Elizabeth
Je n'ai aucun souvenir de ce que l'on s'est dit durant le trajet. Je sais que l'on a parlé, je suppose que j'ai vu les arbres et les maisons défiler par la vitre. J'ai sans doute inspiré et expiré de l'oxygène comme une personne normale. Cependant, je ne me souviens d'aucune de ces choses.
Nous avons à peine passé la porte de sa chambre que je me jette sur Meliodas pour l'embrasser. Étape par étape ? Au diable. J'ai trop envie de lui pour prendre mon temps, et mes mains défont sa ceinture avant que ma langue ne soit dans sa bouche.
Son rire rauque chatouille mes lèvres, et ses grandes mains couvrent les miennes pour m'arrêter.
– J'adore ton enthousiasme, Ellie, mais je vais devoir te ralentir.
– Je n'ai aucune envie de ralentir.
– C'est tant pis pour toi, mon p'tit.
– Mon p'tit ? On dirait ma grand-mère.
– Elle t'appelle, mon p'tit ?
– En fait… non. Elle n'aime pas les surnoms affectueux. Elle préfère passer son temps à jurer. À Noël, l'an dernier, elle nous a sorti un « enculé » à table et mon père a failli s'étouffer sur sa dinde.
– Ta mamie me plaît, dit Meliodas en éclatant de rire.
– Elle est adorable.
– Elle a l'air, ouais. Est-ce qu'on peut arrêter de parler de ta grand-mère maintenant, Madame je-fous-en-l'air-l'ambiance ?
– C'est toi qui as tué l'ambiance, je te signale.
– Pas du tout, j'ai juste ralenti le rythme. Maintenant allonge-toi sur ce lit, il est temps que je te fasse jouir.
Doux Jésus.
Meliodas éclate de rire lorsque je me dépêche de monter sur le lit, mais je me fiche d'avoir l'air pressée. Le stress d'hier soir n'est plus là aujourd'hui, mon corps est trop occupé à frissonner de désir. J'ai conscience que les choses pourraient se terminer moins bien ce soir, mais j'ai hâte de le découvrir.
Meliodas s'allonge à côté de moi et enfouit sa main dans mes cheveux. Je n'ai jamais été avec un homme qui était aussi brusque avec moi. Maël me traitait comme si j'allais m'effondrer, mais ce n'est pas le cas de Meliodas. Avec lui, je ne suis pas faite en sucre. Je suis juste… moi. J'adore le voir aussi excité. J'adore sa façon de me tirer les cheveux si ma tête n'est pas exactement là où il la veut, et j'adore qu'il me morde la lèvre lorsque je le taquine en le privant de ma langue.
Je me relève pour qu'il puisse enlever mon t-shirt et, d'une main, il détache mon soutien-gorge. À peine a-t-il enlevé son t-shirt que j'embrasse furieusement son torse comme je rêvais de le faire hier. Sa chair est chaude et lorsque je lèche son téton, un grognement rauque lui échappe. Soudain, je suis de nouveau sur le dos et il m'embrasse fougueusement. Il palpe mes seins et joue avec mes tétons. Mes paupières se ferment et je réalise que je me fiche qu'il me regarde ou non. La seule chose qui compte est le plaisir qu'il me donne.
– Tu as la peau douce comme de la soie, murmure-t-il.
– Tu as entendu ça dans un film ?
– Non, je dis juste la vérité, dit-il en effleurant le dessous de mes seins. Tu es douce, lisse et parfaite. D'ailleurs, mes doigts râpeux doivent te griffer, non ?
C'est le cas, mais ça ne fait que décupler mon plaisir.
– Si tu t'arrêtes, je te mets une droite.
– Ne fais pas ça, tu te casseras la main. Et j'aime trop tes mains pour ça.
Il me fait un sourire diabolique, puis il prend ma main et la pose directement sur son sexe. Je ne peux m'empêcher de le caresser. Les traits de Meliodas se contractent et il enlève ma main aussi vite qu'il l'y avait mise.
– Merde. Mauvaise idée. Je ne suis pas prêt à ce que ça se termine.
– Est-ce que quelqu'un serait un peu précoce ?
– Tais-toi, femme. Je peux tenir toute une nuit.
– Mais oui, bien sûr que tu peux…
Il me fait taire en m'embrassant si sauvagement que le baiser me laisse haletante. Son regard s'enflamme, il penche la tête et prend mon téton dans sa bouche. Je tressaille et mon sang s'embrase. La langue de Meliodas tournoie sur ma chair et la titille, et je prends tellement mon pied que je pourrais m'évanouir. Mes seins ont toujours été un point sensible, et lorsque Meliodas suce mon téton plus fort, je vois des étoiles. Il s'attaque à mon autre sein en lui accordant la même attention et les mêmes baisers langoureux.
Puis il dépose une ligne de baisers en descendant le long de mon ventre. J'ai beau être plus excitée que jamais, je suis prise d'angoisse. Je ne peux m'empêcher de penser à toutes les fois où Maël a fait la même chose, à tout le temps qu'il a passé entre mes jambes parce que la pénétration ne semblait pas marcher.
Mais ce n'est pas le moment de penser à mon ex.
Le souffle chaud de Meliodas chatouille mon nombril et sa langue effleure mon ventre.
Je sens ses doigts trembler tandis qu'il défait mon jean. J'aime penser qu'il est nerveux, ou en tout cas qu'il est aussi excité que moi. Il a toujours l'air cool et sûr de lui, mais là, il semble lutter pour ne pas perdre le contrôle.
– Est-ce que ça va ? chuchote-t-il en baissant mon jean et ma culotte.
J'entends sa respiration se bloquer tandis que son regard se pose entre mes jambes, et je me sens gênée.
– Oui, je dis en inspirant lentement.
Son premier coup de langue me fait l'effet d'une décharge électrique et je gémis si fort qu'il lève brusquement la tête.
– Gil est à la maison, dit-il d'un air amusé. Je suggère qu'on garde le volume au minimum.
Cependant, je dois me mordre la lèvre pour m'empêcher de crier parce qu'avec ce qu'il me fait… Jésus Marie Joseph. C'est tellement bon… Sa langue tournoie sur mon clitoris, puis il le lèche lentement, longuement, et je ne tiens plus en place.
Je me souviens que Diane avait dû apprendre à King à faire ça, parce qu'il était toujours trop pressé. Meliodas n'a rien à apprendre. Il laisse le plaisir monter lentement, si lentement, d'ailleurs, que je me retrouve à le supplier.
– S'il te plaît, je gémis lorsqu'il décide de ralentir encore plus la cadence. Encore.
Il lève la tête, et je crois n'avoir jamais rien vu de plus excitant que son regard brûlant de plaisir.
– Tu penses que tu peux jouir comme ça ?
Je me surprends à hocher la tête. Je ne pense pas mentir. Je suis tellement excitée que je me sens prête à exploser. Il semble satisfait et il replonge la tête entre mes jambes en grognant. Sa bouche couvre mon clitoris et il le suce fort tout en glissant un doigt entre mes lèvres.
C'est la goutte d'eau. Mon orgasme est mille fois plus intense que ceux que je me suis donnés. Sans doute parce que je n'en suis pas la cause. C'est Meliodas qui me donne ce plaisir. C'est Meliodas qui a déclenché cette vague électrique dans tout mon corps.
Je me calme peu à peu et je me sens en paix. Seulement, à la paix se mêle de l'amertume. Ce qui se passe ensuite est quelque chose que je n'ai vu arriver que dans les films, et je suis morte de honte.
Je me mets à pleurer.
En un rien de temps, Meliodas s'allonge sur moi et me regarde, mort d'inquiétude.
– Qu'est-ce qui ne va pas ? Merde, je t'ai fait mal ?
Je secoue la tête et je cligne des yeux pour repousser les larmes.
– Je pleure… parce que… parce que je suis heureuse.
Ses traits se détendent et maintenant, j'ai l'impression qu'il se retient de rire. Sa mâchoire se contracte et il plonge son regard dans le mien.
– Dis-le, ordonne-t-il.
– Quoi ? je demande en m'essuyant les yeux avec le coin du drap.
– Dis, Meliodas Demon, dieu du sexe, tu as réussi là où tous les autres ont échoué. Tu es…
Je le frappe sur l'épaule.
– Mon Dieu, mais quel connard ! Jamais je ne dirai ça.
– Bien sûr que si, dit-il en souriant. Quand j'en aurai fini avec toi, tu crieras ça sur tous les toits.
– Tu veux savoir ce que je pense ?
– Les femmes ne sont pas censées penser, Ellie. C'est pour ça que vos cerveaux sont plus petits. C'est prouvé scientifiquement.
Je le frappe de nouveau et il éclate de rire.
– Aïe, je plaisante ! Tu sais bien que je ne le pense pas. Je remercie Dieu tous les jours d'avoir créé la femme. Ok, vas-y. Allez Ellie, dis-moi ce que tu penses.
– Qu'il est temps de te faire taire.
– Ah ouais ? Et comment tu comptes…
Il s'arrête lorsqu'il sent ma main sur son sexe.
– Tu es diabolique, dit-il.
– Et toi, tu es un bel enfoiré, mais je suppose qu'on va tous les deux devoir faire avec.
– Merci d'avoir remarqué que j'étais beau.
Il sourit de façon innocente, mais il n'y a rien d'innocent dans sa manière de frotter son bassin contre ma main. Soudain, je n'ai plus envie de le taquiner. Je veux le voir perdre ses moyens. Je n'ai pas cessé de penser à son expression hier soir, quand il a…
J'ai des palpitations rien que d'y penser. Je défais sa ceinture, et cette fois-ci, il ne me retient pas. Il s'allonge sur le dos et me laisse faire. Je le déshabille comme si j'ouvrais un cadeau précieux. Une fois qu'il est nu, je prends mon temps pour admirer ma récompense.
Son corps est musclé et sa peau est dorée, et non blanchâtre comme la plupart des mecs de Briar. Je promène mes doigts sur ses abdos en acier et je souris lorsque ses muscles se contractent sous mes mains. Ensuite, je redessine le tatouage sur son bras gauche.
– Pourquoi des flammes ?
– J'aime le feu, dit-il en haussant les épaules. Et je trouve que les flammes ont l'air cool.
Sa réponse m'amuse et m'impressionne.
– Waouh. Je pensais que tu me dirais la même chose que tous les autres tatoués à qui j'ai posé la question, un truc du style « ça veut dire courage en taïwanais », alors que ça veut probablement dire « patate » ou « chaussure » ou encore « ivre et stupide ». Sinon, il y a ceux qui disent qu'ils ont touché le fond il y a quinze ans mais qu'ils ont réussi à remonter la pente et que c'est pour ça qu'ils se sont fait tatouer un phénix renaissant de ses cendres.
Meliodas éclate de rire mais, tout à coup, son visage se referme.
– Je suppose que c'est trop tard pour te parler du tribal que j'ai sur le tibia ? Ça veut dire « éternel optimiste ».
– Merde, tu es sérieux ?
– Mais non, je raconte n'importe quoi ! Mais tu l'avais mérité, tu ne devrais pas juger les gens et leurs tatouages.
– Je te faisais un compliment, espèce d'abruti. C'est agréable d'entendre que quelqu'un s'est fait faire un tatouage juste parce qu'il en avait envie.
Je dois admettre que son tatouage est plutôt cool. D'ailleurs, je le lui montre en léchant les flammes qui enveloppent ses biceps.
– Alors, continue à me faire des compliments, mais fais-les avec ta langue.
Je lève les yeux au ciel, exaspérée, mais je n'arrête pas. Je suis les traits d'encre noire, puis je promène ma langue sur son torse. Il a un goût de savon et de sel et de mâle… j'adore. J'aime tellement que je ne peux pas arrêter de le lécher. Je sais qu'il apprécie autant que moi, parce que son souffle devient rauque et haletant et je sens ses muscles se contracter peu à peu. Quand ma bouche termine sa promenade en effleurant son gland, tout son corps se crispe.
Je lève la tête. Son regard est rivé sur moi.
– Tu n'es pas obligée de… faire ça… si tu veux pas, balbutie-t-il.
– Alors ça tombe bien, parce que j'en ai envie.
– Certaines filles n'aiment pas.
– Certaines filles sont des imbéciles.
Ma langue caresse sa chair durcie et son bassin décolle du lit. Je lèche son gland gorgé de sang, savourant son goût, découvrant sa texture. Lorsque je prends son extrémité dans ma bouche et la suce délicatement, il pousse un cri guttural.
– Putain, Ellie, c'est…
– C'est quoi ? je demande en souriant.
– C'est incroyable, grogne-t-il. Ne t'arrête pas. Jamais. Je suis sérieux. Je veux que tu continues à me sucer jusqu'à la fin de ta vie.
Waouh.
Il est trop grand pour ma bouche et je ne suis pas experte en matière de gorge profonde, alors je prends sa base dans ma main, le suçant et le branlant en même temps, alternant entre une lenteur déchirante et une rapidité exaltante. La respiration de Meliodas est de plus en plus forte et saccadée et ses gémissements sont de plus en plus désespérés.
– Elizabeth, siffle-t-il tandis que je sens ses cuisses se contracter.
Il est sur le point de jouir. Je n'ai jamais avalé et je n'ai pas le courage d'essayer maintenant, alors ma main prend le relais pour le mener à l'orgasme. Il grogne une dernière fois puis il se cambre quand il éjacule sur mes doigts et sur son ventre. Son visage est fascinant et je ne peux cesser de le regarder, ses lèvres sont entrouvertes et son regard est voilé.
Quelques secondes plus tard, son corps se détend et il se laisse aller sur le matelas en soupirant. J'adore le voir comme cela. Mou, épuisé, haletant. Je prends des mouchoirs sur la table de nuit et je nous essuie, mais quand j'essaie de me lever pour les jeter, il me tire sur lui et m'embrasse.
– Putain, c'était… dingue.
– Ça veut dire qu'on peut faire du sexe, maintenant ?
– Ha, tu aimerais bien, hein ? Mais… non. Étape par étape, Ellie. Tu te souviens ?
Je fais la moue comme une enfant de six ans.
– Mais on sait que je peux jouir maintenant ! Tu viens de le voir !
– Oui c'est vrai, d'ailleurs je l'ai senti sur ma langue.
Je me tais un instant, gênée, et je soupire en signe de défaite.
– Est-ce que ça, ça te fera changer d'avis ? je demande avant de me racler la gorge.
Meliodas Demon, Dieu du sexe, tu as réussi là où tous les autres ont échoué. Tu es… Tu n'as
qu'à dresser une liste toi-même. Est-ce qu'on peut baiser maintenant ?
– Absolument pas, dit-il en éclatant de rire.
Soudain, à mon grand désarroi, il se lève du lit et ramasse son jean.
– Qu'est-ce que tu fais ?
– Je m'habille. J'ai entraînement dans trente minutes.
Pile à ce moment-là, quelqu'un frappe lourdement à la porte de sa chambre.
– Yo, Cap'tain, faut y aller ! crie Gilthunder.
Prise de panique, je me dépêche de me couvrir avec la couette, mais c'est une fausse alerte parce que j'entends déjà les pas de Gilthunder s'éloigner.
– Si tu veux, tu peux rester ici jusqu'à ce qu'on revienne, dit Meliodas en enfilant son tshirt. J'en ai pour quelques heures.
J'hésite.
– Allez, reste, supplie-t-il. Gilthunder va nous préparer un bon petit plat. Reste manger et je te ramènerai après.
L'idée de me retrouver seule dans cette maison est… étrange. Mais le repas maison est tentant, comparé au plateau-repas du self.
– D'accord. Je reste. Je regarderai un film ou quelque chose comme ça. Peut-être même que je vais faire une sieste.
– Permission accordée, dit-il en me fusillant soudain du regard. Mais tu ne peux sous aucun prétexte regarder Breaking Bad sans moi.
– Très bien.
– Promets-le-moi…
– Je te le promets ! je dis en levant les yeux au ciel.
– Cap'tain ! Bouge ton cul !
Meliodas vient à moi en deux enjambées et m'embrasse brièvement.
– Faut que j'y aille. À plus !
Il s'en va et je me retrouve seule dans sa chambre. C'est super-bizarre. Il y a trois semaines, je ne lui avais jamais parlé et maintenant, je suis nue sur son lit. Je suis surprise qu'il n'ait pas peur que je fouille dans sa chambre et que je trouve sa pile de porno.
Cependant, quand j'y réfléchis, ce n'est pas étonnant du tout. Meliodas est la personne la plus honnête et directe que je connaisse. S'il possède des films de cul, il ne prend probablement pas la peine de les cacher. Je parie qu'ils sont triés par ordre alphabétique sur le bureau de son ordinateur.
J'entends des voix au pied de l'escalier, puis la porte d'entrée s'ouvre et se referme.
Après quelques secondes, je me lève pour me rhabiller, mal à l'aise de me promener nue dans une chambre qui n'est pas la mienne.
Je décide de ne pas faire de sieste parce que je suis revigorée par mon orgasme. Et si ça, ce n'est pas le plus bizarre de tout ce qui m'arrive…
Je viens de jouir avec un mec.
Maël et moi avons essayé pendant huit mois.
Meliodas l'a fait à la deuxième fois.
Est-ce que ça signifie que je suis réparée ?
C'est une question beaucoup trop philosophique pour un si bel après-midi, alors je la range dans un coin de ma tête tandis que je descends me chercher à boire. Une fois dans la cuisine, un éclair de génie me vient. Meliodas et ses colocs seront épuisés après l'entraînement, c'est idiot de laisser Gilthunder faire à manger alors que je suis là et que je n'ai rien d'autre à faire, non ?
Un tour rapide du frigo et des placards révèle que Meliodas ne plaisantait pas lorsqu'il disait que Gilthunder sait cuisiner, ce ne sont pas les ingrédients qui manquent. De tête, je ne connais que les lasagnes aux trois fromages de ma grand-mère. Je réunis les ingrédients nécessaires sur le plan de travail et je suis sur le point de commencer quand une question me vient.
Il n'est que seize heures, logiquement ma mère ne devrait pas encore être au travail.
Elle décroche à la première sonnerie.
– Bonjour ma chérie ! Quelle belle surprise !
– Coucou, tu as une minute ?
– J'en ai même cinq ! Ton père m'emmène au boulot ce soir, alors c'est lui qui a le privilège de déneiger la voiture.
– Vous avez déjà tant de neige que ça ?
– Bien sûr, c'est le réch…
– Maman, je te promets que si tu dis « réchauffement climatique » je vais raccrocher.
J'adore mes parents, mais leurs discours sur le réchauffement de la planète me rendent dingue.
– Pourquoi c'est papa qui t'emmène ? Tu as un problème avec ta voiture ?
– Elle est au garage, il faut changer les plaquettes de frein.
– Ah, ok. Bref, je voulais te demander, la recette de lasagnes de mamie, elle est pour huit, non ?
– Pour dix.
Je fronce les sourcils en repensant à la quantité de nourriture qu'a ingérée Meliodas quand il est venu au diner la semaine dernière. En multipliant ça par quatre hockeyeurs…
– Mince. Ça ne suffira pas, je pense. Si je veux servir vingt personnes, je double simplement les ingrédients ou il y a une autre méthode de calcul ?
– Pourquoi tu fais des lasagnes pour vingt personnes ?
– Ce n'est pas vraiment le cas, mais je fais à manger pour quatre joueurs de hockey qui ont l'appétit de vingt personnes.
– Je vois, dit-elle avant de marquer une longue pause. Et… est-ce que… l'un de ces joueurs de hockey serait quelqu'un de spécial ? demande-t-elle, et je la vois sourire.
– Tu sais, tu peux juste me demander si c'est mon copain, Maman.
– Très bien. Est-ce que c'est ton copain ?
– Non. Enfin… pour l'instant, on est surtout amis.
Des amis qui se font jouir.
Je fais taire cette petite voix agaçante et je change de sujet.
– Tu as le temps de passer en revue la recette, rapidement ?
– Bien sûr !
Cinq minutes plus tard, je raccroche et je commence à préparer à manger pour le mec qui m'a fait jouir.
