Bonjour à tous,
Désolée pour l'attente, j'étais surchargée ces dernières semaines. La reprise du boulot, tout ça tout ça !
J'ai fait un gros chapitre pour me faire pardonner !
Bonne lecture 😊
Chapitre 27 : L'antidote
Hermione sentait Draco mal à l'aise. Depuis qu'elle lui avait avoué que le poison qu'il avait avalé pendant un mois continuait de le détruire de l'intérieur, il n'avait pas dit un mot. Il s'était contenté de marcher silencieusement à côté d'elle, le temps qu'ils arrivent devant la porte de son immeuble.
En haut des escaliers, avant d'ouvrir son appartement, Hermione tenta une approche subtile.
- Tu veux dormir ici ce soir ? demanda-t-elle doucement.
Draco leva les yeux vers elle, puis fixa la porte avec insistance, comme s'il attendait qu'elle s'ouvre toute seule. Hermione décida de ne pas insister. S'il ne voulait pas parler, elle n'avait aucun intérêt à le forcer. Elle agita sa baguette et la porte s'ouvrit sur le petit couloir qui servait d'entrée. Elle repensa à l'une des dernières fois où Draco s'était trouvé là, à écouter James derrière la porte qui insistait pour entrer.
Si Hermione avait su ce qu'il allait faire à Draco moins de 5 semaines plus tard, elle aurait laissé ce dernier le tabasser une bonne fois pour toute, et n'aurait pas mis sa vie en danger. Mais aujourd'hui les jours de Draco étaient comptés, et il fallait agir vite.
Pendant le sommeil de Draco à Sainte Mangouste, Hermione s'était longuement entretenue avec le médicomage de garde, qui avait examiné Draco sous toutes les coutures. Son verdict avait finalement été sans appel, Draco avait été empoisonné, et l'antidote au Philtre d'amour n'avait pas effacé les effets du poison, qui continuait de le ronger. Bientôt ses muscles ne fonctionneraient plus, et le médicomage redoutait le pire pour les prochaines semaines, voir les prochains jours. Il avait donc été vital de trouver un antidote à ce poison invisible. Le médicomage avait averti Hermione qu'en fonction de la quantité que Draco avait ingurgité, et en fonction du dosage du poison, il ferait effet plus ou moins vite. Hermione avait récupéré la fiole dans le bureau de Calvin et l'avait envoyée au service d'analyse des nouvelles potions pour trouver le remède indispensable à la survie de son amant. Cependant, aucun antidote n'avait pour l'instant été trouvé. On avait administré plusieurs potions classiques dans ce genre de cas, et même le bezoar s'était révélé inefficaces. Les tests suivants s'étaient révélés sans appel : Draco n'avait pas éliminé le poison.
- Ah ! fit une voix provenant du salon. Ce n'est pas trop tôt ! ça fait bientôt une heure que je t'attends.
Hermione jeta un regard à Draco qui levait déjà les yeux au ciel. Entendre la voix de son ancien ennemi ne devait pas le ravir au plus haut point. Elle posa doucement sa main sur le bras de son amant et lui sourit tendrement.
- Tout va bien aller, lui chuchota-t-elle.
Il lui rendit son sourire mais Hermione se demanda s'il était vraiment sincère. Elle préféra ne pas y penser pour l'instant et s'avança dans le couloir. Elle pénétra dans le salon et observa la scène.
Harry était installé confortablement sur le canapé, et semblait avoir interrompu une séance de lecture de documents, qui étaient éparpillés sur la sable du salon. A ses côté, Ginny était toujours penchée sur les documents et releva la tête en sentant l'atmosphère s'alourdir brusquement.
Hermione sentit la présence de Draco derrière elle et vit le visage de Harry s'assombrir en découvrant qu'Hermione n'était pas rentrée seule. Elle lui lança un regard féroce, le prévenant qu'à la moindre remarque, elle ne lui ferait pas de cadeau. Il sembla comprendre son avertissement et baissa les yeux vers ses parchemins étalés sur la table.
- Nous avons de nouvelles indications quant à une possible planque pour nos deux fugitifs, lança Harry.
Ginny leva les yeux au ciel et se dirigea vers Hermione pour la serrer dans ses bras.
- Je suis très contente que vous soyez tous les deux de retours, dit-elle en regardant alternativement Hermione puis Draco.
- Moi de même ! répondit Draco en se retournant vers la cuisine. Qui veut du thé ?
Hermione eu un semblant de sourire en entendant Draco être le plus naturel possible, pour bien montrer qu'il était ici comme chez lui. Ginny lança un regard complice à Hermione et répondit d'un ton chantant :
- Moi ! Harry aussi, mais ne crache pas dedans s'il te plait !
Hermione éclata de rire face à la façon dont Ginny cherchait à détendre l'atmosphère. Elle se dit que finalement, la meilleure manière de faire était peut-être d'admettre ouvertement que ces deux-là resteraient à jamais ennemis, comme venait de le faire Ginny avec brio.
Hermione s'installa sur le fauteuil faisant face au canapé, et se pencha vers les parchemins.
- Vous avez trouvé quelque chose ? demanda-t-elle à Harry.
- Non, dit-il d'un ton plus froid qu'à l'ordinaire. C'est pour ça que j'ai ramené ça ici. Ce sont des documents d'archive sur des propriétés appartenant à la famille de James. On cherche d'éventuels indices pouvant nous aider à réduire la liste. Il est impossible de toutes les visiter, il y en a des centaines.
- Quel genre d'indices ? demanda Ginny en prenant un papier au hasard.
- Du genre livraison inhabituelle de nourriture, rapport d'incidents, ce genre de choses.
Hermione agita sa baguette et les papiers s'envolèrent délicatement pour former deux piles distinctes, parfaitement rangées.
- un peu d'ordre ne fait jamais de mal, dit-elle avec un air satisfait.
Draco entra avec un plateau chargé des tasses de thés remplies à ras bord. Un geste de baguette fit s'envoler les tasses vers leurs destinataires, et chacun pris sa tasse à la volée. Harry jeta un coup d'œil méfiant au fond de sa tasse, et émit un cri de surprise quand Ginny lui arracha des mains pour l'échanger avec la sienne.
- Comme ça, si Draco a craché dedans, c'est moi qui le boira, dit-elle avec le sourire.
Draco lui lança un clin d'œil, ce qui surpris Hermione. Elle ne s'attendait décidément pas à ce que Draco et Ginny fasse ami-ami aussi rapidement. Mais cela lui plaisait de savoir qu'elle aurait un allié de choix dans la guerre qu'elle devrait mener pour faire accepter Draco par son entourage.
Ils passèrent la soirée à éplucher tous les documents des deux piles. Draco se chargea plusieurs fois de refaire du thé, et Harry ne manqua pas de constater qu'il ferait une parfaite femme de chambre. Hermione lui avait assené plusieurs coups sur l'épaule, et avait fini par le menacer de le transformer en botruc s'il ne s'arrêtait pas rapidement. Heureusement, Draco n'avait rien entendu des sarcasmes de Harry, et la soirée s'était finalement plutôt bien terminée, à un détail prêt.
Ils n'avaient strictement rien trouvé sur les propriétés de la famille de James. La plupart semblaient abandonnées, et aucun signe de vie ne paraissait à travers les documents qu'ils avaient en leur possession. Ils avaient fini par abandonner après une troisième relecture de l'ensemble des parchemins, et Harry s'était avachi sur le canapé. Draco était parti dormir dans la chambre depuis un petit moment déjà. Il était toujours très fatigué et avait besoin de repos. Hermione avait lancé un regard noir à Harry pour lui faire passer l'envie d'envoyer la moindre remarque à Draco sur sa soudaine fatigue. Finalement, Ginny s'était aussi endormie sur le canapé, et Harry et Hermione s'étaient retrouvés seuls.
- Tu penses qu'on les retrouvera un jour ? demanda Hermione à voix basse.
- Je ne sais pas, répondit Harry. Mais il faudra bien. Tu ne seras pas en sécurité tant qu'ils seront dans la nature.
- Je n'ai pas tant peur pour moi que pour Draco, répondit Hermione. Ils s'en sont quand même violemment pris à lui. Tu penses qu'ils avaient réellement l'intention de le tuer.
- Sur ça je ne peux pas leur donner totalement tort, répondit Harry en observant Ginny qui dormait la tête sur ses genoux.
- Harry, lâcha Hermione dans un soupir. Il va falloir t'y faire à un moment.
- Excuse-moi de ne pas être très enthousiaste à l'idée que tu te tapes un ancien mangemort.
- Non, je ne t'excuse pas. Je fais ce que je veux, et tu n'as rien à dire.
- Certes, mais tu n'as pas à m'obliger à être ravi. Je ne vais pas faire semblant.
- Dans ce cas on ne se verra plus ? demanda Hermione qui sentait les larmes lui monter aux yeux.
Harry leva les yeux vers elle pour la première fois depuis le début de leur conversation. Il semblait être tiraillé entre sa haine pour Draco et son amour pour sa meilleure amie.
- Ok, je veux bien faire un effort, dit-il finalement. Mais ne m'en demande pas plus.
- Tu as vu Ron ? demanda-t-elle d'un ton sec.
Harry ne répondit pas. Il la regardait d'un air méfiant, comme s'il essayer de deviner la réponse qu'elle attendait. Devant l'air parfaitement neutre d'Hermione, il se lança.
- Oui, il y a deux jours.
- Et ? demanda Hermione qui s'efforçait de paraitre la plus neutre possible.
- Et voilà. Je lui ai dit que c'était un abrutit, et il est parti. Je n'ai pas de nouvelles depuis, et Ginny non plus.
- Super, lâcha Hermione d'un ton sarcastique. Je pense que vous devriez rentrer. On se voit demain au ministère.
Harry la regarda d'un air résigné, puis réveilla doucement Ginny. Ils partirent en claquant doucement la porte, après qu'Harry ait rassemblé une nouvelle fois les parchemins sur la table du salon. Hermione se dirigea d'un pas lent vers la chambre, en pensant à Ron, et en se demandant comment il avait pu devenir ce type odieux qu'elle ne reconnaissait pas.
Le lendemain matin, Draco était de mauvaise humeur. L'idée de servir de cobaye à des expérimentations sur d'éventuels antidotes ne lui plaisait pas, mais il n'avait pas le choix. C'était ça, ou une potentielle mort prochaine.
Ils arrivèrent au ministère vers 9h et se dirigèrent immédiatement vers le bureau de la petite sorcière qui faisait les recherches sur l'antidote, qui les attendait de pied ferme.
- Sur un sujet conscient, dit-elle en voyant Draco debout et bien éveillé, les résultats ne pourront être que plus probants ! Soit ça marche, soit ça ne marche pas.
Draco jeta un coup d'œil à Hermione qui se retint de rire. Le caractère bien trempé de la sorcière était en effet plutôt comique, mais Hermione en avait maintenant l'habitude. Draco S'assit sur un fauteuil posé au milieu des paillasses débordantes de fioles de toutes sortes, et attendit qu'on lui donne quelque chose à boire.
- cette fois-ci, dit la sorcière, on a testé une nouvelle plante. C'est une plante qu'on utilise normalement pour faire de l'alcool, mais il s'avère qu'on a découvert récemment qu'elle peut être dangereuse pour la santé, quand ajoutée à d'autres plantes. On a fait des recherches pour en trouver un antidote, et il s'avère que cette plante est son propre antidote. Il suffit de la mélanger aux bons ingrédients.
- Comment James et Brune auraient-ils pu être au courant de ça ? demanda Draco. Si ça ne fait que peu de temps qu'elle est utilisée pour les poisons.
- Et bien, répondit la sorcière un peu gênée, il s'avère que cette plante est utilisée pour la fabrication de la bière, et que c'est justement un brasseur moldu qui en a découvert les propriétés dangereuses. On n'avait pas fait le rapprochement avec Brune, mais elle travaille dans un pub. Et le brasseur qui a découvert ce poison est son fournisseur principal de bière. Un maitre de potion sorcier a très bien pu améliorer ce poison pour le rendre d'autant plus virulent.
- Super ! répondit Draco en levant les yeux vers Hermione. Pourquoi on n'y a pas pensé avant ?
Hermione se posait également la question. Comment se faisait-il qu'une information aussi capitale n'ait pas été révélée avant ?
- Il s'avère que… continua la sorcière. C'est James qui était chargé de traiter ce dossier. On l'a trouvé en fouillant ses affaires il y deux jours.
Hermione observa Draco en espérant qu'il ne s'énerve pas davantage. Elle tourna les yeux vers la sorcière et répondit précipitamment.
- Bien ! vous avez trouvé c'est le principal ! L'antidote est prêt ?
- Oui ! répondit-elle tout aussi vite. Le voici !
Elle tendit une petite fiole à Draco qui la leva au niveau de ses yeux pour en inspecter le contenu. A l'intérieur tournoyait un liquide verdâtre qui laissait échapper une fumée noire, qui stagnait à la surface. Draco jeta un coup d'œil à Hermione en lui faisait comprendre qu'il ne voulait pas boire ça.
- Oh, dit alors la sorcière, ne vous fiez pas à la couleur, c'est parfaitement inoffensif. Au contraire.
- Le courage n'est pas la principale force de caractère des Serpentard, lança une voix derrière eux.
Tous trois se retournèrent et virent Harry qui se tenait adossé contre l'encadrement de la porte. Il les observait les bras croisés, semblant se délecter du spectacle qui se déroulait devant ses yeux.
Hermione se retourna brusquement vers Draco, de peur que ce dernier n'attaque Harry, mais il lui lança à la place un regard noir, déboucha la fiole et l'englouti d'une traite. Il dégluti pour avaler le liquide, et fit une grimace de dégout.
- ça va ? demanda Hermione en s'accroupissant à côté de lui.
Draco ouvrit les yeux et l'observa en silence.
- Je ne vois pas grande différence, dit-il alors. En même temps, vous me diriez que je vais très bien, je ne serais pas surpris, ce poison n'a aucun effet sur moi.
- Pour l'instant, répondit la sorcière. Mais il semble que cette potion vous ronge de l'intérieur. Vous finirez par avoir de fortes douleurs si on ne fait rien, puis de mourir.
- Comment savoir si l'antidote a fonctionné ? demanda Hermione en levant les yeux vers la sorcière.
- Le seul moyen est de retourner à Sainte mangouste et de repasser des examens.
- Tâches de les réussir cette fois ! lança Harry toujours adossé à la porte.
- Harry ! lança Hermione, tu veux bien stopper cinq minutes ?
- Laisse, répondit Draco en posant sa main blanche sur son bras. Ça ne m'atteint pas.
Il lança un regard neutre à Harry et se leva pour lui faire face.
- J'ai toujours été meilleur que toi Potter, ce n'est pas le moment de faire ton jaloux.
Hermione observa la scène en se pinçant les lèvres. Elle redoutait que cet joute verbale finisse en affrontement de baguettes. Mais à sa grande surprise, le visage de Harry se fendit en un sourire moqueur. Il fit un clin d'œil à Draco, et quitta la pièce.
- Euh … bafouilla Hermione. C'était quoi ça ?
- Il semblerait que Potter ait enfin compris que je ne te veux pas de mal.
Il lui déposa un baiser sur le front et lui attrapa la main.
- Tu m'accompagnes ?
Arrivés à Sainte mangouste, ils montèrent directement à l'étage pour trouver le médicomage qui s'était occupé de Draco pendant son coma. Il les installa dans une pièce fermée en attendant de faire les tests à Draco. Il revint finalement quelques minutes plus tard avec une mallette remplie d'instruments de torture, et la posa brusquement sur la table à côté du lit sur lequel était allongé Draco. Hermione lui sourit en voyant son air inquiet, et posa sa main dans la sienne pour le rassurer.
Le médicomage réalisa alors toute une série de tests grâce à sa baguette, préleva un peu de sang de Draco et l'analysa, puis quitta la pièce sans un mot. Dans l'attente de son retour, Hermione s'assit sur une chaise posée à côté du lit et déposa délicatement sa tête contre le bras de Draco. Il lui caressa les cheveux et lui murmura à l'oreille :
- Tout ira bien tu verras.
Le médicomage apparu enfin après une bonne demi-heure, et au vu de l'air déconfit sur son visage, Hermione n'avait pas besoin d'entendre la réponse à la question qui flottait dans l'air, pour la connaitre.
- Ce n'était pas efficace ? demanda Draco qui semblait l'avoir compris également.
- Je suis désolé, répondit le médicomage. Il semble que vos organes internes soient plus touchés qu'hier, et qu'ils ne se soient pas encore régénérés. Cela montre que le poison est toujours actif.
- Pourquoi je ne sens rien ? demanda alors Draco en appuyant sur son ventre.
- Le poison est surement fait pour. Mais au vu de l'état de vos organes, cela ne saurait tarder. Je ne peux que vous conseiller de rester ici pour vous soigner.
- Vous dites vous-même que ça ne change rien sans antidote ! répliqua Draco. A quoi bon rester là quand je peux aider à retrouver les deux tarés qui m'ont fait ça ?
- Je ne peux en aucun cas vous obliquer, répondit avec dépit le médicomage. Madame… je me tourne vers vous pour tenter de le raisonner.
Hermione tourna les yeux vers Draco qui ne la regardait pas. Il avait toujours sa chemise ouverte suite aux examens, et on voyait la marque de la piqure sur son bras. Elle ne voulait pas qu'il parte, mais le savoir ici souffrant pendant qu'elle cherchait ses assassins ne l'inquièterait que davantage. Elle ne savait pas quoi répondre et préféra ne rien dire.
- Je pars avec toi, répliqua Draco. Tu n'as pas à décider pour moi.
Le médicomage quitta la pièce sans un mot de plus, et les laissa seuls.
- Dépêchons nous ! lança Draco. Plus on tarde, plus le poison fait effet. La meilleure chance que j'aie de m'en sortir, c'est de les retrouver, et qu'ils me donnent l'antidote.
- Tu es sûr de toi ? demanda Hermione toujours tiraillée entre les deux options qui s'offraient à elle.
- Depuis que je suis né ! répondit Draco en l'embrassant sur le front.
Hermione leva les yeux au ciel en reconnaissant bien là le Serpentard qu'elle connaissait, et le suivi hors de l'hôpital.
Ils déboulèrent dans la rue bondée, et se dirigèrent vers une ruelle moins passante. Mais au moment où ils allaient transplaner pour revenir au ministère, une voix qu'ils connaissaient à présent tous les deux par cœur les interpella à nouveau.
- On les a trouvés !
A suivre…
