Chapitre 24 : L'anniversaire de mort
Résumé :
Vous savez parfaitement quelle scène va avoir lieu dans ce chapitre. C'est Halloween, et Harry se retrouve à nouveau dans une situation difficile.
Note de l'autrice et de la traductrice :
Fortement basé sur le chapitre 8 de Harry Potter et la Chambre des Secrets.
Et ainsi, à sept heures du soir le 31 octobre, Severus escorta Harry, Ronald Weasley, Hermione Granger et Neville Londubat jusque dans les cachots pour assister à l'anniversaire de mort de Sir Nicholas. Le commentaire le plus indulgent qui pût être dit à propos de l'événement était 'tolérable', mais il était au moins préférable à la chaotique célébration d'Halloween à l'étage supérieur. Les sortilèges de réchauffement rendaient l'effet de froid produit par un grand rassemblement de fantômes à peu près tolérable, et les enfants firent de leur mieux pour être polis et bien élevés. La nourriture servie était moisie, mais grâce à la température l'odeur n'était pas insupportable. Cela ne leur ferait pas de mal d'attendre une heure de plus leur propre repas. L'orchestre était d'avant-garde, et pas particulièrement agréable, mais au moins il n'était pas trop bruyant. Les elfes de maison s'étaient dépassés avec l'éclairage et le décor, en particulier compte tenu des exigences de la fête d'Halloween dans la Grande Salle, et Severus nota dans sa tête de trouver qui était responsable et de lui adresser ses félicitations.
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Il y eut, à un moment, une conversation assez inconfortable avec Myrtle Warren, à cause du penchant de Peeves pour les mauvaises farces et de l'égocentrisme général des enfants.
- Je vous ai entendus parler de cette pauvre Mimi, dit Peeves. Vous avez été très impolis avec elle.
Il prit une grande inspiration et beugla :
- OH ! MIMI !
- Oh non, Peeves, ne lui dites pas ce que j'ai dit, ça va lui faire de la peine, murmura nerveusement Hermione. Je ne voulais pas dire ça, ça ne me dérange pas que – euh, bonsoir Mimi.
Myrtle ne semblait pas passer une très bonne soirée, mais quand elle approcha, son visage s'éclaira légèrement.
- Bonsoir, Sev !
Severus sentit les regards sidérés des enfants posés sur lui alors qu'il échangeait quelques mots polis avec le fantôme qu'il connaissait depuis sa propre scolarité. Des toilettes que tout le monde évitait étaient un excellent endroit pour éviter les autres personnes, que ce soit pour cacher un secret ou pour un simple désir d'intimité, et être poli avec Myrtle tombait sous le sens. Son… insistance à l'appeler 'Sev' était inconfortable à ce moment précis, mais était rarement un problème. Il aurait dû se douter que ça risquait de se produire à cette soirée, mais au moins ces enfants avaient la capacité d'être discrets.
- Si j'apprends que vous avez répété ce surnom dans la Salle Commune des Gryffondor… menaça-t-il, une fois que Myrtle se fut éloignée.
Tous les quatre secouèrent rapidement la tête.
- On ne le fera pas, professeur, promit Harry, ses yeux verts grand ouverts derrière ses lunettes. Mais… il se mordit la lèvre. Comment vous la connaissez ?
Heureusement, Severus n'eut pas à répondre à cela grâce à l'arrivée du Club des Chasseurs sans tête. Malheureusement, ils étaient si tapageurs qu'il se découvrit une envie d'écouter le discours de Sir Nicholas au lieu d'assister à même un instant de leur démonstration d'arrogance et de la popularité incompréhensible de leur 'humour' puéril.
Dès que le discours de Sir Nicholas fut terminé, Severus ordonna aux enfants de dire au revoir et les emmena vers la Grande Salle.
- Le dîner a été mis de côté pour nous dans une annexe de la Grande Salle, expliqua-t-il. Je vous demande de ne pas lambiner pendant votre repas – le couvre-feu n'a pas été retardé pour vous, et vous entamez votre dîner presque quarante minutes après vos camarades.
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Et puis Harry trébucha et s'arrêta, la main posée sur le mur de pierre et regardant autour de lui à travers la pénombre du couloir.
- Potter ? demanda Severus, sa baguette glissant dans sa main. Qu'y a-t-il - ?
- Il y a une voix – ne faites pas de bruit… écoutez !
Les enfants se figèrent, les yeux fixés sur lui, mais Severus était en état d'alerte.
- Répétez-moi ce que cette voix dit, Harry.
L'enfant regardait maintenant le plafond, et il bondit en avant.
- Par là !
Harry se mit à courir, montant les escaliers menant au hall d'entrée, mais Severus était plus grand et le dépassa.
- Dites-moi où, mais laissez-moi mener ! insista-t-il, aux aguets pour tout signe de l'attaquant qui avait ensorcelé Harry.
Le bruit émanant de la Grande Salle était phénoménal, mais Harry ne s'arrêta pas, criant "Les escaliers !" donc Severus ne s'arrêta pas non plus, les autres enfants galopant derrière eux.
- Harry, qu'est-ce que -
- CHUT !
Harry s'arrêta un instant, puis cria :
- Il va tuer quelqu'un !
Et se précipita en direction de la volée de marches suivante.
(Évidemment, pensa une partie de Severus. Rien n'attirait cet enfant plus efficacement que des menaces imminentes.)
- Restez derrière moi ! répéta Severus, baguette brandie, en suivant les instructions de Harry dans tout le premier étage jusqu'à entendre l'enfant ralentir et s'arrêter dans un couloir vide. Aussitôt, il lança un sort de bouclier autour d'eux tous, jetant un coup d'œil derrière son épaule pour s'assurer que les quatre enfants étaient bien avec lui.
- Harry, c'était quoi ce truc ? demanda Weasley, haletant, essuyant la sueur qui coulait sur son front. J'ai rien entendu…
Mais Granger poussa un cri étouffé, montrant du doigt, plus loin dans le couloir, quelque chose brillant sur le mur et le sol.
- Regardez !
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C'était un piège. Toute cette situation était un piège. Potter avait été attiré ici pour découvrir… quoi ?
Severus fit avancer le petit groupe lentement, à l'affût du moindre signe de ce qui les avait amenés ici. Une grande flaque de ce qui semblait être de l'eau était répandue au sol, reflétant la lumière, mais le mur était maculé de… les narines de Severus frémirent. Du sang, il en était presque sûr. Ça pouvait être celui de n'importe quelle créature non magique, d'après l'aspect et l'odeur. À la lumière des quelques torches disposées dans le couloir, Severus lut :
LA CHAMBRE DES SECRETS A ÉTÉ OUVERTE
ENNEMIS DE L'HÉRITIER, PRENEZ GARDE
'L'Héritier'… ils avaient besoin de renfort. Il ne pouvait pas lancer aussi facilement un patronus pour appeler à l'aide.
- Klimby, dit-il en reculant.
Il y eut un petit bruit, et l'elfe de maison au visage familier apparut.
- Quoi le Professeur Rogue… Oh, non.
- Oui, répondit Severus à voix basse. Va immédiatement chercher le Directeur.
Il pouvait maintenir ce bouclier pendant un certain temps, mais c'était fatiguant, et il ne voulait pas y mettre fin tant qu'il n'avait pas de meilleure façon de protéger les enfants.
- Tout de suite, Professeur Rogue, confirma Klimby avant de disparaître.
- C'est quoi cette chose qui – qui pend en dessous ? demanda Londubat d'une voix tremblante.
- Est-ce qu'on devrait s'approcher pour voir ? demanda Harry.
- Certainement pas, dit Severus d'un ton sec. L'Héritier – ça ne pouvait être autre chose qu'une référence au Seigneur des Ténèbres, qui s'était réclamé à de nombreuses occasions de la lignée Serpentard. La Chambre des Secrets, cela aussi indiquait une association avec le Seigneur des Ténèbres. Harry Potter, qui l'avait prétendument vaincu, avait été attiré ici. D'une façon ou d'une autre, un des disciples du Seigneur des Ténèbres s'était introduit à Poudlard… encore.
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Un grondement sourd, pareil à un lointain coup de tonnerre, indiqua à Severus que le festin venait de prendre fin, et il retint un juron. Le couloir où ils se trouvaient était sur le chemin entre la Grande Salle et la Tour Gryffondor, la Tour Serdaigle, et la bibliothèque, et quelques instants plus tard, une foule d'élèves y déboucha.
Le brouhaha ravi d'enfants bien nourris s'éteignit brusquement, quand les élèves en tête du troupeau découvrirent leur petit groupe, puis le spectacle devant lequel ils se tenaient. Le silence se fit, la meute d'élèves idiots se poussant pour mieux voir.
Et puis quelqu'un cria dans le silence, et Severus reconnut avec désespoir la voix de Drago Malefoy :
- Ennemis de l'Héritier, prenez garde ! Gare à vous, les nés de Moldus !
Note de l'autrice :
Cette histoire ne peut pas changer le monde dans lequel nous vivons. Elle ne peut rien contre la bigoterie, l'inégalité, la violence, la pauvreté, la discrimination ou les désastres. Elle ne peut pas changer le fait que son canon a été écrit par une personne dont je ne peux respecter les opinions bigotes, et elle ne peut pas changer le fait que les traces de cette bigoterie sont liées à l'histoire et au monde qu'elle a créés.
Mais j'espère que cette histoire PEUT être un endroit plus sûr. Un endroit qui est plus divers que le canon, et où la diversité est mieux respectée. Un endroit où les problèmes du canon sont pris en charge par des adultes compétents, respectueux. Un endroit où les descriptions paresseuses du canon (comme la grammaire non standard des elfes de maison) sont davantage construites. (J'ai quelques lignes de conduite vis-à-vis de la façon dont les elfes de maison parlent, et je considère leur langage comme un dialecte).
Je ne vais pas utiliser ces notes d'auteur pour faire la promotion de mouvements, organisations, manifestations ou collectes de fonds en particulier. Je ne vais pas les utiliser pour protester contre des injustices précises. Je sais que vous entendez déjà parler de tout ça dans bien d'autres endroits, et vous savez probablement bien mieux que moi de quoi vous êtes capables, et où vos efforts seront les plus utiles.
Au lieu de ça, j'offre cette histoire comme un endroit où vous pouvez trouver le repos, parce que peu importe l'urgence de la crise, tout le monde a besoin de pouvoir souffler. Prenez soin de vous, mes amis, et gardez courage. Vous n'êtes pas seuls.
