Titre : Amis par delà la mort
Raiting : M
Auteur : Bayla
Bêta correctrice :Resiliency6
Disclaimer :L'univers d'Harry Potter ne m'appartient pas, tout est à J.K Rowling ainsi que certaines références que je ferai sur certains films comme Twilight ou autres sont à leurs créateurs! Ulrich, Jay, Shia, Wonga, Kermitt le chef des oubliator, Naika, Mike, Annabelle, un stagiaire/recru et Skita, personnages figurants, sont de moi.
Particularité : Cette fiction comporte des passages/mentions difficiles comme viol, scène de violence. Mais elle parle également de relation hétérosexuelle, mais aussi, et surtout homosexuelle! Donc homophobes et âmes sensibles, vous savez ce qu'il vous attend.
Note : Il s'agit d'une fiction longue à chapitres. C'est ma deuxième fiction et j'espère qu'elle vous plaira.
Je vous souhaite une bonne lecture!
Chapitre 23 : Contrôle.
22 janvier 2005
Une fois sur le Chemin de Traverse, Hermione ne se sentit pas bien. Le bruit du transplanage avait attiré l'attention des sorciers présents et tous ces regards tournés vers eux la rendirent nerveuse. Elle sentait même que ses compagnons étaient prêts à faire demi-tour au moindre signe suspect. Pourtant les chances qu'on les reconnaissent étaient nulles avec leurs capuches, mais l'avoir n'était pas l'idée du siècle.
Après coup, sous ces yeux scrutateurs, Hermione réalisa que ça pouvait porter à confusion et inspirer la crainte, même si le vêtement était loin de ressembler à ceux des Mangemorts. Mais à son étonnement, on les oublia rapidement pour former un attroupement devant Gringotts. Sur le qui-vive, elle regarda partout sans toutefois poser ses yeux quelque part et marmonna quelques mots de peur de signaler à nouveau leur présence.
– Euh, je croyais l'endroit désertique.
Bien que ce ne fut pas une grande foule, c'était bien plus que ce qu'elle s'était imaginée. Rapidement, elle évalua les risques des humains proches d'eux. Elle voulait rentrer chez elle. C'était beaucoup trop risqué. Et si Maugrey ou l'un de ses alliés se tenait sur place? S'ils se faisaient remarquer? Ils auraient mieux fait de rester du côté moldu, terminer leur emplette et venir ici le lendemain. Ça aurait été plus prudent et… En fait non, rentrer au lieu devenir ici aurait été une meilleure idée, elle avait faim avec tout ça.
– Les payes sont sorties, rappela sa présence Blaise qui s'était vieilli de plusieurs décennies pour l'occasion.
– Mais… mais c'est dangereux! S'affola Hermione. Tout ce monde… Vous-Savez-Qui doit lui-même être au courant, il pourrait tous les tuer!
Draco, ayant lui aussi changé d'apparence pour une coupe de cheveux bruns, secoua la tête.
– Aucune chance.
Au son de sa nouvelle voix bien plus enrouée, il se figea une brève seconde et se retint de grimacer.
– Il est fou, mais il tient à avoir des sujets. À qui pourrait-il se vanter, ou qui pourrait-il torturé et terrorisé sinon? Quoique je ne suis pas sûr qu'il réalise que tous ces meurtres font en sorte que la population magique d'Angleterre décline.
Il n'avait même pas terminé son explication qu'ilentendit des pas se rapprocher de lui et de beaucoup.
Harry.
Il souffla fortement par le nez.
Non, mais il allait arrêter oui?!
Furieux, il se tourna et lui jeta un regard noir.
Il n'avait pas besoin d'un vampire en mode protecteur sur le dos. Ce dernier ferait mieux de se calmer avant d'attirer l'attention à trop le coller. Il ne risquait rien avec le trio à proximité, sans parler du fait qu'il avait pris sa potion anti-calice juste avant de sortir. Et puis, le blond commençait à en avoir assez d'être vu comme la huitième merveille du monde par Harry.
Tout ça pouvait aller cinq minutes, c'était flatteur, mais pas à toute heure du jour et de la nuit. Il en avait mal à la tête de sentir dans un coin de son cerveau la lutte de Harry.
Mais qu'est-ce qui lui prenait? Harry croyait-il qu'il n'avait rien remarqué de son comportement qu'il pensait discret? Et il n'avait pas besoin de leur connexion pour savoir que quelque chose avait changé dès qu'Hermione avait parlé de danger et des sorciers un peu plus nombreux que prévu.
– Et c'est normal cet attroupement à la banque? Demanda Ron, amenant Draco à tourner sa tête vers lui.
La dernière fois que le rouquin était venu remontait à son vivant. À l'époque, beaucoup d'humains se promenaient et se sentaient assez en sécurité dans l'allée, même si personne ne flânait trop et que le rassemblement était considérablement réduit. Personne ne se marchait sur les pieds et seul le marché était fréquemment rempli où les elfes de maison se rencontraient en faisant les courses pour leurs maîtres. Mais maintenant, même ça semblait être de l'histoire ancienne.
Interloqués, Blaise et Draco se regardèrent avant que le blond ne se fasse entendre.
– Non, on n'a qu'à aller voir.
Mais il ne fit même pas cinq pas qu'il se retourna furibond.
– Harry, tu m'arrêtes ça immédiatement! Feula Draco se contenant difficilement pour ne pas crier. Calme-toi! Bon sang, ça devient lourd! Je sais me défendre! Dois-je te rappeler qui je suis? Qui est mon père? De ce que je porte au bras?
Exaspéré et sans attendre de réponse du vampire, Draco s'éloigna.
Surpris, tout le clan le regarda, n'ayant rien remarqué de particulier. Et sans réfléchir plus aux paroles de l'humain, Ron attrapa le bras de Harry, qui n'avait pu s'empêcher de faire un pas en avant et l'entraîna à sa suite.
– Laisse-le! On est tous sur les nerfs ces temps-ci, il a besoin de décompresser! Et tu te comportes vraiment bizarre… Harry? Tu m'écoutes?
– Hum?
Le survivant se retourna pour le regarder, surpris, avant de baisser les yeux.
– Désolé.
– Qu'est-ce qui t'arrive? Parle-nous, on peut t'aider… ça ne peut pas continuer comme ça!
– Je sais, tu as raison… j'y travaille. Ça va se régler. D'une façon ou d'une autre.
Le rouquin l'observa avec inquiétude. De quoi parlait-il? Il n'allait quand même pas faire une bêtise. Il craignait le pire. Il continua de le suivre du regard alors que Harry passa devant lui, semblant avoir repris ses esprits.
– Tu crois que Maugrey aurait pu te lancer un sort? Le rattrapa-t-il.
Le brun lui jeta un coup d'œil.
– Je doute qu'il ait quoi que ce soit à voir là-dedans.
Se détournant de son ami, Harry s'obligea à s'intéresser à ce qui se déroulait devant lui. Il regrettait que Draco se soit rendu compte de quelque chose et se força à ne pas se tenir trop proche de cette odeur si tentante ou tourner la tête dans sa direction. La potion ne semblait pas trop fonctionner et cette « brume » était toujours présente dans son esprit, bien que plus légère.
Il se sentait un peu patraque, le lien luttait contre la potion et leur proximité ne devait pas aider. Comme s'il avait besoin de ça. Percevoir la colère de Draco suffisait amplement, surtout en sachant qu'elle était dirigée vers lui et ça le dérangeait…
Au moins, ils se trouvaient à l'extérieur. Son odeur le chatouillait moins et il avait plus de facilité à ne pas tourner la tête vers lui. De plus, tous ses gens contribuaient involontairement à ne pas tomber directement sur lui. Mais à chaque mouvement près de lui, ses yeux étaient immédiatement attirés sur une jolie carotide palpitante de vie qui augmentait la chaleur de sa gorge. Il voulait manger.
Il aurait dû rentrer directement après les Moldus. Il avait bien trop attendu et voila qu'il avait un magnifique buffet devant lui et il ne pouvait même pas y toucher. Mais malgré tout ça, sachant ce rassemblement imprévu, il se tenait en alerte, son côté Mentor prenait le pas sur leur lien incomplet et il fit de gros efforts pour mettre sa faim de côté, au cas où son Alpha aurait besoin de lui.
Se rapprochant et allongeant le cou pour découvrir ce qui se passait, il vit sur la place publique qu'un stand en bois avait été installé magiquement par plusieurs Mangemorts qui s'y trouvaient et jouaient avec leur baguette, faisant apparaître des poteaux.
À cette vu, Harry sentit le lien frissonner et ne put s'empêcher de regarder vers Draco. Sans pousser pour écouter les pensées du blond, il comprit que Draco avait eu une pensée en particulier pour sa tante Bellatrix en apercevant les fidèles du Lord devant eux. Lui et Blaise avaient acquis de nombreux ennemis en se dévoilant comme traîtres, beaucoup voulaient leur faire la peau. Pour l'apaiser, Harry lui envoya une infime quantité de magie au travers de leur connexion, juste pour lui rappeler sa présence, son soutien.
Le Survivant ne s'attarda cependant pas trop sur Draco ; autre chose le déconcentrait, le faisant rester en alerte sur ce qui les entourait. Il pouvait sentir la peur que les sorciers éprouvaient pour ces hommes masqués et malgré ça, leur intrigue pour eux. Et son clan ne faisait pas exception.
Comme ils se faufilèrent un peu dans le groupe, ceux proches d'eux les dévisagèrent et certains les reconnurent. Rapidement, on chuchota sur leur passage, mais personne, en dépit des regards méfiants et leur malaise, ne crièrent au meurtre ni ne prévinrent les autorités. Tout cela dura moins de trois minutes et heureusement sans attirer le clan des ténèbres. Jusqu'à ce que le bruit d'un transplanage attire leur attention à nouveau à l'avant.
Et qu'une vague de terreur s'empara de la place.
Cette fois, ce fut Harry qui frissonna de crainte et son estomac se tordit douloureusement.
Sur la plateforme en bois, plusieurs humains venaient d'apparaître. Tous portaient des vêtements crasseux et déchirés. Quelques-uns ne pouvaient se tenir droit, s'écroulaient au sol ou s'appuyaient sur leur camarade.
Alors qu'un sentiment d'injustice l'envahissait, il pouvait apercevoir leurs visages émaciés avec des cernes de trois kilomètres de long, leur teint grisâtre, les os saillants de leurs épaules et leurs bras dénudés, leurs pantalons qui n'étaient retenus que par un fils sur leurs bassins décharnés, des coupures ici et là non soignées dont l'odeur titilla ses narines malgré le sang séché.
Inconsciemment, il passa le bout de sa langue sur ses lèvres comme pour mieux goûter leur essence vitale.
Les prisonniers de la Gazette.
Rapidement, Harry passa ses yeux d'un otage à l'autre, toute cette mise en scène lui faisait penser à une pendaison moldue moyenâgeuse et il n'aimait pas ça du tout. Il aurait dû demander à Hermione de l'aider à faire un horaire. Il se serait plus entraîné, aurait moins dormi, utilisé des potions de sang temporairement pour se nourrir, aurait même pu attirer un animal par magie au lieu de chasser, comme ça il aurait eu plus temps pour travailler sa magie ou les combats et tout ça n'aurait pas eu lieu.
Harry trépignait.
Quelque chose se tramait. Pourquoi étaient-ils soudainement là? Le seigneur des ténèbres souhaitait-il les libérer? C'était ridicule. Voulait-il attirer la famille de ses prisonniers pour les faire parler?
Mais avant de pouvoir formuler d'autre hypothèse, il vit les fidèles de Voldemort se positionner devant un captif qui se récolta un sort de ligotage pour ensuite recevoir un Lévicorpus et être attaché sur le haut d'une poutre avec le sort de glue.
Révoltés, certains sorciers lancèrent des injures, peu fort pour commencer, mais avant que la colère puisse s'emparer complètement d'eux et que les Mangemorts les entendent un crac se fit entendre et Harry retint son souffle.
Le mage noir en personne venait d'apparaître avec son serpent.
On aurait dit qu'un Stupéfix venait d'être lancé, même le vent semblait s'être figé alors que Voldemort se dirigeait vers le centre du stand, Nagini glissant auprès de lui.
– Voici ce qui arrive à ceux qui oseront me défier! Susurra Voldemort en dardant son regard sur chacun d'eux… Dernier avertissement, livrez-moi les rebelles!
Comme si c'était tout ce que les Mangemorts attendaient comme feu vert, ils jetèrent l'Avada sur les prisonniers.
Aussitôt Harry se figea et ses pensées se tournèrent automatiquement vers Draco, l'imaginant se prendre le sort mortel au lieu des condamnés.
Pendant ce temps, Voldemort les regardait, tout en s'attardant sur chacun d'entre eux avant de se tendre vers la fin de la rangée et de revenir en arrière.
– Potter! murmura-t-il en plissant ses yeux avant de se tourner vers ses sbires et de leur hurler après. Potter est ici! Attrapez-le-moi!
Lorsque les iris rouges de Voldemort s'étaient à nouveau fixées sur lui, Harry, prit de court, paniqua un peu et recula lentement tirant sur la manche la plus proche – Blaise – pour l'inciter à l'imiter. Ils reculèrent encore quelques pas avant de se détourner et se mettre à courir.
Mais Harry ne put s'empêcher de regarder les sorciers qui passaient à côté de lui, toute cette agitation faisait bouillonner leur sang, et d'une inspiration, il se mit à saliver. Tout ça lui donnait très faim.
Essayant de passer outre, il contourna comme il le pouvait les quelques sorciers qui se trouvaient sur sa route, mais un cou attira son attention et il ne put détourner la tête malgré les nombreux sorts qui les frôlèrent. Jusqu'à ce qu'un autre sorcier trébuche et le fasse tomber.
Enchevêtré dans des bras et des jambes, Harry, encore sonné, s'extirpa instinctivement de là, n'appréciant pas ce sentiment d'être prisonnier. Ce n'est qu'une fois dégagé qu'il prit conscience de son environnement et de la situation dans laquelle ils se trouvaient. Rapidement, il se releva pour poursuivre sa course tout en jetant un coup d'œil à Draco.
Mais à cause de ce dernier geste, il manqua une sphère qui se dirigea directement sur lui et qui le paralysa un moment tout en l'éblouissant et que ses vêtements ne prennent feu. Le temps qu'il se souvienne de la formule et de lancer un Aguamenti sous la panique, il ne lui resta que son pantalon et il avait piètre allure.
Au même instant, il sentit un étau lui encercler les bras et les comprimer contre ses flancs. Grognant de fureur, le vampire se débattit pour casser ses liens, qui lui fut assez facile à briser. À nouveau libre, il se tourna vers la direction du sortilège et repéra deux Mangemorts en approche qu'il repoussa à l'aide d'un sort. De ce fait, ils firent tomber des fidèles à proximité, donnant un petit répit au vampire, qui put continuer de chercher Draco des yeux.
Ce dernier suivait l'élan de la foule en panique. Harry, ne pouvant supporter qu'un Mangemort le repère et lui mette la main dessus malgré son apparence physique, délaissa Blaise. Ce dernier, après une analyse rapide s'en sortait bien. Le métis tentait de ne pas courir de façon prévisible et arrivait à esquiver de justesse les faisceaux colorés.
Sentant un sort siffler près – trop – de son oreille, Harry vit le rayon, dont la couleur lui disait vaguement quelque chose, toucher un sorcier et le résultat instantané le glaça.
Le sorcier aussitôt touché fut entouré d'un dôme doré pouvant englober quelques personnes ou objets à proximité.
C'était le même qui l'avait capturé avec Jay et Ulrich.
Trop tard pour freiner, il écarquilla les yeux de panique, il allait rentrer dedans à la vitesse qu'il allait. Se penchant un peu vers sa droite dans une vaine tentative d'évitement, Harry, déséquilibré, parvint à l'esquiver à la dernière seconde.
Passant outre la sueur froide qui lui traversa l'échine à l'idée de retourner dans les cachots ensoleillés du Lord, le vampire s'empressa de rejoindre Draco. Toutefois, dans la foulée, il pensa à prévenir ses amis que leurs ennemis se servaient du dôme.
Le problème à présent était qu'en voulant s'approcher du blond, il avait perdu un peu de terrain, mais avait surtout intrigué les Mangemorts les plus intelligents qui repérèrent Draco.
De son côté, l'ancien espion avait ressenti l'étonnement, la colère, la peur, puis l'envie d'Harry de se retrouver à ses côtés, mais aussi de l'inquiétude envers sa personne, bien qu'il ne sût pas pourquoi, et il jeta un coup d'œil derrière lui. Aucun Mangemort ne le poursuivait, juste Harry qui tentait de le rejoindre et il détourna les yeux du vampire pour regarder où il mettait les pieds.
Harry? Réalisa-t-il en un sursaut en accélérant à nouveau le pas, Mais qu'est-ce qu'il fabrique?
Mais sa distraction fit qu'il vit trop tard qu'une sorcière l'avait contourné et s'était mise devant lui. Il ne put faire autrement que lui rentrer dedans. S'accrochant un peu à elle, Draco parvint à se stabiliser alors qu'ils se regardèrent quelques secondes, le temps de réaliser ce qu'il venait de se passer. Puis il reprit son chemin, la zone de transplanage se trouvait toute proche. L'atteignant en quelques foulés, Draco s'éclipsa entendant les derniers sortilèges siffler à ses oreilles. Mais alors qu'il disparaissait, il crut sentir quelque chose frôler sa jambe.
Quelques secondes plus tard, les Mangemorts étaient là où il avait disparu. Ils s'activèrent à pister la magie résiduelle que les deux traîtres auraient pu laisser derrière eux en partant et qui fut assez facile à suivre.
Ils se retrouvèrent rapidement dans un petit coin tapissé de verdure et des arbres quelques mètres plus loin. Mais ils avaient beau regarder tout autour, ils ne virent rien, ni sorcier ni maison, seuls quelques oiseaux et un raton laveur qui avait fui à leur arrivée.
Dès qu'ils apparurent tous en sécurité dans le salon du Cottage, Draco, qu'une aura menaçante semblait entourer, se tourna avec lenteur vers Harry. Il paraissait faire un effort pour respirer par le nez alors que sa mâchoire était tendue à l'extrême et siffla quelques mots entre ses dents.
– Toi! J'ai à te parler en privé!
Le blond avait sursauté au son de sa propre voix avant de retirer le charme qu'il s'était placé. Mais aucun doute, le ton doucereux que Draco venait d'utiliser et le regard qu'il lui lançait le firent se sentir très petit dans ses chaussures. Harry s'empressa donc de le suivre, reportant sa chasse, il sentait qu'il en allait de sa survie avec le blond. Par la suite, il referma derrière eux et fit un mouvement de la main pour jeter rapidement un informulé. Inutile que le reste du clan l'entende se faire réprimander. Il se sentait assez honteux comme c'était là que ses amis l'aient vu obéir à Draco comme un petit chien.
Le blond n'attendit même pas que la porte soit complètement fermée pour parler.
– Non, mais je peux savoir ce qui t'a pris? C'était quoi l'idée de me rejoindre? Tu as failli nous faire tuer! Ils ne m'avaient pas repéré! Et je ne risquais rien! Vous étiez tous là! cria-t-il hors de lui en se retournant. Tu crois quoi? Que je suis incompétent? Faible? Incapable de me défendre? C'est parce que je suis tranquille ici que tu t'es mis ce genre d'idée en tête?
Puis, lui faisant face, sa colère s'évapora subitement en apercevant des traces de suie strier son torse blanc et s'en voulut de lui avoir crié après.
– Tu vas bien?
Il était en colère et avait préféré qu'elle prenne toute la place plutôt que de montrer l'inquiétude qu'il avait éprouvée sur le terrain ; mais là, alors que toute la pression était retombée et qu'il était évident que le vampire avait été touché…
– Hum? Releva les sourcils Harry avant de comprendre de quoi il parlait en suivant son regard et fit un geste avec sa main qu'il voulait nonchalant.
– C'est de ça que tu me parlais l'autre jour? Ton manque de concentration, cette fixation envers ma personne? C'est à ce point?
– Oui, lui répondit-il penaud. Je suis désolé. J'avais anticipé toute sorte de choses, j'étais sur le qui-vive, mais je ne sais pas, c'est comme si je ne m'attendais pas à ça. Peut-être que si Hermione n'avait pas dit ses mots, j'aurais mieux réagi, j'en sais rien.
Brusquement, la porte s'ouvrit et Ron entra, avec Hermione et Blaise dans son sillage, se récoltant des regards noirs, mais qui referma tout de même la porte derrière lui. Sachant que le sortilège de silence était toujours présent, il se dépêcha de leur expliquer sa venue. Il n'avait pas le temps d'être mal à l'aise de les avoir dérangés. En même temps, Hermione plaça un simple sort de silence et retira celui vampirique pour écouter ce qu'il se passait à l'extérieur. C'était un risque à prendre, mais elle n'avait perçu aucune créature sur place qui pourrait les avoir suivis et les entendre.
– On a entendu du bruit au loin, probablement des Mangemorts.
– On aurait été suivi? S'inquiéta Harry.
– Sûrement, on n'a pas accompagné le transplanage de Draco et Blaise.
À la mention du transplanage, Draco écarquilla les yeux.
– Je pense qu'un sort m'a touché!
– Quoi?
Ron le regarda, perdu.
– Je ne suis pas certain de ce que j'avance, c'était au moment de transplaner, j'ai cru avoir senti quelque chose.
Hermione fut la première à mitrailler de questions.
– Tu te sens bien? Tu as mal? Des engourdissements? Vision trouble? Problème de magie? Nausée? V…
Draco se dépêcha de la rassurer, mais surtout Harry à qui il s'empressa de lancer un regard noir pour qu'il se tienne tranquille alors qu'il percevait son besoin de le toucher pour s'assurer d'aucune blessure.
– Oui, oui, ça va.
– Je vais prévenir Pomfresh, s'inquiéta-t-elle tout de même. Snape doit probablement se trouver en compagnie du Lord, s'il n'est pas en surveillance à Poudlard. Ce n'est pas une bonne idée de l'appeler maintenant.
Puis, elle s'empressa de se rendre à la cheminée avant que quiconque ne puisse émettre un son.
XxX
Dès que l'infirmière le vit, elle se précipita sur Draco. Baguette en main, elle procéda à une batterie de sorts avant même qu'il ne puisse ouvrir la bouche. Hermione lui avait expliqué le problème en quelques mots et avec les Mangemorts, mieux valait agir rapidement, les questions viendraient ensuite. Après avoir effectué ses sorts de diagnostic, elle sourit, satisfaite des résultats obtenus. Il n'y avait qu'un seul problème et facile à réglé.
– Ce n'est qu'un sort de traçage – elle fit un mouvement de bras – Ça sera vite…
Draco la vit froncer les sourcils.
– Un problème?
Elle regarda le blond.
– Je n'arrive pas à le retirer… Je ne comprends pas.
– Et bien, dépêchez-vous de trouver une solution, j'entends des voix au loin et Lucius est avec eux! Mentionna Ron en élevant la voix, nerveux auprès de la fenêtre qu'il ne quitta pas. Ou faites-le transplaner ailleurs!
– Ron! Tu n'y penses pas? s'exclama Harry. Ils vont le coincer s'il fait ça.
– Et nous tuer, si un vampire ou une autre créature avec un bon nez ou une bonne ouïe se pointe! Se retourna l'Alpha.
– Rien ne t'empêche de partir! Cracha Harry relevant presque les babines, fixant Ron dans les yeux. Je ne le laisserai pas!
Le rouquin le regarda les yeux ronds, bouche bée de ce que son meilleur ami venait de lui dire. Il était prêt à le mettre à la porte? Perdre la sécurité? Sa maison? Mettre en danger le clan pour…
Un membre du clan.
Merde. Comment avait-il pu oublier? C'était lui-même qui l'avait proclamé de la sorte devant l'Ordre et il le pensait.
Et le blond était probablement son actuel ou futur petit-ami, Harry réagissait extrêmement fort. Même pour son syndrome du Sauveur de la veuve et l'orphelin en armure blanche. En sauvant Draco, Harry avait dû développer une sorte de lien de protection et de fils en aiguille, cela avait dû les rapprocher. Ça ne le surprenait pas trop, Harry leur avait déjà annoncé dans le passé qu'il se pensait bisexuel et puis, il avait souvent espionné le blond durant leur scolarité, et parlait beaucoup de lui. Ron se demanda où tout ça allait mener son meilleur ami avec sa condition de vampire et ça l'inquiéta ; Harry finirait forcément par en souffrir.
Il soupira de sa défaite.
– Je sais ce que c'est! Les interrompit Draco.
Pendant qu'ils discutaient, il avait passé rapidement en revu les possibilités qui pouvaient empêcher l'infirmière de retirer un sort si simple et entendre le nom de son géniteur avait aidé. Un seul lui venait en tête. Il l'avait presque oublié, tant ça remontait à loin. Il n'était qu'un enfant à l'époque, pas tout à fait onze ans, quand son père lui en avait parlé. Sort sois disant pour éviter que les enfants mineurs quitte la maison familiale avant le temps. Maintenant, il savait que c'était pour empêcher quiconque de fuir son mariage arrangé ou s'enfuir avec un non-approuvé. Renier sa progéniture, surtout après coup, ne faisait que lui interdire un héritage, pas faire oublier à une population à qui cette enfant appartenait. Et personne ne jetait la honte sur les Malfoy. Surtout pas en public !
– C'est un sortilège de famille, prit-il sa baguette, que seul un Malfoy peut retirer. Heureusement qu'il est repérable. Je connais deux trois potions et sort vicieux qui restent indétectables.
– Quelle est la formule? Demanda Pomfresh, ça pourrait être pratique.
– Ça ne servirait à rien, c'est spécifique à notre famille, c'est notre signature magique qui nous désigne en tant que Malfoy et de ce fait, le contre-sort fonctionne. Je peux vous donner l'incantation et vous montrer le geste, mais vous n'avez pas de sang de Malfoy dans les veines, ça ne fera rien.
– Oh, oui je vois, dit-elle en se pinçant les lèvres. Bien… À votre tour maintenant M. Potter!
– Quoi? mais…
Quand allait-il aller manger? Il ne voulait pas se servir sur Draco, il avait beaucoup trop faim en ce moment pour avoir confiance en ses capacités de restriction… et là n'était pas la question! Il ne se nourrirait pas sur lui, point!
– Je vais tous vous passer en revue, par précaution. Déjà que votre peau devient imperméable à la plupart des sortilèges, vous ne vous rendez même pas compte quand un sort vous frappe… faudrait pas qu'il y en ait un qui ait pu faire effet. Vérifiez donc avec Snape pour ce qui concerne le côté sombre de la magie, mon rayon est assez limité dans ce domaine.
Subissant l'assaut de l'infirmière, Harry qui ne put entraîner Draco pour lui parler et utilisa donc leur lien, le faisant sursauter.
Draco, j'espère que tu as de la potion anti-calice en réserve, il serait préférable que tu en prennes tout le temps, des fois que ces idiots décident d'envoyer quand même des loups ou pire, des vampires dans le coin pour s'assurer qu'on ne soit pas dans les parages…
À un kilomètre de là, Lucius entreprenait de capter les derniers résidus de magie de son fils tout en indiquant aux autres comment le retrouver également. Étant parent, cela lui serait plus facile, mais rien ne révélait un autre transplanage à proximité. Et il n'allait certainement pas parcourir chaque centimètre carré de cette foutue forêt pour trouver le point de départ. Mais où avait-il bien pu aller? Pourquoi se serait-il déplacé plus loin au lieu de transplaner directement? À cause d'une bête dans les parages? Ce serait idiot, son abruti de fils était sorcier, pas un vulgaire moldu.
Tout en cherchant un indice, Lucius resta convaincu qu'il avait touché sa progéniture avec un sort de famille. Toutefois, pour que ça fonctionne, il devait être proche de lui.
– Hey, Malfoy! L'appela un de ses collègues. Ton sort de traçage indique toujours que le traître se trouve dans les parages.
Étonné, Lucius se tourna vers lui.
Pourquoi…
– Ah non! Je n'ai rien dit, ça vient de s'éteindre.
Le blond fronça les sourcils et pesta contre le sort qui manquait de précision en localisation. Merlin, un sort aussi vieux et il ne pouvait à peine faire plus que celui du ministère ! Dès qu'il aurait un moment de libre, il comptait bien travailler là-dessus pour l'améliorer.
– Ça doit être parce que cette petite enflure s'est blessée et a pris le temps de se soigner qu'il vient de nous filer entre les doigts.
Lucius regarda la Mangemort un peu septique, mais acquiesça.
– Oui probablement, dit-il songeur et jeta un dernier regard circulaire avant de partir. Faites un tour dans les villes environnantes, voir si le sort ne rallumera pas vos baguettes!
Mais que venait faire son fils dans le coin? Quel drôle d'endroit pour transplaner! Et les autres? Il ne percevait même pas d'infime quantité de magie. Il savait qu'il ne pouvait rien contre la magie vampire, mais il aurait au moins dû la sentir en faible quantité comme lors de leur fuite. Cet enchantement vampirique dissipait-il les particules magiques si vite? Son fils serait venu ici, seul? Pourquoi ?
26 janvier 2005
Hermione fronça soudainement le nez en une petite grimace sous l'odeur désagréable et forte qui lui arrivait.
Remus.
Elle n'eut pas besoin de l'entendre ou même le voir entrer pour comprendre qu'il venait d'arriver dans le domaine ou s'y apprêtait. Elle reconnaîtrait cette odeur de loup n'importe où et seul Remus savait où les trouver.
Merlin, pas déjà!
… À moins que ce soit ces autres loups-garous? Et si c'était le groupe de Mangemorts d'hier qui aurait fait exprès de garder silence et s'était organisé en rentrant chez eux? Ils avaient Lucius Malfoy avec eux après tout. Mais si c'était l'ennemi, ils seraient plusieurs, n'est-ce pas? Elle capterait plusieurs odeurs, non?
Elle se tendit à cette révélation-choc et se dépêcha d'en glisser un mot à Ron en un chuchotement imperceptible. Ils n'étaient pas prêts à affronter une meute. Terrifiée, elle observa son compagnon se transformer, d'une créature de la nuit détendue et joviale à menaçant et extrêmement sérieux, elle le vit carrer les épaules et ses yeux bouger en direction des bruits qu'il entendait à l'extérieur. Essayant de déterminer la menace. Puis, elle le regarda se mettre en mouvement pour s'approcher d'une fenêtre pour ensuite se décrisper, ce qui la rassura et elle échappa un soupir de soulagement.
C'était finalement leur ami.
La jeune femme fut également soulagée que ce ne soit pas son nom qui fut prononcé pour être la première à le rencontrer en privé lorsque Remus entra. Elle avait besoin de méditer avec toutes ses émotions avant de faire face au loup-garou.
De retour au bureau de Harry avec ce dernier, Remus lança un chronomètre dès qu'il ferma la porte en plus d'apposer le sortilège de silence. Hors de question que qui que ce soit puisse entendre ce qu'il allait dire. Ça lui avait déjà valu une très longue conversation et beaucoup de persuasion pour pouvoir en discuter avec Harry.
Avant même de s'installer, son nez se mit à le chatouiller sous l'odeur de son cadet et se retint comme il put d'éternuer. Cela avait beau ne pas être les premiers vampires qu'il rencontrait, avec ou sans Severus, il en avait oublié ce que cela faisait, lui arrivant peu d'en croiser. Au moins, ça ne concernait pas son compagnon.
– J'ai beaucoup pensé à toi et ton « problème » depuis notre dernière rencontre, se dirigea-t-il vers sa chaise. C'est sûr que ce n'est pas une décision à prendre à la légère, mais peut-être que tu te martèles trop la tête. Vous en avez parlé?
– Un peu, mais pour le moment, il ne se sent pas prêt à finaliser le lien. S'installa à son tour Harry qui le regarda. Et j'ignore quoi lui dire, je n'y connais rien en calice… J'aimerais pouvoir l'épauler, mais je ne sais pas comment et je ne connais aucun calice à qui le référer. Je suis persuadé que s'il pouvait s'entretenir avec un qui a un peu d'expérience, ça pourrait l'aider, même si c'est juste répondre à ses questions. Parce que je suis sûr qu'il en a.
– Pour ça, je peux aider, mais commençons par toi et quand tu y réfléchiras, je m'occuperai de ton blond. Comme ça, après avoir mis de l'ordre dans votre tête, vous pourrez discuter. N'oubliez surtout pas de discuter, c'est primordial pour se comprendre, les suppositions ne vous mèneront à rien, autres que des malentendus.
Le loup le vit soudainement détendre ses épaules et sut qu'il avait bien fait de parler surtout en remarquant les yeux brillants du fils de son meilleur ami et du sourire sur son visage. Comme s'il venait de lui ôter un grand poids.
– Merci! Je suis content que Sev ait changé d'idée et ait accepté que je te parle de ça, malgré tous les dangers et les risques encourus. Je-j'avais vraiment besoin d'en discuter avec quelqu'un… Ron et Hermione sont bien gentils, mais ils ne s'y connaissent pas plus et je ne m'imaginais pas leur en faire part...
Le loup le vit serrer les poings.
– J'ignore pourquoi, mais je n'y arrive juste pas et pour Draco, comme ça le concerne, il est autant perdu que moi.
Harry se trémoussa sur sa chaise.
Par inconfort ou à cause d'une question? S'interrogea le loup qui se frotta le nez.
– J'ai commencé depuis peu à feuilleter les livres de la bibliothèque, mais j'en ai encore beaucoup à lire alors même si, si, on discute, on se retrouve souvent avec des questions sans réponse. Et Severus est bien trop proche de Draco… je, je ne suis pas certain de son impartialité. Puis, avec la guerre qui approche, l'entraînement, je mets notre connexion de côté.Un peu trop sûrement.
– Toujours focalisé sur Draco? demanda-t-il, bienveillant.
– Oui, on s'est même disputé à cause du fait que je sois trop sur son dos. Je fais pourtant des efforts, mais parfois c'est plus fort que moi, je ne me contrôle plus. Et malheureusement, même s'il prenait la potion anti-calice, ça ne faisait pas effet à cent pour cent.
– Y a-t-il des moments où c'est mieux?
– Quand je me tiens loin de lui, répondit-il avec un très léger grondement dans la voix, l'odeur devient moins puissante et je ne le vois pas, voire l'entend peu, ça aide… J'ai découvert que la forêt était un bon endroit pour ça, même si j'aurais préféré la volière, mais se serait trop compliqué. Je, je dois le fait d'avoir réussi la fusion « rapidement » uniquement parce qu'il s'enfermait souvent dans une pièce insonorisée avec Blaise et s'entraînait en sortilège. Dans, dans ce temps-là, je ne le voyais pas et ne l'entendais plus. Il restait l'odeur… surtout lorsqu'ils fournissaient beaucoup d'ef-effort, leur transpiration se trouvait plus forte… mais je parvenais plus facilement avec seulement un de mes sens affecté à contrôler mon obnubilation pour Draco. Mais quand je ne peux pas poser mes yeux sur lui, il me manque… Je me fais l'impression d'un drogué.
– Votre âge et je dirais aussi le fait que le lien n'est pas encore finalisé n'arrangent rien. Je ne m'en ferais pas trop pour ça pour le moment, tu te contrôles bien, même si tu n'en as pas l'impression. Tu vas tenir le coup jusqu'à ce que vous complétiez votre liaison, j'ai confiance. Mais si ça persiste tout autant fort après, on avisera. Enfin si c'est ce que vous choisissez.
Voyant que Harry continuait de regarder, ça lui confirma que le plus jeune l'écoutait avec attention et lui donna un bon indicatif sur la maîtrise de soi du vampire.
– Oui, mais ça se complique un peu… Severus a donné son accord la semaine passée pour que Draco et Blaise se joignent à nous. On , on a dû se réorganiser - Merci Ron- mais on l'a fait, pour de très courtes périodes. Blaise était extrêmement nerveux la première fois qu'il s'est joint à nous, il semble un peu mieux maintenant… Mais ça se comprend, il doit avoir peur que Ron laisse libre cours à sa colère sous l'adrénaline et le tue… mais Ron réagit assez bien jusqu'à présent…
Harry soupira et gigota sur sa chaise tout en se demandant si cette rencontre allait durer encore longtemps. Il n'avait pas envie d'attaquer, mais il ne se sentait pas à l'aise non plus d'être si près.
– En ce qui me concerne, je dois me concentrer sur cet entraînement avec Draco à côté de moi… Ce n'est pas si simple. En plus, comme si ce n'était pas suffisant, on a tendance à s'entraîner dehors, et on n'a toujours pas trouvé un moyen pour cacher notre odeur.
– Pour ça, je vais voir avec Severus pour voir s'il n'aurait pas quelque chose. Je dois dire que je n'ai jamais eu besoin de ce genre de subterfuge…
– Et en parlant de Draco, là où ça me surprend également, reprit Harry, c'est quand je suis avec toi… c'est comme si cette fixation disparaissait.
– Et bien, commença Remus, incertain, je dirais qu'étant donné que vous n'avez pas finalisé votre lien, mon odeur prime sur celle de Draco et donc te fait voir avec plus de clairvoyance… Disons que vous seriez dans une foule avec un loup-garou, j'ai de gros doutes sur le fait que tu pourrais sentir Draco, surtout rapidement. Mais une fois liés, ce serait lui que tu repérerais en premier ou presque, pour pouvoir le protéger si besoin et ce, peu importe les parfums ambiants. Tu dois garder en tête que le lien est là pour indiquer où ton calice se trouve, tes sens ne sont là qu'en second lieu.
Le loup le vit se mordiller la lèvre et il se demanda s'il devait mettre fin à la conversation, il ne voyait toujours pas de signe d'inconfort.
– Et si ça ne marche pas? Si ça brise notre amitié?
– C'est à toi de voir si tu veux prendre ce risque. Tout ce que je peux te dire, c'est de piler sur ton égo1, faites-le tous les deux et prenez le temps de parler. Si vous en venez à ne plus être amoureux, vous aurez de cette façon une chance de rester ami, ou du moins supporter la présence de l'autre quelques minutes. Le temps de te nourrir et qu'il remplisse sa condition de Calice. Vos rôles seront comblés, vous n'aurez donc pas ça en plus à gérer. Ensuite, je suppose qu'il faudra laisser faire le temps…
Harry le regarda avec de grands yeux de cerf face à un chasseur.
– Avec nos caractères? On…
Le vampire prit une respiration.
– On n'est pas du genre à se confier facilement.
– Je sais. Vous préférez attendre que ça explose, eut-il un petit sourire… Tiens, imaginons le pire : vous vous liez et vous vous détestez après X années ou siècles, il y a des chances de recoller les morceaux si vous acceptez de vous parler. Assez, j'ose espérer pour en devenir neutre et cordial avec l'autre comme toute rencontre professionnelle.
Remus le vit grimacer à l'idée, mais il devait continuer sur sa lancée, aussi désagréable soit-elle, pour que son cadet comprenne bien toutes les répercussions. Même lui n'aimait pas ce qu'il s'apprêtait à dire, se mettant sans le vouloir dans la situation.
– Tu peux également choisir de ne rien faire, un autre vampire peut le prendre de gré ou de force, s'il oublie la potion ou que quelqu'un découvre la vérité.
Cette fois Harry gronda de façon menaçante, mais il passa outre, tentant tout de même de calmer l'agitation de son loup intérieur.
– Il devra vivre avec la potion anti-calice toute sa vie si les circonstances ne changent pas et toi tu auras toujours cette obsession. Et vous pourriez être tristes que ça reste à de l'amitié. Vous pourriez donc finir par devenir des étrangers parce que vous vous éloignerez pour moins souffrir, pour ne pas dépasser la limite. Il se passera quoi si vous trouvez quelqu'un? Seras-tu prêt à accepter qu'il en côtoie un autre, voire qu'il tombe amoureux…
Le vampire écarquilla les yeux sous le choc et gronda une nouvelle fois bien que légèrement moins fort.
– … Sans faire de crise de jalousie, sans éloigner cette personne ou la tuer? Parce que si tu oses, Draco risque d'être furieux après toi et éprouver quelque difficulté à te le pardonner.
Remus vit un voile de tristesse passer rapidement dans le regard que le plus jeune baissa.
– Et inversement, comment Draco va réagir? Vous serez toujours liés. Même si tu prends un calice, tu sauras toujours ce qui lui arrive, où il se trouve, le temps de sa vie du moins… Ton calice sera-t-il prêt à accepter qu'un autre soit autant important que lui, même si ce ne sera pas éternel?
Harry couina tout bas cette fois, et malgré que ce fut court, Remus avait perçu le ton blessé.
– Il y a aussi l'option où vous vous liez, tout va bien, vous vous disputez, mais que ça se résolve dans le temps et vous gardez votre bonne entente, restez amoureux… Imagine-toi ses possibilités, avec laquelle tu te sens le plus à l'aise, laquelle serait la pire pour toi?
XxX
En entrant dans le bureau après une méditation qui l'avait peu aidé, la culpabilité continuait de la ronger à l'idée d'échouer et elle éprouvait un certain malaise à obtenir une moins bonne performance. Elle devait pourtant réussir!
Mais alors qu'elle avait fait exprès de rester en apnée en marchant dans le couloir, Hermione eut le réflexe de prendre une respiration.
Aussitôt, ce qu'elle avait tenté d'éviter arriva, son nez et sa gorge la brûlèrent sous cette odeur forte qui tirait sur l'aigu qu'elle se prit de plein fouet, jusqu'à ce que Remus commence à parler, la surprenant…
– Et si tu me parlais aujourd'hui de comment tu vis ta hiérarchisation?
Assez pour lui permettre de se ressaisir et aller s'asseoir d'un pas très crispé. Elle resta cependant un bref instant muette à la question, ne s'y attendant pas du tout, et arrêtant de se focaliser sur les nœuds dans son estomac.
– Depuis que je vis ici, j'ai appris beaucoup de choses. À commencer par mon acceptation… Que ça impliquait bien plus que ce que je croyais. J'avais assumé la transformation en une créature de la nuit, mais pas le reste.
Elle avait tellement peur de perdre à nouveau contrôle et attaquer Remus qu'elle en tremblait presque sous la concentration. Elle se sentait assez mal à l'aise comme ça, pas question de recommencer, mais elle ne parvenait pas à le regarder, honteuse.
– Et par reste, tu parles du terme soumis? C'est bien ce que tu es non?
– Oui.
Cette petite voix ne lui ressemblait pas du tout et elle eut une soudaine envie de se faire avaler par le sol. Elle était tombée bien bas.
– Et maintenant, tu t'y adaptes à cette position?
Cette fois, elle croisa son regard, surprise qu'il ne se moque pas ou ne tente pas de la faire changer comme Molly.
– Étrangement oui, Dit-elle doucement, mais incommodée par l'odeur qui lui agressait le nez, c'est plaisant et relaxant finalement de ne pas avoir à leur dicter constamment comment agir ou d'avoir à les reprendre.
Bon sang, cette odeur! Pourquoi devait-elle lui donner l'envie quasi irrépressible de le tuer? C'était pourtant suffisant la puanteur pour rester éloignée de cette créature. Elle avait le sentiment que son corps et son esprit étaient deux personnes complètement différentes et surtout indépendantes. Elle devait lutter pour ne pas laisser à son corps le contrôle et donc s'en prendre à Remus. Elle avait l'impression de nager à contre courant en pleine tempête.
– J'ai…
Elle se mit à parler plus lentement, elle était tellement concentrée à ne pas attaquer qu'elle devait chercher ses mots, perdant presque le fils de ce qu'elle devait dire.
– J'ai éprouvé de la difficulté surtout au début où je ne comprenais pas trop bien, mais je m'habitue de plus en plus. Dans ma… dans ma tête, mon rôle c'était : garder les yeux baissés. Demeurer discrète.
Elle déglutit et serra les dents autant de colère à l'idée de vivre ça, qu'à cause du loup non loin.
– De même que vivre en esclavage… Ne, ne pas dire un mot de trop ou élever la voix. Attendre que tout le clan, surtout l'Alpha, termine de manger pour pouvoir me nourrir de miette. Tou-toujours se tenir derrière les plus hauts gradés que moi, les servir. Obtenir une autorisation pour parler…
Un frisson d'horreur et de dégoût la traversa.
Dégradant.
Un silence s'installa, assez pour la mettre inconfortable; si ça continuait comme ça, elle ne donnait pas cher de son contrôle. Tous ses membres tremblaient sous l'effort qu'elle déployait pour passer par-dessus son odorat. Mais la durée du silence la rendit également curieuse et elle releva la tête pour observer l'adulte, qui reprit la parole au même moment.
– Tu sais, dans l'attitude canine, ou lupine dans mon cas, regarder dans les yeux est considéré comme une insubordination, de la défiance. On doit demander la permission pour beaucoup de choses et je ne pense pas que les bêta s'en plaignent, la plupart du moins. Je crois que tu confonds avec l'intimidation, sentiment d'infériorité, de perdre sa confiance et son estime. Pourtant si tu as un bon Alpha, un bon clan, une bonne meute, tu devrais continuer de t'épanouir et non être écrasée.
Cette fois la jeune femme croisa son regard complètement perdu. Elle eut besoin de plusieurs secondes pour comprendre ce qu'il venait de raconter, comme s'il l'avait dit dans une langue étrangère et consentit au fait qu'il pouvait avoir raison.
Elle qui avait toujours cru qu'elle devait être la meilleure pour se faire remarquer, apprécier… comme à leurs onze ans. Ça lui avait valu une crise de larmes dans les toilettes et peu d'amis par la suite.
La plupart l'avaient ignoré, quand ce n'était pas pour se moquer de son intelligence que soi-disant elle montrait à tout va et qu'elle suivait à la lettre les règles. Pourtant elle ne souhaitait pas paraître supérieure aux autres… sauf peut-être par rapport aux Serpentards... Juste prouver qu'elle était capable elle aussi, malgré ses origines moldues.
– Ron est un bon Alpha, tu n'as pas à t'inquiéter par rapport à ton statut hiérarchique. Le seul temps où ce sera probablement plus dégradant ou frustrant, c'est lors de grande occasion. Du genre une délégation, un clan ou un Alpha étranger qui vient en visite, là c'est un peu plus délicat.
– Oui, et j'ai compris! Je n'ai plus besoin de les… surveiller autant comme à Poudlard, de les obliger à travailler, comme, comme pour leurs devoirs ou étudier ou bien juste pour leur éviter des bêtises.
Elle prit une respiration qui au final lui coûta.
– C'est une responsabilité en moins que j'aime. Je… Je n'avais pas réalisé que j'allais jusqu'à penser pour eux, ni qu'ils se fiaient un peu trop à moi pour que j'exécute les choses à leur place. Surtout pour qu'ils étudient et réussissent leur cours.
La vampire se cala dans sa chaise. Pourquoi Remus ne pouvait-il pas sentir comme Bill? Au moins avec lui, il avait juste l'air de s'être baigné dans de l'eau de Cologne bon marché. Ça puait, c'était fort avec une touche sauvage, mais c'était dans les limites du supportable et surtout, ne lui apportait aucune envie de le tuer.La rendait agressive, ça, certainement, mais pas jusqu'à tuer. Si Remus ne terminait pas bientôt, elle ne tarderait pas à sortir d'elle-même, chose qu'elle ne voulait pas. Et elle savait qu'elle le prendrait comme un échec personnel si elle devait prendre cette initiative. Elle pouvait mieux faire. Elle devait mieux faire!
– Ça, ça été un peu dur à avaler, cette constatation… taire de vieux réflexes humains s'est avéré difficile… j'ai sûrement du les endosser à cause de… – La jeune femme déglutit inutilement –… De la popularité de Harry qui nous plaçait souvent… sous les projecteurs. Mais… ce qu'on est devenu… – elle serra les poings extrêmement fort –… j'aime bien… C'est reposant. Et… je ne suis pas n'importe quelle soumise… mais la compagne de Ron. Même les autres de même classe me devraient le respect.
Haletante, elle avait l'impression de terminer un marathon.
Voyant qu'elle peinait de plus en plus à se concentrer, Remus d'un coup de baguette, plus discret et plus lentement que la dernière fois, changea l'air et la renvoya avant de convoquer Ron après avoir pris une petite pause.
À suivre…
Lexique :
Piler sur ton égo : mettre son égo/orgueil de côté, passé par-dessus son amour-propre.
