3x12 - Clear


*pour Y/n*

La hyundai file sur la route. A l'arrière avec Carl, j'ai gardé ma place derrière Rick qui conduit. Il jette des coups d'oeil toujours méfiant sur sa passagère. Elle nous a aidés. Faudrait qu'il la lâche un peu... mais il a préféré encore qu'elle vienne avec nous. Comme si on n'était pas assez nombreux pour aller à King County. Ça m'énerve mais je m'écrase. Je me demande même s'il a vraiment besoin de moi... je regarde le paysage de mon côté, tenue par ma seule mauvaise humeur.

On dépasse un type, il accélère sur le bord de la route. Son sac à dos énorme, orange, se balance derrière lui alors qu'on le regarde, Carl et moi, par la lunette arrière sans un mot. Le pauvre bougre gesticule et hurle d'une voix sur aiguë de désespoir.
Je me remets en place avant le ptit mec. Les yeux de Rick me fixent dans le rétro. Mais je reprends ma position initiale dans un soupir silencieux ainsi que le cours de mes pensées joyeuses.

*pov Rick*

Qu'est ce que j'ai encore fait ?
Y/n s'est portée volontaire la première quand j'ai dit que je voulais aller à King county, et là, maintenant, elle fait clairement la gueule. Je pensais que ça lui plaisait de sortir un peu de la prison. Qu'est ce qui a encore changé ?

Je stoppe la voiture devant le commissariat. J'ouvre le coffre alors que Carl s'approche. Les filles sont déjà devant l'entrée du bâtiment. Je sais que Michonne ne se défait pas de son sabre, et Y/n a toujours un marteau à portée de main.

"Pourquoi tu l'as amenée ?
-Elle a voulu v'nir ! Elle s'est portée volontaire la première !
-J'parle pas de Y/n, P'pa! Évidemment qu'elle, elle a voulu venir ! Mais Michonne, pourquoi tu l'as laissée nous accompagner ?
-Parce que je préfère l'avoir à l'oeil... la cherchant d'ailleurs du regard, s'agirait pas qu'elle nous surprenne.
-Pour quoi faire ?
-Pour pas que Merle fasse de con... de bêtise... reportant enfin mon attention sur mon fils qui grimace visiblement de désapprobation. Et Y/n, tu sais pourquoi elle... ?
-Évidemment... à ton avis ? m'interrompt mon gamin de 13 ans. Elle est là que pour les flingues que tu as dans cette armurerie.

Il se fout de moi ?! Son petit sourire fier de lui me fait clairement penser que mon môme se moque ouvertement de moi. Mais ce n'est que mon gamin, je ne peux pas dévoiler complétement où je veux en venir.

A moitié frustré, on rentre donc dans le commissariat. J'espère y trouver les armes que je sais y avoir entreposées.
Mais nous ressortons quelques minutes à peine plus tard. Et je suis totalement frustré cette fois.

"J'aurais pas pensé qu'elle soit à ce point pillée... avançant le long du trottoir.
-Ça fait un moment, Shérif... est la première phrase que Y/n m'adresse naturellement depuis qu'on est partis.

Je la regarde en face alors qu'elle trottine à côté de moi. Je plisse les yeux sans me rendre compte mais ça m'aide à deviner ce qu'elle pense.

"On peut peut être avancer un peu et tenter de ne pas repartir totalement bredouilles... continue-t-elle sans me lâcher non plus.

On va pour bifurquer à l'angle suivant lorsque je m'immobilise, tendant un bras en travers de Y/n près de moi, sentant Carl et Michonne nous bousculer dans le dos.

-Papa!... râle un peu mon garçon avant de venir à ma hauteur.

La largeur de la rue est entièrement barricadée, encombrée d'îlots faits de bric et de broc, mais surtout hirsutes de tiges de fer.
Dans un réflexe, je dégaine mon Colt et fais un signe à tous pour qu'ils fassent de même. Y/n tient déjà son Glock 19 entre ses deux mains, le long de son corps. Quelques mèches ondulées lui mangent le visage mais ses sourcils froncés lui donnent cet air froid, distant, effic...

Elle tire juste au dessus de ma tête.

"Quelqu'un sur le toit !"

On se replie, on se couvre chacun comme il peut. Dans l'affolement, on s'est éparpillés Elle a du le louper parce qu'une salve éclate à proximité.

"On ne vous veut aucun mal ! crie je en trouvant enfin où s'est caché Carl, puis Y/n.
-Dégagez ! répond l'inconnu casqué perché sur son toit. On n'a pas besoin de vous ! M'obligez pas à...
-Je peux tenter de monter... me dit Michonne tout près.
-Quoi ?! me retournant, surpris de la trouver là, si proche, si calme.
-Je monte... répète-t-elle. Couvrez moi ! faisant signe aux deux plus jeunes.

Je tourne encore la tête pour voir Y/n et Carl opiner du chef. Mais c'est qui qui décide là, bordel ?!

*pov Y/n*

Je jette un oeil à Carl quand Michonne s'éloigne de Rick. Je me lève et tire sur le mec en noir, bien en vue. Carl en profite pour avancer et rejoindre le trottoir. Ensuite, je ne le vois plus.
Je me précipite vers le repli du shérif qui a l'air offusqué.

"Quoi ?! ne trouvant que ça à râler quand je suis près de lui.
-Quoi, quoi ? me répond il.

Mais quelle gourdasse je fais. Je l'ai foutu en rogne. Et je vais surtout devoir me le coltiner : les deux autres se sont évaporés.

"Michonne est entrée ?
-Qu'est ce que j'en sais ?! On m'dit plus jamais...
-Ouai... dis je en levant les yeux, la découvrant sur le toit voisin un peu en contre bas.
-...rien...
-Arrête de chouiner Shérif... dis je sans réfléchir, comme si je m'adressais à Dixon.

Je me redresse, ne voyant plus le type nulle part. Alors j'avance à mon tour vers le trottoir.
L'homme casqué, et tout de noir vêtu surgit face a moi, à moins de quinze mètres.
Le canon du Colt entre subitement dans mon champ de vision droit, une inspiration angoissée remplit mon oreille dans le même temps alors qu'une main ferme attrape la chemise sur mon épaule gauche et me tire en arrière pour que je bute contre un corps dans mon dos, bien plus haut que moi. Bien plus solide aussi.
Je ne vois que le flingue que tend l'inconnu face à moi, puis le chapeau de shérif entre lui et moi, qui déboule comme un furieux.
Un coup part et l'inconnu s'étale de tout son long sur le trottoir, inerte.
L'intérieur du bras nu de Rick frôle ma tempe droite, le Python toujours en joue.

"Putain... souffle-t il de soulagement à mon oreille.

Son mot est assourdi alors qu'il se penche en avant, posant sa bouche sur mon épaule gauche, restant immobile contre son corps dans mon dos et son bras gauche qui me serre en travers du torse.
Je ne vois que Carl qui se précipite sur l'homme qu'il vient d'abattre, nous tournant le dos. Rick s'écarte un peu de moi quand Michonne surgit précipitamment à son tour de l'intérieur du bâtiment, fixant l'homme puis levant les yeux sur nous, fronçant les sourcils sur son visage déjà sévère.

"Ok... voyons voir ce type... décide Rick en passant devant moi sans un regard.

Il s'accroupit pour démasquer l'inconnu. Un afro américain, qui semble faire de l'effet au shérif. C'est bien ma veine. Même si je ne bronche pas, assimilant encore son dernier geste envers moi.

"On rentre... On l'amène chez lui...
-Mais... ! proteste Michonne alors qu'il lève son regard froid vers elle.

Sans discuter pour ma part, j'ouvre la marche alors que les deux adultes soulève le mec, le tenant de chaque côté par les épaules. Michonne ne bronche pas même si je vois bien qu'elle est surprise par le poids mort.
Je gravis les marches du perron lentement, arrivant devant le paillasson.

"Fais gaffe aux pièges, Y/n... Morgan est malin.

Je soulève alors le paillasson dans une intuition provoquée par Grimes qui m'arrive encore par derrière. Le seuil est piégé.

"Merci Shérif... Tu viens de me sauver une cheville...
-Ca aurait été dommage... commente-t-il.
-Misère... maugrée Michonne alors que je souris sans me faire voir.

La porte d'entrée ouvre sur un nouvel escalier. Le palier supérieur est camouflé d'un grand drap blanc. "Je ne plaisante pas" y est peint à la bombe de peinture rouge vif.

"Accueillant, chaleureux... dis je doucement en montant les premières marches. L'appartement de 120 mètres carré est lumineux... et bien agencé...

Je me tais en même temps que je m'arrête une nouvelle fois, prête à poser le pied sur la dernière marche.

"Il en veut à nos guiboles, ce tordu. Levez bien haut les genoux, c'est bon pour ce que vous avez...

Je passe le fil de nylon et écarte les draps pour tomber nez à nez avec une belle hache de secours, sanglante et toujours prête à l'emploi.
Je me retourne pour faire face à mes amis et soulever les jambes de notre hôte HS par dessus sa propre alarme meurtrière.

On vient le lâcher sur un lit de camp.
Je lève les yeux sur les murs, impressionnée de leur état.

"Ce bel appartement a appartenu à un grand artiste... complétement chtarb'...

Je fais le tour du grand appartement transformé en arsenal de guerre.

"La partie salon est claire... et cosy... dis je à voix basse.

J'observe les armes, les caisses de bois à moitié ouvertes et pleines, ainsi que toutes les boîtes de munitions de toutes sortes. Je vise la porte vers la pièce suivante de mes pas. Mais avant de passer le seuil, mes doigts caressent lentement l'arc d'une arbalète posée à côté du chambranle.

"Cet appart' pourrait tout aussi bien convenir à une petite famille attachante qu'à un célibataire dynamique...
-Complètement perchée la meuf...

J'entends les mots de Michonne qui fait son marché dans les munitions, accroupie derrière moi. Je me retourne un peu mais elle ne réagit pas. Mon regard finit au delà d'elle tombant sur celui du shérif qui me fixe, pantois. Je me tourne encore, réalisant sur quoi est encore posée ma main droite.

Je passe donc le seuil de la pièce suivante, me grattant la nuque subitement.
Le p'tit mec est devant moi, figé devant le grand mur dégagé.

"On dirait le plan des Sim's... dis je doucement en approchant derrière lui.
-Qui ça ?! demande le chapeau devant moi. Y avait pas de Sims dans ce quartier...

Je secoue la tête. Il ne peut pas connaître... mais le plan dessiné à la craie sur le mur vert est saisissant de réalité. Le plancher craque des pas lents du shérif mon dos. Je ne réagis pas alors qu'il approche encore.

"Faut que je fasse une course... continue Carl, toujours songeur.
-Quoi donc ?
-Y a un magasin pour bébé juste au coin...
-Non... l'interrompt son père dans mon dos.
-Mais... ! Je voudrais un berceau pour Judith ! se retourne-t-il vers son père.

Je le vois faire mais ne le regarde pas.

"Trop dangereux...
-C'est juste au coin, et la rue est pleine de piéges... !

Il me regarde peut être mais je ne le vois toujours pas, figée par ma vision du mur.

"Je l'accompagne moi... propose la samouraï, du salon derrière nous tous.


Nano 26
J'ai bien aimé cet épisode. Y/n y a plus facilement trouvé sa place... du coup , après relecture, ça va donner deux ou trois chapitres supplémentaires.
Voilà le premier.
J'espère que ça remonte un peu le niveau pour la #teamrick