Note : Salut !
Désolée pour la pause imprévue, j'avais pas la tête à ça ces derniers temps. Et puis comme toujours y a eu un déclic qui m'a redonné envie de m'investir dans cette fic (le plus souvent les déclics c'est une review, un nouveau chapitre d'un autre auteur, une nouvelle idée à intégrer à la fic... bon en l'occurrence c'est la nouvelle de fic de Rain ^^).
Je suis pas sûre que de me donner un rythme de publication précis ou des deadlines pour les chapitres ça m'aide. Bon, je m'en mets toujours parce que j'ai toujours fonctionné comme ça, mais pas sûre que ce soit une bonne idée... Du coup j'essaye autrement : je ne sais pas quand arrive le prochain chapitre ! Surprise surprise... ce sera peut-être demain, qui c'est ? xD
En tous cas merci à ceux qui sont toujours là malgré mes publications erratiques. J'espère que vous allez aimer ce chapitre et je vous souhaite une bonne lecture !
PS : +10 points pour celui ou celle qui devine qui est le personnage mystère du premier paragraphe :p
Chapitre 22 : Ouvrir une enquête
Jeanne descendit seule à la Grande Salle le samedi matin. Ses camarades de dortoir préféraient dormir un peu plus tard le samedi, sans pour autant faire la grasse matinée du dimanche, et elle les imitait habituellement mais avait décidé d'aller parler avec Marco ce jour. Elle irait juste après un frugal petit-déjeuner, le problème fondamental de rendre visite à son père le dimanche matin étant de ne pas pouvoir vraiment profiter de toutes les bonnes choses qui étaient servies ce jour-là.
Jeanne arrivait devant la Grande Salle quand elle fut bousculée par un groupe d'élèves plus âgés, perdit l'équilibre et se rattrapa de justesse au grand sablier de Serpentard. Elle se recula vivement en s'en apercevant, comme brûlée, alors qu'une des élèves s'arrêtait pour s'excuser.
— Désolée Jeanne, on ne regardait pas trop autour de nous, lui lança une fille souriante aux cheveux bleus coiffée d'un bandana rose.
L'instant d'après la fille était déjà repartie avec ses amis alors que Jeanne fixait l'endroit où elle s'était trouvée avec perplexité. Elle avait une drôle impression de déjà-vu, comme si elle connaissait cette fille, alors qu'il lui semblait pourtant la croiser pour la première fois. Son visage, sa voix… et puis elle l'avait appelée Jeanne si naturellement, comme si elle la connaissait. C'était étrange.
…
Quand Jeanne frappa à la porte du bureau assigné à Marco, la voix chaude de John lui répondit d'entrer et elle poussa le battant avec le sourire.
Meene et John étaient tranquillement assis en train de discuter en face du bureau, en revanche il n'y avait pas l'ombre de Marco.
— Jeanne ! s'exclama John en se levant brusquement pour courir à elle et l'enlacer.
La jeune fille s'abandonna à la douce étreinte avant d'enlacer Meene de même.
— Tu viens voir Marco ? devina John sans peine. Cela va faire un quart d'heure que nous l'attendons pour descendre prendre notre petit-déjeuner mais Monsieur est en train de retourner ses appartements à la recherche de sa paire de lunettes de secours. On préfère ne pas l'aider à chercher, il est d'humeur exécrable dans ces cas-là. Mais maintenant que tu es là il va sûrement laisser tomber ses recherches !
Jeanne souriait toujours.
— Ah il y a juste un truc qu'il faut savoir pour qu'il reste d'une humeur supportable, c'est de ne surtout pas parler de Kanna Bismarch. N'est-ce pas Meene ?
L'interpelée poussa un soupir amusé.
— John, l'accabla-t-elle de reproches.
— J'ai raison ou j'ai pas raison ? insista ce dernier.
— Oui, tu as raison, finit par admettre Meene de mauvaise grâce.
Jeanne prit note sans trop se poser de questions. Elle n'aimait pas beaucoup la concierge et ne s'étonnait pas que ce soit aussi le cas de son père adoptif.
— Bon Meene, je propose qu'on aille manger. Inutile d'attendre Marco à présent.
— Tu as raison, approuva-t-elle. Bonne journée Jeanne.
— Bonne journée à vous aussi, les salua la jeune fille en regardant les deux professeurs partir.
Elle resta quelques instants immobile dans le bureau avant de se décider à monter voir Marco.
Le passage jusqu'à ses appartements était ouvert, aussi n'eut-elle qu'à grimper l'escalier en bois grinçant sans se soucier du mot de passe. Quand elle passa la tête dans la chambre, tout était en désordre, ce qui était très surprenant venant de Marco. Son père était quelqu'un de soigné, pointilleux, strict. C'était inimaginable de ne trouver ne serait-ce qu'un document de travers sur son bureau alors voir tous ses vêtements sens dessus dessous recouvrir chaise, lit et commode était perturbant.
— Jeanne, s'exclama brusquement Marco.
Il était debout au milieu de tout ce bazar, les cheveux en pagaille et l'air un peu hagard.
— L'anti-accio était peut-être de trop, suggéra doucement Jeanne devant l'étendue des dégâts.
— Il m'en coûte de l'admettre, répondit Marco en remontant ses lunettes sur son nez, mais tu as raison. Il semblerait que je doive me résoudre à me passer de paire de secours pour aujourd'hui et prier pour qu'aucun imprévu ne survienne.
Jeanne se retint de rire tout bas et alla plutôt enlacer son père.
Ils redescendirent tous deux dans le bureau pour s'installer confortablement et commencèrent à discuter tranquillement. Étrangement, alors que Jeanne pensait que Marco lui reparlerait de l'épisode fâcheux qui les avait opposés à Hao, il semblait éviter le sujet. Jeanne s'attendait pourtant, si ce n'est à des imprécations à l'encontre de ce jeune homme mal élevé et imbu de lui-même, au moins à une demande explicite de rester loin d'un élève tel que lui. Mais il n'en fut rien. Au lieu de cela ils discutèrent des lectures actuelles de Jeanne. Du moins jusqu'à ce qu'elle ne se décide à mettre les pieds dans le plat.
— Cet élève, Hao, qui s'est montré si odieux lundi, tu avais déjà entendu parler de lui ?
Le visage de Marco se ferma immédiatement et Jeanne eut la certitude qu'il avait bel et bien chercher à éviter le sujet. Cependant, elle voulait des réponses à ses nombreuses questions.
— Oui, confirma Marco entre ses dents. Ce n'est pas une bonne personne, ne t'approche pas de lui.
Ah ! Enfin l'avertissement qu'elle attendait.
— Comment est-ce que tu l'as rencontré ? demanda-t-elle.
Puis, voyant que Marco ne répondait pas, elle proposa :
— Il a voulu s'inscrire à Beauxbâtons ?
La grimace fugace qui traversa le visage de Marco lui apprit que c'était une idée saugrenue, même si elle ne comprenait pas en quoi.
— Aurait-il voulu que nous l'aurions refusé, martela le directeur.
— Pourquoi ? voulut savoir Jeanne.
— Je ne peux pas en parler.
La curiosité fit place à la frustration. Marco ne lui cachait jamais rien, d'habitude. Pourquoi ne voulait-il pas lui dire ce qu'il s'était passé entre Hao et lui ? Pour que son père réagisse d'une manière aussi tranchée, il avait dû se passer quelque chose.
— Il voulait que je te passe le bonjour de sa part, mais je lui ai dit que je ne le ferai pas, ajouta-t-elle dans l'espoir de le faire réagir.
Ce qui revenait à bel et bien passer le bonjour de Hao à Marco mais pas vraiment alors ça allait.
Nouvelle grimace tordue sur le visage de son père.
— Ce sale petit scélérat, grogna-t-il.
Il y avait bien quelque chose. Quelque chose de non-négligeable. Pas pour que Marco réagisse comme ça.
— Ça a un rapport avec Rakist ? songea soudain Jeanne.
Elle n'avait jamais compris le départ de ce dernier pour Poudlard alors qu'il était pressenti pour prendre la tête de l'Académie de Beauxbâtons. Encore deux années et l'actuelle directrice prenait sa retraite, laissant logiquement son titre à son directeur adjoint. Mais voilà qu'à Poudlard, Goldova quitte ses fonctions pour devenir Ministre de la Magie et Rakist prend la place du directeur de l'école. Se fâche très fort avec Marco. Coupe tout lien avec le personnel de Beauxbâtons. À moins que ce ne soit eux qui aient coupé le lien, sûrement un peu des deux. Ce départ avait été vécu par tous comme une trahison.
— Jeanne, reprit Marco d'une voix tranchante, la seule chose que j'ai à te dire est de rester loin de ce Hao. Sur ce le sujet est clos.
Jeanne battit en retrait et détourna la conversation sur Michael. Marco attrapa l'occasion au vol et tous deux se quittèrent en bons termes. Cependant Jeanne n'avait pas l'intention d'oublier le sujet. Hao était impliqué, ou du moins avait été impliqué dans quelque chose qui fâchait fort Marco. Au point qu'il ne veuille pas même lui en parler. Comme le disait l'adage, il fallait connaître son ennemi, et cette raison seule suffisait à Jeanne pour ouvrir une enquête. Même si cela devait signifier ignorer l'avertissement de son père.
