Titre : Amis par delà la mort

Raiting : M

Auteur : Bayla

Bêta correctrice :Resiliency6

Disclaimer :L'univers d'Harry Potter ne m'appartient pas, tout est à J.K Rowling ainsi que certaines références que je ferai sur certains films comme Twilight ou autres sont à leurs créateurs! Ulrich, Jay, Shia, Wonga, Kermitt le chef des oubliator, Naika, Mike, Annabelle, un stagiaire/recru et Skita, personnages figurants, sont de moi.

Particularité : Cette fiction comporte des passages/mentions difficiles comme viol, scène de violence. Mais elle parle également de relation hétérosexuelle, mais aussi, et surtout homosexuelle! Donc homophobes et âmes sensibles, vous savez ce qu'il vous attend.

Note : Il s'agit d'une fiction longue à chapitres. C'est ma deuxième fiction et j'espère qu'elle vous plaira.

note2: Bonjour ! J'espère que vous allez bien malgré le confinement. J'aurais bien aimé vous offrir une petite échappatoire de la réalité avec des chapitres plus rapprochés, mais comme mon boulot est dans une épicerie, je dois travaille. mais mieux vaut tard que jamais!

Je vous souhaite une bonne lecture!

Chapitre 22 : Les entretiens de Remus.

Exact! Bien évidemment, un mur invisible se trouvera entre vous par précaution, mais l'air continuera de circuler. Et ne crois pas que ce sera facile pour toi Harry, ce sera différent de la dernière fois que vous vous êtes croisés. Pendant que vous vous entretiendrez avec Lupin, Blaise et Draco, je veux vous voir chacun votre tour.

Remus, qui n'avait dit mot jusqu'à présent ;afficha un petit sourire narquois et des yeux brillants de malice.

Alors? Qui veut commencer?

Respirant un bon coup Hermione se leva, captant une légère et nouvelle odeur de terre mouillée et de pin, qu'elle ignora rapidement.

Restant au rez-de-chaussée, elle se dirigea tout naturellement vers le fond du Cottage où le bureau d'Harry se situait et qu'ils emprunteraient pour l'occasion, guidant Remus. Ils étaient deux à partager ce lieu : Harry, qui avait acquis le soin de s'occuper de la paperasse concernant la maison, et tout ce qui avait trait au clan relevait du domaine de Ron puisqu'il était l'Alpha. Bien que, pour l'instant, la pièce ne servait pas à grand-chose, les deux vampires utilisaient surtout leur moment de libre pour s'entraîner avec leur magie. Ils manquaient de temps pour se familiariser avec leurs futures fonctions autant de bureaucrates que de leurs rôles dans le clan.

Lorsqu'elle ouvrit la porte, elle eut la sensation d'effectuer un bond dans le passé avec le bureau massif derrière lequel se trouvait une chaise de style baroque. Juste en face, baignant dans la lumière du soleil, une chaise voltaire pour les invités l'attendait, qu'elle s'empressa de rejoindre tout en prêtantson attention à l'extérieur. Elle pouvait y voir la forêt enneigée, un petit peu la cour et la moitié d'un arbre couvert de branches. Ils en récolteraient probablement les pommes à la fin de l'été.

Mais malgré sa tentative de s'occuper, elle ne put s'empêcher de passer le relais à ses oreilles et entendit Remus entrer et s'arrêter pour, supposa-t-elle, s'imprégner des lieux avant que ses pas se dirigent vers le bureau où il s'installa.

Une seconde paire de pas retentit et qui l'amena à se retourner un bref instant. Severus les avait suivi et venait d'entrer à son tour. Elle le vit se placer près du loup et se servir du bureau pour point de repère et y poser un « mur » invisible. Comme il récita le sort, elle reporta son attention vers l'extérieur.

– Alors Hermione, toujours avec Ron à ce que je vois.

Elle avait beau être une buveuse de sang, Remus trouvait la jeune femme un peu trop tendue et il tenta de remédier à la situation ; elle n'allait pas subir un interrogatoire d'Auror ou de la torture.

Hermione délaissa lentement la fenêtre du regard et déglutit. Elle était seule avec le loup.

– Oui.

– Ma question est peut-être difficile à répondre vu que vous êtes cloîtrés ici, mais dis-moi, comment tu vas? Tu te plais dans ta nouvelle vie?

– Beaucoup, lui offrit-elle avec un sourire crispé, mais heureux. C'est toutefois un peu tendu en ce moment.

Combien de temps devait durer cet entretien déjà?

– À cause de ce qui est arrivé à Harry avant Noël?

– En partie… on s'entraîne beaucoup. On ne fait que ça depuis des semaines et je pense que ça affecte notre humeur.

Elle serra les poings sur les accoudoirs, qu'elle entendit craquer.

– On prend la mouche assez facilement, on habite quand même 24 h sur 24 ensemble. Mais je crois que c'est surtout ce que nous a annoncé Blaise.

– Blaise?

– Oui, mais c'est du passé…

Elle déglutit à nouveau. L'odeur puissante et sauvage avec ce petit plus qui la remplissait de colère, avec l'envie de déchiqueter celui qui la portait, devenait de plus en plus difficile à supporter.

– Faut… Faut juste que Ron digère. Ce n'est pas de sa faute… je… Je suis convaincue qu'on a voulu piéger Blaise. Il… il dit qu'il avait livré le Terrier.

Les yeux de Remus s'écarquillèrent sous le choc tandis qu'Hermione se concentra sur la grande bibliothèque non loin de la fenêtre et examina chaque étagère, observant la couleur des couvertures des livres qu'elle voyait. Elle devait vite se changer les idées. Et pouvoir discuter. Elle pouvait y arriver! Elle devait y arriver! Il n'était pas dit qu'une odeur, aussi désagréable soit elle, vienne à bout d'elle!

– Mais son histoire sonne tellement étrange… j'ai des doutes que ce soit réellement lui.

Oh, d'accord, songea Remus, il allait devoir en parler avec son compagnon. Qu'est-ce que c'est que cette histoire? Comment Blaise en est arrivé à cette hypothèse? C… par Merlin, je n'ai même pas le temps d'interroger Hermione!

– Comment le prend Ron?

Il sursauta en l'entendant gronder.

Avait-il réfléchi trop longtemps?

– Pas… Très bien.

Puis, un craquement plus prononcé se fit entendre et Hermione baissa les yeux sur ses mains et tressaillit. Elle tenait des morceaux de bois des accoudoirs.

– Ne t'en fais pas, dit-il en prenant sa baguette, qu'il avait posé sur le bureau au début de l'entrevue pour leur montrer un peu plus son rôle pacifique, afin de réparer la chaise. Tu devrais partir maintenant.

Mais il eut à peine le temps de terminer sa phrase qu'Hermione s'était jetée sur lui avec un grognement animal. Ses iris devenus jaunes arboraient des teintes de rouge par endroit. Les crocs sortis et les lèvres retroussées, frappant et grattant de ses griffes acérées contre la paroi invisible qui l'empêchait d'atteindre son but, Hermione ne ressemblait plus à rien d'humain.

Remus qui ne l'avait pas vu venir se figea quelques secondes, incapable de la quitter des yeux. Avant de s'emparer de sa baguette et d'un mouvement rapide changea l'air de la pièce pour la rafraîchir. Il dut s'y prendre à deux fois pour que la jeune femme parvienne à un semblant de contenance.

Clignant des yeux, Hermione, ne comprit pas ce qu'elle faisait si proche de son ancien professeur. Comment était-elle arrivée sur le bureau? Sentant quelque chose couler sur son menton, elle y passa la main. Ses yeux s'écarquillèrent en réalisant qu'elle avait bavé comme un animal sauvage et tenté de tuer son ancien professeur.

– Mon Dieu! S'exclama-t-elle, mortifiée en se mettant debout. Je…

Elle regardait partout sauf devant elle et ne put voir le petit sourire indulgent de Remus.

– Ne t'en fais pas Hermione, c'est ma faute, j'aurais dû réaliser plus tôt que tu avais atteint ta limite et prendre ma baguette n'a pas aidé. Mais tu t'en es bien sorti! Ça ira mieux les prochaines fois. Sors maintenant. Je doute que tu restes lucide encore longtemps, tu as été beaucoup éprouvée.

Mais malgré ses mots d'encouragement, Hermione voulait s'enterrer et ne plus jamais en ressortir, ce pour quoi elle partit sans demander son reste.

Une fois seul, le loup s'accota la tête sur ses bras contre le bureau où il prit de grandes respirations, les yeux fixés sur les rainures du bois, ajoutant une couche d'ancienneté et de vécu au meuble.

Finalement plus détendu, il appela Ron.

Avant même d'entrer dans la pièce, le rouquin fit une pause, ferma les yeux et s'obligea à retenir sa respiration tout en espérant que ses nuits d'insomnie ne soient pas un obstacle pour cette rencontre. Déjà que depuis Noël, il tentait de rester éveillé pour ne plus voir ces araignées de malheur et s'ajoutaient à ça les entraînements qui l'épuisaient de plus en plus.

Puis, il ouvrit la porte, mais ça ne lui servit à rien. Sans même avoir regardé Remus, la colère monta en lui en une explosion et il serra les poings.

Ennemi.

Il laissa échapper un grondement qui s'étrangla à mi-chemin. Qu'est-ce que c'était que ça? Son instinct lui disait de ne pas le toucher. Comment pouvait-il éprouver cette rage et ressentir totalement son contraire? Confus, il se rendit à la voltaire, droit comme un balai, et n'accorda aucun regard au loup.

– Ron! lui sourit Remus amicalement. Severus me racontait que tu avais fait beaucoup de progrès. Comment tu te sens par rapport à tout ça? Voire par rapport à ton ancienne vie?

– Euh.

Pris de court, il releva la tête. Il ne savait plus quoi dire, il ne s'attendait vraiment pas à cette question, et puis ...

Snape parlait de lui? Et en bien?

Wow!

Une douce chaleur se forma dans son ventre et une assurance nouvelle qui le surprit s'empara de lui et les mots lui vinrent facilement.

– J'ai toujours voulu me distinguer. Que ce soit de mes frères ou de Harry, je suis content d'y arriver à présent. Même si c'était assez compliqué au début. Je dois encore m'adapter à certaines situations, mais je pense que nous commençons à prendre nos marques et c'est bien.

Le regard de Ron se posa près de la bibliothèque où se trouvait un classeur en bois. Le seul objet qui semblait appartenir à une époque plus moderne, pour ranger les documents importants qui devaient rester sous clef. Sauf pour un compartiment. Celui de la boisson.

Sa gorge sèche se rappela à lui. Il se serait bien pris un verre de Whisky Pur Feu, il aurait eu quelque chose de plus sur quoi se concentrer. Changer de place avec Remus aurait certainement aidé. Il n'aimait pas la sensation d'être l'intrus et donc celui qui n'avait pas le contrôle, d'être le dominé. Et puis, cette boisson ambrée l'aurait sûrement aidé à chasser cette odeur entêtante et désagréable. Mais qu'est-ce qui se passait à la fin? Son odorat ne marchait qu'une fois sur deux?

Tout allait bien au salon pourtant! Qu'est-ce qui avait changé? Il serra les poings et se retint de se lever. S'il le faisait, il ne savait pas ce qu'il ferait. Il ne lui manquait pas grand-chose pour perdre définitivement la carte et laisser de vieux instincts prendre le dessus. Instinct qui était complètement détraqué. Une seconde, il s'apprêtait à se lancer sur Remus et la seconde suivante, se retenait justement de le faire. Il commençait à avoir le tournis. Il n'était pas prêt à le protéger, pas autant que ceux de son clan, mais il fallait le laisser tranquille sous peine d'un danger invisible qu'il percevait. Mais quel danger? Qu'arriverait-il de si grave? Quelle espèce de tabou enfreindrait-il? Quelle loi intouchable violerait-il en l'attaquant?

Tout ça l'épuisait.

Il savait que Remus était un bêta de meute, il le percevait dans son odeur, ce qui aidait, mais il y avait autre chose sur laquelle il ne parvenait pas à mettre le doigt. Ce n'était pas son soumis, mais son instinct lui disait qu'il devait le traiter comme tel et d'un autre côté l'attaquer.

– Je suis ravi de l'apprendre, je sais que ça peut être compliqué à gérer. Surtout que votre organisation s'avère assez différente de votre vie humaine.

– Oui… La tension du début est partie, les erreurs de notre position hiérarchique deviennent de moins en moins fréquentes. J'ai davantage l'impression d'être à ma place. Et avec un peu plus de tranquillité, ce serait fantastique.

Est-ce que c'était normal qu'il ressente tout ça pour son ancien professeur? N'aurait-il pas dû juste avoir cette rage de l'attaquer, comme si on avait appuyé sur le bouton « tuer » pour qu'il sache juste ça et rien d'autre? Peut-être qu'Hermione pourrait l'aider.

– Comme je te comprends… Et, eum...

Remus ne savait pas trop comment aborder ce sujet délicat sans que ça soit de trop…

– Pour Blaise?

Le vampire se raidit encore plus et sa colère revint en force.

– Il s'est bien moqué de nous, celui-là! Bouillonna le rouquin. Sale traître! C'est à cause de lui si on a plus le Terrier! Et tout ça pour une histoire de cul avec Parkinson!

– Parkinson? Ne put s'empêcher de l'interrompre Remus.

Mais qu'est-ce que cette famille venait faire là-dedans? Et de qui parlait-il? De la gamine ou des parents?

– Oui, Parkinson! Couché avec cette garce alors que ma sœur est cent fois mieux! Comment a-t-il pu tromper ma sœur? Comme si ça ne suffisait pas qu'il dévoile le Terrier! Non, mais elle a bien réussi son coup, celle-là! L'inviter, minauder à son oreille pour qu'il cède et attendre qu'il se confesse sur l'oreiller. Franchement, se laisser avoir par la nostalgie alors qu'il n'a supposément jamais eu d'intérêt de la sorte pour ce pékinois! Comment du caviar peut monter à la tête au point de se réveiller au lit avec une autre? Comment une discussion banale dans un resto a pu mener à ça? Ce n'est pas comme s'il était soûl ou drogué… comment-elle a pu réussir ce coup-là?

Tout en énumérant ce qu'il savait, il finit par se parler plus à lui-même baissant la voix au fur et à mesure de ses réalisations.

– Et dire qu'on ne lui cachait rien! En se retrouvant coincé dans les cachots avec nous, on ne pensait pas qu'il soit du côté des Mangemorts. Qu'est-ce qu'il a livré d'autre au mage noir? On n'a rien vu la première fois, il a très bien pu recommencer! Même si le Cottage n'a toujours pas été attaqué, ce qui est un peu étrange venant du Lord. Mais avec ce fou, il peut bien avoir une date en tête pour nous coincer et attendre son heure. Mais Blaise, à moins qu'il ait déjà rempli sa mission et que le Lord n'ait plus besoin de lui, n'avait aucune utilité à nous avouer qu'il était le traître, il ne peut plus rien livrer maintenant…

Après quelque instant de silence, comprenant que le rouquin ne dirait plus rien, semblant choqué par ses propres paroles, Remus mit fin à la discussion. Le vampire n'était plus en état de continuer.

À nouveau seul, comme avec Hermione, il s'octroya une pause. Son regard fut immédiatement attiré par la méridienne baroque en cuir blanc avec contour or, le long du mur en face de lui. Elle paraissait très confortable. Un peu trop même, il avait la nette impression que s'il posait ses fesses dessus, il céderait facilement à la tentation de dormir. Et il restait encore Harry à voir.

Avec un petit soupir résigné, le loup avança son bras pour s'emparer de sa baguette et changer l'air, mais avant même de pouvoir, son œil fut attiré sur sa main qui tremblait légèrement. Il ferma aussitôt son poing comme si ça pouvait faire disparaître cette faiblesse et d'un geste brusque, prit sa baguette et ouvrit la vitre.

Ne voulant se montrer si fébrile, Remus se rendit à la fenêtre où il resta quelques minutes, à respirer l'air frais et regarder la cour bien entretenue et les arbres. Ce n'est que lorsqu'il se sentit mieux qu'il se réinstalla, parcourut deux-trois fois du bout des doigts les rainures sur le bureau avant d'appeler le fils de son meilleur ami.

Entrant, le Survivant aborda un petit sourire gêné au loup.

– J'aimerais qu'on poursuive notre discussion de la dernière fois, dit-il en allant s'asseoir. Je…

Sur sa chaise, Harry se trémoussa, croisa et décroisa les jambes dans l'espoir de trouver une position, sans malheureusement y arriver. Alors que Remus lui donna le temps sans le pousser.

– Il y a certaines choses que je ne t'ai pas dit, premièrement parce que je ne me sentais pas prêt et ensuite parce que je ne détenais pas beaucoup d'information. Mais maintenant, c'est le cas et j'ai vraiment besoin d'en parler avec quelqu'un.

Le loup se redressa, lui montrant qu'il avait toute son attention.

– C'est grave?

– Non, je ne pense pas. C'est juste que j'ai besoin de conseil… J'ai peur de commettre une grosse bêtise que ce soit en acceptant ou en refusant.

– Explique-toi et commence par le début. Remus lui sourit. C'est toujours mieux.

Le vampire se détendit un peu.

– Bien… tu te souviens que je t'ai dit que Draco était un calice en sommeil?

Harry plissa légèrement les yeux, sans comprendre. Pourquoi ça sentait si fort, si mauvais? Ce n'était pas comme ça la dernière fois qu'il avait vu Remus. C'était ça que Severus voulait dire en mentionnant que ce serait différent? Mais pourquoi? Au moins, il n'avait pas Draco en tête, bien qu'il en ignorait la cause. Était-ce parce qu'il se trouvait face à un loup? Un potentiel danger?

– Bien sûr, en fait j'ai même pensé qu'il aurait pu être le tien… Ton odeur se trouvait plus présente sur lui que celle de tes amis. Et vos odeurs se mélangeaient légèrement. Cela aurait pu être juste de l'amitié, ou ton petit-ami, mais j'avais l'impression qu'il y avait plus.

Harry se redressa pour plus de confort et tourna un peu la tête.

Bon sang, ce que ça sentait fort!

Il tenta discrètement de respirer par la bouche, se retenant de mettre une main sur son nez, mais ça ne changerait pas grand-chose. Attends, qu'est-ce ce qu'il venait de dire? … ah oui.

– Non… pas encore, on ne l'a pas finalisé… Un vampire a mordu Draco et une fois ici, la plaie continuait à saigner, il souffrait et… il a failli mourir.

Un frisson le traversa et il s'empressa de chasser l'image d'un Draco, la gorge en sang et aux portes de la mort, de la douleur qui s'en était suivie. Cette même douleur qui refit surface comme s'il revivait le moment alors que son souffle devenait erratique.

Il commençait à songer sérieusement à arrêter de respirer avec cette envie, qui prenait de plus en plus d'ampleur, de vouloir attaquer. Mais pourrait-il aussi parler? Ça lui semblait tellement d'effort et compliqué d'effectuer les deux en même temps. Fichu réflexe humain, voilà une autre chose sur laquelle s'entraîner…

D'un coup, sans savoir pourquoi à cet instant, ce souvenir en particulier lui revint en mémoire…

18 septembre 2004.

Severus venait d'arriver devant la cellule d'Harry en pleine nuit et y entra, surprenant les trois vampires qui avaient enfin pu s'assoupir.

– Potter, suivez-moi, le Seigneur des Ténèbres veut vous voir. Je vous suggère d'obtempérer si vous ne souhaitez pas que votre séjour ici soit pire!

– Soit prudent Harry, le regarda Hermione, inquiète, s'avancer vers la sortie.

Alors que l'homme le conduisait à une autre cellule non loin de là, Harry brisa le silence qui s'était installé.

– Qu'est-ce qu'il me veut, Sev?

– Tu verras bien, et je te conseille de respirer le moins possible dès que j'ouvrirai, répondit Severus qui n'ajouta plus rien.

Ce dernier le tutoyait depuis un peu avant l'arrivée d'Hermione et il éprouvait encore de la difficulté à le tutoyer et utiliser son prénom quand ils n'étaient plus qu'eux deux. Le brun, lui, le tutoyait depuis bien plus tôt : quelques jours avant la mort de ses mentors. Et avec une facilité déconcertante, au vu de leur passé houleux.

Arrivé devant la cellule en question, Severus ouvrit la porte et laissa entrer le Survivant. Aussitôt à l'intérieur, il se retrouva enfermé dans une cage, Voldemort de l'autre côté. Ce dernier ignorait la hiérarchie du trio rouge et or, mais il connaissait un peu la race et il tenait à sa vie.

Futé, pensa Harry, blasé en jetant un coup d'œil circulaire et comprenant qu'il ne pouvait même pas toucher aux barres métalliques ; il sentait une résistance quand il essayait de s'en approcher.

– Alors, qu'est-ce que tu me veux?

– Un marché.

– Parce que tu crois que je vais accepter? Avec toi?

Il eut un petit rire suffisant.

– Laisse-moi au moins proposer mon offre, Potter, continua le Lord sans se démonter.

– Et c'est mieux que les autres fois où tu désirais que je te rejoigne? Reprit son sérieux Harry analysant en détail les faits et gestes de Voldemort.

– À toi d'en décider, mais je suis persuadé que ça t'intéressera.

– Cause toujours, je verrai bien.

Qu'est-ce qu'il allait encore lui sortir?

– Oh c'est très simple, tout ce que tu recherches, l'arrêt de cette guerre. Je peux empêcher mes Mangemorts d'attaquer, ce n'est pas un problème.

Harry se redressa curieux, mais prudent.

– C'est-à-dire? Tu y gagnes quoi et qu'est-ce que tu veux en garantie?

– Le pouvoir, très cher, je compte bien diriger ce pays, que ce soit par le biais d'un Mangemort ou par moi-même, je ne sais pas encore ce que je vais décider, mentionna Voldemort, un brin rêveur avant de secouer légèrement sa tête et de reprendre plus sérieux. Ensuite, je te veux dans mon armée.

– C'est tout? Rien de bien nouveau.

– En échange de cette paix…

– Elle ne sera pas factice au moins? Le coupa le brun.

– Non.

Harry entendait et voyait très bien que son interlocuteur commençait à perdre patience à se faire interrompre de la sorte. Il se retint de sourire.

– Comme je le disais, je m'arrangerais pour que la marque des ténèbres n'apparaisse plus dans le ciel, nous ne causerons plus la mort des sorciers. Je tiens à préserver notre monde, cet objectif n'a pas changé.

– Tu t'engages à ne plus faire de mal à ce peuple et les autres et j'inclus là-dedans les créatures magiques et les Moldus?

– Aucun problème.

– Et que comptes-tu faire des Sang-mêlés et Nés-Moldus, de leur éducation?

– Je suppose que je peux bien les accepter, roula des yeux Voldemort, réticent à dire ces paroles. Par contre, j'interdirais tout sorcier d'avoir des enfants avec un Moldu, la magie est en train de disparaître à cause d'eux, plusieurs deviennent Cracmols. Je suis généreux quand même, je pourrais leur interdire d'en fréquenter.

– Mais bien sûr! Répondit Harry, sarcastique. Ils ont autant de potentiel magique que nous, c'est notre histoire, les traditions, rituels et coutumes qu'ils n'ont pas. Ça serait d'un cours là-dessus dont l'école aurait besoin, si eux comme nous en savaient plus sur nos deux cultures ; je suis persuadé qu'il aurait moins d'enfants qui subiraient ce que nous avons dû affronter, bien que les Moldus entre eux peuvent se montrer très méchants. Mais je suis sûr que l'on peut trouver un moyen pour faire en sorte qu'un jeune sorcier brutalisé puisse être retirer de sa famille et en trouver une qui prendra soin de cette enfant, ou même un orphelinat où les gens seront mieux traités que celle où tu as vécu, Tom.

– Quoi?! Pas question!

– Alors, oublie-moi, Eut un petit sourire Harry en croisant les bras. Je peux retourner à ma cellule maintenant?

Voldemort garda le silence un moment, une veine palpitait sur sa tempe, fulminant, avant de parler.

– J'accepte.

– Ah oui? Donc nous pourrons partir d'ici?

– Vous pouvez toujours essayer, j'ai installé des barrières anti-vampires.

À ces mots, Harry releva un peu les sourcils, feignant d'être étonné de cet aveu.

– Et je n'ai pas l'intention de prévenir mes Mangemorts de cet accord, seul Severus, un de mes plus dévoués Mangemort, est au courant de cette conversation. Alors je vous déconseille de fuir cette nuit, surtout que bientôt, vous allez très certainement recevoir de la visite.

Au dernier mot, Harry se tendit, aux aguets ; mais de quoi il parlait? Voldemort avait bien joué, en lui mentionnant de futurs prisonniers pour le faire rester. Il lui serait impossible de partir tout en sachant que quelqu'un qu'il connaissait sûrement allait se retrouver à sa place et en danger. Serrant les poings pour contenir sa colère et pour ne pas se précipiter sur ces barreaux enchantés et finir griller, le vampire enchaîna sur le sujet principal.

– Une fois libre, je ne compte pas trahir le camp de la lumière, je ne me montrerai avec toi que le jour de la bataille, je tuerai peut-être quelques membres de l'Ordre, mais pas tous et pas ceux que je considère comme ma famille ou amis. Et je ne me priverai pas d'attaquer tes fidèles, j'ai quelques griefs envers certains, mais je ne te toucherai pas, t'inquiètes, ça fait partie de cet accord. Oh, et je n'obligerai pas mes amis ou invités à s'allier avec toi alors ne t'avise pas non plus de les tuer, ce n'est pas facile de tourner le dos à toute sa famille. Tu sais de qui je suis proche, je peux même t'écrire une liste si tu veux… En fait, je vais t'en faire une et je l'allongerai peut-être dans tes années futures…. Alors, ne pense pas à les tuer ou les torturer que ce soit avant ou après la bataille finale. Tu laisses mes amis tranquilles, leur vie publique et privée, j'entends. Je tiens à ce qu'ils soient tous heureux dans la mesure du possible et ça ne peut pas se faire si tu leur causes des ennuis ou menaces de leur faire perdre leur emploi.

– Parfait, afficha un rictus Voldemort.

– Minute! L'empêcha de partir Harry. Je n'ai pas fini.

– Quoi encore?!

– Je n'ai aucune confiance en toi, ni en tes belles paroles, tu peux bien au final te défaire de ton engagement. Qu'est-ce qui me dit que tu vas le respecter?

Voldemort revint devant la cage et le jaugea un instant avant de lui répondre.

– Rien, mais j'ai pris le temps de venir te proposer un marché, de te parler de mes barrières, que vous aller recevoir de la visite et je ne vous ai pas encore tué ; cela prouve ma bonne foi, non?

Harry pensa une fraction de seconde à lui suggérer un serment inviolable, tout son être se rebellait à l'idée que le mage noir puisse gouverner un jour le pays, mais quelque chose lui disait que cela allait être la pire des bêtises. Tom pouvait parvenir à contourner ce serment et il y avait toujours cette damnée prophétie qu'il ne pouvait oublier. Et un serment non honoré dans sa totalité pouvait s'avérer très dangereux.

– Si tu ne respectes pas ta part du marché, Tom, tu devras compter tes heures. Je tiens également à ce que tes Mangemorts, surtout ceux connus et qui pourraient causer des problèmes à cette bonne entente, soient punis pour les actions qu'ils ont commises comme n'importe quel sorcier. Et qu'ils subissent les conséquences de leurs actes sans que le jury soit soudoyé ou que tu les aides à s'évader.

Voldemort sembla réfléchir un moment.

– Je ne mettrais pas le pays à feu et à sang et nous resterons en démocratie, ça te va?

– Oui…

– Et ne m'appelle pas Tom.

– Mais oui, mais oui…

Ce qui amena Voldemort à grommeler de son insolence.

– Bon, je peux y aller maintenant? Tu as fini? Demanda Voldemort sarcastique. Je n'ai pas que ça à faire moi, je suis occupé, je dois réfléchir en premier lieu à celui que je vais placer à la direction de Poudlard une fois ma victoire arrivée.

– Oui, j'ai fini. J'aimerais bien retourner dans ma cellule maintenant et réfléchir à tout ça et trouver un moyen de sortir sans ton aide. Et pour Poudlard, tu devrais leur laisser cet espoir… pour le moment du moins.

– Severus t'y emmènera, mais qui comptes-tu descendre parmi l'Ordre?

– Ceux qui m'attaqueront pour prétexte que je suis vampire puisque je ne vois pas pourquoi ils m'attaqueraient à part ça et tes Mangemorts qui auront la stupidité de se mettre devant moi. Pour ce qui est de leur opinion, c'est à eux. Bien que j'espère qu'ils accepteront les changements, du moins, ceux qui seront bons pour la population, peu importe leur sang, Ça sera plus simple pour tout le monde, nous avons besoin d'un temps de paix et depuis le temps, le monde magique peut bien évoluer un peu. Par exemple, les Moldus sont plus développés que nous sur plusieurs technologies.

– Les technologies?

– Bien sûr, je ne dis pas de bannir les chandelles, mais par moment les chandelles, ça n'éclaire pas assez. Les Moldus, eux, ont ce qu'ils appellent électricité qui les éclaire bien plus et ils ont des avancés en médecine qui pourraient nous aider, j'en suis convaincu.

– Hum… On en reparlera…

– Comme tu veux, et je te conseilleKingsley Shacklebolt comme premier ministre, du moins le temps que la population s'habitue à toi, si tu tiens encore à diriger le pays. Kingsley est un bon Auror. Il est pour tout ce qui est différent des sorciers et il souhaite l'égalité avec eux. De ce fait, les gens auraient peut-être une meilleure idée des autres races et apprendraient à leur faire confiance et non les craindre comme la peste et toujours avoir en tête que cesont les méchants ; ils ne sont pas tous comme ça. Comme Dumbledore disait, tout dépend de nos choix.

– Je vais y penser, maugréa-t-il.

– Bien, la transition se passerait sûrement mieux avec la population, même si tu as ton mot à dire. Je suis certain qu'il ferait un bon dirigeant et ne te décevra pas. Enfin tant que tu restes dans le droit chemin, et c'est plus payant que tu le crois… Et c'est trop te demander, je suppose, d'être mieux nourri?

– OUI!

– Oh, ben j'aurais essayé, termina Harry, consentant à le laisser partir et retenant un sourire face à son exaspération.

– Non, mais c'est l'hôpital qui se fout de la charité! C'est lui mon prisonnier et c'est moi qui dispose!Marmonna entre ses dents le lord noir tout en quittant la pièce.

Une fois qu'il put sortir de cette cage quelques minutes après le départ de Voldemort, Harry ne revenait toujours pas de la discussion qu'il venait d'avoir. Oui, oui, discussion ; ils s'étaient parlés d'égal à égal sans se crier dessus. C'était étrange… il marcha quelques instants dans le couloir, sans qu'un mot ne soit prononcé en compagnie de Severus.

Il se doutait que son aîné ait tout entendu. Voldemort n'avait pas apposé de sort spécial vampire, mais Ron et Hermione, c'était moins sûr, ils logeaient un peu loin, peut-être trop pour écouter par-dessus le Silencio. En plus, il pouvant sentir que l'espion était impressionné par ses paroles et le fait qu'il avait accepté cet accord. Il savait toutefois que Severus marcherait avec lui, il le protégeait depuis tellement d'années et avait appris à lui faire confiance.

– N'est-ce pas risqué, tout ça? Tu comptes vraiment te fier à la bonne foi de mon « maître »? murmura extrêmement bas Severus.

Harry eut un petit sourire en coin face à son scepticisme et ses précautions pour ne pas être entendu et lui répondit de la même façon, remerciant Merlin pour son ouïe fine. À jouer dans les deux camps, il supposa que l'homme ne pouvait pas faire autrement que de tout soupçonner et de craindre le pire.

– J'y ai pensé. Je souhaite surtout gagner un peu de temps, je ne crois pas beaucoup en ses belles paroles et puis, j'aime bien lui laisser croire que je ne suis qu'un Gryffondor qui fonce tête baissée plutôt que de ruser. J'ai bien failli aller chez les serpents, après tout.

– Tout ce que je veux, c'est la paix, alors si tu réussis cet exploit, peu importe comment, je te suis.

Harry lui jeta un regard ému tout en se faisant reconduire à sa cellule.

– Merci, de continuer à m'aider.

Fin du flash-back

Le survivant poussa un soupir avant de revenir à la conversation, il se perdait beaucoup dans ses pensées en ce moment.

Au moins, son absence n'avait duré que quelques secondes, pas suffisamment pour que Remus pose des questions.

– Par instinct, je lui ai donné mon sang après l'avoir mordu pour retirer le poison dans son organisme et le sauver. J'ai créé accidentellement une connexion entre lui et moi. Il ne manque qu'une étape pour la compléter.

– Oh!

Harry émit involontairement et sans s'en rendre compte un petit grondement, et sa voix devint plus rauque.

– Mais j'ai peur d'enchaîner Draco à moi et qu'au final, il en soit malheureux. Et depuis mon kidnapping, je… C'est bizarre, j'ai le sentiment d'être extrêmement dépendant de lui, voire obsédé. Et je crains que ça empire.

L'aîné ouvrit grand les yeux, étonné que Harry discute de calice avec lui.

– Est-ce que Severus t'a parlé?

– Non, pourquoi?

J'aurais mieux fait de me taire! Songea Remus.

Il devait trouver quelque chose à dire, changer de sujet sans que ça paraisse… et… et…

– Moi non plus je n'ai pas été tout à fait honnête avec toi la dernière fois. Ou du moins, je t'ai caché un truc… Mais gardons ça pour ma prochaine visite.

Oh, Severus ne va pas aimer.

– Mais…

C'était étrange, lui et Severus semblaient assez évasifs dès qu'il se mettait à aborder les calices. Lui cachaient-ils des choses? Il pouvait comprendre de la part de Severus puisque Voldemort avait mis un Fidelita sur ce qu'ils étaient et probablement même sur certains sujets, mais venant de Remus, lui qui avait enseigné les Défense contre les Force du mal. Il ne lui demandait pourtant pas un cours sur les relations sexuelles, qu'est-ce qui le rendait si mal à l'aise?

– Harry, cette discussion s'est déjà trop éternisée et tu n'es plus en état de suivre ce que je vais t'apprendre. Mais ne t'inquiète pas, je ne me défile pas, je vais tout te raconter, mais pas aujourd'hui. Nous aurons encore des moments ensemble en privé.

Il ne va pas être content, pensa à son vampire Remus qui se retint de se mordiller la lèvre inférieure. Il voudra sûrement que j'invente un truc ou que je trouve un autre sujet… Je dois arriver à le convaincre. Ça commence à faire beaucoup à cacher.

Harry le regarda, suspicieux, et Remus se sentit obligé d'ajouter une précision, pour calmer l'interrogatoire qu'il pressentait venir.

– J'ai connu par le passé un calice et nous avons discuté.

Le brun sembla se contenter de cette réponse.

– Et comment se fait-il que j'éprouve bien plus de difficulté à demeurer auprès de toi comparé à quand nous étions dans la cabane hurlante ou même à ton arrivée?

– Cette conversation se termine maintenant!

Le ton de sa voix ne permettait pas la réplique alors que le loup se leva.

– Repose-là moi, la prochaine fois.

– Encore de grandes explications?

– Il y a des chances, va pour prendre de l'air frais dehors, je vais aérer cette pièce. Ne t'inquiète pas pour la suite, nous ne resterons pas longtemps et vous vous contrôlerez… fais-moi confiance.

Une fois Harry à l'extérieur du bureau, le loup se donna un peu plus de temps pour récupérer. Heureusement qu'il ne devait pas rencontrer un quatrième vampire parce qu'il doutait de pouvoir tenir. Puis, sortant à son tour, il revint sur ses pas et s'arrêta au salon où les sang-froids avaient élu domicile pour calmer leur sens.

Se tenant dans l'embrasure de la porte, Remus les regarda chacun leur tour, les yeux brillants et un sourire satisfait aux lèvres. Harry et Ron étaient près de Draco alors que Hermione se tenait un peu plus près de Blaise qui était le plus éloigné et discutaient sans animosité ou presque. Dumbledore aurait adoré voir ça. Qui aurait pu prévoir qu'un jour ce petit groupe hétéroclite en vienne à s'entendre et être amis à ce point? Qui aurait dit qu'un loup puisse côtoyer des vampires sans y risquer sa vie? Surtout des jeunes sans grande expérience de leur statut de créature.

Il se racla la gorge pour attirer leur attention.

– Je suis très fier de vous, c'était vraiment très bien pour une première fois. Il faudra trouver d'autres moments pour continuer cet apprentissage, mais je suis persuadé que très bientôt, nos rencontres pourront durer plus que quelques minutes.

– Bien, se leva Severus sans plus se formaliser et se tourna vers le Survivant. Harry, il est temps d'y aller.

Le jeune homme le regarda un peu perdu avant de se rappeler qu'ils devaient encore se rendre au refuge. Il s'apprêta à annuler, craignant de tuer quelqu'un, mais au regard de l'Alpha qu'était Severus, il ravala ses mots et le suivit.

Bien des heures plus tard, alors qu'il quittait le souterrain, Harry fut finalement content d'être venu. Autant, car il ignorait quand Severus pouvait revenir, que de la visite des jumeaux qui le remercièrent de la pièce magique indétectable. À présent, les rebelles pourraient s'améliorer. Que ce soit les adultes ou les enfants, dans leurs études.

Pendant ce temps, parcourant un couloir peu fréquenté, Voldemort rejoignit une pièce dont il doutait que ses Mangemorts connussent même l'existence, hormis peut-être son maître des potions. D'un geste vif, il y entra, faisant sursauter ceux présents derrière la porte qui claqua contre le mur.

– Alors?

Son hurlement provoqua un autre sursaut de la part des robes blanches qui le regardait en se repliant sur eux-même. Vain espoir pour passer inaperçu.

– Euh, je, nous… Prit son courage un des chercheurs terrifié, nous n'arrivons toujours pas à lié l'achillée sternutatoire et l'hydromel, malgré le mucus de Véracrasse. Nous n'obtenons qu'une soupe.

– Débrouillez-vous, ça doit fonctionner! N'oubliez pas que cette potion doit être indétectable avec le sang. Bande d'incapables! Je vous fais venir des quatre coins du globe, supposément les meilleurs et vous ne faites pas mieux que des première année! Le compteur tourne, sorciers! Je veux des résultats! Et rapidement!

– M-Monsieur? Osa prendre la parole une femme avant de se ratatiner sous son regard flamboyant. Il-il nous manque de l'Alchémille, nous n'arrivons toujours pas à l'améliorer, m-monsieur, elle passe son temps à exploser sans qu'on en sache la cause.

Voldemort cligna des yeux avant de se forcer à respirer, puis sans préavis lui lança un Doloris.

19 janvier 2005.

Cela faisait déjà huit nuits que le trio travaillait sans relâche, négligeant leurs heures de sommeil diurne. La même chose étaient vraie pour les deux Serpentards, bien que les vampires les surveillaient pour leur éviter des nuits blanches. Mais les efforts en valaient la peine, malgré l'irritabilité de Ron et le fait qu'il avait tendance à tendre l'oreille dès qu'un bruit se faisait entendre dans la forêt, sans parler des lettres incessantes de Molly pour les revoir qui n'aidaient pas. Harry mettait encore plus d'effort dans sa pratique sans que ça donne grand-chose puisque la plupart du temps, il était à l'ouest.

Seule Hermione semblait avoir repris un peu du poil de la bête, réussissant à mieux dormir même si ce n'était pas encore ça et passait du temps à la bibliothèque à la recherche d'une solution pour les loups-garous qui jusqu'à présent, n'étaient pas passés dans le coin. Car en dehors de limiter leur sortie dans la cour —augmentant la tension du groupe—, surtout dans la forêt et de lancer un sort derrière eux pour retirer leur odeur dans leur sillage, elle ne voyait pas ce qu'ils pouvaient faire. Et tout ça était temporaire et facile à oublier et le vent pouvait leur jouer des tours. Si au moins elle pouvait trouver quelque chose pour modifier leur parfum naturel face aux autres afin de les tromper ou arriver à cacher le fait qu'ils étaient vampires à des loups-garous…

Ce soir-là, Severus retourna les voir pour les évaluer sur leurs entraînements, tant vampiriques que magiques. Il souhaitait juger leur niveau et leur donner d'autres conseils, ou compliquer leur formation et les rendre plus fort.

– Le bureau est libre, si tu veux t'en servir, mentionna Harry après les salutations.

L'aîné le regarda avant de se diriger vers le fond du Cottage.

– Parfait! Tu passes en premier.

Tant qu'à l'avoir sous la main, autant qu'il passe l'évaluation en premier. Et en même temps, il pourrait lui donner les dernières nouvelles du clan des ténèbres qui revoyait leur tactique pour prendre d'assaut Poudlard. Il avait prévenu Minerva et Kingsley un peu plus tôt et les avait inquiétés malgré que ces deux-là avaient déjà un plan pour la sécurité des élèves. C'était quelque chose dont ils parlaient et qu'ils peaufinaient depuis longtemps pour que les élèves puissent continuer leurs études, surtout les 7ème année. Minerva était prête à leur donner des cours par correspondance s'il le fallait. Ce n'était probablement qu'une question de jour maintenant avant que Poudlard ne tombe aux mains de son maître.

– … Bon, tu peux y aller Harry, envoie-moi Miss Granger.

Harry qui s'était levé, prêt à lui obéir, ne bougea pas et évitait de le regarder. Il n'avait qu'une idée en tête ; suivre ce magnifique arôme qui lui titillait les narines depuis un moment et qui lui avait causé quelques problèmes pour suivre Severus. Mais il avait encore une chose qu'il devait éclaircir avec le maître des potions.

– Je… J'ai quelque chose à te dire avant.

Il n'en avait parlé à personne. Timidement, il releva les yeux sur l'Alpha.

– Depuis que j'ai commencé l'occlumancie en tant que vampire pour tenter de garder mon calme, face au sang, j'ai découvert que c'était différent d'avant. Je ne possède pas seulement deux fils, mais trois. C'est d'ailleurs avec ce dernier, plus lumineux, que j'ai pu contacter Draco et qu'il a su où je me trouvais avant Noël. C'est normal? On n'a même pas complété le lien. Je suis surpris de l'ampleur que ça prend.

– Vous avez quand même deux étapes de franchies et l'intensité du fil dépend de celle de votre connexion et de si celui-ci est complet ou non. Votre lien est très fort, et ça, ça m'étonne que ce soit devenu le cas si vite, dès que Draco a été blessé en fait. Ce n'est pas rare, mais pas répandu non plus, sûrement parce que vous avez un passé commun et que vous avez vu de l'autre autant le positif que le négatif. Ce n'est pas quelque chose dont j'ai pris la peine de m'informer. Enfin si vous le terminez, vous ne remarquerez pas de différence, ta fixation en moins, ça deviendra juste officiel et définitif avec probablement une facilité à boire sans le tuer et qui ne le fatiguera pas, ou très peu. Alors que maintenant, Draco a un semblant de choix.

Harry plissa les yeux.

– Et comment tu sais tout ça? Mes mentors ne m'en avaient jamais parlé et je n'ai rien vu de tel dans les livres que j'ai lus. Même si les livres sont peu fiables, oui, je sais!

Comprenant qu'il se trouvait sur une pente glissante et refusant d'en discuter, Severus lui répondit uniquement ceci, mais qui laissa le plus jeune sur sa faim :

– Comme j'ai plus d'ancienneté par rapport à toi, je connais plus de choses.

Cette fois le plus jeune pencha légèrement sa tête.

– J'étais pourtant certain qu'Ulrich et Jay étaient plus vieux que toi.

– Ils ont dû manquer de temps pour t'en parler, ils souhaitaient sûrement attendre que tu aies quelqu'un dans ta vie. Ces histoires de lien importent peu comparées à ta survie, et comment te comporter en société humaine. Et rajoute à ça : en temps de guerre.

– Mouais, resta dubitatif Harry, tout en se dirigeant vers la porte.

– As-tu encore des problèmes de concentration?

Le brun s'arrêta pour le regarder.

– Oui, ce n'est pas facile pour s'exercer, j'ai plus le sentiment de me battre pour ne pas rêvasser que de m'entraîner avec ma magie. J'en néglige ma formation. Enfin, non, je travaille là-dessus, mais j'éprouve de la difficulté à être optimal, surtout quand Draco se trouve dans les parages. J'ai l'impression d'être moins doué qu'avant.

– Bien que cette situation m'est inconnue, je doute que vous ayez grand choix à présent. Soit tu penses à terminer le lien et que ton obsession se replace, soit il utilise la potion anti-calice. Je lui en donnerais une avant de partir. Je crois que comme elle brouille son statut de calice en sommeil pour les autres vampires, ça pourrait endormir votre connexion vu qu'elle se trouve incomplète. Mais je n'en suis pas certain, il se peut bien que ça ne fonctionne pas et que tu continues cette fixation sur Draco.

– C'est ce qui me fait peur… Je, je vais chercher Hermione.

À l'extérieur, Draco, qui patientait dans le corridor, tourna la tête en direction de la porte qui s'ouvrit.

– Harry, on peut discuter en privé?

– Bien sûr.

En moins de deux secondes, il en avait oublié tout ce qui n'était pas l'humain.

– Sur la terrasse?

– D'accord.

Le blond se décolla du mur, avança vers son… petit-ami? Pouvait-il l'appeler comme ça? Depuis le kidnapping, ils s'étaient encore plus rapprochés, s'octroyant des instants ensembles, s'embrassant furtivement quand personne ne se trouvait dans les parages. Cependant, aucun d'eux n'agissait vraiment comme un couple d'amoureux : ils ne s'affichaient pas, et leur relation restait assez platonique, voire stagnante. Mais ça lui convenait pour le moment. Chacun demeurait assez occupé avec les entraînements et les potions pour Blaise et lui. Et puis, ces instants de tendresse l'aidaient à se prononcer sur son avenir qu'il pouvait mieux visualiser. Ça lui procurait aussi un peu de détente. Il n'aurait pas imaginé que nombreux de ses tracas s'éloigneraient pour un temps à se tenir juste dans ses bras.

Lui emboîtant le pas et les yeux rivés sur sa silhouette, Harry ne manqua pas le frisson qui parcourut l'humain en ouvrant la porte vitrée. Mais avant de pouvoir effectuer quoi que ce soit, Draco avait déjà métamorphosé la plante verte en pot à leur gauche en couverture pour s'envelopper dedans. Du coup, il appela Shia pour qu'il apporte un chocolat chaud à son ami et apposa un sort de silence anti-vampire autour d'eux lorsqu'ils furent assis.

Comme aucun ne décrocha mots, Harry qui ne souhaitait pas paraître malpoli en l'observant de la sorte, pritla parole… Et puis, il aimait beaucoup son timbre de voix, c'était envoûtant.

– De quoi voulais-tu me parler?

Draco, qui fixait la fumée de sa tasse, releva la tête, laissant son chocolat chaud lui réchauffer les mains.

– De la discussion que nous avons eue il y a deux mois avec Severus. Je… ça date, mais avec toute cette histoire de guerre, je n'ai pas vraiment eu le temps… Pendant votre entraînement, comme on ne pouvait pas tellement participer avec vous, j'en ai profité pour continuer à en apprendre plus sur notre lien. J'ai pu lire tous les livres qui en parlaient, mais ça fait beaucoup d'information à encaisser. J'en ai sûrement oublié ou mélanger deux-trois, mais j'ai pris des notes. Je m'octroie une petite pause là-dessus avant de m'y remettre et voir si j'ai bien compris.

Le blond réajusta la couverture sur ses épaules et la tint fermer d'une main.

– C'est bien. Je devrais moi-même prendre le temps de le faire, je vais attendre les recommandations de Severus, puis j'organiserai mon emploi du temps.

Il se sentait honteux de ne pas avoir continué cette recherche alors que Draco en avait trouvé le temps. Il avait l'impression de montrer au blond que tout cela ne l'intéressait pas alors qu'il était très important pour lui et qu'il ne prenait pas leur avenir à la légère.

– Ok, on pourra en discuter ensuite…

Il prit avec précaution une gorgée, qui le réchauffa de l'intérieur. Parfait.

– Je sais que nous avons besoin l'un de l'autre, reporta son attention Draco sur le vampire. Et j'aime bien ce qui est en train de se développer entre nous, mais pour le moment, je refuse que l'on aille plus loin. Je ne veux pas qu'on le finalise, c'est un peu trop rapide. Ils se passent trop de choses graves dans nos vies pour que j'aie la tête à ça, même si ce n'est pas l'envie qui me manque de voir ce que tu vaux au lit.

Harry sourit de sa moquerie, mais se força à dire la suite alors que son instinct lui criait tout le contraire et de le faire sien, qu'il était à lui, que personne ne devait le lui prendre.

– Je comprends. Même si j'éprouve quelque chose de fort pour toi, je ne souhaite pas t'enchaîner à moi pour une vie éternelle si c'est pour que tu en sois malheureux. C'est une grosse décision.

– Oui.

Ne pouvant y résister, Harry s'approcha et lui essuya la petite moustache brune avec ses lèvres pour ensuite l'enlacer. Il savoura ce moment de bien-être qui le parcourait avant que le blond reprenne la parole sans se déloger.

– Ça va mieux ton contrôle lorsque tu prends mon sang?

– Le fait d'en boire trois fois par semaine aide. Je n'aime pas trop le fait que ce soit un objet inanimé ni le goût métallique de la coupe et qu'il ne soit pas aussi frais qu'à sa source. Je préfère planter mes crocs dans une chair tendre et savoureuse, mais j'ai réussi hier à le boire plus lentement. Mais hors de question que je me réessaie sur toi.

– Humm, répondit-il paresseusement, ne crois pas que tu vas t'en sortir comme ça, on va réessayer. Je travaille sur une espèce de criard ou un dispositif magique qui te déconcentrerait si tu vas trop loin.

Lui aussi n'aimait pas retirer son sang de cette façon, mais si c'était la seule qui pouvait rassurer le vampire, il voulait bien s'y plier un certain temps et supporter le goût de la potion régénératrice.

– Vu que Severus est là, je vais en profiter pour lui demander la recette de la potion qui camoufle l'odeur d'un calice. Comme la préparation, de ce que j'ai cru comprendre, est longue, il vaut mieux que je la commence tôt. J'ai déjà épuisé les quatre fioles qu'il m'avait offertes au début de notre arrivée.

– Bonne idée, c'est plus prudent et ça me fera ça de moins à m'inquiéter quand tu t'éloignes du Cottage. Je ne voudrais pas que tu subisses la même chose ou pire qu'avec Peer, frissonna Harry au souvenir… Je dois te dire autre chose, il y a quelque chose qui ne va pas avec moi. Ça a commencé à mon retour avant Noël. J'ai pris un peu de temps avant de comprendre que ça n'allait pas.

Inquiet, Draco releva la tête pour le regarder

– C'est grave?

– Ça peut probablement le devenir si ça empire. Je n'arrive pas à cerner entièrement le problème, je pense que c'est relié à toi… c'est pire quand tu es dans les parages.

– Ne me dis pas que c'est encore cette histoire de perdre le contrôle et me mordre.

– Non, pas pour boire. Harry fronça les sourcils avant de soupirer de frustration en ne trouvant pas les mots. C'est une impression d'avoir du brouillard dans ma tête, des problèmes de concentration, de vouloir toujours être avec toi…

– N'est-ce pas normal quand on est… amoureux,- le blond avait hésité, ne sachant pas trop si Harry éprouvait exactement les mêmes sentiments - surtout au début d'une relation? demanda-t-il en réinstallant sa tête sur son épaule.

Il se souvenait toutefois qu'à plusieurs reprises Hermione et Ron avaient dû le reprendre, car Harry avait l'esprit ailleurs. Esprit souvent dirigé à son encontre, bien qu'il sentait que le Survivant luttait contre lui-même les trois quarts du temps pour rester concentré. Heureusement que le vampire s'entraînait sur des sortilèges, il se doutait bien qu'il se sentirait vite étouffé par sa présence.

– Oui, mais non, c'est autre chose.

– T'en as parlé à mon parrain?

– Il s'est aperçu de mon manque de concentration, mais je commençais seulement à le remarquer moi-même et il est revenu là-dessus tout à l'heure. D'après lui, c'est le lien qui me pousse à le terminer. Mais ne t'en fais pas, tout va bien, tant que je fais gaffe, je vais garder le contrôle. Tiens comme là, je suis juste bien, dans cinq minutes j'aurais peut-être envie de te faire mien, mais je devrais pouvoir me retenir.

Du moins, il l'espérait, mais Harry ne rajouta rien pour ne pas faire peur au blond et que ce dernier l'évite. Le simple fait d'y penser le rendait malade.

Pendant leur discussion, dans le bureau, Severus attendait toujours la venue d'Hermione qui tardait à venir. Qu'est-ce qui lui prenait autant de temps? Ne comprenant pas son retard, il se leva furieux qu'on lui fasse perdre son temps, il n'avait pas que ça à faire! En sortant de la pièce, il fit claquer la porte et partit à sa recherche d'un pas sec. Devait-il, comme à Poudlard, leurs données des retenues ou plutôt intensifier leurs entraînements? Si ça ne les intéressait pas, ils n'avaient qu'à le dire et il arrêterait! Lui qui croyait qu'ils avaient dépassé ce stade et étaient devenus plus responsables et respectueux!

XxX

Arpentant le salon de long en large, Hermione attendait avec angoisse les résultats de leur entraînement.

Et si nous avions échoué?

Snape venait de finir avec Blaise et elle craignait la conclusion du maître des potions.

– Hermione, entendit-elle au loin.

On aurait dû travailler plus. Je savais qu'on n'en avait pas assez fait depuis notre dernière entrevue. Pourquoi prend-il autant de temps? Il devrait déjà être là… c'est si mauvais que ça? Les sorciers, que vont-ils penser de nous? … Merlin et s'il fallait qu'on laisse nos instincts prendre le dessus sur notre humanité? Ils auraient l'occasion de nous attaquer et nous, on ne pourra pas se défendre convenablement… Ça va affecter leur jugement et… et ils ne voudront plus nous écouter du tout et ce sera fini, on sera isolé et plus rien de ce qu'on pourra dire ne sera pris en considération... songea Hermione.

D'un brusque mouvement, elle releva la tête, interrompue par l'arrivée de Blaise, suivi de Severus qui, comme à son souvenir de Poudlard, entra d'un pas conquérant, le regard et le visage froid.

Difficile de ne pas remarquer l'homme sombre.

– Bien, je vais passer directement au fait, j'ai des corrections à terminer.

Le ton était sec, mordant.

Oh, ça, c'est mauvais signe, stressa encore plus Hermione.

– Messieurs, miss, vous vous êtes bien débrouillés, rajouta le maître des potions un tantinet plus chaleureux.

Hermione recommença à respirer.

– Mais ce n'est pas pour cela que vous relâcherez prise! Pas question que cela soit trop facile et que vous paressiez! Le lord et ses sbires demeurent puissants magiquement, entraînés, ils possèdent de l'expérience, et sont déterminés et furieux. Votre entraînement va se corser, et ce, dès maintenant. Vous venez de passer à l'étape suivante!

– Qui sera? On va pouvoir se joindre à eux cette fois? Demanda Draco, qui désespérait de seulement assister à leur démonstration ou combattre Blaise.

Depuis Poudlard qu'il s'exerçait avec son meilleur ami, il le connaissait par cœur, ils ne pouvaient s'améliorer ensemble.

Harry ressentait la détermination dans le lien et il pouvait comprendre. C'était la meilleure solution, le blond serait plus en mesure de se défendre et cela l'inquiéterait moins, mais de l'autre côté, tout lui criait de le protéger. Il devait lutter contre la soudaine envie de l'enfermer à double tour dans une chambre sans possibilité de sortir. Il se mordilla discrètement la lèvre, tiraillé entre ses deux envies... Hum, une chambre, un lit, il pourrait écouter sa voix des heures sans aucun autre parasite extérieur, respirer son odeur concentrée entre ces quatre murs et s'en baigner, montrant à tous qu'ils s'appartenaient, voir ce qui se cachait sous ses vêtements qui le couvraient beaucoup trop à son goût…

Il entendit quelqu'un s'étrangler et réalisa le chemin de ses pensées.

Non s'il faisait ça, Draco serait malheureux, lui en voudrait. Peut-être même perdrait-il sa confiance. Il ne pouvait pas lui faire ça, même s'il s'agissait de sa sécurité. Il sentait que c'était une bataille qu'il perdrait s'il tentait de lui faire changer d'avis et de rester au Cottage. Draco était lui aussi trop impliqué à présent pour rester en arrière.

De son côté, le métis avala de travers et écarquilla les yeux d'effroi en regardant son meilleur ami. Il était fou! Il voulait sa mort! Déjà qu'il n'y voyait pas grand-chose dans leurs mouvements trop rapides pour lui, Ron le tolérait à peine dans la maison et il voulait… il était complètement tombé sur la tête!

– Draco, c'est…

– Oui, ne vous inquiétez pas pour ça. Le coupa Severus pendant que Blaise se tourna vers lui, surpris, avant de jeter un petit coup d'œil incertain à un rouquin attentif et qui ne répliquait rien. Lorsque je suis venu près d'un mois passé, j'ai remarqué un aspect très important que vous avez négligé. Vous allez devoir apprendre à vous battre par magie et au corps-à-corps tout en vous concentrant sur ce qui vous entoure. Dans un duel, les sorciers proches de vous ne se diront pas « oh, tiens, il est occupé, je vais attendre mon tour », ils vous attaqueront! Et si vous n'êtes focalisé qu'à un seul endroit, vous vous prendrez de plein fouet le sort.

– Allez-vous vous joindre à nous avec Remus pour un combat? Nous aurons besoin d'un peu d'aide pour cet entraînement. Sans adversaires, difficile de voir ce que l'on oublie, mentionna Ron.

– Exact, répondit Severus content de constater que Ron n'appartenait pas aux causes perdues et savait plus réfléchir qu'il n'y paraissait.

Il avait dû trop se reposer sur la jeune femme, réalisa-t-il avant de l'observer un peu plus et le voir avec une posture aussi détendue que le ton de sa voix. Oui, le rouquin semblait capable de coexister avec Zabini, voire l'ignorer. Restait à vérifier qu'il ne tenterait pas de le tuer en s'entraînant.

– Je repasserais pour vous évaluer là-dessus à la fin du mois et de là, on avisera pour s'organiser et probablement en profiter pour un petit combat… Et Harry — ce dernier sursauta à son nom—, il est plus que temps que tu te montres au peuple, ne serait-ce qu'une fois ce mois-ci, termina Severus.

Bien que sa dernière phase semblait une suggestion, une invitation, tous ceux de la pièce avaient bien compris le sous-entendu. Harry ne pouvait plus reculer.

Le Survivant baissa les yeux. Voir autre chose que le Cottage lui faisait envie, il y avait des moments où il se sentait étouffé dans le domaine, sans cette possibilité de le quitter comme il le souhaitait. Mais... il y avait toujours la menace de se faire prendre par Maugrey, un Auror à sa solde, un Mangemort… les risques étaient tellement grands.

– J'irais avant la fin de la semaine, s'obligea-t-il à dire et à se donner un délai court avant de trouver une excuse.

– Parfait.

Puis, alors qu'il s'apprêta à partir, il se ravisa.

Il avait failli oublier.

– Lupin vous fait dire qu'il viendra vous entraîner à partir du 26, et ce, pour au moins une semaine entière. Il a réalisé que l'espace entre la dernière fois et la prochaine est trop longue pour pouvoir vous habituer à sa race. Et quand vous deviendrez plus à l'aise avec lui dans une pièce, vous le combattrez sans le tuer, mais avant, vous passez par moi. Peut-être arriverez-vous à le supporter assez pour qu'il puisse dormir une nuit ici. Mais on verra ça en temps et en heure.

Les vampires écarquillèrent les yeux de surprise et déglutirent difficilement alors qu'il disparaissait de leur vue.

Merlin! Ils n'y arriveraient jamais!

Et qui avait augmenté le chauffage?

XxX

Les trois vampires venaient d'arriver sur le Chemin de Traverse où ils prirent un instant pour observer les environs. Les bâtiments avaient très peu changé, mais, pour la première fois, le trio pouvait très bien voir de chaque côté de la rue et au loin. Il y avait si peu de sorciers.

Une pointe de tristesse les envahirent à cette constatation.

Ils avancèrent dans la rue et les sorciers se mirent à sortir des boutiques, certains passèrent à côté d'eux, d'autres leur offraient un petit sourire, mais un étrange silence régnait.Soudainement tout changea et Ron se retrouva entouré de sorciers qui le pointaient du doigt. Les accusait d'être au service du mage noir, d'être devenus des monstres, de les avoir abandonnés, certains visages se moquaient d'eux pour leur incapacité à fusionner leur magie, d'autres les accusaient d'être dangereux, qu'ils neméritaient que la prison, que c'était de leur faute tous ces morts…

À suivre…