Bonjour à tous !

J'espère que vous allez bien.

Voici ci-dessous le dernier chapitre.

Bonne lecture,

Perhentian

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Chapitre 49 – Août – Novembre 1998

Harry fit une grimace en voyant la maison qui lui rappelait beaucoup trop de mauvais souvenirs. Même si les plus mauvais moments étaient loin, des dizaines d'années dans le passé pour lui. Mais voir la maison des Dursley n'était jamais plaisant. Les murs trop blancs, le jardin trop rangé…

Harry arrêta net sa réflexion, ses yeux se fixant plus attentivement sur la maison. Le jardin n'était pas du tout bien rangé. La pelouse n'était pas tondue, et la haie mal coupée. Et les murs de la maison n'étaient pas vraiment blancs non plus, plutôt grisâtres. Il y avait même une partie de la gouttière qui pendait légèrement, comme si les habitants avaient des difficultés financières.

Harry fronça les sourcils. Les Dursley n'étaient pas riches per se, mais l'oncle Vernon avait toujours eu un travail relativement bien payé, suffisamment pour que sa famille ne soit pas dans le besoin. Et suffisamment pour satisfaire le besoin presque vital pour Pétunia d'avoir une maison des plus propres et des plus respectables, au moins en apparence.

D'un geste du poignet, Harry jeta un charme empêchant de potentiels Moldus regardant dans sa direction de s'attarder sur lui, puis il sortit sa baguette de sa poche. Il y avait quelque chose d'anormal au 4 Privet Drive.

Il ne maitrisait pas aussi bien la théorie magique que Hermione, et il n'avait pas l'aisance en sortilèges de détection de Ginny, mais il parvint tout de même à localiser des traces de magie autour de l'endroit. Ce n'était pas une bonne nouvelle, pas une bonne nouvelle du tout. D'un mouvement un peu précipité Harry lança un Hominum Revelio, et poussa un soupir de soulagement lorsque lui parvint l'information que trois personnes se trouvaient dans la maison.

Décidant d'en avoir le cœur net, Harry annula le sortilège dissimulant sa présence, s'avança jusqu'à la sonnette, et appuya dessus. Il y eut des bruits de pas dans la maison, puis la porte s'ouvrit finalement.

– Qu'est-ce que vous voulez ? demanda une voix sèche.

Harry manqua de reculer d'un pas. C'était Pétunia, c'était évident, mais une Pétunia encore plus maigre que ce dont il se souvenait, et qui semblait extenuée. Derrière elle il pouvait distinguer un intérieur tout aussi étrangement délabré que l'extérieur.

– Tante Pétunia ? Tout va bien ? demanda Harry.

Pétunia Dursley sembla finalement le reconnaitre. Elle poussa un cri et recula soudainement, sa peur bien visible dans ses yeux.

– Pars ! Pars d'ici ! fit-elle.

– Pétunia ? s'écria une voix. Que se passe-t-il ?

L'instant d'après son oncle débouchait dans l'entrée, et son visage refléta en même temps la haine et la peur dans une expression au final assez grotesque.

– Pars d'ici monstre ! rugit son oncle. Ne crois-tu pas que les tiens en ont assez fait ?

Sa tante, elle, semblait être sur le point de faire une crise d'hystérie, et Harry leur envoya deux Stupefix à contrecœur, ralentissant leur chute pour ne pas qu'ils se cognent trop violement sur le sol. Il entra ensuite dans la maison. Il refermait la porte derrière lui au moment où Dudley déboucha de l'étage. Un Dudley bien moins gros que dans ses souvenirs, qui se figea complétement en voyant sa baguette, et dans ses yeux il put y lire la même angoisse que dans ceux de Pétunia.

– Qu'est-ce que vous voulez ? demanda-t-il d'une voix tremblante. Qu'avez-vous fait à mes parents ?

– Ils n'ont rien, ils sont simplement inconscients, répondit Harry. Et je venais simplement pour discuter, mais tante Pétunia a fait une crise d'hystérie en me reconnaissant, et c'était la façon la plus simple de la calmer.

– Tante Pétunia ? Harry ? tenta Dudley d'une voix pleine d'inquiétude.

Harry n'aurait pas dû être surpris que Dudley ne puisse le reconnaitre, après tout il avait quitté les Dursley lorsque Dudley avait sept ans, pas de quoi pouvoir le reconnaitre onze ans plus tard. Mais c'était tellement étrange de voir l'hésitation dans les yeux de Dudley… celui que Harry avait vraiment connu lors de sa première vie n'aurait eu aucun mal à le reconnaitre.

– Oui, c'est moi, confirma Harry.

– Est-ce que tu es venu me tuer ? demanda Dudley en faisant un pas en arrière.

Cela figea complétement Harry.

– Qu'est-ce qui s'est passé ici Dudley ? demanda Harry d'une voix qu'il espérait être rassurante. Il y a des sorciers qui sont venus ici, n'est-ce pas ? Pourrais-tu me dire qui ? Et quand ?

Dudley jeta un coup d'œil furtif derrière lui, et Harry sut qu'il se demandait s'il serait en mesure de s'enfuir.

– Je ne vais pas t'attaquer Dudley, fit Harry. Je veux juste savoir ce qui s'est passé ici.

Son cousin sembla se résigner à devoir continuer à lui parler.

– Un sorcier est venu l'automne il y a trois ans, fit-il. Je ne me souviens pas de grand-chose, juste la douleur. Il a fait quelque chose à maman, et depuis papa a eu du mal à trouver un travail stable. Maman refuse d'en parler, alors je n'en sais pas plus. À part que c'était une sorte de Lord…

– De Lord ? Lord Voldemort ? demanda Harry.

– Quelque chose comme ça, acquiesça Dudley.

– Oh l'enfoiré ! s'écria Harry.

Dudley sursauta et recula visiblement, et Harry leva immédiatement les mains en signe d'apaisement.

– Je ne vais rien te faire Dudley, fit-il. Je ne suis pas venu ici pour te faire du mal. Et si j'avais su que vous aviez été attaqué, j'aurais fait quelque chose plus tôt.

Puis Harry jeta un coup d'œil à Pétunia et Vernon qui étaient toujours sur le sol. Il les fit voleter jusqu'au salon, faisant signe à Dudley de le suivre, avant de les ranimer tous les deux.

– Je suis désolé pour ce qui vous est arrivé, fit Harry avant que Pétunia n'ait eu le temps de se remettre à crier, ni que Vernon n'ait eu le temps de faire quoi que ce soit de stupide. Je vais faire en sorte que cela ne se reproduise plus.

Vernon le regarda en ouvrant plusieurs fois la bouche sans qu'aucun son n'en sorte, alors que Pétunia semblait hésiter entre refaire une crise d'hystérie ou continuer à l'écouter.

– Il y a une malédiction placée sur vous, je vais la faire enlever et cela devrait permettre à Vernon de retrouver du travail, continua Harry. Je vais aussi poser quelques protections sur la maison, pour éviter que cela se reproduise. Prenez ça aussi. C'est mon adresse postale si jamais vous avez besoin de me contacter. J'imagine que vous n'avez guère envie de me voir plus longtemps que cela, mais gardez l'adresse.

Vernon sembla commencer à reprendre ses esprits et Harry se leva prestement, ne voulant guère rester ici plus longtemps que nécessaire, et sachant que sa présence était de toute façon malvenue. Aucun des trois Dursley ne prit le morceau de papier que Harry avait posé sur la table basse. Harry se doutait qu'ils tenteraient de le bruler, mais Hermione avait charmé le parchemin pour résister à quasiment tout, et surtout, pour réapparaitre si jamais l'un des Dursley en avait besoin.

C'était pour cela que Harry était revenu à l'origine. Pour donner son adresse aux Dursley, et plus précisément à Dudley. Pour éviter que, comme dans leur première vie, Harry ne croise Dudley avec sa fille sur le quai du Poudlard Express en amenant Lily pour sa première année, apprenant par la même occasion que la fille de Dudley était une sorcière, et que Dudley avait cherché pendant des années à le joindre pour pouvoir lui poser des questions, sans jamais réussir faute d'un quelconque moyen pour un Moldu de retrouver un sorcier.

Il ne savait pas vraiment si après ce qui s'était passé Dudley voudrait le contacter dans cette vie cependant. Mais s'il le souhaitait, au moins il le pourrait.

Harry sortit de la maison des Dursley et fit tournoyer sa baguette entre ses doigts. Il allait de ce pas avoir une discussion sérieuse avec un certain mage noir.

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Lorsque Lord Voldemort vit un Harry Potter furieux déboucher dans son bureau au château Serpentard un samedi après-midi de la fin du mois d'août il sut immédiatement qu'il allait lui gâcher sa journée.

– Est-ce que je peux savoir pour quelle stupide raison tu t'es permis d'aller torturer ma famille ? demanda Potter d'une voix glaciale qu'il n'utilisait que rarement.

Lord Voldemort le regarda avec stupeur, ne comprenant pas de quoi il voulait parler. Potter n'avait pas de famille. À part la Weaslette qu'il n'avait pas souvenir d'avoir torturée…

– Je parle des Dursley espèce d'abruti ! s'écria Potter.

Et un flot de rage lui parvint via leur lien, suivit d'exaspération.

– Les Moldus ? demanda Voldemort avec étonnement.

– Oui, les Moldus ! C'était complétement hors de nos accords !

– Je ne les ai pas vraiment torturés, fit Voldemort avec dédain. À peine un Cruciatus.

Et qu'est-ce que cela pouvait bien faire à Potter ? Ces Moldus le détestaient.

– Et une malédiction ! Ne crois pas que je n'ai pas remarqué la malédiction !

Voldemort ne put empêcher un sourire satisfait d'apparaitre sur son visage, et Potter lui lança un regard noir.

– Tu vas enlever cette malédiction tout de suite, lui ordonna Potter.

– Je ne crois pas non, répondit Voldemort. Ces Moldus ne méritent pas de vivre dans l'opulence alors qu'ils ont maltraité un sorcier.

Potter plissa les yeux, et sembla un instant hésiter à tenter de lui envoyer un sortilège, avant de pousser un soupir résigné.

– Enlève cette malédiction Marvolo, fit-il d'un ton las. Trois ans de misère c'est déjà suffisamment long pour eux. Et leur fils, Dudley, va probablement avoir des enfants magiques. Ce serait bien qu'il ne déteste pas tout ce qui touche à la magie à ce moment-là.

Lord Voldemort ne put retenir une grimace de dégout en imaginant la chose obèse qu'il avait vu avoir des enfants magiques.

– Il faudra récupérer ces pauvres enfants dès que possible, fit-il.

– Non, non, répondit Potter. Ces enfants seront traités comme tous les autres né-Moldus, et auront des cours spécialisés tous les mercredis durant leur primaire comme tous les autres enfants.

– Je refuse d'autoriser la chose qui te sert de cousin à se trouver à proximité d'enfants magiques.

N'y avait-il pas déjà eu trop de cas d'enfants sorciers maltraités par des Moldus ? Cela valait-il la peine d'en condamner d'autres en plus ? Même des enfants probablement stupides vu leur héritage.

– Dans ma première vie, Dudley s'est montré un père très aimant envers sa fille unique, soutenant sa vie de sorcière, et l'encourageant autant que possible. Les gens peuvent changer dans le bon environnement, et Dudley a démontré une ouverture d'esprit bien plus grande que celle de ses parents.

Par Merlin ce que Potter pouvait être ennuyeux à toujours être le petit Gryffondor parfait défendant la veuve et l'orphelin…

– Cela ne te fatigue jamais Potter de toujours jouer le parfait héro ? demanda-t-il avec exaspération.

– Je ne sais pas Marvolo. Cela ne te fatigue jamais de toujours avoir des envies de meurtre ? répondit Potter.

Ils se lancèrent tous les deux un regard noir, avant de lever les yeux au ciel avec une coordination effrayante. Puis, chacun d'entre eux s'en étant rendu compte, ils prirent grand soin de s'ignorer l'un l'autre.

– Cette discussion n'est pas finie Voldemort ! craqua cependant Potter au bout d'à peine cinq minutes.

Voldemort poussa un très long soupir.

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Hermione sourit alors que Ron augmentait le volume de la musique à la plus grande joie de toutes les personnes présentes. Ginny entraina Luna au milieu du salon et commença à danser, faisant tournoyer Luna autour d'elle. Elles furent rapidement rejointes par Neville, Parvati, Lavande, Dean et Seamus.

– Tu passes une bonne soirée d'anniversaire ? demanda Harry qui venait de surgir juste à côté d'elle, deux verres de vin à la main.

Il lui tendit l'un des verres, et Hermione l'accepta avec plaisir. Il y avait beaucoup de monde dans l'immense appartement que le quatuor venait juste de commencer à louer dans le centre de Londres, et l'anniversaire de Hermione faisait aussi office de crémaillère, regroupant plus d'une cinquantaine de jeunes sorciers avides de faire la fête jusqu'au bout de la nuit. Quelque chose que pour une fois même Hermione pouvait cautionner puisque, pour la première fois depuis quatre ans, le Royaume-Uni magique était en paix.

– Vous vous assurez toujours que je passe une bonne soirée d'anniversaire, monsieur le conseiller du Ministre, répondit Hermione avec un sourire.

Harry lui jeta un regard noir.

– Vous êtes tous insupportables avec cette appellation, grommela-t-il.

Entre sa victoire sur Voldemort et sa nomination aux côtés de Lucius Malefoy, Harry ne pouvait plus faire un seul pas dehors sans que des dizaines de personnes ne tentent de lui demander un autographe. Ce qui agaçait prodigieusement Harry, et qui agaçait d'ailleurs aussi prodigieusement Voldemort, qui évidement détestait ne pas être au centre de l'attention, bien qu'il aurait encore plus détesté se faire assaillir par des gens sans pouvoir les envoyer au diable.

– Au moins cette fois-ci tu gères mieux ta popularité que la dernière fois, fit remarquer Hermione.

– Tu veux dire que je ne tente pas de me terrer au Square Grimmaurd en refusant de mettre un seul orteil dehors ? répondit Harry avec un léger sourire. Effectivement, j'ai tout de même progressé un peu en soixante ans…

– Mais oui Harry, mais oui, le taquina Hermione.

Harry leva les yeux au ciel, avant de boire quelques gorgées de vin.

– Rassure-moi Hermione, l'autre abruti n'a pas prévu de venir ce soir ?

– Tu parles de Drago ? fit Hermione innocemment. Il me semble pourtant que c'est toi qui l'a invité à la crémaillère, et que Blaise l'a trainé ici sous prétexte qu'on organise toujours des bonnes soirées. J'ai cru l'apercevoir tout à l'heure.

Drago qui, bien qu'il soit venu, leur avait cependant à peine adressé la parole. Il semblait les craindre presque autant que Voldemort depuis qu'il en savait un peu trop sur eux.

– Hilarant Hermione, répondit Harry pince-sans rire. Tu sais bien que je parle de… l'autre là.

Il semblait renfrogné et Hermione fronça les sourcils.

– Tu es toujours fâché contre lui pour les Dursley ? demanda-t-elle. Ou est-ce que tu es juste fâché contre toi-même de ne pas avoir mieux protégé les Dursley ?

Harry fit une grimace.

– Tu es trop perspicace pour ton propre bien Hermione… répondit-il. Mais il n'avait pas à venir se mêler de la vie des Dursley ! C'était hors des limites de notre accord…

– Tu sais, je pense qu'il considère vraiment qu'il ne faisait que rendre justice, pointa Hermione. Et je ne dis pas que ce qu'il a fait est juste, mais bon… c'est tout de même les Dursley…

– Hermione ! s'exclama Harry.

– Quoi ? C'était tout de même un peu mérité, non ? Même s'ils ne t'ont rien fait dans cette vie, tu sais à quel point ils ont le potentiel d'être horribles. Et puis une petite malédiction sur le travail de ton oncle ? Franchement, il aurait pu faire mille fois pire. Et il l'a levée, n'est-ce pas ?

Harry sembla se résigner à considérer que cela ne valait peut-être pas la peine de continuer à en vouloir à Voldemort pour défendre son oncle.

– Tu ne m'a pas répondu, reprit Harry. Il vient ce soir ?

– Non, fit Hermione. Il n'a même pas suffisamment de patience pour supporter la plupart des gens, alors venir dans une soirée avec cinquante jeunes sorciers ivres ?

Et elle s'imagina un instant l'expression hautaine de Voldemort s'il voyait ce qui se passait actuellement sur la piste de danse. Clairement, Voldemort n'était pas quelqu'un qui savait apprécier des interactions sociales impliquant plus de quelques personnes choisies. Il n'y avait d'ailleurs que Harry et elle, et dans une moindre mesure Ron, Ginny et Lucius, que Voldemort semblait pouvoir tolérer plus de quelques minutes. Bien que Hermione soit certaine que Voldemort nierait avec véhémence le fait de considérer le quatuor comme des compagnons décents. À croire que le fait de potentiellement avoir, si ce n'est des amis, du moins des connaissances, lui faisait encore plus peur que sa propre mort.

– Il était bien venu à mon anniversaire l'année dernière, pointa Harry. Mais c'est vrai que c'était dans le but bien précis d'ennuyer tout le monde…

– Il ne voulait pas vraiment non plus rappeler qu'il ressemble un peu trop à un certain Tom Evans à tous ces gens qui ne sont ni dans l'Ordre, ni des mangemorts.

Harry acquiesça.

– Cela fait sens, fit-il.

– Il voulait aussi profiter de la soirée pour revoir les notes sur le rituel en paix, comme il l'a lui-même formulé.

– Tu ne sembles pas lui tenir rigueur de sa formulation.

Hermione rigola d'un air entendu.

– Il est toujours plus insupportable qu'en temps normal lorsqu'il fait quelque chose qui pourrait être considéré comme prévenant, fit Hermione.

– Evidemment… et qu'a-t-il donc fait de prévenant ? Quelque chose pour ton anniversaire ?

Hermione lui tendit la coupure de journal qu'elle conservait depuis ce matin dans sa poche, que Harry parcourut rapidement.

– Le Duc d'Almeria impliqué dans un scandale qui va lui risquer le trône d'Espagne ? Merveilleux ! commenta Harry. Peut-être même que je ferai un effort demain pour ne pas immédiatement l'énerver…

– Harry, sérieusement, fit Hermione avec un ton de reproche.

– Quoi ? Ce n'est pas comme si lui faisait un quelconque effort pour collaborer avec moi.

– Pauvre Lucius, conclut Hermione.

Harry éclata de rire, et entraina Hermione pour re remplir leurs verres. Elle savait qu'il faisait cela pour la distraire du rituel qui allait se dérouler dans un peu plus d'un mois et qui occupait chacune de ses pensées, et Hermione devait avouer que la distraction était plus que bienvenue. Après tout, ce serait surement la dernière soirée qu'elle pourrait se permettre avant le rituel.

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Samain 1998. Dix-sept ans après qu'ils soient revenus dans le passé. Dix-sept ans après qu'ils aient vu la source entrer en éruption dans le futur et tuer une bonne partie de la population sorcière. Et maintenant ils allaient tenter de mettre en place un rituel permettant de stabiliser de nouveau la source de magie.

– Ils sont en retard, grommela Sirius. Saleté de Serpentard.

Remus Lupin poussa un soupir à côté de lui.

– Qu'est ce qui t'arrive Sirius, demande Tonks d'une voix faussement innocente. Tu as tellement envie de voir Voldemort que tu n'en peux plus d'attendre ?

– Pas autant que toi de voir ta chère tante Nymphadora, répondit Sirius du tac au tac.

Tonks le fusilla du regard, alors que McGonagall leur lançait un regard pincé.

– Un peu de sérieux, fit Maugrey d'un ton bourru.

Sirius s'apprêta à répondre quelque chose, mais il y eut soudain plusieurs bruits de transplanage, et Voldemort apparut, accompagné de Rookwood, Lucius, Barty, Bellatrix, Nott, Avery et Yaxley. Il y eut un moment de silence tendu avant que Sirius ne tente de doucement lever sa baguette vers Bellatrix, qui fut cependant plus rapide que lui et fit faire à Sirius un vol plané de quelques mètres d'un Expulso bien placé.

– Pas cette fois-ci, cousin ! fit Bellatrix d'un ton venimeux.

– Bella, fit Voldemort d'on ton tranchant.

Bellatrix se recula immédiatement de deux pas avec déférence, alors que Dumbledore arrêtait la riposte de Sirius d'un regard perçant.

– Cela faisait longtemps Minerva, salua ensuite Voldemort.

Minerva répondit à son salut d'un bref geste de tête.

– Poudlard est évacué ? demanda Voldemort.

– Depuis ce midi, répondit Dumbledore.

Voldemort prit grand soin de ne pas le regarder et Hermione put voir Dumbledore secouer très légèrement la tête de dépit.

– Nous devrions nous mettre en route, fit Hermione.

– Impatiente ? lui demanda Voldemort.

– Pas toi ? répondit Hermione.

Elle était sure après tout que même lui n'avait jamais réalisé de rituel, si ce n'est aussi complexe, du moins aussi puissant. Voldemort lui répondit simplement d'un sourire, et Hermione vit Minerva, Maugrey et Kingsley la regarder d'un air étrange.

– Allons-y, fit Harry. Cela ne sert à rien de trainer.

– Lucius, Bella, Nott, Avery, Yaxley, vous êtes responsables d'assurer la sécurité du périmètre avec nos chers amis de l'Ordre du Phénix.

En voyant les regards haineux que s'échangèrent Sirius, Tonks et Lucius et Bellatrix, Hermione se dit que c'était mal parti. Mais ils avaient besoin d'être surs que personne ne viendrait les déranger pendant leur rituel, même si ni les cinq mangemorts de Voldemort, ni McGonagall, Sirius, Tonks, Maugrey et Kingsley ne savaient exactement en quoi consistait leur rituel.

– Je vous assure que le premier qui ne serait-ce que pensera à perturber ce rituel par un quelconque sortilège déplacé verra son avenir s'assombrir très fortement, indiqua Voldemort d'une voix glaciale. Et je ne parle pas simplement de ceux de mon camp.

Cela eut le mérité de refroidir tout le monde, surtout lorsque Dumbledore ne protesta pas.

– Minerva, je compte sur toi pour t'assurer que tout le monde garde la tête froide, fit simplement Dumbledore.

Voldemort se contenta d'échanger un regard lourd de sens avec Lucius, et Hermione, Harry, Ron, Ginny, Neville, Luna, Voldemort, Barty, Rookwood, Rogue, Dumbledore et Remus se mirent en route. Ni Neville, ni Remus, ni Rogue ne faisaient partie du rituel lui-même, mais ils connaissaient suffisamment de choses à son propos pour pouvoir assister si jamais quelque chose se passait mal.

Ils marchèrent une quinzaine de minutes en silence, Hermione se repassant en tête les différents moments du rituel.

– Ah, j'avais oublié à quel point cette source était magnifique, fit Dumbledore.

Ils venaient juste de passer la dernière colline cachant la source, et le plus joyeux était indubitablement Dumbledore. Luna, Remus, Neville et Hermione étaient nerveux. Barty semblait étrangement sérieux. Rookwood daignait juste montrer un peu d'intérêt à l'idée de mettre en place un rituel aussi complexe. Rogue était aussi sombre que d'habitude. Ron et Ginny voulaient juste en finir. Et Voldemort semblait suspicieusement songeur.

– Il ne nous reste plus que vingt minutes avant minuit, indiqua Remus Lupin.

Ils avaient déjà mis en place la plupart des runes les jours précédents, et il ne leur restait plus qu'à se mettre tous en place. Dumbledore, Harry et Voldemort entourant la source, à une centaine de mètres les uns des autres, et Barty, Rookwood, Ginny, Luna et Hermione en cercle autour d'eux.

– Les potions, fit Rogue.

Il fit voleter trois fioles vers Dumbledore, Harry et Voldemort qui, Hermione le savait, contenaient un exhausteur de puissance. Et cinq fioles vers les cinq autres participants du rituel contenant une potion augmentant la concentration.

Avant qu'ils ne puissent avaler les potions, il y eut un frémissement peu naturel dans l'air, et une figure enveloppée de noir apparut juste à côté d'eux. Dumbledore, Barty, Rookwood, Rogue, Remus, Neville et Luna pointèrent immédiatement leur baguette sur elle, alors que Ginny poussait un soupir mécontent.

– Hello Potter, fit la Mort d'un ton enjoué.

Elle se dirigea d'un pas sautillant vers Harry.

– Monsieur Serpentard ? demanda Rookwood, sa baguette toujours pointée vers la Mort.

– Ignorez-là, répondit Voldemort d'un ton sec.

– Ah, ton grand ami ne m'aime vraiment pas Potter, commenta la Mort d'un ton amusé. Je me demande bien pourquoi…

Voldemort lui jeta un regard noir et la Mort éclata de rire.

– Tu es venue assister au spectacle Mort ? demanda Harry. Je pensais que nos affaires ne t'intéressaient guère…

Il y eut diverses exclamation autour d'eux, et Hermione se retrouva à expliquer à mi-voix à Dumbledore qui oui, il s'agissait bien de la Mort, et que oui, Harry était régulièrement en contact avec elle, et que non, elle n'allait surement pas les aider d'une façon ou d'une autre.

– Vos affaires ? Non, effectivement, répondit la Mort. Mais ce qui se passe autour des sources ? Ça c'est beaucoup plus intéressant. Et puis c'est tout de même Samain ce soir…

– Excusez-moi, mais il ne nous reste plus qu'une dizaine de minutes, fit prudemment Remus.

– Mettons-nous en place, commanda Hermione.

Tous obéirent, Rogue, Remus, Neville se plaçant en retrait, alors que la Mort suivait Harry. Puis Remus appliqua un sortilège généralisé leur permettant à tous de communiquer malgré la distance.

– Trois minutes avant minuit, indiqua Remus.

– Harry, fait quelque chose, fit Ginny en désignant la forme de la Mort.

Celle-ci allait se trouver en plein milieu des flux magiques de leur rituel.

– Mort… commença Harry.

– Je n'affecterai pas le rituel, faites comme si je n'étais pas là, le coupa la Mort.

Hermione pinça les lèvres. Mais oui bien sûr, c'était si facile de ne pas penser à la présence d'une entité comme la Mort en plein milieu d'un rituel extrêmement complexe…

– Mort…, tenta de nouveau Harry.

– Je ne bougerai pas, rétorqua la Mort.

– Une minute, prenez les potions, intervint Remus.

Hermione s'exécuta.

– Dis secondes, fit Remus.

Hermione leva sa baguette, se préparant. Comme elle faisait partie du cercle technique qui demandait beaucoup de concentration, elle avait dû à regret accepter que ce soit Voldemort qui guide le rituel dès que celui-ci commencerait. Mais maintenant elle était presque rassurée de savoir qu'elle n'aurait pas besoin de devoir à chaque instant garder en tête le déroulement complet du rituel en plus de ce qu'elle aurait à faire.

À la seconde près, une déflagration magique sortit de la baguette de Voldemort, illuminant le contour des runes disséminées tout autour de la source.

– Rejoignez le rituel, ordonna Voldemort.

La baguette de Hermione se pointa sur la rune deux mètres devant elle, et elle envoya dessus un simple sortilège d'ouverture. La rune s'illumina, et la terre trembla légèrement sous les pieds de Hermione alors qu'elle sentait de façon diffuse sa magie rentrer en contact avec celle des autres.

– Weaslette, illumine les flux magiques, fit Voldemort.

Ginny enchaina divers sortilèges pendant quelques minutes, et les différents courants de magie au sein de la source s'illuminèrent. Comme toujours, la majorité du flot se concentrait au centre de la source, tournant sur lui-même, et semblant plonger dans le sol au centre. Et comme toujours, quelques filaments se perdaient vers l'extérieur, disparaissant dès qu'ils s'en trouvaient trop loin.

– Mettez en place les protections, fit Voldemort.

Hermione leva sa baguette et échangea un regard avec Luna et Rookwood, les deux plus proches d'elle. Ils hochèrent silencieusement la tête.

– Colligentes Magicae, entonna Hermione.

– Colligentes Magicae, répéta Luna juste après.

Puis Barty, suivit de Ginny, et finalement de Rookwood, et une bourrasque de vent circulaire se créa autour d'eux, alors que le cœur de Hermione commençait à battre plus vite. D'excitation et de stress.

– Trahere Magicae, enchaina Hermione.

Elle sentit sa baguette trembler alors qu'elle forçait les puissantes magies de Voldemort, Harry et Dumbledore à rejoindre le flux magique qu'ils venaient de créer, et vit une fois de plus Luna, Barty, Ginny et Rookwood répéter son incantation l'un après l'autre. Lorsque le cercle fut complet, l'air sembla se charger d'électricité.

– À mon signal, fit Voldemort. Trois, deux, un.

– Auto-Sitas Protego Horribilis, lancèrent simultanément tous les participants du rituel.

L'air crépita et Hermione vit Voldemort, Harry et Dumbledore raffermir leur prise sur leur baguette alors que tous, y compris eux-mêmes, puisaient dans leur magie pour faire surgir la barrière de protection la plus puissante possible autour de chacun d'entre eux. En quelques secondes, ils furent chacun entourés d'un halo de magie bleuté, alors que le vent magique semblait diminuer fortement.

– Refaites un tour pour renouveler le flux d'alimentation magique, ordonna Voldemort.

– Colligentes Magicae, lança de nouveau Hermione.

Les membres du cercle technique suivirent.

– Trahere Magicae, enchaina Hermione.

Une fois le cercle complété, l'air se satura de nouveau en magie. Ils venaient de compléter la première partie du rituel, la plus facile. Celle qui leur assurait simplement de s'en sortir en vie si quelque chose tournait mal. Du coin de l'œil, Hermione vit Remus, Neville et Rogue s'éloigner sensiblement.

– Lovegood ? demanda Voldemort.

– La magie est stable, répondit Luna après quelques secondes.

– Initiez le flux alternatif, fit Voldemort.

Si la situation avait été moins sérieuse, Hermione aurait ri du refus constant de Voldemort d'utiliser le terme fluctuation du Ronflak Cornu.

Hermione se tourna face à Rookwood, et pointa sa baguette sur un cercle de runes tracé légèrement à l'extérieur du cercle qu'ils formaient eux.

– Veni, fit-elle au même moment que Rookwood.

Le cercle runique s'illumina d'une vive lueur violette qui fila comme un laser dans le ciel, alors que toute la magie ambiante semblait soudain fuser vers le cercle. Hermione dut planter fermement ses pieds dans le sol pour ne pas se retrouver elle aussi attirée vers la rune.

– Veni, entendit-elle Ginny et Barty prononcer simultanément.

Le focus de la magie ambiante changea subitement pour se précipiter sur la rune proche de Ginny et Barty, qui se trouvait si près de la source qu'elle était presque dedans.

– Veni, Hermione et Rookwood lancèrent de nouveau.

La magie se décala de nouveau vers la rune de Hermione et Rookwood, avec encore plus d'intensité qu'auparavant. Ginny et Barty enchainèrent. Hermione entendit Harry grogner légèrement du fait de l'intensité de la traction exercée sur sa magie.

Hermione, Rookwood, Ginny et Barty firent un autre aller-retour. Puis encore un autre. Et encore un autre, de plus en plus vite. Des flashes violets semblaient percer le ciel à un rythme de plus en plus effréné. Hermione n'osa même pas jeter un coup d'œil interrogatif à Luna, se concentrant pour ne pas faire échouer la séquence.

– Veni… Veni… Veni…

– Lovegood ? demanda Voldemort.

Hermione nota que son ton était tendu. Si c'était Ginny, Barty, Rookwood et elle qui contrôlaient l'oscillation, ce n'était pas leur magie qui l'alimentait, mais celle de Dumbledore, Harry et Voldemort.

– Veni. Veni. Veni…

– Pas encore, répondit Luna.

Hermione dû fermer les yeux à cause de l'intensité des flashes, et continua la séquence à l'aveugle.

– Veni Veni Veni…

Quelqu'un poussa un cri et l'air autour d'eux trembla d'incertitude.

– Nous allons manquer de puissance, indiqua Dumbledore d'un ton trop calme.

Hermione hésita une fraction de seconde.

– Ne vous arrêtez pas ! rugit Voldemort.

Hermione, Rookwood, Ginny et Barty obéirent immédiatement.

– Veni Veni Veni…

La fluctuation de magie continua, mais ils avaient arrêté d'en augmenter le rythme.

– Tom... commença Dumbledore.

– Potter, fais quelque chose ! le coupa Voldemort.

– Veni Veni Veni…

Il sembla à Hermione entendre le rire de la Mort, avant que l'intensité magique n'augmente subitement, et Hermione se demanda dans un coin de sa tête si Harry avait échangé sa baguette en bois de houx contre celle de sureau.

– Vous pouvez reprendre, indiqua Voldemort.

Hermione, Rookwood, Ginny et Barty recommencèrent à accélérer le rythme, toujours à l'aveugle.

– VeniVeniVeni…

– Encore un tout petit peu, indiqua Luna.

Ils firent un aller-retour. Un deuxième. Un troisième.

– Maintenant ! indiqua Luna.

Hermione, Rookwood, Ginny et Barty s'arrêtèrent instantanément. L'oscillation continua, s'autoalimentant en l'absence de toute perturbation extérieure, et ils retinrent tous leur souffle pendant quelques secondes.

– Le Ronflak Cornu est stable, annonça Luna.

Hermione laissa échapper un soupir de soulagement, et se lança un sortilège lui permettant de ne pas être constamment aveuglée par les flashes de lumière. Maintenant, ils allaient rentrer dans la partie vraiment technique.

– Hermione, Rookwood, liez votre branche du flux alternatif à Poudlard, fit Voldemort.

Hermione et Rookwood entonnèrent des incantations complexes alors que Ginny et Barty se préparaient à devoir compenser les potentiels dérèglements du Ronflak Cornu de leur côté. Hermione et Rookwood connectèrent un premier filin de magie entre leur cercle de rune et la magie de Poudlard, projetant leur magie plus loin que ce que Hermione aurait cru possible il y avait quelques années de cela, puis un deuxième filin, et un troisième.

Enfin, agissant exactement au moment où la fluctuation du Ronflak Cornu était de leur côté, Rookwood et Hermione connectèrent les trois filins à la fluctuation. Immédiatement, un fort bruit de crissement se fit entendre, et la fluctuation se décala légèrement vers l'extérieur, avant que Ginny et Barty ne la stabilise en la rappelant vers eux.

– Connection effectuée, indiqua Rookwood.

– Le Ronflak Cornu est stable, compléta Luna.

– Weaslette, Barty, liez votre branche du flux alternatif à la source de magie, fit Voldemort.

Ginny et Barty effectuèrent de façon symétrique ce que Hermione et Rookwood avaient précédemment effectué, connectant la source à la fluctuation, et Hermione et Rookwood stabilisèrent le tout.

– Connection effectuée, indiqua Ginny.

– Le Ronflak Cornu est stable, compléta une fois de plus Luna.

Voldemort, Harry et Dumbledore levèrent leur baguette, s'apprêtant à potentiellement devoir réinjecter de la puissance dans la fluctuation.

– Hermione, neutralise le lien entre Poudlard et la source, fit Voldemort.

Hermione prit une grande inspiration, avant de tisser une série de couperets autour de tous les flux de magie qui sortaient de la source pour alimenter Poudlard. Ces flux dont l'intensité était auparavant contrôlée par les reliques de Fondateurs, assurant que la source ne fournissait en magie que ce qu'elle était capable de régénérer par elle-même, et qui maintenant n'étaient plus soumis à aucun contrôle, entrainant le dérèglement de la source.

– À ma prochaine incantation, prévint Hermione.

Elle fendit l'air de sa baguette, et les flux de magie sortant de la source vers Poudlard se trouvèrent subitement coupés. Comme prévu, la magie de Poudlard chercha instantanément un autre endroit où puiser sa force, et les filaments reliant le château à la fluctuation du Ronflak Cornu s'éveillèrent, tentant d'en consommer la magie. Et ils puisèrent quasiment toute la magie disponible, diminuant soudainement la luminosité. Puis la fluctuation repartit de l'autre côté, et re-puisa toute son énergie dans la source de magie. Avant de revenir alimenter le château.

– Le Ronflak Cornu est stable, indiqua Luna au bout de quelques oscillations.

Maintenant que Poudlard était alimentée différemment, ils allaient enfin pouvoir commencer la partie du rituel visant à remettre les filaments sortant de la source dans la source.

– Remettez en place un flux d'alimentation magique, fit Voldemort.

Les membres du cercle technique lancèrent de nouveau les sortilèges Colligentes Magicae, et Trahere Magicae, mais cette fois-ci dans l'autre sens. Lorsque ceux-ci furent terminés, la saturation magique de l'air passa presque inaperçue à côté des perturbations causées par la fluctuation du Ronflak Cornu.

– Activez le cercle extérieur de la barrière autour de la source, indiqua Voldemort.

Comme précédemment décidé, les cinq sorciers du cercle technique attendirent trois oscillations, avant d'agir la quatrième fois où la fluctuation était au niveau de la rune éloignée de la source, en dehors des cercles de runes de la barrière qu'ils allaient mettre en place. D'un fluide mouvement de baguette ils puisèrent dans la magie ambiante pour activer les runes constituant le cercle extérieur de la barrière. Celles-ci s'illuminèrent d'une lueur orangée.

– Deuxième cercle, fit Voldemort.

De nouveau les cinq sorciers bougèrent à l'unisson au moment où l'oscillation sortait pour la quatrième fois des cercles entourant la source, et de nouvelles runes s'illuminèrent. Puis ce fut le tour du dernier cercle, le cercle intérieur, qu'ils n'eurent pas plus de mal à activer. La barrière était maintenant active, mais seulement au niveau du sol. Il leur fallait encore lui faire complètement entourer la source. C'était Harry, Voldemort et Dumbledore qui devaient fournir la puissance magique, et Hermione, Ginny, Luna, Barty et Rookwood qui devaient guider leur magie, s'assurant de n'avancer que lorsque la fluctuation alimentant Poudlard était à l'extérieur.

Ils levèrent tous leur baguette, et doucement la barrière passa d'un simple cercle à un anneau de plus en plus haut, avant de commencer à se recourber dans le but de créer une sphère. Les filaments de magie qui se perdaient toujours en dehors de la source devaient maintenant faire une déviation pour toujours parvenir à sortir, prouvant l'efficacité de la barrière pour les bloquer.

Ils ne s'arrêtèrent que lorsqu'il ne resta qu'un tout petit interstice en haut de la sphère entourant la source, juste assez pour que les filaments puissent encore sortir.

– Forcez les filaments à retourner dans la source, signala Voldemort.

Voldemort, Harry et Dumbledore continuèrent à maintenir la barrière, alors que les cinq autres obligèrent les filaments à rentrer à l'intérieur, la tâche s'avérant assez fastidieuse, l'instabilité actuelle de la source faisant ressortir les filaments dès que c'était possible. Mais après plusieurs minutes de lutte – et quelques jurons – ils parvinrent à se coordonner suffisamment pour forcer tous les filaments à l'intérieur du bouclier en même temps.

– Fermez la barrière, fit Voldemort.

Ce fut fait la seconde d'après, et tous les regards se fixèrent immédiatement sur la fluctuation du Ronflak Cornu, actuellement à l'extérieur de la barrière en train d'alimenter la magie de Poudlard. Une fraction de seconde après la magie disparaissait de la rune entre Rookwood et Hermione, et cette dernière retint son souffle.

C'était là le moment crucial du rituel. Ils avaient fait des tests bien sûr, mais à plus petite échelle. Maintenant ils allaient pouvoir savoir si effectivement, même avec une barrière aussi puissante, la fluctuation du Ronflak Cornu pourrait tout de même fonctionner, ignorant le blocage magique que la barrière constituait car répondant à des lois magiques qui lui étaient propres.

La fluctuation réapparut soudainement de l'autre côté, à l'intérieur de la barrière, et puisa dans l'énergie magique de la source. Hermione se remit à respirer normalement.

– Le Ronflak Cornu est stable, confirma Luna.

Ils étaient parvenus à confiner la magie de la source, sans que Poudlard ne s'effondre. Maintenant il ne leur restait plus qu'à relier de nouveau Poudlard à la source, en s'assurant que seule la magie strictement nécessaire sorte de la source magique, et que tout le reste soit bloqué par la barrière.

– Mettez en place l'indicateur de consommation magique, fit Voldemort.

Hermione, Ginny, Luna, Barty et Rookwood lancèrent une succession de sortilèges, créant un régulateur associé à la barrière mesurant la perte de magie en regards de la capacité de régénération magique de la source elle-même.

– Fait, indiqua Hermione.

– Liez l'ouverture de la barrière à l'indicateur, fit Voldemort.

C'était le début de la fin, et Hermione commença à se sentir optimiste. Elle effectua avec aisance les mouvements des sortilèges nécessaires, et le haut de la barrière sphérique se rouvrit très légèrement. Aucun filament ne sortit de lui-même de la source. Parfait.

– Liez Poudlard à la source, fit Voldemort.

Ils sortirent trois filaments de la source, les liants à Poudlard, et au fur et à mesure le château s'appuya de moins en moins sur l'énergie qu'il puisait via le Ronflak Cornu, et de plus en plus sur la source elle-même. Il ne leur restait plus que la dernière étape.

– Interrompez le flux alternatif, ordonna Voldemort.

Il fallut quelques oscillations pour disperser suffisamment de magie pour que Ronflak Cornu devienne instable, et disparaisse finalement complétement. Les alentours de la source semblèrent alors bien calmes, et le devinrent encore plus lorsque Ginny arrêta son sortilège permettant de visualiser les flux de magie de la source.

Rien de qu'ils avaient fait ce soir n'était visible à l'œil nu. Mais le château de Poudlard était de nouveau directement alimenté par la source. Et la source était de nouveau stable. Ils avaient réussi.

oOoOoOo

AN : L'épilogue dans deux semaines.