Nuées Blanches
Chapitre 24 : Chagrin
Chapelle abandonnée…
Jeralt serra la mâchoire en voyant le corps de la Bête Démoniaque qu'il venait d'abattre disparaitre et laisser place au corps sans vie d'un élève.
Un peu plus loin, Byleth combattait aux côtés de Dimitri. Il sourit en les voyants si proches. En tant que père, il était aussi heureux qu'inquiet de la voir se rapprocher d'un homme. A leur retour au monastère, il faudrait qu'il ait une sérieuse discussion avec sa fille.
Il reparti à l'assaut d'une créature menaçant un élève terrorisé.
_oOo_
Byleth essuya le sang sur la joue de Dimitri avec la manche de son manteau et se retourna.
_ Je crois que c'était la dernière bête. Tout va bien Dimitri ?
_ Oui, mais on dirait que nous avons perdu les autres… Nous retrouver seul n'est cependant pas pour me déplaire… Par la Déesse, j'ai l'impression de me comporter comme Sylvain, je m'excuse, professeur.
_ Ça va. C'est loin de me déplaire !
Elle lui fit un sourire espiègle avant de glisser sa main sous son bras.
_ Venez, retournons vers l'ancienne chapelle, nous devrions y retrouver mon père et les autres.
_oOo_
Daraen fit reculer Chrom derrière elle, ses mains crépitant de ses éclairs.
Face à eux, Monica pleurait de manière hystérique, tournant entre ses doigts un couteau étrange à lame courbe gravée de motifs ésotériques.
_ Je suis désolée… Je vais tous vous tuer ! Tout le monde va mourir !
Elle éclata de rire en renversant la tête en arrière avant de s'arrêter aussi net.
_ Je me suis tellement amusée cette nuit, vous savez… Grace à vous, Daraen, j'ai put profiter de la fête sans penser au lendemain… Au moment où je pourrais répandre votre sang frais tout autour de moi ! Ce bal était amusant, mais rien comparé au massacre que je vais pouvoir faire !
_ Alors pourquoi pleurez-vous ?
Monica se tut et regarda Daraen. Elle essuya ses joues baignée de larmes et observa ses doigts mouillés d'un air surprit.
_ La vérité, c'est que vous avez prit gout à cette vie, entourée d'amis, à rire et pleurer ensemble. Il n'est pas trop tard, Monica… Non, Kronya. Tout le monde a le droit à une seconde chance !
_ C'est vous qui dites ça ? Je suis sûre que vous n'avez jamais rien fait de mal de votre vie.
_ J'ai tué des centaines de personnes, libéré un dieu maléfique, volé ses pouvoirs, laissé mourir la sœur de mon mari… Je ne suis pas une sainte, Kronya, mais bien un démon. Pourtant, il y a des gens qui le savent et restent à mes côtés malgré tout. N'obéissez pas aveuglement aux ordres qui vous ont été donnés.
Kronya, puisqu'il s'agissait bien de son véritable prénom, secoua la tête et releva son couteau.
_ Trop tard, Daraen.
Elle s'élança entre les arbres en direction de la chapelle abandonnée sous le regard de Daraen.
_ Il faut la rattraper, Daraen ! Elle va tous les tuer !
La jeune femme hocha la tête et prit la main de Chrom, les téléportant tous deux à l'abri des regards, près de la chapelle. S'il fallait intervenir d'urgence, elle était au meilleur endroit, ayant sous les yeux une vaste clairière où se réunissaient élèves et professeur.
Monica surgit des arbres comme une furie et se précipita vers la première personne se trouvant sur son chemin : Jeralt.
Le capitaine n'eut même pas le temps de se retourner que la lame de la jeune fille s'enfonçait dans son dos jusqu'à la garde.
Byleth cria en voyant le corps de son père s'écrouler au sol et Monica continuer son massacre. Elle ferma les yeux un instant et les rouvrit.
Monica surgit des arbres comme une furie et se précipita vers la première personne se trouvant sur son chemin : Jeralt.
Byleth projeta alors vers elle la lame extensible de l'Epée du Créateur. Elle fut arrêtée par l'apparition d'un homme entièrement vêtu de noir. Son visage et ses cheveux blancs ressortaient de manière blafarde sur son col de plume pourpre. Ses yeux aveugles semblaient malgré tout voir tout ce qui l'entourait.
Byleth hoqueta en voyant Monica retirer son poignard du dos de Jeralt.
L'étrange individu qui venait d'apparaitre attrapa Monica par le bras avant de se téléporter dans un éclair rouge avec la jeune fille.
A l'abri des regards, Chrom retenait Daraen dans ses bras, terrifié. Il ne comprenait pas ce qu'il lui été arrivé, mais à l'instant où cet homme étrange était apparut, elle s'était effondrée. En regardant autour de lui à la recherche d'aide, il remarqua que les autres mages présent avait subit le même sort.
_ Son sort… On aurait dit celui de Iago… Chrom, tu te souviens, lorsque nous étions en Nohr ? Il avait essayé de supprimer les mages de l'armée de Kamui et Corrin en détruisant leur magie… Cet homme… il était bien plus puissant que Iago, même après qu'il est gagné en puissance grâce à Vélézark… Ouh… Ma tête…
Chrom regarda avec soulagement sa compagne se réveiller. Les autres aussi se remettaient doucement de l'attaque.
_ Ça n'a pas duré longtemps, c'est pour ça qu'ils s'en sortent bien. Cet homme a réussit à forcer mes défenses, c'est de ma faute, j'ai eut tendance à me relâcher ses derniers temps. Je fatigue à garder autant de puissance sous muselière. Enfin… Ne fais pas cette tête, il ne m'aurait pas tuée. En parlant de mort…
Chrom suivit le regard de Daraen et regarda Byleth pleurer en serrant le corps de Jeralt contre elle, seule sous l'averse qui venait de se déclarer soudainement alors que le ciel était si bleu jusqu'à présent.
_ C'est la déflagration de magie qui est à l'origine de ce changement météorologique. J'ignore quelle magie ce cinglé utilise, mais je ne l'ai jamais rencontrée jusqu'ici. Pas noire comme Léo, pas blanche comme Lissa, pas un mélange des deux comme moi… Ce n'est pas un pouvoir divin non plus, ni octroyé par un dieu. A vrai dire…
_ Une magie liée à la mort et à la souffrance.
Daraen tourna la tête et regarda Léo arrêter son cheval à côté d'elle, Corrin en croupe.
_ La magie noire c'est simplement l'utilisation des sciences occultes, la réflexion, d'où sa dangerosité ; la magie blanche repose sur le cœur, les croyances, ce qui en fait la magie parfaite pour la guérison. Ces deux types de magie forment la famille de la magie dites Anima… Là, on et face à autre chose. Cette magie qu'utilise cet homme peut investir même les personnes dénuées de pouvoirs comme Alois. La magie de cet homme s'acquiert en tuant et en faisant souffrir. De telles atrocités créaient une énergie qu'il suffit d'emprisonner pour pouvoir la relâcher, terriblement puissante et malfaisante, même nos champs de forces n'y peuvent rien.
Daraen réfléchit aux paroles de Léo, sentant qu'elle faisait échos à quelques choses qu'elle avait lut quelque part.
_ Je l'ai lut dans les chroniques trouvées par Virion… Celica ! Les sorcières de Duma ! C'est le même type de magie.
La jeune femme bondit sur ses pieds et commença à faire les cents pas entre les arbres sans prêter attention aux élèves qui reprenaient le chemin de l'école, trop choqués pour réaliser que certains d'entre eux manquaient à l'appel.
_ Il y a des siècles, une secte à sévit sur le continent de Valm, alors appelé Valentia. Deux dieux se partageaient le pays… Mila, une déesse fainéante et Duma, son frère adorateur de la guerre. Duma a perdu la raison et une secte s'est formée pour son culte. Ses adeptes ont donné une puissance considérable à ce dieu en sacrifiant la vie de nombreuses jeunes filles, vierges de préférence puisque c'est censé être plus efficace, ce qui est totalement faux. En échange de leur âme, elles gagnaient soi-disant des pouvoirs incroyables, mais je suis plutôt partisane du fait de penser que Duma manipulait leurs cadavres.
Daraen s'arrêta de marcher et sourit.
_ La magie qui s'obtient dans la mort d'autrui s'appelle la magie du Sang. Tellement rare et obscures que rare sont les mages, même parmi les plus violent, à la connaitre, et à oser l'utiliser. Inutile de dire qu'au vu de notre Histoire, Valm et Ylisse en ont banni jusqu'au souvenir. Heureusement, sinon mon crétin de paternel l'aurait utilisé pour renforcer Grima et là, ont aurait vraiment été dans une merde bien profonde.
Léo hocha la tête et desserra les doigts des rênes de son cheval pour le remettre au pas. Daraen et Chrom se mirent en route à leur tour.
_ Si un mage utilise la magie du Sang dans ce monde… Non, ils sont plusieurs, n'est-ce pas, Daraen ? Solon aussi l'utilise, sinon nous aurions put pénétrer dans son esprit. Et en suivant cette logique…
_ Rhea… Cette cinglée n'a pas fait que tuer des nourrissons pour ses expériences, comme nous l'a raconté Elion. Elle s'en est servie pour renforcer son pouvoir. Car des pouvoirs, elle en avait déjà.
Daraen et Léo se regardèrent avant de tourner la tête vers Chrom et Corrin. Leurs pouvoirs se mêlèrent pour se soutenir mutuellement alors qu'ils renforçaient les boucliers autour d'eux. Quoi qu'il arrive, les deux mages étaient près à protéger ceux qu'ils aimaient.
_oOo_
Garreg Mach, jour 1 de la Lune de la Protectrice, bureau de Jeralt…
Byleth regarda autour d'elle sans prononcer un mot. Elle avait l'impression qu'il lui suffirait de se retourner pour voir son père apparaitre à la porte en souriant. Mais ça n'arriverait plus.
En fermant les yeux, elle pouvait entendre ses derniers mots, alors que sa grande main calleuse caressait doucement sa joue, son visage crispé de douleur souriant malgré tout.
''Tu pleures… Je suis si triste de te savoir malheureuse… Et si heureux pourtant que tes larmes soit pour moi… Ma chère fille, je veux que tu vives… Ce Dimitri… C'est quelqu'un de bien… Soit heureuse, ma Byleth… Je t'aime…''
Byleth se recroqueville contre une étagère, le visage enfouit contre ses genoux.
_ Il y a un temps pour tout, professeur. Celui du chagrin est passé, nous devons aller de l'avant et nous battre.
La professeur releva la tête et regarda Edelgard. Elle hocha la tête en ravalant ses larmes.
_ Je sais. Laissez-moi un peu seule, Edelgard. Je serais à l'heure pour les cours, demain.
La délégué des Aigles de Jais hocha la tête en quittant le bureau de Jeralt, espérant avoir transmit un peu de courage à sa professeur en lui parlant.
''Ce n'est pas de rester forte que tu as besoin, mais de pleurer tout ton soul… Ce ne serait pas humain de ne rien ressentir dans un tel moment…''
_ Tu peux pleurer, si tu veux, je suis là.
Byleth regarda devant elle et sa bouche s'ouvrit en un ''O'' parfait, témoin de sa surprise. La fillette aux longs cheveux verts et à la robe noire qui se tenait devant elle ne lui était pas inconnue. Elle entendait quotidiennement sa voix dans son esprit et la voyait parfois en rêve.
_ Sothis…
La petite fille entoura de ses bras les épaules de Byleth et la solide mercenaire laissa rouler des larmes silencieuses le longs de ses joues.
Elle se calma quand Sothis disparue.
''Excuse-moi, je ne suis pas assez puissante pour rester plus longtemps…''
_ Ce n'est rien… merci, Sothis… Tu ne sais pas qui tu es, Déesse, fantôme, autre chose ? Moi, je peux dire que tu es toi, Sothis. Tu es vraiment une belle personne.
''Oh… Je… Arrête de dire n'importe quoi, voyons ! Tu devrais plutôt fouiller ce bureau, ton père t'avait dit qu'il te laisserait quelque chose.''
Byleth sourit légèrement en percevant le trouble dans la voix de Sothis. Elle se releva et entreprit une fouille minutieuse du bureau.
Elle s'immobilisa devant un cadre contenant un portrait en noir et blanc d'elle-même et de Jeralt, posé sur un guéridon. Le cadre était trop épais pour que ce soit normal.
La jeune femme le retourna pour l'ouvrir et un sourire étira ses lèvres en découvrant ce qu'il contenait. Un vieux carnet et un anneau d'argent serti de pierres irisées disposées en fleur. Un anneau que son père lui avait déjà montré en lui demandant de l'offrir à celui qu'elle aimerait le plus au monde.
Byleth s'assit dans un fauteuil pour lire le journal de son père, reconnaissant son écriture grossière mais appliquée.
Alors qu'elle se plongeait dans sa lecture, le léger sourire flottant sur ses lèvres disparut derrière un air interdit.
_oOo_
Etang, jour 5 de la Lune de la Protectrice…
Felix passa devant le garde de la porte, surprit d'y voir Linhardt discuter avec le soldat, le visage rayonnant alors que leurs mains se cherchaient et se reculaient comme un jeu, mettant leurs désirs et leurs nerfs à rude épreuve.
Felix serra les dents et continua son chemin jusqu'à l'étang et se figea.
Sylvain était accoudé à la cabane du pêcheur, contre lequel il avait coincé Mercedes et lui déclarait sa flamme à grand renfort de phrases toutes faites.
Le brun accéléra le pas, ne supportant pas cette vision. Il ne l'avait jamais supportée et ça ne ferait qu'empirer. Il était temps que lui et Sylvain aient une discussion, et tant pis si cela était la dernière fois qu'ils se parlaient.
Felix agrippa Sylvain par le brun en le fusillant du regard.
_ Tu dragueras plus tard.
Il l'entraina avec lui d'un pas rapide sans savoir où il allait, jusqu'à réaliser qu'ils montaient les escaliers menant aux chambres des nobles. Dans son dos, Sylvain protestait en lui réclamant des explications.
_ Felix, lâche-moi ! J'étais sur le point de conclure avec Mercedes ! Si tu savais le temps qu'il m'a fallut pour…
_ Silence… Tu n'as pas le droit de faire ça !
Felix ouvrit la porte de sa chambre et poussa violement son ami à l'intérieur avant de claquer la porte dans son dos. Pour un règlement de compte mieux valait un endroit sans témoin.
_ Sylvain, tu es le dernier des abrutis ! Comment oses-tu être aussi cruel !? Tu n'as aucune considération pour… pour… Connard !
Felix plaqua violement le rouquin contre le mur, ses yeux ambrés lançant des éclairs.
Il se hissa sur la pointe des pieds et l'embrassa sans plus pouvoir se contenir. Que ce soit sa colère, sa frustration ou son désir, ses sentiments s'emballaient et c'était trop douloureux. Ses doigts s'accrochèrent au col de la chemise de Sylvain alors qu'il approfondissait son baiser. Il se colla contre lui avant de reculer en relâchant le rouquin.
Sylvain le regarda avant de le rejoindre et de l'embrasser, enroulant ses bras autour de sa taille. Il remonta une main jusqu'à son chignon et le détacha, emmêlant ses doigts dans les longs cheveux brun de Felix.
Ils rompirent leur baiser et se fixèrent en silence. Felix se détourna et se dirigea vers la porte en baissant la tête, les lèvres pincées.
_ Je t'aime… Felix, je t'aime !
Le jeune homme brun releva les yeux et se retourna. Sylvain le regardait avec un visage sérieux qu'il ne montrait qu'à lui.
Sylvain s'adossa contre le mur et le fixa.
_ Je te veux, Felix, depuis toujours. Rien qu'à moi, tout entier. Mais je n'ai jamais cédé, parce que je refuse de te blesser… C'est lamentable puisque c'est ce que j'ai réussis à faire malgré tout. Alors maintenant, tu as le choix. Soit tu pars et on risque de ne plus jamais se parler ; soit tu restes, et on ne pourra plus revenir en arrière. L'un comme l'autre, je respecterais ton choix.
Felix posa la main sur la poignée de porte, conscient que s'il sortait, il perdrait Sylvain. Mais s'il restait…
Il relâcha la poignée et s'approcha de Sylvain. Il s'empara du col de sa veste d'uniforme et planta ses yeux ambré dans ceux du jeune homme roux. La veste glissa des épaules de Sylvain et le jeune homme posa ses mains sur les hanches de Felix pour le coller contre lui.
Le brun leva la tête et s'immobilisa à quelques millimètres des lèvres du roux. Il hésita un instant avant de franchir la courte distance les séparant.
Sylvain ne se fit pas prier pour répondre à son baiser, l'étreignant de toutes ses forces, glissant sa cuisse entre ses jambes.
Felix recula sans rompre leur baiser, se rapprochant pas à pas de son lit fait au carré dans un coin de sa chambre.
La main de Sylvain glissa le long de sa cuisse, détachant la ceinture qui y était accrochée pour accueillir un couteau de chasse, à l'extérieur du monastère.
Il avait toujours rêvé de la lui ôter.
_oOo_
Felix se crispa en sentant la main de Sylvain sur sa peau nue. Le rouquin s'en rendit compte et capta son regard pourtant fuyant.
_ Il n'est pas trop tard pour arrêter…
Le brun serra la mâchoire et les poings.
_ Je suis le numéro combien, sur ton tableau de chasse ?
Sylvain sursauta. Cette question lui rappela une scène anodine qu'il avait surprise un jour.
_oOo_
Sylvain avait quitté le terrain d'entrainement après un combat épuisant contre Chrom, qui l'avait laminé sans pitié. Il avait alors entendu un éclat de voix en provenance d'un jardin isolé du monastère. En s'approchant, il avait vu Kamui et Niles se parler vivement. Sylvain avait froncé les sourcils, c'était rare de les voir se disputer.
_ Niles ! Tu m'avais promis de ne rien me cacher, tu te souviens ?! Alors pourquoi là tu ne veux rien me dire ? Ce cauchemar que tu as fait l'autre nuit, qu'est-ce que c'était ? Qu'est-ce qu'il y a de si terrible dans ton passé que tu ne veuille pas me dire ? Moi, je ne te détesterais jamais, quoi que tu es fais !
_ Tu ne comprends pas… Messire Léo m'a ordonné de ne jamais t'en parlé, et je suis d'accord avec lui. Ce genre de chose…
Kamui avait penché la tête sur le côté avant de se redresser en faisant face à Niles, les poings serrés.
_ Si ça concerne le nombre de partenaires que tu as mit dans ton lit avant moi, je m'en doute que je ne suis pas le premier. Vous me pensez tous plus naïf que je ne le suis, Léo et toi, Niles.
L'expression de Niles avait changé pour passer de la surprise à l'abattement. Il n'avait jamais aimé cacher des choses à Kamui. Mais ''ça'', Kamui ne devait même pas savoir que ''ça'' existait ! Et lui, il se détestait d'y avoir été contrait. Et si Kamui comprenait ce que ''ça'' signifiait, il le mépriserait surement.
_ Bon sang… Ne me fais pas ces yeux là, Kamui… On ne peut pas faire comme si je n'avais j'avais fait ce fichu cauchemar ? Ce n'est ni le premier, ni le dernier.
_ Non, je ne veux pas faire comme si de rien n'était ! Qu'est-ce qu'il s'est passé que Léo et toi ne vouliez pas que je sache !?
_ Je me suis prostitué, espèce d'idiot ! Je me suis vendu au plus offrant un nombre incalculable de fois, parce que je n'avais pas le choix ! Tu es tellement pur que je suis sûr que tu ne sais même pas ce que cela signifie ; et c'est cette pureté que ni Messire Léo, ni moi ne souhaitons voir souillée !
Kamui avait alors levé la main et celle-ci avait claqué sur la joue de Niles avant qu'il ne le serre de toutes ses forces dans ses bras.
_ Je le savais… Niles, je le savais ! Je te lai dit, je ne suis pas aussi naïf que tu ne le pense ! Mais je voulais l'entendre de ta bouche, parce que je t'aime plus que tout et que je veux être là pour toi, quel que soit les circonstances. Quand ton passé vient hanter tes nuits au point de t'empêcher de dormir, je veux être là pour te tenir la main. Quand tu es heureux, je veux partager ta joie… Je t'aime ! Et ça ne changera jamais, même si je ne suis pas ton premier amant, ça m'est égal ! Je t'aime !
Niles avait enfouit son visage contre l'épaule de Kamui avec un sourire reconnaissant, les larmes avaient perlés au bord de son unique œil bleu.
_ Mon Kamui… Mon adorable petit prince… C'est vrai, tu n'es pas mon premier amant… Mais tu es mon premier et mon unique amour…
Sylvain avait sursauté en entendant ces mots faisant échos à ses propres sentiments.
_oOo_
Chambre de Felix…
Sylvain plongea ses yeux dans ceux, emplit de reproches et de doutes, de Felix.
_ Je suis désolé… Combien ? Je n'en sais rien. Autant que le nombre de fois où j'ai eut envie de toi, c'est tout ce que je sais… Je te l'ai dit, je refuse de te blesser. Je n'allais tout de même pas de violer pour satisfaire mes pulsions, je te respecte trop ; et je t'aime trop. Mais il me fallait bien trouver un moyen de me détourner de toi. Toutes ses filles se pâmant devant moi m'ont bien servie. Mais ça ne fonctionnait qu'un temps. Il suffisait que je te regarde pour de nouveau… Pour de nouveau te désirer.
Sylvain soupira et se redressa, fixant sans le voir le ciel orange qu'il voyait par la fenêtre.
_ Combien ai-je eu d'amantes… Ce serait te mentir que dire que tu es le premier. Quand à ce tableau de chasse dont tu parles, tu n'y figures pas. Tu veux absolument un numéro ? Pour moi, tu es le numéro un dans mon cœur, tu l'as toujours était et le seras toujours. Mon seul amour depuis que je suis tout petit… Depuis le jour où tu m'as tiré du puits, sans que je ne comprenne vraiment mes sentiments.
_ Ça ne t'as pas empêché de sauter cette salope de fille de meunier dans le foin. Et c'était bien longtemps après l'histoire du puits.
Sylvain se mordit la lèvre. La rancœur de Felix était vraiment profonde. Il n'avait que ce qu'il méritait, son comportement devait l'avoir terriblement blessé pour qu'il lui en veuille à ce point.
_ Déjà à cette époque, tu sais… Je me suis dit que ça passerait… Mais la suite des évènements m'a donné tord… Surtout qu'avec ce que tu as fait après nous avoir surprit, quand tu t'es enfuit et que je t'ai rattrapé. Il n'y avait plus aucune chance que je continue de te regarder comme un simple ami. Felix, je ne pourrais pas effacer ce que j'ai fait avec toutes ces filles, et je ne vais pas m'en excuser parce que sais que je t'aurais fait du mal si je ne l'avais pas fait. Tu veille toujours sur moi sur le champ de bataille, c'était ma façon à moi de te protéger. La seule chose qui importe désormais, c'est que je t'aime et qu'il n'y aura plus personne d'autre que toi.
Felix le fixa sans répondre, le jaugeant du regard. Sylvain était un beau parleur, c'était connu. N'importe qui pouvait croire n'importe quoi quand c'était lui qui parlait. Mais certaines choses, des détails connus de lui seul, ne pouvaient pas le tromper. La main de Sylvain qu'il sentait trembler contre sa cuisse nue, ses yeux brillant de larmes contenues et d'un espoir tragique de ne pas le perdre…
Felix soupira et enroula ses bras autour des épaules de Sylvain, l'attirant à lui avec la ferme intention de ne plus jamais le laisser s'éloigner. Ses jambes se verrouillèrent autour des hanches du jeune homme roux et il planta ses yeux ambré dans le siens.
_ Si tu me brises le cœur, Sylvain, je te tuerais…
Quand j'ai eu finit d'écrire ce chapitre, je me souvient m'être dit ''Sylvain et Felix sont enfin ensemble !'' Et puis après je me suis rappelée que l'histoire était loin d'être finie et que j'étais encore plus loin d'en avoir terminé avec eux... Non, non, je ne dirais rien de plus !
Lisez la suite et vous saurais ;)
