Chapitre 37 – Slip en réglisse et string en plumes
-Surprise ! crièrent un chœur de voix.
Elle cligna des yeux plusieurs fois et derrière les confettis, vit Bill avec Fleur à son bras, Remus près d'un couple âgé, Tonks, Sirius, Charlie, et finalement, les jumeaux ainsi que Lee. Elle se précipita dans les bras de son père, encore traumatisée de la bataille du département des mystères où elle avait failli le perdre. Après une étreinte soulagée, elle sauta presque dans les bras de Charlie avant de l'embrasser à pleine bouche sans la moindre honte. Dans le fond, elle put entendre Sirius s'en plaindre, Remus se moquer de son ami, Bill rire ouvertement, et les jumeaux qui les sifflaient.
Finalement elle se détacha de lui mais resta dans ses bras encore quelques secondes, avant de reculer d'un pas.
-Que faites-vous tous ici ? s'étonna-t-elle.
-On est venus te féliciter pour ton diplôme, bien sûr, sourit Remus en s'approchant.
-Puisque toi, tu l'as eu, ajouta Bill en coulant un regard en coin à ses frères.
Les jumeaux haussèrent les épaules d'un même mouvement.
-Aucun intérêt, dirent-ils.
-Vous, je vous retiens, siffla la jeune fille. Me laisser seule avec ce crapaud !
-Le local du Chemin de Traverse s'était libéré, il fallait faire vite, expliqua George.
-Alors ça y est, vous avez le magasin ? demanda-t-elle.
-Presque, répondirent-ils. Il faut terminer de l'aménager.
Laureen hocha la tête et termina de saluer les personnes présentes, dont les parents de Remus, Lyall et Hope Lupin, qui s'avérèrent charmants. Elle se retourna pour demander quelque chose à son père quand elle sentit qu'on la pinçait fort dans les côtes.
-Par le slip en réglisse de Dumbledore ! s'écria-t-elle en faisant un bond.
-Pense à mieux régler la commande de la distance, souffla Fred à son frère alors qu'ils repliaient un genre de bras télescopique.
-Slip en réglisse, répéta George en ayant l'air de réfléchir.
-Sous-vêtements en bonbons ? pensa Fred à voix haute.
Ils se tournèrent l'un vers l'autre avec des sourires complices, ou machiavéliques ça dépend du point de vue, et se tapèrent dans la main. Laureen leva les yeux au ciel tandis que Lee se tapait les cuisses de rire depuis qu'elle avait crié ça.
-Slip en réglisse ? fit Remus avec un sourire.
-String en plumes de Merlin, ça commençait à devenir vieux, répliqua Laureen.
Son père se retint de rire et émit un bruit de cochon, déclenchant l'hilarité générale.
-A table ! appela alors Molly depuis la cuisine.
-Ooooh, je sens l'appel du festin, euh… destin ! sourit Sirius en se précipitant pour s'asseoir.
-Les hommes et l'appel de l'estomac, soupira Tonks.
-Dit celle qui a refusé de partager une barre de chocolat avec moi, marmonna Remus.
-Tu as essayé de me voler mon chocolat ! s'exclama Tonks avec indignation.
-Je parie sur moins d'un an, lança alors Laureen.
-Non, un peu plus quand même, la contredit Sirius.
-Avant l'été prochain, je te dis.
-De quoi ? firent Tonks et Remus en même temps.
-Votre mariage, sourirent les deux Black innocemment.
Les deux concernés devinrent rouges comme des tomates et Sirius plongea sous la table pour éviter la tape que le loup-garou voulut lui donner sur le crâne. Molly arriva à cet instant avec un plat fumant dans les mains, et les plus jeunes arrivèrent enfin à table.
A la fin du repas, alors que les plus jeunes aidaient Molly à ranger la table, Fred, George et Lee montraient à Laureen les produits inédits qu'ils comptaient vendre à la boutique.
-Alors toi aussi, Lee, tu vas travailler au magasin ? demandait-elle.
-Il se trouve que j'ai un très bon sens du commerce et que je peux réussir à vendre n'importe quoi, sourit-il. Mais et toi ?
-Non, je dois aller m'occuper de marketing pour l'équipe de Quidditch d'Écosse. J'ai un vrai travail qui m'attend, moi.
-C'était petit, ça, répliqua Fred.
-Tu nous en veux encore ? demanda George.
-Oui.
Pendant que les jumeaux essayaient tant bien que mal de se faire pardonner par leur meilleure amie à l'intérieur, Sirius, Remus, Bill, Arthur et Charlie s'étaient installés une table dans le jardin et jouait aux cartes en sirotant des digestifs.
-Monsieur Black, j'avais quelque chose à vous demander, dit alors Charlie.
-Tant que tu ne me demandes pas la main de ma fille, blagua Sirius en riant.
Charlie grimaça en rougissant, et Remus et Bill éclatèrent de rire. Aussitôt Sirius recracha sa gorgée d'alcool qui atterrit sur Remus.
-Charmant, Padfoot, grommela ce dernier.
-Quoi ? fit Sirius sans se préoccuper de son meilleur ami. Tu… Tu vas…
-Demander Laureen en mariage, finit Charlie d'une petite voix. Mais je tiens vraiment à avoir votre bénédiction, je crois que ça compte pour elle.
Artur regardait fièrement son fils, et Bill semblait très heureux pour son petit frère. Sirius, lui, ouvrait et fermait la bouche dans une pauvre imitation de poisson rouge. Remus prit alors sur lui de poursuivre la discussion.
-Bon, puisqu'on a cassé le père de la possiblement future fiancée, en tant que parrain je vais prendre le relais. Charlie ?
-Oui, monsieur Lupin ?
-Remus suffira. Est-ce que tu aimes Laureen sincèrement ?
-Plus que tout au monde.
-Est-ce que tu es prêt à faire des compromis et à la laisser gagner toutes vos disputes de couple ?
-Jamais je ne me disputerai avec elle.
-Est-ce que tu promets de t'occuper d'elle quand elle tombera malade ?
-Bien sûr.
-Est-ce que tu jures de ne jamais la laisser monter seule sur un balai ?
-Jamais, sourit le rouquin.
-Est-ce que tu promets de toujours prendre soin d'elle ?
-Toujours.
-Est-ce que tu peux garantir qu'aucun de vos futurs enfants, si vous en avez, ne s'appellera Peter, Antonin, Lucius, Bellatrix…
-Aucune chance.
Remus plissa les yeux et laissa tomber son demi-sourire pour un air bien plus sombre et sérieux.
-Est-ce que tu jures sur ta vie de la protéger, et de jamais, jamais ne laisser quoi que ce soit de mal lui arriver ?
-Je le jure.
Le sourire de Remus revint, et il donna une tape sur l'épaule de Sirius.
-Padfoot, c'est à toi de parler.
-C'est vraiment nécessaire ?
-Sirius ! le gronda Remus.
-Bon, bon. Par les pouvoirs qui me sont conférés, je te déclare apte à épouser ma fille, si elle veut de toi.
Remus secoua la tête en soupirant.
-Tu as déjà la bague ? s'enquit Bill.
-Non, rien ne me paraissait assez bien pour elle, marmonna Charlie. J'aurais aimé lui demander pour son anniversaire, mais sans bague…
Sirius releva brusquement la tête avec un sourire de fou.
-Je crois bien que j'ai une idée.
Les autres échangèrent des regards inquiets.
Pendant le dîner ce soir-là, Laureen trouvait Charlie particulièrement pensif et silencieux, et s'apprêtait à le questionner mais fut accaparée par les jumeaux avant d'avoir le temps de prononcer le moindre mot.
-Tu pourrais venir nous aider à installer le magasin cette semaine ? lança George.
-Hum, je ne sais pas, je dois…
-Allez, viens, l'Écosse ne va pas s'envoler, renchérit Fred.
-Oui mais j'aimerais…
-Aide-moi, ils sont insupportables, finit Lee.
-Bon, d'accord, accepta-t-elle.
-Parfait ! On a une chambre d'amis à l'appartement, sourit Fred. Tu y seras très bien, tu verras.
-Non, je vous rejoindrai le matin par…
-Non, intervint Sirius. Reste à leur appartement, ce sera moins fatiguant et puis ce sera bien pour toi de passer du temps avec tes meilleurs amis.
Laureen se tourna vers Charlie en quête d'un dernier soutien, mais ce dernier semblait très intéressé par le contenu de son assiette. Elle fronça les sourcils en se promettant de lui parler plus tard, mais hocha tout de même la tête, clôturant le sujet. Une fois sortie de table, elle s'empressa de retrouver Charlie, qu'elle trouva sur la balancelle derrière la maison.
-Hey, fit-elle en s'approchant. Tout va bien ?
Il sursauta en entendant le son de sa voix, mais sourit et lui fit signe de s'asseoir.
-Tout va bien, répondit-il comme si c'était évident. Et toi, mademoiselle la nouvelle diplômée ?
Laureen rit légèrement à l'évocation de la fin de ses études à Poudlard.
-Ça va, Poudlard va me manquer. Je ne me fais pas vraiment à l'idée que je n'y retournerai pas en septembre, que je n'entendrai ni le discours de bienvenue de Dumbledore ni les réprimandes affectueuses de McGonagall.
-Oui, on a tous vécu ça, dit-il en l'enlaçant. Mais on s'y fait, tu verras.
Elle hocha la tête et tourna la tête pour l'embrasser, mais le sentait un peu tendu et peu réceptif.
-Tu es sûr que ça va ? Depuis cet après-midi tu es bizarre, ça m'inquiète. Je ne t'ai jamais vu aussi silencieux qu'au dîner.
Il déglutit, mais secoua la tête comme pour chasser ces inquiétudes.
-Tout va bien, j'ai juste… un peu de mal à digérer le gâteau au chocolat de ce midi, mentit-il.
Laureen hocha la tête lentement, absolument pas convaincue, et revint à l'intérieur sans un mot.
Le lendemain en fin de matinée, elle s'était retrouvée à peindre à la main la devanture du magasin avec Fred. Les couleurs emblématiques des jumeaux étant le violet et l'orange, l'extérieur était évidemment bicolore. Ils avaient ajouté quelques touches de vert à l'intérieur, rendant les trois étages encore plus criards. Même si toutes les étagères n'étaient pas encore remplies, le magasin avait déjà fière allure.
Par ces temps sombres, peu de monde osait sortir dans le Chemin de Traverse, et beaucoup de boutiques avaient mis la clé sous la porte. La seule note colorée était en effet la boutique des jumeaux.
Laureen pensait au futur succès de ses meilleurs amis, quand elle sentit une substance gluante et froide couler sur son bras. Elle s'était en effet habillée d'un simple débardeur et d'un pantalon de toile pour les travaux de peinture et bricolage. Elle baissa les yeux pour voir un filet de peinture violette qui coulait sur sa peau. Elle haussa un sourcil absolument pas impressionné et s'approcha de Fred, qui avait le pot de peinture violette à ses pieds.
-Je suis tellement déçue, ça manque cruellement d'originalité, lança-t-elle en faisant la moue. A ta place, je ferais plutôt ça.
Et avant qu'il ne puisse s'esquiver, elle donna un grand coup de pinceau, repeignant sa figure, ses cheveux et son t-shirt.
-Qu-quoi ?! s'offusqua Fred en brandissant son pinceau à son tour.
S'ensuivit une bataille de peinture, et après quelques minutes, en dernier recours, Laureen arrosa Fred avec l'intégralité du contenu de son pot de peinture, seulement Fred s'enleva rapidement de la trajectoire, et Lee, sorti pour leur demander quelque chose, fut repeint en orange de la pointe des cheveux à la pointe de ses chaussures. George sortit quelques secondes plus tard et se figea face à la scène avant d'éclater de rire.
-Est-ce que je demande pourquoi ? réussit-il à dire entre deux hoquets de rire.
-Non ! répondirent en même temps Fred et Laureen.
Une fois la peinture extérieure du magasin finie et les peintres en herbe propres, ils s'installèrent dans le salon de l'appartement des jumeaux pour une Bièraubeurre bien méritée. George remarqua que Laureen semblait plus pensive que d'habitude.
-Lau' ? Tout va bien ? demanda-t-il à voix basse alors que les deux autres continuaient à rire à leurs blagues.
-Bien sûr, George, pourquoi ?
-Tu sembles ailleurs.
-C'est juste que… Poudlard, c'est fini. Et je vais partir en Écosse. Et Charlie est bizarre en ce moment. Rien de très grave, mais ça fait un peu trop de stress d'un coup, et je suis trop fatiguée pour gérer ça. La bataille…
-Je suis tellement désolé qu'on soit partis au mauvais moment, Fred et moi, souffla George. Savoir que toi, Ron et Ginny étiez au milieu d'un champ de bataille, entourés de mangemorts…
Il frissonna en grimaçant. Laureen lui prit doucement la main.
-Ron n'a eu aucun problème pour se défendre, et Ginny a fait exploser toutes les prophéties du département des mystères en un seul Reducto pour nous sauver. Ne t'inquiète pas trop pour eux, ils s'en sortent très bien.
George sourit mais le cœur n'y était pas vraiment.
-Quoiqu'il en soit, dit-il en se redressant un peu. Je suis sûr que tout ira bien.
