Chapitre 30

Videl se jeta dans son lit. Elle ne pouvait toujours pas croire que son père lui avait menti tout ce temps.

Ça faisait mal. Vraiment.

Depuis la mort de sa mère, il avait été son roc, celui sur qui elle pouvait toujours compter, celui qui la protégeait… Cette trahison la coupait au plus profond de son âme. Comment… Comment pouvait-elle continuer à lui faire confiance après ça ?

Des années ! Des années qu'il lui mentait ! Et il continuait de cracher sur les vrais héros, sur leurs souffrances, sur leurs sacrifices…

Elle ne comprenait pas.

Son père n'était pas mauvais. Il ne l'avait jamais été, elle le savait. Mais ça…

Et… et si la vérité éclatait au grand jour, maintenant, ce ne serait pas uniquement la carrière de Hercule Satan qui serait détruite, mais sa vie, celle de Videl aussi. Après tout, pour le public, les péchés du père étaient probablement les siens, aussi. Elle avait profité de la célébrité de son père, elle avait laissé le pouvoir qu'il avait monter à sa propre tête, sans s'en rendre compte. Il avait fallu que Gohan – Gohan, qui détestait le conflit – la confronte pour qu'elle se rende compte qu'elle était devenue… une peste.

Gohan. Qui avait souffert le plus, avec sa famille des mensonges de son père. Gohan qui lui demandait de pardonner. Mais en avait-elle seulement la force ?

Elle aimait son père, de tout son cœur ! Mais pouvait-on pardonner une chose aussi horrible ?

Oui. Oui, elle le pouvait. Pour Gohan. Pour son père. Pour elle-même.


Cette courte aventure à démanteler une organisation terroriste s'avérer finalement avoir été une bonne distraction pour Zangya. Elle n'avait pas eu de pensées négatives durant toute l'action. Cependant, maintenant qu'elle était de nouveau seule, les doutes, la tristesse, la colère, le deuil l'assaillaient. Elle ne pouvait s'échapper.

Bojack, Bujin, Bido, Kogu… Hera, sa jeunesse… Elle avait tout perdu. Oh, elle avait encore d'innombrables décennies devant elle, un siècle, même, si elle ne mourait pas au combat, mais à quoi cela servait-il quand elle était la dernière représentante de son espèce ? Quand elle était seule sur une planète qui n'avait presque rien à voir avec son monde d'origine ? Quand tout autour d'elle lui rappelait tout de même ses pertes ?

Elle soupira.

Un bruissement plus loin attira soudain son attention. C'était encore ce grand saiyan, Broly. Celui dont les autres avaient peur. Installé contre le tronc d'un grand arbre, il paraissait serein. Zangya ne se laissa pas prendre à l'illusion, pourtant. Son ki était tout sauf calme. Intriguée, elle s'avança vers le mâle ; une autre distraction ne lui ferait pas de mal.


Il luttait. Cette décision… C'était trop pour lui. Est-ce qu'il pouvait vraiment faire confiance à la compagne de Kakarot ? À celle du prince ?

Pouvait-il se permettre de ne pas le faire ?

Il expira lentement, sa queue, cachée sous le tissu rouge qui tombait autour de sa taille, cessant enfin ses mouvements agités.

Il ouvrit les yeux, appréciant une fois encore la beauté de ce monde, tellement différent de tout ce qu'il avait connu auparavant. Les rayons doux de l'étoile de ce système étaient délicieusement chauds sur sa peau, encore marquée par ses années dans la glace et la blessure infligée à son ventre par Kakarot. Il se demandait quand les cicatrices disparaîtraient – si elles s'effaceraient complètement.

Son nez capta alors une odeur agréable. Épicée. Sucrée.

Ah. La femme à la peau turquoise.

Broly leva un sourcil surpris ; elle s'avançait vers lui. Pourquoi ? Ils n'avaient jamais interagi et elle semblait garder ses distances avec les autres guerriers.

Au moins, ainsi, il pouvait apprécier son parfum naturel, dénué de la colère qui lui avait piqué le nez la dernière fois qu'il avait remarqué la femme.

Le bout de sa queue trembla.

- Broly, c'est ça ?

Sa voix était puissante, assurée, riche. Ses yeux, eux, pourtant, montraient une autre histoire. Ah. Elle était seule, comme lui.

Il baissa légèrement la tête sur le côté, impassible. Que lui voulait-elle ?

- Je peux ? demanda-t-elle en montrant l'herbe qui se trouvait à côté de lui.

Broly retourna à son observation des feuilles au-dessus de lui.

La femme prit son geste pour un signe d'assentiment – honnêtement, il se fichait d'être seul ou pas, mais il fallait admettre que l'odeur de l'alien était agréable… sa voix aussi – et s'installa près de lui. Un peu trop près, s'il devait être honnête.

Ils restèrent ainsi, silencieux, pendant quelques instants.

- Je ne sais pas si les… autres t'ont donné mon nom. C'est Zangya. J'ai failli les tuer, avec mes compagnons… Le gamin m'a épargnée. Non, sauvée, vraiment.

Elle laissa s'échapper un bruit agacé et se tut à nouveau. Le regard de Broly ne quitta pas les feuilles qui balançaient doucement au rythme du vent.

Zangya. Hm.

- Ils ont peur de toi. Pourquoi ?

Ah. Il pensait qu'elle allait rester silencieuse, cette fois-ci.

Une expiration.

Il ferma les yeux, baissa la tête et tourna enfin son attention sur sa compagne.

Elle se tenait, menton sur sa main, le bras lui-même appuyé sur son genou plié. Elle l'observait avec attention, ses yeux de véritables gemmes. Le cœur de Broly se mit à battre un peu plus vite, sa nuque et ses joues brûlantes.

Était-il nerveux ? Non, la sensation était différente.

- Alors ?

Il déglutit, sa pomme d'Adam mouvant subrepticement.

- Je suis le super Saiyan légendaire.

Elle l'observa, perplexe.

Il continua de la regarder.

Zangya renifla et secoua légèrement la tête, sa longue crinière orange caressant légèrement le bras gauche de Broly. La sensation était délicieuse.

Avec un mouvement exaspéré de ses bras, elle se retourna complètement vers lui.

- Mais vous êtes tous des Super Saiyans ou que sais-je, non ? Qu'est-ce que ça a de légendaire quand ça vient de chez toi ?

Il se permit un léger sourire ironique.

- Contrairement aux autres, ma transformation ne vient pas d'un besoin ou d'un évènement traumatique. J'en suis capable depuis ma naissance. Et la puissance… Incommensurable. Sans parler des instincts meurtriers. Tu penses peut-être avoir été un jour confrontée à un monstre, mais ce n'est rien… Rien comparé à moi.

Il murmura cette dernière phrase, perdu dans ses souvenirs.

Zangya paraissait toujours perplexe. Ce n'était pas grave. Il préférait qu'elle n'ait jamais à voir cette horrible transformation.

Jugeant la conversation enfin terminée, et mal à l'aise avec le sujet, Broly retourna à sa contemplation de la nature qui l'entourait.

C'était tellement paisible, ici. Pas de traque incessante, de besoin de se battre jour et nuit, la peur au ventre. L'absence de l'odeur métallique du sang, de la chair calcinée qui lui brûlait les narines. Pas de gémissements de douleur, de cris d'horreur, de sanglots mourant dans le fracas des bâtiments qui tombaient en ruine, ou encore les cris enragés de ceux qui traquaient, qui haïssaient, qui hantaient. Il ne sentait pas non plus la chaleur étouffante des flames qui consumaient tout sur leur passage.

Non, rien de tout cela ici. Juste la paix, le bruissement des végétaux au gré de la brise délicate. L'odeur verte et fraîche, avec une touche florale selon la direction du vent, le fumé légèrement âcre des activités indigènes.

Le seul véritable danger, ici, c'était lui. Lui et son maudit pouvoir légendaire.

Si seulement il pouvait se contrôler… Peut-être pourrait-il vivre paisiblement, lui aussi ? Mais à cause de son pouvoir, à cause de son père, il n'avait aucune maîtrise sur son ki quand il se mettait en colère. Il devenait une personne totalement différente, sadique, assoiffée de sang et de violence… Ce n'était pas lui, le vrai Broly…

Peut-être… Peut-être qu'il devait accepter, alors. Peut-être que faire confiance à Chichi n'était pas une si mauvaise idée, si ça pouvait lui apporter la tranquillité d'esprit qu'il avait toujours rêvé – espéré, vraiment – d'avoir. Si ce qu'elle disait était vrai, s'ils n'essayaient pas de le contrôler ou de lui faire du mal, il pourrait enfin respirer. Pour la première fois de sa vie.

Broly soupira à nouveau. Il semblait avoir pris cette étrange habitude depuis son réveil ici. Ce serait tellement agréable d'être vraiment libre.

Le grand Saiyan se tourna alors vers Zangya et fut confronté à son regard saphir qui le dévisageait. Il leva les sourcils. Cependant, à sa grande surprise, l'Hera ne détourna pas les yeux. Elle continuait de l'analyser, imperturbable.

Il se demandait ce qu'elle voyait. Elle ne le connaissait pas, ne connaissait pas sa réputation, son pouvoir. Qui était-il pour elle ?

À son tour, Broly se mit à contempler sa compagne. Il n'avait jamais vu de créature comme elle. Son apparence était proche de celle des Saiyans, contrairement à la plupart des autres races. Sa peau semblait chaude et douce au toucher, il imaginait que se pieds devaient, comme ses mains, avoir cinq doigts chacun, sa musculature et sa structure osseuse étaient presque identiques. Les différences majeures venaient de l'absence de queue, sa coloration turquoise, ses oreilles longues et pointues – intrigantes – et ses cheveux, dont la texture et la couleur était complètement différente des pics bruns à noirs de jais des Saiyans. Elle était… exotique, comme son parfum.

- Tu aimes ce que tu vois ? demanda-t-elle subitement.

Amusé, il renifla.

- Et toi ? Aimes-tu ce que tu vois ?

Deux pouvaient jouer à ce jeu.

À sa surprise, elle sourit. C'était une vision plus agréable qu'il ne l'aurait imaginé.

- Peut-être. Pour un non-Hera.

Broly émit un léger bruit de gorge, amusé.

- Et toi ?

- Peut-être. Ton apparence est… intéressante.

Elle éclata de rire.

- Si c'est ta manière de flirter, ça commence mal !

Elle secoua la tête, un léger sourire toujours sur ses lèvres. Elle se leva.

- C'était… distrayant. Je vais te laisser retourner ruminer dans ton coin. À plus tard.

Et elle s'en alla sans un autre mot. L'Hera se retourna cependant un peu plus loin pour lui jeter un clin d'œil.

Confus par les émotions qu'il ressentait, incapable de leur donner un nom, Broly la regarda simplement partir, jusqu'à ce que même son ombre et le son de ses pas disparurent.


Mirai écoutait sa mère discuter de l'opération au quartier général de l'armée du Ruban Rouge avec son père, Ten Shin Han et Piccolo d'une oreille.

Il n'arrivait pas à faire attention au contenu. Son esprit était trop distrait par d'innombrables pensées.

Zangya les avait quittés dès qu'ils étaient revenus, même si elle se trouvait encore sur la propriété. C18, quant à elle, restait silencieuse, probablement perdue, elle aussi, dans des souvenirs douloureux. Il avait entraperçu le carnage qu'elle avait laissé derrière elle dans la base.

Et lui… Il ne pouvait s'empêcher de sympathiser avec elle, mais aussi de penser aux cyborgs de son monde. Ces monstres qui avaient volé l'espoir de l'humanité. Qui lui avaient volé son mentor, son meilleur ami, son frère. Qui avaient volé la jeunesse de sa mère, ses amis, l'amour de sa vie, son univers. Derrière eux, ils n'avaient laissé que ruines et sanglots, mort et destruction. Les humains, qui dans ce monde s'approchaient de la surpopulation, étaient une espèce en voie de disparition dans son univers à lui.

Que s'était-il passé dans cette chronologie-ci pour que les jumeaux soient si différents dans les deux réalités ?

Et lui, qui n'appartenait pas à ce monde, pouvait-il vraiment s'y faire une vie ? Après tout ce qu'il avait vécu ?

Non, ce devait être possible. Son père en avait été capable, alors pourquoi pas lui ?

Les yeux du jeune homme se posèrent sur ses parents. Ils se chamaillaient à nouveau.

Il sourit et secoua légèrement la tête. Il ne comprenait pas vraiment leur dynamique, mais elle fonctionnait. C'était le plus important.


Gohan était complètement distrait. Ça se voyait comme le nez au milieu de la figure. Il gigotait, il tapait du pied, avec son crayon, il se mordait la lèvre inférieure et regardait par la fenêtre toutes les quelques secondes, semblait-il. Videl se serait sentie un peu plus embarrassée d'observer son ami aussi intensément si elle n'était pas aussi inquiète pour lui. Les cernes sous les yeux du jeune homme devenaient inquiétantes, sa pâleur presque morbide.

La justicière ignorait toujours les raisons de la fatigue et du stress de Gohan. Elle ne supportait pas, quand la situation de son ami devenait de plus en plus critique au fil des jours. Quelque chose devait céder, c'était inévitable.

Gohan, quant à lui, ne pouvait attendre la fin des cours. Aujourd'hui, il ne donnait pas de leçon à Videl. Ça lui laissait la liberté d'aller directement à la Capsule Corp. pour avoir un compte-rendu de l'opération face au Ruban Rouge. Il avait épié le ki de Vegeta, Piccolo, Zangya et Trunks. Il avait senti de légers mouvements, mais rien d'énorme de la part du groupe. Ten Shin Han était aussi avec eux, avait-il remarqué. C'était une bonne chose, l'ancien mercenaire était doué pour le repérage.

Crack !

Ah. Il avait encore cassé l'un de ses crayons. Il grimaça. C'était le cinquième rien qu'aujourd'hui. Il fallait vraiment qu'il se contrôle.

Il inspira profondément et tenta de rester presque immobile et de revenir au moment présent… avant de recommencer à remuer quelques instants plus tard.

Il laissa s'échapper un soupir exaspéré. Ça n'allait pas. Il se laissait trop aller. Et son ki… Gohan fronça les sourcils.

Comment pouvait-il se targuer d'être un maître en arts martiaux quand il n'arrivait même pas à garder son ki à des niveaux acceptables ? Comment pouvait-il être l'héritier d'un royaume tout entier s'il laisse son esprit vagabonder sur des sujets pour lesquels il ne pouvait rien faire ? Son père serait tellement déçu de lui, il en était convaincu…

Mais alors qu'il s'imaginait le visage désappointé de Goku, tout ce qu'il voyait dans son esprit, c'était le sourire aimant de son père, dans la salle de l'esprit et du temps, son murmure approbateur et une phrase pleine de conviction et d'amour.

« Quoi que tu fasses, qui que tu deviennes, je serai toujours fier de toi, Gohan. »

Sa respiration s'accéléra et se bloqua en même temps. Le cœur palpitant, il sentit ses yeux et son nez le piquer. Ses joues brûlaient.

Gohan avait oublié. Oublié à quel point son père l'avait aimé.

Comment pouvait-il lui en vouloir, après tout ce qu'ils avaient vécu ensemble ? Goku n'était-il pas l'homme qui l'avait poussé vers Bulma quand Raditz les avait menacés et que lui, petit enfant de quatre ans qui ignorait ses origines, sa puissance cachée, s'accrochait à l'être qui lui avait toujours procuré un sentiment de protection ? Goku n'était-il pas celui qui, quand il était apparu sur le champ de bataille, face à Nappa et Vegeta, quand il avait vu que la plupart de ses amis étaient morts, avait laissé s'échapper un court instant une vague de ki d'une violence inouïe avant de, tant bien que mal, la contrôler et les rassurer, Krillin et lui ? N'était-il pas celui qui avait tué Recoome d'un seul coup de poing, lui qui haïssait prendre une vie, quand il avait découvert que son fils avait la nuque cassée à cause du Ginyu ? N'était-il pas aussi celui qui s'était transformé en une légende disparue depuis mille ans quand Freezer avait tué Krillin, riant et se moquant de Goku tout du long ?

Comment avait-il pu oublier tout cela, et ne retenir que ce qui l'avait affecté négativement ?

Gohan se sentait mal. Vraiment mal. Il ne méritait pas tout l'amour que lui avait porté son père. Son respect, sa fierté.

La cloche sonna. Ah, enfin libre.

De gestes délibérés, Gohan rangea toutes ses affaires, lança un « au revoir » exubérant à ses amis et courut à toute vitesse vers le toit.

Trois booms supersoniques se chevauchèrent quand il s'envola, vêtu de son habit de Saiyaman.


- Donc, on est sûrs que l'armée du Ruban Rouge a été démantelé ? Genre, vraiment, vraiment sûrs ?

Apparemment, Gohan n'avait pas été le seul à vouloir savoir si l'opération avait été couronnée de succès.

Krillin était déjà occupé de poser mille et une questions quand il arriva.

Mirai était ailleurs dans le bâtiment – il ignorait exactement où – mais le reste de l'équipe se trouvait dans le laboratoire de Bulma, même Zangya. Cette dernière lui lança un regard qu'il n'arriva pas à déchiffrer quand il entra dans la pièce.

Une conversation mouvementée plus tard (ce qui était prévisible avec les personnes présentes), et Gohan avait tout ce dont il avait besoin. Oui, l'armée du Ruban Rouge avait bien été démantelée. Non, Bulma n'avait rien trouvé qui montrait que des officiers de haut rang aient pu s'échapper, et donc avec eux la possibilité d'avoir une troisième itération du groupe terroriste.

Il put donc vite passer quelques instants avec Broly, pour voir où en était sa progression, avant de rentrer chez lui.

La séance d'entraînement avec le grand Saiyan ne fut pas la plus intense physiquement parlant, mais intéressante. Broly avait un style de combat différent de ce qu'il connaissait. C'était une bouffée d'air frais, d'une certaine manière.

Quand ils terminèrent la séance, un léger film de sueur les recouvrait tous les deux. Les blessures, elles, étaient presque inexistantes. Gohan se sentait plus… stable. Ses pensées le malmenaient moins et, même si son ki était toujours moins contrôlé que ce dont il était habitué, il restait moins volatile que quelques heures plus tôt.

Satisfait, il s'essuya le front avec l'une des nombreuses serviettes laissées à la disposition des guerriers dans de nombreux endroit de la CC. Il devrait probablement prendre une petite douche rapide avant de retourner chez lui, pensa-t-il. Sa mère n'approuverait probablement pas de le voir arriver, encore tout suant et son gi plein de trous et de sang séché.

Il commença à se mettre en route et ouvrit la bouche pour prévenir son partenaire quand celui-ci l'arrêta d'un mot.

- Gohan.

Le demi-saiyan n'avait pas l'habitude que Broly s'adresse directement à lui, et de son plein gré ! Il était du genre taciturne, introverti à l'extrême et un peu timide ?

- Oui ? Je peux t'aider Broly ?

Le grand guerrier avait les sourcils froncés et se mordait la lèvre inférieure. Il semblait lutter avec quelque chose.

- Tu… Ta mère. Chichi. Elle m'a parlé de…

Il s'interrompit et expira, légèrement tremblant.

Oh.

- Tu veux parler de l'appareil qui t'empêcherait de trop monter avec ton ki ?

Il avait failli utiliser le mot « contrôler ». Une très mauvaise idée quand on était confronté à un guerrier légendaire qui avait justement été contrôlé toute sa vie et avait probablement été rendu fou à cause de cela même.

- Oui. Vous…

- Je l'ai testé, avec Vegeta, si ça peut te rassurer, le coupa gentiment Gohan. On ne compte pas t'infliger ce que tu as vécu avant d'arriver ici, ne t'inquiète pas pour ça… Ah, et si tu ne l'avais pas encore remarqué, notre groupe est plutôt à prendre pour argent comptant. Si on voulait te tuer, ça aurait déjà été fait, et on n'aurait pas essayé de faire partir ta haine pour mon père ou de t'intégrer à la vie terrienne. Ah, pardon, je parle trop ! Tu… tu as autre chose à me demander ?

Gohan n'aurait pas vu le léger sourire de Broly s'il n'était pas concentré sur les expressions et le langage corporel de celui-ci.

- Je… Je pense que je vais accepter de le porter, reprit doucement le grand guerrier.

Sa voix était douce et calme. Gohan était toujours étonné de cette dichotomie entre la carrure imposante du Saiyan et la délicatesse de son ton, même si, pour ce qu'il avait vu de leur race, Broly était plutôt svelte quand il n'était pas transformé.

- C'est bien. Tu sais, si tu n'es pas à l'aise avec le torque, tu peux l'enlever quand tu veux. Et puis, tu commences à faire beaucoup de progrès ! Ton contrôle est beaucoup mieux que quand on a commencé. C'est énorme, pour quelqu'un qui n'a jamais appris à maîtriser son ki et qui est aussi puissant que toi. Tu peux en être fier.

Il fallait encourager le saiyan légendaire. Il avait fait tant d'effort et semblait mettre tout son cœur à la tâche. Ça montrait qu'il voulait vraiment arriver à avoir le contrôle sur lui-même. Il méritait qu'on lui montre ses progrès.

- Ce n'est pas assez. Je sens mon ki qui m'échappe encore maintenant… la pression qui se construit…

- Ça ne se fait pas en peu de temps. Il m'a fallu des années pour contrôler ma transformation en Super Saiyan 2 – je te montrerai à l'occasion. Ce n'est qu'en s'entraînant et en persévérant qu'on peut y arriver. Je n'imagine même pas ce que ça doit être sans avoir eu d'entraînement de ce genre avant, mais tu y arriveras. Tu apprends à une vitesse impressionnante.

Broly paraissait toujours perplexe, mais sourit tout de même.

- Merci.

Gohan hocha de la tête et lui fait signe pour lui montrer qu'il allait prendre une douche.

L'eau brûlante était un délice sur ses muscles et son esprit.

La conversation, relativement courte, lui avait fait du bien. En encourageant Broly, le demi-saiyan s'était rendu compte qu'il devait faire la même chose avec lui-même. Personne n'était parfait. Les imperfections étaient ce qui rendaient les êtres humains si intéressants. Et puis, s'il devait s'en référer à Kami-sama et ce que lui avait raconté son père – son cœur se serra – sur maître Kaioh, les dieux étaient eux aussi faillibles et imparfaits que le commun des mortels.

S'il était capable de voir les efforts et les progrès que Broly faisait, alors il devait être capable de cette même compréhension avec lui-même.

Enfin tout propre et sec, Gohan s'envola vers les montagnes du mont Paoz, plus optimiste qu'il ne l'avait été depuis des siècles, lui semblait-il.


NdA: Est-ce qu'on sent mon amour pour Broly? Haha!

D'ailleurs, en parlant de mon Big BOI favori, laissez-moi vous dire que le film Dragon Ball Super: Broly est la meilleure chose qui est sortie depuis euh la fin de Dragon Ball Z? (me semble que le film 11, L'Attaque du Dragon, est sorti avant la fin de la série, alors voilà) . J'ai aussi vu des parallèles entre cette version de Broly (qui est trop adorable quand il n'est pas une machine à tuer sauvage et OP et OMG la forme Ikari, je bave!) et celle que j'ai imaginée dans mon histoire! Ce qui est extra cool pour me donner plein d'idées pour son personnage.

J'ai d'ailleurs, pendant mon hiatus de trois ans (ouf), regardé le reste des épisodes de Dragon Ball Super et... Meh. J'ai pas trop aimé. J'ai pas l'essence de Dragon Ball et Dragon Ball Z, plein d'incohérences chez les personnages (je te vise, Goku!) par rapport à DB et DBZ, et mon dieu qu'est-ce qu'ils ont fait à Trunks du futur?! Et en plus, y a même pas de sang. Bref, j'ai pas trop aimé. Quand même regardé parce que c'est Dragon Ball (même regardé les mini-épisodes de Dragon Ball Heroes! et mazette, Cumber, sa backstory et sa personnalité, voilà, pas des plus développées, hein, mais son design... je bave. Encore)

Bref! Grosse déception avec DBS, même s'il y a quand même eu des trucs vachement sympa (genre Vegeta le papa gâteau avec Bulla, aka Eshalot, ou les combats dans l'arc de survie de l'univers, ultra cool - et le design d'ultra instinct, j'approuve, même si la transformation en elle-même me laisse indifférente).

Ohlala, et je radote, mais c'est pas grave! Si vous êtes resté.e.s jusqu'ici, merci! Et au prochain épisode (qui sortira on ne sait pas quand).

Ah oui, et je fais encore la pub du Discord de A La Recherche de la Normalité parce que je trouve ça sympa de pouvoir échanger avec une communauté de personnes qui ont les mêmes centres d'intérêt, alors hésitez pas à cliquer sur le lien qui se trouve sur mon profil!