Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas.

Note : malgré que je reste un peu proche du canon, de plus en plus, je peux voir les différences.


Yuuri était plutôt bien installé derrière Wolfram, il n'était pas bien loin de Conrad, ce qui le laissait parler avec cet homme qu'il considérait vraiment comme son frère dans ce monde. Pas sûr que son véritable aîné sur terre aurait agis de la même manière que le faisait ce soldat. Mais il avait ce côté affectif qu'il trouvait à ces deux personnes. Un côté protecteur aussi. Même s'il savait se défendre, c'était bien plus rassurant.

« Vous êtes frères, je sais, mais je suis vraiment heureux d'avoir découvert Gwen de façon plus détendue. Sans la paperasse et les responsabilités qui vont avec. On voit son coté protecteur, mais aussi sensible. Une personne bien, définitivement. J'espère qu'il trouvera comme on dit dans mon monde, chaussure à son pied.
- Quel drôle d'expression, boulet.
- Sur terre, les chaussures ne sont pas faites sur-mesure… En tout cas, j'éprouve de l'affection pour lui. Malgré qu'il arrive après vous. Si je devais classer... »

Autant dire que sur son échelle, il ne savait comment placer tout ce monde. Mais il savait que ça finirait par s'éclaircir avec le temps. Il n'était pas le malin des rois, pourtant, il tentait de faire de son mieux.

Yuuri regarda les environs, il s'inquiétait de chaque dénivelé, si un ours des sables s'y cachait, les femmes fatiguées des carrières ne pourrait pas lutter contre l'attaque de l'animal. Un bien étrange animal, mais devait-il être rassuré par la présence de Wolfram et Conrad. Ils avaient survécu à une attaque d'une de ces créatures. Donc, elles n'avaient pas à craindre une seconde vague. En tout cas, le chemin qu'il avait fait avec ceux qui l'avait conduit semblait calme, bien loin de ces animaux. Il n'avait aucune raison d'avoir peur. Alors pourquoi il sentait que quelque chose pouvait se passer dans ce désert ? Et comme prévu, un ours des sables fit apparition. C'était si prévisible qu'il roula des yeux. Il sentit le cheval de Wolfram reculer. Pareil du côté de Conrad.

« Pourquoi un ours des sables est ici ?
- Je ne sais pas, mais on doit vous protéger, vous et ces femmes. Je vais voir si elles n'ont rien. Pardon si je m'absente, votre majesté.
- Fait assure-toi qu'elle vont bien.
- C'est peut-être la fuite des soldats de cet endroit qui a réveille cet animal. »

Yuuri se sentit un peu coupable d'avoir provoqué cet événement, mais il savait qu'il avait bien fait de les avoir chassés. Mais il regrettait que cette action pouvait mettre en danger ses mères déjà bien plus fatigué que lui-même. Voulant absolument quelque chose. Il fouilla ses vêtements à la recherche de la flûte qu'il avait cachée dans ses vêtements. Savoir qu'elle pouvait appeler la pluie plus facilement à cause de son affinité forte avec l'eau. Il pourrait faire fuir l'animal sans lui faire mal. Il la trouva et sourit.

« Je vais en sorte qu'il pleuve. Wolfram, s'il plaît, ne fais pas d'embardées trop violentes.
- D'accord, mais fait vite. Je n'aime cette situation. »

Yuuri inspira, quelle musique était la plus appropriée ? Il espérait être à hauteur de ce grand compositeur, qu'il ne ferait pas trop de faute. Il avait bien tête l'air et la créature imaginaire du film tenant un parapluie à un arrêt de bus. Un parapluie de la même couleur des yeux de Wolfram. Il ferma les yeux et commença la mélodie. D'abord timide, elle augmenta progressivement de volume, car le roi se sentait de plus en plus à l'aise avec l'instrument. Ça semblait si facile de jouer de cette flûte. Jamais il ne s'était autant en symbiose avec un objet sur terre. La seule chose à quoi il pouvait comparer, c'était Morgif, son épée. Les deux objets étaient peut-être nés de la même magie. Ce n'était pas impossible, vu que les mazokus vivait des centaines d'années sans que le temps ne les marque comme les humains. Il remercierait son prof de solfège au collège à son retour sur terre. Il était au premier couplet quand une voix se fit entendre. Une voix plutôt enjouée. Il éloigna l'instrument de sa bouche pour voir qui criait ainsi. Deux silhouettes se détachaient au loin. Une plus grande que la seconde, plus de taille humaine. Il haussa un sourcil avant de voir un homme accompagné d'un ours des sables vraiment adorable. Même ses petites oreilles noires étaient baissées, comme si cet animal voulait s'excuser d'une bêtise. Pour le coup avait plus devant les yeux un gros animal qui avait un comportement digne d'un chien de son monde.

« Ryan ?
- Tu le connais, Conrad ?
- On l'a rencontré durant notre périple avec un ours des sables. Je m'attendais pas à la voir ici…
- Il a vraiment apprivoisé cet animal ?
- Oui. J'ignore comment il fait, mais il arrive à les dresser. »

Voilà un étrange homme, mais il n'était pas surpris que ça de sa capacité. Après tout, ce monde était sujet à la magie, il n'était pas à ça près. Un grondement, semblable au tonnerre se fit entendre. Alors qu'il s'attendait à ce que la foudre viennent à frapper le sable créant ainsi des cristaux à cause de la forte chaleur concentrée. Une pluie commençait à tomber, d'abord finement, comme si elle n'osait pas se montrer pour se faire de plus en plus forte. À l'image de cette scène de ce film d'animation. Sauf qu'il n'avait pas de parapluie, et à part un ours des sables, il n'y avait aucune créature étrange. Celle-ci semblait amicale.

« C'est un miracle, il pleut ! »

Ils étaient si proches de la ville que la plupart des habitants couraient sous la trombe d'eau en riant. Semblant avoir attendu une averse depuis des années. Hommes et femmes riaient sous cette eau. Celle qu'avait invoquée Yuuri. Son affinité avec l'eau avait permis à ce que le premier couplet suffit à faire tomber la pluie. Il tendit les mains. C'était lui qui avait fait que le temps change. Que le désert sans eau laisse place à une averse digne de la mousson. Une part de lui se sentait fier. Pour peu, il aurait presque embrassé Wolfram, mais il ne le ferait pas. Trop de monde.

Nicola comme les autres femmes riait, Gwen se contentait de sourire. Il tournait vers Conrad et descendit de son cheval pour s'approcher doucement de l'ours apprivoisé. Il était impressionnant et mignon. Vraiment mignon. Il avait envie de le câliner. C'est son bon sens qui l'empêchait d'agir. Yuuri était raisonnable.

« Donc voici Ryan, le dresseur d'ours des sables. Il a réussi à dresser totalement ou presque ce féroce animal en cinq jours.
- Je suis impressionné. »

L'homme était gêné, mais grâce à son affinité avec l'animal, il conduisait le groupe et quelques femmes dans les tunnels qui les mèneront au Shin Makoku plus rapidement et surtout bien loin des soldats qui surveillaient l'endroit jalousement. Ils purent rapidement trouver le port et rejoindre Gunter qui était resté de l'autre coté de la rive. L'homme le serra et fit son discours habituel qui exprimait son inquiétude profonde pour son souverain. La traversée les avait laissé trempée, comme si la pluie voulait suivre son invocateur. De retour dans ce château, il se changea et remit son uniforme scolaire noir ou une des imitation faites par les mazokus du château du serment de sang. La copie était si parfaite qu'il avait déjà porté l'uniforme confectionné dans ce monde pour l'autre.

Par contre, il ne savait pas ce qu'était devenu le fiancé de Nicola. Elle était belle dans les robes de mazoku, assez large pour permettre à un enfant de grandir à l'intérieur d'elle. Il rit doucement avant de venir à lui en lui prenant la main. Faisant grogner Wolfram au passage.

« Je vais nommer mon enfant d'après votre, Yuri. »

Ce n'était pas exactement le même prénom, mais il était touché par cette attention. Il avait forte impression à femme. Par contre, il n'avait pas remarqué le changement de vêtements de Gunter. Il portait un t-shirt foncé qui laissait à vue de tous son nombril.

« Gunther, c'est quoi ces vêtements ?
- J'ai copié les vêtements de sa majesté.
- C'est vrai, c'est les mêmes, cependant, il fallait adapter la taille pour qu'elle soit mieux sur vous.
- J'ai appris que vous avez pu jouer de la flûte, c'est fantastique. Je retirer ces leçons de mon instruction.
- C'est juste que les Japonais sont entraînés des années à jouer cet instrument.
- Incroyable !
- S'il vous plaît, Gunter, changez-vous... »

L'homme parti en faisant des étincelles et laissa le reste du groupe seul avec Yuuri. Conrad sourit et tendit une peluche tricoté. Elle était très mignonne, des oreilles de chat et un nez de cochon. Il savait pas à quoi pouvait ressembler tel ou tel animal ici. Donc il préférait poser la question...

« Qu'est-ce que c'est ?
- C'est un cadeau de Gwendal.
- Elle est très mignonne ? C'est un très beau… Cochon ?
- Je pense que c'est supposé être un lion blanc.
- Ce qui explique sa couleur immaculé…
- Il me donne cette peluche ?
- Oui, elle vous appartient à présent et c'est une fille.
- Donc elle se nommera Leona. »

L'animal garnirait un des meubles de la chambre. Il savait que s'il était sur son lit, elle finirait par être dégagée par un Wolfram des plus jaloux. En parlant de lui, il devait faire quelque chose. Il s'approcha de son fiancé et pris sa main pour le sortir de cette pièce trop occupée. Une fois en dehors, il souffla doucement.

« Désolé, mais j'aimerais qu'on prenne un bain ensemble. Voilà une invitation imprévue, mais ça me plaît. Je vais prendre de quoi se laver tous les deux dans notre chambre. »

Le mazoku blond parti à la vitesse de l'éclair récupérer, il ne savait quoi dans la chambre. Il avait sûrement attendu ce genre de moments entre eux. Mais il n'avait pas été des plus réceptifs. Bien sûr, il se laverait chacun de leur côté. Embrasser, c'était une étape, laver l'autre, il n'était pas encore paré pour ça. Il voulait juste un moment entre eux. Afin de resserrer leurs liens.

« Me revoici, tu ne m'as pas trop attendu ?
- Non.
- J'aurai jamais cru que m'invite si tôt à prendre notre bain ensemble. J'ai même pris un canard en plastique. Il es mignon ?
- Euh, mais on ne se lave pas, s'il te plaît, c'est déjà assez gênant pour moi d'être seul et tout nu dans une même pièce.
- Je ne t'approcherai pas plus que nécessaire.
- Parfait ! »

Yuuri prit la main de Wolfram et le conduisait dans la pièce prévue pour les maohs. Voilà un moment qu'il ne s'était pas lavé dans cette pièce et elle lui plaisait toujours autant. Si tout était redevenu à la normale, il devait tester quelque chose avant de plonger dans le bain avec Wolfram.

« Pardon, je dois essayer... »

Il prit son élan et plongea tout habillé dans l'eau. Mais rien. Il n'était pas passé dans l'autre monde. Il pouvait se laver sans risquer d'être aspiré par le trou dimensionnel. Il refit surface.

« Qu'est qui se passe ?
- Je voulais savoir si le passage entre le monde où j'ai vécu et ici était relié.
- Dans ce cas, je saute aussi. »

Aussitôt dit, aussitôt fait. Le mazoku blond sauta et rejoignait Yuuri tout habillé dans l'eau tiède. Il serra contre lui le souverain de ces terres. Le maoh ne pouvait pas emporter Wolfram avec lui. Bien qu'il aimerait voir la réaction de sa mère face à ce garçon. Mais ce n'était pas le moment.

« Je ne peux pas rentrer sur terre, ma maison.
- Ta maison, c'est aussi ici, boulet. Ne l'oublie pas.
- Je sais, mais j'ai encore beaucoup de choses à faire sur terre. Et ce monde m'est pas mal étranger.
- Je peux comprendre, mais n'oublie pas à quel point, tu comptes pour nous tous. Pour l'avenir de ces terres.
- Je sais…
- Si tu ne dois pas rentrer maintenant, c'est que tu as encore quelque chose à faire ici. Je ne pense pas que la prêtresse te retient ici pour son simple plaisir. Ça demande beaucoup de pouvoir de créer un passage.
- J'aimerais revoir ma famille…
- Elle te manque, c'est normal... »

Yuuri posa un bref baiser sur les lèvres sur celles de Wolfram. Il le serra à son tour. Vivre entre deux mondes devenait dur, mais il ne pouvait pas nier son attachement envers les gens d'ici. Embrasser ce garçon était preuve parmi tant d'autres.

« Tu va apprendre un peu plus à être un maoh, et ainsi soulager un Gwen de son travail. N'aie pas peur. Gunter, Gwen et moi-même nous t'apprendrons ce qu'il faut. Je sais que Conrad va poursuivre ses leçons d'escrime. Maîtriser Morgif sera mieux avec de bonnes bases.
- C'est beaucoup, je veux vivre ma vie tranquille, jouer au baseball, discuter avec Murata et mon grand frère, je dois lui manquer. Je ne sais pas combien de temps de là-bas, je suis parti… Mais ils vont finir par s'en faire. Je ne veux pas les abandonner, pas sans leur avoir dit que j'allais vivre ailleurs. Pas avant d'avoir eu mon diplôme… »

Wolfram ne disait rien, il caressait ses cheveux sombres. Yuuri était content qu'il se taise. Qu'il puisse dire ce qu'il avait sur le cœur à ce garçon. Oui, il avait un sale caractère. Mais c'était un homme gentil dans le fond et profondément protecteur avec ceux qu'il aimait. Et il devait se compter dans cette protection. Il soupirait doucement et serra les vêtements trempés de son fiancé.

« Je sais que tu t'inquiètes pour ceux que tu as laissé, car tu es comme ça. Tu penses un peu trop aux autres et peu à toi. Tu devrais plus écouter ce que te dit ton âme. C'est elle qui te fait rester un peu plus parmi nous. La magie fait en sorte de protéger. Jamais un mazoku n'a été autant protégé par elle, si on oublie le premier maoh dont tu es la réincarnation. Mais je me fiche bien du premier maoh. C'est toi qui comptes. Tu ne peux pas fuir tes responsabilités. Quel genre de roi veux-tu être pour ce peuple ? C'est tout ce que je te demande. Je ne veux pas que tu me mentes. Je suis même paré à me montrer moins collant s'il faut. Je veux que tu cherches cette solution qui est en toi. Prends le temps d'y réfléchir durant ton bain et la suite s'il faut. Je serai là si tu as besoin de bras pour t'y réfugier. Maintenant qu'on s'est embrassés, je ne vais pas te lâcher. Prends-le comme tu veux. Mais mon attachement est véritable. Malgré que tu restes un boulet. On te suivre, moi et mes frères. »

Il le savait, mais l'entendre alors qu'il restait dans ce monde pour une raison inconnue, c'était autre chose. Il avait peur, peur de ce qu'il pourrait découvrir dans le passé, présent et avenir des mazokus. Profondément peur.