Encore légèrement sonné par ce qu'il venait de se passer, Jehan ne savait pas quoi faire ni où aller. Après tout cela, tout le monde allait sûrement lui en vouloir, et il ne pouvait pas retourner au lycée pour tenter de s'excuser. Le jeune homme leva la tête en essayant de prendre une profonde inspiration tout en serrant sa flûte dans ses mains. Cette journée avait été un raté complet : non seulement son stratagème n'avait pas fonctionné mais en plus, il avait réussi à se faire renvoyer et à causer des problèmes à ses amis. En se mordant la lèvre inférieure, il repensa à sa dispute avec Andréa, juste avant son akumatisation. Il s'en voulait énormément d'avoir élevé la voix et d'avoir laissé entendre que tout ce qu'il s'était passé était de sa faute à elle alors qu'il n'en était rien.

Il soupira en regardant la foule autour de lui. Les parents tentaient de retrouver leurs enfants parmi les jeunes gens, sous la surveillance des forces de l'ordre qui essayait de maintenir un semblant de calme. Un petit sentiment de culpabilité vint taper le long des parois de son estomac. Tout cela était de sa faute, et uniquement de sa faute. Que devait-il faire à présent ? Rentrer chez lui comme si de rien n'était ? Tenter de retrouver sa place au lycée, même s'il doutait que quelqu'un veuille bien l'écouter après tout ce qui venait de se passer ?

Des pas rapides derrière lui le firent se retourner et avec la plus grande des surprises, Jehan put voir Andréa sortir du parc du Luxembourg, essoufflée. Un grand sourire se dessina sur son visage alors qu'elle s'approchait de lui.

-« Jehan ! » cria-t-elle avant de se jeter dans ses bras.

Le garçon fut plus que surpris de cette initiative. Il resta un moment interdit, sans bouger, avant de lui rendre son étreinte. Les deux jeunes gens restèrent ainsi immobiles pendant quelques instants avant qu'Andréa ne relève la tête.

-« Ça va ? demanda-t-elle en scannant son ami. Tu n'as rien ? »

-« E-Euh… Non, tout va bien, merci, bredouilla le jeune homme en baissant les yeux. Et toi ? Ça va ? »

-« Oui je vais bien, ne t'inquiètes pas. » acquiesça Andréa avec un petit sourire.

Réalisant qu'il tenait toujours son amie dans ses bras, le garçon relâcha son étreinte en reculant de quelques pas, gêné. Andréa le regarda avec un air triste : il avait l'air d'être énormément perturbé par ce qu'il venait d'arriver et cela lui faisait de la peine. Jehan, lui, n'osait rien dire de plus. Il était persuadé qu'Andréa devait beaucoup lui en vouloir après tout ce qu'il lui avait dit sous le coup de la colère et il ne savait pas par où commencer pour tenter de se faire pardonner.

-« Écoutes, je suis vraiment déso- » déclarèrent les deux amis d'une même voix, avant de s'interrompre pour se regarder, surpris.

-« Pourquoi est-ce que tu t'excuses ? » interrogea aussitôt Jehan, secouant négativement la tête.

-« Je m'en veux de ne pas avoir fait plus pour t'aider, murmura Andréa en baissant les yeux. Si j'avais été une vraie amie, tu ne te serais jamais fait akumatiser. »

-« Quoi ?! Non ! Non, non, tu n'y es pour rien, c'est moi qui n'ai pas été un vrai ami dans cette histoire. Je… J'aurais dû vous écouter, j'aurai dû m'y prendre autrement… Vous avez tenté de m'aider et moi j'ai… »

Le garçon marqua une pose pour soupirer. Sa poitrine le brûlait, il devait être pathétique : échevelé comme il l'était, les yeux baissés et cette honte qui lui dévorait l'intérieur du corps, il était loin d'être fier de l'image qu'il pouvait lui renvoyer. Rassemblant le courage qu'il lui restait, il osa relever la tête.

-« J'étais vraiment en colère… Mais je m'en veux d'avoir agi comme je l'ai fait et surtout… de m'être mal conduit avec toi. Je regrette tout ce que je t'ai dit, je suis vraiment désolé… J'espère que tu pourras me pardonner. »

Le garçon baissa de nouveau les yeux, ne pouvant supporter davantage le regard d'Andréa posé sur lui. La jeune fille resta silencieuse un instant de s'avancer vers lui et de poser doucement sa main sur sa joue.

-« Bien sûr que je te pardonne idiot, murmura-t-elle en inclinant la tête pour attirer son attention. Tu n'étais pas toi-même, et je sais que tu ne pensais pas ce que tu as dit. »

Jehan répondit tant bien que mal à son sourire par une mimique gênée, presque forcée qui fit rire la jeune fille. Les deux amis restèrent un instant muets avant qu'Andréa ne serre de nouveau Jehan contre elle. Il la regarda faire, interrogatif et se contenta de passer doucement ses bras autour de ses épaules, sans rien faire de plus.

-« Je suis contente de t'avoir retrouvé. » murmura-t-elle sans bouger.

Jehan sentit son cœur s'affoler en l'entendant prononcer ces mots. Pleins d'idées lui venaient en tête, il aurait voulu poursuivre la discussion dans ce sens mais il n'était clairement pas en bonne posture pour cela. Il s'en voulait encore énormément et il ne se voyait pas ajouter quoi que ce soit à cela.

-« Moi aussi. » se contenta-t-il de répondre en acquiesçant.

-« Hey, tu sais quoi ? » souffla Andréa en relevant la tête.

-« Dis-moi. »

-« Avant que j'essaye de te retrouver pendant l'attaque, j'ai entendu Mlle Bustier et M. Damoclès discuter. Elle était furieuse contre lui, elle venait à peine d'apprendre ce qu'il s'était passé, avec la création du club de musique. Crois-moi, je ne l'avais jamais vu se mettre en colère, mais alors là j'ai été servie ! Et je suis persuadée qu'elle a convaincu M. Damoclès d'accepter ta demande ! Il suffit de retourner au lycée et d'en parler avec eux. »

-« Oh… Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée… murmura Jehan en hochant négativement la tête. Tout le monde doit m'en vouloir après ce que j'ai fait, et je ne suis pas en état de défendre mon point de vue pour l'instant. »

-« Mais qu'est-ce que tu racontes enfin ? protesta Andréa avec un petit rire tout en s'écartant de lui. Tu es un véritable héros, tout le monde t'as défendu quand la nouvelle de ton renvoi s'est propagée ! Crois-moi, cette fois, ça va fonctionner. »

-« Je- »

Mais l'adolescente ne lui laissa pas le loisir de répliquer. Elle s'écarta de lui afin de lui prendre la main pour l'entraîner à sa suite.

-« Viens, ils doivent nous attendre ! »

Avec un sourire, Jehan se laissa guider, serrant sa flûte contre lui et raffermissant légèrement la pression de ses doigts sur ceux d'Andréa. Même s'il n'était pas encore tout à fait sûr de la tournure des évènements, il était prêt à la suivre. Après tout, tenter de s'expliquer serait toujours plus efficace que de rentrer chez lui, la queue entre les jambes.

Et de toute façon, à cet instant, aurait-il pu lui refuser quoi que ce soit ?

Certainement pas.


Courant sur les toits aussi vite que possible, Chat Noir refusait de ralentir ne serait-ce qu'une seconde. Il savait qu'il ne lui restait que quelques instants avant de se détransformer et il devait absolument rejoindre son lycée avant que cela n'arrive. Au vu des barricades qui avaient été dressées à cause de l'attaque du jour, il serait impossible pour lui d'entrer dans l'enceinte du bâtiment sans se faire remarquer, et cela lui vaudrait beaucoup trop de questions gênantes auxquelles il n'avait pas du tout envie de répondre. De plus, le jeune homme avait laissé ses affaires de classe dans le réfectoire et il devait les récupérer le plus rapidement possible afin de réapparaitre au milieu de ses camarades, comme si de rien n'était.

Enfin, le héros atteignit le toit du lycée. Il se pencha au bord pour vérifier que personne ne se tenait sur la plateforme du dernier étage. L'endroit n'était pas visible depuis la cour, ce qui lui laissa le champ libre pour descendre tranquillement le long de la gouttière et se réfugier dans les entrailles du bâtiment par la porte la plus proche. Alors qu'il tournait au détour d'un couloir, le jeune homme eut juste le temps de tourner sur lui-même pour s'assurer que le corridor était désert au moment où il perdait son costume. Surpris par cette soudaine perte d'énergie après sa course effrénée, Félix vacilla et se rattrapa en appuyant son dos contre le mur derrière lui, peinant à reprendre son souffle. Plagg vint voltiger autour de lui avant de se poser sur son épaule alors que son porteur basculait sa tête en arrière.

-« J'ai- » commença la petite créature.

-« Je sais, laisse-moi une minute. » le coupa Félix en passant une main sur son visage.

La peur de ne pas arriver à temps et de se retrouver coincé sur un toit ou de perdre son apparence héroïque pendant un saut au-dessus du vide lui tailladait encore les côtes et le calvaire n'était pas terminé : il lui manquait encore son sac qu'il devait absolument récupérer. Invitant silencieusement Plagg à se cacher dans les plis de sa veste, le garçon repris sa course. Il devait se dépêcher avant que son absence ne se fasse trop remarquer. Le jeune homme était bien conscient d'avoir manqué l'appel de classe qui avait dû se dérouler pendant l'attaque, les professeurs voulant s'assurer qu'aucun élève ne manquait et il était plus que probable que sa disparition avait déjà été constatée par ses camarades.


De son côté, Ladybug filait aussi pour rejoindre le lycée avant la fin de sa transformation. Elle devait rentrer dans le bâtiment sans se faire repérer, ce qui n'allait pas être une mince affaire car les élèves étaient déjà afférés à retirer les barricades qui avaient servies à bloquer les portes.

Arrivée sur les toits, la jeune fille regarda le réfectoire de cantine avec un petit sourire. Elle savait que personne ne devait s'y trouver à l'heure qu'il était et tenter de s'aventurer dans les couloirs de l'école alors qu'elle était encore vêtue de son costume d'héroïne était une pure folie. Se baissant pour ne pas se faire repérer des élèves en contrebas, elle rejoignit le toit du réfectoire avant de se laisser tomber le long du mur extérieur de la bâtisse. La porte qui menait dans la rue était sa seule chance et par miracle, elle s'ouvrit. Au vu de la position de cette entrée, les élèves et les professeurs n'avaient pas dû penser à la verrouiller, pour son plus grand bonheur. Ladybug pénétra discrètement dans le bâtiment, s'assurant d'être seule avant d'emprunter le couloir réservé au personnel. Elle recula au plus loin dans le corridor, dos au mur et demanda sa détransformation. La jeune fille s'autorisa à soupirer de soulagement en accueillant Tikki dans ses paumes avec un petit sourire.

-« C'était chaud aujourd'hui… » murmura l'adolescente avec un rire forcé.

-« Oui mais vous vous en êtes bien sortis ! Tu vois ? Je t'avais dit que tout se passerait bien. »

-« Oui tu as eu raison, et je suis déso- »

Mais un bruit de claquement de porte les fit sursauter toutes les deux. Quelqu'un venait d'entrer ou de sortir du bâtiment. Les deux amies se regardèrent avec des yeux ronds avant que Bridgette n'invite silencieusement Tikki à se cacher dans sa sacoche. Elle emprunta le couloir dans l'autre sens jusqu'à arriver dans le réfectoire, désert. Des chaises avaient été dérangées dans la panique et des plateaux avaient été abandonnés sur les tables mais rien ne semblait anormal. La jeune fille fit un tour sur elle-même avant de hausser les épaules. Personne.

Elle posa sa main sur sa poitrine pour tenter de calmer les battements affolés de son cœur. L'adolescente avait bien fait attention à ne pas être suivie ou observée alors qu'elle était entrée dans le bâtiment pour se détransformer, mais comme lui avait rappelé Tikki, elle n'était pas omnisciente. Et quelqu'un caché dans cette salle aurait pu l'apercevoir alors qu'elle était entrée dans le couloir réservé au personnel.

Alors qu'elle inspectait la salle minutieusement, un bruit derrière elle la fit sursauter. Elle fit volte-face pour s'approcher doucement des cuisines. Il y avait quelqu'un, et cette fois, elle en était sûre. Elle continua de progresser lentement. Elle savait qu'elle ne risquait plus rien, pourtant elle voulait absolument savoir qui pouvait se cacher dans un endroit pareil. Elle n'était maintenant plus qu'à quelques pas de la grande double porte des cuisines. Mais alors qu'elle tendit la main pour pousser l'entrée, la porte battante s'ouvrit violemment dans l'autre sens, la faisant reculer.

-« Ah ! » laissa-t-elle échapper alors qu'elle tombait en arrière.

Assise par terre, elle releva les yeux pour identifier la personne qui venait de la faire basculer. Et elle ne put s'empêcher d'écarquiller les yeux quand elle la reconnut, en une fraction de seconde.

-« Félix ?! » s'égosilla la jeune fille avec un petit rire.

-« Oh pardonne-moi, je ne t'avais pas vu. » s'excusa le garçon en lui tendant la main pour l'aider à se relever.

-« M-Mais qu'est-ce que tu fais ici ? » questionna Bridgette en se remettant sur ses jambes.

Mince… Il était si près de réussir… Quelques secondes de plus et il aurait pu sortir de cet endroit sans que personne ne lui pose la moindre question. Mais au lieu de cela, il se retrouvait bloqué avec sa camarade, dans un endroit où ni lui ni elle n'avait le droit d'être, sans avoir la moindre explication à fournir. Le jeune homme soupira en passant sa main dans sa nuque. Malgré lui, il allait devoir ressortir le jeu de l'enfant craintif.

-« A-Ah… En fait… Je cherchais un endroit où me cacher et je me suis dit que… personne ne penserait à venir me chercher ici, tu vois… Hem… Enfin maintenant que l'attaque est terminée, je me suis dit que je pouvais sortir… »

Un petit silence se fit entre les deux jeunes gens avant que le sourire de Bridgette ne se fasse plus large encore. Il n'avait aucune idée de si elle le croyait ou non, tout ce qu'il savait c'est qu'il devait se dépêcher de détourner le sujet de conversation, avant que les questions de son amie ne deviennent trop insistantes.

-« E-Et toi ? Qu'est-ce que tu fais ici ? »

Bridgette pâlit en se rendant compte que, elle non plus, n'avait pas pensé à se trouver une excuse. Après tout, pourquoi en aurait-elle eu besoin ? Le bâtiment aurait dû être vide…

-« Ah ? Moi ? Je… répondit Bridgette en réfléchissant en même temps. En fait je suis venue regarder les issues de secours de ce bâtiment. »

-« Les issues de secours ? » questionna Félix en haussant un sourcil.

-« Oooouuui… affirma la jeune fille avec un hochement de tête qu'elle voulait assuré. En fait, on avait barricadé toutes les portes, et j'ai logiquement pensé que celles de ce bâtiment l'avaient aussi été, tu vois ? Alors il fallait que quelqu'un vienne ranger, aha… Mais en fait, les portes n'ont pas du tout été bloquées ici ! Et donc du coup… Bah… Je n'avais rien à faire, alors je repars ! »

Un autre silence se fit avant que Félix ne hausse les épaules.

-« D'accord. »

-« Il faudrait vraiment qu'on pense à barricader ces portes la prochaine fois hein ? » plaisanta Bridgette.

-« Espérons qu'il n'y ait pas de prochaine fois. Et ton sac ? »

Bridgette serra les dents en affichant un sourire. Pour cela non plus, elle n'avait pas vraiment d'explication.

-« Il me gênait, alors je l'ai laissé dans une des salles de cours avant de repartir pour aider les autres. »

Un petit rictus se dessina sur les lèvres de Félix alors qu'il hochait doucement la tête. Cette jeune fille était vraiment surprenante. Elle était prête à se séparer de toutes ses affaires pour aider ses amis et ses camarades de classe sans se poser aucune question. Elle était incroyablement désintéressée et le jeune homme devait bien admettre que cela était sûrement l'une de ses plus grandes qualités. Après un petit silence, le garçon se rendit compte qu'il la fixait une fois de plus et se dépêcha de détourner le regard.

-« Allons rejoindre les autres. » déclara-t-il en s'avança vers la porte de sortie.

L'adolescente s'empressa d'emboîter le pas à son camarade. De nouveau dans la cour, les deux amis regardèrent autour d'eux. Tout le monde s'affairait à ranger le matériel qui avait été déplacé pour former les barricades et l'ambiance se faisait de moins en moins lourde, ce qui les rassurait. Tournant les yeux vers la grande porte d'entrée, Bridgette soupira profondément, ce que ne manqua pas de remarquer Félix.

-« Et pour Jehan ? demanda-t-elle. Qu'est-ce qu'on va faire maintenant ? »

-« Ne t'inquiètes pas, nous allons trouver une solution, affirma Félix en continuant sa route. Cette situation est inadmissible, et on ne va pas se laisser faire. »

Surpris de ce qu'il venait de dire, le jeune homme s'empourpra d'un seul coup, arrachant un petit rire à sa camarade qui le suivait de près.

-« Je veux dire… se reprit le jeune homme. Jehan. Jehan ne peut pas se laisser faire. »

Alors que Bridgette ouvrait la bouche pour ajouter quelque chose, deux silhouettes apparurent dans l'encadrement de la grande porte d'entrée de la cour. Un petit sourire se dessina sur son visage lorsqu'elle reconnut ses deux amis. Andréa, légèrement en avant, entrainait Jehan dans son sillage, le tenant par la main.

Alors qu'ils avançaient vers le centre de la cour, le calme se posa soudain sur le lieu, tous les regards posés sur eux, comme s'ils étaient une apparition surnaturelle. Légèrement gêné, Jehan serrait sa flûte contre lui en continuant de suivre sa camarade qui se stoppa finalement au milieu de la cour. Il posa ses yeux sur Bridgette et Félix qui se tenaient à quelques pas de lui avec une mine triste alors que le silence se prolongeait autour d'eux. Tout s'immobilisa quelques secondes avant que Bridgette ne se précipite vers eux pour se jeter dans les bras du grand métis.

Le garçon la regarda faire avec un sourire qui laissait apparaître ses dents alors que tous les élèves se mirent à acclamer leur grand camarade avec des applaudissements et des cris. Félix fit quelques pas en avant à son tour, croisant les bras en adressant à son tour un sourire à Jehan.

-« Je suis tellement contente de te retrouver. » murmura Bridgette en enserrant plus fortement les hanches du garçon.

-« Tu nous as fait peur. » déclara Félix avec un hochement de tête.

-« Je suis vraiment désolé, je vous dois à tous des excuses, affirma le grand jeune homme en regardant tout autour de lui. J'étais en colère et j'ai agi comme un idiot. »

-« Bah ça va, ça on a l'habitude, rit Sullivan qui se rapprochait d'eux, Myriam sur ses talons. C'est rare que tu restes sage de toute façon. »

-« Ouais, on connait hein ! confirma Killian. Toujours à faire le clown ! »

-« Et c'est TOI qui dit ÇA ?! » cria Alizée en lui administrant une grande tape dans l'épaule.

Tout le monde éclata de rire alors que la foule se resserrait autour du groupe de Jehan. Le jeune homme détailla tous les visages autour de lui avec émotion, le sourire aux lèvres, posant ses mains sur les épaules de Bridgette qui était toujours serrée contre lui.

-« On est contents de te retrouver. » déclara Roxane en lui prenant la main.

-« Merci… répondit le jeune homme. Mais à cause de moi, nos espoirs de voir la création du club de musique ont été complètement détruits. »

-« Pour ça, je pense que j'ai mon mot à dire. » tonna une voix féminine dans les escaliers.

Tous les élèves levèrent la tête pour apercevoir Mlle Bustier qui était sortie sur la plateforme devant sa classe. Jehan se tourna vers Andréa qui hocha la tête pour l'inciter à s'avancer. Le garçon confia son instrument qu'il tenait toujours en main à Bridgette avant de grimper les escaliers pour rejoindre sa professeure.

-« Alors M. Iscarioth, vous nous avez fait peur aujourd'hui n'est-ce pas ? » souffla-t-elle en le regardant approcher.

-« Je suis vraiment désolé, j'aimerais régler notre différend avec M. Damoclès, j'aimerais m'excuser pour ce matin aussi mais je ne sais pas comment m'y prendre… »

-« Moi je sais. » déclara une autre voix qui sortait de la salle de classe.

Les yeux écarquillés, Jehan aperçut M. Damoclès qui apparut dans l'encadrement de la porte, les mains dans le dos et un petit regard inquisiteur posé sur lui. Le jeune homme resta un instant interdit avant de se reprendre.

-« Monsieur, je tiens à m'excuser de mon comportement déplacé, je… Je voulais tellement voir la création de ce club de musique que j- »

-« Je crois que je vous dois aussi des excuses jeune homme, coupa le proviseur en levant la main. J'ai eu le loisir de… discuter avec vos camarades et votre professeure, poursuivit-il avec un regard à Mlle Bustier, et je pense pouvoir dire que nous sommes arrivés à un arrangement. Si vous voulez bien me suivre, nous allons parler de tout cela dans mon bureau. »

Incrédule, Jehan vit le directeur s'éloigner tandis que Mlle Bustier lui emboitait le pas. Le garçon se tourna un instant vers ses camarades en contrebas qui lui firent comprendre de les suivre sans attendre avec de grands gestes et des pouces en l'air. Un petit sourire apeuré se dessina sur les lèvres du garçon alors qu'il rattrapait Mlle Bustier sur la plateforme. Les camarades se mirent à rire tous ensemble en le regardant faire, les suivant des yeux avant qu'ils ne disparaissent dans le bureau de M. Damoclès.

-« Tout ira bien cette fois, déclara Andréa alors que les autres hochaient la tête. Je suis sûre que ça va aller. »


Vingt minutes plus tard, Jehan redescendit les escaliers dans l'autre sens, les mains dans les poches de son sweat, se dirigeant vers Andréa, Bridgette et Félix qui l'attendait dans la cour. Bridgette était allé récupérer son sac et avait même rangé la flûte de Jehan dans son étui, qu'elle avait retrouvé dans un coin de la cour.

Les trois jeunes gens le regardèrent s'approcher sans bouger. Le garçon avait les yeux baissés et le pincement de ses lèvres montrait que quelque chose le contrariait.

-« Alors ? » demanda Andréa dès qu'il fut à leur hauteur.

-« Je peux retourner en cours dès demain. M. Damoclès a dit que sa décision de me renvoyer avait été excessive, il s'est même excusé. »

-« Formidable. » acquiesça Félix.

-« Et le club de musique ? » interrogea Bridgette en tortillant ses doigts.

Jehan prit aussitôt une mine contrite en baissant les yeux. Le jeune homme vacillait sur ses jambes, s'appuyant ses pieds à tour de l'autre, faisant des ronds sur le sol avec la pointe de ses chaussures.

-« En fait, je suis puni. » murmura le garçon.

-« Puni ?! » s'exclamèrent les filles alors que Félix fronçait les sourcils.

-« Oui puni… Mlle Bustier et M. Damoclès m'ont… ordonné d'organiser la création du club de musique ! » acheva-t-il en éclatant de rire.

Les trois autres laissèrent échapper une exclamation de surprise avant que Bridgette ne se lève pour donner des petits coups à son ami.

-« Idiot ! Tu nous as fait peur ! J'ai cru qu'ils avaient refusé ! »

-« Oui moi aussi. » affirma Andréa en se pinçant l'arête du nez.

-« Oh mais je sais, je l'ai fait exprès ! ricana le garçon en passant son bras autour des épaules de Bridgette pour la serrer contre lui, tournant sur lui-même en éclatant de rire. J'ai jusqu'à la fin de la semaine pour trouver la salle, le jour et la plage horaire, et faire des affiches pour annoncer le lancement du club. »

-« Moi je pense savoir qui va être le premier membre ! » rit Bridgette en se tournant vers Félix.

Le garçon écarquilla les yeux tandis que Jehan fronçait les sourcils.

-« Attends… murmura le jeune homme. Tu joues de la musique toi aussi ?! »

-« Je… » bégaya Félix qui tourna les yeux vers Bridgette.

La jeune fille hochait la tête, comme pour l'inciter à continuer. Le garçon poussa un petit soupir avant de reprendre un ton posé.

-« Je joue du violon depuis que j'ai 5 ans. »

-« Mais c'est fantastique ! exulta Jehan avec un sourire jusqu'aux oreilles. Je ne joue pas de violon en plus ! On pourra faire des duos, ça serait super non ?! »

-« Euh… Oui, on verra. » affirma Félix en passant sa main dans sa nuque.

Le petit groupe émit un rire avant qu'Andréa ne se tourne vers le grand métis.

-« Tu as réussi Jehan, tu peux être fier de toi. »

-« Je n'aurai rien pu faire sans vous, c'est moi qui devrais vous féliciter. » corrigea Jehan avec un clin d'œil.

Jehan tendit la main devant lui avec un sourire, regardant tour à tour ses trois camarades. Bridgette fut la première à réagir et posa sa main sur celle de Jehan. Andréa fit de même et tourna les yeux vers Félix avec un petit mouvement de menton pour l'inviter à faire pareil. Le garçon hésita un instant avant de poser sa main par-dessus la sienne. Jehan scella leur rassemblement en plaçant sa deuxième main au-dessus de celles de ses camarades.

-« Merci, grâce à vous je vais pouvoir faire ce que j'aime le plus, quand je voudrais. »

Presque quand tu voudras. » corrigea Andréa.

-« C'est déjà beaucoup, murmura Jehan avec un sourire. Je vous dois énormément. »

Un petit silence s'installa entre les quatre amis avant que Bridgette ne reprenne la parole.

-« Bon allez, arrête sinon tu vas me faire pleurer ! » murmura la jeune fille en retirant doucement sa main.

-« Ah non, je pense qu'on a eu notre dose d'émotions pour la journée. » dit Andréa, ses mots appuyés par Félix qui hochait silencieusement la tête.

-« Et si on retournait en cours ? proposa Jehan. Mlle Bustier a dit qu'elle allait reprendre la classe dans quelques minutes. »

-« Bonne idée, comme ça tu pourras annoncer la bonne nouvelle aux autres ! » affirma Bridgette en attrapant son sac au pied du banc.

Les deux filles prirent la tête du petit groupe alors qu'ils traversaient la cour pour rejoindre leur classe. Mais Félix s'arrêta un instant, se sentant soudainement observé, un désagréable sentiment lui parcourant le dos. Il tourna les yeux pour apercevoir Camille depuis l'autre bout de la cour. Elle avait effectivement les yeux rivés sur lui, un regard empli de colère et de haine. Elle avait dû apprendre que son plan pour empêcher la création du club de musique avait échoué, et manifestement, cela ne lui plaisait pas du tout.

Suivant le regard de son ami, Jehan aperçut à son tour la jeune blonde et ne put retenir un rire vantard, ce qui fit retourner Andréa et Bridgette de surprise.

-« Tu vois Camille ?! cria-t-il, afin que tout le monde puisse l'entendre, elle ainsi que toutes les autres personnes dans la cour. La diplomatie l'emporte toujours sur la force brute ! C'est une leçon que j'ai apprise aujourd'hui ! Alors, la prochaine fois que tu essayes de faire ta peste, essaye de réfléchir un peu plus avant d'agir ! Et essaye de te montrer un peu plus cordiale aussi, tu auras peut-être plus de chance ! »

Les élèves éclatèrent tous de rire tandis que Félix hochait la tête. Il n'aurait pas dit mieux. Le rouge lui montant au visage, Camille se contenta d'adresser à Jehan puis à lui un regard meurtrier avant de tourner les talons pour disparaître dans un des bâtiments, Sarah juste derrière elle.

-« Je suis admiratif de ta capacité à la faire fuir aussi facilement. » murmura Félix en se tournant vers le grand métis.

-« Ahahaha ! Des années d'entraînement mon brave ! rit Jehan en posant sa main sur l'épaule de son ami. Reste près de moi et je t'apprendrai tout ce que je sais ! »

-« J'ai hâte. » soupira le blond en passant sa main sur son visage tandis qu'Andréa et Bridgette éclataient de rire.


De retour chez elle, Bridgette était montée sur son balcon et observait de manière distraite la grande cathédrale Notre Dame, parée de son éclairage de nuit. Voyant sa porteuse dans un tel état, Tikki se rapprocha doucement pour venir virevolter près d'elle.

-« Tout va bien Bridgette ? » demanda-t-elle d'une petite voix.

-« Oui, je vais bien, répondit la jeune fille avec un petit sourire. Je réfléchissais juste à ce qu'il s'est passé aujourd'hui. »

-« Tu t'en es très bien sortie, je savais que tout se passerait bien. » affirma la kwami en se posant sur l'épaule de son amie.

-« Oui, tu avais raison. »

Bridgette baissa légèrement les yeux avant d'inspirer lentement.

-« Tout de même, je pense que j'avais grandement sous-estimé mon rôle d'héroïne. Les deux dernières missions auraient pu tourner en véritables catastrophes, et tout ça à cause de moi. »

-« Être Ladybug, ou même Chat Noir, n'est pas une mince affaire, je te l'ai dit. Il est normal de faire des erreurs, mais ce n'est pas pour ça qu'il faut baisser les bras au premier obstacle ! »

-« Je le sais… C'est juste que… J'ai cru que je pouvais être quelqu'un d'incroyable dès le début, que je pourrais sauver tout le monde et arrêter le Papillon en quelques semaines, j'ai été drôlement présomptueuse. »

-« Tout le monde veut bien faire, ça peut se comprendre. Mais rappelle-toi que tu dois toujours garder la tête froide. Quand tu es Ladybug, tu dois mettre de côté tes sentiments et te concentrer uniquement sur la mission. Je sais que ça peut être difficile, mais plus tu t'appliqueras à cette tâche, meilleure tu deviendras. »

Bridgette hocha la tête. Elle avait eu tellement peur de ne pas être à la hauteur de la mission du jour qu'elle n'arrivait pas encore à assimiler que son partenaire et elle avaient remplis leur devoir de manière plutôt honorable.

Elle devait absolument se montrer plus forte, elle ne pouvait pas se permettre de se faire dépasser de la sorte à la moindre fausse note. Par ailleurs, Chat Noir serait toujours en première ligne pour rattraper ses erreurs, après tout ils étaient partenaires, mais elle ne pouvait pas supporter de le mettre en danger pour quelque chose dont elle était seule responsable.

Il avait pris d'énormes risques en venant la sauver pendant les évènements du Mime, et encore aujourd'hui il l'avait aidé à se remettre sur le droit chemin en faisant abstraction de la mission quelques instants, ce qui aurait pu être dangereux, pour lui comme pour elle.

-« Dans mon égoïsme, j'ai même oublié Chat Noir. Après tout, pour lui aussi ça a dû être compliqué de devenir un héros… Plus qu'il ne le laisse voir en tout cas. »

-« Peut-être que tu devrais en parler avec lui ? » suggéra Tikki.

-« Tu crois ? »

-« Eh bien, tant que vos identités restent secrètes, rien ne vous empêche de discuter ! Vous restez des adolescents, ne l'oublions pas, vous devez avoir plein de choses à vous raconter. »

-« Oui enfin je ne suis pas sûre qu'un champ de bataille soit le meilleur endroit pour nous raconter nos journées… » rit Bridgette en haussant les épaules.

-« C'est vrai. » rit à son tour Tikki.

Les deux amies restèrent encore quelques instants immobiles avant que Bridgette ne décide de rentrer à cause du froid qui se faisait persistant. Intérieurement, la jeune fille s'en voulait encore énormément d'avoir mis en danger son coéquipier ainsi que tout Paris pour sa simple bêtise. Mais elle était maintenant plus décidée que jamais de faire de son mieux.

Leur mission de stopper le Papillon allait peut-être prendre plus longtemps qu'elle ne l'aurait souhaité mais la jeune héroïne allait redoubler d'effort, elle se le promettait intérieurement. Elle devait apprendre à se faire confiance et prouver à Chat Noir, ainsi qu'à la ville entière, qu'elle était à la hauteur de la tâche qu'on lui avait confiée.


Assis à son bureau, Félix faisait distraitement tourner son crayon dans sa main droite, la tête appuyée contre sa paume gauche, les yeux dans le vide. Plagg, qui était étonnement resté silencieux depuis leur retour à la maison, s'approcha de son porteur, un morceau de fromage entre les pattes.

-« Tu n'écris pas beaucoup. » remarqua-t-il en désignant les pages blanches du cahier.

-« Je réfléchis. » répondit sobrement Félix sans bouger.

-« Ça fait presqu'une heure que tu es comme ça, à quoi tu penses ? »

Le jeune homme sentit le rouge lui monter aux joues en pensant à la réaction qu'aurait son petit compagnon s'il lui avouait à quoi il pensait sans pouvoir rien y faire depuis la fin de la mission du jour. À qui il pensait pour être exact.

-« Je ne pense à rien, je fais le bilan de la journée c'est tout. » argua le garçon en haussant les épaules.

Un silence se fit entre les deux camarades avant que Plagg ne reprenne sur un petit ton rieur.

-« Aaaaah… Je vois… Tu penses à Ladybug c'est ça ? »

Félix se raidit aussitôt, échappant par la même occasion son crayon qui roula sur la surface du bureau avant de tomber par terre. Le jeune homme se tourna vers Plagg, furieux.

-« N-Ne sois pas stupide ! Comment est-ce que tu peux dire une chose pareille ?! N'importe quoi ! »

-« Je te trouve drôlement sur la défensive quand même. » ricana le kwami avec un sourire satisfait.

-« Je ne pensais pas à elle ! Je pensais à ce qu'elle m'a dit, c'est tout. »

-« Ooooh, elle t'as fait les yeux doux et tu ne peux pas te retirer cette image de ta tête, c'est ça ? »

Félix s'empourpra de plus belle en se levant d'un bond. Il foudroya Plagg du regard avant de se diriger vers la fenêtre de sa chambre, les bras croisés. Le kwami se fendit d'un nouveau rire avant d'aller le retrouver.

-« Oh allez, tu peux me le dire à moi ! Ça peut arriver à tout le monde tu sais ! »

-« Non, et non ! contra Félix en serrant les poings. Ce n'est pas DU TOUT ça ! C'est simplement que… Ce qu'il s'est passé aujourd'hui, et même pendant les évènements du Mime… Elle avait l'air tellement apeurée et… inquiète de ne pas arriver à remplir sa mission. Quand elle m'a regardé avec ces yeux anxieux tout à l'heure… c'est moi que j'ai vu. »

Plagg s'arrêta net de rire avant de venir virevolter proche de son porteur.

-« Parce que moi aussi j'ai peur ! avoua Félix en serrant ses bras contre lui. J'ai fait des progrès depuis mes débuts, je le sais, et quand je suis en mission j'essaye de faire abstraction de tout mais… Au fond, moi aussi j'ai peur de ne pas être à la hauteur. C'est elle qui m'a aidé à croire en moi au départ, mais si elle-même perd espoir, alors tout est perdu. »

Le kwami se tut un instant avant de venir voler devant le visage de son porteur.

-« Dis donc, tu n'as pas l'impression de faire un retour en arrière ? Je croyais que tu étais beaucoup plus serein avec ton rôle de héros maintenant ! »

-« Je le suis ! Mais si malgré tout je ne suis pas assez fort pour la protéger et protéger Paris, alors je ne sais pas quoi faire d'autre. »

Plagg poussa un petit soupir avant de prendre la parole.

-« Bon écoute, je sais que ce n'est pas facile, tu découvres encore le rôle de Chat Noir, c'est normal d'avoir toujours des doutes. Mais je te l'ai déjà dit : tu as été CHOISI. Le Maître n'a pas donné les miraculous à n'importe qui, c'était tout réfléchi comme choix. Et il t'a désigné parce qu'il a vu en toi quelque chose dont tu n'as peut-être pas encore conscience ! »

Félix releva les yeux vers son kwami, intrigué.

-« Tu n'es pas parfait, Ladybug non plus. Mais vous avez quelque chose en vous que le Maître a vu, et c'est pour ça que je suis là, et que nous sommes en train d'avoir cette discussion ! Tu dois croire en lui, et en toi surtout ! Je n'arrive pas à croire que tu es en train de me faire dire ça. » grommela Plagg en croisant les pattes.

-« Oui enfin c'est plus facile à dire qu'à faire. » soupira Félix en hochant négativement la tête.

-« Mais évidemment que c'est toujours plus facile sur le papier ! Mais ce n'est pas en continuant à ronchonner que les choses vont s'arranger ! Alors tu inspires un grand coup, tu relèves la tête et tu marches droit s'il te plait ! Sois fier de protéger Paris, tu t'en sors bien en plus ! Et tu verras que tu ne douteras plus de toi ! » acheva le kwami en levant ses pattes.

Le jeune homme écarquilla les yeux, plongeant son regard dans celui de Plagg. Les deux compères restèrent dans cette position quelques instants avant que Félix n'esquisse un sourire.

-« D'accord. » déclara-t-il en levant sa main pour accueillir le kwami dans sa paume.

-« Q-Quoi, vraiment ?! » s'étrangla Plagg en se laissant faire.

-« Oui, je pense que tu as dit ce qu'il fallait. » acquiesça le garçon en posant le kwami sur son épaule gauche.

-« Je ne comprends vraiment rien aux humains moi. » soupira la créature en passant ses pattes sur son visage.

Félix se contenta d'un nouveau rictus en croisant les bras. Aussi étrange que cela pouvait paraître, les mots du kwami avaient réellement rassurés Félix. Il était aussi doué que lui en diplomatie mais Plagg avec la qualité de dire ce qu'il pensait, sans prendre de pincettes. Et cette qualité, qui pouvait parfois se révéler amère, présentait un avantage : le kwami ne s'embarrassait pas de mensonges. Il disait ce qu'il pensait, voilà tout.

Alors s'il croyait en lui, il n'avait aucune raison de douter de ses paroles. Et le fait de savoir que son petit compagnon avait confiance en lui, aussi teigneux soit-il, avait suffi à lui redonner confiance. Et il n'avait pas tort : le Maître les avait délibérément choisis, lui et sa coéquipière. Pourquoi aurait-il pris le risque de leur confier de tels pouvoirs s'il n'était pas certain de son choix ?

Félix secoua la tête pour tenter de chasser toutes ces mauvaises pensées de sa tête. Cela prendrait du temps mais il devait apprendre à se faire un peu plus confiance. Être lui-même lui faisait étrangement peur mais il n'avait pas le choix s'il voulait défaire le Papillon et protéger Paris.

Ainsi que Ladybug.

Il inspira profondément sous l'œil intrigué de son kwami, les yeux fermés tandis qu'un petit sourire se dessinait sur ses lèvres.

-« Bon… murmura le jeune homme. L'idée de me remettre à mes devoirs ne me séduit pas plus que ça pour le moment… Une partie d'échecs te tente ? »

-« Pour te battre à plate couture encore une fois ? argua le kwami avec un grand sourire. Avec plaisir ! » rit la créature en s'envolant vers le plateau de jeu.

-« Je te ferai remarquer que tu ne m'as battu qu'une seule fois, et à cause d'une erreur stupide de ma part. » expliqua Félix en rejoignant son compagnon.

-« Eh bien sois moins stupide, et tu auras PEUT-ÊTRE une chance de me battre ! »


Voilà qui clôture cette partie ! J'espère que ça vous a plu ! On a avance doucement sur tous les fronts.

Normalement, je suis censée faire une pause d'une semaine entre chaque fin d'actes, mais à cause des vacances, je ne posterai rien du 9 au 30 août, alors je commencerai le prochain acte la semaine prochaine, qui mettra en scène un personnage canon bien connu de la série, lequel à votre avis ?

Restez connectés, la réponse la semaine prochaine...