Bonjour à tous !
Merci pour toutes vos reviews :)
Comme plusieurs personnes me l'ont demandé, je précise que j'ai effectivement quelques projets pour des OS et des histoires plus longues (du Voldemort / Hermione une fois de plus), bien que rien ne soit finalisé pour le moment.
Bonne lecture,
Perhentian
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Chapitre 48 – Juillet – Septembre 1998
– Vous devriez manger plus vous savez, fit Remus d'un ton calme.
Hermione se rendit compte qu'elle n'était pas la seule à se contenter de déplacer sa nourriture d'un bout à l'autre de son assiette. Harry plus particulièrement semblait ne même pas avoir touché à son déjeuner.
– C'est vraiment étrange d'être ici, commenta Ron.
Ils étaient dans la maison de campagne des Potter, celle que le quatuor avait régulièrement utilisée comme arrière base, et autour de laquelle aurait lieu cette après-midi le grand affrontement entre Harry Potter et Lord Voldemort. Pas que qui que ce soit en dehors de l'Ordre et des mangemorts ne le sache pour le moment. Selon Harry qui avait discuté avec Scrimgeour – en tant que Alistair Jones bien sûr –, celui-ci n'avait absolument rien ni sur les mangemorts, ni sur Voldemort. Il en était au stade où il se demandait s'il était judicieux de contacter Harry Potter, surtout maintenant qu'il savait qu'il y avait eu une prophétie liant celui-ci à Voldemort. Mais il était déjà trop tard pour Scrimgeour. La bataille aurait lieu aujourd'hui, et lorsque les aurors se joindraient ils ne feraient office que de figurants.
S'ils avaient choisi la maison de campagne des Potter comme lieu, c'était que celle-ci présentait l'énorme avantage d'être suffisamment éloignée de toute autre maison pour éviter les victimes collatérales, tout en étant dans un territoire sorcier bien connu et dont l'activité magique était suivie par le Ministère de la Magie. Et pour que la future attaque de Voldemort paraisse légitime, il avait été décidé que Harry passerait sa journée d'anniversaire là-bas, dès le repas du midi, avec ses proches. Le quatuor, Sirius, Remus et Tonks étaient ainsi en train de déjeuner dans une maison qui serait surement détruire ce soir.
– Tu devrais être plus joyeux Harry, fit Sirius. C'est tout de même l'anniversaire de tes 18 ans, et en plus tes résultats aux ASPICs sont impressionnants !
Les résultats étaient arrivés ce matin même au Square Grimmaurd, et ils avaient tous brillés. Hermione avait vu avec satisfaction qu'elle avait obtenu Optimal à ses onze ASPICs – toutes les matières possibles à l'exception de Divination qu'elle n'avait pas passée –, égalant ainsi les notes de Voldemort et de Dumbledore encore avant lui. Ginny en avait décroché huit : Défense Contre les Forces du Mal, Métamorphose, Sortilèges, Potions, Botanique, Histoire de la magie, Runes et Arithmancie tout comme Harry qui avait cependant passé Soin aux Créatures Magiques et Astronomie à la place de Histoire de la magie et Arithmancie. Ron, lui, avait culminé à sept ASPICs, incluant Divination et Histoire de la Magie, mais sans passer Runes, Arithmancie, Astronomie, Botanique et Etude des Moldus. Molly Weasley avait pleuré de joie en voyant leurs résultats.
– C'était facile de les avoir, répondit Harry avec lassitude. Et totalement injuste, je n'en aurais jamais eu autant lors de ma première vie si j'avais pris la peine de les passer.
Tonks le regarda d'un air étrange et Hermione se rappela qu'elle ne savait pas pour leur retour dans le temps.
– On s'en fiche, affirma Sirius. L'important c'est que maintenant tu as huit ASPICs ! Si James et Lily étaient là, ils auraient été fous de joie !
Cela sembla rembrunir encore plus Harry, alors que Tonks semblait communiquer silencieusement avec Remus, exigeant surement une explication pour plus tard.
– Ils n'auraient guère été contents pour le reste, murmura Harry.
– Bien sûr que si ! fit Sirius. Ils n'auraient pas pu avoir un fils avec un cœur plus grand, et même au-delà de ça, tout ce qui les aurait intéressés cela aurait été ton bonheur. Ils auraient été foutrement fiers de toi !
Tout le monde regarda Sirius avec des yeux ronds, plutôt habitués à voir sa véhémence dirigée contre leur alliance avec Voldemort. Même Harry en oublia de se reprocher tous les malheurs du monde.
– Quoi ? fit Sirius. J'ai le droit d'admettre que James et Lily auraient été moins bornés que moi non ?
Ron et Ginny éclatèrent de rire, et même Harry ne put empêcher un sourire de fleurir sur ses lèvres.
– Personne n'est plus borné que toi Patmol, répondit Remus avec affection. À part peut-être Severus.
– Ah non ! s'écria Sirius. Je refuse d'être comparé à Servilus ! J'ai bien plus d'allure que lui !
– Et c'est pour cela que tu as tenté de séduire la moitié de mes anciennes amies de promotion lors de la dernière soirée que j'ai organisée ? intervint Tonks, son ton un mélange entre le reproche et l'amusement.
Hermione jeta un regard désabusé à Sirius. Elle aurait cru qu'élever son filleul en toute légalité en ne passant que quelques années à Azkaban ferait de lui un adulte plus responsable, mais c'était visiblement au-dessus de ses forces.
– Si on en revenait au sujet initial ? fit Sirius. Fêter les 18 ans de Harry, les ASPICs des jeunes, et entamer cette merveilleuse bouteille de whisky Pur Feu que j'ai ramenée…
– Il est à peine treize heures et nous avons une immense bataille prévue dans quatre heures qui va sceller le destin de l'Angleterre magique, pointa Hermione.
Elle fut atterrée de voir que tout le monde la regardait comme si elle était trouble-fête. Même Remus.
– Allez Hermione, intervint Ron. On peut bien prendre un petit verre. Ce n'est pas comme si nous n'avions pas un stock de potion de degrisage dans le pire des cas.
Hermione refusa de prendre un verre, mais elle put au moins voir que cela permis à Harry de se détendre légèrement, et d'arrêter de se poser pour la millième fois la question de s'il n'aurait pas pu mieux faire.
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Le bracelet de Hermione chauffa légèrement alors qu'elle était en train de se préparer dans l'une des chambres de la maison, et elle accepta la communication avec Voldemort.
– Vous êtes prêts ? demanda celui-ci.
– Quasiment, répondit Hermione.
Elle fouilla au passage dans son fidèle sac à bandoulière, et s'apaisa lorsqu'elle sentit la forme d'un sablier sous ses doigts.
– Et toi ?
– Evidement que je suis prêt, répondit Voldemort d'un ton suffisant.
– Lucius a finalement réussi à faire activer les clauses de la loi de McLaggen ? demanda Hermione.
Cette loi que David Morrello avait faite modifier en échange d'une rose Tudor, et qui permettait à un Ministre de la Magie de s'octroyer un pouvoir quasiment dictatorial en cas de menace. Une loi que Voldemort avait exigé d'utiliser, et qu'ils ne pourraient déclencher plus tard, puisque la menace de Voldemort n'aurait plus lieu d'être. Il leur fallait donc la faire activer par Scrimgeour, et faire en sorte ensuite qu'elle ne soit pas révoquée lorsque Lucius prendrait le pouvoir. Mais Lucius avait jusque-là eu du mal à convaincre Scrimgeour, parce que ce dernier ne lui faisait toujours pas le moins du monde confiance – à raison –, et Alistair Jones n'était pas suffisamment proche de Scrimgeour pour le pousser à faire cela.
– Le vieux fou s'est chargé de convaincre Scrimgeour, et le Magenmagot a suivi, répondit Voldemort avec un désenchantement évident. Je serai sur place dans quinze minutes Hermione, soyez prêts.
Puis il raccrocha et Hermione se mit à vérifier pour la dixième fois qu'elle avait bien tout ce qu'il fallait sur elle.
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Le regard de Hermione se porta au loin, cherchant des yeux Voldemort. C'était étrange de le voir sous sa forme reptilienne. Il avait été décidé que ce serait le plus symbolique. Après tout, personne n'avait vu le véritable visage de Voldemort parmi le public, il n'y avait que quelques aurors qui l'avaient vu avoir une forme humaine quelques secondes au moment où Dumbledore avait réussi à récupérer son sang durant Yule 1996. Pas suffisamment de temps pour pouvoir vraiment lui attribuer un visage.
Face à Voldemort il y avait bien sûr Harry, et Hermione poussa un soupir exaspéré. Elle était presque certaine qu'ils étaient en train de s'amuser à tester les limites de l'autre, tout en utilisant les sortilèges les plus spectaculaires qu'ils connaissaient. Et pour être spectaculaire, c'était spectaculaire, elle devait le reconnaitre.
– Rends-toi Potter ! Tu ne peux rien faire contre moi ! hurla Voldemort sur le champ de bataille.
Et il fit sortit une armée de serpents géants de sa baguette, les envoyant sur Harry. Ce dernier utilisa un puissant sortilège d'expulsion dessus, les faisant éclater en mille morceaux, projetant des boyaux de serpents sur des dizaines de mètres à la ronde, allant jusqu'à atteindre les combattants autour d'eux.
– Vous êtes ridicules, commenta Hermione qui se rappelait encore avoir dû éviter une tête de serpent durant son duel avec Jugson.
– C'est juste que tu manques de panache Hermione, lui répondit Voldemort d'un ton amusé.
Hermione tourna sa tête vers le Voldemort parfaitement normal à sa gauche, alors que le Voldemort reptilien faisait sortir un raz-de-marée de Feudeymon de sa baguette, brulant au passage une partie des robes de Dumbledore qui ne se trouvait pourtant pas du tout dans sa direction.
– Jamais ! hurla le Harry Potter du champ de bataille alors qu'il érigeait un immense mur de glace sur des dizaines de mètres.
– Ah, zut, il fallait que je me donne un coup de main là, marmonna le Harry Potter à droite de Hermione.
Il sortit sa baguette et la pointa vers le sortilège du Harry Potter sur le champ de bataille, renforçant la barrière de glace de manière significative.
– Tricheur, commenta le Voldemort à gauche de Hermione. Je me disais bien que ta barrière était un peu trop puissante.
– Ce n'est pas de la triche, j'ai simplement été plus malin que toi d'avoir pensé à la possibilité de compter sur moi-même, répondit Harry. À moins que tu détestes tellement compter sur qui que ce soit que tu n'es même pas capable de compter sur toi-même ?
– Est-ce que vous pourriez vous taire et m'aider par Merlin ? craqua Hermione.
Cela fit éclater de rire Harry, alors qu'une détonation retentissait sur le champ de bataille et qu'un précipice commence à se former entre le Harry et le Voldemort en train de combattre, modifiant aussi la physionomie des combats enragés autour d'eux.
Hermione repéra un mangemort qui se trouvait sur le trajet du sortilège de lacération d'un auror et fit disparaitre le sortilège en plein vol d'un complexe mouvement de baguette.
Le plan de bataille était simple, très simple. Voldemort et ses mangemorts avait attaqué la maison des Potter dans l'après-midi du 31 juillet comme prévu. L'Ordre était arrivé, ainsi que les aurors. Depuis, les mangemorts combattaient l'Ordre et les aurors, alors que Harry et Voldemort mettaient en scène un duel à mort en communiquant par leur lien pour éviter de se blesser. Les mangemorts de Voldemort avaient soit connaissance du plan, soit étaient sous Imperium, et ne présentaient en réalité pas de danger, ne lançant rien de plus dangereux que de faibles Diffindo. Une grande partie de l'Ordre était au courant aussi, et ne cherchait qu'à immobiliser tous les mangemorts présents.
Et en marge du champ de bataille, Hermione, Harry et Voldemort d'un côté, et Dumbledore, Ron et Ginny de l'autre se chargeaient de dévier de potentiels sortilèges dangereux pour éviter des dégâts irréversibles. Cette partie du plan avait été proposée par Voldemort, qui avait au passage avoué avoir subtilisé une dizaine de retourneurs de temps au Départements des mystères lorsqu'ils s'y étaient introduits tous les six pour voir ce qu'il était advenu de la prophétie. Hermione était certaine qu'il ne s'était pas arrêté à voler des retourneurs de temps, mais Voldemort avait refusé de reconnaitre le vol de quoi que ce soit d'autre. Forcement.
Ils avaient tous déjà vécu le combat lui-même, et savaient déjà que tout allait bien se finir. Mais ce n'était pas une raison pour qu'elle soit la seule à tenter d'éviter qu'un auror trop zélé fasse un peu trop bien son travail, ou qu'un mangemort ne puisse s'empêcher de déraper.
Ou que les sortilèges de certaines personnes se fassent progressivement de plus en plus violents, comme ce qui était justement en train de se passer entre Sirius et Bellatrix. Hermione leva sa baguette pour les séparer l'un de l'autre – elle ne faisait confiance à aucun des deux pour parvenir à garder la tête froide face à l'autre – mais au même moment David Morrello apparut dans cette partie du champ de bataille, stupefixia Bellatrix avant même qu'elle ne puisse se rendre compte de son apparition, et se volatilisa de nouveau avant que Sirius ne puisse malencontreusement lui envoyer un sort.
– Ah, c'est bientôt mon moment de gloire ! fit le Harry à droite de Hermione.
Voldemort lui jeta un regard noir. Sur le champ de bataille Barty faisait face à Neville et Luna, alors que Ginny et Ron s'assuraient que Alecto et Amycus Carrow soient rapidement neutralisés. Ils avaient beau être sous Imperium, il valait mieux rester prudent. Hermione se repéra aussi elle-même en train de vicieusement laminer Rookwood, et un sourire satisfait étira ses lèvres.
Puis, comme elle s'en souvenait, Harry commença à gagner du terrain sur Voldemort, envoyant des sortilèges de plus en plus rapprochés et de plus en plus puissants, et une première entaille apparut sur le corps de Voldemort, provoquant un cri de rage. Hermione savait cependant que ce n'était déjà plus Voldemort lui-même qui était sur le champ de bataille, mais une simple illusion.
Puis l'illusion de Voldemort lança un Avada Kedavra qui n'en était pas un, que Harry contra d'un Expelliarmus qui n'en était pas vraiment un non plus, et le vrai Voldemort qui devait se trouver quelque part sur le champ de bataille, invisible, transforma ces deux rayons de lumière, faisant comme si Harry était parvenu à renvoyer le sortilège de mort de Voldemort vers lui, et l'illusion de Voldemort s'effondra sur la sol dans un grand fracas, alors que la scène tout autour se figeait.
Harry Potter avait prétendument gagné, et Lord Voldemort était prétendument mort, et même si Hermione savait que la réalité était toute autre, c'était ce que le monde sorcier croirait, Dumbledore, Voldemort et elle allant faire en sorte que le faux cadavre de Voldemort passe tous les tests du ministère prouvant que c'était bien lui, et qu'il était bien mort.
– Ah, quel plaisir de revoir cette victoire, fit Harry.
Voldemort ne daigna pas commenter, se contentant de saisir le retourneur de temps qu'il avait sur lui et de retourner une fois de plus dans le passé, pour faire une apparition en tant que David Morrello lors de la bataille.
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De sa place au fond de l'atrium du Ministère de la Magie, Hermione regarda Lucius Malefoy monter sur l'estrade d'un air confident. Il y eut immédiatement de nombreux flashs de journalistes, auxquels Lucius Malefoy fit un sourire hautain.
– Mesdames, Messieurs, fit le nouveau Ministre de la Magie tout juste élu. Je m'adresse aujourd'hui à vous pour la première fois en tant que Ministre de la Magie, pour vous assurer que je ferai de mon mieux pour être à la hauteur de vos attentes.
Hermione ne retint pas son reniflement méprisant.
– Ne t'en fais pas Hermione, je t'assure que Lucius fera de son mieux pour être à la hauteur de mes attentes, murmura Voldemort juste à côté d'elle.
– C'est censé me rassurer peut-être ? fit Hermione.
Voldemort se contenta d'un sourire narquois, avant de commencer à s'avancer vers l'avant de la salle. Il y avait beaucoup de monde dans l'atrium – c'était le milieu du mois d'août et Poudlard n'avait pas encore repris –. De nombreux sorciers étaient ainsi venus en famille pour voir le nouveau Ministre de la Magie prendre la parole.
Après la – prétendue – chute de Voldemort, il n'avait pas fallu grand-chose pour faire bouger le Ministère. Une interview de Harry disant que le ministère n'arrivant à aucuns résultats, il avait dû lui-même prendre la situation en main, avec notamment son grand ami le très talentueux David Morrello, et qu'il serait peut-être temps de changer les choses. Quelques discours de Dumbledore au Magenmagot. Et peut-être même – mais Hermione ne voulait pas savoir – quelques sortilèges de persuasion de la part de Voldemort pour pousser Scrimgeour à prendre une retraite anticipée.
Le 5 août 1998, Scrimgeour annonçait sa démission. Le 6 août, Lucius Malefoy présentait sa candidature en tant que Ministre de la Magie. Le 7 août, Harry Potter, Albus Dumbledore et David Morrello se prononcèrent en faveur de Lucius Malefoy. Le 8 août Lucius Malefoy recevait une vague de soutien phénoménale, venant de toutes les directions.
Comme Hermione en avait un jour discuté au bal du ministère avec Voldemort, la quasi majorité de la population suivait soit Voldemort, soit Harry Potter, soit Albus Dumbledore.
Le 15 août, Lucius Malefoy était élu Ministre de la Magie. Et maintenant il faisait son premier discours, à peine une heure après l'annonce de son élection à la population sorcière. Hermione en était presque venue à le plaindre : après tout, il allait devoir tenter de survivre en se trouvant constamment entre Voldemort et Harry.
– Ma première décision en tant que Ministre de la Magie, continuait Malefoy, est de nommer pour m'assister deux conseillers qui ont déjà prouvé leur volonté de lutter pour la prospérité du Royaume-Uni magique. Le premier n'est autre que notre estimé héro du monde sorcier, Harry Potter.
Il y eut un tonnerre d'applaudissements alors que Harry montait sur l'estrade pour se tenir juste à côté de Lucius Malefoy.
– Mesdames, messieurs, je vous remercie, fit Harry d'une voix posée. Monsieur Malefoy a aujourd'hui tout mon soutien pour prendre les rênes de ce gouvernement, et j'espère pouvoir lui être de bon conseil.
Il y eut de nouveau un tonnerre d'applaudissements.
– Mon deuxième conseiller est l'héritier de l'une des plus anciennes lignées sorcières, dont il a pu reprendre le titre avec la mort de Vous-Savez-Qui, reprit Malefoy. Il a déjà aiguillé notre gouvernement depuis plus de trois années en tant que conseillé du Magenmagot et certain d'entre vous l'ont connu sous son ancien nom, monsieur Morrello. Je lui suis particulièrement reconnaissant d'avoir accepté d'apporter à ce gouvernement sa vaste connaissance politique, monsieur Marvolo Serpentard.
La foule applaudit de nouveau, quoique de façon moins nourrie que pour Harry, et Lord Voldemort monta sur scène. Il était sous son apparence première, le masque de David Morrello n'étant plus nécessaire. Toute personne pouvant reconnaitre son propre visage savait de toute façon qui il était, ou alors n'était pas d'importance suffisante pour changer quoi que ce soit.
Voldemort dit quelques phrases qui arrivaient en même temps à faire paraitre Malefoy sous le meilleur jour, tout en laissant sous-entendre que lui-même n'était pas du tout à prendre à la légère. Pour ceux qui savaient lire entre les lignes, il y avait une certaine dangerosité dans le discours de Voldemort, quelque chose qui ne donnait pas envie de se mettre sur son chemin, tout en se sentant flatté de son attention. Enfoiré de Serpentard.
Les remarques que Hermione entendit de-ci de-là de sorcières s'extasiant devant la beauté et le charme de Voldemort n'améliorèrent en rien son humeur.
Il y eut ensuite des questions de journalistes, auxquelles Malefoy, Harry et Voldemort répondirent d'une façon qui contenait beaucoup trop de synonymes de mots comme prospérité, avenir radieux et puissance du Royaume-Uni magique pour ne pas exaspérer Hermione. Heureusement il fut rapidement l'heure de boucler l'évènement, et Hermione retrouva Ron et Ginny dans la foule.
– On tente la voix officielle ? proposa Hermione.
Ils devaient retrouver Lucius, Voldemort et Harry dans le bureau du nouveau ministre.
– Tu rigoles ou quoi ? répondit Ron. On va perdre beaucoup trop de temps et ils auront bu tout le champagne le temps qu'on arrive.
– Ou alors Harry et Voldie vont tenter de s'entretuer, et comme ni l'un, ni l'autre ne peut mourir, c'est ce pauvre petit Lucius Malefoy dont la vie va s'arrêter plus tôt que prévu, fit Ginny.
– Quel dommage, fit Ron avec ironie.
Ils avaient commencé cependant à se diriger vers la sortie du ministère, surement pour pouvoir ensuite se désillusionner discrètement avant de s'infiltrer jusqu'au bureau du ministre.
– Nous devrions passer par la voie officielle, pointa Hermione. Je suis sure et certaine que Voldemort a déjà mis en place des protections plus pertinentes que celles de Scrimgeour.
– Ah, mais dans ce cas c'est une raison de plus pour y aller clandestinement, répondit Ron. Il ne faudrait pas que Voldemort pense qu'il est à l'abri de nous.
– Je ne sais pas si on arrivera à…
– Pff, tu nous prends pour qui Hermione, des amateurs ? la coupa Ginny avec dédain.
Hermione abandonna. Dix minutes, quatre incidents, et six sortilèges de mémoire plus tard ils étaient devant la porte du bureau du Ministre de la Magie, que Ginny força à s'ouvrir avec quelques sortilèges bien choisis. Voldemort siégeait régalement dans le fauteuil du ministre, Harry était assis sans aucune cérémonie sur le bureau, alors que Malefoy se trouvait relégué dans l'un des fauteuils normalement réservé aux visiteurs.
Hermione, Ron et Ginny se posèrent dans les fauteuils restants alors que Harry faisait léviter des flutes de champagne vers eux.
– Devons-nous vérifier si elles sont empoisonnées ? demanda Hermione.
– Surement, répondit Harry. Le champagne vient de ce cher Lucius.
– Merci Lucius, fit Ginny en levant sa coupe vers l'aristocrate blond.
Le Ministre de la Magie sembla lutter un moment contre de nombreux sentiments contradictoires avant de ne plus y tenir.
– Fallait-il vraiment qu'ils viennent ? demanda-t-il d'un ton presque plaintif.
– Nous avons été invités, répondit Hermione en désignant d'un vague geste de la main Voldemort.
– Faux, répondit celui-ci, il n'y a que toi qui étais invitée.
Le quatuor l'ignora avec une aisance venue de leurs longs débats l'année passée.
– N'est-ce pas frustrant Lucius de savoir que dans cette pièce la personne ayant le moins de pouvoir sur les futures réformes du pays est le seul qui a officiellement le titre de Ministre de la Magie ? fit Harry d'un ton faussement compatissant.
Lucius Malefoy lui jeta un regard noir alors que Voldemort semblait au comble de l'exaspération.
– Vous savez que vous allez devoir collaborer étroitement dans les années à venir tous ensemble, n'est-ce pas ? intervint Hermione. Ce serait mieux de ne pas vous sauter à la gorge à chaque phrase.
Lucius Malefoy sembla sur le point de rétorquer quelque chose, surement avec l'insulte sang-de-bourbe dedans, mais il se retint finalement, ayant depuis longtemps compris que le quatuor était un ennemi au-dessus de son niveau.
– De quoi discutiez-vous avant que nous arrivions ? demanda Ron.
– Lucius voulait organiser une célébration pour fêter la mort de Voldemort, lui répondit Harry.
Voldemort pinça visiblement les lèvres. Il avait gagné bien sûr, et il était finalement aux commandes de la Grande-Bretagne magique, mais Hermione savait que l'idée de sa propre mort l'avait toujours agacé.
– Il me semble que la formulation de Lucius, célébration pour fêter l'ère prospère à venir, était plus adaptée, fit d'ailleurs Voldemort.
Hermione lui lança un regard dubitatif qu'il ignora, alors que Harry commençait à rigoler doucement.
– Potter, fit Voldemort d'un ton menaçant.
– Marvolo, répondit Harry en tentant d'avoir le même ton que Voldemort mais en rigolant toujours à moitié.
Le bureau sur lequel Harry était assis, le bureau du Ministre de la Magie, explosa soudainement et Harry se retrouva sur le sol, étalé au milieu des morceaux de bois.
– Un aussi beau bureau, quel dommage, commenta Harry d'un ton faussement attristé.
Hermione se pencha légèrement vers Lucius.
– Vous savez que vous allez devoir travailler quasiment quotidiennement avec ces deux-là, lui murmura-t-elle. Ensemble. Jusqu'à la fin de vos jours.
– Peut-être que Potter mourra avant moi, répondit Lucius avec une note d'espoir.
– Aucune chance.
Hermione lui fit un grand sourire et vit Lucius pâlir encore plus.
– Il est immortel aussi ? demanda-t-il. Comme le seigneur des ténèbres ?
– Pas de la même façon non, intervint Potter. Mais c'est mon plus grand plaisir aujourd'hui de savoir que Voldemort va devoir me supporter éternellement.
– Eternellement, éternellement, ne t'avance pas trop vite Potter, fit Voldemort avec un sourire supérieur. Rien ne prouve qu'il n'existe pas un moyen de se débarrasser de vous, il me reste juste à le trouver.
– Rien ne prouve qu'il n'existe pas non plus un moyen de se débarrasser de vous, répliqua immédiatement Ginny.
Cela ne sembla pas perturber Voldemort.
– Que le meilleur gagne alors Weaslette, fit Voldemort en levant légèrement sa flute de champagne.
Chacun des membres du quatuor leva aussi sa flute, conscients que leur rivalité avec Voldemort ne s'arrêterait sûrement pas de sitôt, alors que Lucius semblait visiblement se demander si la position de Ministre de la Magie valait vraiment le coup.
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– Tu as l'air particulièrement sombre pour un homme qui vient de voir son souhait le plus cher se réaliser, fit Hermione.
– Mon souhait le plus cher est que Dumbledore et vous quatre disparaissiez Hermione, et il n'est toujours pas réalisé, répondit Voldemort.
Ils venaient tous de sortir du bureau de Lucius, ayant décidé qu'une bouteille de champagne chacun était suffisant sachant que c'était à peine la fin de l'après-midi. Lucius s'était presque enfui, voulant probablement échapper le plus vite possible au quatuor, et Harry, Ron et Ginny discutaient devant d'un sujet quelconque, laissant Voldemort et Hermione légèrement en retrait alors qu'ils arrivaient dans l'atrium du Ministère de la Magie.
– Nous sommes la raison pour laquelle tu as réussi, pointa Hermione. Tu n'aurais pu conquérir le monde sorcier sans notre aide. Tu ne peux vraiment nous en vouloir.
– Je peux parfaitement vous en vouloir Hermione. Vous auriez pu avoir la décence de me ressusciter et de mourir juste après.
Hermione devait avouer qu'elle enviait presque sa capacité à avoir une voix aussi suintante de sarcasme.
– Oh ! Oh…. Oh oh.
Le regard de Hermione se darda vers l'homme qui venait juste de déboucher d'une cheminée en face d'eux, et qui venait de s'immobiliser, livide, le regard fixé sur Voldemort.
– Bonsoir Horace, fit Voldemort d'un ton amusé. Est-ce ma présence qui t'a amené ici ce soir ?
Horace Slughorn sembla devenir encore plus livide, et Hermione comprit que Voldemort avait visé juste. Le discours de Malefoy avait été diffusé dans tout le pays, et surement même au-delà des frontières. Et si peu de personnes hors de l'Ordre et des mangemorts pouvaient reconnaitre David Morrello comme étant Voldemort, il y en avait encore quelques-unes. Et Horace Slughorn en faisait indiscutablement parti. Il n'avait simplement pas dû penser qu'il tomberait directement sur Voldemort juste à la sortie des cheminées de l'atrium.
– Je… je ne vais pas déranger plus, fit Slughorn.
Il se retourna vivement, rentrant en collision avec Harry qui venait de faire demi-tour pour se rapprocher de Hermione et Voldemort.
– Outch, fit Harry en reculant légèrement. Oh, bonjour Monsieur Slughorn.
– Oh, oh, fit Horace, ses yeux se posant sur la cicatrice de Harry. Oh, oh !
Il sembla soudain très mal à l'aise et malgré les efforts qu'il faisait visiblement pour rester de marbre son regard oscilla furtivement entre Voldemort et Harry. Hermione leva les yeux au ciel lorsqu'elle vit un sourire amusé apparaitre sur le visage de Voldemort.
– Tu devrais rentrer chez toi Horace, il se fait tard, conseilla Voldemort.
– Oui, oui bien sûr, balbutia légèrement Horace Slughorn.
Et il disparut prestement dans l'une des cheminées.
– N'as-tu pas peur qu'il aille directement parler des Horcruxes à Dumbledore ? demanda Hermione.
– Il n'a plus aucun souvenir de cette conversation, répondit Voldemort. Et même s'il en avait encore le souvenir, cela ne changerait de toute façon absolument rien…
Logique. Voldemort avait dû effacer les souvenirs de Slughorn après avoir appris que le quatuor savait pour ses Horcruxes. Et cela expliquait pourquoi Dumbledore n'avait jamais ressenti le besoin de faire revenir Slughorn parmi les enseignants.
– Tu voulais quelque chose Harry ? demanda Hermione.
– Savoir si tu venais au Square Grimmaurd ce soir, demanda Harry avec un sourire.
Hermione n'eut même pas besoin d'échanger un coup d'œil avec Voldemort.
– Pas ce soir, répondit-elle.
Harry hocha la tête et s'éclipsa en lui rappelant de passer pour le déjeuner le lendemain.
– Tu passes plus de temps à envahir mon espace qu'à envahir celui de Potter, commenta Voldemort d'un ton plat.
– Je peux changer cela si tu le souhaites, répondit Hermione.
– N'y pense même pas.
Hermione sentit son bras se glisser dans le bas de son dos, et il la poussa dans une cheminée alors qu'un sourire satisfait étirait les lèvres de Hermione. Si elle était plus égoïste, elle aurait volontiers avoué que faire revenir Voldemort valait le coup rien que pour le temps qu'elle pouvait passer avec lui.
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– Puis-je savoir pourquoi vous avez pris la peine de nous déranger ? demanda Voldemort d'une voix froide.
Hermione vit Neville se retenir de reculer d'un pas. C'était le début du mois de Septembre, et Hermione et Voldemort venaient de se faire tirer du lit par l'arrivée de l'équipe de recherche dans le château. Autant dire que Voldemort n'avait pas été mis de bonne humeur par le fait d'avoir dû se préparer en quelques minutes.
– Nous avons fini les recherches Monsieur Serpentard, annonça Remus.
Depuis la prise de pouvoir de Lucius Malefoy en tant que Ministre de la Magie deux semaines plus tôt, et l'apparition de Marvolo Serpentard à ses côtés, toutes les personnes dans le secret étaient tenues d'appeler Voldemort Monsieur Serpentard. Sans exceptions, même pour ses mangemorts, pour ne pas risquer de le dévoiler en public.
– Vraiment ? demanda Voldemort. Barty, tu confirmes ?
Cela faisait à peine une semaine que Barty était sorti de Saint-Mangouste, après avoir été libéré du prétendu sortilège qui avait enchaîné sa vie à Lord Voldemort. Il en était sorti en même temps que Bellatrix Black – elle avait repris son nom de jeune fille –, et autant dire qu'un seul regard de leur part avait fait fuir les reporters. Et peut-être aussi la présence de Lucius Malefoy et de Voldemort qui étaient venus les chercher, Lucius emmenant Bella au manoir Malefoy, et Voldemort voulant simplement s'assurer que tout se passerait bien. Cela n'avait cependant pas empêché Sirius Black d'envoyer un sortilège colorant en jaune la robe de Bellatrix – sur l'exemple de ce qu'avait fait Harry deux mois plus tôt – avant de disparaitre promptement, laissant à Lucius le soin de calmer les pulsions vengeresses de sa belle-sœur.
– Oui Monsieur Serpentard.
C'était bien, cela leur laissait juste assez de temps pour se répéter les sortilèges d'ici Samain.
– Merveilleux, commenta Voldemort d'un ton toujours mécontent. Maintenant, si vous voulez bien disparaitre de ma vue…
L'équipe de recherche se hâta de prendre congé, Barty, Remus, Neville et Luna saluant Hermione en sortant.
– Sérieusement ? fit Hermione d'un ton accusateur.
Voldemort ne prit même pas la peine de répondre, et la fit transplaner dans la chambre qu'ils avaient quittée quelques minutes plus tôt.
– Reprenons là où nous nous étions arrêtés, si tu le veux bien, fit-il.
Malgré toute sa volonté, Hermione ne put maintenir son regard accusateur.
– Avec plaisir, répondit-elle finalement.
Elle ne pouvait nier que cela avait parfois du bon de pouvoir se débarrasser rapidement des visiteurs.
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AN : Le prochain chapitre (dans deux semaines) sera le dernier (avant l'épilogue).
