Petite scène intime entre nos deux tourtereaux. Rien de bien alarmant mais vous êtes prévenus !
⁽⁽ଘ( ˊᵕˋ )ଓ⁾⁾


Le regard pétillant qu'Erwin lui avait adressé sonna sa victoire écrasante. Elle s'était appliquée à garder sa contenance, mais son cœur cognait beaucoup trop fort dans sa poitrine, depuis le moment où il avait foulé le pas de sa porte.

Jamais, de toute son existence, Lilith ne s'était sentie si pressée de quitter son bain pour regagner sa chambre. Son impatience n'échappa guère à l'œil experte de sa servante, qui n'osa cependant pas lui faire la moindre remarque. Face à son demi-sourire, la Duchesse ressentit le besoin de préciser un point.

- Il m'intéresse depuis plus de huit ans, c'est légitime. Dit-elle.

La jolie servante rougit légèrement. Elle avait vu qui était cet homme. Il était très grand, bien bâti, avait de la prestance et dévorait sa Maîtresse du regard. Lilith venait très rarement séjourner au domaine, et elle n'avait jamais ramené aucune conquête. Toute la propriété avait sombré dans le chaos et l'euphorie à la nouvelle de sa venue, qui plus est, accompagnée d'un homme.

- Je suis sûre que c'est un homme bon. Lui dit-elle d'une voix douce.

Bon ? Ça il devait sûrement l'être, dans tous les sens du terme. Elle laissa échapper un rire qui vexa la servante. Lilith se sentit obligée de s'excuser et se demanda s'il était opportun de lui expliquer pourquoi elle avait ri. Elle regretta immédiatement de l'avoir fait lorsque la jeune femme lui décocha un air outré. Jen lui manqua soudainement.

- Arrête, je suis sûre que vous étiez toutes cachées derrière la porte quand il est rentré, j'ai même entendu des gloussements.
- C'est vrai Madame. Admit la servante en souriant.

Lorsqu'elle jugea qu'il était temps qu'elle sorte du bain, Lilith regagna sa chambre et s'assit joyeusement sur son lit, faisant rebondir le matelas moelleux. Elle se repassa tous les moments clé qu'ils avaient passé ensemble et se félicita de chacune de ses décisions, mais surtout de sa patience.

- Qu'est-ce qui te fait rire ?

Elle sursauta et sourit à Erwin, qui venait d'apparaître à l'embrasure de la porte. Il n'avait pas traîné non plus.

- Je me disais que tu avais dû bien rire la première fois, lorsque je suis sortie de ton bureau avec ma robe éventrée. Qu'en avez-vous fait d'ailleurs ?
- C'était assez surprenant oui. Tu as fouillé mon bureau pour y trouver mon couteau aussi si je me souviens bien. Tu ne vas pas aimer la réponse.

Il avait dû entendre qu'elle avait ouvert le tiroir de son bureau. La découverte l'avait d'ailleurs surprise, car elle pensait plutôt trouver un ouvre lettre qu'un beau poignard de collection. Elle soutint son regard et Erwin poursuivit.

- Dennis Eibringer nous a supplié...
- Vous avez donné ma robe à un membre des Brigades Spéciales ? Qui plus est : un fervent admirateur...?
- Ce qu'il en restait oui. Et Hanji lui a vendu pour tout te dire. Qui sait ce qu'il en a fait... Se moqua Erwin tout en s'avançant dans la chambre.

Elle préférait ne pas se poser la question. Entre lui et le Marquis de Stohess, elle était servie. Mais ne c'était pas le moment de repenser à l'assassin que le noble avait envoyé pour la tuer. Erwin s'approcha lentement d'elle et la Duchesse réalisa avec amusement qu'ils avaient inversés les rôles depuis la dernière fois : elle était assise sur le lit et lui se tenait debout devant elle.

Elle se releva et enroula ses bras autour de son cou pour l'embrasser, tandis qu'Erwin la tenait par les hanches. Il sentait bon le thym et la verveine, tout comme elle, car le domaine fabriquait également ses propres savons avec ces deux aromates. C'était une odeur qu'elle n'avait jamais associé à lui, et cela lui paru étrange, mais elle adorait ce parfum. C'est elle qui avait expressément demandé à ses servantes de se former en la matière afin de profiter de la richesse de la flore. Elle passa ses doigts dans la chevelure blonde du Major. Ses cheveux étaient encore humides et pour une raison qu'elle n'aurait su expliquer, cela l'excita davantage.

Erwin avait également dû trouver le temps long en prenant son bain, car il lui sembla bien plus cavalier que la dernière fois, lorsqu'ils étaient encore au Q.G. du Bataillon.

Cependant elle nota qu'il empreignait chacun de ses gestes d'une certaine tendresse, jusque là inconnue de la jeune femme. Lilith avait eu de nombreux partenaires, notamment pendant sa période folle aux côtés de Jen, mais elle n'avait jamais réellement senti une quelconque considération pendant l'acte. Sa dernière véritable romance remontait facilement à une dizaine d'années, et elle s'était ensuite contentée d'aventures plus ou moins enrichissantes, mais surtout toujours très courtes. Lorsqu'Erwin la frôlait, elle ne pouvait réprimer les frissons qui parcouraient son corps tout entier. L'homme la touchait avec une douceur qui la décontenançait.

Elle le laissa prendre les devants et Erwin lui retira habilement sa robe de nuit : la fameuse avec une ouverture secrète sur le côté. Il apprenait vite. Lilith lui retira également son haut et s'apprêtait à descendre sa main le long de son abdomen lorsqu'il la poussa gentiment sur le lit. Il eut un moment d'absence en remarquant à quel point le matelas était moelleux. Elle se mordit la lèvre pour ne pas éclater de rire. Le choix des matelas était toujours une préoccupation importante pour Lilith, qui avait équipé tous ses résidences des meilleures literies du Royaume.

- Tu as dû vraiment prendre sur toi en acceptant de dormir à même le sol durant l'expédition... Fit-il remarquer.
- Oh... J'ai dormi sur Livaï tu sais, ce n'était pas si horrible... Le taquina-t-elle.

En guise de représailles, Erwin l'immobilisa sans effort et l'embrassa dans le cou, avant de la mordre légèrement. Elle contesta l'action mais ne put guère se défaire de lui. Il savait que Lilith avait en horreur les suçons. C'était, selon ses propres mots « une manière primaire et vicieuse d'exprimer son désir de posséder l'autre ». Il se souvenait l'avoir entendu compatir et rager du concept avec Jen, dont le cou souffrait d'un bel hématome certes non douloureux mais très voyant.

Ce qu'il ne savait pas en revanche, c'était à quel point la jeune femme était en réalité chatouilleuse. Rapidement, ses contestations se transformèrent en éclats de rire et elle laissa ses doigts glisser le long du corps du Major, n'ayant même plus la force de le repousser.

- Intéressant. Lui dit-il sans la lâcher du regard.
- Je vais te taper Erwin Smith.
- Je crains que cela ne soit pas possible... Se moqua-t-il avant de desserrer sa prise.

Il eut comme un geste de recul lorsqu'elle put de nouveau se mouvoir, mais Lilith n'avait nullement l'intention de le frapper. À la place, elle l'attira à elle et caressa son visage de sa main droite tandis que son autre main parcourait le dos musclé et parsemé de cicatrices du Major. Lorsqu'elle buta sur son pantalon, Erwin se dégagea légèrement d'un geste fluide pour s'en débarrasser. Elle commenta son adresse d'une voix hilare tandis qu'il se plaquait de nouveau contre elle. Il se mit ensuite à dessiner ses courbes de ses doigts, et les remarques moqueuse de la jeune femme se transformèrent rapidement en soupirs et râles.

Elle pouvait distinctement sentir sa respiration contre sa peau, et Erwin ne tarda pas à la parsemer de baisers. Qu'il était doux. Elle s'était pourtant faite à l'idée qu'il serait peut-être brusque, et au vu de son quotidien et de son absence de vie romantique, elle ne lui en aurait pas tenu rigueur. Elle se cambra davantage lorsqu'elle sentit la main droite du militaire parcourir l'intérieur de sa cuisse. Oh non, pas les cuisses...

Cela ne loupa guère : Erwin s'arrêta brusquement et se releva pour prêter attention à ce qu'il aurait juré être un véritable champ de bataille de cicatrices. Effectivement, les deux inter-cuisses de la jeune femme trahissait un acharnement passé, probablement à l'arme blanche à en juger par la forme des marques. Il fronça les sourcils, contrarié. Qui avait osé faire ça ?

- Je te propose de reporter les explications à plus tard. On passait un super moment, profitons de cet instant, et après, plus tard, si tu le souhaites, je te raconterai tout un tas d'histoires glauques et déprimantes, d'accord ? Je répondrai à TOUTES tes questions. Supplia-t-elle en lui décochant son plus beau sourire.

Erwin prêta davantage attention au corps de la jeune femme et remarqua un certain nombre de brûlures au niveau de son abdomen. Là encore, leur nombre et dispositions ne laissaient aucun doute concernant le sadisme de son agresseur. Bien sûr, les cicatrices en soit n'étaient pas quelque chose qui le dérangeait, mais il se sentit coupable d'avoir peut-être été trop téméraire, au vu de ce qu'elle semblait avoir vécu. Son habituelle façon de critiquer la société Patriarcale et la domination des hommes prenait un tout autre sens, et il s'inquiéta de son ressenti. Elle dû comprendre la tournure que prenaient les évènements car elle reprit la parole, vindicative.

- Ah non, Erwin. Si tu me laisses dans cet état et pire, te mets à me traiter comme une enfant, je te tue dans ton sommeil tu m'entends ?! S'étrangla-t-elle. Je t'étoufferai avec mon propre oreiller !
- Ça serait fâcheux, j'ai beaucoup de projets d'avenir. Lui dit-il d'un air moqueur tout en se remettant à caresser sa cuisse.

Elle repassa ses bras autour de la nuque d'Erwin et il se rapprocha pour échanger un baiser avec elle. Ce qui était fort agréable avec Lilith, c'est qu'elle n'hésitait pas à exprimer ce qu'elle souhaitait. En quelques phrases, bien que peu conventionnelles, elle l'avait de nouveau projeté dans cette bulle hors du temps et de toutes ses inquiétudes habituelles. Et qu'elle était belle. Toutes ces nouvelles expressions qu'il découvrait à la lueur des bougies qui éclairaient la pièce, l'amenait davantage à prendre confiance et savourer l'instant. Plus encore que toutes les fois où elle avait posé son regard doré sur lui, il se sentait vivre à travers ses yeux.

L'image qu'elle lui renvoyait l'exaltait malgré lui. Là où certains voyaient un homme brisé, voué à l'échec et suicidaire, elle semblait contempler l'espoir d'un monde meilleur, un potentiel, et un être humain à part entière, tout simplement. Elle ravivait en lui ses passions d'Homme, qu'il avait fait taire au profit de l'incarnation même du Bataillon il y a fort longtemps. Sans le savoir, elle lui rendait son visage et son individualité.

Face à des sentiments aussi forts, il était hors de question qu'elle croit voir dans ses yeux une forme de pitié. Lilith méritait incontestablement une certaine empathie, mais rien de ce qu'il connaissait d'elle ne lui inspirait de la pitié. C'était une femme certes sensible et au passé douloureux, mais suffisamment forte pour ne jamais s'écrouler et continuer d'avancer. Il la respectait, la désirait, et en ce moment moment plus encore, il ne souhaitait nullement la contrarier.

Il reprit ses caresses, mais résista difficilement aux frissons que provoquaient celles de Lilith. Lorsqu'il atteignit sa limite et que la jeune femme semblait elle aussi ne plus supporter la délicieuse torture qu'étaient devenues leurs préliminaires, il reprit sa respiration et se redressa légèrement, annonçant ainsi silencieusement à la Duchesse la suite logique des évènements.

Lilith ne se fit guère prier et laissa échapper un sourire qui désarma un instant Erwin. Alors qu'il s'appliquait à ne pas être trop brusque, elle lui agrippa les épaules et l'invita instinctivement à se mouvoir. Elle ne tarda pas enrouler ses jambes autour de son dos, et Erwin s'interdit de se demander d'où lui venait cette aisance.

Si la jeune femme avait plus ou moins réussi à étouffer ses gémissements jusqu'ici, lorsqu'il sentit les spasmes de plaisir arriver et accéléra la cadence tout en approfondissant ses ondulations, elle renonça à ce contrôle. Sa voix, d'une sonorité différente de d'habitude eut raison d'Erwin qui atteignit l'orgasme en un ultime coup de reins.

Il l'embrassa alors langoureusement tandis que les doigts de Lilith se perdait dans ses cheveux. Il aimait particulièrement la manière qu'elle avait de lui caresser la tête. Lorsqu'il se dégagea d'elle et prit place à ses côtés, elle vint naturellement se blottir contre lui. Erwin avait une carrure telle, qu'il lui était difficile d'atteindre sa deuxième épaule, et elle laissa sa main glisser le long de ses pectoraux avant de trouver la position qu'elle jugea la plus confortable.

Elle ressentit une profonde satisfaction à entendre les battements de cœur rapides et intenses cogner dans la poitrine du Major. Elle-même avait du mal à reprendre son souffle. C'était très différent de ce qu'elle avait vécu jusqu'à présent. Était-ce le fait qu'elle affectionnait particulièrement Erwin, où était-il simplement le meilleur coup du Royaume ? Elle n'aurait su trancher sur la question, mais pour la première fois de sa vie en de pareilles conditions, elle ne ressentit pas le besoin de s'éloigner physiquement et d'effacer toute trace du rapport en allant prendre un bain.

Erwin lui caressa tendrement les cheveux, et elle reconnut l'impression de se sentir en sécurité. Elle en fut presque émue, tant cela faisait une éternité qu'elle n'avait pas ressenti une telle chose. Elle pensait même avoir oublié ce sentiment, et se souvint d'un pique-nique organisé par le Duc au bord d'un étang. Sa mère et elle était présente, et elle avait passé un délicieux après-midi, entourée de ses parents et d'une multitude de serviteurs dont la seule préoccupation était de gâter cette petite fille de 4 ans.

Ce jour-là, elle se souvint avoir couru dans l'herbe, et joué tout l'après-midi, mais surtout, elle se rappela avoir pensé que rien ne pourrait jamais lui arriver.