Pendant ce temps …

Harry avait eu du mal à se retrouver seul. Il aimait ses amis, ce n'était pas le problème, mais Hermione et Neville restaient toujours à ses côtés pour empêcher Dumbledore de le prendre à part et Ginny de le harceler. Loki avait été également très clair concernant les balades après le couvre-feu, il ne les empêchait pas mais il voulait qu'il garde la cape d'invisibilité avec lui ainsi que la carte des Maraudeurs et que personne n'apprenne ses escapades, ce qui voulait dire qu'il refusait qu'il aille sauver le monde à lui tout seul parce qu'un vieillard mal luné l'avait décidé dans sa grande arrogance.

Puisqu'il était surveillé de toute part, notamment par Ron, le brun avait dû réduire de manière significative ses balades nocturnes. Mais maintenant que le roux n'était plus dans son dortoir, il était plus libre de faire ce qu'il voulait. Donc tous les deux ou trois jours, il se rendait dans la Chambre des Secrets.

-§Bonjour parleur§.

-§Bonjour Nagini§, salua Harry.

Tout doucement, l'adolescent s'approcha de la cage de magie qu'il avait érigée dans la Chambre et vérifia qu'elle n'avait pas de faille.

Cela avait été une immense surprise quand, de retour pour sa sixième année, Harry avait trouvé le familier de Voldemort dans la Chambre des Secrets. Nagini n'ayant pas montré de comportement agressif, le brun avait tenté sa chance et avait discuté avec elle. C'était d'ailleurs le serpent qui lui avait demandé d'ériger la cage de magie pour aussi bien protéger toute personne qui descendrait ici qu'elle d'envahisseurs. Pour cela, le serpent avait été une mine d'informations et quelques recherches de son côté plus tard, tout le monde avait été en sécurité et Dobby lui apportait régulièrement de quoi se nourrir.

Régulièrement, Harry descendait dans la Chambre pour discuter avec le serpent qui lui avait raconté sa vie. Née non magique, elle avait attiré l'attention de Voldemort à cause de sa rareté et ce dernier, après l'avoir volé à ses anciens propriétaires, l'avait lentement et sûrement transformé à l'aide de rituels et en droguant sa nourriture. Le brun lui avait parlé de l'idée répandue comme quoi elle serait le familier magique du sorcier mais Nagini l'avait immédiatement démenti : un tel lien demandait l'approbation de la Magie et Tom – elle était la seule à l'appeler par son prénom de naissance – n'avait déjà plus Sa bénédiction quand elle l'avait rencontré pour la première fois.

Comme la majorité des mangemorts, Nagini avait apprécié la période pendant laquelle Tom n'était qu'un esprit errant. Elle avait pu se réfugier dans les grandes réserves forestières où elle se nourrissait de rongeurs sans recevoir de sorts de douleur parce que son « maître » était dans une mauvaise période. Son corps avait enfin pu s'accoutumer à la magie qu'elle avait reçu contre son gré et elle avait vécu sa vie. Malheureusement, comme elle était liée à Tom, quand son appel avait retenti, elle avait dû le rejoindre.

Pendant ces discussions, Harry avait appris que les animaux étaient dépourvus de considérations typiquement humaines comme la crainte, la compassion ou encore la pitié. Mais la peur qui était ressorti de tous les pores de la peau du serpent quand elle lui avait raconté son point de vue de la renaissance de Voldemort avait fait comprendre à Harry qu'elle était loin de lui être fidèle, encore plus depuis que Tom avait effectué sur elle un rituel qui avait failli la tuer. La présence qu'elle sentait dans un coin de son esprit faisait craindre au brun que le serpent soit lui aussi un horcruxe.

Mine de rien, Harry avait fini par s'attacher au serpent et honnêtement, si ça n'était pas aussi dangereux, il aurait bien voulu l'adopter. Mais Nagini savait qu'elle serait un danger pour lui et sa position n'était pas très claire pour qu'elle se tienne aux côtés de l'ennemi de son « maître ». Leurs conversations se terminaient toujours par le fait que Nagini voulait qu'Harry parle d'elle à son garant magique et à chaque fois, le brun refusait.

Mais cette fois-ci, Harry finit par être convaincu et au lieu de regagner son lit, il se rendit dans les appartements de Loki. Ce dernier ne dormait pas et accueillit son pupille avec un sourire et un chocolat chaud. Ne voulant pas manquer de courage, le jeune homme déballa toute l'histoire sous le regard de plus en plus incrédule du professeur de défense.

-Tu sais que nous sommes à sa recherche depuis un moment ? demanda doucement Loki

-Pourquoi ? s'étonna Harry

-Il … commença Loki.

-Elle, corrigea Harry.

-Elle, donc, faisait partie intégrante du rituel pour la renaissance de Voldemort, rappela Loki. On devait connaître son rôle exact, d'autant plus qu'elle n'apparait plus à ses côtés depuis des mois.

Loki se déplia souplement et fit les cent pas. Maintenant qu'il connaissait la localisation du serpent, il serait très facile de déterminer s'il n'était pas un horcruxe, bien que ce soit très peu probable. Mais l'attachement de son protégé envers l'animal compliquait quelque peu les choses. Il allait devoir en discuter avec Sina et Lorean.

-J'imagine qu'un parent classique devrait te punir pour avoir mis ta vie en danger, concéda Loki. Si Nagini avait gagné ta confiance et t'avait attaqué, qu'est-ce qui se serait passé ? Tu es le seul à pouvoir te rendre dans la Chambre des Secrets et nous nous serions tous inquiétés pour toi, surtout en ne sachant pas où tu te trouvais. En plus, ça dure depuis la rentrée.

Harry baissa la tête, conscient qu'il était en tort. Il avait foncé tête baissé et pire, avait gardé le secret trop longtemps.

-Normalement, je devrais t'interdire de sortie et te confisquer les objets auxquels tu tiens le plus mais en cette période de guerre, ce serait te mettre inutilement en danger, réfléchit Loki en poursuivant sa marche. Toutefois, ce serait une bonne leçon … La carte et la cape vont rester ici jusqu'aux prochaines vacances.

-Mais … protesta Harry en se redressant.

-Tu as mis ta vie en danger, rappela Loki. Je veux que tu comprennes qu'il faut soigneusement réfléchir à tous tes actes. Tu dois être puni !

-Mais j'utilisais la cape pour me rendre dans la Chambre, expliqua Harry.

-Alors tu n'iras plus dans la Chambre, en conclut Loki. De toutes les façons, je vais faire en sorte de déplacer Nagini le plus vite possible. Même si tu estimes qu'elle n'est pas un danger pour toi, je ne veux prendre aucun risque. Avant que tu ne me dises que la carte et la cape t'aident beaucoup pour te protéger, j'ose espérer que tout ce que je t'ai enseigné depuis deux ans sera suffisant pour que tu puisses te défendre.

Ne pouvant lutter, Harry sortit de sa cache les deux artefacts que Loki s'empressa de ranger en lieu sûr.

-Bien, sourit Loki. Maintenant, tu peux rentrer dans ta salle commune.

-Mais tu n'as pas besoin de moi pour entrer dans la Chambre des Secrets ? s'étonna Harry

-Ah, Harry, tu ne sais pas de quoi je suis capable, ricana Loki en le poussant doucement vers la sortie.

§§§§§

Ronald Weasley n'arrivait pas à manger, un fait assez rare pour être noté. En fait, depuis qu'il avait quitté Poudlard et qu'il avait été examiné par un médicomage français, il n'arrivait pas à avaler la moindre bouchée tellement il était dégoûté de lui-même.

Poppy Pomfrey , en accord avec Molly et Arthur Weasley, avait fait en sorte que Ron soit le moins de temps possible conscient pendant son court séjour à l'infirmerie. En quelques sortes, il avait été drogué à la potion de sommeil sans rêves pendant une semaine jusqu'à ce que le médicomage français l'examine. Il avait alors fait venir un maître des esprits à ses côtés qui avait immédiatement traité les dégâts sur son esprit.

Notamment annuler les sorts d'oubli auxquels il avait été soumis.

Cela faisait deux mois qu'il racontait à un psychomage tout ce qu'il avait fait sous les ordres de Dumbledore et il se dégoûtait totalement. De nombreuses fois, il aurait pu renouer avec Harry ou simplement ne pas être un tel enfoiré mais il ne pouvait pas aller à l'encontre de ses ordres. A chaque fois qu'il questionnait les demandes du directeur, ce dernier s'assurait de sa fidélité et effaçait ses doutes. Mais le pire, c'était que quand il s'écartait de la route soigneusement tracée pour lui, il était vendu par nul autre que sa propre sœur.

Ses parents avaient été horrifiés d'apprendre le rôle de leur unique fille dans la soumission forcée de leur dernier fils. Le témoignage de Ron leur avait fait comprendre en partie comment Ginny avait pu être entraîné dans cet engrenage monstrueux. Ils ne pouvaient même pas douter de ce point puisque dans les souvenirs récupérés, il y avait de nombreuses discussions entre Dumbledore et Ginny où ils voulaient amener Harry à abonder dans leur sens. Le contrat de vassalité allait ainsi dans le sens de ses actes et cela leur avait fait comprendre que la jeune sorcière était définitivement perdue pour la famille Weasley. Ils avaient moins de deux années avant sa majorité pour prendre une décision à son encontre et même là, il était préférable qu'ils attendent que Voldemort ne soit plus de ce monde.

Pendant que Molly et Arthur se débattaient avec ce cas de conscience, Ron appréhendait tout ce qu'il avait perdu et raté à cause de ce contrôle abject. Ses notes étant illisibles et inutilisables – le Survivant étant clairement influençable grâce à son enfance de maltraitance, il fallait que son meilleur ami soit contre les études pour qu'il suive le mouvement – le roux avait décidé de reprendre totalement ses cours depuis la première année pour enfin pouvoir montrer ce qu'il savait faire. Pour cela, Bill avait récupéré ses propres notes de cours ainsi que celles de ses autres frères et de sa fiancée pour qu'il puisse avoir des cours complets. Mais il ne lui avait guère fallu longtemps pour s'apercevoir de la différence de niveau ahurissante entre la Grande Bretagne et le reste du monde et pour se rendre compte que Dumbledore menait les sorciers britanniques à leur perte en voulant les diriger selon sa vision du plus grand Bien.

Alors que son dix-septième anniversaire approchait à grands pas, Ronald Bilius Weasley avait pris une grande décision. Même si depuis le début de sa scolarité, il avait agi pour satisfaire les buts d'Albus Dumbledore, maintenant qu'il était libéré de ses chaînes, il comptait bien œuvrer pour prendre sa vie en main.

§§§§§

Même si son alter ego Seth Prince avait une existence bien réelle, Severus Snape avait décidé de rester habiter aux Abysses quelques temps. L'examen de Sina et de Lorean lui avait appris l'impact exact de la marque des ténèbres sur lui mais également ce que signifiait vraiment son engagement dans l'Ordre du Phénix. Les liens magiques avaient tous été dissous mais le maître de potions l'avait quand même en travers de la gorge car il était certain que les autres membres de l'Ordre ne savaient même pas à quoi ils se soumettaient.

Severus profitait allègrement des installations du domaine magique pour s'éclater à faire et créer des potions. Sina n'hésitait pas à le sortir du laboratoire à coups de pied au derrière pour qu'il mange trois fois par jour et qu'il dorme au moins sept heures chaque nuit.

-Seth ?

Le maître de potions releva la tête, surpris. Cela faisait à peine quelques minutes qu'il était entré dans le laboratoire après avoir réglé quelques affaires pour le clan Prince.

-Lorean, que puis-je pour vous ? demanda Seth

-Je crains que nous n'ayons à parler, vous et moi, fit Lorean.

Tous les deux se rendirent dans l'un des salons de la demeure.

-Vous vous êtes détachés d'Albus Dumbledore quand nous vous avons officiellement plongé dans le coma, déclara Lorean. Sina et moi nous avons détruit tous les liens magiques qu'on vous a imposé. Il serait temps que vous vous décidiez. Vous serez beaucoup plus utile à Loki en vous dressant à ses côtés plutôt qu'en vous planquant ici et en naviguant entre deux identités.

Seth retint une grimace. Sina et Lorean ne se préoccupaient pas de politesse ou même de mettre les formes quand quelque chose devait être fait.

-Nous avions déjà convenu de faire mourir Severus Snape, rappela Seth.

-Oui, mais quand ? demanda Lorean. Maintenant que Loki a dû montrer ses capacités, il a besoin d'alliés sûrs, autant pour le soutenir que pour protéger Harry. Votre existence est connue mais vous n'êtes que très peu présent. Il y a une raison pour laquelle il vous fait confiance, à vous de vous en rendre digne.

Seth serra les poings. Loki l'avait effectivement sauvé de Dumbledore comme de Voldemort et dès qu'il avait su la vérité sur ses « maîtres », il avait pris fait et cause pour Loki et Harry Potter. Il était temps qu'il prenne les armes à son tour.

-L'équinoxe de printemps, décida Severus.

-Ostara ? s'étonna Lorean

-Il symbolisera mon renouveau, déclara Severus.

-Qu'il en soit ainsi, déclara Lorean. Voulez-vous que Snape ait un lien avec Prince ?

-Severus Snape reste le fils d'Eileen Snape anciennement Prince, rappela Severus.

-Ok, fit Lorean. Autre question qui est liée, est-ce qu'une fois que vous serez définitivement lord Prince, vous resterez habiter ici ?

Severus se figea, interdit. Même s'il n'était qu'un patient puis un invité, il avait très rapidement considéré les Abysses comme chez lui. Il ne s'était pas réellement rendu compte que ce n'était pas le cas.

-Je n'ai pas besoin de réponse maintenant, ricana Lorean. De toutes les façons, j'ai l'impression que votre départ déplairait beaucoup à quelqu'un.

Severus se renfrogna. Loki lui avait effectivement fait part de cette idée tenace de la gouvernante et de l'intendant des Abysses d'une possible relation sentimentale entre eux. Certes, Loki et lui étaient devenus des amis proches mais envisager aller plus loin … il se refusait totalement à l'imaginer et même s'il le faisait, cela ne concernait absolument pas ces deux commères.

-N'avez-vous pas autre chose à faire que de caqueter sur les habitants de cette demeure ? grinça Severus

-Où serait le plaisir ? ricana Lorean. Depuis le temps que vous êtes ici, vous auriez dû avoir compris que trouver refuge aux Abysses comprenait également être potentiellement la cible des commérages.

Severus n'eut même pas le courage de lever les yeux au ciel.

§§§§§§

-Qu'est-ce que tu fais ? demanda Tonks

Kingsley faillit se crisper sous la surprise mais se retint à temps.

-Un collègue voulait mon avis sur son rapport, répondit Kingsley.

-Je peux voir ? fit Tonks en tendant déjà la main pour s'emparer du dossier.

-Non.

La jeune femme se figea, étonnée, avant de s'indigner.

-Je suis ta coéquipière ! rappela Tonks

-Et c'est mon avis personnel, pas celui de mon équipe, qui a été demandé, décréta sèchement Kingsley. En plus, tu n'aurais jamais pu le consulter puisque tu n'en as pas l'autorisation.

A la limite de taper du pied parce qu'elle n'avait pas eu ce qu'elle voulait, la métamorphage tourna des talons et quitta la pièce, permettant à son partenaire de soupirer discrètement de soulagement.

Depuis l'affaire Dursley, la directrice de la justice magique requérait de plus en plus l'expertise de Kingsley sans la présence de Nymphadora Tonks, sa partenaire. Cette dernière s'en insurgeait, bien évidemment, arguant que plusieurs de ses collègues, devenus aurors en même temps qu'elle, s'occupaient de missions de même calibre mais ce n'était pas faute de lui avoir dit que tant que son problème de contrôle sur son don ne serait pas corrigé, elle ne pourrait pas aspirer à de plus hautes responsabilités car en vérité, sur toute sa promotion, elle était en effet la seule à ne pas être passée auror senior. Mais tant que Dumbledore ne l'autorisait pas, Tonks ne ferait rien pour ses capacités et c'était en train de se retourner contre elle. Son entêtement était en train de lui coûter son emploi et si elle l'avait encore, c'était uniquement parce que la directrice Bones refusait de livrer un combattant directement dans les bras de Dumbledore. Elle limitait drastiquement les informations auxquelles elle pouvait avoir accès – bien aidée par Kingsley – et faisait en sorte de l'envoyer autre part quand l'Ordre du Phénix faisait son spectacle.

L'auror senior termina sa lecture avant de rendre le dossier.

Jusqu'à ce que la guerre se termine, Kingsley savait qu'il serait coincé avec Tonks et ce n'était pas souvent une partie de plaisir. Outre sa maladresse, leur appartenance à l'Ordre du Phénix faisait qu'ils étaient en binôme même après les heures de service. Quand elle ne parlait pas de l'aide qu'elle pourrait lui apporter dans son travail si elle avait accès à ses dossiers, elle parlait encore et toujours de son amour perdu, Remus Lupin, et de sa certitude qu'ils étaient faits pour être ensemble. Qu'il n'ait plus donné de nouvelles depuis juin dernier et que même le chef de l'Ordre ne sache pas où il se trouvait – il suffisait de lire entre les lignes pour le voir – n'avait pas l'air de la déranger. Oh, et le fait que les gobelins ne l'aient toujours pas contactée pour reprendre la tête du clan Black.

La première fois qu'il lui avait sorti cela, Kingsley en avait recraché son café. La jeune femme n'avait pas l'air de comprendre que le reniement de sa mère lui interdisait purement et simplement à prétendre à quoi que ce soit provenant des Black, même si elle était la dernière en vie. Mais ça n'aurait pas dû le surprendre puisque Dumbledore ne se cachait pas vraiment loucher sur ce clan sombre mais particulièrement riche et surtout, en déshérence, et s'il pouvait le chiper avant que les deux héritiers potentiels – Harry Potter et Draco Malfoy – ne soient majeurs, il ne se gênerait pas pour le faire.

Depuis un an et demi, donc, les journées de Kingsley étaient des plus remplies, mais surtout, sa fidélité à l'Ordre du Phénix était de plus en plus vacillante. Grâce à la confiance d'Amelia Bones, il connaissait toutes les tentatives du chef de l'Ordre pour récupérer Harry Potter et se débarrasser de Loki Potter, ce qui le faisait baisser dans son estime. Pire, s'il se fiait aux travaux magiques qui avaient lieu dans l'ancien domicile de l'adolescent, le directeur de Poudlard comptait bien le renvoyer dans cet enfer. A la nouvelle année, il avait définitivement changé ses allégeances et désormais, il espionnait l'Ordre du Phénix au lieu de le faire pour leur compte. Il ne s'était pas soumis à la place au ministère – ce serait d'ailleurs du suicide – mais avait prêté son honneur et sa force à Amelia Bones et Laurent Xeon, rejoignant la faction dissidente du ministère qui n'acceptait pas la corruption et la destruction passive de la culture sorcière.

Un grand vacarme retentit dans les couloirs, faisant sursauter tout le monde.

-TONKS ! rugit la voix aisément reconnaissable de la directrice de la justice magique

Kingsley soupira lourdement et se leva en traînant presque des pieds.

Visiblement, il allait devoir reprendre sa séance de baby-sitting.

§§§§§

L'ensemble de l'école se trouvait dans la Grande Salle pour le petit déjeuner et la plupart des élèves attendait la livraison du courrier. Certes, les hiboux et les chouettes formaient un ballet majestueux au-dessus de leurs têtes et il n'était pas inhabituel de voir quelques rapaces s'y mêler.

Ce qui l'était, en revanche, c'était de voir l'un d'entre eux atterrir sur la table des Gryffondors.

Pire, devant Hermione Granger.

La jeune fille ne montra pas sa surprise et récupéra le rouleau de parchemin accroché à l'une des pattes de l'oiseau de proie, non sans avoir lancé quelques sorts de vérification. Délicatement, elle dénoua le ruban d'argent finement ciselé et déroula le parchemin. Sa lecture lui fit froncer des sourcils. Ginny voulut lire par-dessus son épaule mais la brune referma la missive.

-Mon courrier n'est pas en libre-service, il me semble, grinça Hermione.

-Je ne le lisais pas, mentit ouvertement Ginny.

-Et moi je suis la reine d'Angleterre, renifla Hermione.

Elle se leva, rangea le document dans son sac et quitta la Grande Salle pour se rendre en cours. Elle ne répondit pas à ses camarades concernant la lettre et les envoya rapidement bouler quand ils insistaient. Curieusement, il ne lui fut pas difficile en fin de journée de s'éclipser dans un recoin tranquille où ses amis ne tardèrent pas à la rejoindre.

-Tout va bien ? demanda Harry

Pour toute réponse, elle tendit le rouleau à Neville qui écarquilla violemment des yeux.

-Rassure-moi, tu sais ce que c'est ? demanda Neville

-A ton avis ? roula des yeux Hermione. Je veux simplement avoir confirmation de ce que je soupçonne et les mesures que je dois prendre.

Neville ferma les yeux quelques instants avant de les rouvrir.

-Je préfère qu'on soit dans un endroit plus sûr, décréta Neville.

Hermione, Luna, Harry et Neville se rendirent sans se concerter vers les appartements de Loki et ne se gênèrent pas pour refermer la porter au nez de Ginny qui les avait suivis. Neville déposa le rouleau sur la table basse et une fois qu'Harry fut revenu avec une collation, il prit la parole.

-Ceci est une Annonce de Cour, déclara gravement Neville. C'est une vieille coutume sorcière pour montrer son intérêt envers quelqu'un. Généralement, cette cour formelle débouche sur des fiançailles en bonne et due forme voire un mariage.

-Je ne suis pas obligée d'accepter ? demanda Hermione en fronçant des sourcils

-Non, même si ce sera assez mal vu, fit Luna.

-Du peu que j'ai lu, je devrais recevoir des cadeaux à intervalle régulier ? fit Hermione

-Puisque tu es encore scolarisée, le délai le plus court est d'une fois tous les trois jours, précisa Neville. Une fois que tu auras accepté l'Annonce, tu ne pourras refuser aucun présent jusqu'à ce que tu signifies que tu refuses la poursuite de la cour.

-Combien de temps ça dure ? grommela Hermione

-Trois mois minimum et un an maximum, répondit Luna.

-Est-ce qu'il n'y a que moi que ça dérange qu'un inconnu veuille épouser Hermione ? intervint Harry

Hermione rougit tandis que Luna et Neville éclataient de rire.

-L'une des conditions pour utiliser cette tradition est que le prétendant et le courtisé doivent avoir été présentés l'un à l'autre de manière officielle, ricana Neville. Vu la tête d'Hermione, même s'il n'a pas donné son nom dans l'Annonce, elle sait de qui il s'agit.

-Il ne va pas te blesser ? s'inquiéta Harry

Hermione regarda son meilleur ami.

-Je n'espère pas, souffla Hermione. Mais tu n'as pas à l'inquiéter pour ce qu'il pourrait me faire. Je ne pourrais le rencontrer que dans trois mois, c'est ça ?

-Oui, confirma Neville. Nous sommes en février, donc à partir de mai.

-Il faut que tu saches que même si le contenu de l'Annonce n'a pas été rendu public, dès le moment où on a vu le ruban d'argent, tout le monde a su que tu allais être Courtisée, fit Luna.

-Est-ce que je devrais révéler son nom ? demanda Hermione

-Personne ne peut t'y forcer, sauf si cela te met en danger, assura Neville. J'imagine que tu sais qui est la personne qui sera le gardien de la cour ?

-Oui, rougit Hermione.

-Même si nous sommes tes amis, nous ne sommes pas obligés de connaître leurs identités, intervint Luna. Je pense même qu'il ne vaudrait mieux pas qu'on le sache.

-Hein ?! sursauta Neville. Pourquoi ?

-Dumbledore, rappela Hermione. Quoique, je ne vois pas comment il pourrait tourner ça à son avantage.

-Je ne le sous-estimerais jamais dans ce domaine, grogna Harry.

-Vous ne voyez pas le plus drôle, fit Luna.

-Non, s'étonna Harry. C'est quoi ?

-Vous n'avez pas noté quel jour on est, taquina Luna.

Tous se tournèrent vers le calendrier et la brune se prit la tête entre les mains quand elle remarqua qu'ils étaient le 14 février.

-En plus, je parie qu'il l'a fait exprès, gémit Hermione.