Bonjour à toutes. Merci de continuer à suivre cette histoire et à celles qui prennent le temps de laisser un commentaire sur un chapitre ou sur tous. Merci aphrodite 161707 et à Amelia-Queen-Black d'être toujours au rendez-vous. C'est une réelle motivation pour continuer à chercher et à passer du temps à écrire et vous proposer une histoire.

Un merci en particulier à Delicity-Unicorn, ma beta adorée. Merci pour ton temps et ta présence.

Je vous livre enfin la suite pour savoir ce qu'Oliver a pu trouver à la fin du chapitre précédent.

Bonne lecture...


Chapitre 24

Oliver, assis face à Felicity, gardait les yeux fixés sur elle. Il était tendu, les mâchoires serrées, les muscles bandés. Il avait du mal à respirer, un poids au fond du ventre alors que ses réactions et ses émotions étaient suspendues à sa réponse. Il pouvait y avoir encore une explication à la présence de ce flacon chez eux, il l'espérait de toutes ses forces car il ne voulait pas que ce qu'il redoutait le plus arrive. Il croisa son regard quand elle releva les yeux du flacon et sa gorge se serra en rencontrant son angoisse et sa frayeur.

- « Ce n'est pas ce que tu crois… », d'une voix hésitante. « Je vais t'expliquer… », et il sentit un froid le saisir en la sentant sur la défensive.

- « Qu'est-ce que c'est ? », demanda-t-il encore une fois d'une voix dure.

- « C'est pour arriver à tout gérer… », en déglutissant, « des compléments…

- Tu vas réellement me mentir ? », d'une voix forte en contrôlant difficilement sa colère qu'il sentait grandir. Felicity tressaillit au son de sa voix et se mit à trembler.

Elle posa son sac sur une chaise, Oliver observait tous ses gestes et nota un léger tremblement de sa main. Elle fuyait son regard, tout son corps criait son malaise et il repoussait l'idée inévitable qui s'imposait peu à peu.

- « Je suis désolée », dans un murmure.

Oliver sentit une vague déferler, un mélange de colère et de peur qui le ravagea. Il se leva en faisant crisser la chaise sur le sol en verrouillant au mieux ses émotions qui tentaient de le déborder.

- « Ça dure depuis combien de temps ? » Felicity croisa les bras sur sa poitrine pour se protéger et baissa la tête.

- « C'est occasionnel… », d'une voix mal assurée.

- « Combien de temps ? », cinglant mais elle resta silencieuse. « Tu as menti ce jour-là… ? », d'une voix à peine audible, incrédule. Il se racla la gorge et continua. « Dans ta chambre à la fac, quand j'ai senti cette odeur sur toi », verbalisant difficilement ce qu'il redoutait. « Tu m'as regardé dans les yeux,… tu m'as accusé de ne pas te soutenir et tu m'as menti », sans parvenir à contrôler le tremblement de sa voix.

Felicity essayait de garder l'esprit clair mais elle était étouffée par la honte et la peur.

- « Ça dure depuis ce moment ? », le cœur battant à tout rompre en raffermissant sa voix avec difficulté. « Parle », ordonna-t-il en levant la voix.

Felicity ne répondit pas, elle ne pouvait pas alors que ses sanglots la rendaient muette et elle hocha la tête en les refoulant. Elle osa à peine relever le visage, vit celui d'Oliver se décomposer et son cœur se brisa. Elle avait la sensation que le sol s'ouvrait sous ses pieds en se rendant compte du mal qu'elle lui infligeait et resserra un peu plus ses bras sur sa poitrine.

Oliver prit appui sur le dossier de la chaise pour arriver à rester debout en sentant ses jambes prêtes à se dérober et fronça les sourcils en se sentant pris d'une nausée. Il resserra ses doigts sur le bois avant de repousser la chaise pour libérer sa colère. Le bruit de celle-ci s'écrasant au sol résonna dans le silence lourd. Felicity sursauta et fit un pas en arrière en jetant un regard rapide à Oliver.

Il était atterré, il ne parvenait pas à concevoir ce qu'il apprenait, il ne le voulait pas. Felicity lui mentait depuis plusieurs années sans qu'il ne s'aperçoive de rien et un souvenir explosa devant ses yeux. Son irritabilité un soir qu'il avait mis sur le compte de la fatigue, son excitation même après la mauvaise nouvelle concernant leurs amis, la fluctuation de son état qu'il avait mis sur le compte de son planning chargé. Il la regarda à la lumière de cette notion et nota son amaigrissement. Sa colère fut remplacée par la culpabilité. Il avait vu chaque petit signe mais il leur avait donné une raison qui l'arrangeait. Il s'était voilé la face car il ne voulait pas croire à ce qu'il se passait.

Felicity voyait toute la peine qu'elle lui infligeait, son regard se brisait, l'image qu'il avait d'elle disparaissait derrière sa déception. Elle pouvait le lire dans ses yeux. Elle n'était plus celle dont il était tombé amoureux et elle s'en rendait compte elle aussi après s'être aveuglée pendant si longtemps. Elle avait cru être assez forte mais elle n'avait pas su résister.

Sa gorge était si serrée qu'elle avait l'impression d'étouffer. Elle fit un pas pour se rapprocher d'Oliver, elle avait besoin de le toucher pour le sentir près d'elle. Elle avait besoin de son corps pour se rassurer et trouver la force de lui parler. Elle tendit une main tremblante pour la poser sur son bras. Elle se figea en sentant Oliver bouger en pensant qu'il allait s'éloigner. Elle fit un nouveau pas avec hésitation et se glissa entre ses bras le cœur battant de crainte qu'il ne la repousse.

- « C'était juste cette fois-là à la fac… », la voix remplie de sanglots. « J'avais subi trop de pression… Ce n'était rien et je ne voulais pas t'inquiéter quand tu m'as parlé de ton épisode,… », en sanglotant.

- « Ne rejette pas la faute sur moi », d'une voix blanche et elle secoua négativement la tête.

Oliver sentait le corps de Felicity tremblant contre le sien mais il ne savait pas comment réagir alors qu'il était assommé et noyé sous ses émotions.

- « Non… je… je veux seulement t'expliquer… Je me suis sentie coupable de te cacher ça mais je ne voulais pas t'inquiéter. Je ne voulais pas replonger alors j'ai repris le contrôle… mais par moment j'en avais besoin », en se serrant un peu plus contre lui.

Oliver sentit ses larmes humidifier sa chemise, les mains de Felicity s'y agripper. Il était en colère, triste mais il se sentait aussi trahi et par-dessus tout il avait peur. Il était terrifié en se rendant compte que Felicity avait rechuté et qu'elle ne s'était pas confiée à lui. Elle ne lui avait pas demandé son aide, il n'avait rien vu et il n'avait rien fait pour elle.

Felicity relâcha un nouveau sanglot et se sentit envahi d'un soulagement en sentant une main se poser dans son dos et une derrière sa tête. Oliver ne la repoussait pas et la consolait.

- « Tu en as parlé à Barry… dans un groupe de soutien… ? », d'une voix basse et elle secoua la tête négativement. Il ferma les yeux à l'idée qu'elle avait caché sa rechute à tout le monde et sa gorge se serra. « Tu dois arrêter, c'est compris ? », d'une voix douce et angoissée.

- « C'est compris », en reniflant et en sentant une partie du poids sur son cœur s'évaporer.

- « Je suis sérieux », en refermant ses mains sur ses épaules et en la repoussant pour la regarder dans les yeux.

- « Je sais, je vais arrêter », en croisant son regard déchiré. « Je te le promets. Je suis désolée », alors que ses yeux se remplissaient de larmes et qu'elle ressentait douloureusement les sentiments d'Oliver.

- « Je ne veux pas que tu sois désolée. Je veux que tu fasses ce qu'il faut pour arrêter », soucieux en prenant son visage en coupe.

- « Je vais le faire », en hochant la tête. « Je te le promets », en posant ses mains sur les siennes.

Felicity retenait son souffle en attendant la réponse d'Oliver. Son regard perdu dans le sien. Elle voyait encore son trouble et ses larmes coulèrent sur ses joues en pensant qu'elle l'avait déçu. Elle se blottit à nouveau contre lui pour éviter son regard et ferma les yeux en sentant les bras d'Oliver se refermer sur elle.

Ils passèrent une bonne partie de la nuit à discuter de la situation. Felicity se livra difficilement et Oliver lui laissa le temps de s'exprimer. Ses paroles devinrent plus faciles quand elle se retrouva protégée des ombres de la nuit. Elle lui raconta sa faiblesse à croire que ça pouvait être une consommation unique, les excuses qu'elle s'était trouvée, le cercle vicieux qui s'était mis en place, la honte qui l'avait poussé à vouloir oublier et à consommer un peu plus régulièrement.

Oliver l'écoutait murmurer dans la pénombre en caressant son épaule. Il comprenait en partie ce qu'elle avait traversé et ce qu'elle vivait encore mais il avait du mal à accepter l'idée qu'elle ne lui ait pas parlé.

- « Pourquoi tu ne m'as rien dit ? », demanda-t-il dans un souffle. Elle soupira et réfléchit à ce qu'elle avait ressenti.

- « Parce que j'avais honte,… j'avais peur que tu m'en veuilles », en sentant sa gorge se serrer, « et que tu me repousses parce que je t'aurais déçu ».

Felicity posa une main sur sa bouche pour étouffer de nouveaux sanglots. Elle étouffait alors qu'elle était recroquevillée sur elle mais elle ne pouvait pas regarder Oliver dans les yeux. Elle avait vu dans son regard tout ce qu'il ressentait et elle ressentait encore cette douleur à voir sa déception et sa colère.

- « Je sais que tu m'en veux… », d'une voix voilée par les sanglots, « mais je vais tout faire pour arranger les choses.

- Je ne t'en veux pas, je suis inquiet pour toi. Tu dois retourner au groupe de soutien », il la sentit hocher la tête, « et tu devrais peut-être avoir un parrain. Quelqu'un à qui tu n'auras pas peur de parler… »

Felicity sentit une pointe s'enfoncer dans son cœur à ces mots et elle s'excusa encore une fois de lui avoir caché sa rechute. Oliver lui caressa les cheveux et soupira. Il la soutiendrait mais il ne lui mentirait pas en lui disant qu'il n'était pas touché qu'elle n'ait pas voulu ou cru pouvoir lui dire ce qu'elle traversait.

- « On prendra aussi rendez-vous avec un médecin pour le sevrage.

- Oui… je m'en occuperai je ferai tout ce qu'il faut », d'une petite voix. Oliver se rapprocha pour poser un baiser dans ses cheveux.

- « Je suis désolé », murmura-t-il à son oreille. « J'aurais dû m'en rendre compte, j'aurai dû le voir et t'aider ».

Au milieu de la nuit, Felicity avait les yeux grands ouverts, le regard perdu sur le plafond et l'esprit agité.

Son monde s'était assombri derrière un voile de culpabilité et de honte. Elle avait caché sa rechute pendant plusieurs mois mais Oliver s'en était rendu compte et sa faiblesse était maintenant étalée au grand jour.

Elle repensa au chemin parcouru. A sa sortie du centre, elle s'était sentie forte même si une légère anxiété à ce qu'elle allait vivre dehors sans sa béquille artificielle était présente mais elle avait été pleine d'espoir. Elle avait eu une nouvelle chance, un projet qui lui tenait à cœur en entrant au MIT et un petit ami dont elle était folle. Elle avait eu toutes les raisons pour rester clean et pourtant elle n'avait pas réussi.

Il y avait eu un premier faux pas à la fac, elle avait eu besoin de décompresser et elle avait pensé que ça ne portait pas à conséquence. Pourtant elle aurait dû le savoir mieux que quiconque, il y avait toujours une conséquence pour les personnes dépendantes. Elle avait fumé un peu d'herbe, rien qui ne puisse lui faire assez d'effet pour réveiller sa dépendance avait-elle pensé. Et d'ailleurs elle avait passé les années suivantes sans un geste de travers et elle avait tenu le coup. Elle avait terminé la fac, Oliver et elle avaient emménagé ensemble et elle avait pensé que ses inquiétudes et ses angoisses étaient derrière elle.

Son stage l'avait ensuite occupé, elle s'était lancée à corps perdu dans cette nouvelle période de sa vie avec passion mais la somme de travail et son implication sans limite l'avaient conduit à se mettre la pression. Elle y avait fait face, tenté de la gérer au fil des mois mais elle s'épuisait et un collègue de travail lui avait proposé un peu d'aide. Une pilule pour tenir le coup de temps en temps s'était transformée au fil des mois en une consommation régulière et elle avait retrouvé ses habitudes de consommation et de mensonge même si le produit n'était pas aussi addictif que les opioïdes, sa dépendance psychologique et comportementale étaient toujours là.

Elle aurait dû parler à Oliver, à Barry, dire ce qui la rongeait mais elle avait cédé à son envie. Elle voyait Oliver s'épanouir et oublier ses ombres, Barry se construisait, et elle détestait être celle qui restait aussi perdue. Felicity sentit sa gorge se serrer, elle se détestait et son envie de prendre une pilule pour atténuer ce sentiment était comme une douleur lancinante. Toujours présente et irritante.

Elle tourna la tête et une larme glissa sur sa joue, sa gorge serrée par ses sanglots qu'elle avait du mal à retenir, son regard se promenant sur le profil d'Oliver. Elle l'avait trahi et l'avait déçu. Elle avait trahi ses amis et la promesse qu'elle s'était faite.

Elle porta la main à sa bouche pour étouffer un sanglot plus violent et resserra le drap sur elle en fermant les yeux. Elle reprit un souffle difficile quand elle sentit les bras d'Oliver passer autour de son corps tremblant pour la serrer contre son torse où elle se nicha sans retenir ses larmes.

Les jours suivants, ils mirent en place de nouvelles habitudes. Ils prenaient un moment matin et soir pour faire le point sur ce que Felicity ressentait, son humeur, ses sentiments, ses envies. Elle semblait reprendre le cours de sa vie mais Oliver restait anxieux. Il surveillait chacun de ses gestes, chaque réaction un peu trop vive l'interpellait, il lui demandait trop souvent comment elle se sentait et même s'il était conscient qu'il pouvait lui donner l'impression d'être surveillée il ne pouvait pas s'en empêcher.

Il tentait de se retenir, de lui faire confiance mais il l'étouffait comme Donna avait pu le faire. Felicity avait tenté de le raisonner en lui expliquant qu'elle avait déjà vécu cette situation et que ça allait devenir invivable mais il n'y pouvait rien alors qu'il imaginait rentrer chez eux et la trouver inconsciente voir pire.

Ils avaient décidé de ne pas en parler à Barry qui avait lui aussi ses problèmes à gérer, Oliver avait l'impression d'être le seul à pouvoir éviter un drame et son angoisse s'intensifiait quand il pensait que la première fois il n'avait rien vu. Il s'inquiétait quand elle avait quelques minutes de retard, quand son planning changeait et qu'elle ne le tenait pas au courant. Il plongeait maintenant systématiquement ses mains dans ses poches pour vérifier leur contenu, s'assurer que son sac ne contenait aucune pilule. Il voulait avoir confiance en elle mais il se méfiait de son addiction alors que toutes les histoires sur le comportement des personnes dépendantes qu'il avait entendu au centre lui revenaient à l'esprit. Elle n'était plus dépendante physiquement depuis longtemps mais la dépendance psychologique était tenace. Ils le savaient tous les deux et sa confidence lors de la première séance à laquelle il avait assisté sur le fait qu'elle serait toujours dépendante tournait depuis sa découverte dans son esprit.

Une dizaine de jours plus tard, il plongea la main dans une poche du manteau de Felicity avec un mélange de mauvaise conscience de ne pas lui faire confiance et une peur terrible de ce qu'il pourrait trouver et sa respiration s'arrêta. Il retira lentement le sachet sur lequel ses doigts s'étaient refermés en espérant encore qu'il se trompait mais quand son regard se posa sur les pilules il était en plein désarroi.

Et presque la même scène s'était répétée à la différence que Felicity était rentrée et l'avait surpris avec le sachet à la main. Elle avait balbutié une excuse, une collègue de travail, ce n'était pas ce qu'il pensait, elle n'aurait jamais fait ça. Il s'était tourné vers elle, le regard bouleversé. Elle avait tenté encore une fois de trouver une excuse mais il ne l'écouta pas.

- « Vide ton sac », en l'interrompant.

- « Quoi ? », en fronçant les sourcils.

- « Vide ton sac », en le pointant du doigt.

- « Non… J'ai besoin que tu me fasses confiance », d'une voix frêle.

- « Que je te fasse confiance ! », dans un éclat de voix. Il s'approcha d'elle en laissant éclater sa colère. « Je te fais confiance et tu continues de te droguer. Tu continues de mentir…

- Non écoute moi », plaida-t-elle. « Je n'ai rien repris, j'ai seulement ces pilules », en le regardant sérieusement. « Je comprends que tu sois en colère contre moi, j'aurais dû t'en parler sans attendre mais je n'ai rien fais. Et c'est plutôt moi qui devrait être en colère », d'une voix sèche. « Tu n'avais pas le droit de fouiller dans mes affaires. »

Oliver écarquilla légèrement les yeux, ne s'attendant pas à ce qu'elle lui en veuille alors qu'il avait la preuve qu'elle lui mentait encore une fois et il lâcha un rire blessé.

- « Tu ne veux pas que je fouille tes affaires, tu veux que je te fasse confiance mais tu n'arrêtes pas de me mentir », en se rapprochant d'elle tous ses muscles tendus.

- « Je ne mens pas », en le regardant dans les yeux.

- « Ne m'oblige pas », d'une voix basse et elle le regarda sans comprendre. « Ne m'oblige pas à te tester ».

Felicity fit un pas en arrière en voyant une lueur dangereuse danser dans son regard et il lui attrapa le poignet pour la retenir.

- « Lâche-moi !

- Alors dis-moi la vérité », cria-t-il.

- « Je te dis la vérité », en criant des larmes de colère perlant à ses yeux. « Lâche-moi », en secouant son bras. « Tu me fais mal ».

Oliver relâcha brusquement sa prise comme s'il prenait conscience du mal qu'il pouvait lui faire, elle trébucha en arrière et se retint avant de tomber. Elle frotta son poignet endolori et releva la tête vers Oliver.

- « Je suis désolé », en faisant un pas et en tendant la main pour se rapprocher d'elle mais elle recula.

Il se figea, laissa retomber son bras et serra le poing sur le sachet de comprimés qu'il tenait encore. Il fit encore un pas en arrière pour ne pas lui faire peur et sentit une nausée le prendre à cette pensée. Il l'avait terrifiée. Il se passa une main dans les cheveux en portant sur elle un regard défait.

- « Je suis désolé… je ne voulais pas… J'ai… j'ai tellement peur… que tu recommences. J'ai peur que tu te fasses du mal… et que je ne sois pas là pour t'aider… », d'une voix brisée.

Felicity sentit sa gorge se serrer, tous les jours ils parlaient de ce qu'elle ressentait mais jamais Oliver ne s'était livré sur ce qu'il vivait au quotidien. Il cachait ses doutes et ses peurs mais ils étaient bien présents. Elle se rapprocha lentement et le pris dans ses bras alors qu'il continuait de s'excuser.

- « Je suis désolé », plus bas en baissant la tête qu'il glissa contre celle de Felicity. « Mais… je n'arrive plus… je voudrais te faire confiance », d'une voix serrée. « J'ai essayé de toutes mes forces mais… je n'y arrive plus ».

Felicity caressa ses cheveux tendrement, son cœur se serrant en entendant qu'il avait perdu toute confiance en elle, les larmes au bord des yeux alors qu'elle essuyait celles silencieuses qui roulaient sur les joues d'Oliver. Elle sentait qu'il étouffait dans ses hoquets de chagrin et se mit à pleurer elle aussi.

- « Je suis désolée », en prenant une respiration difficile. « Je n'ai rien pris mais… je n'étais sans doute pas loin. J'ai suivi une impulsion en achetant ce sachet. Je me suis retenue en pensant à toi puis j'en suis venue à me dire que je pouvais prendre un dernier comprimé avant d'arrêter définitivement. Si tu ne les avais pas trouvés… », alors que la fin de sa phrase mourait.

Elle s'attendait à ce qu'Oliver se mette à nouveau à lui crier après mais il passa ses bras autour de ses épaules, la serra contre lui et glissa son visage dans son cou.

- « Je t'aime », murmura-t-il contre sa peau et se racla la gorge. « Je veux faire ma vie avec toi et je ne t'abandonnerai pas. On va essayer encore une fois… », en soupirant. « On va faire tout ce qu'il faut », et elle hocha la tête en le serrant de toutes ses forces contre elle.

Comme la première fois ils passèrent la nuit serrés l'un contre l'autre mais quand Felicity fut endormie, Oliver se leva et s'enferma dans la salle de bains. Les yeux rouges et le regard hagard, il se laissa glisser contre le rebord de la baignoire. Un sentiment de désespoir le submergea et il se mit à pleurer en étouffant le bruit de ses sanglots. Il se sentait dépassé, inutile et ne savait pas quoi faire. Ils n'y arriveraient jamais seuls.

Le lendemain, Felicity se réveilla seule dans le lit, la place d'Olive froide à côté d'elle. Elle se leva pour partir à sa recherche, le cœur battant. S'il avait réfléchi pendant la nuit, s'il pensait qu'elle était une cause perdue car elle continuait de lui mentir, s'il avait décidé de s'éloigner d'elle pour éviter qu'elle ne l'entraîne vers le fond. Il lui avait promis de l'aider, il lui avait assuré encore une fois qu'il l'aimait mais l'amour ne faisait pas tout. Elle lui avait menti en le regardant droit dans les yeux à plusieurs reprises et s'il décidait de rompre avec elle, elle comprendrait son geste et ne lutterait pas pour le faire changer d'avis. Elle l'aimait elle aussi et ne voulait pas être un fardeau. Elle le retrouva à la cuisine, assis devant une tasse de café, perdu dans ses pensées. Elle murmura un bonjour et s'assit face à lui, angoissée en pensant à ce qui allait se dire. Il releva la tête et elle nota toutes les marques de fatigue sur son visage.

- « J'ai bien réfléchi… », commença Oliver et la respiration de Felicity se suspendit.

Elle hocha la tête en déglutissant et tout son corps se raidit en attendant avec appréhension les mots qu'il allait prononcer.


C'est un passage difficile pour Felicity et le olicity. Elle a replongé et Oliver se sent dépassé.

J'attends vos avis avec impatience comme d'habitude.

Je vous embrasse, prenez soin de vous.