Bonjour,
Voici le chapitre 36. Les choses rentrent enfin dans l'ordre pour moi. Au boulot, ça se calme un peu. Je vais pouvoir retrouver un rythme de publication plus régulier. Un chapitre par semaine seulement mais toutes les semaines maintenant. Je suis désolée pour mon irrégularité ces derniers temps et je m'excuse aussi de ne pas pouvoir publier deux chapitre par semaine. Mais j'ai pris trop de retard dans l'écriture de ma prochaine histoire. J'avance bien maintenant et je devrais pouvoir revenir à deux publications probablement à la rentrée.
Bref, merci pour votre fidélité. Merci également à celles et ceux qui m'écrivent.
Bonne lecture et à la semaine prochaine.
Sydney8201
Musique du chapitre :
Hello d'Adele
Chapitre 36 : Coup de fil
« Tout refus de communiquer est une tentative de communication. Tout geste d'indifférence ou d'hostilité est un appel déguisé »
Albert Camus
Castiel n'avait jamais vécu un vol aussi épuisant. Il n'y avait pas eu la moindre turbulence. Pas le moindre retard. Tout s'était parfaitement déroulé. L'avion avait même un peu d'avance en se posant. Mais le jeune homme ne se sentait pas mieux pour autant. Gabriel lui avait envoyé un message juste avant qu'il ne soit contraint de couper son téléphone. Et il n'avait pas été bon. Il n'y avait personne chez Dean. Ni Sam ni le jeune prostitué n'étaient présents quand il était venu. Il était pourtant tard et les deux frères auraient du être là. Leur absence ne s'expliquait pas. Castiel ne parvenait pas à trouver la moindre raison logique. Car tous les indices allaient dans le sens d'une hypothèse qu'il redoutait plus que tout. Dean était la dernière victime de Stanfield. C'était lui dont on avait retrouvé le corps mutilé. Lui qui avait tenté d'alerter la police. Lui qui n'avait pas réussi à échapper à ce monstre une seconde fois. Il ne pouvait pas en être autrement. Tout collait. Ce que le journaliste avait dit à la télévision. L'absence de réponses aux mails de Gabriel. Le fait qu'aucun des deux frères ne répondaient au téléphone. Et leur absence de leur appartement.
Castiel pouvait le sentir. Il avait envie de pleurer. Envie d'hurler à l'injustice. De retrouver Roger et de supplier ceux qui le surveillaient de le laisser le tuer. De venger l'homme qu'il aimait.
Durant tout le vol, il s'imagina faisant souffrir Roger de toutes les manières possibles et imaginables. Il s'imagina le torturer pendant des heures pour qu'il comprenne ce qu'il avait fait. Le vol lui sembla interminable.
Quand il fut enfin arrivé, il ne perdit pas une seconde à attendre son frère. Il n'était pas dans le hall pour le récupérer et Castiel avait mieux à faire que de l'attendre. Il sortit de l'aéroport, prit un taxi puis demanda au chauffeur de le conduire au commissariat en charge de l'affaire. Il n'en partira pas sans avoir de réponses. Sans avoir le nom de la dernière victime de Roger. Sans avoir la confirmation qu'il avait vu juste. Que Dean était bien celui que tout le monde avait refusé d'écouter. Il était prêt à faire un scandale si nécessaire. On pouvait bien l'arrêter. On pouvait tenter n'importe quoi contre lui. Il ne bougerait pas. Et il ferait ensuite en sorte de raconter l'histoire du jeune prostitué. Il raconterait comment la police aurait pu éviter qu'il ne soit tué. Combien les forces de l'ordre dédaignait ceux qu'ils estimaient indignes de leur temps. Il parlerait encore et encore de Dean jusqu'à ce que les gens comprennent qu'ils étaient tous responsables de sa mort. Jusqu'à ce qu'il soit sûr que cela ne pourrait plus jamais arrivé à quelqu'un d'autre. Il pourrait ensuite pleurer la mort de Dean. Il pourrait tenter de faire son deuil. Même s'il savait d'ores et déjà que ce ne serait sans doute pas possible.
Parce qu'il était tout aussi coupable que ces gens qu'il voulait accuser. Il avait tourné le dos à son ami au moment où il avait pourtant le plus besoin de lui. Il l'avait abandonné parce qu'il voulait se protéger. Parce qu'il était blessé et qu'il pensait avoir le droit de se montrer égoïste. Cela avait coûté la vie à Dean et il savait qu'il ne pourrait jamais se le pardonner.
Mais pour le moment, il avait des choses à faire être pas de temps à se morfondre sur son propre sort. Il pourrait se détester plus tard.
Il paya pour la course puis sauta du taxi et se précipita à l'intérieur du commissariat. Il était tard et il n'y avait pas grand monde autour de lui. Il s'approcha donc de l'accueil et attendit que le jeune policier en face de lui remarque sa présence.
- Bonsoir Monsieur. Je peux vous aider ?
Castiel se demanda si c'était cette même question qu'on avait posé à Dean quand il était venu porter plainte. S'il avait alors cru qu'on allait réellement l'aider. S'il avait eu de l'espoir avant d'être gentiment mis dehors sans la moindre considération pour ce qu'il avait à dire. Il sentit la colère monter en lui mais il fit un effort pour garder le contrôle encore quelques minutes.
- Je voudrais parler à l'inspecteur en charge de l'enquête sur Roger Stanfield. Je pourrais avoir des informations importantes pour lui.
Ce n'était pas vrai. Il avait des questions. Il était là pour qu'on lui réponde. Mais il savait qu'il n'obtiendrait rien se montrant honnête. Il opta donc pour le mensonge.
- Je le préviens.
Castiel hocha la tête. Il n'avait pas le nom de cet homme. Il ne savait rien de lui. Il ne pouvait même pas être sûr qu'il était responsable de la mort de Dean. Il n'avait peut-être même jamais entendu parler de lui avant qu'ils ne retrouvent son cadavre. Mais il était pourtant sa première cible et comme tous les autres, il allait payer. Castiel n'épargnerait personne. Il se fichait de s'en prendre à un innocent. C'était l'institution dans son ensemble qu'il allait détruire.
Il eut l'impression d'attendre des heures à nouveau. Le temps passait d'une façon étrange depuis qu'il avait appris la nouvelle de l'arrestation de Roger à la télévision. Il avait l'impression que plusieurs jours s'étaient écoulés. Et l'attente était de plus en plus dure à supporter. Il avait besoin de savoir. Besoin de passer enfin à l'action. De faire quelque chose. De venger Dean. C'était son seul objectif et il n'aurait de répit qu'une fois qu'il l'aurait atteint.
- Est-ce qu'il compte venir bientôt ou est-ce qu'il va falloir que j'aille le chercher ? Parce que croyez-moi, j'en suis capable. Je vous mets au défi de tenter de me stopper !
Le jeune policier derrière l'accueil le dévisagea, visiblement surpris. Castiel se demanda alors s'il était stupide ou juste indifférent. S'il ne se rendait pas compte de l'urgence de la situation. Il allait lui hurler dessus à nouveau quand un policier en civil pénétra dans la pièce.
Castiel remarqua aussitôt qu'il sembla plus gradé que le jeune homme derrière le bureau. Il dégagea une certaine forme d'autorité. Un certain calme également qui mettait Castiel hors de lui. Pourquoi personne ne semblait réaliser combien la situation était grave.
- Je suis l'Inspecteur Henriksen en charge de l'affaire Stanfield. Vous vouliez me voir ?
Castiel prit une seconde pour l'observer. Il était un peu plus âgé que lui mais restait très jeune pour s'occuper d'une affaire de cette importance. Il était plutôt séduisant même si son visage était fermé et son regard froid. Castiel devait reconnaître qu'il était également impressionnant. Mais il ne lui faisait pas peur.
- Si vous traitez tous les gens qui se présentent ici avec le même dédain et sans jamais réellement vous soucier de l'importance de ce qu'ils ont à vous dire, pas étonnant que Stanfield ait pu faire autant de victime. Parce que vous aviez été prévenu non ? Vous saviez mais vous n'avez rien fait. Pourquoi ? Est-ce que la parole d'un homme ne prend de la valeur que si vous juger cet homme digne d'intérêt ?
Il n'avait pas prévu de jeter ainsi des accusations à la figure du policier avant de savoir si la dernière victime était réellement Dean. Mais le simple fait de le voir arriver ainsi avec autant de nonchalance lui donnait envie de vider son sac. De lui crier dessus. De lui faire comprendre leur erreur. Leur responsabilité dans toute cette histoire.
- Monsieur … je vais devoir vous demander de vous calmer. Je ne peux pas accepter que vous me parliez ainsi. Si vous avez des informations à me donner, je suis prêt à les entendre et croyez-moi, je les prendrais très au sérieux.
- Comme vous avez pris au sérieux la dernière victime de ce monstre ?
- Ce n'est pas moi qui l'aie reçu. Et je sais que nous avons commis une erreur. Nous ne cherchons pas à nier notre responsabilité. Mais ce n'était pas moi. Maintenant, je suis là et je vous écoute.
Castiel était essoufflé. Et il souffrait. Il savait que ce n'était que le début. Il avait pensé que crier sur le policier face à lui aiderait un peu. Mais cela ne le soulageait absolument pas. C'était presque pire maintenant.
- Je … j'ai menti, admit il alors. Je n'ai aucune information à vous donner. Je … je pense juste connaître l'une de ses victimes … la dernière et … j'ai besoin que vous me confirmiez son identité.
Henriksen sembla à la fois surpris par sa question et impressionné qu'il puisse oser la lui poser. Mais Castiel ne lui posait aucun question. Il exigeait des réponses. Et il ne partirait pas tant qu'il n'aurait pas sa réponse.
- Je n'ai pas le droit de vous donner les moindre informations concernant le dossier. C'est une enquête en cours et tout est encore confidentiel. Si vous n'avez rien de plus à me dire, vous me faites perdre mon temps. Je suis occupé à monter un dossier pour faire plonger ce type autant d'années que possible. Ce n'est pas ce que vous voulez ?
Castiel secoua la tête avant de se raviser et de réfléchir. Bien sûr que c'était ce qu'il voulait. Mais ce n'était pas ce dont il avait besoin. Il avait besoin d'entendre ce policier lui dire que Dean était la dernière victime de Roger. Une fois sûr, Castiel pourrait passer à l'action.
- Si bien sûr que si c'est ce que je veux mais … vous devez me dire de qui il s'agit … j'ai besoin de savoir si mon ami fait partie des victimes. J'ai besoin de vous l'entendre dire pour …
- Monsieur … je vais vous laisser une chance de partir avant de vous arrêter. Je suis désolé pour votre ami mais une nouvelle fois, je n'ai pas le droit de vous donner de noms. Nous sommes toujours à la recherche de la famille des victimes et il est hors de question qu'un inconnu non lié à eux puisent avoir des informations avant eux. Soit vous le comprenez et acceptez de partir, soit je vous enferme pour la nuit. Vous ne serez pas plus avancé et je doute que c'est ce dont vous avez besoin.
Castiel fronça les sourcils. S'ils n'avaient pas encore identifié les familles des victimes, Sam ne pouvait pas être au courant. Et cela n'expliquait donc pas son absence. De surcroît, Henriksen semblait ne pas avoir les noms des jeunes hommes assassinés. Castiel n'en apprendrait pas plus de lui. Il était inutile d'insister. Il refusait de se raccrocher à l'espoir fou que Dean puisse ne pas faire partie des victimes et choisit de quitter le commissariat avant d'être arrêté. Il ne dit rien de plus à Henriksen. Il se contenta de tourner les talons et de sortir.
Il appela un taxi à nouveau et lui donna cette fois l'adresse de Dean et Sam. Il envoya ensuite un SMS à Gabriel pour le prévenir qu'il était arrivé, qu'il allait bien mais qu'il n'avait pas voulu l'attendre. Il espérait que son frère ne lui en voudrait pas.
Une nouvelle fois, le trajet lui sembla durer une éternité. Il se repassait en boucle les paroles d'Henriksen dans la tête. Ils n'avaient pas encore prévenu les familles des victimes. Si Dean en faisait partie, Sam n'était pas au courant. Ce n'était donc pas pour ça qu'il est absent de chez lui. Et même si cela ne voulait pas dire grand-chose, c'était un espoir auquel Castiel avait terriblement envie de se raccrocher de toutes ses forces.
Il paya une nouvelle fois le taxi sans vraiment se soucier du montant qu'il lui donnait puis fonça dans l'immeuble où les deux frères habitaient. Il grimpa les escaliers deux par deux avant de s'immobiliser devant leur porte. Il prit une grande inspiration et frappa. Deux coups. Il recula ensuite. Puis, il recommença. Il s'apprêtait à le faire pour la troisième fois quand la porte s'ouvrit finalement. Castiel sentit son cœur s'accélérer quand il fut face à Sam. Il était là. Castiel allait enfin avoir sa réponse.
- Je suis désolé d'arriver à cette heure ci mais … j'ai besoin de savoir si Dean va bien … si tu … si tu as eu des nouvelles de lui récemment … s'il est … en sécurité.
- Castiel ? lança Sam qui semblait ne pas être sûr qu'il s'agisse de lui.
- Oui, je … c'est Castiel. Je … est-ce que Dean va bien ?
Sam semblait hésiter à lui claquer la porte au nez. Castiel pouvait comprendre qu'il soit surpris par sa présence. Et probablement un peu effrayé par son attitude. Il s'excuserait dès qu'il aurait sa réponse. Mais pas avant. Pas tant qu'il ne serait pas sûr.
- Je … je ne suis pas vraiment sûr de comprendre ce que tu fais là mais … oui Dean va bien. Il n'est pas là pour le moment. Il est parti il y a une petite heure. Il devrait rentrer bientôt.
Castiel était tellement prêt à entendre que Sam n'avait aucune nouvelle de son frère qu'il eut du mal à assimiler ce qu'il venait de lui dire. Son cœur s'accéléra dans sa poitrine. Il sentit la sueur perler à son front. Il n'avait pas halluciné. Sam lui avait bien dit que son frère était parti une heure plus tôt. Il ne pouvait donc pas être la dernière victime de Roger. Il était en vie. Quand cette nouvelle s'inscrivit enfin dans son esprit, il sentit les larmes déborder de ses yeux. Il s'agissait de larmes de joie. Mais Sam ne pouvait pas le savoir. Il devait le lui expliquer.
- Il ne répondait pas au téléphone et toi non plus et … j'ai entendu cette histoire à la télévision concernant un de ses clients … celui qui … enfin celui qui l'a blessé et j'avais peur … j'étais terrifié à l'idée qu'il ait pu lui faire du mal. Je … j'avais besoin de savoir.
- Dean va bien Castiel. Il travaille avec la police et il devrait témoigner durant le procès. Il est justement en train de préparer son t-témoignage avec le procureur en ce moment. C'est grâce à lui qu'ils ont arrêté Roger et il veut … il veut aider. Mais … désolé si ma question te blesse … je ne suis juste pas sûr de comprendre pourquoi tu es là. Vous étiez collègue et vous ne l'êtes plus et tu … je croyais que tu avais déménagé.
Castiel était bien trop soulagé et heureux pour être vexé que Sam ne puisse pas savoir à quel point Dean et lui avaient été proches. Il fichait totalement que son ami n'ait rien dit à son frère. Ca n'avait aucune importance. La seule chose qui comptait à ses yeux était le fait que Dean soit en vie. Qu'il aille bien.
- Je … merci Sam. C'est tout ce que j'avais besoin d'entendre. Je ne suis pas surpris que Dean tienne à aider. Il … c'est un héros. C'est … il est l'homme le plus courageux que je connaisse. Quant au reste, je … je n'ai pas déménage. Je suis juste parti quelques jours chez une amie pour me ressourcer et … oui je ne travaille plus avec Dean mais … nous étions amis. Nous … nous étions proches ou du moins … je pensais que nous l'étions avant mon départ. On s'est disputé mais … enfin je tiens à ton frère.
Sam prit quelques secondes pour assimiler ce que Castiel venait de dire. Il finit par sourire et le jeune homme n'était pas sûr de savoir pourquoi. Il n'avait pas l'impression d'avoir dit quoi que ce soit qui le méritait. Mais Sam semblait avoir su lire entre les lignes. Su entendre ce que Castiel n'avait pas dit mais qu'il pensait depuis un moment maintenant.
- Vous étiez proches alors ? Dean … il ne m'a rien dit à ce sujet mais … ce n'est pas vraiment une surprise. Il ne me dit jamais ce genre de choses. Il a trop peur que je me fasse des idées. Et je n'ai aucune raison d'imaginer qu'il pouvait y avoir plus n'est-ce-pas ?
- Non … nous étions juste amis et … nous nous sommes disputés. Il n'y a rien de plus à dire. Je … c'est tout.
Il était presque sûr que Sam savait qu'il mentait. Il était évident qu'il avait compris. Qu'il avait lu dans les yeux de Castiel qu'il y avait eu tellement plus. Que cet inconnu qui venait de débarquer chez lui sans prévenir ne l'avait pas fait uniquement parce qu'il s'inquiétait pour son « ami ». Et il était finalement soulagé que Sam ait compris.
- Tu étais inquiet donc tu as pris le premier vol depuis New York pour venir vérifier que Dean allait bien … juste parce qu'il ne répondait pas au téléphone ?
- Tu ne répondais pas non plus et … mon frère … Gabriel, il est venu et il n'y avait personne alors … j'ai imaginé le pire. Je suis un idiot je sais.
- Je ne dirais pas un « idiot ». Juste un ami extrêmement dévoué. Et … ça me fait plaisir de voir que Dean a quelqu'un d'aussi soucieux de son bien être et de sa sécurité … quelqu'un qui est prêt à sauter dans le premier avion pour venir voir s'il va bien. C'est … je pense que c'est une bonne chose. On a tous besoin de quelqu'un comme ça. Surtout quand on s'apprête à affronter ce qu'il va affronter dans les prochains jours. Et sauf si tu comptes repartir bien sûr.
Castiel secoua la tête. Maintenant qu'il savait que Dean allait témoigner, il ne comptait pas repartir. Il ne savait pas ce que son ami allait penser de son retour mais il ne partirait pas. Il serait présent tous les jours du procès au cas où Dean aurait besoin de lui. Il serait là pour le soutenir. Même si le jeune homme lui demandait de partir. Il avait besoin d'être là. Besoin de faire quelque chose après l'avoir abandonné comme il l'avait fait.
- Tu sais quoi ? Je … je trouve ça dommage que tu aies fait tout ce chemin et que tu n'aies pu parler qu'à moi alors … je vais appeler Dean et s'il répond et accepte de te parler alors je te le passerais. Est-ce que ça te dit ?
Castiel rêvait de lui parler. Il voulait entendre sa voix. Il savait maintenant que Dean était en vie mais l'entendre en personne finirait de le convaincre. Cela le soulagerait pour de bon. Il hocha donc la tête. Sam lui fit alors signe d'entrer. Castiel ne réalisa qu'à ce moment-là qu'ils avaient eu toute cette conversation sur le seuil de la porte. Ce qui n'était définitivement pas le bon endroit pour avoir ce genre de discussion. Mais ça n'avait aucune importance.
Il suivit Sam à l'intérieur puisque jusqu'au salon où il s'assit sur le canapé. Sam attrapa son téléphone sur la table basse et composa le numéro. Castiel le fixait. C'était un miracle. Quelque chose qu'il avait cru impossible encore quelques minutes plus tôt. Il avait été convaincu que Dean était mort et maintenant il allait lui parler. Il avait toutefois peur qu'il refuse de le faire. Qu'il soit toujours trop en colère contre Castiel pour accepter de lui parler. Il espérait que Sam saurait l'en convaincre.
- Hé Dean c'est moi Sam. Je … je suis désolé de te déranger mais si tu as quelques minutes, il y a ici quelqu'un qui aimerait te parler.
Castiel pouvait entendre la voix de Dean à l'autre bout du fil mais il ne comprenait pas ce qu'il disait. Cela lui faisait déjà du bien de l'entendre. Il essuya les larmes sur ses joues du revers de la main alors qu'un large sourire étirait doucement ses lèvres.
- Castiel. Non ce n'est pas une plaisanterie Dean … non c'est bien lui. Il est en face de moi. Oui … non je sais qu'il est supposé être à New York mais je … je crois que je préférerais qu'il t'explique tout lui-même si ça ne te dérange pas. Ca ne regarde que vous mais … d'accord, je … oui je te le passe.
Castiel sentit ses muscles se tendre quand Sam lui tendit le téléphone. Dean avait accepté de lui parler. Mais il n'avait pas la moindre idée de ce qu'ils allaient se dire. Il n'était pas sûr de vouloir s'excuser pour tout alors que Sam était là pour l'entendre. Il était presque sûr que Dean ne voulait pas qu'il le fasse devant son frère. Il ne lui avait rien dit de la nature réelle de leur relation après tout. Il devait se montrer prudent.
Il prit toutefois le téléphone dans la main, le colla contre son oreille puis se força à prendre la parole. Il opta pour quelque chose de simple et de neutre. Quelque chose qu'il espérait suffisamment ordinaire pour enclencher une conversation.
- Allo Dean ? C'est … c'est Castiel. Je … je suis content de t'entendre.
Dean avait mis en pause tous ses projets. Il refusait de se soucier de quoi que ce soit d'autre que de ce qui avait vraiment de l'importance. Il se devait de concentrer ses efforts sur le procès à venir. Il allait avoir un rôle crucial à jouer. Il avait eu du mal à le comprendre au début mais Victor avait fini par réussir à le convaincre. Et Sam lui avait tenu les mêmes propos. Il avait donc admis qu'il était un témoin clef. Le seul à pouvoir raconter ce dont Roger était capable. De faire entendre au jury les horreurs qu'il prévoyait de lui faire subir. Les blessures qu'il lui avait infligées et le traumatisme qui en avait découlé. Il était prêt à tout dire. Prêt à exposer chacun de ses secrets devant des dizaines d'inconnus et devant la presse pour faire payer à ses crimes à ce monstre.
Victor lui avait dit encore et encore qu'en venant témoigner, il rendra les propos du procureur plus concrets. Il allait mettre un visage sur les victimes. Faire entendre la voix de tous ceux qui n'avaient pas eu sa chance.
Mais il ne pouvait pas se lancer sans être correctement préparé. Le procureur avait besoin de le rencontrer et de l'entraîner pour s'assurer qu'il sache comment répondre à toutes les questions. Même à celles que l'accusation ne se priverait pas de lui poser et qui risquait de le déstabiliser. Ils tenteraient probablement de le faire passer pour un menteur. Ils insisteraient sur son passé, son travail et chercheraient très certainement à le dépeindre comme un obsédé sexuel frustré qui voulait juste se venger. Dean se fichait qu'on dise du mal de lui. Il saurait comment répondre. Et il ne laisserait personne minimiser l'horreur qu'il avait vécue, que les autres victimes avaient vécu, juste parce qu'ils avaient choisi de vendre leur corps pour survivre.
Victor était là à chacun des rendez-vous. Dean était presque sûr qu'il ne l'aurait pas fait avec quelqu'un d'autre. Mais il semblait vouloir soutenir le jeune homme. Il était là pour l'encourager, le conseiller et le rassurer. Il était plus un ami que le policier en charge de l'enquête. Et Dean appréciait ça.
Il commençait à apprécier Victor. Il le trouvait charmant, gentil, généreux et foncièrement bon. Il était également séduisant et sexy. Dean aurait pu s'imaginer tentant quelque chose avec lui. Il lui arrivait même d'en avoir envie. Il n'avait pas cessé d'aimer Castiel pour autant. Il continuait de penser à lui constamment. Son ami lui manquait terriblement. Mais parce qu'il avait d'autres choses en tête, son absence ne pesait plus aussi lourdement sur lui qu'avant.
En plus des rendez-vous avec le procureur, Dean devait également gérer les médias qui avaient commencé à le suivre pour lui demander de répondre à leurs questions. Il savait que Victor n'avait pas donné son nom à la presse. Mais il était évident qu'un de ses collègues n'avait pas eu les mêmes scrupules. Son nom était dans certains journaux. Les plus racoleurs inventaient des choses à son sujet. On lui demandait de parler. De raconter son histoire. De décrire comment il en était arrivé à se prostituer. Dean refusait de répondre à chaque fois. Il menaçait chacun des journaliste de porter plainte si toutefois son nom était publié. Il avait peur que cette histoire finisse par retomber sur Ellen et sur Sam. Il espérait que tout finirait par se calmer une fois le procès terminé. C'était du moins ce que Victor lui avait assuré. Et Dean avait confiance en lui.
Mais parce que son nom était connu à présent, certains de ses clients étaient inquiets. Et quelques-uns d'entre eux avaient réussi à se procurer son numéro de téléphone personnel. Il ne savait pas comment. Il savait que cela ne venait ni d'Ellen ni de Kevin. Mais cela ne changeait pas grand-chose au fait qu'il était harcelé par certains d'entre eux. Ils avaient peur que Dean donne leurs noms. Qu'ils révèlent l'identité de ses clients. Que cela puisse ensuite gâcher leurs précieuses carrières. Dean n'avait pas l'intention de le faire. Il ne travaillait plus pour Ellen mais il continuait à respecter le contrat qu'il avait signé. Il ne parlerait d'aucun d'entre eux. Et même s'il le répétait à chaque fois, ses clients ne semblaient pas le croire.
C'était devenu insupportable. Il était appelé parfois en plein milieu de la nuit. Il n'avait plus la force de continuer à se justifier. Il choisit donc de ranger son téléphone dans sa table de nuit, de couper la sonnerie et de ne plus le consulter jusqu'à la fin de procès. Il pourrait avoir un peu la paix pendant quelques temps. Il en racheta un, ouvrit une seconde ligne et communiqua son nouveau numéro qu'aux personnes vraiment importantes. Sam, Victor, Ellen, Charlie et Bobby. C'était mieux ainsi.
Bien sûr, en changeant de téléphone, il avait également perdu ses mails. Il n'avait pas trouvé comment les synchroniser avec son nouveau portable. Il n'avait pas la patience d'essayer. Il finirait par demander à Sam de l'aider. Mais ce n'était pas urgent. Il ne recevait de toute façon que de la publicité le plus souvent.
Il savait qu'en agissant ainsi, il se coupait un peu du reste du monde. Mais c'était exactement ce dont il avait besoin pour rester concentré sur ce qu'il avait à faire. Il restait joignable pour ceux qui comptaient vraiment et ne l'était plus pour tous ceux à qui il ne voulait pas parler. Il ne voulait surtout pas se laisser distraire. Pas quand il avait une vengeance à mener à bien. Il savait qu'en étant le seul témoin direct du procureur, il avait une énorme responsabilité. Un poids très lourd à porter. Mais il se sentait soutenu par Sam et Victor et investi d'une mission qu'il comptait bien mener à bout.
Et c'était justement ce à quoi il se préparait ce soir. Il avait passé plus d'une heure avec le procureur à raconter encore et encore son histoire. Fergus Crowley était un homme froid, direct et incroyablement talentueux. Il ne perdait jamais ses affaires. Et il avait été choisi comme procureur dans ce dossier justement parce qu'il ne comptait que des victoires. Il n'épargnait pas Dean à chacun de leurs rendez-vous. Il le poussait à bout. Il le bousculait. Il tentait de le déstabiliser. Mais à chaque fois que le jeune homme répondait correctement, il n'hésitait pas à le féliciter. Dean était presque sûr qu'il le touchait. Mais il ne l'aurait pas dit. Il avait un rôle à tenir après tout.
Victor était resté avec eux durant tout le temps que cela dura. Il était assis dans un coin de la pièce et n'intervenait pas. Mais il avait le regard posé sur Dean et un petit sourire sur les lèvres. Il semblait fier de lui. Content de voir qu'il prenait de plus en plus d'assurance. Qu'à chaque nouveau rendez vous il était un peu plus sûr de lui. Un peu plus convaincant.
Crowley finit par partir après l'avoir chaleureusement félicité pour son attitude. Dean le remercia à son tour puis, quand Crowley fut parti, il reporta son attention sur Victor. Il était toujours assis au même endroit et attendait patiemment de voir ce que le jeune homme voulait faire.
Le plus souvent, ils discutaient pendant quelques minutes ensemble avant de se séparer. Dean rentrait alors chez lui et racontait tout à Sam. Et si Dean était effectivement épuisé cette fois, il n'avait pas forcément envie que la journée se terminé ainsi. Il n'avait pas envie de quitter Victor immédiatement. Ils n'avaient plus reparlé d'un possible rendez vous entre eux. Victor avait tenu parole. Il ne voulait surtout pas s'impliquer émotionnellement avec Dean tant que le procès ne serait pas terminé. Et Dean appréciait cela. Mais ce soir, il se sentait vulnérable. Il avait la sensation que Crowley lui avait arraché toutes ses défenses et il avait besoin de quelqu'un pour l'aider à les reconstruire une à une.
- Est-ce que tu as faim ? demanda t-il finalement à Victor.
Ce dernier haussa les épaules.
- Je ne dirais pas non à une pizza. Mais je ne pense pas qu'il serait sage qu'on puisse nous voir ensemble à l'extérieur. Les médias pourraient penser que tu …
- Que je me tape le détective en charge de l'enquête … oui je sais mais … on pourrait peut être commander quelque chose et manger ici ensemble. Personne ne peut nous voir et … je dois t'avouer que je n'ai pas envie de rentrer chez moi pour le moment.
Victor lui sourit et Dean sentit alors qu'il n'en avait pas envie lui non plus. Plus ils passaient de temps ensemble et plus ils avaient envie d'en passer. Dean n'était pas amoureux de Victor. Il doutait de pouvoir avoir un jour des sentiments aussi forts pour quelqu'un d'autre que Castiel. Mais son ami n'était pas là. Victor l'était lui. Et il était parfait.
Il sortit son téléphone de sa poche pour appeler la pizzéria la plus proche et sursauta quand il se mit presque aussitôt à vibrer dans sa main. Le nom de son frère clignotait sur l'écran et Dean décrocha aussitôt. Il répondait toujours à Sam. Peu importait ce qu'il était en train de faire ou avec qui il se trouvait.
Il s'était attendu à ce que son frère lui demande quand il comptait rentrer. Mais ce n'était pas le but de son appel. Dean sentit ses jambes flageoler quand Sam lui annonça que Castiel était chez eux. Qu'il était de retour de New York. Et qu'il souhaitait lui parler.
Dean ne comprenait pas pourquoi il était là. Pourquoi il était chez lui avec son frère. Mais Sam refusait de lui expliquer. Il allait devoir lui demander des explications lui-même. Il allait devoir lui parler. Il ne savait pas s'il était prêt à le faire. Il avait peur qu'entendre sa voix soit déjà trop difficile.
Mais il accepta. Parce qu'il le lui devait. Castiel lui avait dit de porter plainte dès le début. Il lui avait été là après son agression. Il l'avait accompagné à l'hôpital. Et Dean s'était montré particulièrement injuste avec lui. Il était grand temps qu'il s'excuse. Ils ne pourraient peut être plus jamais être amis. Mais Dean détestait l'idée qu'ils restent brouillés indéfiniment.
- Allo Dean ? C'est … c'est Castiel. Je … je suis content de t'entendre.
Entendre la voix de Castiel fut aussi douloureux que Dean l'avait imaginé. C'était comme sentir son cœur se briser à nouveau dans sa poitrine. C'était se souvenir de tout ce qu'il avait perdu en laissant son ami lui échapper quelques semaines plus tôt. C'était le perdre à nouveau même s'il était là à l'autre bout du fil.
Dean pouvait sentir le regard de Victor sur lui mais il était incapable de le regarder à son tour. Il ferma les yeux et prit une grande inspiration.
- Je … qu'est-ce que tu fais chez moi Castiel ? demanda t-il.
Il savait qu'il se montrait froid et distant. Mais il avait besoin de quelques minutes pour reprendre ses esprits.
- Je … j'ai appris pour Roger … je l'ai entendu au journal et ils ont parlé de … de sa dernière victime … un jeune homme qui lui avait échappé une première fois alors je … j'ai commencé à imaginer le pire et j'avais besoin … j'avais besoin d'être sûr que ce n'était pas toi. Je suis rentré pour m'assurer que tu allais bien. Je sais que à doit te paraître dingue mais … j'étais vraiment mort de peur.
Dean était touché. Le fait que Castiel ait pris l'avion juste pour vérifier qu'il allait bien était la preuve qu'il tenait toujours à lui. Il aurait du penser à l'appeler. Peut être lui donner son nouveau numéro pour qu'il puisse être rassuré sans avoir à s'acheter un billet d'avion. C'était toutefois trop tard maintenant.
- Je vais bien. Je … je vais témoigner au procès. J'ai fait ce que tu me demandais de faire le jour de … de l'agression. Je suis allé voir la policier et ils l'ont arrêtés. Mais je suis le seul à m'en être sorti alors … ils ont besoin de moi. C'est … je suis justement en train de me préparer avec le procureur à l'instant où je te parle.
Ce n'était pas totalement vrai mais Dean n'avait pas envie de parler de Victor à Castiel. Il n'en avait pas parlé à Sam non plus. C'était quelque chose qu'il voulait garder pour lui pendant encore quelques temps. Il voulait voir où cela le mènerait avant d'en parler à qui que ce soit.
- Sam me l'a dit oui et je … je dois t'avouer que je t'admire. Ca ne doit pas être simple pour toi et … enfin voilà, je … je tenais juste à te féliciter.
- Ce n'est pas … je ne mérite pas que tu … je fais juste ce que je fois faire. Ce qui est nécessaire pour venger ces garçons et … ça n'a rien de fou … tu l'aurais fait toi aussi à ma place.
- Probablement mais ce n'est pas …
- Castiel s'il te plait, je … je n'ai pas vraiment envie de … ce n'est pas ce que je veux entendre. Si tu veux me féliciter pour quelque chose alors … félicite moi pour avoir enfin démissionner pour de bon.
Dean savait que c'était quelque chose que Castiel voulait le voir faire depuis un moment maintenant. Et il espérait que cela éviterait que son ami s'obstine à lui parler du procès. De son témoignage.
- C'est une super nouvelle Dean. Gabriel a évoqué ton intention de lui donner une chance de publier ton livre mais il … il n'a plus eu de nouvelles depuis et … c'est aussi pour ça qu'on était aussi inquiet. Tu ne répondais pas au téléphone … ou à tes mails.
Dean n'avait pas songé une seule seconde à Gabriel en changeant de téléphone. Il avait mis sa propre vie entre parenthèses jusqu'au procès. Il n'avait pas donné son nouveau numéro au frère de Castiel. Il n'avait pas cherché à voir s'il avait reçu un mail de lui. Il pouvait comprendre à présent qu'ils aient été inquiets. Il en était sincèrement désolé.
- Je … j'ai dû changer de téléphone. C'est une longue histoire et je n'ai pas vraiment le temps de t'expliquer mais … tu diras à ton frère que je vais bien et que je reprendrais contact avec lui quand le procès sera terminé. Quant à toi, je … merci de t'être inquiété mais comme tu l'entends, je vais bien. Je vais même très bien. Tu peux repartir à New York.
- Je … je pensais rester … je me suis dit que tu pourrais avoir besoin de soutien pendant le procès et … on est amis toi et moi non ?
C'était la question à laquelle Dean ne savait pas comment répondre. Etaient-ils toujours amis ? Leur dispute et le départ de Castiel avaient-ils tout changé entre eux ? Sans doute. Mais Castiel était revenu. Il avait pris le premier vol parce qu'l était inquiet. Il tenait toujours à Dean. Et le jeune homme continuait à l'aimer comme un fou. C'était une situation compliquée qu'il n'avait pas l'énergie de gérer pour le moment. Il opta donc pour la solution de facilité.
- Tu peux rester … tu … à vrai dire, tu fais comme tu veux. Je … je n'ai vraiment pas de temps à consacrer à quoi que ce soit ou qui que ce soit pour le moment alors ne t'attends pas à ce qu'on puisse … parler ensemble avant un moment. Mais … je veux juste que tu saches que je suis désolé de t'avoir parler comme je l'ai fait et que je ne suis plus en colère contre toi. En ce qui me concerne, tout va bien entre nous.
- Dean, je … j'aimerais qu'on puisse …
- Castiel, je dois raccrocher. J'ai des choses à faire et … je ne suis pas seul. On pourra en reparler mais … après le procès. Reste … repars. Fais comme tu veux. C'est ta décision. Je suis désolé.
Il ne laissa pas le temps à Castiel d'ajouter quoi que ce soit. Il savait qu'il se montrait malpoli et probablement injuste. Il n'avait pas le droit de traiter son ami comme ça. Mais il n'aimait pas lui parler alors que Victor était dans la même pièce. Il n'avait pas envie de débattre de leur relation au téléphone. Et il n'était de toute façon pas prêt à le faire. Castiel était parti. Il avait quitté la ville. Dean avait lui aussi le droit de vouloir mettre de la distance entre eux pendant quelques temps.
- C'était ton ex je suppose ?
Dean tourna le visage vers Victor, surpris par sa question. Il n'était pas sûr de pouvoir décrire Castiel ainsi. Ils avaient couché ensemble à de multiples reprises. Mais ils n'avaient jamais été réellement ensemble.
- Non, un ami … c'est compliqué.
- C'est donc lui la situation compliquée dont tu me parlais quand on s'est rencontrés ?
- Ca l'était … ça ne l'est plus. Castiel est … il travaillait avec moi. On a été proches. Mais jamais … en couple. Et il est parti à New York après Roger. On ne s'est plus reparlé depuis. On s'est disputé juste avant et … disons qu'on est plus vraiment … je ne sais pas si on est toujours amis. Mais ce dont je suis sûr, c'est que je n'ai pas envie de réfléchir à tout ça pour le moment. Ce dont j'ai envie c'est d'une pizza avec toi. Si tu es toujours partant bien sûr. Parce que je pourrais comprendre que tu n'en aies pas envie après tout ça.
Victor finit par se lever de sa chaise et par traverser la pièce pour se retrouver à côté de Dean. Il prit place sur la chaise juste à côté de la sienne et posa sa main sur son bras. C'était la première fois qu'il initiait un tel contact. C'était chaste et sans arrière-pensée. Mais Dean ressentit tout de même un petit frisson lui parcourir tout le bras. C'était le premier homme après Castiel à avoir le moindre effet sur lui. C'était forcément un signe à prendre au sérieux.
- Bien sûr que j'en ai toujours envie. Comme j'ai toujours envie de t'inviter à sortir quand tout sera terminé si tu en as envie. On a tous un passé Dean. On a tous des histoires compliquées à gérer. Et je ne vais certainement pas baisser les bras parce que ta complication vient de réapparaitre dans ta vie. Au contraire. Ca me donne plus envie encore de faire en sorte de le chasser à nouveau.
Dean rit une seconde. Victor était absolument parfait. Il avait tout pour lui plaire. Et même si Dean ne pourrait peut être jamais l'aimer comme il aimait toujours Castiel, il était peut-être temps pour d'apprendre à s'en contenter. Victor pourrait le rendre heureux. Il n'était pas Castiel mais lui avait envie d'être avec le jeune homme. Lui avait envie de tenter quelque chose avec lui. Lui pourrait un jour l'aimer autrement que comme un ami. Dean ne pouvait pas passer le reste de sa vie seul dans un coin à prier pour que Castiel finisse par tomber amoureux de lui. Il devait aller de l'avant. Comme il l'avait fait en choisissant de démissionner. Il devait tirer un trait sur son passé et écrire un nouveau chapitre de sa vie. Il avait très envie d'en faire Victor le héros.
- Je dirais oui tu sais … quand tu me demanderas. Je dirais oui. C'est … je sais que ce n'est pas le moment d'en parler mais je voulais que tu le saches. Histoire que tu ne stresses pas trop.
- Je ne doutais pas que tu finirais par céder à mon charme. Mais merci de ta franchise. C'est effectivement une bonne nouvelle.
Dean sourit. Sa conversation avec Castiel avait été douloureuse. Elle avait été compliquée et elle avait rouvert des plaies qui commençaient tout juste à cicatriser. Dean ne savait pas encore quelle décision il prendrait concernant son ami. S'il pourrait envisager de rester proche de lui malgré tout. Ou si cela serait trop difficile. Il n'avait pas envie d'y penser pour le moment. Il était avec un homme charmant qui l'appréciait et qui avait envie de tenter sa chance avec lui. Il était avec quelqu'un qui le soutenait depuis le début. Quelqu'un qu'il appréciait lui aussi beaucoup. Il ne devait surtout pas oublier qu'il avait de la chance. Il était en vie et il avait un bel avenir qui l'attendait. Mais pour le moment, il devait avant tout penser à tous ceux qui n'avaient pas eu la même chance que lui. A tous ceux qu'il s'était promis de venger en témoignant. Il avait toujours une mission à remplir. Tout le reste devrait attendre qu'il l'ait menée à bien.
