Coucouuuuuuuuu ^^

Kooomenk'sé ? ... ouais j'me la joue comme ça XD !
Fin c'est surtout pour tenter de détendre l'atmosphère vu le chapitre qui est juuuuste en-dessous ... Bon vous avez vu le titre, on va pas faire dans la dentelle ... Donc je tiens à préciser que DANS CE CHAPITRE IL Y AURA DE LA VIOLENCE ET DU SEX*.

Vous voilà prévenus.
Vu la période dans l'histoire vous pouvez vous douter de ce qu'il va se passer, mais concernant Luna c'est un moment très important, et qui comptera beaucoup pour l'avenir, à savoir la Luna post-Ellipse ! Car oui, je suis déjà dessus ^^ (j'essaie de me rassurer autant que vous XD). Donc voilà, je n'épargne pas grand chose à cette Lunalee mais elle est solide et surtout, puisqu'on arrive à la fin de la première partie, il va falloir qu'elle fasse des choix.

J'espère quand même ne pas vous traumatiser avec ce chapitre, et vous souhaite tout de même une bonne lecture ! on se retrouve vite (je sais pas quand hein... la régularité et moi ...). Prenez soin de vous !

La review de la Review :

- Mijorentrée : héhé nan By' ne l'utilise pas toujours, je pense que ce By' n'en a un peu rien à carer de la Relique et se repose davantage sur sa propre force, si tu vois ce que je veux dire ? Et peut-être que j'ai maintenant je réflexe de la ménager, surement du au vieux traumatisme de l'avoir cassé un jour (c'est pas grave mais je m'en sens toujours coupable XD). Je suis contente que le chapitre t'ai plu ! c'est vrai qu'on voit un peu plus El en ce moment !


SOUS LES CENDRES

Chapitre 24 :

Page(s) classée(s)… X

Nous sommes maintenant dans la Lune du Pégase, ce deuxième mois de l'année a débuté. L'air est toujours aussi froid mais il ne neige plus.

J'ai rempli le box d'Infâme de fourrages et lui ai cousu une couverture pour les nuits fraîches. Son oreille a cicatrisé et elle a bon appétit. Nous nous sommes promenées un peu plus tôt dans la matinée, histoire de lui dégourdir les articulations et réchauffer son corps. J'aime toujours autant chevaucher sur son dos, elle est spontanée et amusante, nous découvrons à chaque fois, de nouveaux paysages.

J'ai passé un bon moment, pourtant, je n'arrive plus à sourire.

Pendant le repas, les histoires de Sylvain étaient drôles, et pourtant je n'ai pas pu rire.

Lasse et fatiguée.

Felix m'a boutée hors du terrain d'entrainement hier, il m'a exhorté de ne plus tenir une arme au risque de me faire mal. Comment lui donner tord ? Je n'ai plus de force, la faucille m'est tombée des mains.

Alors je reste au lit, à lire des ouvrages de sorcellerie et à papoter avec Hapi lorsqu'elle remonte de l'Abyss pour me raconter les histoires qui s'y sont déroulées. Le plus souvent des bagarres à la Taverne et des paris douteux entre sinistres ombres encapuchonnées.

Elle est là, allongée sur les peaux qui tapissent le sol de ma chambre, à mâchouiller un morceau de viande séchée et regarder le plafond.

- Hubert n'est pas là.

Je lève les yeux de la page du sort de réplication et fais tomber mon regard sur le nombril de Hapi, découvert peu importe la saison.

- Il te manque ?

Elle s'étouffe avec son morceau de viande et se retourne pour me fusiller du regard.

- Lulu … bien sûr que non ! Mais je le voyais rôder de temps à autres dans l'Abyss, il passait des bourses à des loubards, alors je voulais voir ce qu'il tramait. Mais il n'est plus là.

Hubert qui soudoie les bandits de l'Abyss… quelle alliance dangereuse, et imprévisible. Je replonge malgré tout dans ma lecture. Si j'arrive à maîtriser les sorts de réplications, je pourrais faire plusieurs potions en même temps, et donc en vendre deux fois plus ! Ce serait une bo…

- J'ai essayé de repenser au visage de la femme qui m'a enlevé.

Cette fois je referme l'ouvrage pour de bon et me penche vers elle en réajustant mes couvertures.

- Tu ne te souviens plus de son visage ?

Hapi regarde toujours le plafond et fronce les sourcils.

- Non, je ne me souviens que de très peu de choses.

Je soupire, certaines tortures peuvent en effet altérer la mémoire.

- Tout ce dont je me souviens, c'est d'une espèce de collier qu'elle portait. Dans ma mémoire, je m'en rappelle comme d'une clé… Qui porte une clé à son cou ?

Les mêmes qui peuvent porter un anneaux ? Je me retiens de le lui répondre de la sorte et poursuis la conversation.

- Tu veux la retrouver ?

Hapi détend son visage et tourne ses yeux vers moi.

- Oui, j'aimerai. Pour pouvoir rentrer sereinement chez moi, un jour. Là j'ai toujours peur de déclencher des catastrophes ou de me refaire enlever comme je ne me souviens plus de son visage … Mais connaitre son nom ne m'ôtera pas le malédiction qu'elle ma infligé.

Je me gratte la tête, c'est une question difficile.

- Un jour, lorsque j'étais plus jeune, Volkhard m'avait fait conduire pour le rejoindre dans une autre contrée. J'avais toute une garde rapprochée qui devait assurer ma sécurité pendant le voyage. Il n'y en avait que pour quelques jours pourtant Volkhard ne lésinait pas avec ça.

Les mots me manquent, l'espace d'une seconde, puis je poursuis.

- Mais nous nous sommes faits attaquer. J'étais à l'intérieur de la calèche alors je n'ai pas vu la scène mais toute la garde est tombée. J'attendais que l'agresseur ouvre ma porte, je ne maîtrisais pas bien la magie encore, mais j'étais déterminée à mourir dans les bras de mon maître, donc en aucun cas dans cette foutue calèche perdue je ne savais où.

Hapi se rapproche un peu de moi car j'ai baissé la voix, je n'avais jamais raconté cette histoire encore.

- A l'époque j'étais persuadée que j'avais la phobie du sang, alors j'ai fermé les yeux et je me suis concentrée. La porte s'est ouverte, je n'ai pas vu le visage de l'agresseur, tout ce dont je me souviens c'est sa voix. Elle murmurait des mots magiques que je ne comprenais pas et m'a poignardé, là.

D'une geste lent, je dépose ma main sur la partie de mon ventre qui devrait recouvrir mon utérus. Les yeux de Hapi suivent mon geste.

- Je me suis évanouie et plus tard des marchands m'ont récupéré. Volkhard a fait envoyer une nouvelle escouade qui m'ont retrouvé, ont tué ceux qui m'avaient sauvé pour taire l'histoire et il m'a finalement fait venir jusqu'à lui. J'ai cru cent fois mourir sur le chemin tant la douleur était affreuse.

Les sourcils de Hapi sont froncés.

- Tu n'as jamais su qui vous avez attaqué ?

J'hoche la tête.

- Non, je n'ai aucun moyens de le savoir et crois-moi je le souhaiterai aussi grandement.

Elle se gratte le vente avant de poursuivre.

- C'est bien normal, tu voudrais lui rendre la pareil !

- Non, ce que je voudrais…

Je me redresse pour toucher mes orteils du bout des doigt, au travers de mes couvertures.

- Ce que je voudrais c'est surtout connaître le sortilège qu'elle m'a lancé. A l'époque j'étais trop jeune pour comprendre les mots qu'elle a utilisé mais je suis certaine que c'était de la magie qu'elle prononçait.

Nos regards se croisent et elle soupire.

- Je la rajoute à ma liste, si jamais un jour on les retrouve ces deux femmes, on ne les oubliera pas cette fois.

J'hoche la tête.

Oui, j'aimerai vraiment savoir quel sort elle m'a jeté. Tout ce que je sais, c'est qu'elle parlait d'amour et que depuis…. Je n'ai plus jamais eu mes menstrues.

/

Hapi s'est endormie.

Le feu est éteint et seules les braises éclairent encore ma chambre. Je sors de mon lit et dépose une couverture sur le corps étendu de mon amie.

Puis quitte le pièce en emportant au passage le petit balluchon que j'avais préparé ainsi que ma cape de velours verte.

Il y a deux jours, je suis allée voir Edelgard et elle m'a donné rendez-vous ce soir, pour la retrouver. Elle m'a dit de préparer de simples bagages. J'ai réfléchis à sa demande. Même maintenant, alors que je traverse le couloir des dortoirs, j'y pense encore. Que peux-t-elle vouloir ? Il me semble que nous devons quitter le monastère, mais pourquoi?

Je ne sais toujours pas si je dois lui faire confiance, mais je me suis juré d'arrêter de l'abandonner. Même si nos voies divergent, que nos volontés ne se rencontrent pas, je ne serai plus son adversaire.

Arrivée devant la serre, j'évite soigneusement les gardes et file tout droit en direction des grilles. Je rabats ma capuche sur mon front et avance sur la pointe des pieds. Elle m'avait promis que les portes seraient ouvertes. Elle n'a pas menti.

Les mains sur le métal, je me retourne et contemple les façades du monastère endormi et silencieux. L'air frais s'engouffre dans ma poitrine et je reconnais chacune des odeurs de ce lieu hors de temps. Un frisson me parcourt et j'ai la sensation de le quitter, cette fois pour toujours.

J'expire et pousse la porte pour suivre le plan d'Edelgard.

Dehors, une calèche serait dissimulée derrière des fourrages. Je devais être à l'heure, pile entre les rondes des Chevaliers qui gardent ce lieu sacré. J'y suis et je toque à la porte, trois fois comme elle me l'a indiqué.

La porte s'ouvre et dans la pénombre, je la reconnais. Elle ne porte pas son uniforme. Alors je comprends où nous allons.

- A Enbarr ?

Elle hoche la tête et me tend la main pour que je monte la rejoindre. C'est une invitation et non un ordre comme elle en aurait l'habitude. Mais il n'est pas question que je refuse. Je veux savoir ce qu'il se trame, ce qui la pousse à laisser sa classe pour regagner la vieille capitale.

Ma botte prend appuie sur le marche-pied et je m'enfonce dans la calèche rudimentaire. Edelgard ferme la porte derrière moi et toque au cochet qui fait claquer les rênes aussitôt. Je n'ai pas le temps de m'asseoir que nous sommes déjà partis. Je pose maladroitement mes fesses sur la banquette fine et me rends seulement compte que je tenais sa main. Ou est-ce elle qui tient le mienne ? Peu importe. Il n'y a que nous deux pour la nuit dans cette calèche.

Le noir est complet, je ne discerne rien malgré mes pupilles dilatées au maximum. C'est trop tôt, ou trop tard pour la chasse, ce n'est pas l'heure des prédateurs. Je me relève entre deux remous des roues et m'en vais m'asseoir à coté d'elle. Edelgard se contracte en me sentant ainsi près d'elle puis elle serre d'avantage ses épaules lorsque j'y dépose ma tête. Je suis fatiguée, de tant de choses.

Elle attrape un pan de ma cape et en recouvre mes jambes avant de nouer davantage ses doigts dans les miens. Je m'endors ainsi, sans avoir échangé un simple mot avec elle.

/

Les remparts d'Enbarr… C'est ce que j'aperçois dans la petite fenêtre de la calèche. Je viens à peine de me réveiller et Edelgard est toujours là, immobile. Il m'est bien difficile de savoir à quoi elle peut penser.

- La cité n'a pas changé.

J'ose entamer la conversation. Elle me répond sans se retourner.

- Elle est trop vielle pour le faire, le monde doit s'en charger à sa place.

J'arque un sourcil et constate qu'elle a lâché ma main. A-t-elle dormi ?

- Ce sera votre mission lorsque vous serez impératrice, la tâche qui vous attend me parait si vaste.

Edelgard tourne légèrement la tête mais ne m'autorise aucun regard.

- Elle m'incombera bien plus vite que vous ne le pensez.

A mon tour de soupirer. Je me vautre dans la banquette et laisse les toits impériaux défiler devant mes yeux. Les chevaux doivent être exténués, ils ont cavalé depuis deux jours pour rejoindre la capitale. Nous les avons changé quelque part dans le territoire de Bergliez, mais ces nouvelles montures sont déjà à bout de forces.

Bien heureusement pour elles, nous arrivons.

Edelgard et moi n'avons que peu échangé, elle semble encore plus concentrée qu'à l'accoutumée. Quant à moi, toutes mes pensées convergent vers le monastère, hier, Hapi a du se réveiller, seule dans ma chambre. Peut-être m'ont-ils cherché, mais ils commencent à être habitués à mes fugues. J'espère pouvoir revenir à eux avec assez d'éléments qui mettraient ma cousine hors de cause une bonne fois pour toutes. Car dans les yeux de Dimitri, du peu que j'ai pu les voir, j'y décèle toujours de la méfiance et des doutes à l'égard de la déléguée.

Et tant qu'il doutera d'elle, il doutera de moi.

Je soupire et de la buée se condense sur les vitraux fins de la calèche. Je ne sais plus trop ce que j'espère finalement. Peut-être que ce voyage me remettra les idées en place.

- Nous arrivons.

J'hoche la tête sans qu'elle ne me regarde et tandis que la calèche foule les graviers du Palais Impérial, elle m'attrape le bras.

- Luna, vous devez savoir, ce n'est pas moi qui ai souhaité votre venue. Non pas qu'elle me dérange, comprenez-moi … ce n'est pas ce que voulais dire, en tout cas pas ainsi.

Elle passe sa main sur son front et semble chercher ses mots.

- Cela me plait de vous savoir ici, mais ce n'est pas moi qui ai exigé votre venue. Et ce n'est pas entièrement pour moi que vous êtes ici.

Edelgard jette un dernier coup d'oeil par la fenêtre, derrière les rideaux de velours.

- Je vous en prie Luna, soyez prudente. Jamais encore je n'avais vu mon oncle réclamer une chose avec autant d'insistance. Vous seule pouvez savoir ce qu'il va exiger de vous et je tremble en me figurant ce qu'il pourrait encore vous prendre… surtout que … désormais votre sort me concerne et m'inquiète.

Ses yeux se braquent dans les miens.

- Je ne pourrais pas être avec vous, ils ne doivent pas apprendre pour notre… trêve. Alors ne changeons rien. Mais je vous assure que ma porte vous sera ouverte Luna.

Pour la première fois depuis des jours, mes lèvres se parent d'un sourire. Je dépose mes mains sur les siennes en entendant les pas des domestiques s'afférer autour de la calèche.

- Merci Edelgard. Soyez prudente vous aussi.

Elle parcourt mon visage de ses yeux parmes et avant qu'elle ne puisse dire quoi que ce soit, j'ouvre la porte et laisse le jour d'Enbarr s'introduire entre nous deux. Ses mains se défont des miennes et je glisse mon regard vers les deux gardes qui portent sur les vestons, le blason de la maison von Arundel.

Nous descendons, sans un regard et elle s'en va, flanquée d'une horde de suivants et de gardes vers les suites impériales. Tandis que j'emprunte la route des appartements du Régent.

Ma chambre au palais est telle que je l'avais laissée, il y a quelques lunes à peine, pourtant cela me semble si loin. Ma penderie est encore plus remplie d'étoffes précieuses et de nouveaux bijoux ruissèlent dans mes coffres. Des étoles, des parfums et des ouvrages viennent remplir encore plus toutes les étagères. Je traverse la pièce lumineuse et me dirige vers les grandes fenêtres vitrées et colorées. J'y vois le jardin, les arcades et les pavements fleuris. Du coin de l'oeil je cherche la fontaine, elle est vide malgré l'heure. Il n'est pas non plus venu m'accueillir comme il le faisait.

Je remarque alors qu'il y a une note manuscrite déposée sur le rebord de ma coiffeuse. Je me saisis du petit parchemin et dévale les lettres de mes yeux.

« Tu m'appartiens.

Nous dînerons ensemble ce soir.

A toi.

Volkhard. »

L'impatience se lit en effet dans les volutes de sa calligraphie. Lui qui pose toujours ses lettres avec mesure, là, je sens l'empressement qu'il éprouve.

Un diner ? Il n'est même pas encore l'heure de déjeuner.

Je fais teinter ma clochette et bientôt les domestiques accourent dans ma chambre. Il me semble que certains me sont inconnus, ils ne doivent pas être au palais depuis longtemps.

- Faites-moi préparer un bain.

La gouvernante s'incline et fait un pas vers moi.

- Le Régent nous en a déjà donné l'ordre, l'eau est chaude Mademoiselle d'Arundel.

Je hisse mes poings sur mes hanches.

- Vous n'aviez qu'à le dire plus tôt.

Tous s'inclinent et je prends le chemin de la salle d'eau, à côté de ma chambre. A peine la porte poussée, je sens déjà les parfums. Il a choisi jusqu'au moindre détail des fragrances qui recouvriront mon corps. Toutes ses préférées, des embruns suaves, sucrés et enivrants. Plus je vois les flacons alignés et plus je doute qu'il attende de moi qu'un simple « diner ».

Je retire mon uniforme lorsque la gouvernante et les servantes ont refermé la porte. Vêtues de mon caleçon et de mon corset, je m'arrête et me retourne légèrement.

- Vous êtes nouvelles mesdames.

- Oui Lady…

Je commence à défaire les noeuds de mon corset et poursuis.

- Alors si vous tenez à la vie quitter la salle, il n'y a que le Régent qui puisse me voir nue.

Elles poussent de légers cris de surprises et s'en vont comme des poules apeurées. Il a déjà du les traumatiser d'une quelconque manière. Me voir nue. Je ris, là encore cette sensation m'avait quitté mais elle regagne mes lèvres. Il se croit encore seul maître de ce privilège mais la réalité est bien différente.

Je déleste mon corps des derniers vêtements et plonge dans l'eau chaude et parfumée. Je connais chacun des rituels qu'il apprécie. L'odeur délicate des bougies se mêle à l'huile de framboise dont je fais tomber quelques gouttes dans l'eau. Ma peau reprend ses anciens embruns, j'ai l'impression de renouer avec la Luna du passé, celle-là même que j'ai tenté d'enterré. Elle est morte au monastère, mais il reste ici, encore bien trop de ses reliques.

/

Le bain fut long est l'eau est désormais presque froide. En plus d'être extrêmement sale. Il n'est pas possible d'en prendre au monastère et toutes les fragrances délicates dont je disposais ont été soit utilisées soit troquées contre des denrées, il ne me reste rien.

Je sors de l'eau et attrape le peignoir. Ce n'est pas le mien, mais le sien. Il est baigné de son odeur et en le faisant glisser sur ma peau c'est comme si je sentais la sienne me caresser. Il est bien le roi des attentions.

Même si elles visent toutes à un dessein que je commence à apercevoir, c'est amusant de voir l'effort qu'il a mis à me faire passer le message.

« Tu m'appartiens ».

Si c'était si vrai Volkhard, vous n'auriez pas à déployer tant de moyens pour m'en persuader. Des subterfuges vains.

Je noue la ceinture de soie rouge et m'en vais peigner mes cheveux. Je prends soin de ne pas tirer sur les perles qui y sont nouées, j'en recevrais une nouvelle ce soir, la seizième. Dans le miroir, c'est comme si je me redécouvrais. Mon teint est devenu légèrement halé et j'ai moins de cernes qu'à l'habitude. Maintenant que je ne plisse plus les yeux sous le soleil, que j'ai relégué mon ombrelle au fond de mon armoire, ma peau est plus lisse et rosée. Mes cheveux ont beaucoup poussé et les boucles se sont allongées.

La dernière fois que Volkhard m'a vu, il m'a dit ne pas m'avoir reconnue, je commence à comprendre pourquoi. J'ai grandi et je ne vois plus sur mon visage, les courbes enfantines que j'arborais avant. Mon nez s'est allongé et mes joues se sont creusées. Quant à mes lèvres, elles sont devenues plus charnues et plus rouges. Toutes ces années privée de sang, anémiée, affamée sont désormais terminées et mon corps se rattrape autant qu'il le peut.

J'essors doucement mes boucles après les avoir enduit d'huile et repousse légèrement le col du peignoir sur mes épaules.

Là où seules les démarcations osseuses ornaient mon corps, je vois désormais des muscles fins mais puissants. Je me suis entrainé dur et même si j'ai perdu l'élégance de mes doigts, je comprends l'intention de Felix.

Mon bassin s'est élargit et ma poitrine a grossi, légèrement mais je le remarque à présent. Les marques de mon corset ont taillé mon buste et j'ai désormais des formes là où il n'y avait qu'un corps d'enfant.

Je trempe mon petit doigt dans le baume rouge qu'il aime tant et enduis mes lèvres de la cire colorée. Puis je quitte le pièce.

Dehors, les dames de chambre rappliquent aussitôt en rougissant. Nous regagnons ma chambre et elles tirent le paravent. Je m'y glisse, déposant au sol le vêtement de Volkhard et les laisse me confier une à une les pièces de la robe qu'il a choisi pour moi. Du rouge évidement, encore et toujours cette manie infernale. Une fois les sous-vêtements enfilés, elles viennent m'aider à me parer des atours de la noble dame qu'elles imaginent que je suis.

/

J'ai déjeuné seule et pris ma collation dans la bibliothèque, là où j'ai passé toute la journée. Les jeunes nobles impériaux m'ont dévisagé sans répit mais je n'en ai eu que faire.

Les trésors de la bibliothèque du palais m'ont bien plus fait saliver que leurs petits minois lisses et insipides. Il y a tant à lire. Derrière une étagère, coincé derrière des ouvrages dédiés à l'histoire de Fodlán, j'ai trouvé un carnet de notes. Il était poussiéreux et complètement plié. Quiconque n'aurait pas lu les pages aurait pu croire qu'il s'agissait d'un simple feuillet déchiré d'un autre ouvrage. C'est en tout cas ce que j'ai cru en l'attrapant après l'avoir extrait (non sans peine) du fond de l'étagère. Mais en réalité, celui - ou celle - qui l'a déposé ici voulait cacher son oeuvre sans pour autant parvenir à la détruire.

Ces notes ne sont pas aussi anciennes que les ouvrages de Fodlán, mais pas non plus récentes à en croire l'état des parchemins.

Piquée de curiosité, je les ai parcouru et quelle ne fut pas ma surprise d'y découvrir des mots que je connais.

« Reconstruction d'emblème »

« Lignée emblématique »

« Reproduction anticipée »

Le rédacteur du carnet cherchait non seulement un moyen de maîtriser les naissances à emblèmes au sein d'une même lignée, mais aussi, à les amplifier pour aller jusqu'à … créer des porteurs de deux emblèmes ?!

J'ai failli m'étouffer en lisant certaines pages. La pensée de l'auteur me rappelle étrangement celle d'Hanneman et sa théorie liée à l'hérédité des emblèmes …. Mais celui qui a écrit ces pages n'avait aucune limite. Allant même jusqu'à parler de « mise en pratique sur sujet docile ». A-t-il réussi ? Ses écrits me rappellent ce que j'ai lu dans le carnet du professeur fouinard, concernant Lysithea et ses deux emblèmes. Est-ce lui qui a ainsi rédigé ces notes obscures? Je me surprends à préférer que tel soit le cas, car au moins personne d'autre n'aurait eu cette sinistre idée… mais j'ai déjà eu le loisir de voir la calligraphie d'Hanneman… et ce n'est pas lui qui a rédigé ces mots.

Parmi les lignes noircies, mes yeux se figent sur une phrase :

« Embleme de T. - et si pas disparu ? »

« T. »… il n'y a qu'un seul emblème qui commence par la lettre T, celui de Timotheos.

Celui d'Hapi !

Je me jette à coeur perdu dans la lecture abrupte de ces notes parfois jetées sans grande cohérence. D'ailleurs, plus j'avance dans la lecture, plus elles sont insensées, l'écriture même change et ses lettres se transforment en symboles étranges, comme des runes oubliées…

« Vu Volkhard, il cherche possesseur Emblème de la Bête. Mauvaise idée à mon sens, l'emblème dégénère. »

Puis, les dernières phrases jetées à l'encre noire :

« Epidémie mortelle à Fhirdiad, je me rends sur place pour aider les populations.»

Un profond soupire s'échappe de mes lèvres. Je ne sais pas quoi en penser et je referme le carnet en caressant la page de couverture en cuir. Dans un coin inférieur, mes doigts sentent des aspérités, comme des lettres gravées dans la peau. J'agite le carnet en espérant capter un rayon de lumière pour découvrir ce qui y est inscrit.

« C.A »

Surement les initiales du possesseur, du scientifique complètement absorbé par son art. J'espère qu'il a échoué dans ses tentatives et manipulations. De ce que j'ai pu lire, les limites et la retenue n'avaient pas sa place dans sa pensée. Un tel savant a pu accomplir de grandes choses, ou bien sombrer dans la folie et la déshumanisation la plus complète. Je glisse le carnet sous ma cape et m'en vais chercher les rayonnages consacrés à l'histoire des sciences. Il doit bien y avoir un ouvrage sur les grands scientifiques… Il me suffirait de rechercher par leurs initiales.

- Mademoiselle d'Arundel, le Régent vous fait demander dans ses appartements.

J'ai presque sursauté lorsque le majordome s'est approché de moi. J'étais si concentrée que je ne l'ai pas entendu arriver. D'un mouvement sec du menton, je le salue et m'en vais récupérer précautionneusement ma cape ainsi que le carnet toujours caché dessous.

Nous quittons la bibliothèque et je prétexte devoir m'arrêter par ma chambre pour réajuster ma coiffure avant de retrouver le Régent. Le majordome laisse la porte ouverte mais ne pénètre pas la pièce. Assise à ma coiffeuse, il me faut dissimuler rapidement le carnet dans un tiroir sans qu'il ne le voit. Je tire la poignée en le guettant du coin de l'oeil. C'est par chance, la relève de la garde qui attire son attention, juste assez pour que je balance le carnet dans le tiroir et le referme.

- Je suis prête.

Il hoche la tête et nous reprenons la route vers les appartements du Régent. Devant la porte, il toque et alors que je m'interroge sur l'utilité de la manoeuvre, une jeune femme sort de la pièce. Son chignon est défait et ses habits mal rangés.

Le majordome ne semble pas surpris. Les temps n'ont décidément pas changés en mon absence. Une fois la fille sortie, je roule des yeux tandis qu'il ouvre la porte.

En face, derrière le large bureau et à contre-jour, Volkhard est de dos, concentré sur le jardin en contre-bas. Il ne se retourne pas et chasse le majordome d'un revers de la main. Le servant ne se fait pas prier et referme illico la porte qui claque, juste avant que le silence ne se fasse.

Le bureau massif du Régent, recouvert de rouleaux et manuscrits. A droite, son lit à baldaquins et piliers de bois. Les draps ne sont pas défaits, il n'a pas pour habitude de prendre les soubrettes dans son lit, il n'y a que lui qui y dort. Et moi. A gauche, sa salle d'eau privée, je peux déjà y sentir les embruns de musc et de sauge qu'il affectionne. Un peu partout, des meubles offerts par les rois de ce mondes, des trophées, des armes et des présents des dignitaires des contrées asservies ou assiégées. Je reconnais des peintures brigiliènes, des poteries de Dagda.

Tous se sont acharnés à plaire à un homme, celui qui se tient face aux vitraux incolores et translucides, les mains nouées dans le dos. Sa longue veste de soie fleurie effleure le sol, il porte toujours les chrysanthèmes. Ses cheveux sont jetés en arrière et j'aperçois l'éclat des boucles de rubis qui pendent à ses oreilles.

Ma poitrine se soulève et mon corps vibre. Dans la lumière du jour expirant, mes yeux détaillent chaque partie de son corps. La dernière fois, nous nous sommes affrontés. Il a juré de me ramener à lui, et me voici. Je n'en veux pas à Edelgard car la Déesse est bien plus sadique. D'un geste, il tend l'une de ses mains vers moi, m'intimant l'ordre de le rejoindre. Ce que je fais, en me positionnant, de l'autre coté.

Il rabat doucement sa main dans son dos et se tourne vers moi.

Son corps.

Je le connais, pour en avoir désiré chaque parcelle. Chacun des muscles saillants et puissants qui ornent son torse, jusqu'à l'échancrure de son bassin, a fait l'objet de mes convoitises. Il le sait et me teste en les arborant de la sorte, si simplement sous mon nez. Il m'avait déjà dit que je n'avais qu'un pas à faire pour le dévorer. Il n'y a qu'un pas qui nous sépare, alors je recule pour en mettre deux.

- Le jardin a perdu de ses couleurs.

J'ignore ses yeux, son léger rire et me concentre sur la vue.

- Tu as oublié jusqu'à nos présentations habituelles ?

La fontaine ne fonctionne plus, il me semblait pourtant l'avoir vu ce matin.

- Peu importe. Qui que vous soyez, levez donc la main sur moi et je vous tue dans la seconde.

Je baisse légèrement le visage et je sens qu'il avance vers moi. Juste d'un pas.

- Comme j'aimerai voir cela.

Mes bras se croisent sous ma poitrine et je daigne finalement orienter mon regard vers le sien. Ses yeux parmes et scintillants. J'ai l'impression qu'ils brillent davantage ce soir, d'avarice et de désir. Il est satisfait de pourvoir enfin croiser mon regard et étire doucement son bras jusqu'à ma joue.

- Il suffit donc de lever la main sur toi n'est-ce pas ?

J'allais répondre mais sa gifle résonne sur mon silence. Il est rapide et agile, comme toujours. La chaleur laissée sur ma peau picote légèrement. Ses sourcils s'arquent et ma décision se prend, instantanément, je ne réfléchis plus.

D'un coup, mon poing s'enflamme et je saisis sa gorge pour la broyer dans ma main. Mes articulations se bloquent autour de son cou, à l'instant où il profite de mon élan pour m'attirer à lui. Ses bras puissants me plaquent contre sa poitrine nue et je ressens sa peau, comme je ressens ses lèvres dévorer les miennes avec sa fougue habituelle.

Non, pire encore.

J'en perds l'équilibre tant il me consomme et ma main n'en finit plus de s'embraser contre ses chaires. Je me rattrape à ses cheveux et use encore de ma magie pour me soulever et hisser plus haut. Mais il me maintient et ne cesse l'offensive de ses baisers qui m'assaillent jusqu'à me priver de souffle. Mes papilles s'affolent en retrouvant sa saveur. J'extirpe mes mains de lui et les plaque sur ses pectoraux charnus pour enflammer mes phalanges et les repousser. De moi, de mes lèvres et de mon corps qui réclamait encore plus.

Seule sa veste de soie a subi la combustion, je le sais immunisé contre beaucoup de magie, les grâces de Thales … Il essuie sa bouche d'un revers de la main et lèche ostensiblement le bout de ses doigts en me défiant du regard.

- Tu m'as tant manqué, petite garce.

Puis il se retourne et s'en va vers son bain.

- Viens, j'ai une histoire amusante à te raconter.

Je masse un peu ma joue, dans le reflet de la vitre, je devine qu'elle a rougit de la gifle de Volkhard.

- Tsss.

Dans la salle de toilette, je l'entends qui rendre dans l'eau en soupirant.

- Lunaaa …

Une soupire meurt entre mes lèvres et je me dirige finalement vers lui. La baignoire carrelée de faïences colorées déborde et il me faut relever mon jupon pour m'asseoir sur le banc qui m'est réservé. Derrière sa tête, là où s'écoule sa chevelure. Tandis que sa nuque est déposée sur un coussin de velours, j'attrape le seau d'eau et fais lentement couler le liquide sur son front et ses cheveux. Il ferme les yeux et sa voix résonne avec écho dans la salle humide.

- Connais-tu l'histoire de la famille Von Nuvelle ?

L'eau chaude s'écoule sur mon jupon et j'attrape le flacon de savon pour ses cheveux de soie.

- Je n'en connais que l'héritière, et très peu.

Volkhard fait clapoter légèrement sa main dans l'eau.

- Certes, et bien figure toi qu'ils avaient une petite particularité. Ils se mariaient et baisaient entre eux pour conserver la pureté de leur emblème !

Je masse son crâne du bout des doigts, je sais qu'il aime ça. Ses sourcils se détendent et sa respiration est plus basse.

- Et c'est cela que vous trouvez si amusant ?

Il sourit et allonge ses jambes dans l'eau.

- Non, évidement. Mais comme tu le sais, le territoire de Nuvelle appartient à l'Empire et il y a bien longtemps un accord a été passé entre la couronne et leur famille pour permettre leurs pratiques. Il est donc devenu tout à fait licite de forniquer et d'épouser un membre de sa lignée, peu importe le degré, à une seule condition.

Je peigne à présent ses longueurs en prenant soin d'éviter ses oreilles ornées.

- Laquelle ?

Une idée s'est déjà glissée dans mon esprit.

- Que la fille soit majeure. Aucun mariage ne pourrait être prononcé et aucun enfant reconnu avant la majorité de la jeune fille.

Son sourire s'étire tandis qu'il attrape ma main et se retourne pour planter ses yeux vers moi. Sa peau scintille des ruissellements et il se relève pour se rapprocher encore plus.

- Tu ne trouves pas cela amusant ?

Puis il dépose ses lèvres sur les miennes et m'attrape pour me faire basculer dans l'eau avec lui. Mon corps est blotti contre le sien, complètement nu, et je peux agripper tous les recoins de sa peau. Ses mains accaparent mes cuisses et les plaquent contre son érection déjà bien présente. Je bataille pour l'éloigner de moi mais il parvient à enserre ma nuque et plonge ma tête sous l'eau. Je le griffe et tente de regagner la surface. Mes bras s'agitent alors que je sens son sexe se frotter sur mon intimité.

Il me tracte jusqu'à l'air libre et j'expire, tousse en me raccrochant à son bras sanguinolent. Mes ongles meurtrissent sa peau je le sens à deux doigts de l'extase. Volkhard enfonce ses doigts dans ma bouche et bloque mon autre bras dans mon dos. Il jouit en léchant mes lèvres.

Puis il éclate de rire.

- Regarde moi ça. Tu as appris à te débattre et j'en bande encore plus.

Sa respiration est saccadée, il effleure mes cuisses sans les toucher.

- J'ai à peine posé les mains sur toi et tu m'as déjà rendu fou.

Coincée contre le rebord de sa baignoire j'essuie mes lèvres en voyant l'immondice blanc flotter à la surface de l'eau. Je tente de dérober à ses yeux ma poitrine qui pointe, mais il l'a vu et sourit.

- Mangeons d'abord.

Volkhard sort de l'eau, attrape un peignoir et glisse un nouveau baiser dans mon cou.

- Nous nous dévorerons pour le désert, mon amour.

Ses dents se plantent dans ma peau et je frisonne sans parvenir à retenir un râle de plaisir. Il n'y a pas que lui qui en devient fou.

Il s'en va, me laissant la lourde tâche de me défaire de ces habits alourdis par l'eau. Mon corset me fait mal et je peine à sortir de la baignoire. Je glisse plusieurs fois pour finalement parvenir à m'en extraire.

Sur l'étagère, je découvre des vêtements de rechange.

- Change toi, nous ne seront pas seuls à dîner.

Il est revenu, sa chemise ouverte et les cheveux humides qui dégoulinent jusqu'à son pantalon rouge brodé d'or.

- Tu veux de l'aide ?

Je grogne sous son sourire malicieux et satisfait de me voir en si piteux état. Eh dire qu'avant, j'avais si peur qu'il me voit, ne serait-ce qu'avec une mèche de travers …

/

Nous ne sommes effectivement pas seuls ce soir au dîner, le Duc Aegir (le cochon de l'Empire) est là lui aussi. Il m'a lourdement baisé la main et a poussé certaines servantes pour venir poser son fessier conséquent à côté de moi.

- L'air du Monastère vous va à ravir Luna. Vous avez tant grandi.

Ses gros yeux me regardent tandis que la main de Volkhard se pose sur mon épaule.

- Elle est à présent à Enbarr, Ludwig.

Les yeux parmes du Régent survolent le crâne luisant du Duc non sans malice. Mais il n'a, semble-t-il, pas compris la mise en garde de Volkhard, puisqu'il poursuit tandis que l'un des gouvernantes dépose une serviette sur mes genoux.

- Avez-vous eu le loisir de croiser mon fils à Garreg Mach ? C'est un jeune homme plein de vigueur. Qu'en penseriez-vous Volkhard ? D'une alliance entre nos deux maisons ?

J'esquisse un petit sourire tandis que je pose ma main sur celle du Duc, puis détourne mon regard vers le Régent.

- Oui, père … qu'en penseriez-vous. J'ai pu m'entretenir avec Ferdinand Von Aegir, il possède en effet de belles qualités. Notamment en danse, il a été l'un de mes cavaliers le soir du bal.

Je passe sous silence le fait que j'ai mis à tapis le rouquin, cela réjouirait trop Volkhard. Non, là je profite des éclairs que ses yeux me dardent.

- Ne le saviez-vous pas Ludwig ? Ma tendre Luna est fiancée.

J'entends à peine le dernier mot de sa phrase quand je perçois, par l'une des portes arrondies au fond de la grande salle, les pas d'Edelgard. J'ai l'impression qu'elle marche sur le rythme de mon coeur qui bat. Elle est seule, je la pensais en compagnie de son père, l'Empereur, mais c'est bien seule qu'elle tire la chaise qui préside à l'assemblée. Il y a d'autres nobles impériaux, tous de hautes familles et tous se taisent à l'arrivée de l'héritière. Elle a revêtu les couleurs de sa nation et a noué ses cheveux. Ce détail me foudroie, elle ne s'apprête ainsi que dans des circonstances … exceptionnelles.

Je prends alors une seconde pour énumérer les nobles présents. Ce sont tous des alliés solides de la famille impériale. Et pourtant nous en si petit comité.

Volkhard va saluer sa nièce et congédie ses gens aussitôt les mets déposés sur la table. En regagnant sa chaise il passe de mon coté et dépose un verre devant mes assiettes.

- Te voici majeure ma douce, tu vas enfin pouvoir goûter à certains plaisirs.

Sa main glisse le long de ma nuque et son pouce caresse ma peau frissonnante.

Puis Edelgard se lève.

Tous les regards convergent vers elle et je fais de mon mieux pour masquer l'intérêt que je lui porte. Elle ne glisse pas un oeil sur moi et arbore sans faille, la couronne invisible qui pèse déjà sur ses épaules.

- Chers partisans, banerets loyaux et fidèles proches de la couronne impériale. Je me suis entretenue avec l'Empereur tout le jour et une décision a été prise. Dès demain, je serai sacrée Impératrice d'Adrestia. Vous serez convié au sacre qui, compte tenu de la santé de l'Empereur, aura lieu sans les frasques traditionnelles. Mais il me suffit de votre soutien pour porter la couronne et vous assurer de ma détermination. L'avenir de l'Empire, de Fodlan s'écrira sous les lettres de nos noms, tant que vous me suivrez.

Elle lève sa coupe et tous se suivirent, moi y compris, pour boire à la santé de la future impératrice.

/

Le repas s'achève dans un silence chargé des pensées de chacun.

Demain aura donc lieu le couronnement d'Edelgard. Impératrice.

Je termine mon verre de vin et le dépose sur la table. Volkhard l'attrape et le rempli, tout comme le sien, avant de tirer ma chaise et de me le tendre.

- Rentrons, la nuit ne fait que commencer.

J'hoche la tête, Edelgard s'apprête à franchir les portes et nous pouvons enfin échanger elle et moi un regard. Bref, mais déterminé. La nuit sera longue pour nous deux. Ma main glisse sur le bras de Volkhard et j'attrape mon verre quand il dépose un baiser sur ma tempe.

- Vous avez bien de la chance Volkhard, une enfant pareille …. Cela ne vous peine pas de la laisser au bras d'un autre homme ?

Le Cochon de l'Empires est encore plus rond qu'à l'habitude et tangue sur ses suivantes. Volkhard se défait de moi et le pousse un peu plus sur les soubrettes affolées.

- Qui donc vous a dit qu'elle se déferait un jour de moi ?

Puis il rit, en toisant les pauvres filles dont les jupons ne suffisent pas à contenir les mains de l'affreux noble. Je fais un pas en avant, rhabille les suivantes et appelle le majordome pour qu'il porte le Duc d'Aegir.

- Occupez-vous plutôt de la table.

Elles acquiescent et se défont bien vite du corps lourd et surtout des mains baladeuses du Porc.

- Mais que voici de nobles manières.

En parlant d'animal… tel un serpent, Volkhard a entortillé son bras autour de ma petite taille et ses mains serpentent jusqu'à ma poitrine. Je le repousse doucement et m'en vais en faisant tournoyer le vin dans mon verre. Je quitte la grande pièce par l'une des portes battantes sculptées et prends la direction de ma chambre, seule. Dans la chambre, j'avale d'une traite le liquide âpre et inspire.

Edelgard sera demain, le nouvel Empereur d'Adrestia. C'est … incroyable, précipité et … inquiétant. Je savais bien qu'elle devrait un jour porter ce titre, mais si tôt … Pourquoi ?

Je tousse et réajuste mon corset serré.

- Tu as froid ?

Il m'a laissée en paix toute la journée mais ne m'autorise désormais plus le moindre répit. Volkhard a pris le passage dérobé qui lie nos deux chambres. Une simple tapisserie accrochée au mur l'occulte, je ne l'ai donc pas entendu.

Je me retourne et le vois qui parcourt des yeux mes penderies et étagères.

- Tu as vu, j'ai fais venir de nouvelles robes.

Puis il s'en va vers mes coffres à bijoux.

- Et de nouveaux trésors.

Il se rapproche de moi après avoir bien insisté sur le dernier mot. Doucement, il relève mes cheveux et dépose un baiser dans ma nuque.

- Tout ceci est à toi, j'aurai pu te les faire porter au Monastère, mais tu ne voulais plus de moi. Je n'ai pourtant pas résisté à t'envoyer cette robe, pour ton anniversaire. J'aurai tant voulu te voir dedans.

Ses doigts frôlent mes épaules nues et se glissent sous mes aisselles pour enserrer ma poitrine. Il pousse un soupir de plaisir et dépose son menton contre ma tempe.

J'esquisse un sourire.

- N'ayez pas de regrets Seigneur, je ne l'ai pas porté.

Il s'arrête. Je parcours doucement le bout de mes doigts sur ses phalanges et lui glisse à l'oreille.

- Je l'ai offerte à une autre étudiante. Vous savez pourtant à quel point je déteste le rouge.

Et j'arrache ses mains de mon corsage, me retourne pour le fusiller du regard. Il est recouvert de cette couleur que je hais et je retiens sans cesse des hauts-le-coeurs sur cet accoutrement ridicule dont il m'a affublé. La seule chose qui me plait, ce sont les manches qui cachent ce morceau de tissu bleu saphir noué à mon poignet, déposé sur les veines de mon coeur battant.

Je croise les bras et soutiens son regard.

- Et cette histoire de fiancé alors ?

Volkhard passe sa main dans sa nuque et ramène ses longueurs d'un seul côté. Il rit.

- Il me faut reconnaître que ce fut une manière peu cavalière de te l'annoncer, ou tout du moins, de l'annoncer. Mais tu dois bien t'en douter.

Il croise ses bras dans son dos devant le vitrail de ma chambre.

- Vous m'aviez parlé d'une dette à acquitter. Est-ce cela ? Epouser celui que vous aurait désigné ? Soit …

Ses yeux glissent au-dessus de ses épaules et ses prunelles scintillent sous les étoiles.

- « soit » ? Tu n'as donc pas compris ?

Je fais mine de mettre de l'ordre dans ma coiffeuse et ne lui accorde que peu d'attention.

- Tant que ce n'est pas Hubert …

Il éclate de rire et je dois bien avouer que l'entendre ainsi m'arrache un sourire.

- Non mon amour, ce n'est pas le fils Vestra.

Les flacons de parfums s'entrechoquent et je me retourne vers lui.

- Alors oui, qu'il en soit ainsi. Ma dette sera acquittée.

Volkhard sourit et cette fois, ce sont ses dents qui luisent sous la lune à mesure qu'il se rapproche de moi.

- Bien, cela me réjouit de te savoir si facile.

Il se baisse et soulève mon jupon, pour découvrir mes jambes nues.

- Nous pouvons dons profiter de nos noces.

Le temps que je comprenne le sens de ses paroles il s'est déjà glissé complètement sous mon jupon. Ses mains agrippent mes cuisses et sa langue …

- Volkaaaaaaa…aaaah.

A tâtons je tente de le repousser mais … mais … comme c'est bon. Je sens sa barbe douce frotter mes parties intimes et sa langue, frétiller juste là où il faut. Tout ce que je vois c'est mon jupon qui bouge et pourtant, je sens … le plaisir monter par vague prêtes à déferler dans mon corps.

/ TOC TOC /

- Quoi ?!

J'ai crié et pourtant, ce n'était pas une invitation. Plutôt de la colère contre celui qui me dérange à un moment pareil.

- Demoiselle, la Princesse Impériale vous fait porter une tasse de thé.

Je mords ma lèvre pour réprimer un soupire de plaisir. Comme je suis derrière le lit, et lui de l'autre côté, il ne voit rien, pas même le pan de la veste de Volkhard qui dépasse de sous mon jupon. Tout ce qu'il doit voir c'est mon visage rouge de honte, de jouissance et mon corps qui tremble.

- Dépo… hum… déposez ça là.

Du bout des doigts, je désigne ma table de chevet. Bien caché, Volkhard s'amuse de la situation et s'active encore, des spasmes soulèvent mon ventre et je replie mes orteils dans mes souliers.

- Bien Demoiselle.

Puis je le chasse d'un geste de la main. Mais qu'il s'en aille je suis au bord de ….

- Nnnnng.. aaah.

Mon souffle se perd dans des notes aiguës. Les torrents d'orgasmes se diffusent dans mes veines. Je manque de tomber mais il me retient. Me soulève pour me hisser sur ses hanches tandis qu'il se relève.

- Tu vas hurler cette nuit. Hurler tout ce que je me retiens de te faire depuis si longtemps.

Il mord mon oreille et me porte jusqu'à son lit. Dans sa chambre, il me jette violement sur ses draps parfumés et arrache mes bottes. Je pourrais croire que ses ongles lacèrent le cuir tant il a hâte de me dévêtir. Si impatient qu'il arrache ma robe toute entière et ne me laisse que le corset sur la peau. Puis il pose un genou sur le lit et se penche en attrapant mes mains, pour les guider, juste en-dessous de sa ceinture.

J'ai encore dans le corps les trémolos du plaisir qu'il m'a procuré. C'est grisant.

Il plante son regard dans le mien, je sais qu'il préfère voir mes yeux lorsque j'enfonce son membre dans ma bouche pour le soulager. Je m'avance alors, à quatre pattes pour défaire sa braguette et saisir l'érection qui en sort aussitôt pour taper ma joue. J'attrape la base et glisse le bout entre me lèvres et mordille la peau tendre pour le faire expirer de plaisir. Ma langue s'enroule autour de sa verge qui grossit dans ma bouche et agite ma tête d'avant en arrière pour lui procurer encore plus de sensations. Il ressert ses mains sur mes épaules, pour s'avancer davantage dans ma bouche et relève un peu mon menton pour que nos regards se croisent.

Il est si beau, emprunt de volupté et corrompu de plaisir et de stupre à n'en plus finir. J'attrape ses fesses et fait déguerpir son pantalon. Mes ongles glissent entre ses jambes tandis que ma bouche s'affaire toujours. Il presse et presse son pubis contre mon nez et crispe ses doigts dans mes cheveux.

Puis il bloque ma nuque et me coupe la respiration.

Sa chose est entrée jusque dans ma gorge et le liquide qui s'en déverse noie ma respiration dans un torrent de foutre. Des larmes perlent à mes yeux et j'ai la sensation de suffoquer. Quant à lui, il jouit encore dans un râle de soulagement et de sauvagerie en découvrant mon visage baigné de larmes.

Il rit et me jette en arrière.

Je peine à me hisser sur mes coudes et recrache le foutre sur les tissus précieux en lambeaux. Mon nez coule et mes yeux sont embrumés de larmes. Je ne parviens pas à réagir lorsqu'il écarte mes jambes et me tire vers lui par le bras. Il les rabat sur mon dos qu'il écrase juste avant de … rentrer violemment en moi.

Il me semble qu'il a jouit encore.

Moi tout ce que j'ai, c'est ce sentiment de déchirure qui me transperce tout le corps. Je crois que j'ai hurlé, mais mon cri a été recouvert par le sien.

- Par les putains des Saints. Luna … Si tu savais comme c'est bon.

Je tremble, mais ce n'est pas par plaisir. Il le monopolise, moi ce que j'éprouve, c'est la douleur. J'ai mal, rien qu'à respirer, rien qu'à vivre. Alors quant il commence à faire ses va-et-viens dans mon dos, l'écho de la douleur persiste et se répercute à chaque fois qu'il me percute. Ses mains empoignent mes fesses qu'il claque et malaxe avant de reprendre la pénétration. Ma tête résonne a chaque coup.

J'ai perdu la notion du temps, j'ai peur de compter. Mais je prie pour que ça s'arrête. Je me cramponne aux draps et les lacère autant qu'il me brutalise. Combien de potions de vigueur a-t-il pris pour tenir ainsi ?!

Je sèche mes larmes et ravale mon hoquet pour tenter de desserrer un peu mon corset, une part de ma douleur vient de là. Volkhard a tellement appuyé sur mon dos que mes poumons sont comprimés, mes os recroquevillés.

- A…arr…arrêtez …

J'articule dans un soupir et m'effondre sur le lit, incapable de défaire les liens de mon corset.

Il me semble qu'il s'est arrêté.

/

Je reprends conscience, il est déjà tard lorsque j'ouvre les yeux. Je vois le bureau de Volkhard et je … suis sur ses genoux, blottis contre sa poitrine et enveloppée dans une couverture si douce…

- Tu es réveillée ?

Au-dessus de ma tête, il s'affaire à nouer la seizième perle dans mes cheveux. Je fais retomber mon regard sur son bureau et la petite boite ouverte qui s'y trouve. C'était un collier, les perles dans mes cheveux proviennent d'un collier, je ne l'avais jamais vu. Et ne le verrai sans doute plus, il a déjà refermé la boite en même temps qu'il a déposé les outils pour tisser la nouvelle perle. Volkhard réajuste la couverture sur mes épaules et me presse doucement contre lui.

- Je n'ai pas été tendre, je dois l'avouer.

- C'est le moins que vous puissiez dire.

Je gigote et constate que je ne porte plus mon corset.

- J'aurai dû te le retirer aussi, j'ai été trop impatient. Pardonne moi Luna.

Il dépose un baiser dans mes cheveux.

- Tu as tant saigné … nous dormirons dans ton lit cette nuit.

Sous la couverture, je glisse mes doigts à l'intérieur de mes cuisses. Il y a une substance visqueuse.

- Je t'ai mis un baume pour cicatriser. Mais tout ce sang que tu as perdu, ce n'est pas normal. J'appellerai demain un médecin pour t'ausculter.

- Ce ne sera pas la peine…

Volkhard caresse ma joue et ramène mon visage vers le sien.

- Ça l'est, ce n'est pas ainsi que tu porteras notre descendance.

Ses mots éveillent en moi ceux que j'ai pu lire un peu plus tôt, dans le carnet. La descendance, la transmission d'emblèmes, du mien … c'est cela qu'il cherche.

- Tu les imagines, ces enfants porteurs de ta sauvagerie, avec mon sang et les attributs de Thales ! Haha ! Des monstres de puissances, capables de tout conquérir et de tout saccager !

Il n'en finit plus de rire et de me couvrir de baisers. Puis il mordille mon oreille et me susurre.

- Je te baiserai pour que tu me fasses une armée.

Je voudrais m'en aller mais mes jambes ne bougent pas. Il constelle mon bras de baisers qui me dégoutent à présent.

- Tu es si délicieuse … si je m'écoutais, je te consommerai encore, jusqu'au levé du jour. Comme c'est dur de te résister. Mais j'aurai toute l'éternité pour savourer l'intérieur de tes cuisses. Allons dormir mon amour.

Volkhard me porte et je sursaute lorsqu'il me touche, ça le fait sourire. Il claque un baiser sur mes lèvres et m'entraine jusqu'à mon lit.

Sous les draps, j'étire mon bras pour saisir l'anse de la tasse portée par Edelgard. Elle est froide mais l'odeur qui s'en dégage m'arracherait des larmes. Ce n'est pas notre thé habituel, c'est un mélange de plantes pour la guérison… J'avale goulûment le liquide et sursaute lorsque Volkhard se glisse dans le lit à côté de moi.

Il saisit la tasse et me la retire avant que j'ai pu tout terminer, puis la repose sur ma table de chevet. Son corps se colle au mien et il dépose son bras sur mes hanches. Son nez se frotte à ma nuque et il rabat mon bras contre ma poitrine.

- Sitôt la mascarade de Garreg Mach enterrée, je t'épouse dans l'heure et te mets mon héritier dans le ventre. Alors tu ferais mieux de te reposer. Je ne serai ni tendre, ni patient.

Faisant de mon mieux pour cacher mes tremblements, je ferme les yeux et caresse le ruban bleu noué à mon poignet.

Grâce au thé d'Edelgard, je parviens à trouver le sommeil.

J'avais parié à pile ou face qu'il me tuerait … La Déesse s'est encore une fois joué de mon sort.

Quelque part dans mes rêves, j'aimerai ne jamais me réveiller.