pouvait plus l'ignorer. Il avait besoin de savoir. Il avait besoin que quelqu'un lui dise que Dean allait bien.

Il tenta de l'appeler à nouveau plusieurs fois mais n'obtint pas plus de réponse. Si le jeune prostitué refusait juste de lui parler, il allait l'entendre. Castiel ne se priverait pas lui dire qu'il était un imbécile et un salopard de lui avoir fait ainsi peur.

Il était toutefois inutile d'insister. Il était évident que Dean ne répondrait pas pour le moment. Il ne voyait qu'une autre solution. Il devait appeler Sam. Il ne connaissait pas vraiment le frère de son ami mais il avait trop peur pour se soucier que son appel puisse lui sembler bizarre. Ou mal venue.

Il avait heureusement enregistré son numéro de téléphone au cas où. Il le composa sans attendre. Il sentit son cœur s'emballer dans sa poitrine quand il tombe aussitôt sur le répondeur. Sam ne pouvait pas être en cours. Même avec le décalage horaire, il devait être rentré. Bien sûr, il pouvait parfaitement ne plus avoir de batteries ou avoir coupé son portable pour être tranquille. Mais Castiel avait du mal à se raccrocher aux explications logiques. Pas après ce qu'il avait entendu à la télévision. Il rappela deux fois avant d'abandonner. Il était évident que Sam ne répondrait pas non plus/.

Castiel commença alors à imaginer le pire. Il imagina Sam devant identifier le corps sans vie de son frère. Sam enfermé chez leur oncle Bobby à pleurer la mort de celui qui l'avait élevé. Castiel avait envie de pleurer aussi. Et plus les secondes passaient plus il avait peur.

- Il ne répond pas … son frère non plus et je … Meg, si c'est lui, je ne pourrais jamais me le pardonner.

- Pour commencer, tu n'en sais rien Cas. Il pourrait y avoir des dizaines d'autres explications au fait qu'ils ne décrochent pas. Je sais qu'il est difficile de les envisager parce que tu es inquiet mais … ça ne veut rien dire. Est-ce qu'il y a quelqu'un d'autre que tu peux appeler ? N'importe qui ?

Castiel ne voyait que deux options. Ellen et Gabriel. Il opta finalement pour son frère. Il n'était pas sûr qu'il ait gardé contact avec Dean. Mais c'était une éventualité. Et c'était plus simple de lui expliquer à lui qu'il était inquiet plutôt que d'en parler avec son ex-patronne.

- Gabriel, heureusement, décrocha à la première sonnerie.

- J'ai entendu la nouvelle moi aussi Cas et je sais ce à quoi tu penses. Mais on n'en sait pas plus pour le moment alors inutile de paniquer.

Castiel sentit sa gorge se nouer. Si Gabriel avait eu des nouvelles de Dean, il aurait probablement commencé par là. Il devait toutefois lui poser la question. Au cas où.

- Est-ce que tu … tu l'as eu au téléphone récemment ? Est-ce que tu sais si …

- Non Cas. Je lui ai parlé il y a quelques temps. C'est lui qui est venu me voir au sujet du contrat que j'aimerais lui proposer mais je n'ai pas eu de nouvelles depuis. Je lui ai envoyé par mail mais il ne m'a pas encore répondu. Ce qui ne veut rien dire. Il peut être occupé à autre chose.

- Tu as tenté de l'appeler ?

Gabriel ne dit rien et Castiel sut alors qu'il l'avait fait. Parce qu'il avait pensé à la même chose que Castiel. Parce qu'il était lui aussi inquiet. Il cherchait à rassurer son frère mais il était évident qu'il étai au moins aussi angoissé que lui. Ce qui n'était pas bon signe. Gabriel ne paniquait jamais.

- Je pensais qu'il … peut être qu'il ne me répondait parce qu'il est en colère contre moi mais pourquoi … il n'a aucune raison de t'ignorer toi … surtout s'est d'accord pour signer ce contrat avec toi. Il aurait du reprendre contact.

- Peut être qu'il ne l'a pas fait parce qu'il a peur … on sait tous les deux qu'il est terrifié à l'idée que son livre ne marche pas … que les critiques ne soient pas bonnes. Peut être qu'il me fuit parce qu'il sait que je vais insister. Mais … je peux toujours aller le voir chez lui pour être sûr.

Castiel hocha la tête avant de se rendre compte que son frère ne pouvait pas le voir. C'était effectivement la meilleure idée. Il n'y aurait qu'au moment où Gabriel pourrait lui confirmer qu'il avait vu Dean de ses propres yeux qu'il serait enfin rassuré. Bien sûr le fait qu'il soit à l'autre bout du pays n'aidait pas. Il se sentait impuissant. Il n'aurait jamais du partir. Il n'avait bien sûr aucune idée que quoi que ce soit de ce genre arriverait. Mais pendant qu'il tentait d'oublier son ami, ce dernier se faisait peut être assassiner. Castiel continuait de penser que c'était en grande partie sa faute.

- Cas, je sais que tu t'en veux et je te comprends. Mais … quoi qu'il ait pu arriver ce n'est pas de ta faute. Tu n'as rien fait de mal … et une nouvelle fois, on s'inquiète sans doute pour rien.

- Je … je ne peux pas rester ici Gabe. Pas quand il existe même une infime chance qu'il lui soit arrivé quelque chose. Et même si ce n'est pas le cas, il sera probablement convoqué par la police et interrogé et il … il aura besoin de tous ses amis pour surmonter cette épreuve. Je dois revenir. Je dois être là pour lui.

Meg prit son téléphone dans sa poche et commença à tapoter sur l'écran. Castiel était presque sûr qu'elle était déjà en train de lui réserver un vol.

- Je pense que c'est une bonne idée oui. Pour te rassurer définitivement et parce qu'il est évident que Dean aura besoin de nous tous.

- Je prends le premier vol.

- Envoie moi toutes les infos quand tu les auras. Je vais tout de suite aller voir Dean. Je te tiens au courant.

Gabriel raccrocha sur ces mots, probablement impatient de partir chez Dean. Castiel priait pour qu'il puisse le trouver immédiatement à son appartement. Il pourrait alors affronter le vol retour de façon plus sereine. Si son frère rentrait bredouille, il continuerait à paniquer. Et les trois heures de vol lui sembleraient durer une éternité.

- Il y a un vol qui décolle d'ici trois heures. Tu peux l'avoir si on part tout de suite. J'ai déjà acheté ton billet.

Castiel n'avait pas de temps à perdre à la remercier. Il sauta du canapé et se précipita dans la chambre pour récupérer ses affaires. Il aurait aimé pouvoir accélérer le temps et être déjà rentré. Il regrettait d'avoir rejoint New York. Il regrettait d'avoir été aussi égoïste. Il avait abandonné Dean. Il était parti sans savoir ce qu'il allait advenir de Roger. Il aurait du rester et accompagner Dean jusqu'au bout. Il aurait du attendre d'être sûr que le jeune prostitué ne risquait plus rien. Il avait été lâche. Et si toutefois Dean allait bien, il le supplierait de le lui pardonner. Il ne s'était pas comporté en ami avec lui. Et c'tait pourtant quelque chose qu'il s'était juré de toujours faire.

Il finit de rassembler ses affaires convaincu qu'il en avait oublié la moitié puis rangea son passeport dans sa poche de pantalon. Quand il retourna dans le salon, Meg avait ses clefs de voiture dans la main.

Ils quittèrent l'appartement et rejoignirent la voiture en silence. Meg ne reprit la parole que lorsqu'ils furent engagés sur la route.

- Je suis sûr qu'il va bien. Je ne sais pas grand-chose de lui mais de ce que tu m'en as dit, il sait se défendre. Il sait se battre et il … il est suffisamment intelligent pour se méfier.

Castiel aurait aimé pouvoir le penser lui aussi. Mais il était trop inquiet pour parvenir à se raccrocher à cet espoir. Il ne pouvait pas s'empêcher de se repasser en boucle ce que le journaliste avait dit. Un jeune prostitué lui avait échappé et avait tenté de parler à la police. Personne ne l'avait écouté. Il était mort à présent. Une vingtaine d'année. Ca collait parfaitement avec Dean. Ca ne pouvait pas être une coïncidence.

Il choisit donc de ne rien dire et de sortir son téléphone à nouveau. Il composa le numéro de Dean et ne fut pas surpris quand son ami ne décrocha pas. Il attendit toutefois le bip du répondeur pour lui laisser un message.

- Dean, c'est moi Cas … je … je sais que tu vas sans doute trouver tout ça stupide mais j'ai … j'ai entendu parler de Roger à la télévision et … tu es sans doute déjà au courant toi aussi mais … comme tu ne réponds pas et comme Sam ne décroche pas non plus …Gabriel … il n'a pas eu de tes nouvelles et … on s'inquiète alors … si tu ignores me appels parce que tu es en colère, je le comprends. J'aimerais juste que tu m'envoies un message pour me dire que tu vas bien. Ou pour me dire d'aller me faire voir. Juste … fais moi signe parce que je … j'ai peur pour toi Dean. Et je m'en veux d'être parti quand … quand il est évident que tu risques d'avoir besoin de soutien. Je … je prends l'avions pour rentrer ce soir. Je serais bientôt chez moi et … enfin voilà si tu as besoin de parler ou … de quelqu'un sur qui crier, je veux bien être ce quelqu'un. C'est … je suis désolé Dean. Oh et … Gabriel va venir te voir pour … ne lui en veux pas il le fait pour moi. Il sait que je ne serais vraiment rassuré que lorsque je saurais que tu vas bien. Il … il a tué des gens Dean et ils ont parlé d'un jeune homme qui lui avait échappé mais qui … qu'il a tué quand même alors voilà … je … rappelle moi s'il te plait.

Sur ces mots, il raccrocha le téléphone. Il sentit presque aussitôt la main de Meg se poser sur son bras. Il savait que la jeune femme était là pour le soutenir. Mais cela ne suffisait plus. A cet instant précis, rien n'aurait pu le faire se sentir même un tout petit peu mieux. Il avait trop peur. Il avait besoin de voir Dean. Besoin de l'entendre. Besoin de savoir qu'il allait bien. C'était la seule chose qui pourrait l'aider.