Chers lecteurs ! Bien le bonjour ! Bon 14 juillet à vous toutes et tous !
Nous sommes navrées d'être en retard pour ce nouveau chapitre.
Nous vous informons que nous allons procéder à une petite pause pour cet été. Le prochain chapitre ne sera posté qu'en août (aucune date précise) mais rassurez-vous ! Nous continuons à écrire la suite. Nous comptons sur votre patience.
Merci encore à vous tous qui attendez la suite avec engouement et êtes joyeux de nous lire. C'est réellement gratifiant de voir que notre travail est apprécié.
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Belle lecture à vous. On se retrouve en bas.
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Chapitre 27 : Tous les moyens sont bons pour vaincre.
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Tout le Q.G était encore endormi sauf le duo d'or. Les deux amis se retrouvèrent dans la cuisine pour préparer le petit déjeuner. La jolie brune s'affairait à la préparation des pancakes, façon moldue. De son côté, Harry préparait le thé et le café.
« Tu n'arrêtes pas de bailler, remarqua l'Elu.
« Je n'ai pas beaucoup dormi, avoua-t-elle. J'ai commencé… euhm… à préparer la potion Tue-loup, bredouilla-t-elle. »
Ce n'était pas un véritable mensonge. Elle avait bel et bien commencé la potion, avant d'être interrompue par un certain… Malefoy. Ce dernier fit son entrée, accompagné de Luna, alors qu'Harry et Hermione s'étaient attablés.
« Si tu me laisses dormir pendant que tu prépares le petit déjeuner tous les matins, je vais vite m'y habituer, déclara-t-il en venant s'asseoir aux côtés de son amante. »
Il glissa une main douce dans son dos, caressant au passage ses longs cheveux bruns puis déposa un léger baiser sur ses lèvres. Harry, n'étant pas encore habitué à les voir ensemble, les dévisageait sans s'en rendre compte. Le couple remarqua son expression stupéfaite et ne put réprimer un éclat de rire. Son expression leur rappelait celle d'Otto, plus tôt dans la nuit.
« Qu'est-ce qui vous fait rire comme ça ? Demanda-t-il en souriant, leur rire l'ayant atteint.
« Tu nous rappelles la tête d'Otto ! s'esclaffa Hermione, des larmes aux yeux.
« Comment ça ?
« Impossible de trouver un endroit intime dans cette maison, confia le Serpentard. »
Harry, comprenant qu'ils s'étaient encore fais interrompre, les suivit dans leur hilarité.
« Deux sorciers comme vous devraient connaître le sort de verrouillage de porte. Et sinon, au pire, il existe un truc qu'on appelle : une clé, nargua le Gryffondor.
« Il était deux heure du matin ! On pensait être seuls dans la serre ! Justifia Hermione, vexée qu'il doute de sa jugeote.
« Oh, et je pensais que tu préparais une potion, renchérit-il, amusé.
« Arrêtes, souffla Draco à Hermione. Tu t'enfonces…
« Quelqu'un veut un chocogrenouille ? Demanda la voix fluette de Luna, qui n'avait même pas suivi leur échange. »
A ce mot, le couple explosa littéralement de rire. La Serdaigle les regarda comme s'ils venaient d'un autre monde, alors que d'ordinaire, c'était elle qui l'on regardait de cette manière. Le survivant les observait joyeusement, heureux pour sa meilleure amie.
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Après ce moment de complicité entre les anciens élèves de Poudlard, les deux rouges et or allèrent s'isoler, comme à leur habitude, dans la bibliothèque. Les deux sorciers s'installèrent sur le sofa.
« Je t'écoute, dirent-ils d'une même voix. »
Ils se sourirent. Il n'y avait pas à dire : ils étaient toujours sur la même longueur d'onde.
« Honneur aux dames. »
Elle déplia le parchemin de leur meilleur ami et se mit à le lire à haute voix :
« Très cher Harry, et très chère Hermione… Il n'est pas aussi gentleman que toi, Harry, s'interrompit-elle, agacée par son manque de politesse. »
Le regard émeraude d'Harry la poussa à continuer.
« J'espère que vous vous en sortez sans moi. Ici, tout se passe très bien. C'est plus amusement que je ne l'aurais cru d'être dans la peau d'un Serpentard. Sauf, bien sûr, en ce qui concerne leurs dortoirs. Dormir sous le lac, ça fiche la trouille. Harry, heureusement que tu n'as pas fini à Serpentard… Viens-en au faite Ron, lança la jeune femme, exaspérée par ces futilités. J'espère que la nourriture de Poudlard ne vous manque pas trop. En tout cas, j'en profite pour vous… »
La jolie brune releva la tête vers son ami, de plus en plus irritée.
« C'est vraiment un estomac sur pattes !
« Oh, je mangerais bien une part de tarte à la mélasse, se dit Harry, l'air rêveur. »
N'y tenant plus, la Gryffondor mit un coup de parchemin sur la tête de son ami.
« Vous vous êtes bien trouvé tous les deux ! Je me demande ce que je fais avec vous deux ? Plaisanta-t-elle alors que l'Elu était complètement hilare. »
La sorcière reprit sa lecture en survolant les passages non importants.
« Gniagniagnia… Poudlar n'a pas été décoré pour noël...Gniagniagnia…Parkinson est plutôt mignone…Gniagniagnia…Lavande pleure ma mort…Gniagniagnia….Helena Serdaigle est une vrai furie… Ahh ! Enfin ! S'exclama la née-moldue. Elle hait les Serpentard, je n'ai rien pu en tirer. Heureusement Zabini m'a parlé du Baron Sanglant. Vous saviez qu'il était le fiancé d'Helena ?»
Hermione, dépitée, releva la tête du parchemin.
« Combien de fois je lui ai dit de lire l'Histoire de Poudlard, s'agaça-t-elle. C'est écrit dedans !
« Mione, continues, s'il te plaît, la pria gentiment Harry.
« Oui mais tout de même, insista-t-elle, s'il l'avait lu, il n'aurait pas perdu de temps.
« Toi, tu connais l'Histoire de Poudlard par-cœur et tu n'y as pas pensé, lui fit remarquer celui-qui-a-survécu.
« Oui…Bon…Je n'y ai pas pensé, admit-elle. Lorsque j'ai enfin trouvé le Baron Sanglant, reprit-elle à la lecture, il a accepté de me révéler leur secret à lui et sa fiancée. Mahalla Vilës n'est pas un objet…Mais ça, je le savais, déclara la jolie brune en interrompant une énième fois sa lecture. Il s'agit d'une région forestière d'Albanie. »
Les deux amis se regardèrent. Tout se mettait en place. Les images qu'avait pu intercepter Draco concordaient avec cette révélation. Les deux Gryffondor restèrent silencieux, plongés dans leurs pensées. Tout à coup, brisant ce silence, Harry bondit du sofa, faisant sursauter Hermione.
« Mais oui ! Hier soir, avant de vous rejoindre dans le salon, j'ai eu une vision. Et je sais ce que tu vas dire, Hermione, enchaîna-t-il en voyant son regard réprobateur, mais ça va nous permettre de trouver l'endroit exact plus facilement. Jédusor se trouvait dans une forêt, devant l'entrée d'une grotte, avec Nagini. Le serpent lui a confessé en Fourchelang que les pièges étaient en place et que personne n'y survivrait. Puis Tom a dit au serpent qu'il fallait le protéger… Mais de quoi ?
« Mais bien sûr, Harry ! S'écria-t-elle. C'est tellement évident, il ne se sépare jamais du serpent.
« C'est un Horcruxe, dirent-ils à l'unisson. Comment j'ai pu passer à côté de ça? continua l'Elu. Tu as tellement plus de jugeote que moi…
« Mais pas assez pour verrouiller une porte, d'après tes dires de ce matin, rigola-t-elle.
« Je viens de me rappeler d'un détail, reprit le jeune homme sans tenir compte de sa réflexion. Près de l'entrée de la grotte, j'ai eu le temps de voir qu'il y avait un sentier et un panneau.
« Ce n'est pas assez pour trouver l'endroit exact… »
Harry était bien d'accord avec elle et dû redoubler d'efforts pour essayer de se souvenir. Au bout de quelques secondes, il rouvrit ses beaux yeux verts.
« Vilzë, 1 km, cita-t-il dans un souffle. Hermione ! Reprit-il d'une voix plus forte. Il y a une ville ou un village qui se nomme Vilzë en Albanie et c'est à un kilomètre de la grotte.
« Je vais pouvoir faire des recherches sur l'ordinateur que possède Otto, annonça la jeune femme, toute excitée.
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« Excusez-moi de vous déranger, intervint la voix de Rémus alors qu'il venait d'entrer dans la bibliothèque. Je tenais à m'excuser pour mon erreur de l'autre soir, commença-t-il en s'approchant.
« C'est plutôt auprès de Malefoy qu'il faudrait s'excuser. C'est lui qui a failli se faire déchiqueter.
« C'est déjà fait, Harry, indiqua l'ancien professeur. Je ne pensais pas être capable d'une telle négligence…
« On fait tous des erreurs, intervint timidement Hermione. Ne vous en voulez pas autant. Je vais tout faire pour que vous ayez votre potion à chaque pleine lune.
« C'est ce que faisait Rogue pour vous ? Interrogea Harry d'un ton sec. Malgré ce que vous lui avez fait quand vous étiez à Poudlard…
« Tu n'y étais pas, Harry, répliqua le sorcier, ne comprenant pas où il voulait en venir. Chacun à sa propre version des faits…
« Je ne crois pas qu'il se soit amusé à modifier chacun de ses souvenirs ! Trancha le jeune Potter. Il était le meilleur ami de ma mère. Ils étaient heureux ensemble et…
« Séverus était un garçon aux idées sombres. Il…
« Séverus était un garçon gentil ! Il aurait fait n'importe quoi pour la protéger ! S'il a basculé, c'est parce qu'il a perdu l'amitié de ma mère et c'est entièrement de votre faute !
« Harry…, tenta Hermione dans l'espoir de le calmer.
« Comment peut-on agir de la sorte ?! S'emporta le Gryffondor. »
Sa meilleure amie ne savait pas ce qu'il avait vu mais ce qu'elle comprenait, c'est que si elle avait perdu l'amitié d'Harry, elle ne pouvait imaginer comment elle aurait fini. Elle aussi était rejetée par les autres lors de leur première année à Poudlard…
« Nous étions enfants, Harry. Nous n'avions pas conscience du mal que nous pouvions faire…, s'excusa le Lycanthrope.
« Si vous aviez été différents avec lui, tout aurait pu être différent…
« Certainement, mais qui peut le savoir ? Ce dont je suis certain, c'est que l'amour entre Lilly et James était sincère et indéfectible. Il n'aurait jamais pu en être autrement entre eux. Ton père n'a pas été tendre avec Séverus parce qu'il le voyait comme un rival. James savait qu'il était amoureux d'elle et comme n'importe quel adolescent, l'attaque était la meilleure défense.
« J'ai encore du mal à le comprendre. Pendant des années, j'ai cru qu'il était un ennemi. Le professeur de potions ténébreux qui faisait peur à bon nombre d'élèves… Le Mangemort le plus proche de l'Autre taré… Celui qui a tué Dumbledore… Au final, ce n'était qu'un homme meurtri d'avoir perdu la seule personne qui comptait dans sa vie…
« Lilly ne l'aimait pas de cette façon, Harry, fit remarquer le Loup-garou.
« Il était prêt à conserver l'amitié avec ma maman, mais vous l'avez tellement rabaissé et mis à mal qu'il ne pouvait pas l'accepter. »
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Hermione, simple spectatrice de leur échange, était émue d'entendre tout ça sur leur ancien professeur de potions. Tout s'éclairer quant à l'attitude que cet homme, si mystérieux, avait eu depuis plusieurs années. La façon dont il regardait Harry, parce qu'il a les yeux de sa mère et la façon dont il lui parlait lorsqu'il agissait comme son père. C'était un homme terriblement blessé…
« Harry, reprit Rémus après un long silence, je voulais te demander quelque chose, un service. Ta façon de voir les choses, de réagir, ta maturité, me conforte dans cette décision. Cela nous tient très à cœur, à Dora et moi. Accepterais-tu d'être le parrain de notre fils ? »
Le jeune homme se sentit honoré d'un tel privilège. Dans d'autres circonstances, il aurait accepté sans même y réfléchir une seule seconde. Mais il se savait condamné…
« Pourrons-nous en reparler quand la Guerre sera finie ? Demanda Harry, très gêné. »
Il ne voulait pas simplement refuser et risquer de le blesser.
« Euh… oui… bien sûr…, bredouilla le sorcier, l'air déçu. »
Il s'en alla de la bibliothèque après leur avoir fait un faible sourire et Hermione fondit sur Harry.
« Mais pourquoi tu n'as pas accepté ?!
« On est en Guerre, Hermione. Je préfère ne pas avoir de responsabilités en plus, surtout qu'on ne sait pas combien de temps elle va durer. Après cette fichue Guerre…, j'accepterai volontiers, dit-il alors qu'un voile de tristesse passait dans ses yeux. »
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Le beau Serpentard italien regardait distraitement passer les jolies filles, assis sur la pierre gelée du château. Son air rêveur ne passa pas inaperçu et Blaise vint le bousculer nonchalamment.
« Arrêtes un peu de faire ton Weasley, lui chuchota-t-il.
« En même temps…, soupira le Weasley masqué.
« Tu peux mater, mais il faut le faire avec un peu plus de classe, expliqua le métis. Regardes-le maître à l'œuvre, lança-t-il alors qu'une jolie rousse arrivait à leur hauteur. »
Blaise gonfla légèrement son torse et jeta son regard de braise sur la jeune femme. Il lui dévoila ses belles dents blanches dans un sourire séducteur. Il la dévisagea de haut en bas avant de mimer un « Ohhh » avec ses lèvres pulpeuses.
L'observée le remarqua et s'arrêta devant lui. Elle le dévisagea à son tour, un sourcil haussé. Ginny était partagé entre amusement et agacement.
« Non, mais, oh ! S'écria-t-elle après avoir remarqué que son frère, déguisé sous les traits d'un italien, la relookait tout autant. »
Le jeune Zabini éclata d'un rire grave et Ginny ne put s'empêcher de le regarder. Il avait un tel sourire, de si belles lèvres… La Gryffondor secoua la tête à cette pensée, l'air décontenancé. Ne pouvait-elle pas pensé à Harry ? A Harry, bon sang ! Elle se gifla mentalement puis se détourna vivement des Serpentard, priant qu'ils n'aient pas trop attiré l'attention sur eux. A son grand désarroi, l'échange n'avait pas échappé aux yeux clairs de la jolie Pansy Parkinson. Celle-ci lança un sourire narquois à la rouquine qui venait à sa rencontre. La joueuse de Quidditch n'hésita pas à lui balancer un coup d'épaule au passage.
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Entre temps, la professeure de métamorphose avait eu le temps de rejoindre les deux verts et argent, toujours hilares. La vieille sorcière les observa un instant de son regard glacial habituel, les lèvres pincées. Elle tapota avec un parchemin sur l'épaule du jeune Violenti.
« On ne vous dérange pas trop ? Demanda-t-elle.
« Oh, bonjour professeure, lança le métis avant de s'éclipser, laissant son camarade seul se débrouiller.
« Buon…giorno, articula ce dernier, se sentant un peu bête.
« C'est pour vous, dit-elle sèchement en lui tendant le parchemin avec lequel elle l'avait interpellé. Je pense qu'il serait peut-être temps pour vous d'aller en cours, ajouta-t-elle, exaspérée. »
McGonagall partie, le jeune homme put dérouler le papier et le lire. Hermione le remerciait très chaleureusement pour son efficacité et lui priait cordialement d'être plus bref la prochaine fois. Ils le recontacteraient pour le départ. Il devait se tenir prêt à partir à tout moment.
Le Serpentard se dirigea vers le septième étage pour assister à son cours de potions. Lavande Brown, juste devant lui, patientait distraitement dans la file d'élèves se tenant devant la salle. Il se pencha légèrement vers elle et lui souffla doucement dans la nuque.
« Je suis encore là, dit-il dans un soupire à peine audible à son oreille. »
La blondinette se figea de stupeur et avant qu'elle n'ait pu se retourner vers l'auteur de son désarroi, Slughorn avait ouvert la porte et Alessandro fit mine qu'il venait d'arriver. Il lui lança un regard intrigué alors qu'elle s'était retournée, toute tremblante. Il la dépassa et se mit à rire silencieusement, fier de sa blague. S'il devait continuer à étudier alors qu'il était censé être mort, autant qu'il s'amuse un peu.
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Le professeur leur demanda de préparer un baume de réparation des chairs. L'homme alla s'asseoir à son bureau et Ron remarqua qu'il n'avait pas l'air dans son assiette. Ses yeux témoignaient d'une grande fatigue mais également d'une grande peur. Le cours se déroula sans que le professeur ne bouge, prostré sur son siège, l'air ailleurs. D'ordinaire, le sorcier aimait échanger avec ses élèves, se baladait entre les tables de travail. L'humeur maussade du professeur n'échappa à personne et des discussions sur lui fusèrent lorsque les élèves quittèrent la salle à la fin du cours.
Le jeune Weasley fit mine de ne pas réussir à nettoyer bien son chaudron et resta un peu plus longtemps. Slughorn n'avait rien remarqué, pas même quand le Serpentard s'avança vers lui.
« Professeur ? Monsieur ? Insista l'italien.
« Oui, Tom… Monsieur Vio… Violen…
« Alessandro, ça ira, intervint le jeune homme, voyant l'embarras du vieil homme. Je ne vais pas vous déranger longtemps, mais il faudra qu'on se tienne prêt à me faire sortir.
« Oh… C'est risqué, reprit Slughorn, plus sérieux soudain. Non, dit-il franchement en se redressant sur son siège. C'est impossible. Trop dangereux, s'empressa-t-il d'ajouter, comme prit de panique.
« Comment ça ? Rogue le faisait bien.
« Je ne veux pas finir comme lui.
« On va finir tous comme lui si vous ne faites pas ce qu'il faut pour qu'on mène notre mission à bien ! Renchérit le métamorphosé, l'air ahuri. Vous avez qu'à dire que j'ai des soucis de santé, un souci familial. Vous trouverez bien quelque chose.
« Vous ne savez pas à quel point Il est devenu puissant et cruel, soupira le professeur en s'affaissant à nouveau dans son siège.
« Si, affirma le jeune homme. Je le sais très bien. C'est pour ça qu'il faut l'anéantir.
« Je sais ce que vous faites, reprit le vieil homme en posant son regard larmoyant vers le Serpentard.
« Ouais, lâcha Ron, son regard à lui, devenu plus dur. C'est un peu de votre faute tout ça… »
A ces mots, le sorcier s'avachit encore plus, le souffle court. Il n'osa pas croiser à nouveau les yeux foncés de l'italien et n'eut pour toute réponse qu'un hochement de tête.
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Revenir en ces lieux, lui retournait l'estomac. Draco mit un certain temps à se décider à passer le portail. Le souvenir de la torture de son parrain avait pris toute la place dans son esprit. Il voulait le détruire, ce satané manoir. Il se promit de le réduire en cendres une fois la Guerre finie. Les poings serrés, les traits de son visage tendus, il fit un pas à l'intérieur à peine la porte d'entrée ouverte. Il fut surpris que ce soit Théodore Nott qui lui ouvre.
« T'es pas censé être à Poudlard, toi ? Interrogea le fils Malefoy, acerbe.
« T'es pas censé chercher le Q.G de l'Ordre ? Répliqua le fils Nott, tout aussi piquant.
« Le Maître t'a à la bonne à ce que je vois, remarqua Draco en pointant du menton sa main bandée.
« Pas autant que toi, railla Théodore, une lueur de défi dans les yeux.
« Nous qui étions amis avant… Je ne comprends pas cet éloignement, ironisa le beau blond.
« Faut croire que les temps changent. Que de nouvelles alliances se forment, supposa le partisan du mal, prêt à bondir sur la moindre faille que pourrait lui offrir son homologue. »
Mais il aurait beau en chercher pendant des heures, c'était mal connaître l'héritier de ce manoir. Devenu maître dans l'art de cacher ses secrets, son esprit était imprenable. Sans répondre, il poursuivit son chemin vers le grand escalier de marbre qui trônait au centre de l'entrée. Les deux hommes savaient, l'un comme l'autre, qu'ils n'en resteraient pas là…
Arrivé dans la salle à manger, il ne put s'empêcher de baisser les yeux vers l'endroit où son parrain avait rendu son dernier souffle. La voix stridente de sa tante le sortit vivement de sa contemplation.
« De bonnes nouvelles ?
« Je les donnerais au Seigneur des ténèbres.
« Il a disparu, soupira Bellatrix de sa voix enfantine, l'air désespéré. Depuis qu'il a donné ses derniers ordres, il attend dans l'ombre, ajouta-t-elle sombrement.
« Nous savons ce que nous avons à faire. Nous ne devons pas le déranger pour rien. Ce serait lui faire perdre son temps.
« Ne fais pas comme si tu savais mieux que nous comment agir ! S'écria la folle en crispant ses grands yeux noirs. »
Le neveu de cette excentrique sentit son thorax se compressé et comprit ce qu'elle faisait. Il fit son maximum pour ne rien laisser paraître de la douleur qui lui remontait dans la gorge.
« Tu y résistes de mieux en mieux, constata-t-elle. Bravo, Draco, susurra-t-elle en l'applaudissant grossièrement.
« Ou peut-être que tes Doloris sont pas assez puissants, nargua-t-il. Fais gaffe à ce que ton rôle de garde chiens ne te monte pas trop à la tête. Ne te prends pas pour ce que tu ne seras jamais, ajouta-t-il avant de tourner les talons. »
Comme le jeune Malefoy s'y était attendu, sa tante lui relança un Doloris, formulé cette fois, et il put le repousser avec un Protego informulé. Sans lui adresser le moindre regard, il quitta cette pièce à l'ambiance nauséabonde. Une voix faible et une lumière au fond du couloir de gauche attirèrent l'attention du sang-pur.
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Depuis la perte de son mari, Narcissa Malefoy se laissait dépérir et ne faisait plus d'efforts pour son apparence. Ses yeux vides n'avaient plus de larmes. Elle avait perdu l'espoir d'un avenir glorieux, radieux, en présence de son fils. Son fils qui lui tourné le dos alors qu'elle avait tant besoin de lui. Mais pouvait-elle le lui reprocher ? Rongée par ses remords, elle ne savait plus comment continuer.
« Mère ? »
Ce mot, à lui seul, fit tressaillir le cœur de Narcissa. Elle se leva du fauteuil dans lequel elle s'était recroquevillée puis s'avança vers son garçon pour le serrer. S'il lui restait le moindre espoir, c'était en lui qu'il résidait. Draco accepta le câlin malgré sa surprise, peu habitué à ce genre de démonstration d'affection depuis son entrée à Poudlard.
« Vous faites une grève de la faim ? Interrogea-t-il en constatant sa maigreur maladive.
« Tu m'as tellement manqué ! Vivement que ta mission se termine. Une fois accomplie, tu seras de retour auprès de moi. N'est-ce pas ? Insista-t-elle en voyant une grimace sur le visage de son fils.
« Vous pensez vraiment que ce sera aussi simple ? Une fois cette mission accomplie, une autre m'attendra. Vous croyez vraiment que je veux revenir vivre ici, dans cet endroit macabre ? Renchérit-il alors qu'il s'était avancé dans la petit pièce, le dos tourné à sa matriarche.
« Mais c'est chez nous, ici…
« Non. C'est chez Lui, coupa-t-il sans se retourner.
« Alors tu vas me laisser seule ici. Ton père n'aurait pas accepté ça. Il t'a inculqué les valeurs de notre famille et toi, tu les bafoues comme ça !
« Les valeurs ? Quelles valeurs ? Et quelle famille ?! S'emporta-t-il, en lui faisant à nouveau face. La seule chose qu'il m'ait apprise, c'est d'encaisser ses Doloris sans broncher. Il n'hésitait pas à m'en lancer, pour un oui, pour un non. Que faisiez-vous pendant ce temps ? Cracha-t-il, exacerbé. »
La femme se mit à pleurer à chaudes larmes, épuisée. Draco vit qu'elle allait s'effondrer et s'empressa de la rattraper. Cette vision d'elle lui pinça le cœur et le poussa à se radoucir. Il l'accompagna avec précaution jusqu'à son fauteuil.
« Vous me faites confiance, mère ?
« Ou…oui… Bégaya-t-elle, encore submergée.
« Alors venez avec moi, commença-t-il. Suivez-moi et nous serons la famille unie que vous souhaitez.
« Que… Que veux-tu dire, Draco ?
« J'ai enfin trouvé ma place, dit-il doucement, sentant un poids s'enlever peu à peu de ses épaules. Et elle n'est pas ici. »
Narcissa releva ses yeux humides vers son enfant et lut dans son regard ce qu'il insinuait.
« Ne me dis pas que… Tu n'as pas… Dis-moi que je me trompe.
« Il n'y a qu'avec Sa mort que nous pourrons envisager un avenir. Vous pensez vraiment que s'Il vainc Potter, la Guerre s'arrêtera ? Il voudra conquérir le Monde.
« Notre famille le sert et continuera à le servir, répondit-elle machinalement.
« C'est votre décision ? »
La femme acquiesça brièvement, son visage envahit par une peur trop grande pour la cacher.
« Alors, je ne suis plus de votre famille, déclara le jeune sorcier en se redressant. »
Il quitta le petit salon de sa mère d'un pas assuré. Malgré son rejet, il savait qu'elle ne le trahirait jamais. Il restait son fils, son sang, la chair de sa chair.
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Arrivés depuis quelques jours, les jumeaux Weasley étaient mis à rudes épreuves par leur frère Charlie et son entraînement.
« Alors les filles ! On fait une pause parce qu'on s'est cassé un ongle ? Nargua leur aîné, amusé. C'est pas en restant votre cul posé que vous allez y arriver. »
Il se mit à frapper dans ses mains pour les pousser à bouger.
« Allez les p'tits Boursouflets ! On s'y remet ! Claironna-t-il en se dandinant.
« Ouais, ouais ! C'est bon ! Rouspéta Fred, ou Georges.
« Ton entraînement va nous tuer ! On va devenir des Inferis et on va venir botter ton p'tit cul ! Rétorqua Georges, ou Fred.
« Même en Inferis, vous ne toucherez pas à mon joli petit cul. Allez, reprit Charlie, si vous réussissez l'exercice, je paie ma tournée ! »
Les deux rouquins, bien amochés, se levèrent péniblement. Alors que l'un boitait, l'autre avait la tête et son oreille gauche bandées. Les doubles passèrent devant Gimli, qui supervisait également. Ce dernier secoua la tête en les regardant, l'air exaspéré.
Les jeunes Weasley se demandaient s'ils n'allaient pas finir en momie avant la fin de ce stage. Mais ils devaient tenir le coup, beaucoup de gens comptait sur eux.
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Le soir venu, une pièce dans la demeure d'Otto avait été aménagée spécialement pour les entraînements au combat. Alors que les jeunes sorciers se rassemblaient dans cette large salle, Draco remarqua l'absence de sa moitié. Il lança un regard au meilleur ami de cette dernière, mais il n'avait pas l'air de savoir où Hermione était. Le Serpentard, impatient de commencer, alla la chercher.
La jeune femme, toujours aussi perfectionniste, n'avait pas bougé du cabanon, devant son chaudron. Les cheveux ébouriffés, elle triturait la chevalière de Salazar accrochée à son cou, les yeux dans le vide.
« J'aime que tu portes mes couleurs, souffla Draco avant de lui déposer un doux baiser sur la tempe. »
La belle sursauta en l'entendant, ne l'ayant même pas vu entrer. Il se plaça derrière elle et l'encercla de ses bras. Il posa son menton sur son épaule et jeta son regard sur la préparation qui avait une teinte mauve.
« Tu t'en sors avec cette potion ? Je sais qu'elle est très compliquée. »
Hermione se retourna doucement pour voir son visage. Elle plongea ses yeux noisettes dans ses yeux gris et y décela de la peine. Elle fronça légèrement les sourcils.
« Tu sais que si tu as besoin de parler, je suis là.
« Je n'aime pas que tu puisses déjà lire en moi, comme ça, avoua-t-il. Je n'y manquerai pas, ajouta-t-il avant de lui embrasser le front. On nous attend, souffla-t-il, ses lèvres toujours posées contre son front. »
Il continua à lui faire de petits baisers sur le visage, la chatouillant. Il finit par attraper ses lèvres avec plus d'intensité.
« Il faut qu'on y aille…, articula Hermione entre deux baisers chauds.
« Oui… »
Ils finirent par se séparer, à contre cœur, et sortirent de la serre pour rejoindre la maison, main dans la main.
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Luna leur sourit largement en les voyant arriver et, à l'étonnement de la belle brune, Harry aussi. Elle ne s'attarda pas sur ce détail et écouta ce qu'il avait à dire.
« Bien, entama l'Elu, nous sommes tous là. Nous allons pouvoir entamer les entraînements. Comme l'ont proposé Malefoy et Zabini, nous allons explorer la magie noire.
« Est-ce que vous en connaissez ? Demanda Draco, après avoir fait un signe de tête à Harry.
« Il y a le sort qu'a utilisé Blaise, intervint Hermione. Os obtusum. »
Les jeunes sorciers réfléchirent aux sorts qu'ils connaissaient, mais rien d'autre ne venait…
« J'en connais un, proposa le Survivant. Vu ce qu'il produit, il peut être classé parmi les sorts de magie noire. Tu vois de quoi je parle, Malefoy ?
« J'en ai une vague idée, répondit ce dernier de sa voix trainante, avant de soulever son pull pour montrer ses cicatrices. Tu parles duquel ? Celui qui m'a fait celle-là, ou de celui qui m'a fait celle-ci ? Questionna-t-il en montrant deux fines cicatrices, l'une sur le flanc, l'autre le torse.
« Le sort qu'a créé ton parrain, le Prince de sang-mêlé. Le Sectum Sempra, précisa Harry. En plus, c'est un sort qu'ils ne connaissent pas. Ils ne connaissent pas le contre sort. »
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Ron, toujours sous les traits de son opposé, s'avança au centre de la pièce, les yeux rivés des membres de l'A.D sur lui.
« Merci de prendre autant de risques pour venir s'entraîner. Nous avons besoin des uns des autres. Il n'y a plus que nous-même sur qui nous pouvons compter.
« Qu'est-ce que ça peut te faire. On ne le fait sûrement pas pour toi.
« A moins que tu ais quelque chose à nous apprendre, Dean, tais-toi ! Intervint la jeune Weasley. Alessandro est de notre côté. Il veut nous aider.
« Ça y est, tu préfères les Serpentard aux Gryffondor ? D'abord tu nous imposes Zabini et maintenant, lui !
« Fermes-la Dean ! S'énerva Ginny.
« Si ça ne te plait pas, vas t'en et vas te faire tuer sur le champ de bataille avec le peu de sorts que tu connais, rétorqua Blaise, le regard noir. »
Le jeune Thomas secoua la tête dédaigneusement et se recula, sans dire un mot.
« Le sort dont j'aimerais parler, reprit la rouquine comme si on ne l'avait pas interrompu, c'est le Griffus Leonis. Il permet de lancer sur son adversaire une patte de lion féroce. Il provoque des griffures profondes et difficile à soigner en pleine bataille.
« Je n'ai jamais entendu parler de ce sort. Ça sonne très Gryffondor, vous ne trouvez pas ? Intervint Seamus en souriant.
« Mon frère Charlie l'a inventé et nous l'a appris, à mes frères et à moi.
« Le capitaine de l'équipe Gryffondor en 1990 ? Demanda Katie Bell, les yeux brillants.
« En effet. Il était doué pour s'occuper des créatures magiques, le Quidditch et inventer des sorts puissants, reprit la cadette Weasley, d'un ton fier.
« Qu'est-ce qu'on attend pour commencer ? S'enquit Dean, tout à coup très intéressé par le sortilège. Je suis sûr que c'est un sort que tu ne connais pas ! Nargua-t-il à l'adresse du jeune Violenti. »
Un sourire machiavélique se dessina sur le visage de l'italien et d'un coup de baguette ciblé sur le mannequin qui trônait au centre de la salle, une patte géante de lion vint entailler le buste de ce dernier.
« Tu disais ? Insista le Serpentard, d'un air hautain. »
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Après avoir fait une démonstration d'échanges de sorts informulés en duel avec Bill Weasley, Kingsley Shackelbot, se tourna vers les jeunes sorciers nés-moldus qui avaient décidé de rester pour se battre après leur évacuation de Poudlard. Grâce au stratagème des professeurs, ils avaient pu garder leurs propres baguettes et se réfugier à la Chaumière aux coquillages, reconstruite et aménagée spécialement pour eux. Ils étaient prêts à prouver qu'ils avaient leur place dans ce monde.
« Je sais que certains seront retissant, débuta le grand Aurore noir, mais nous n'avons pas le choix. Il faut que nous explorions certains sorts de magie noire. Il faut que nous soyons au même niveau de puissance qu'eux. Ils n'hésiteront pas une seconde à exploiter les sortilèges les plus sombres qui existent pour nous tuer. Nous ferons de même pour les surprendre et les arrêter.
« C'est pas un peu… trop dangereux ? Interrogea le plus jeune des frères Crivey.
« Ce qui est dangereux, c'est de rester sans rien faire, répliqua Collin à son cadet, tout en s'avançant, excité à l'idée d'apprendre une toute autre magie que celle qu'il avait apprise jusqu'à aujourd'hui.
« Bien, reprit le sorcier de couleur, je vais vous enseigner le sort du sang en feu, Statignis Sanguis.
« Satanis Sangui quoi ? Répéta Dennis, interloqué.
« Statignis Sanguis, rectifia Bill en souriant. Il provoque chez la victime une sensation de chaleur insoutenable, comme si son sang bouillonnait.
« Commençons par apprendre à bien le prononcer, invita Shackelbot. »
Hargid, qui sortait de la Chaumière, les salua chaleureusement. Il avait toute une ribambelle de furets morts autour du cou. Lorsque l'Hippogriffe les remarqua, il galopa vers lui en trompetant fougueusement. Justin, non loin d'eux, s'écarta de plus de deux mètres, impressionné par la créature. Il l'avait déjà rencontré lors du cours d'Hagrid en troisième année mais n'en avait jamais été aussi proche.
« Vous ne voudriez pas vous éloigner un peu ? S'enquit le Poufsouffle, l'air terrorisé.
« Oh, si tu as peur comme ça d'un Hippogriffe, qu'est-ce que se sera quand tu te retrouveras en face d'une Tarentula géante ou d'un Détraqueur ?
« Hagrid, peut-être un peu plus tard, proposa Kingsley pour que le demi-géant s'éloigne avec Buck, tout excité par l'odeur des furets.
« Oui, oui..., bredouilla le garde-chasse en levant une main en signe de rémission. »
Buck n'arrêtait pas de glatir avec force en sautillant derrière son maître.
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Du côté du Q.G en Allemagne, le bulgare tenait à participer plus activement aux échanges. Il proposa alors un sortilège qu'il avait appris à Durmstrang lorsqu'Igor Karkaroff était encore directeur.
« On vous apprenez ce genre de sortilèges ? Questionna Luna, intéressée.
« En effet. Il était très dangereux d'étudier dans cette école. Beaucoup de familles essayaient d'envoyer leurs enfants ailleurs. Il y avait beaucoup d'accidents.
« Et tu voulais y étudier, Dray ?
« Il parait que ça forge un homme, nargua-t-il en lançant un regard à l'ancien champion de Quidditch.
« Dans ma langue natale, l'effet de ce sort se dit : Zadushavane, continua le bulgare en répondant au regard acier du jeune Malefoy.
« Il est très brutal, renchérit Aria, qui le connaissait également de par sa formation d'Aurore. C'est le sort d'étouffement, Auxilium Caeli, expliqua-t-elle.
« Il offre la sensation horrible de ne plus pouvoir respirer. Tu veux essayer Malefoy ? Poursuivit Viktor.
« J'ai déjà assez le souffle coupé comme ça, à chaque fois que je regarde Hermione, allongée tout à côté de moi, au réveil, confessa-t-il tout en le narguant.
« Ne me mêlait pas à vos gamineries, intervint la concernée, l'air désabusé. »
Viktor Krum avait, certe, accepté leur relation, heureux pour la belle anglaise mais ce n'était pas pour autant qu'il appréciait Malefoy fils.
Hormis les petits pics que s'envoyaient les deux sorciers, l'entraînement se déroula dans le calme. Luna vêtu d'une combinaison jaune près du corps, travaillait sur son Animagus de lionne. Elle voulait réussir à tenir sa transformation sans en souffrir. Une fois transformée, la lionne s'amusa à slalomer entre ses camarades. Hermione en était encore impressionnée. Tant et si bien qu'elle n'eut pas le temps d'éviter le sortilège que venait de lui lancer Draco. Le Stupéfix informulé de son amant l'expédia à l'autre bout de la pièce. Dans sa chute, la jeune femme se réceptionna sur sa main et se tordit le poignet. Elle étouffa un cri de douleur alors que son assaillant accourait déjà vers elle.
« Rien de cassé ? Demanda-t-il en lui soulevant le visage pour qu'elle le regarde.
« Mon… poignet…, bredouilla-t-elle, les dents serrées.
« Je suis désolée, intervint Luna, redevenue humaine. Je t'ai distrait en passant à côté de toi.
« Non, j'aurais dû rester concentrée, admit la jolie brune. Ce sont des choses qui peuvent arriver en pleine bataille. »
Pendant que la jeune femme parlait, le jeune Malefoy en profita pour faire apparaître du bout de sa baguette un bandage chaud qui alla s'entourer autour de son poignet blessé. La belle brune le remercia avec un petit sourire puis se releva.
« Luna m'a donné une idée, déclara-t-elle. Lors de nos entraînements, on va organiser plusieurs diversions qui interviendront aléatoirement. Cela boostera notre réactivité.
« C'est une bonne idée. Il faut qu'on s'entraîne comme si nous étions sur le champ de bataille, renchérit Harry. Nous n'aurons pas le droit à l'erreur. »
Tous acquiescèrent et reprirent leurs échanges. La jeune Granger alla s'asseoir contre le mur pour récupérer et Draco continua avec Luna.
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Après avoir testé à de nombreuse reprises le sort de Griffus Leonis, les membres de l'Armée de Dumbledore se tournèrent vers le jeune Zabini pour qu'il leur apprenne un nouveau maléfice.
« La mère de Goyle adore utiliser Crystallis Acri. C'est un sortilège qui permet d'envoyer des milliers de cristaux tranchants sur sa cible. Il agit comme une vague de poussière de verre brillant qui encercle la victime et lui fait des milliers de petites coupures partout sur le corps. J'ai déjà vu l'état d'une victimes et… c'était pas beau à voir, ajouta le métis, un air dégoûté au visage. »
Les jeunes sorciers s'exercèrent encore quelques temps puis la réunion se conclut avec une nouvelle date de fixée. Ginny et Neville firent sortir les derniers. Alors que le jeune Londubat était en pleine conversation avec Seamus. Ginny rejoignit Blaise et son frère, qui s'attelaient à réparer le mannequin complètement détruit après avoir subi autant de sorts.
« Il faut organiser mon absence avec Slug. Il n'est pas très coopérant, commença l'ancien rouge et or.
« Tu m'étonnes, soupira le chef de la Brigade. Il a été convoqué par Face de serpent, explicita-t-il. Il en est ressorti encore plus pâle qu'un fantôme. Je m'en chargerais demain, à mon retour du Q.G. Je dois y emmener Pansy pour son intégration, précisa-t-il, face au regard interrogatif du jeune Weasley. »
Ronald acquiesça et laissa Zabini avec sa sœur.
« Alors, elle va intégrer l'Ordre ? Je croyais que tu ne lui faisais pas confiance, supposa la belle rouquine, ses beaux yeux bleus sondant le visage du métis.
« C'est toujours le cas, confirma ce dernier.
« Alors pourquoi le faire ? Interrogea Ginny, plus agressivement qu'elle ne l'aurait voulu.
« On s'est ce qu'on fait avec Draco. Pas besoin d'en savoir plus ! Rétorqua sèchement le Serpentard face au ton brute de la Gryffondor.
« Bien sûr ! Le grand Blaise Zabini sait toujours ce qu'il…
« C'est quoi ton problème ?! A m'agresser comme ça ?! Coupa durement le jeune homme, ses yeux sombres la transperçant avec hargne.
« Mon problème, c'est toi ! Toi et ton attitude ! Cracha la jeune femme. On dirait que cette situation t'amuse ! Continua-t-elle tout en le pointant du doigt. Tu fais rentrer l'ennemi dans nos rangs et met en danger tout ce que nous mettons en place ! Enchaîna-t-elle alors qu'elle se rapprochait de lui. Tu crois franchement qu'elle ne va pas se gêner pour raconter tout ce qu'ils veulent savoir ?
« J'en ai ma claque de tes accusations à deux noises ! De toute façon, quoi que je fasse, tu as quelque chose à dire ! Si t'es mal baisée, c'est pas mon problème ! Trancha-t-il, hors de lui. »
Blaise tourna les talons et s'éclipsa. Neville, spectateur de l'altercation, le laissa passer, complètement déstabilisé par les réactions de son amie.
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« Qu'est-ce qui te prend ? Lui demanda-t-il alors que la jeune femme s'était figée face aux mots du Serpentard. Je pensais qu'on lui faisait confiance, continua Neville en voyant qu'elle ne réagissait pas. Gin ?
« Je vais dans la forêt, chercher les Centaures, décréta la Gryffondor. »
Elle voulut s'avancer mais son ami la retint d'un geste vif du bras.
« Non, assigna ce dernier d'un ton autoritaire qu'on ne lui connaissait pas beaucoup. Moi, je vais aller voir les Centaures. Toi, tu vas aller prendre un bain chaud pour te calmer.
« Quoi ?
« Un bon bain chaud ! Beugla-t-il, intransigeant. A cette heure-ci, la salle de bain des préfets du cinquième étage sera libre, ajouta-t-il. »
Sur cet ordre, le jeune Londubat quitta la salle sur demande. Il s'engouffra rapidement dans le passage secret qui menait aux étages inférieurs puis parvint à sortir du château en toute discrétion. Il esquiva de justesse Millicent, en patrouille près de la cabane d'Hagrid, et pénétra dans la forêt interdite.
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En cette période de l'année, le sol était gelé, la neige épaisse. Neville, emmitouflé dans son épais manteau, grelottait de froid et avait du mal à progresser entre les arbres géants. Plusieurs bruits le firent tressaillir mais il ne s'arrêta pas pour autant. Le gardien des clés de Poudlard leur avait enseigné, quelques années plus tôt, que les centaures avaient leur territoire à l'ouest de la forêt, près de la rivière.
Le Gryffondor savait que c'étaient des êtres fiers et que la discussion ne serait pas facile. Il ferait tout pour trouver les mots. Ils pourraient être d'une aide précieuse dans la bataille pour Poudlard.
La nuit, les Centaures étaient plus calmes. Ils chassaient la journée. D'un pas déterminé, Neville remonta la rivière gelée et arriva dans une clairière. Il voulut s'y aventurer mais le bruit que produit un arc qu'on tend le stoppa net.
« Je… Je suis venu vous rencontrer et solliciter un entretien avec Firenze, expliqua le jeune sorcier, les mains en l'air, sa baguette restée dans la poche de son manteau.
« Firenze nous a trahi. Il a déshonoré la colonie. Il n'est plus notre chef, fit remarquer le grand Centaure à la carrure d'athlète. Nous refusons toute intrusion sur notre territoire, sous peine de mort !
« Vous risquerez bien plus que la mort si Vous-Savez-Qui gagne cette Guerre. Elle concerne tous les peuples confondus, enchaîna Neville, d'une voix forte. Je vous prie de m'amener à votre chef. Seul lui décidera de mon sort, ajouta-t-il en baissant ses bras. »
A ce geste, le Centaure tendit son arc plus fort et le sorcier releva immédiatement ses mains, sentant l'énorme tension qui émanait de l'homme-cheval.
« Bane ! Intervint une voix derrière lui. Laisse-le voir Magorian. Les étoiles lui donnent raison, la Guerre s'étend et nous atteindra bientôt. »
Le dénommé Bane abaissa sa flèche et s'écarta. Un deuxième Centaure, légèrement moins musclé, s'avança vers Neville.
« Il est très imprudent de venir jusqu'ici tout seul, constata la créature. Il faut être, soit très faible d'esprit, soit très courageux, ajouta-t-il avec un faible sourire.
« Ne m'en voulez pas si je mise sur le courage, ironisa le sorcier, prêt à parier qu'il s'agissait de Firenze, au vue du regard mauvais de Bane. Il valait mieux venir seul et désarmé. Nous ne sommes pas une menace, bien au contraire.
« Suivez-nous, Gryffondor. »
Plus loin dans la clairière, quelques Centaures s'étaient rassemblés autour d'un grand feu. Ledit Gryffondor s'y rapprocha, heureux de pouvoir se réchauffer.
« Votre venue est écrite dans la ceinture d'Orion, je le vois, indiqua une troisième voix derrière lui.
« Bonsoir, lança précipitamment le sorcier en se retournant, surpris par sa grandeur. »
Il dépassait ses deux confrères d'au moins quinze centimètres.
« Si vous avez vu mon arrivée, vous pouvez aussi prédire…
« L'issue de la Guerre ? Je le regrette, mais nul ne le peut, confessa le chef du troupeau. Trop de facteurs entrent en jeu et les étoiles elles-mêmes semblent perdues, ajouta-t-il, les yeux levés vers le ciel.
« Accepteriez-vous d'être l'un d'eux ? Interrogea le jeune Londubat.
« Mars est favorable à ce choix, annonça Magorian au bout de quelques instants de contemplation.
« Ça veut dire oui ? Insista Neville, incertain.
« Si j'en crois la constellation du Phénix, la bataille qui marquera le tournent de la Guerre du bien contre le mal fera trembler la terre que nous chevauchons. Lorsque vous verrez Anka s'éteindre puis renaître dans l'œil du Phénix, nous serons à l'aube de la bataille et vous pourrez compter sur nous.
« Nous ralliez au peuple qui nous a, jadis, asservi ?
« Bane ! Les astres ont parlé ! Trancha le grand Centaure. Nous ne trahirons pas notre foi pour quelques querelles du passé.
« Je vous suis véritablement reconnaissant pour votre aide. Nous le serons tous ! Précisa le sorcier. Je reviendrais vers vous dès que nous aurons finalisé notre plan d'action. »
Le Centaure abaissa la tête en signe d'accord puis s'éloigna. Firenze proposa à Neville de le raccompagner à la lisière de la forêt, ce que le jeune homme accepta volontiers, frigorifié.
« Encore merci, dit-il en descendant du dos du Centaure, alors qu'ils étaient arrivés derrière la maison du garde-chasse.
« Les étoiles ne mentent jamais, jeune Londubat. Un bel avenir vous attend, prédit Firenze en souriant. »
Après un hochement de tête, comme l'avait fait son chef plus tôt, l'hybride disparu dans la noirceur de la forêt.
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Le lendemain, très tôt dans la matinée, Blaise et Pansy se dirigeaient vers le portail de Poudlard. Sur le chemin, ils croisèrent Ginny dans la cour principale. Le métis fit un signe à sa camarade de classe pour qu'elle continue sans lui. Un silence gênant s'installa entre les deux sorciers.
« Si tu as des remarques à me faire, tu peux te les garder, débuta le jeune homme en brisant le silence. Je suis assez pressé, comme tu peux le voir. »
La rouquine ne le quitta pas des yeux, comme si elle cherchait une réponse dans son regard.
« Je suis amoureuse d'Harry, déclara-t-elle finalement. Je suis bien avec lui… mais…, poursuivit-elle avant de ravaler sa salive, l'air hésitant. Mais… je ne peux plus me mentir à moi-même, continua-t-elle d'une traîte, de plus en plus troublée par ses propres mots. J'ai commencé à te haïr au moment où tu m'as poussé à te désirer, souffla la rouge et or. »
Le vert et argent s'approcha d'elle après avoir vérifié qu'ils étaient bien seuls. Sa main alla se poser délicatement sur sa joue rougie par le froid et sûrement par la gêne.
« Je comprends ton dilemme, commença-t-il, mais je ne suis pas ton défouloir. Tu m'obsède, avoua-t-il, ses yeux noirs brillants. Toi et ton caractère de feu, toi et ton magnifique sourire, toi et les courbes de ton corps. Je ne te forcerais jamais à rien, mais il faut apprendre à aimer ce qui nous fait du bien, affirma-t-il, l'intensité de son regard poussant la belle à reculer d'un pas. »
Le beau métis déposa un léger baiser sur sa joue et, sans lui laisser l'occasion de répondre, il partit rejoindre Parkinson. Cette dernière l'attendait devant les hautes portes du grillage. Sans un mot, Blaise lui tendit son bras qu'elle agrippa aussitôt.
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Ils atterrirent tout d'abord dans une ruelle de Londres. Puis ils s'engouffrèrent à nouveau dans le tunnel étouffant du transplanage pour se retrouver à nouveau dans une ruelle, derrière une immense cathédrale ne possédant qu'un seul clocher. Blaise la contempla quelques secondes, se rappelant son voyage européen et son bref passage dans cette région de l'Est de la France. Un troisième voyage les amena enfin à destination.
« Tu pourrais prévenir lorsque tu enchaînes les tranplanages, accusa la jeune sorcière alors qu'elle avait plaqué une main sur sa poitrine, l'autre se soutenant à un tronc d'arbre.
« Toujours à te plaindre ! Allez bouges-toi, on se les gèle ici, enchaîna le jeune Zabini avant de disparaître d'un coup du champ de vision de la jolie brune.
« Blaise ! Reviens ici tout de suite ! Ordonna-t-elle. »
Une main la choppa par l'écharpe et l'entraîna au-delà du périmètre de sécurité. La jeune femme s'arracha vivement de son emprise et jeta à Blaise un regard glacial. Elle voulut répliquer mais eut le souffle coupé par la splendeur de la maison. Sa forme cubique, ses façades transparentes, aussi lisses que des miroirs au travers desquels on ne pouvait pas voir l'intérieur car il s'y reflétait le somptueux paysage extérieur. Les rayons matinaux du soleil vinrent la frapper, éblouissant les yeux verts clairs de la jeune femme. Cette dernière dut accélérer le pas pour rattraper son camarade de Maison, déjà parti vers la porte d'entrée.
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Ils pénétrèrent dans une vaste entrée lumineuse. Les yeux de Pansy scrutèrent le moindre détail, ébahis par autant de raffinement et de modernité. Il y avait beaucoup d'objets moldus, ce qui la déstabilisa encore plus. Une jeune femme aux longs cheveux bruns et lisses leur passa devant sans les voir, le nez plongé dans un livre.
« Je comprends mieux tes choix, souffla Pansy à l'oreille du Serpentard qui se trouvait légèrement en avant. Elle est vraiment pas mal, celle-là. »
Le jeune homme se mit à sourire, sachant de qui elle parlait alors qu'elle, l'ignorait.
« G…
« Comment va ton poignet ? Interrogea Draco, alors qu'il avait rejoint l'observée, coupant Blaise dans son élan. »
Le beau blond laissa glisser sa main sur la croupe de la belle brune alors qu'elle était toujours dos aux deux arrivants.
« Je savais qu'il me cachait quelque chose, soupira le métis.
« Ça t'étonnes ? C'est du Draco tout craché, fit remarquer Pansy alors qu'elle voulait aller à leur rencontre. »
Mais le bras du jeune Zabini lui barra la route.
« Grangy chérie ! S'écria-t-il pour que la belle brune se retourne. Tu m'as manqué ! Alors comme ça, on me fait des infidélités ? Interrogea-t-il alors qu'Hermione lui faisait un grand sourire, enfin face à lui et une Pansy complètement décontenancée. Ça t'étonnes ? Reprit Blaise à l'adresse de cette dernière, un sourire sadique aux lèvres.
« Mais non, Zabinou ! Tu sais bien que tu es mon préféré, sur-joua la jeune Granger avant de se tourner vers son petit ami. »
Elle lui déposa un léger baiser sur les lèvres et voulut s'en aller mais le Serpentard retint leur étreinte tout en jetant un regard amusé à la jeune Parkinson. Hermione comprenant son jeu le repoussa doucement et lui mit un petit coup dans les côtes avant de s'éloigner.
Avant même que la nouvelle arrivante puisse reprendre ses esprits, ses deux anciens camarades de classe la conduire auprès d'Alastor Maugrey. La jeune femme déglutit difficilement puis s'assit sur la chaise qu'on lui avait désignée. Les deux agents doubles restèrent debout, un peu en retrait.
« Pas besoin d'avoir peur, assura l'Aurore. Je ne mords pas aussi fort que le Seigneur des ténèbres.
« Ravie de vous revoir professeur, dit-elle d'un ton pas aussi assuré qu'elle l'aurait voulu. Nous vous croyions mort. »
A ces mots, l'œil mécanique d'un bleu électrique se tourna vivement vers chacun des deux Serpentard, restés en arrière.
« Ne vous inquiétez pas, on a déjà réglé cette question, intervint Zabini.
« Bien, Miss Parkinson, sachez que le chantage fonctionne peut-être avec eux, dit l'homme en désignant Blaise et Draco, mais pas avec moi. Vous n'allez pas nous mettre dans une position… délicate ? N'est-ce pas ?
« Je peux vous assurer que mes intentions sont tout à fait honorables. Je ne souhaite que la paix…
« Ça, ma chère, je m'en cogne, coupa sèchement le sorcier. Vous aurez notre confiance une fois que vous aurez fait vos preuves. Nous ne vous confirons aucunes missions, si ce n'est de nous informer de certaines choses qui pourraient échapper au grand esprit de Mr Zabini. »
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Ils sortirent tous trois du bureau après les avertissements habituels qu'aimait donner l'Aurore et se dirigèrent vers le salon. Draco les laissa se présenter à l'hôte de la maison et s'en alla dans les étages.
« Hallo junge Leute* ! Claironna-t-il avant de serrer la main de Blaise. Ça faisait einen Moment que chje ne fvous havez pas fvu, Blaise. Het fvous hêtes ? Interrogea Otto en se penchant sur la jolie brune au petit nez retroussé.
« Miss Pansy Parkinson, se présenta-t-elle de façon supérieure en le regardant de haut en bas.
« Ich denke, es könnte mir nicht gefallen**, dit-il en se tournant vers la belle Serdaigle qui venait d'arriver à leur hauteur.
« Il y a de fortes chances, confirma cette dernière alors qu'elle se faisait également dévisagée.
« Traduction ? Demanda le métis en se tournant vers Luna.
« Il pense qu'il ne va pas l'apprécier, traduit-elle de façon détachée. »
Le métis explosa de rire, ne pouvant qu'être d'accord avec eux.
« Elle devait pas être morte, elle aussi ? Interrogea l'objet de leur moquerie.
« J'ai appris pour ta transformation, Luna. Tu caches bien ton jeu, fausse Serdaigle ! Lança le métis en riant. »
Il passa son bras sur les épaules de la blondinette et tous deux montèrent les escaliers à la suite d'Otto. Pansy, restée en retrait, pantoise, fut obligée de les suivre. L'Aurore les abandonna au premier étage et les jeunes sorciers continuèrent l'ascension jusqu'au deuxième.
« Il y a une chambre de libre au fond du couloir, à gauche, indiqua Luna à Pansy. Ici, on nous a aménagé un petit salon privatif, continua-t-elle tandis qu'ils y entraient. »
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La Serpentard fut d'abord étonnée par la présence du bar. Elle continua son tour d'horizon et tomba sur les yeux verts émeraudes du Survivant. Elle le toisa un instant et ne put s'empêcher de penser que si elle avait pu venir ici avec les Mangemorts, le sort de cet abruti serait réglé et elle pourrait enfin être avec son Théodore chéri. Elle déplaça son intérêt sur le célèbre attrapeur bulgare et lui fit son plus beau sourire charmeur. Sans réponse de sa part, la jeune femme poursuivit son inspection et tomba sur le joli visage d'Aria. Elle était mignonne, pensa Pansy avant que ses pensées ne soient interrompues par la vision du couple.
Draco, assis sur le sofa, avait les jambes d'Hermione sur les cuisses et ils étaient en plein débat sur ce qui semblait être, la préparation d'une potion.
« Il faut hacher les fèves…
« Non, les écraser, coupa Draco. Mon parrain me l'a enseigné. Je sais de quoi je parle.
« Pourtant c'est écrit là, Draco, insista la Gryffondor en lui montrant le livre qu'elle tenait.
« Arrêtes de croire tout ce qui est écrit dans les livres. De toute façon, tu ne seras pas là. Je le ferais à ma manière, prévint-t-il.
« Malefoy ! Si tu rates cette potion, je t'enferme avec Lupin lors de la prochaine pleine lune.
« Malefoy ? Donc, quand tu es folle de moi, c'est Dreki. Quand on a une discussion civilisée, c'est Draco. Quand tu es énervée, c'est Malefoy. Comment tu veux m'appeler dans l'intimité ? »
Hermione se leva du sofa et le tapa avec le livre qu'elle jeta après sur ses genoux.
« Débrouilles-toi tout seul, sale fouine !
« Les insultes, quand tu es vexée ! Renchérit-il, hilare.
« Continues et tu ne sauras jamais comment je vais t'appeler dans l'intimité, menaça-t-elle en le pointant du doigt. »
Le métis, attablé au bar, éclata de rire.
« Vous en êtes toujours là ?
« Si tu savais, soupira Harry, tout aussi amusé. »
Au milieu de tout ça, Miss Parkinson n'était plus très sûre d'être dans la même dimension. Elle voulut se pincer pour s'assurer de ne pas être en train de faire un cauchemar, mais le coup d'épaule d'Hermione lui suffit amplement.
« On peut savoir ce que tu fiches en plein milieu du passage, toi ? Cracha la Gryffondor.
« Ouh, j'adore quand tu sors les griffes, Grangy chérie, taquina Blaise. »
L'air désabusé, la jeune femme sortit et claqua la porte derrière elle. Quelques secondes plus tard, la porte s'ouvrit à nouveau.
« Harry, appela l'énervée, tu viens ? On a du boulot, indiqua-t-elle avant de refermer la porte à nouveau.
« Merci, soupira l'appelé, maintenant qu'elle est bien remontée, c'est moi qui vais devoir la supporter, ajouta-t-il mi-figue, mi-raisin.
« Tu es l'Elu, tel est ton destin, lança Draco de façon exagérée.
« Attention, petit Serpentard. Je suis son meilleur ami et elle m'écoute toujours, nargua l'Elu avant de sortir du petit salon. »
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La matinée passée avec les membres de l'Ordre, Pansy put constater qu'ils étaient forts, plus forts qu'elle ne l'aurait cru. Que ceux qui étaient censés être morts ne l'étaient pas et qu'ils étaient prêts à mourir vraiment, prêts à se jeter à corps perdus dans la bataille qui les attendait, pour leur cause. Elle avait eu également l'horreur d'apprendre que certaines alliances étaient allées plus loin. La Serpentard n'aurait jamais cru voir ça un jour, elle, vivante. Elle avait tout fait pour faire bonne figure mais elle devait admettre que passer du temps parmi eux ne serait pas chose facile. La jeune Parkinson était loin de se douter de la complexité de sa tâche, de tous les tenants et les aboutissants. Sachant qu'elle ne pouvait pas trahir son serment, sous peine de mort, elle devait être extrêmement attentive à la moindre information qu'elle pouvait révéler à son tendre Théodore.
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Plusieurs jours s'écoulèrent, aussi rapidement que du sable dans un sablier, et déjà Ron devait s'avancer dans la cheminée du directeur. Son camarade de dortoir avait réussi à amadouer Slughorn pour qu'il accepte. L'homme était complètement dépassé par la situation et tenu à la gorge par le Lord. Il lui avait promis qu'il ne serait pas inquiété.
Le jeune Weasley prit une poignée de poudre de cheminette mais lorsqu'il la jeta à ses pieds, rien ne se produit. Il fronça les sourcils, interloqué puis fit une deuxième tentative, en vain… Il sortit de l'âtre, l'air embêté et se tourna vers le sorcier, assis à son bureau. Dos à lui, Ron ne pouvait pas voir son visage déformé par la culpabilité et la peur.
« Prof… »
Mais Ron ne put finir sa phrase, coupée par un sort venu le frapper avec force. L'élève sombra dans un profond sommeil. Sans attendre plus longtemps, les mains tremblantes, le nouveau directeur fit appeler les Carrow par un elfe de maison puis patienta en faisant les cent pas, pris de panique.
« Qu'est-ce que tu nous veux, le vioque ? Demanda la grosse voix d'Alecto.
« J'ai surpris… cet élève… alors qu'il tentait d'utiliser ma cheminée, répondit Horace, la voix chevrotante.
« On va lui faire passer l'envie d'enfreindre les règles. Un petit séjour aux cachots et quelques Doloris suffiront, railla Amycus, un sourire carnassier aux lèvres. »
A l'aide du sort Levis Corpus, ils transportèrent le corps endormi d'Alessandro. Sur le chemin en direction des cachots, ils croisèrent le jeune Zabini. Ce dernier les salua comme si de rien était et se précipita vers le bureau directorial, à peine arrivé à l'angle du couloir. Il ne prie pas la peine de toquer et rentra directement.
« Vous m'expliquez ?! S'étrangla-t-il, essoufflé.
« Je ne prendrais pas le moindre risque. Il me surveille ! Vous m'avez mis dans une situation impossible ! C'est de votre faute ! Je ne voulais pas de ce poste ! Regardez le résultat !
« Calmez-vous…
« Il est trop puissant ! Personne ne peut rien faire contre lui ! »
Comprenant qu'il était impossible de résonner le professeur de potions et qu'il n'avait pas de temps à perdre, Blaise sortit du bureau et s'élança à toute vitesse vers les cuisines. Cette fois encore, il entra sans prévenir.
« Dobby ! Hurla-t-il entre deux respirations. Dob… !
« Dobby est là, indiqua l'elfe en faisant un geste de la main pour qu'il arrête de crier. Que me vaut ce plaisir, Mr Zabini ?
« Il faut que tu préviennes Potter ! Il y a eu un souci avec Weasley. Il ne pourra pas les rejoindre.
« C'est pour aider Harry Potter ? Dobby est l'ami d'Harry Potter…
« Va s'y maintenant ! Coupa Blaise, un peu agacé. »
L'elfe claqua simplement des doigts et déjà, il apparaissait au milieu du salon du Q.G.
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Hermione faillit renverser sa tasse de thé fumant sur elle en voyant débarquer Dobby.
« Qu'est-ce qu'il y a ? S'enquit-elle, soudain inquiète.
« Dobby est venu car Mr Zabini m'a dit que je pouvais aider Harry Potter.
« Dobby ! S'écria ce dernier alors qu'il venait d'entrer dans la pièce. Il y a un problème ?
« Mr Zabini m'a demandé de vous prévenir, alors Dobby est venu. Mr Weasley ne pourra pas venir, annonça le petit être, l'air contrit.
« Mais pourquoi ? Interrogea le grand ami, surpris et inquiet à son tour.
« Attendez, Harry Potter, dit Dobby avant de disparaître. »
Il réapparut une minute après, ses grands yeux tristes levés vers son idole.
« Dobby n'a pas de bonnes nouvelles, entama-t-il. Mr Weasley est prisonnier dans les cachots.
« Mais… Que… Quoi ? Intervint la jeune Granger, abasourdie. Je croyais que c'était réglé avec Slughorn !
« Visiblement, non. Il est tout à fait du genre à retourner sa veste. Dumbledore m'avait averti sur sa fiabilité plus que douteuse, expliqua Harry.
« Qu'est-ce qu'on fait ? On part quand même sans lui ?
« On n'a pas le choix, Hermione. Il faut le faire.
« Je ne sais pas ce que vous avez à faire et je sais que je ne suis pas censé poser de questions, mais ça à l'air dangereux, intervint Draco, resté silencieux jusqu'à présent.
« Dangereux ou pas, il faut continuer. C'est essentiel, insista le Gryffondor.
« Vous ne pouvez pas attendre qu'on trouve une solution pour Weas… ?
« Non, trancha l'Elu, plus brusquement qu'il ne l'aurait voulu. Nous devons le faire maintenant.
« Dobby peut vous accompagner ?
« C'est gentil à toi, Dobby, mais il vaut mieux que tu restes à Poudlard pour veiller sur mes amis, dit doucement Harry en se baissant pour être à sa hauteur.
« La bonté d'Harry Potter n'a pas de limite, scanda l'elfe. Votre courage est sans égal. »
A ces mots, la créature disparue et laissa les trois jeunes sorciers dans un silence pesant.
« Tu as tout ? Demanda le survivant, interrompant le silence. »
La jeune femme leva son petit sac à main et le lui montra en signe de réponse.
« Alors, on y va. »
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Trad : * Bonjour, jeunes gens ! (Otto)
Trad : ** Je crois que je risque de ne pas l'apprécier. (Otto)
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Alors, des idées pour la suite ? Des avis à nous partager ? Nous restons à l'écoute ! Ne n'allons vous abandonner que quelques semaines et nous resterons à l'affût de vos commentaires, quoi qu'il arrive.
Sachez que nous vous réservons de belles surprises pour la suite (aussi belles que bouleversantes).
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En attendant, nous vous souhaitons, à toutes et à tous, de belles vacances, un bel été plein de belles aventures !
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A très vite alors…
