A/N:
(L'univers Twilight appartient à S.M.)
...
Chapitre 25
« Les détails font la perfection.
Et la perfection n'est pas un détail. »
Leonard De Vinci.
...
(Samedi 13 Septembre.)
Pdv Bella:
« Tu crois que si je mélange la brioche avec ton yaourt à la fraise, ça fera bon? » me demanda Nathan tout en commençant déjà à ouvrir la petite bouteille de laitage.
« La meilleure façon de savoir, c'est d'essayer ? »
Il prit un croc de sa brioche puis une gorgée du yaourt, et commença à mâcher, « Mmmhh… » fit-il en fermant les yeux, j'étais obligée de sourire, « C'est boonnn… Tiens, goûte! » fit-il en me tendant la brioche dans une main et la bouteille dans l'autre.
« Nan, ça va, merci. »
Quelqu'un frappa à la porte avant d'entrer.
« Alice, viens gouter mon gouter! »
Elle souleva ses sourcils dans l'étonnement.
« Non, chéri, je viens de manger » fit-elle en se tournant vers moi.
« C'est la première fois qu'il m'invite dans quoi que ce soit. »
« Il y a une première dans tout. » répondis-je en soulevant les épaules.
« Ne fais pas comme si c'était rien Bella, tu as un effet incroyablement positif sur ce petit, bien plus encore que le médecin qui l'a opéré » fit-elle en s'installant sur le fauteuil alors que j'étais sur le bord du lit de Nathan.
« Ah oui ? » commençai-je déjà à m'énerver. « Tu trouves que le fait qu'il sorte de l'hôpital tout seul c'est positif ? » lui rappelai-je l'incident d'hier.
« Non effectivement c'est grave mais figure toi qu'il y a du positif même là dedans. »
Je soulevai mes yeux vers le plafond.
« Eclaire moi de ta lumière Brandon. »
« Il prend des risques, il va vers l'inconnu. La curiosité est maintenant plus forte que la peur. Comme chez tout enfant… Mmh… sans traumatisme allons dire. »
Elle amena son regard vers lui pendant que je la fixais davantage énervée.
« Il a confiance en lui. »
« Moi, j'ai pas confiance en vous. » lâchai-je.
« Vous ? » demanda-t-elle
« Oui, toi et l'ensemble des personnes qui gérez le projet pour ce petit - d'ailleurs, explique moi comment un gosse fait pour sortir d'un service sans qu'aucun membre du personnel ne le remarque ? »
« Et comment le petit a fait pour te suivre sans que, toi, tu ne le remarques ? »
« Commence pas sur cette route Brandon - »
« - Je ne t'accuse de rien Bella - »
« - Alors ferme là. » lançai-je en commençant à ranger mes affaires. « Je te dis juste que si c'est facile de mettre la responsabilité sur l'équipe alors c'est aussi facile de la mettre sur toi. » « C'est pas pareil! »
« Non, c'est pas pareil. » fit-elle calmement, « mais j'en connais qui font des raccourcis très rapides. »
« Tu t'en vas Bella ? »
« Oui Nath, j'ai des trucs à faire. »
« Mais on n'a même pas fait du Rubik's aujourd'hui! »
« Demain champion. » répondis-je en prenant l'écharpe qu'il me tendait déjà. Je me baissai vers lui, « Demain, on finit ce Rubik's, d'accord ? »
Son sourire s'élargit.
« Ouiii! »
Alice se leva en même temps que moi.
« Bella, dis mois, as tu rencontrer l'assistante sociale ? » me demanda-t-elle de nulle part, sur un ton plus sérieux.
« J'en sais rien, qui est-ce ? »
« Jessica ! » rebondit Nathan avant Brandon, « On l'a déjà vu, si si! On était ensemble, tu te souviens pas Bella? »
Je me souvins finalement de la personne en question… Elle m'avait semblé beaucoup trop curieuse pour son propre bien…
« Ouais, pourquoi ? »
« Non, comme ça, c'est bien qu'elle est pu te rencontrer… »
J'émis à nouveau un rire nerveux.
« Oui, bien sure, de toute façon, j'ai bien l'impression que ta vocation c'est de me faire rencontrer tout l'hosto - bref, je me tire. » Je me dirigeai vers la porte.
« Il y a une personne que j'aurais voulu t'éviter mais il sera là, à la réunion de lundi… »
« Oh, mais tu sais Brandon, » Je me tournai vers elle, « Si ça peut te soulager, je peux aussi ne pas venir à cette réunion ? » lançai-je ironiquement mais au fond de moi j'étais pleine d'espoir.
« Non non, c'est important que tu sois là. » Elle se tourna vers Nathan tout en continuant à me parler « On va faire en sorte que le médecin qui l'a opéré soit dans sa version… la moins tendue. »
« Masen est gentil. » défendit Nathan en sachant visiblement de qui Alice parlait.
Brandon se mit à rire.
« Oui, quand il veut bien… » Elle se tourna vers moi, « Ne sois pas étonnée par son coté un peu… brutal. »
Je souris amèrement.
« T'inquiète pas pour moi. »
Les hommes brutaux, je connais bien…
...
Pdv Bella
Je ressentis mon téléphone vibrer dans ma poche alors que je me dirigeai vers l'unité privée de psychiatrie.
Un appel.
Angela.
Je fixai l'écran, figée, jusqu'à ce que l'appel s'arrête.
Les boules dans la gorge, et la douleur dans la poitrine.
« Arrête, merde. »
Je commençai à écrire un sms.
Salut Angie, Merci pour le resto,
mais j'aurais pas le temps.
Bisou+
Je ne voulais pas me souvenir.
...
Pdv Bella
Je m'approchai de sa chambre en ayant l'impression que le pire à l'intérieur pouvait m'attendre.
Je n'arrivai toujours pas à intégrer l'idée que Rosalie était revenue.
Et si je la retrouvais à nouveau dans l'état qu'on lui connaissait depuis un an ?
Un an…
Ma main se dirigea vers mon écharpe pour la défaire un peu.
J'avais l'impression subite de manquer d'air.
J'ouvris doucement la porte.
Rosalie était endormie dans son lit.
Elle ouvrit ses yeux quand la porte se referma.
J'avalai douloureusement.
« Ça va ? »
Elle tourna sa tête vers moi puis se souleva sur les coudes
« Je suis pétée… »
Je soupirai de soulagement.
Rose était toujours là.
« Aide moi à me remettre dans ce foutu fauteuil. »
Je me dirigeai vers elle, elle retira la couverture d'un geste et essaya de descendre ses jambes vers le sol mais évidemment elle n'y arriva pas. Je le fis pour elle, puis je l'aidai à soulever son tronc pour qu'elle se retrouve assise au bord du lit.
« Elles ont quoi mes jambes, bon sang ? »
« Je crois qu'elles sont, maintenant, totalement désadaptées à l'effort. »
Elle souleva son regard vers moi, en affichant un sourire en coin.
« Ah ouais Docteur Swan ? »
« Un an à parler avec les médecins de ton état de santé, c'est peut être équivalent à la Fac de médecine. » répondis -je en essayant d'y mettre de l'humour mais je n'y arrivais pas.
Je rapprochai le fauteuil de son lit, je bloquai les freins des roues, et je glissai mes bras sous les siens.
« Appuis sur tes jambes. »
Ses bras autours de mon cou, je la soulevai et fit un mouvement de rotation, pour l'installer sur le fauteuil.
« Putain… C'est pas possible. » murmura-t-elle en se positionnant mieux dans le fauteuil.
« Qu'est ce qui n'est pas possible ? »
« C'est pas possible que je reste dans cet état. » répondit-elle, « Y a plus rien dans ces foutues cuisses. » ajouta-t-elle en les frappant légèrement.
Je souris.
« Tu sais, juste comme ça, tu es beaucoup - beaucoup - mieux que tu n'as été depuis bien longtemps. »
Elle baissa son regard dans l'espace entre nous.
« Je sais… » Elle souleva ensuite son regard dans le mien, « Dois-je m'en contenter ? »
Je clignai des yeux, étonnée par la vitalité dont elle faisait preuve en si peu de temps.
Et c'était tellement elle.
Rien ne contentait Rosalie.
« Assieds toi. » fit-elle en faisait un signe de tête vers son lit.
Ce n'était pas un ordre, non, c'était le sens de protection dont elle faisait toujours preuve avec moi.
« Tu as vu la Doc depuis hier ? » lui demandai-je. Ce qui s'était produit hier avec Nathan et l'animateur relevait de l'aberration. Je me demandais même si elle le réalisait.
« Ouais… » répondit-elle en avançant son fauteuil près de moi. « A chaque fois que je vois cette femme, j'ai l'impression d'être vidée de mon énergie… Elle est passée tôt ce matin. »
« Et… Donc ? » continuai-je hésitante. « J'sais pas… Apparemment j'aurais un truc avec les enfants… Et des trucs sur les dates… »
Elle me scruta du regard.
« D'ailleurs… »
« - Laisse tomber. » Je savais sur quel chemin elle se dirigeait.
« Quoi ? »
« Laisse tomber. J'veux rien entendre. » Et de nouveau, cette impression de manquer d'air…
« Donc quoi ? Combien d'années on va continuer ça ? »
« Autant qu'il faudra pour oublier ! » Je me levai pour ouvrir la fenêtre mais celle ci était bloquée, évidemment, nous étions en psychiatrie. Je restai face à la baie vitrée et dos à elle.
« Tu crois que tu vas oublier Bell's ? » l'entendis-je derrière moi.
« Arrête Rose. »
« Tu crois que moi je vais oublier ? » lança-t-elle en ignorant que j'étais au bord du précipice.
« Arrête, putain, arrête ! » Je retirai mon écharpe du cou, et mes mains vinrent griffer ma gorge.
« On n'oubliera jamais! » Et la faille que j'entendis dans sa voix me fit tourner vers elle.
Une larme solitaire coulait sur son visage alors que son regard était planté dans le mien.
Dans le défi.
Elle a toujours été plus forte que moi.
« J'ai passé un an de ma vie figée dans l'horreur de tout ce qui nous est arrivé… A essayer de comprendre… pourquoi eux… pourquoi nous… pourquoi ci… pourquoi ça… »
J'avais tellement mal.
« Mais les choses sont ce qu'elles sont… Et c'est arrivé le jour de ton anniversaire. Et c'est comme ça. C'est tout ! »
« Nan… » fis-je en agitant la tête « C'est arrivé le jour de la remise des coupes - pour une compétition à laquelle Charlie ne voulait pas que je participe ! Et maintenant - il avait raison ! » rétorquai-je en entendant les battements de mon cœur dans mon crâne.
« N'importe quoi… » lança-t-elle en envoyant ses cheveux en arrière, « Admettons même qu'il ait eu raison, qu'est ce que ça change maintenant ? »
« Ce que ça change ?! Comment tu oses ?! Maintenant que ton cerveau s'est rallumé, tu crois que tu vas nous faire des leçons de vie ? »
Elle me regarda droit dans les yeux, non perturbée par mon attaque.
Rosalie dans toute sa gloire.
Et les larmes coulaient maintenant sur mon visage.
« Ce que ça change, c'est qu'on aurait, aujourd'hui, nos parents avec nous… » murmurai-je.
Elle continua à me fixer. Et j'avais l'impression que j'étais celle qui était malade, celle qui était dans un fauteuil roulant.
« Je me suis suffisamment torturée… Mais ça s'arrête ici. »
Je réduis mon regard sur elle.
« Oui Bell's, tu auras beau te torturer, ça ne ramènera ni maman ni Charlie. »
Je me tournai à nouveau vers la baie vitrée, incapable de maintenir le regard.
Incapable d'entendre davantage.
J'entendis son fauteuil roulant se rapprocher pour finir à coté de moi, face à la baie vitrée.
« La Doc ma posé une question avant de me laisser ce matin… Je te la retourne… »
Je continuai à regarder la vue par la fenêtre, mais tout ce que je voulais c'était quitter cette foutue chambre.
« Et si on se donnait une nouvelle chance ? »
...
Pdv Bella
« Oh Marie chérie… Que nous doit cette visite en plein contrat ? »
Il y avait dans la question de Jane de la curiosité mais aussi de la crainte.
Crainte que le client ne m'est viré avant la fin du contrat.
« Je viens juste prendre une robe » fis-je rapidement en me dirigeant vers l'étage où se trouvaient toutes les tenues.
L'inquiétude disparu pour la curiosité seule.
« Le client veut que je l'accompagne à un gala… Kate est là ? » C'est elle qui avait la clé du dressing.
« Oui elle est haut avec Irina. Tout se passe bien alors ? » continua-t-elle.
« Oui, Jane, tout se passe bien. » répondis-je en envoyant rouler mes yeux vers le plafond et en me dirigeant vers l'ascenseur.
Je tombais directement sur Irina en sortant de celui ci.
« Marie… »
« Irina… » rendis-je à celle qui m'avait formé il y a un an « Ta soeur est par ici ? »
« Dans les fringues. » fit-elle en traçant dans l'autre sens. Pas de bla bla avec elle.
J'entrai dans l'immense pièce où se trouvaient toutes les tenues utilisées pour les privés.
« Mariiie! » sortit d'entre les rayons Kate.
« Hello… »
« Où es tu passée ? » demanda-t-elle avec un sourire en coin, en sachant très bien où j'étais.
« Kate, j'ai besoin d'une robe pour un gala. » lançai-je en fouillant déjà dans un des rayons.
« Il t'emmène à un gala ? » fit-elle toute excitée par l'idée.
« Kate ! »
« Oui ? » fit-elle innocemment. Irina et elle étaient tellement différentes.
« La robe. Et vite. »
Kate me présenta une série de robe mais rien n'allait.
Trop court. Trop moulant. Trop dénudé. Trop voyant.
Trop - pas Edward Cullen.
« Et si on se donnait une nouvelle chance ? »
La question stupide de Rosalie me revint en tête.
Elle ne savait pas ce que j'étais devenue…
Elle ne savait pas ce que Jasper était devenu…
Il nous fallait bien plus qu'une foutue chance…
« Écoute, peux tu me trouver quelque chose qui ne fasse pas trainée - et concentre toi sur le fait que le client est dégoûté par tout ce qui se rapproche de la vulgarité. »
« Okaayyy… » Elle se mit à fouiller dans un nouveau rayon, « J'peux te demander pourquoi il a pris deux semaines avec toi du coup ? »
« J'te répondrai quand j'aurais la foutue réponse… »
...
Pdv Bella
J'entrai dans la villa plus tard que d'habitude.
Je savais qu'Edward ne serait pas là toute la nuit alors, pour m'éviter le vide angoissant de cet endroit le plus longtemps possible, j'étais restée un peu de temps avec Irina et Kate. Débriefing sur les nouvelles du Crystal, rien de leur récit ne m'intéressait vraiment.
Mais au moins je n'étais pas seule, mon esprit vaguement connecté à leurs propos et n'allant nulle part ailleurs…
C'était tout ce que je voulais.
Je montais les marches lentement vers ma pièce. Une fois à l'intérieur, je déposais le sac contenant ma tenue pour demain.
Je sortis mon téléphone de mon sac.
22h05
La nuit sera encore longue.
Je déballai la robe de son emballage et je l'accrochai à un cintre pour qu'elle ne soit pas froissée demain. Je l'observais un long moment.
Un peu plus de deux heures pour la trouver. Kate n'en pouvait plus de moi.
Elle était simple mais élégante, j'imagine… Son dos fait de dentelles me dérangeait un peu… Mon tatouage allait être visible… Je n'étais pas sure qu'Edward apprécie…. Je lâcherai mes cheveux en arrière si c'est le cas…
Ce sera les derniers instants avec cet homme.
Je ne voulais pas les gâcher pour une histoire de vêtement.
Je ne voulais pas entacher son image à cet événement.
Il aura, à son bras, une femme qui n'était pas le centième de ce qu'il était…
Il fallait, qu'au moins dans les apparences, je sois à la hauteur.
« Et si on s'accordait une nouvelle chance ? »
La foutue question n'arrêtait pas de résonner dans mon crâne au milieu de ce silence assourdissant.
« Ne te laisse pas berner… » murmurai-je toute seule.
Il n'y a pas de nouvelle chance.
Il est d'un monde et je suis d'un autre.
Je me tournais vers le tableau accroché au mur.
Il est d'un coté de la ligne et je suis de l'autre.
Je me promenais dans la bibliothèque du deuxième étage, la musique à fond dans mes écouteurs.
J'avais trouvé quelques rares bouquins qui ne parlaient pas de médecine. Je m'installai au fauteuil avec le téléphone fixe près de moi. Probablement qu'Edward appellera comme il avait fait le weekend précédant quand il était de garde…
Profondément, j'espérais entendre sa voix.
Et je me détestais pour ça.
L'espoir était la vertu des esclaves.
...
( Dimanche 14 Septembre.)
Pdv Bella
« A-t-elle déjà été en contact avec un enfant durant cette dernière année ? »
Docteur Cullen me sortit de mes pensées alors que nous observions toutes les deux Rosalie.
Elle, elle l'observait. Moi, j'étais entre les cauchemars de la nuit dernière et le souci de n'avoir eu aucune nouvelle d'Edward.
« Je sais pas, surement… » répondis-je vaguement.
Peut être avait-il eu trop de travail cette nuit… Mais il m'avait appelé la dernière fois à plusieurs reprises alors que son bip ne faisait que sonner…
« Surement ? Quel enfant ça aurait pu être ? » insista Docteur Cullen, elle menait une enquête.
Je réfléchissais, effectivement, je ne voyais pas quel enfant aurait pu l'approcher tout ce temps où elle était confinée dans un lit.
« Enfin, non…Surement pas - Mais où est ce que vous voulez en venir de toute façon ? » m'impatientais-je « Quel était son lien avec les enfants avant l'accident ? » continua-t-elle en ignorant ma question. Elle semblait fascinée par la problématique de Rosalie.
Je réfléchissais un instant dans le brouillard des souvenirs du passé dans lequel je ne voulais tellement pas me rapprocher…
« Elle adorait les enfants… Et les enfants l'adoraient. Elle se faisait de l'argent de poche en faisant du baby sitting… Je me souviens, elle me disait souvent qu'elle adopterait un enfant si jamais elle ne trouvait pas d'homme suffisamment à sa hauteur… »
Elle sourit affectueusement à ce que je racontais.
« Ça lui ressemble bien… » fit-elle, « Votre sœur a une grande estime de sa personne. C'est une coriace. »
Je réduis mon regard sur ce médecin bien plus doué que je ne pouvais l'imaginer.
« Un choc sur une personne d'un caractère aussi fort, ça détruit de façon brutale et violente. L'écart entre la force habituelle et la faiblesse générée par le traumatisme est bouleversant. C'est l'état dans lequel vous l'avez connu cette dernière année. » m'expliqua-t-elle calmement. « Je crois que cette force de caractère va grandement nous aider maintenant. Maintenant que le verrou est débloqué, elle se relève avec une agilité assez surprenante. »
« Que le verrou est débloqué ? J'comprends pas… »
« Son inconscient est resté bloqué dans l'image de cet homme qui l'a agressé. Pour faire simple, l'inconscient, toujours en lien étroit avec la partie consciente de son esprit, a commandé à sa conscience que tous les hommes, sans exception, étaient pareils. Sa conscience s'est verrouillée la dessus. »
Je clignais des yeux à ses explications mais quelque chose m'échappait encore.
Elle dû le voir sur mon visage parce qu'elle continua.
« Seulement dans son inconscient, il y aussi d'autres souvenirs… Des éléments positifs qui peuvent fonctionner comme… » Elle réfléchit pour trouver le bon mot, « Comme un bouclier - ou je dirais même comme une clé. Une clé qui a ouvert le verrou… Une clé qui a déverrouillé sa conscience. »
« Et… cette clé… » commençai-je alors que les pièces s'agençaient dans ma tête et que des vertiges me prenaient à l'idée qu'une telle coïncidence est pu sauver Rosalie.
« La clé c'est ce petit garçon qui vous a suivit. »
...
Pdv Bella.
« Attends Bella! » Nathan prit le Rubik's de mes mains et il analysa chacune des faces.
Je souriais en voyant ses yeux s'élargir.
« T'as bientôt tout finit. » chuchota-t-il comme si c'était un secret entre nous.
« Nous avons bientôt tout finit. » corrigeai-je.
Il remit dans mes mains le cube, « Tiens ! Vas y, fais le. » fit-il plein d'anticipation.
Je le remis dans ses mains. « C'est toi qui va le finir, mon grand. » Ses yeux s'élargir encore davantage si c'était possible et un sourire commença à dessiner son visage. « Regarde, tu vas tourner cet étage vers toi juste de deux crans. »
Il positionna ses mains avant de soulever sa tête vers moi à la recherche du feu vert.
« Vas y. »
Il baissa son regard vers le cube et commença à tourner le niveau en question.
« Un… » fit-il avant de soulever encore une fois son regard sur moi, et je comprenais pas pourquoi c'était si important de finir ce Rubik's. Mais je souriais quand même à ce garçon sortit de nulle part dans ma vie.
Je l'encourageai d'un signe de tête.
« Deux… »
Puis il se mit à tourner le cube dans tous les sens pour vérifier qu'il était bien terminé. Un sourire énorme traçait son visage malicieux.
« On a finit, Bella! » Il se lança contre moi en m'enlaçant.
« On a finit, oui… » Et je le serrai en retour. J'étais heureuse de le voir heureux. J'étais heureuse de contribuer, avec si peu, à un bonheur aussi simple…
Mais au fond de moi crépitait une peur que je ne saisissais pas clairement.
On a finit…
Nathan n'avait plus besoin de moi…
Et le dernier jour avec Edward qui résonnait comme un compte à rebours.
Tout allait finir.
...
Pdv Bella.
« Donc ? »
« Donc quoi ? »
« Isabella Maris Swan, fais pas la débile avec moi… »
J'étais partagée entre la douleur d'entendre mon nom et la joie d'entendre Rosalie faire la grande soeur avec moi.
Elle était toujours là.
« Je ne vois pas de quoi tu parles Rose. » « Le gosse! Il sort d'où ? »
« Ow…ça… » fit-je en m'installant sur son fauteuil roulant pendant qu'elle était assise dans son lit.
« C'est compliqué…» fis-je simplement.
Elle émit un petit rire amère.
« Est ce qu'il y a quelque chose de facile dans nos vies en ce moment ? »
« Non… » Et elle ne savait encore rien… Ce que j'ai fait au sein du Crystal… Ce qu'est devenu Jasper…
« Hey… » Je centrai à nouveau mon regard sur elle. « D'où. Vient. Ce. Gosse ? »
« Rose, juste au cas où tu te ferais des films, tu étais pré comateuse juste un an et ce petit a sept ans. » Elle souleva un sourcil en sachant bien où je voulais en venir, « Tu n'as pas loupé de grossesse chez moi. » ajoutai-je en souriant ironiquement.
« Encore heureuse ! Je t'interdis de tomber enceinte sans que je ne sois là. »
Je me mis à rire, amèrement moi aussi.
Et, évidemment, mon cerveau se souvint que je n'avais pas eu de nouvelles d'Edward. Je devais me dépêcher de retourner dans la villa au cas où il appellerait…
« Bella ? » Je centrai à nouveau mon regard sur Rosalie, qui réduit le sien sur moi. « A quoi tu penses… », ça ne sonnait même pas comme une question.
« Oh… Rosalie… » lançai-je en me levant du fauteuil. Je me dirigeai vers la baie vitrée, dos à elle, ce sera plus simple. « Il s'est passé tellement de choses depuis… » Je bloquai, « Pendant que tu étais… »
« Raconte moi… » fit-elle directement mais je sentais le doute dans sa voix et Rosalie ne doutait jamais.
« C'était dur… Terriblement dur… » commençai-je, mais comment lui dire? Quels mots utiliser ? Etait-elle prête à entendre le drame qu'était devenu nos vies. « On a changé… » était tout ce que je pouvais formuler.
« On ? » l'entendis-je murmurer.
Je me tournai lentement vers elle.
Je l'observais tandis que je savais qui réapparaissait depuis l'abîme de ses souvenirs…
Mon cœur commença à battre plus vite ; elle pouvait toujours plonger dans son état antérieur.
Elle cligna des yeux comme si, tout à coup, une marée d'information lui tombait dessus.
J'arrêtais de respirer.
« Ja - Jasper… Où est-il ? »
...
Pdv Bella
« Bell's, tu vas m'étouffer. »
Je m'écartai de Jasper, il posa ses mains autours de mon visage et me scruta de son regard bleu cristal - le même que celui de Rosalie. Il semblait, comme toujours, fatigué, soucieux et sauvage, le tout à la fois.
« Qu'est ce qui se passe ? J'suis là. » demanda-t-il en cherchant des réponses sur mon visage, en pensant qu'il y a avait un problème, comme nous étions habitués à n'avoir que des problèmes.
« Ro - Rose, elle va mieux, Jazz… » Ma voix tremblait en prononçant des mots que je n'imaginais plus sortir de ma bouche. « J'veux dire, vraiment mieux - j'crois - enfin j'sais pas - mais elle - elle est revenue. »
Il cligna des yeux en lâchant mon visage.
« De quoi tu parles ? »
Il voulait pas y croire.
Je n'osais pas y croire non plus.
« C'est fou, je sais - mais - mais elle n'est plus - enfin elle est - » Je trouvais pas les mots et j'avais la peur atroce de formuler une phrase complète. Comme si je pouvais me réveiller d'un rêve dont je ne voulais pas sortir.
« Putain Bell's, accouche - »
« Avant hier » commençai-je, « Un homme, » et je vis l'expression de son visage durcir instantanément, « - Non, c'est pas ce que tu crois - justement - »
« - Justement quoi ? »
« Ça s'est bien passé. » lâchai-je.
Il resta silencieux et figé.
« Il n'y a pas eu de crise, pas de convulsion, elle était bien, elle lui a même parlé ? » ça sonnait comme une question, j'agitai ma tête pour la vider des doutes « J'étais là, j'ai tout vu. »
Il était toujours figé le regard dans le vide entre nous.
« C'est qui le type ? »
Je clignai des yeux à la question.
« Ça n'a pas d'importance qui c'est - »
« - Bien sur que si - pourquoi avec lui c'est passé - »
« - Ça n'a rien à voir avec lui, Jasper - elle ne l'avait jamais vu avant - et j'en ai discuté avec la psy, et… » Je ne voulais pas entrer dans les détails qui me mèneraient forcement à expliquer d'où sortait Nathan… « C'est juste plus complexe que ça, et clairement, ça n'a rien à voir avec le gars en face d'elle. »
Il me quitta à nouveau du regard pour le vide. Il frotta son visage comme si nous étions vraiment à demi éveillés.
« Donc… » commença-t-il
Et je savais à quoi il pensait.
Je savais ce qu'il n'osait formuler…
Il souleva son regard dans le mien en cherchant une réponse.
« Elle - Elle m'a demandé où tu étais. »
Et je jure que moi même, je n'arrivais pas à croire mes mots.
Ses yeux s'élargir dans le choc.
Je m'accrochai à nouveau à lui, mon visage contre sa poitrine, je sentis ses bras se refermer fort derrière moi.
Et si Jasper pouvait à nouveau revoir Rosalie ?
Et si nous pouvions, à nouveau, être tous les trois ensemble ?
Les larmes coulaient contre la veste de Jasper.
« Et si on s'accordait une nouvelle chance ? »
Les mots tapaient si fort.
...
« Il faut y croire un peu, y a bien des fleurs qui poussent dans le sable. »
Grand corps malade, Mental
...
A/N : Il faut y croire !
Merci pour vos messages +++ La suite arrive… Edward arrive… Le gala aussi... Et tellement de choses ;)
