Chapitre 34 : Le seul mauvais choix, est l'absence de choix
Des lamentations parcouraient la foule. L'équipe de Serdaigle venait une fois de plus manquer une occasion de marquer un but. Alors que le gardien de l'équipe adversaire, Ron Weasley, se replaçait devant les buts afin de ne pas se laisser déconcentrer par l'effervescence des gradins rouge et or, la complainte des supporters de l'équipe bleue fut à son apogée. Cela faisait une bonne vingtaine de minutes et les Gryffondor menaient déjà 180 à 70.
Emma ne suivait pas vraiment ce dernier match de l'année. Elle s'était d'ailleurs placée à la dernière rangée du gradin où se trouvait son groupe d'ami. Assise entre Anthony et la sortie, elle pouvait tranquillement décrocher de l'enjeu sportif sans qu'on ne le remarque. Son esprit, était occupé par ce qui la perturbait depuis deux jours déjà. Les murmures de Drago ne cessaient de lui revenir en tête « Je voudrais que tu viennes avec moi dans cette pièce que je t'ai fait entrevoir un jour malgré moi ». A quoi son fiancé pensait-il ? Il ne voulait pas l'impliquer, mais il l'invitait à le rejoindre dans l'environnement de sa « mission ». Il ne voulait pas de son aide, mais il avait tout de même besoin de sa présence. Il lui faisait part de ce désir, mais elle pouvait faire comme si elle n'avait rien entendu. Cela ne rimait à rien. Cela ne ressemblait pas à Drago. La jeune fille ne pouvait s'empêcher de penser que le jeune homme était perdu.
Elle ne lui avait rien répondu. Après qu'il l'ai réveillée avant que le soleil ne se lève, elle s'était éclipsée assez rapidement après un rapide baiser. Elle avait fui son regard ce matin-là. Depuis lors, elle ne l'avait pas encore recroisé. Il fallait dire que Drago n'avait quitté l'infirmerie que la veille et avait été autorisé à manquer les cours en cette dernière journée de la semaine. Elle n'avait donc même pas eu besoin de l'éviter. Quant à lui, il n'avait pas non plus cherché à la revoir.
Des cris de joie la sortirent de ses pensées alors que son voisin, Anthony se leva pour encourager son équipe. Elle fut alors surprise de constater que Daphné en profita pour interchanger de place avec son petit-ami. Apparemment la Serpentard souhaitait lui parler puisqu'elle se pencha vers Emma.
- Astoria n'est plus la même depuis votre dispute.
- Vraiment, se contenta-t-elle de répondre, ne souhaitant pas vraiment aborder le sujet avec elle.
- Tracey vous a vues ce soir-là. Il paraît même que ma sœur t'a traitée de traitre et de... « pétasse », insista la jeune fille en murmurant l'insulte.
Face au silence impassible d'Emma qui faisait mine de suivre le match, elle continua.
- Je connais ma sœur, elle n'est vraiment pas du genre à insulter les gens. Je me demande bien ce que tu as pu lui faire pour qu'elle en arrive là.
- C'est en tant que grande sœur protectrice ou commère, que tu viens me parler de ça ? lâcha Emma en lui lançant un regard perçant.
- Un peu des deux sans doute.
- C'est entre Astoria et moi, Daphné.
- Tu es sûre qu'il n'y a pas de troisième personne dans l'histoire, répliqua-t-elle alors qu'Emma se figeait légèrement.
- Que ce soit le cas ou non, ça ne change rien au fait que ça ne te regarde en rien, siffla presque la Serdaigle alors qu'une nouvelle vague de lamentation traversa le camp bleu et bronze.
- Théodore veut te voir. Il a dit que tu saurais sûrement où le trouver, changea-t-elle de sujet sans pour autant se dévêtir de son ton dur et froid.
- Quand ça ? Après le match ?
- Il m'a dit de te passer le mot en milieu de match.
Sur ce, Daphné se rapprocha de son copain et ne lui accorda plus aucune attention. Emma lança alors un coup d'œil à ses amis devant elle, complètement captivés par la partie de Quidditch. Après un dernier regard vers sa voisine, elle s'éclipsa vers la sortie et descendit les escaliers. Alors qu'elle quittait le stade, elle réfléchissait au lieu où son ami pouvait bien vouloir la retrouver. Elle se demanda pendant une seconde si Drago n'avait pas fait à son tour de Théodore son messager. Elle rejeta cette idée lorsqu'elle aperçut son ami à l'endroit exact où elle l'avait imaginé l'attendre. Ce n'était autre que le lieu où ils se trouvaient tous deux il y avait un an exactement. Le jour où, au moment de ce qui était censé être un dernier baiser d'adieu, Théodore avait compris qu'elle était destinée à un autre que lui. Emma avait alors fait son deuil de la relation qu'elle aurait pu avoir avec le jeune homme. En voyant la silhouette de ce dernier l'observer de loin, son cœur se serra automatiquement. Essayant de garder une respiration calme, elle tenta de refouler la vague de sentiment qui la submergea et à laquelle elle ne s'attendait pas devoir faire face. Ce fut avec un soupir de résignation qu'elle s'avança vers le jeune homme.
- Je suis content que tu sois venue, l'aborda-t-il avant que quelques secondes de silence ne s'écoulent.
- Qu'est-ce que tu veux, Théodore ? demanda-t-elle enfin.
- Je ne sais pas ce que je veux, Emma... Ou plutôt, je le sais, mais je ne comprends pas pourquoi je persiste à le vouloir.
- Ce n'est pas moi qui pourra t'aider à répondre à cette question, déclara-t-elle alors que le regard du jeune homme semblait l'envelopper tout entière.
- Au fond, je pense que j'y crois. Je crois que c'est encore possible entre nous. Je ne vous vois mais vraiment pas, mari et femme, Emma.
- Je ne sais pas ce qui peut te faire penser ça, fit-elle désabusée.
- Peut-être que j'ai l'impression qu'il arrivera quelque chose qui mettra fin à ce qui vous lie.
- Ne dis pas ça, Théodore ! Je te l'interdis ! s'exclama la jeune fille.
- Vu ta réaction, je pense que tu sais que ça peut arriver.
- Que "quoi" peut arriver ? Vas-y, je t'en prie, expose moi ta pensée !
- Emma... Je n'ai pas dit que je voulais que ça arrive, juste que... ce n'était pas impossible.
- Théodore, à supposer que le lien entre Drago et moi se rompe... Il s'est passé trop de choses pour que je puisse tirer un trait sur cette relation aussi facilement, termina-t-elle d'une voix étranglée en baissant les yeux au sol.
- Oui mais tu seras libre. Libre de choisir. Pour l'instant tu ne l'as pas, cette liberté de choix. C'est pour ça que tu ne te raccroches qu'à ce qu'il y a entre lui et toi. Parce que tu es résignée, parce que c'est tout ce qu'il te reste à faire, dit-il avant de lui lever le menton du bout des doigts. Mais si un jour mon impression s'avère véridique, promets-moi de ne pas oublier que je suis là.
- C'est ridicule, tu ne vas pas passer ta vie à m'attendre !
- Non. Je vivrai ma vie. Et si à ce moment-là j'ai également un choix à faire, je le ferai, puisque cette liberté m'ait donnée.
- C'est ridicule, Théodore ! Cette conversation est totalement ridicule !
- Non, Emma... Ce n'est pas ridicule et tu le sais bien, souffla-t-il alors qu'il rapprochait lentement son visage du sien jusqu'à ce que leurs nez se touchent.
-Arrête... gémissa-t-elle presque.
- L'année dernière, c'est toi qui m'a embrassé, murmura-t-il dans un souffle alors qu'un lent et sensuel baiser esquimau - comme ils avaient déjà pu en faire auparavant - se déroulait sous leur yeux.
- Ca n'arrivera pas.
- Oui, parce que je ne suis pas sûr de pouvoir me retenir de le faire moi-même, assura-t-il d'une voix chaude.
Alors que la jeune fille ouvrit la bouche pour répondre, il ne put s'empêcher de profiter de l'occasion pour y coller la sienne et l'embrasser avec passion. Prise dans le tourbillon de plaisir qui l'assaillait, Emma n'eut pas la force de le repousser. Elle sentit à peine la brûlure de sa cicatrice qui n'était rien à côté de ce qu'elle avait vécu il y avait quelques jours. Alors que leurs langues se caressaient, il la serra très fort contre lui. Puis, il abandonna les lèvres de la jeune fille pour le cou de cette dernière en y déposant quelques baisers avant de remonter jusqu'à son oreille.
- Ne dis plus jamais que ce qu'il y a entre nous est ridicule, Emma.
Sur ce, Théodore la laissa en plan, toute haletante et se dirigea vers le stade.
- Je te déteste, Théodore ! Je te déteste ! avait-elle crié, mécontente.
Mécontente de ce qu'il s'était passé, mécontente de l'avoir laissé faire, mécontente d'y avoir ressenti du plaisir, mécontente d'avoir voulu que cela dure plus longtemps. Elle en voulait à son ami. Il avait exactement su ce qu'il faisait et était arrivé là où il voulait en venir. Il n'était pas Serpentard pour rien, pensa-t-elle. Elle regarda le dos de sa main rougie et pensa à Drago. Voilà une bonne raison d'aller le rejoindre dans cette salle. Comme par hasard, elle avait laissé quelque chose décider à sa place.
Le temps du chemin jusqu'au septième étage, son esprit était vide. Ce ne fut qu'une fois arrivée devant la tenture de Barnabas Le Follet qu'elle se rendit compte de ce qu'elle s'apprêtait à faire. Drago était là, derrières ces murs, certainement furieux d'avoir senti sa cicatrice apparaître. Il était dans cette salle, celle dans laquelle il avait souhaité sa présence dans un moment de perdition. Elle respira un bon coup et entreprit, lentement, de faire ses trois allers-retours, l'image de cette immense salle en tête. Lorsque la porte apparut, elle resta quelques secondes immobile. S'y approchant, elle frappa trois coups avant d'entrer, histoire de l'informer de sa venue. Peut-être y avait-il des choses qu'elle ne pouvait voir. Et surtout qu'elle ne voulait voir, pensa-t-elle.
- Drago ? C'est moi, s'annonça-t-elle en refermant la porte alors que sa voix semblait résonner dans l'immensité de cette salle remplie d'objets de toutes sortes.
N'entendant aucune réponse, elle longea le mur afin de voir si son fiancé ne se trouvait pas dans l'une des allées. Arrivée au bout, elle décida d'emprunter la dernière. Son attention se reporta sur les piles de livres qui s'amoncelaien, sur des objets semblant datés de centaines d'années, sur des récipients poussiéreux emplis de potions inconnues. Ainsi, elle ne vit pas la main qui la projeta sur le mur entre une armure à qui il manquait un bras et une jambe et les restes d'une statue à qui il manquait le buste entier. Des fils collants de toiles d'araignées se prirent dans ses cheveux, son cou et dans tout l'arrière de son corps. Ce n'était vraiment pas une sensation agréable. De plus, le regard menaçant de Drago la paniqua brièvement.
- Ecoute, je suis désolée pour tout-à-l'heu... commença la jeune fille avant d'être interrompue par la main de Drago qui serra brusquement son cou.
- Ah, tu es désolée, siffla-t-il aussi froidement que possible.
- Qu'est-ce que tu fais, Drago ! réussit-elle à dire en le défiant du regard. Lâche-moi, s'il-te-plait, lui demanda-t-elle calmement alors que les lèvres du jeune homme semblaient trembler de rage.
Tout aussi brusquement qu'il l'avait placée, il ôta sa main de sa gorge avant de balancer hargneusement l'armure démembrée. Le bruit métallique se répercuta dans toute la pièce. Emma attendit qu'un silence complet se fasse avant d'intervenir de nouveau.
- Ca n'aurait jamais dû arriver. Tu n'en avais pas besoin... pas en ce moment.
- Oh ça non ! Je n'ai pas besoin de tes foutus problèmes de cœur, Emma ! Alors fais moi le plaisir de t'abstenir de refaire ce genre de chose et barre-toi d'ici immédiatement, vociféra-t-il, la colère déformant ses traits.
- Si j'ai pu rentrer, c'est que tu veux que je sois là.
- Ca n'a plus aucune importance. Va-t-en !
- Tu sais bien que j'ai tout entendu l'autre soir.
- Tu ne serais jamais venue sans ce qui vient de se passer. Et puis je disais n'importe quoi ce soir-là ! Pomfresh m'avait prévenu que les potions qu'elle me donnait pouvaient me faire délirer.
- Drago...
- Emma.
- Ne fais pas machine arrière.
- C'est toi qui fait machine arrière, Emma ! Cette putain d'histoire avec Nott était censée être réglée.
- C'est réglé ! C'est juste que... qu'il n'a pas abandonné et que... j'ai été trop faible pour le repousser. Tout comme je l'ai été en prenant lâchement la porte de sortie que tu m'avais laissée ce soir-là. Qui sait, peut-être que j'ai moi-même créé inconsciemment cette situation, afin de pouvoir faire ce que tu attendais de moi et en me déchargeant de toute responsabilité de choix...
- Comme toujours, tu réfléchis trop, Emma ! Les choses sont claires : tu as refusé ma proposition et tu as préféré perdre ton temps avec Théodore pour vous bécoter. Maintenant, comprends bien que je n'ai pas envie de voir ta tête et que j'ai des choses plus importantes à faire que de me disputer avec toi.
- Je ne veux pas non plus me disputer avec toi, Drago, assura la jeune fille alors qu'un silence s'installa, durant lequel le jeune homme perdait peu à peu tout traits colériques au profit de l'extrême fatigue et lassitude qu'il arborait depuis longtemps déjà.
- Va-t-en, Emma. Et laisse-moi... souffla-t-il avant de s'éloigner et de quitter l'allée dans laquelle ils se trouvaient.
Sur le coup, elle ne savait pas vraiment quoi faire. Maintenant qu'elle y était, elle n'avait pas envie de partir. Et elle ne pouvait s'empêcher de considérer que si Drago ne l'avait pas mise lui-même à la porte - comme il avait déjà pu le faire auparavant - c'était qu'au fond de lui il n'avait peut-être pas non plus envie qu'elle s'en aille.
La jeune fille enjamba les restes de l'armure éparpillés sur le sol, ne se donnant pas la peine de la reconstituer au vu de son état d'origine. Une fois arrivée au bout de l'allée, elle fut impressionnée par la profondeur de la pièce qui n'en finissait pas. Elle ignorait le chemin pris par Drago mais elle s'aventura au hasard, à travers les objets de toutes sortes. La caractéristique commune de ces derniers était qu'ils étaient pour la plupart endommagés et/ou usés. Ainsi, passa-t-elle devant plusieurs miroirs brisés, plusieurs balais et battes de Quidditch complètement broyés, une boule de cristal quasiment opaque, une montagne de coffres entassés, dont les serrures étaient déformées, quelques tableaux dont les toiles étaient irrécupérables, des télescopes et des lunascopes dont les lentilles étaient fendues voire manquantes, ainsi que devant un tapis enroulé sur lui-même et posé à la verticale semblant plus poussiéreux que jamais. Emma s'arrêta devant ce dernier, se demandant s'il se pouvait qu'il s'agisse d'un tapis volant. Ces derniers étaient en effet déclarés illégaux en Grande-Bretagne, étant considérés comme des artefacts moldus, contrairement à certains pays du Moyen-Orient ou d'Asie. Lors d'un de ses voyages en compagnie de son père lorsqu'elle était petite, elle avait eu l'occasion de voler sur l'un de ces tapis magiques. Elle n'y avait jamais repensé jusqu'à ce jour et fut contente de se souvenir de l'émerveillement enfantin qu'elle avait pu avoir à ce moment là. Elle fut sortie de ses pensées par un Frisbee à dents de serpent qui voleta au-dessus d'elle avant de disparaître dans l'allée suivante.
Lorsqu'elle leva la tête, elle aperçut à quelques mètres de là, la tête d'un énorme troll qui dépassait de l'amoncellement d'objets. Elle décida de s'y diriger et tenta de se frayer un chemin jusqu'à la bête qui l'espérait-elle, était empaillée. Une fois arrivée jusqu'à elle, Emma constata qu'il s'agissait d'un Troll des Rivières. Il était effectivement empaillé, figé à tout jamais dans cette expression belliqueuse qu'il arborait. Il ne s'agissait pas du même genre de Troll qui avait créé la panique lors de sa première année, celui-ci ayant été un Troll des Montagnes. Celui qui se trouvait sous ses yeux s'apparentait plutôt à ceux qui avaient patrouillé devant le portrait de la Grosse Dame, peu après que Sirius Black se soit introduit dans le château lors de sa troisième année. Quel élève n'avait pas été assez curieux pour faire un détour par ce niveau du septième étage ? Elle se souvenait encore du regard pétrifiant que leur avait lancé l'un des trolls en apercevant l'imitation grotesque que Michael et Terry avaient fait d'eux. Emma sourit en se remémorant la frousse que les deux compères avaient eu après avoir croisé ledit regard menaçant.
L'attention de la jeune fille fut brusquement attirée par le bruit d'une porte que l'on semblait refermer. Ce n'était pas celui de la porte d'entrée, elle en était certaine. Tout d'abord, parce qu'il ne s'agissait pas du même son, celui-ci étant plus fin et moins lourd, puis parce qu'il provenait de l'opposé de l'entrée de la salle. A moins qu'elle ne se soit complètement désorientée en parcourant la pièce, pensa-t-elle. Emma longea alors l'allée dans laquelle se trouvait le Troll empaillé en direction du son qu'elle avait entendu. Elle ne fut pas surprise d'apercevoir Drago, semblant immobile, dans l'allée adjacente. Il faisait face à une immense armoire de couleur noire et or et paraissait absorbé par la contemplation du meuble.
- Il me semblait t'avoir dit de partir, déclara-t-il calmement, sans se retourner.
- Je suis une Serdaigle, Drago. La curiosité et la soif de découverte sont mes amies.
- J'aurai plutôt pensé que ce soit le fait que cette pièce grouille d'objets anciens qui t'ait poussée à rester ici. Ce n'est pas ce que tu veux faire plus tard, spécialiste des objets anciens ?
- Tu te souviens de ça ? fut-elle surprise par la déclaration du jeune homme.
- Evidemment que je m'en souviens.
Voyant que le silence s'installait de nouveau, Emma s'avança un peu plus et observa ce qui captait l'attention de son fiancé. Le grand meuble profond était composé de deux vastes portes sombres et ornées de décorations en or. Cette armoire qui semblait de grande valeur rappelait quelque chose à Emma. Elle se remémora alors la mésaventure qu'avait subie Montague l'année précédente. Selon la rumeur, Montague avait été bloqué durant plusieurs jours dans l'armoire à disparaître du quatrième étage. Elle était passée devant ce meuble peu de fois, mais elle en était certaine, il s'agissait bien de la même armoire.
- Est-ce que c'est celle où Montague est resté bloqué pendant des jours ?
- Je vois que je ne suis pas le seul à avoir une bonne mémoire, lança-t-il de son ton trainant après lui avoir enfin accordé un regard.
- Et c'est à cause de ça, que tu passes ton temps dans cette salle ? demanda-t-elle, perplexe.
- Je ne sais vraiment pas ce qu'il m'a pris d'avoir souhaité ta présence, maugréa-t-il, semblant agacé par la remarque de la jeune fille.
- Donc, tu dois faire disparaître quelque chose ? continua-t-elle en caressant le bois du bout des doigts. Mais ça ne se passe pas comme tu veux... Du coup, tu dois la réparer. Merlin ! C'est pour ça que tu me posais des questions sur une potentielle potion de réparation avant les vacances ? s'exclama-t-elle en se retournant vivement vers le jeune homme.
- Effectivement, confirma-t-il après une certaine réflexion.
- Tu n'as rien trouvé à propos d'une telle potion ?
- Si.
- Mais tu en es toujours au même point... devina-t-elle faisant de nouveau face au meuble. Alors, si je comprends bien, ou tu répares cette armoire, ou tu... meurs...
- C'est à peu près ça.
- C'est complètement débile. Ce n'est pas la seule chose que tu as à faire, n'est-ce pas ? supposa-t-elle avec appréhension alors que Drago gardait le silence.
Elle comprit qu'il n'en dirait pas plus.
- Ok. Tu préfères sans doute que je te laisse tranquille...
- Ce serait préférable.
La jeune fille avait soudain eu envie d'être loin d'ici. Comme si d'un coup, elle ne s'était plus sentie désirée par la pièce elle-même. En vérité, s'approcher du sérieux de la situation plus que précaire de Drago la faisait fuir. Avant de partir, elle s'avança tout de même vers lui et chercha son regard. Une fois le contact visuel obtenu, elle leva sa main et la posa sur sa joue, lui caressant cette dernière de son pouce.
- Il y a un an, je ne pouvais pas être avec Théodore. Aujourd'hui, je ne veux pas être avec lui.
Sans attendre une quelconque réaction de la part du jeune homme, elle posa un baiser sur le coin de ses lèvres et s'éloigna. Son pas vers la sortie se fit rapide tandis qu'elle trouvait la porte sans grande difficulté. Elle avait hâte de sortir d'ici...
oOo
Dans la semaine qui suivit, un soleil radieux persistait dans le ciel, au grand désespoir des élèves ayant cour toute la journée. Voilà pourquoi, dès que cela leur fut possible, Anthony, Terry, Michael, ainsi qu'Emma rejoignirent le parc lors de leur heure de libre. Padma et Mandy qui avaient choisi des options différentes ne bénéficiaient pas de cette heure vacante. Pour se donner bonne conscience, les quatre amis sortirent tout de même leurs manuels de potions, en vue des examens approchant à grand pas. Toutefois, la conversation dériva rapidement du sujet initial.
Alors que les garçons se lancèrent sur le Quidditch, Emma décrocha et faisant mine de lire son manuel se perdit dans ses pensées. Ces dernières étaient évidemment consacrées à Drago et à ce qu'elle avait pu voir il y avait quelques jours. La jeune fille avait du se retenir de se lancer dans des recherches sur cette mystérieuse armoire. Elle sentait le cercle vicieux qui s'accaparerait d'elle si jamais elle faisait cette démarche. Faire des recherches reviendrait à renforcer l'implication qu'elle pouvait déjà avoir. Si jamais elle découvrait quelque chose, elle se sentirait obligée de lui dire, de l'aider... Et Drago l'avait bien dit, il ne voulait pas de son aide, mais de sa présence. Et ça lui allait très bien comme ça. Ce n'était pas pour autant qu'elle était retournée dans cette salle. Il fallait dire que la fin du week-end et le début de semaine avaient filé à une vitesse folle, et les devoirs toujours aussi conséquents lui prenaient toutes ses soirées. Pourtant, cette sensation pesante qu'elle avait ressentie et qui lui avait donné l'envie de quitter cette pièce à tout prix, avait disparu. A y réfléchir, l'idée de se retrouver à nouveau dans cette salle ne la rebutait pas. De ce fait, elle s'était mise en tête d'y retourner lorsque le week-end viendrait.
- Oh fait, Emma, tu savais que Théodore s'était battu avec Malefoy ?
- Quoi ? fut-elle automatiquement sortie de ses pensées par la voix d'Anthony.
- Enfin, techniquement c'est Malefoy qui s'est jeté sur Nott. C'est Daphné qui a dû les soigner pour ne pas que ça remonte jusqu'aux profs.
- Ce débile préfère s'entrainer sur ses amis avant de se venger de Potter ! se moqua Terry alors qu'Emma croisait le regard de Michael.
- En fait, il paraitrait qu'il est jaloux de Nott, commença Anthony avant de se faire interrompre vivement par son amie.
- Qu'est-ce que tu racontes !
- Ce n'est qu'une hypothèse, Emma. Mais Daphné a remarqué que depuis quelques jours Nott et sa sœur trainent pas mal ensemble. Et elle pense que ça n'aurait pas vraiment plu à Malefoy.
- Dis moi Tony, depuis que tu sors avec ta chère Daphné, t'es aux premières loges de tous les ragots ! taquina Terry lui donnant une tape sur le dos.
- Je doute que Malefoy en ait quelque chose à faire de Greengrass sœur, intervint Michael.
- Je pense surtout que c'est Théodore qui n'en a rien à faire. Les deux autres, ils se débrouillent comme ils veulent, le reprit Emma, histoire de ne pas trop dévier la conversation sur Drago.
- Désolé, Emma. J'aurai peut-être pas dû en parler.
- Non, tu as bien fait Anthony. Excusez-moi, il faut que j'y aille.
Sur ce, la jeune fille se leva et rassembla ses affaires avant de s'éloigner. « Ah ben bravo ! » Entendit-elle Terry dire alors qu'elle les quittait. Elle ignorait sa destination, mais avait profité de l'occasion pour s'éclipser. Ainsi donc Drago s'était vengé de Théodore à cause du baiser qu'elle avait échangé avec ce dernier. Tout du moins, c'était là, la raison la plus probable qu'elle donnait à cette bagarre. Elle ne croyait évidemment pas à l'interprétation qu'avait pu en faire Daphné. Mais elle y apprenait que Théodore et Astoria avaient beaucoup échangé ces derniers temps. Comme par hasard, pile au moment où la Serpentard venait de découvrir la vérité à propos d'elle et de Drago. Elle ne voyait pas d'un très bon œil ces échanges, mais elle n'y pouvait rien. Elle n'avait revu Théodore qu'en cours, s'efforçant de quitter ces derniers de manière rapide afin d'éviter le jeune homme. En ce qui concernait Astoria, c'était plutôt cette dernière qui avait l'air de la fuir comme la peste.
Emma décida de se diriger vers son prochain cours, à savoir l'Etude des Runes qui de toute façon n'allait pas tarder à commencer. Une fois le couloir de la salle de cour atteinte, elle constata qu'elle n'était pas seule à être en avance. Hermione Granger, plongée dans un livre, attendait tranquillement près de la porte que le cour commence.
- Bonjour, Emma, salua gentiment la Gryffondor contre toute attente lorsqu'elle leva les yeux de ce qui n'était finalement pas un livre mais une coupure de journal.
La jeune fille fourra cette dernière dans sa poche, le sourire aux lèvres.
- Salut.
- C'est plutôt comique, commença Hermione qui se sentait obligée de faire la conversation pour faire face au silence.
- Quoi donc ?
- Que Harry et Ginny sortent ensemble alors que Michael sort avec Cho.
- C'est assez cocasse, effectivement, approuva Emma qui ne trouva plus rien à dire.
La jeune fille remercia silencieusement les quelques élèves du cours précédent qui sortaient tout juste de la salle. Lorsque celle-ci fut vidée, des élèves de sa promotion arrivèrent à leur tour et tous entrèrent dans la classe. Le cour, aussi intéressant fut-il, se déroulait trop lentement au goût d'Emma. Ce fut comme une libération lorsque celui-ci prit fin. Elle quitta parmi les premières la salle et alla jusqu'au septième étage. Au lieu de se diriger vers sa salle commune, comme elle avait l'habitude de le faire, elle continua le chemin menant jusqu'à la salle sur demande. Elle ne pouvait attendre que le week-end arrive pour y retourner. Ce fut avec la même appréhension que la première fois qu'elle fit les allers-retours nécessaires à l'apparition de la pièce souhaitée.
- Drago... Tu es là ?
Aucune réponse ne lui parvenant, elle entreprit de retrouver le chemin menant à l'armoire en se réparant grâce à la tête du Troll empaillé. Une fois l'allée de celui-ci longée, elle put constater que Drago était bien là. Assis dans un vieux fauteuil délabré, il parcourait attentivement les lignes d'un gros livre sombre et vieux, dont le sujet se rapportait certainement à la magie noire. Elle s'approcha lentement de lui faisait tout de même attention à ce qu'il se rende compte de sa présence.
- Je te dérange ?
Pour seule réponse, elle eut un hochement négatif de la tête. En observant les alentours, elle constata que l'armoire, posée à l'horizontale était entourée d'une dizaine de pièces. Ainsi donc, il avait tenté de la démonter.
- Qu'est-ce qui me vaut l'honneur de ta visite, Emma ? intervint-il enfin en se levant et en posant son livre ouvert sur l'une des commodes alentour, dont il manquait un tiroir. Car comme tu l'as si bien démontré, tu ne viens jamais de toi-même n'est-ce pas ? Laisse-moi deviner, Théodore est venu chouiner devant toi après que je lui aie fait refaire le nez.
- Non, il ne m'a rien dit. Mais j'ai eu vent de cette histoire. Cependant ce n'est pas ce qui m'amène. Enfin, évidemment, j'en profite pour te suggérer d'éviter d'avoir un tel comportement en public, histoire de ne pas trop alimenter certaines rumeurs qui n'ont pas lieu d'être.
- Quelles rumeurs ?
- Eh bien, il se trouve que Daphné en a conclu que tu étais jaloux du récent rapprochement de Théodore et d'Astoria.
- Parce qu'ils se sont rapprochés ?
- Je suppose qu'ils se sont récemment trouvés quelques petites choses en commun.
- Ah oui, c'est surement ça.
- En parlant d'Astoria, tu lui as parlé depuis ?
- Non. Je suis rarement dans la salle commune, répondit-il en tournant autour du meuble couché par terre.
- Comment ça se passe ?
- Comme d'habitude...
- Tu as commencé ta dissertation en Défense contre les forces du mal ? demanda-t-elle alors qu'un silence s'installait.
- Non. Et je ne compte pas la faire.
- Tu veux... que je la fasse pour toi ?
- C'est pour ça que tu es venue ? rit-il soudain. Pour m'éviter de me prendre des retenues pour manque de rigueur.
- Je n'ai pas envie d'avoir un fiancé sans diplôme.
- Je doute que ça serve encore à l'avenir... marmonna-t-il, fixant toujours le meuble et les pièces comme s'il les assemblait mentalement. Malheureusement, la seule matière qui me pose vraiment problème est celle de cette harpie de McGonagall. Elle ne veut pas me lâcher et refuse de se contenter de mes plagiats.
- Je pourrai essayer d'y faire quelque chose, proposa tout de même Emma, malgré le fait qu'elle ait abandonné cette matière.
- Si tu insistes, je t'en prie, fit théâtralement Drago en lui désignant son sac au bas du fauteuil miteux.
La jeune fille s'y dirigea alors et s'assit sur ledit fauteuil après un rapide époussetage certainement inutile. Ce n'était pas la première fois qu'elle lui venait en aide pour ses devoirs. Mais les lui faire en entier était bel et bien une première. Elle qui avait tant de fois sermonné ses amis sur l'importance de les faire soi-même et de manière sérieuse... Emma ôta ses chaussures et s'installa aussi confortablement qu'elle pu dans son assise. Une fois le sac de Drago sur les cuisses, elle l'ouvrit et fut surprise d'y voir tous les manuels ainsi qu'une multitude de parchemins.
- Comment ça se fait que tous tes manuels se trouvent dans ton sac ?
- Comme ça pas besoin de passer dix ans à faire son sac tous les matins, expliqua-t-il alors qu'il était penché sur les pièces qu'il semblait classer selon un ordre précis.
Après un rire blasé, elle continua son inspection à la recherche du livre de Métamorphose et les parchemins s'y rapportant. Au moins, pensa-t-elle, elle avait tout à disposition. La jeune fille se lança alors dans la difficile tâche de se plonger dans une des matières qu'elle avait abandonnée depuis près d'un an. Ecrivant le sujet sur un parchemin vierge, elle entama des recherches dans le livre et le cours, répertoriant à l' écrit ce qu'elle trouvait. De temps à autre, elle lançait des regards à Drago qui s'affairait à remonter l'armoire.
- Comment tu t'en sors pour les exercices pratiques, dis moi ? Ca m'a l'air hyper technique comme sorts.
- Je les ai travaillés avec ma mère durant les vacances.
- Mais comment tu as pu savoir à l'avance ce que McGonagall vous demanderait de travailler ?
- C'est bien là le problème. Ma mère a insisté pour que j'en travaille le plus possible. Pourquoi crois tu que je rentre épuisé à chaque vacances, ronchonna-t-il en se levant.
- Ca me rassure de savoir que... ce n'était qu'à cause de ça, avoua Emma, faisant se retourner Drago.
- Alors, cette dissert sur l'évolution de la métamorphose transsubstantielle ?
- Ca avance. Mais c'est horriblement... chiant. Je ne comprend pas pourquoi tu as gardé cette matière, si tu t'en fiche autant.
- Parce qu'elle est avant tout pratique.
- Justement, tu prends le bouquin, tu fais ce qu'il te dit et basta !
- Il faut être idiot ou à Serdaigle, pour y préférer une matière purement théorique.
Après un regard faussement courroucé, le bruit strident d'une balance en cuivre la fit sursauter. Sans rien dire et ne paraissant pas surpris pour un sou, Drago disparut entre les allées. Il revint quelques minutes plus tard avec un énorme sandwich bien garni ainsi qu'une gourde en acier.
- Crabbe et Goyle font un tour aux cuisines lorsque je n'ai pas le temps de descendre manger, expliqua simplement Drago qui croqua avidement dans le pain.
- Et moi qui m'inquiétais de te voir de moins en moins pour le diner.
- Tu ne compte pas aller diner toi non plus, non ? Tiens, fit-il en lui tendant le tiers du sandwich qu'il avait préalablement coupé.
- Merci.
Drago vint s'assoir sur l'un des accoudoirs du fauteuil, le regard toujours fixé sur l'armoire qui de nouveau mise sur pieds, semblait totalement remontée. Lorsque la jeune fille observa son fiancé, elle aperçut qu'une trace de cambouis, provenant sans doute de l'un des rouages du meuble, parsemait la joue droite et la tempe de son fiancé. Elle attendit délibérément la fin de leur repas improvisé avant de le lui faire remarqué. Puisqu'il n'avait pas tout enlevé, elle voulut essuyer elle-même les traces restantes en se levant du fauteuil. Aucun des deux ne pensa qu'aussitôt levée, le poids de Drago entrainerait le siège et lui-même jusqu'au sol. Tel fut ce qui se passa, sous les rires de la jeune fille et les grognement du jeune homme. Lorsqu'il se leva aussi vite qu'il était tombé, elle s'approcha de lui et ôta les dernières traces noires de sa tempe. Puis, elle mit ses bras autour de son cou et se hissa jusqu'à son visage. Ils s'abandonnèrent alors tous deux dans un baiser ardent, passionné, presque désespéré...
oOo
Le dernier week-end de mai fut, contrairement à la semaine ensoleillée qui venait de défiler, maussade et pluvieux. Ce qui ne dérangea pas vraiment Emma puisqu'elle passa son samedi après-midi dans la salle sur demande en compagnie de Drago. Ne voulant pas le déranger, elle s'était placée sur une table à une allée de l'armoire et s'avançait dans ses devoirs ainsi que dans ceux qu'elle avait prévu de faire pour lui. Lorsque le besoin d'une pause se faisait sentir elle allait soit voir son fiancé qui ne lui accordait pas plus que quelques minutes, soit se promener le long des allées en s'attardant plus longuement lorsqu'un objet attirait son attention. Une fois l'heure du diner arrivé, elle prévint Drago qu'elle ne reviendrait pas après le repas, afin de tout de même pouvoir passer du temps avec ses amis.
Le lendemain, elle rejoignit la salle dès le matin. S'apercevant que le jeune homme n'était pas encore arrivé, elle s'approcha de l'armoire à disparaître qui avait l'air inchangée depuis la première fois qu'elle l'avait vue. Elle ouvrit les portes et regarda l'intérieur, vide. Une envie soudaine de la tester lui prit. Regardant autour d'elle, ses yeux tombèrent sur ce qui semblait être un pied de commode brisé. Elle le prit et le plaça dans le meuble. Après avoir refermé les portes, elle attendit quelques secondes avant de les rouvrir. Elle qui pensait retrouver le bout de bois là où elle l'avait posé, elle fut surprise de constater qu'il n'y était plus. Cette armoire à disparaître semblait fonctionner puisqu'elle avait fait disparaître l'objet.
- Tu es du genre à tout vouloir voir par toi-même n'est-ce pas ? railla la voix de Drago en la faisant sursauter.
- Je suis désolée, je n'ai pas pu m'en empêcher, s'excusa-t-elle embarrassée en refermant les portes. L'objet que j'ai mis a disparu.
- Encore heureux, j'ai mis six mois pour en arriver là.
- Je pensais que ton objectif était de faire disparaître quelque chose.
- Tu ne trouves pas ça logique de pouvoir avoir un moyen de récupérer ce qu'on a voulu faire disparaître.
- Donc c'est ça qui ne fonctionne pas ?
- Vois par toi-même, déclara-t-il en lançant une formule inconnue d'Emma.
Puis il l'invita à ouvrir l'armoire qui contenait désormais un petit tas de sciure de bois. Après quelques minutes de conversation, Emma le laissa à sa tâche et s'installa à la table lui faisant office de bureau. Vers la fin de matinée, elle se rendit compte qu'elle n'avait plus rien à faire. Elle eut alors dans l'idée de faire un tour du côté des livres laissés à l'abandon. Pour la plupart, il s'agissait de livres semblant interdits ou volés. Son attention se porta sur un simple manuel d'histoire rempli de graffitis. Apparemment le propriétaire de ce livre avait passé son temps à y annoter quelques critiques, quelques dessins caricaturaux ou même à démarrer des conversations écrites avec son voisin. Elle garda le livre dans ses mains et continua son petit tour à la recherche d'autres objets susceptibles de satisfaire sa curiosité.
La jeune fille entendit la voix de Drago qui l'interpellait à une dizaine d'allées de là. Elle ne s'était pas rendue compte de s'être autant éloignée. Juste avant d'entreprendre le chemin du retour, son regard tomba sur une sorte de récipient en pierre totalement investi par des toiles d'araignée. Des écritures en Runes étaient à peine lisibles. Elle s'approcha de la bassine en pierre et souffla sur les écritures afin d'y enlever le plus de poussières possible. Recevant ladite poussière dans la figure elle toussota légèrement avant de tenter de déchiffrer les Runes. Certains symboles étranges semblaient ne pas faire partie de l'alphabet qu'on leur enseignait mais elle put tout de même traduire quelques écritures. La traduction approximative et littérale des symboles qu'elle put décoder, fut « Enlever pensées, Penser en paix. » C'était une pensine ! Elle n'en avait jamais vu auparavant, mais en avait entendu parler. Cet objet permettait d'y mettre les pensées que l'on ne voulait plus avoir de manière momentanée.
- Emma !
- J'arrive !
La jeune fille posa à l'intérieur de l'objet en pierre les quelques bricoles qu'elle avait en main et lança un Wingardium Leviosa informulé afin de faire léviter le tout. Puis elle se dirigea enfin vers son fiancé qui semblait s'impatienter.
- Je suis là. Qu'est-ce qu'il-y-a ? annonça-t-elle en posant ses trouvailles sur son bureau improvisé.
- Qu'est-ce que c'est que tout ça ?
- C'est juste histoire de m'occuper un peu.
- Un morceau de pierre et des livres complètement pourris ?
- Chacun ses goûts... se contenta-t-elle de dire en croisant les bras alors qu'elle s'appuyait sur la table.
- En parlant de goût, je voudrais que tu ailles nous chercher à manger dans les cuisines.
- Tu n'as pas Goyle ou Crabbe pour ça ?
- Je ne te le demanderai pas sinon.
- T'exagères quand même ! Qu'est-ce que ça te couterait de descendre. Ca ne te prendrait même pas une demi-heure.
- S'il-te-plait, Emma, tenta-t-il, charmeur, en s'approchant d'elle et en lui entourant la taille de ses bras.
- Pas de ça avec moi ! le repoussa-t-elle en sentant la manipulation à plein nez.
- Ok, très bien ! J'y vais ! De toute façon j'ai un hibou à envoyer. Toi, tu restes ici.
- Mais...
- Je t'apporterai quelque chose à manger. Tes débiles de Serdaigle risqueraient de t'enlever s'ils te voyaient dans la Grande Salle, ajouta-t-il face au regard incrédule d'Emma.
- C'est pas non plus comme si je te servais à grand chose !
Drago ne lui répondit pas, se contentant de lui offrir un léger rictus. Puis, il tourna les talons et quitta la pièce en laissant Emma seule dans cette immense salle. Par curiosité, elle fit un tour du côté de l'armoire à disparaître. Apparemment le jeune homme avait « ranger son plan de travail » puisque plus rien ne trainait. S'il elle n'avait pas été au courant, il lui aurait été incapable de savoir que quelqu'un s'affairait laborieusement à réparer ladite armoire.
Son regard se perdit dans la contemplation d'un vieux buste posé sur un placard semblant parsemé de cloques. Elle eut un léger rire désabusé face à la laideur du tableau qui s'offrait à elle. Il s'agissait du buste d'un vieux sorcier plutôt laid portant une affreuse perruque d'un blond sale. Elle pouvait apercevoir qu'une sorte de bijou trônait au-dessus du chef de la statue. Intriguée, elle s'approcha et se rendit compte qu'il s'agissait d'une sorte de diadème qui bien que terni, gardait toute sa beauté. Elle s'empara de l'objet précieux et l'observa. Le métal terni n'était autre que de l'argent. La structure entrelacée était incrustée de minuscules diamants, et disposait en son centre d'une pierre précieuse de couleur bleu. A cette pierre en étaient fixées deux autres, plus petites, destinées à reposer élégamment sur le front du porteur d'un tel bijou. Emma le trouva magnifique et ne résista pas à l'envie de l'essayer.
Elle se plaça devant une glace tellement immense que même brisée, les morceaux de miroirs étaient assez vastes pour accueillir son reflet. La jeune fille posa délicatement le diadème sur sa tête, puis s'observa. Se sentant trop loin, elle s'approcha encore plus de la glace. Elle ne pouvait s'empêcher de se trouver belle. En fait, elle était magnifique et fière de l'être. Un sourire satisfait apparut au coin de sa bouche. Si elle le pouvait, elle s'observerait dans ce miroir tous les jours de sa vie. Ici, personne ne la dérangerait. D'ailleurs, il ne fallait pas que le monde voit la beauté de ce diadème. Ce privilège n'appartenait qu'à elle seule. Elle seule devait avoir la possibilité de le porter. Elle seule serait...
- Emma ! Qu'est-ce que tu fous ? Ca fait dix fois que je t'appelle !
- Drago, répondit-t-elle à peine sortie de ses narcissiques pensées, le regard toujours fixé sur son reflet.
- Devine ce que les Efles avaient comme dessert. Je suis sûr que ça te plaira, se moqua Drago qui rejoignait l'allée de son armoire en pensant que la jeune fille le suivrait. Au bout de quelques secondes, voyant qu'elle ne répondait pas, il retourna auprès d'elle, toujours postée devant la glace qu'elle contemplait avec une délectation presque perverse.
- Emma ? Tu comptes passer toute ta journée devant ce miroir ? lança-t-il narquoisement.
- Et pourquoi pas toute ma vie... murmura-t-elle très faiblement en penchant la tête pour se voir d'un autre angle.
- Eh ! fit Drago, n'en pouvant plus, en lui tournant brusquement le menton vers lui après s'être approché d'elle.
Lorsqu'il capta son regard, elle clignait des yeux comme si elle venait de se réveiller.
- Drago ? Tu es là depuis longtemps ?
- Tu te moques de moi, lâcha-t-il avec un rire nerveux. Fais-moi le plaisir de ne plus jamais te regarder dans cette glace, c'est carrément flippant, ajouta-t-il en remarquant le regard confus d'Emma et semblant penser que le problème venait du miroir.
- La glace... répéta-t-elle en retournant automatiquement sa tête vers son reflet qui sembla l'absorber de nouveau.
- Emma ! la tira-t-elle une nouvelle fois de son étrange état en l'éloignant une bonne fois pour toute de l'objet de son attention.
- Lâche-moi ! Je ne fais rien de mal !
- C'est bien beau, de regarder son joli petit minois, mais tu vas t'arrêter là, ok ?
- Je suis magnifique, n'est-ce pas ? demanda-t-elle d'un sérieux effrayant. Ce diadème est la plus belle chose que je n'ai jamais vue ! Laisse-moi, encore... continua-t-elle en voulant se repositionner devant la glace.
Drago la stoppa dans son action en lui prenant les mains et l'obligeant à lui faire face.
- Enlève-moi, ce truc, ordonna-t-il, le regard fixé sur ledit diadème.
- Il est à moi ! Je t'interdis d'y toucher ! cria-t-elle en se débattant alors qu'il tentait de le lui ôter de force.
Plus grand et plus fort qu'elle, il parvint à son but en arrachant le bijou de la tête de la jeune fille qui ne cessait de crier.
- Où-est-ce que tu l'as trouvé ? l'interrogea-t-il une fois l'objet en main alors qu'Emma, déboussolée, s'appuyait contre le meuble le plus proche. Où était ce diadème, Emma !
- Là haut, concéda-t-elle en désignant du doigt la tête de la statue.
- Eh bien, il va y rester. Et je t'interdis de t'approcher de ce truc ! s'exclama Drago après avoir replacé l'objet sur la perruque que portait ladite statue.
Puis, il l'entraina par le bras dans l'allée où se trouvait l'armoire à disparaître. La jeune fille s'assit maladroitement dans le fauteuil miteux et lança un regard à Drago. Celui-ci la fixait avec méfiance.
- T'es restée plantée là-bas combien de temps ?
- Je ne sais pas... J'ai repéré le diadème pas longtemps après ton départ.
- Ca fait plus d'une demi-heure que je suis parti, Emma !
- C'est dingue, ce truc !
- Promets-moi de ne plus recommencer.
- C'est promis, accepta-t-elle.
Mais cela ne suffit pas à Drago qui écrivit quelques lignes sur un parchemin avant de jeter un sort informulé sur ce dernier.
- Quoi, tu ne me fais pas confiance ? s'indigna-t-elle en voyant la promesse écrite qu'il voulait lui faire signer.
- Il se trouve que tu as bien souvent rompu les promesses que tu me faisais, Emma ! Ah et tant qu'on y est... assura-t-il avant de récupérer le parchemin et d'y inscrire d'autres lignes et de lancer un nouveau sort. Maintenant, tu signes.
Emma prit le parchemin et lut ce qu'y était marqué. Non seulement il lui faisait promettre de ne plus jamais s'approcher de « ce diadème à la con », mais en plus il voulait s'assurer qu'elle ne parle à personne de cette salle, ni de ce qu'il y faisait, ni de ce pourquoi il y faisait quelque chose. Elle le regarda méchamment avant de lui prendre la plume des doigts. Une fois le parchemin signé, il le récupéra brutalement et le fourra dans sa poche. Lorsqu'elle lui demanda ce qu'il se passerait si jamais elle rompait sa promesse, il lui répondit qu'elle n'avait aucune raison d'y penser puisque cela n'arriverait pas, en insistant bien sur ces derniers mots. Puis, en lui tendant ce qu'il lui avait pris à manger, il demanda nonchalamment comment allait Marietta Edgcombe.
oOo
Emma n'avait aucune envie de s'approprier de nouveau le diadème, mais elle était plus que curieuse de savoir ce qui s'était vraiment passé ce jour-là. Pourtant, la semaine qui suivit, elle n'y réfléchit pas plus, que ce soit à cause des cours, de ses amis qui se demandaient où elle passait son temps ou de Drago qui paraissait à bout de nerfs. Elle essayait de passer au moins une heure tous les soirs et rentrait avant que le couvre feu n'intervienne.
- Est-ce que tu crois en ce que tu essayes de faire, Drago ? demanda-t-elle un soir alors que le blond se prenait la tête, assis dans le vieux fauteuil usé. Sans lui répondre, il se contenta de lever les yeux vers elle et Emma crut y percevoir de la douleur. Il paraît que croire en ce que l'on fait et croire en soi, c'est faire 50% chemin. Peut-être que si tu n'y arrives pas, c'est qu'au fond tu n'y crois pas. Tu n'as peut-être tout simplement pas envie de réussir cette mission, indépendamment de toute menace de mort bien sûr. Peut-être que tu n'arrives pas à te donner les moyens d'y parvenir.
- Ca fait des mois que j'épuise toutes les pseudos solutions que je trouve, Emma !
- Oui, mais es-tu sûr de bien exploiter celles qui en valent le coup ? Peut-être que tu passes trop de temps sur des choses que tu sais inutiles, histoire de gagner du temps ?
- Et pourquoi je ferais ça, hein ? Je ne veux pas mourir alors je dois réussir. Que j'y croie ou pas ne change rien au fait que cette putain d'armoire doive être réparée et au fait que je doive...
- Que tu doives ?
- Rien, se reprit-il abruptement.
- J'ai peut-être trouvé quelque chose qui pourrait t'aider... à y voir plus clair, annonça la jeune fille après quelques minutes de silence.
Elle se leva du sol sur lequel elle était assise et se dirigea vers ce qui avait été son bureau durant le week-end. Elle revint avec la bassine en pierre à qui elle avait donné un petit coup de propre et la déposa sur la commode non loin du fauteuil où se trouvait Drago.
- Je me suis dis que si tu mettais tout ce qui te stresse et t'effraye de côté, tu serais peut-être plus... efficace dans ce que tu tentes de faire.
- Et c'est ce machin en pierre qui va me permettre de faire tout ça ? railla-t-il en s'enfonçant dans son fauteuil, le faisant brusquement craquer.
- C'est une pensine, lui apprit-elle avant que quelques secondes de silence ne s'installe. C'est...
- Je sais ce que c'est qu'une pensine. Mais je doute que cela puisse m'aider, Emma.
- Tu fais comme tu veux.
- Tu sais quoi ? J'ai mon propre genre de pensine.
- Ah oui ? l'interrogea-t-elle en levant les sourcils alors qu'il quittait son siège pour se diriger vers elle.
- Ferme les yeux, souffla-t-il à son oreille.
Après un dernier regard intrigué, elle s'exécuta en inspirant profondément. Puis, il la poussa gentiment vers l'arrière et elle sentit ses jambes stoppées par un obstacle qui la fit basculer vers l'arrière. Elle ouvrit soudainement les yeux au moment où sa chute fut absorbée par la présence d'un matelas.
- Ca, c'est ma pensine qui me permet de laisser derrière moi tout ce qui ne va pas et tout ce qui me pourrit l'existence.
Emma, sans le quitter des yeux s'éloigna du bord en se plaçant plus au centre de ce qui était le lit de Drago. En effet, tous deux se trouvaient désormais dans la copie de la chambre du jeune homme. Ce dernier se plaça à califourchon sur sa fiancée et plongea dans son cou qu'il parsema de baisers. Toute frissonnante, Emma enserra le corps de Drago qui s'attaquait désormais à l'oreille gauche de la jeune fille tout en laissant trainer ses mains sous sa chemise.
- Evidemment, il est nécessaire que tu sois là pour que ça marche...
oOo
Emma ne pouvait s'empêcher de les fixer. De dos, elle avait dans son champ de vision Astoria et Théodore qui prenaient leur diner en compagnie de Daphné. Les trois élèves semblaient s'amuser à la table des Serpentard. Elle se demanda même si ce n'était pas d'elle qu'ils se moquaient lorsque Daphné lui fit un sourire. Mais elle se rendit vite compte que ce sourire était destiné à son voisin de table, Anthony. Se forçant à regarder ailleurs, elle constata qu'il restait peu d'élèves dans la Grande Salle. Elle n'avait pas vu le temps filer. Lorsque tout le petit groupe de Serdaigle eut terminé, ils quittèrent la table et atteignirent le Grand Hall. Au moment où ce fut au tour d'Emma de passer par la porte, elle tomba nez-à-nez avec Théodore et Astoria. Cette dernière après un regard noir vers la Serdaigle, jeta un coup d'œil à son camarade de maison avant de passer la porte avec un petit air suffisant. Théodore invita d'un geste de la main Emma à passer avant lui.
- Comment va ta nouvelle amie ? l'aborda-t-elle d'un ton sarcastique alors qu'il se dirigeait dans un des coins du Grand Hall.
- Un peu sur les nerfs en ce moment, répondit-il alors qu'Emma ne se dépêtrait pas de son regard dur. Ne me regarde pas comme ça, tu veux.
- Alors quoi, vous passez votre temps à critiquer les deux horribles égoïstes et menteurs ?
- Tu exagères et tu le sais.
- Comment va ton nez ? changea-t-elle alors de conversation.
- C'est surtout pour celui de ton cher et tendre qu'il faudrait t'inquiéter. Il avait encore mal malgré les soins de Daphné.
- Hum...
- Selon toi je l'ai mérité, n'est-ce pas ? Tu n'as pas supporté d'être tombée une nouvelle fois sous mon charme dévastateur.
- Ce n'est pas marrant, Théodore.
- Je sais...
- Je veux parler à Astoria, déclara-t-elle avec conviction.
- Ce n'est pas à moi qu'il faut dire ça.
- Je veux que tu le lui dises.
- Cela m'étonnerait qu'elle accepte.
- S'il le faut, j'attendrais devant votre salle commune toute la soirée, assura-t-elle avant de se diriger vers les cachots.
Le jeune homme la rattrapa et ils firent tous deux le chemin jusqu'à l'entrée de la salle commune des Serpentard. Une fois arrivés, la jeune fille s'adossa sur la paroi d'un mur non loin de la porte en pierre qui cachait la salle. Elle semblait attendre que Théodore exécute sa demande. Avec un soupir, celui-ci prononça le mot de passe et disparut derrière le mur qui se referma sur lui. Cinq minutes passèrent et ni Théodore, ni Astoria ne l'avaient rejointe. Elle eut droit à une dizaine de regard surpris et intrigués qu'elle ignora superbement. En effet, il restait un peu moins d'une heure avant le couvre-feu. Après quelques minutes, le mur s'ouvrit alors même qu'aucun élève n'avait donné de mot de passe. Astoria apparut et s'approcha à contre cœur de celle qui avait souhaité sa présence.
- Qu'est-ce que tu me veux ?
- Te voir...
- Eh bien tu me vois. Je peux y aller maintenant ?
- Tu ne veux pas qu'on aille parler ailleurs ? demanda-t-elle alors qu'une bande de troisième année se dirigeait vers elles.
- Et parler de quoi ?
- De tout ce que tu voudras, Astoria.
- De tout ?
- De tout ce que j'aurai la possibilité d'évoquer, précisa Emma alors qu'Astoria la toisait avec méfiance.
- Très bien. Suis-moi, finit-elle par dire en empruntant un chemin qu'Emma ne connaissait pas.
Les deux jeunes filles entrèrent alors dans une ancienne salle de cours, quelques mètres plus loin. Astoria se dirigea directement vers une table et lui lança un sort de dépoussiérage. Elle s'y assit en tailleur de manière à faire face à Emma qui s'était contentée de s'appuyer contre la table voisine.
- Pourquoi tenais-tu tant que ça à me voir ? commença-t-elle l'interrogatoire qu'elle semblait vouloir mener.
- Parce que je ne voulais pas que les choses restent en l'état. Je tiens trop à notre amitié pour ça.
- Notre amitié ? Penser à tous les moments que l'on a pu passer ensemble me répugne, Emma. Comment pourrait-on être encore amies après tant de mensonges !
- En recommençant tout à zéro. En répondant aux questions que tu voudrais poser.
- Pour que tu me répondes que c'est avec Drago que je dois régler ce genre de chose alors qu'il n'est même pas fichu de me faire face.
- Qu'est-ce que tu veux savoir ?
- Pourquoi est-il venu vers moi durant ses BUSE alors qu'il avait une fiancée à sa disposition ?
- La réponse modérée serait de te dire que ladite fiancée se consacrait entièrement à ses BUSE à ce moment-là.
- La vérité, Emma.
- La vérité... C'est qu'il n'a pas supporté le baiser que j'ai échangé avec Théodore lors du dernier match de l'année et qu'il a cherché à se venger.
- Nom d'une gargouille... lâcha Astoria plus que blessée.
- Lui et moi, on est lié de telle sorte que les promesses écrites que l'on a faites apparaissent sur le dos de notre main lorsque nous faillons à nos engagements. C'est une brulure intense qui nous submerge à cet endroit, expliqua Emma en caressant le dos de sa main. C'est comme ça qu'il a su pour Théodore et moi, et c'est comme ça que j'ai su qu'il se vengeait. Lorsque j'ai appris que c'était avec toi et que tu m'as tout raconté, j'étais furieuse et je le lui ai fait savoir. Contre toute attente, il était vraiment désolé de ce qu'il avait fait. Enfin, il était surtout désolé de t'avoir mêlée, toi, à tout ça. Aujourd'hui je me rends compte qu'il ne mentait pas. Je crois qu'au fond, il t'aime bien.
- Il m'aime bien... répéta-t-elle faiblement.
- C'est ce que je pense. Mais je doute qu'il te l'avoue un jour. D'ailleurs encore faudrait-il qu'il se l'avoue à lui-même.
- C'est pour ça qu'il s'est battu avec Blaise quand il a cru qu'il m'avait... fait du mal ?
- Je suppose. Il voulait te protéger. Il s'est justifié devant moi en me disant qu'il avait cet incompréhensible besoin que tu ailles bien. Malheureusement, plus il s'impliquait dans ta vie, plus tu t'accrochais à lui.
- Tu en as vraiment eu marre de moi le jour où tu as craqué dans le Grand Hall.
- C'est de devoir te cacher toutes ces choses qui m'horripilaient de plus en plus. Ces derniers temps j'ai comme un ras-le-bol général. Je n'en peux plus de mentir aux gens que j'aime.
- Pourquoi ne pas tout simplement dire la vérité ! Regarde Théodore, il est au courant et pourtant ton secret s'est gardé pendant longtemps. Je suppose que pour ton ami Michael, il en va de même. Je t'ai promis que je ne dirai rien et je tiendrai ma promesse. N'es-tu pas censé faire confiance à tes amis ?
- Théodore et toi... C'est différent, vous êtes des Sang-Pur.
- C'est surtout qu'on est les malheureux de l'histoire.
- Quant à Michael, lui et moi avons toujours eu une relation particulière, continua Emma sans relever la remarque.
- Les autres ne méritent-ils pas de connaître la vérité ?
- J'ai peur qu'ils ne comprennent pas...
- Un jour où l'autre ils le sauront. Qui sait, peut-être le découvriront-ils aussi brutalement que moi. Retarder les choses ne fera qu'empirer leur ressentiment à ton égard à ce moment là. Pour ma part, je t'en veux encore beaucoup. Il suffit que je te vois pour que tout resurgisse. Je ne veux pas être obligée de supporter cette douleur, Emma. Qui sait, peut-être qu'un jour je serai capable de te côtoyer à nouveau. Mais pour l'heure, il est encore trop tôt.
- Je comprends.
- Si tu ne veux pas que cela arrive avec tes amis, je te conseille de leur dire la vérité. L'honnêteté et la confiance sont les bases d'une amitié, Emma.
- Tu as raison, Astoria. Je ne supporterai pas de passer encore un an comme ça. Les mensonges ont assez duré. Mais c'est tellement dur de s'en dépêtrer.
- C'est le prix à payer pour les avoir créé, déclara-t-elle avant de quitter la table sur laquelle elle se trouvait. Il est tard. Je retourne à ma salle commune.
- Tu es quelqu'un de bien, Astoria.
- Mais pas assez pour te pardonner aussi facilement, remarqua-t-elle alors qu'elle lui tournait le dos.
- J'espère sincèrement que les choses iront mieux l'année prochaine. Ce sera notre dernière ensemble.
- Qui vivra verra... cita-t-elle la célèbre expression avant de quitter la salle sans un regard pour celle qui avait été son amie.
Emma resta seule dans l'obscurité encore quelques minutes puisque c'était Astoria qui s'était chargée d'illuminer la pièce à l'aide de sa baguette. C'était comme si la jeune fille venait de prendre conscience du véritable poids de son mensonge. Il fallait qu'elle se jette à l'eau et qu'elle mette ses amis dans la confidence. Plus elle retarderait l'échéance, plus ils risqueraient de ne pas lui pardonner. Ne dit-on pas « une faute avouée, à moitié pardonnée » ?
Ce fut avec cette nouvelle résolution qu'elle quitta les cachots. Il restait un peu moins d'une demi-heure avant le couvre-feu. Lorsqu'elle eut monté le grand escalier de marbre, elle prit le chemin des escaliers fixes. Elle souhaitait en effet rendre une petite visite à Drago avant de retourner dans sa salle commune. Sur le chemin, elle essaya de réfléchir au meilleur moment pour annoncer ses fiançailles à ses amis. Fallait-il qu'elle y aille de but en blanc dès son retour dans la tour des Serdaigle ? Fallait-il qu'elle attende le lendemain ? La fin des examens ? Emma avait une telle envie de se décharger de ce secret qu'elle se sentait prête à le faire le soir-même. Mais peut-être était-il préférable qu'ils se trouvent tous dans un lieu moins fréquenté ? Lorsqu'ils se rassembleront dans le parc le week end venu ?
La jeune fille fut sortie de ses pensées par des bruits de pas provenant du septième étage qui n'était plus qu'à quelques marches de là. Elle s'approcha lentement et le plus silencieusement de l'angle que formait la cage d'escalier et le couloir qui menait à la tapisserie de Barnabas le Follet. Deux personnes semblaient converser non loin de ladite tapisserie. Prenant son courage à deux mains, elle jeta un coup d'œil à ce qu'il se passait au risque de se faire repérer. Elle se replaça aussi rapidement qu'elle s'était mise à découvert. Harry Potter était en pleine discussion avec le professeur Trelawney. Le fait que le survivant soit posté devant la salle sur demande ne relevait pas du simple hasard, elle en était persuadée. Sur le coup, elle s'inquiéta du pouvoir de voyance du professeur. N'était-elle pas censée sentir sa présence à quelques mètres d'elle ? Apparemment tel n'était pas le cas. Emma décida alors de se jeter un sort qui lui permettrait d'entendre la conversation de là où elle se trouvait. Après tout, tout le monde n'avait pas d'oreilles à rallonge sur lui. D'autant plus que ce gadget créé par les jumeaux Weasley était interdit dans l'enceinte de Poudlard.
- Je comprends. Mais vous n'avez pas pu entrer pour les cacher ? fit distinctement la voix de Potter une fois son sort lancé.
- Oh, si, j'y suis entrée, mais il y avait déjà quelqu'un à l'intérieur.
Trelawney aurait-elle découvert Drago ?
- Quelqu'un à l'intérieur... Qui ? Qui était là ?
- Je n'en ai aucune idée. Je me suis avancée dans la pièce et j'ai entendu une voix, ce qui ne s'était encore jamais produit depuis des années que je cache... je veux dire que j'utilise cette salle.
Emma fut soulagée de savoir qu'elle ignorait qui se trouvait dans cette salle.
- Une voix ? Qui disait quoi ?
- Il ne me semble pas qu'elle disait quoi que ce soit. Elle lançait plutôt des... cris de joie.
- Des cris de joie ?
Tout comme Potter, la jeune fille se répéta intérieurement les derniers mots. Drago aurait-il fini par réparer cette armoire ?
- Une véritable jubilation.
C'était comme si le professeur de divination lui confirmait sa pensée.
- Une voix d'homme ou de femme ?
- Je dirais plutôt d'homme.
- Et qui exprimait un grand bonheur ?
- Un intense bonheur.
- Comme si la personne était en train de célébrer quelque chose ?
- Exactement.
L'insistance des questions de Potter lui fit froid dans le dos. Il savait quelque chose. Il savait que c'était Drago qui se trouvait à l'intérieur. Et il semblait savoir l'importance de l'enjeu de cette « célébration ».
- Et ensuite ?
- Ensuite j'ai demandé : « Qui est là ? »
- Vous n'auriez pas pu savoir qui c'était sans poser la question ?
- Mon troisième œil était concentré sur des sujets bien éloignés du monde bassement matériel où retentissent les cris de joie.
- C'est ça. Et la voix vous a répondu ?
- Non. Soudain, la salle a été plongée dans l'obscurité et j'ai été jetée dehors, tête la première.
- Vous n'aviez rien vu venir ?
- Non, car comme je vous l'ai dit, l'obscurité...
Ainsi Drago s'était débarrassé promptement de l'intruse qui avait pénétrée dans la salle qu'il occupait depuis des mois déjà. Comme la fois où son fiancé avait cru qu'il réussirait la veille des vacances de Pâques, Emma se sentait tendue. Encore plus après avoir passé les derniers jours dans cette même salle à le voir s'affairer à réparer cette « putain d'armoire », comme il l'appelait. Elle n'était pas idiote, elle se doutait bien que la mission du jeune homme ne se résumait pas à la simple réparation d'une armoire à disparaître. Maintenant cette première étape effectuée, quelle serait la suivante ? C'était ce qui l'effrayait, c'était ce qu'elle s'était toujours refusée d'y réfléchir.
- Je pense que vous devriez en parler au professeur Dumbledore. Nous devons savoir ce que Malefoy célébrait – je veux dire la personne qui vous a jetée hors de la salle.
Son intuition était bel et bien fondée. Harry Potter connaissait l'identité de Drago et le Gryffondor avait dans l'idée d'en informer le directeur.
- Le directeur m'a laissé entendre qu'il souhaitait voir mes visites s'espacer. Je n'ai pas pour habitude d'imposer ma compagnie aux gens qui ne l'apprécient guère. Si Dumbledore choisit d'ignorer les avertissements que je lis dans les cartes... A chaque fois, quelle que soit la façon dont je les tire... la Maison-Dieu apparaît, la tour frappée par la foudre. Calamité. Désastre. Qui se rapprochent toujours un peu plus...
- C'est ça. Eh bien, je crois quand même que vous devriez raconter à Dumbledore l'histoire de cette voix, de l'obscurité soudaine et de votre expulsion de la salle...
- Vous pensez vraiment ?
- Je vais justement le voir maintenant. J'ai rendez-vous avec lui. Nous pourrions y aller ensemble.
- Bon dans ce cas... Je regrette de ne plus vous avoir dans ma classe Harry. Vous n'étiez pas vraiment un voyant... Mais vous étiez un merveilleux sujet...
Lorsque les deux voix s'éloignèrent, Emma enleva le sort lui ayant permis de tout entendre et s'avança doucement dans le couloir désormais désert. Une fois face au mur vierge où apparaissait la porte de la salle sur demande, elle resta immobile et inspira profondément. Elle avait peur de ce qu'elle trouverait derrière ces murs si elle entamait ses allers-retours. Drago était-il toujours dans l'état d'euphorie dans lequel l'avait trouvé Trelawney ? Etait-il déjà passé à l'étape suivante de sa mission ? Mais la question qui la hantait à ce moment là était la suivante : fallait-il ou non faire part à Drago de ce qu'elle venait de voir. Potter était allé prévenir Dumbledore. N'était-ce pas ce qu'elle avait fait lorsqu'elle avait su la condition de mangemort de son fiancé ? Il fallait que le directeur soit au courant, pour le bien de Poudlard, pour le bien de tous. Mais le dire à Drago ne serait-il pas néfaste à la maigre longueur d'avance que pourrait avoir Dumbledore ? Ne pas le dire ne serait-il pas néfaste à son fiancé ? Que se passerait-il si jamais Drago se faisait prendre ? Dumbledore le protégerait-il ? Et si tel n'était pas le cas...? Quoi qu'elle choisisse, il fallait qu'elle se décide.
Sortant de son immobilité, elle entreprit de faire ses allers-retours en pensant à la salle aux montagnes d'objets usés. Lorsque la porte apparut, elle eut encore quelques secondes d'hésitation mais finit par l'ouvrir et par entrer. L'obscurité dont parlait Trelawney était encore présente.
- Drago, c'est moi, annonça-t-elle sa présence histoire de ne pas se faire jeter à son tour.
Emma sortit sa baguette afin d'y voir plus clair. Puisque son « lumos » informulé ne marchait pas, elle jeta le sort à haute voix. Rien ne se passa non plus.
- Drago ?
Aucune réponse ne lui parvint alors qu'un lourd silence pesait sur cette vaste salle noyée dans l'obscurité totale. Emma tenta de s'avancer, à tâtons. Elle buta soudain dans un meuble et renversa l'objet métallique qui y était posé. Lorsque le son mourut, elle tenta d'intercepter une quelconque réaction sonore de Drago qui ne devait pas se trouver bien loin. Mais rien ne se produisit. La jeune fille toucha alors les objets alentours en essayant de s'insérer dans l'allée sans se cogner. Enfin, un son lui parvint. C'était celui de l'armoire qui s'ouvrait, elle le reconnaissait pour l'avoir entendu des dizaines de fois ces derniers jours. Alors qu'elle s'apprêtait à appeler Drago une nouvelle fois, son pied buta contre l'objet qui était tombé à la renverse quelques instants plus tôt. De vifs pas semblaient alors s'avancer vers elle.
- C'est moi, Drago, eut-elle le temps de dire avant de se sentir brutalement empoignée.
Drago positionna la main de la jeune fille sur la sienne. Soudain, une lueur apparut et elle put voir que son fiancé se tenait juste devant elle. Elle eut un mouvement de recul lorsque son regard tomba sur ce qu'elle avait pris pour la main de Drago. C'était en réalité une horrible main desséchée qui tenait une sorte de bougie.
- Qu'est-ce qu'il se passe ici ? demanda-t-elle en rencontrant le regard du jeune homme.
- J'ai réussi, répondit-il d'une voix grave qui ne collait pas du tout aux dires du professeur de divination.
- Ca a l'air de t'enchanter, dis-moi, remarqua-t-elle alors qu'un léger rictus apparaissait sur les lèvres de son fiancé.
- C'est la que tout commence vraiment.
- Que quoi, commence ?
- La poudre ne devrait plus tarder à cesser de faire effet, évita-t-il de répondre en s'éloignant de la jeune fille qui se retrouvait à nouveau dans le noir.
Cependant, cette fois-ci elle pouvait distinguer la silhouette de Drago et des meubles alentours. Elle le suivit jusqu'à l'endroit où se trouvait l'armoire à disparaître. Après un temps d'arrêt où il fit face au meuble, il se sépara de la main desséchée et s'avança vers elle.
- Est-ce que c'est... la Main de la Gloire ?
- En effet, confirma-t-il en la scrutant du regard. Emma...
- Oui ?
- Je veux que tu me promettes de rejoindre ta salle commune et de ne pas la quitter.
- Pourquoi ? demanda-t-elle avec appréhension, sans le quitter des yeux.
- Parce que je te le dis.
- Tu me fais peur, Drago, avoua-t-elle alors qu'il rompait le contact visuel en baissant le regard.
- Je n'ai pas le choix, souffla-t-il faiblement en lui prenant la main. Il n'y a pas que ma vie qui est en jeu, tu comprends ? Je dois le faire pour nous, les Malefoy. C'est l'honneur de la famille qui est en jeu, continuait-il en lui serrant les doigts alors qu'il caressait du pouce la bague de fiançailles qu'il lui avait offerte un an plus tôt.
Puis, il leva à nouveau le regard et elle y vit de la peur. Cela la percuta tellement qu'elle étouffa un sanglot en le prenant dans ses bras. Accrochée à son cou, elle resta silencieuse, se contentant de le serrer de toutes ses forces. A son tour, il glissa ses mains autour de la taille de sa fiancée et la pressa contre lui. La tête plongée dans ses cheveux bruns, il huma l'odeur de la jeune fille.
- Fait attention à toi, Drago... Je ne veux pas que tu... Je ne pourrai pas supporter qu'il t'arrive quelque chose. J'ai besoin de toi...
Il lui redressa la tête afin de capter son regard. Les yeux d'Emma parcoururent tous les recoins du visage de son fiancé alors que ses mains vinrent se poser sur ses joues.
- J'ai besoin de toi... répéta-t-elle en lui caressant les lèvres et le menton du bout des doigts.
Leurs deux bouches se rapprochèrent comme des aimants.
- J'ai besoin...
- de toi... compléta-t-il avant de l'embrasser doucement, presque tendrement.
Lorsque leur baiser prit fin, elle le fixa en se mordillant inconsciemment la lèvre inférieure. Ils s'embrassèrent de nouveau, plus fiévreusement.
- Tu dois y aller, maintenant.
Contredisant ses dires, il s'empara une nouvelle fois de ses lèvres en encadrant son visage de ses mains.
- Tu dois vraiment y aller, continua-t-il de dire sans pour autant la lâcher, alors qu'il parsemait ses lèvres de baisers.
Puis, il s'arrêta, et la fixa.
- Vas-t-en.
Ils restèrent encore quelques secondes ainsi, plongés dans le regard de l'autre, avant qu'il ne finisse enfin par la lâcher. Les mains encore sur les épaules de Drago, Emma recula lentement. Lorsque leur contact se rompit, elle sentit comme un vide. Il était là, devant elle, semblant plus seul que jamais face à son destin. Elle ouvrit la bouche dans le but de lui dire une dernière chose. Mais aucun son ne sortit. Alors elle s'en alla et quitta cette pièce. Une fois à l'extérieur, elle s'appuya sur le mur qui était aussitôt apparu une fois la porte fermée. Un sentiment de culpabilité s'empara d'elle. Elle ne lui avait rien dit. Elle avait fait le choix de ne pas lui dire que Potter et Dumbledore étaient au courant de quelque chose. Cacher des choses à ses amis, n'était vraiment rien comparé au fait de cacher des choses à Drago. Surtout lorsque la vie et le destin de ce dernier étaient en jeu. A cette pensée, elle fondit en larmes avant de s'éloigner le plus loin possible de cette salle, de ce couloir, de Drago.
Voilà !
(Nda : Le titre est une citation de Amélie Nothomb dans Métaphysique des tubes.)
J'espère que vous avez aimé ! Je me suis permise quelques libertés avec certains éléments du livre, j'espère que cela ne fait pas "trop". Mais je me suis dit qu'être aussi près du diadème était une occasion de faire jouer mon imagination. A la base j'ai essayé de faire transparaitre la volonté de la part de voldemort présente dans le diadème de rester cacher à l'abri des regards. En quelques sortes, l'Horcruxe oblige la personne qui le porte à garder le diadème caché dans cette salle. En relisant le tout ça me fait un peu penser à Gollum avec "son précieux". En tout cas je suis consciente de l'incohérence suivante : Emma, Serdaigle passionnée d'Histoire ne devrait-elle pas reconnaître là le diadème de Rowena Serdaigle dont la statue est présente dans sa salle commune ? En vérité, je ne souhaitais pas approfondir ce passage du diadème dans cette histoire. L'idée était vraiment juste de faire un clin d'oeil à cet élément du livre. Et le parchemin que signe Emma c'était limite pour m'obliger à moi même de ne plus y toucher ! Mais qui sait ce qu'il se passera le soir de la Bataille finale...
J'avais très envie de donner à Emma cette soudaine envie de dire la vérité... Je vous laisse découvrir la suite dans le dernier chapitre de ce Tome 2, qui s'intitule : Quand tout s'écroule.
A très vite j'espère !
Desea Oreiro
