Bonjour
Voici le chapitre 37. Les choses continuent d'évoluer dans le bon sens pour nos deux héros. Bientôt la fin de cette histoire ...
Merci pour votre fidélité et un merci particulier à toutes celles et tous ceux qui me laissent des messages.
Bonne lecture et à la semaine prochaine
Sydney8201
Musique du chapitre:
What I've done de Linkin Park
Chapitre 37 : Tirer un trait sur le passé
« Les êtres humains peuvent-ils à ce point fermer leurs yeux et tirer un trait sur le passé ? Ne leur pèse t-il pas davantage sur les épaules ? »
Jean Mella
Castiel ne savait pas quoi penser de sa conversation avec Dean. Il avait la très nette sensation que son ami y avait mis un terme prématurément parce qu'il n'avait pas envie de parler plus longtemps avec lui. Pas uniquement parce qu'il était occupé mais parce qu'il était toujours en colère contre Castiel. Il lui avait pourtant affirmé le contraire. Mais il était convaincu qu'il lui mentait. Leur dispute avait clairement changé les choses entre eux. Elle avait mis à mal leur amitié. Et rien ne serait plus jamais pareil entre eux. Mais Castiel savait que cela n'était pas uniquement du à leur dernière dispute. Cela avait commencé quand Castiel avait choisi d'arrêter de coucher avec le jeune homme. Il avait alors cru prendre la bonne décision, et sans doute l'était-ce réellement, mais cela avait distendu le lien qui existait entre Dean et lui. Il en payait les conséquences maintenant. Il était peut être temps pour lui d'admettre que leur relation était arrivée à son terme. Qu'elle avait une date limite depuis le début. Qu'ils avaient simplement refusé de le voir. Castiel devait peut être enfin accepter que Dean ne pourrait jamais plus faire partie de sa vie. Que leur dispute avait scellé cette séparation. Et qu'elle pour le compte était définitive.
Il ne le souhaitait pas bien sûr. Il tenait trop à Dean pour renoncer à le voir régulièrement. Mais il ne pourrait jamais forcer le jeune homme à le vouloir lui aussi. Et il était également important qu'il commence à prendre des décisions pour son avenir. Professionnel et personnel. Il stagnait depuis trop longtemps maintenant. Il faisait du surplace et il perdait un temps fou. A son âge, il aurait déjà dû avoir quelques certitudes. Mais lui nageait dans le flou depuis des années. Et il en avait assez.
Bien sûr, il aurait été plus facile de se pencher sur ce problème s'il n'avait pas été occupé à penser à Dean constamment. Il se demandait si le jeune homme avait envie de le voir rester en ville. S'il aurait besoin à un moment ou à un autre de son soutien. Si ce procès n'était finalement pas un moyen de les rapprocher à nouveau. Il ne savait pas s'il devait imposer sa présence. Si forcer la main de Dean ne risquait pas de lui valoir d'être chassé de sa vie pour de bon.
Il avait des dizaines de questions et pas le début d'une réponse. Il tournait en rond. Passait des heures assis sur le canapé à attendre un signe. Il n'avait pas envie de grand-chose. Il comptait les minutes. Attendait probablement un coup de fil de Dean. La preuve que son ami n'avait pas définitivement tiré un trait sur lui. Et presque aucun espoir que cela finisse par arriver. Il était réaliste. Il refusait de se voiler la face.
Bien sûr, sa façon de se morfondre sur son sort ne plaisait pas à Gabriel. Castiel avait senti l'agacement chez son frère dès le premier soir. Il l'avait toutefois ignoré, espérant que Gabriel saurait prendre sur lui et lui accorder du temps. Ce ne fut pas le cas. Gabriel ferma les yeux les deux premiers soirs avant d'intervenir le troisième. Castiel avait encore passé la journée à ne rien faire et même si son frère n'avait pas été là pour le voir faire, il semblait lavoir deviné.
Il était à peine entré qu'il se plantait devant Castiel, l'empêchant de continuer à regarder la télévision. Il n'avait pas l'air de vouloir plaisanter. Et Castiel savait qu'il ne pourrait pas échapper au sermon qu'il se ferait un plaisir de lui faire.
- Ca suffit Castiel. J'en ai assez de te voir te morfondre sur ce canapé toute la journée. Il est grand temps pour toi de te bouger. De prendre des décisions. Tu peux rester ici avec moi. Ou tu peux rentrer à New York et tenter d'y faire ta vie. Tu peux faire absolument tout ce que tu veux.
- Ce que je veux c'est …
- Tout ce que tu veux sauf rester les fesses sur ce canapé à pleurer sur ton sort. Prends toi en mains ou je peux te garantir que je le ferais pour toi. Et ça risque de ne pas te plaire du tout.
Castiel grimaça une seconde face à l'image qu'une telle réflexion fit naitre dans son esprit. Il reporta ensuite son attention sur son frère. Il avait les mains sur les hanches et le regard sérieux. Castiel avait tout intérêt à l'écouter. Ou il risquait fort d'avoir le droit à une dispute.
- Je t'aime Cas. Je serais toujours là pour toi. Je t'écouterais pleurer si tu en as besoin. Je serais ton punching-ball si nécessaire. Je ferais ce dont tu as besoin pour aller mieux. Mais je refuse de te regarder dépérir ici alors même que tu pourrais être là dehors à accomplir des tas de choses … à rencontrer des gens … ou … n'importe quoi qui ne serait pas ça … toi, le canapé et … la télévision.
Castiel devait reconnaître qu'il n'avait pas vraiment fait quoi que ce soit de productif ou même d'utile depuis trois jours. Mais il estimait avoir le droit de se morfondre un peu après sa dernière conversation avec Dean. Même si le jeune homme ne l'avait pas clairement envoyé balader, il n'avait pas été très amical non plus. Et il lui avait reproché plus ou moins directement d'être parti. Ce qui était peut être mérité mais également sensiblement injuste. Dean lui avait lui-même dit de partir le jour de leur dispute. Bien sûr, il entendait par là de quitter la chambre d'hôpital et son travail. Pas la ville. Mais Castiel avait le droit de le faire. Il était libre après tout.
- Je ne veux pas retourner à New York. C'était … Meg est géniale et la ville est … magnifique. Mais je ne suis pas chez moi là-bas. Je n'ai pas mes repères. Je ne connais personne et … ce n'est pas là-bas que je veux vivre. C'est ici. Avec toi et …
- Avec Dean ?
- Tu sais bien que oui mais tu sais aussi tout comme moi que ce n'est pas possible. Il me l'a dit clairement. Il ne veut pas de moi ici.
Gabriel sembla surpris de l'entendre. Ce n'était pas entièrement vrai d'ailleurs. Dean n'avait pas tenu ces propos. Mais il le lui avait fait comprendre. Castiel n'était pas idiot. Il avait saisi le message. Et il ne savait pas quoi en faire maintenant.
- Il te l'a dit comme ça ? Il t'a dit « je ne veux pas de toi ici » ?
Castiel secoua la tête avant de soupirer longuement.
- Non, ce n'est pas ce qu'il a dit mais c'est ce qu'il a cherché à me faire comprendre. Quand je lui ai dit que je voulais rester pour le soutenir, il m'a dit de faire ce que j'avais envie de faire mais qu'il s'en sortait parfaitement bien. Que j'étais déjà parti une fois et que je pouvais repartir si j'en avais envie. Ce qui signifie plus ou moins la même chose.
Gabriel ne nia pas. Castiel sut alors qu'il avait vu juste. Il n'avait pas vraiment de doutes avant ça mais au moins maintenant, il ne risquait plus d'en avoir.
- Et franchement, il a beau eu me dire qu'il n'était pas en colère contre moi … je sais que c'est faux. Je sais qu'il m'en veut d'être parti après notre dispute. Il a peut être raison. Je ne lui dois rien mais je ne lui ai pas laissé une chance de … de s'excuser ou de venir parler avec moi pour qu'on tente d'arranger les choses. Et maintenant, je crois qu'il n'en a tout simplement plus envie. Il est passé à autre chose et j'ai la très nette impression que je suis de trop. Qu'il ne veut pas dans sa nouvelle vie.
Gabriel soupira à son tour et Castiel sentit aussitôt qu'il l'avait agacé. Il n'était pas bien sûr de savoir pourquoi. Son frère ne comprenait-il pas l'impasse dans laquelle il se trouvait ? La situation inextricable dans laquelle il était coincé ? Il le croyait de son côté quoi qu'il arrive.
- C'était presque comme si me parler au téléphone était une torture … quelque chose qu'il n'avait pas du tout envie de faire. Je suis revenu parce que j'étais inquiet pour lui et il n'a pas semblé … touché que cela soit le cas. Je ne lui demandais pas de me remercier. Ou de me dire que je lui avais manqué … juste … qu'il accepte l'idée que je puisse avoir envie de l'aider. C'est tout.
Il avait tout simplement envie que Dean ait besoin de lui. Comme quand il travaillait encore avec lui. Comme à chaque fois qu'il l'avait aidé avec un client. Il voulait que Dean se tourne vers lui quand il avait besoin de conseils ou juste d'une oreille attentive. Il voulait sentir que son ami avait besoin de sa présence. Surtout quand il s'apprêtait à faire face à une épreuve énorme. Mais ce n'était clairement pas le cas.
- Cas, une nouvelle fois … je t'aime et je serais toujours de ton côté … quoi qu'il arrive mais là … je suis désolé de te le dire … tu te comportes comme un imbécile.
Castiel ne put s'empêcher d'être vexé par les propos de son frère. Mais il choisit de lui laisser l'opportunité de les expliquer. Il ne voulait pas se disputer avec lui.
- Tu es parti. Tu étais libre de le faire oui. Tu ne lui devais rien mais … tu es parti à un moment où Dean avait vraiment besoin de ses amis. Et oui … oui il t'a dit des choses blessantes et oui … il est parfois difficile de composer avec ses sautes d'humeur et ses propos blessants mais … tu es parti sans rien lui dire. Sans même lui envoyer un message pour le prévenir. Il l'a appris de ma bouche. Quand il est venu ici pour me demander ce que je pensais de son manuscrit, il m'a demandé où tu étais et c'est moi qui aie du lui dire que tu étais parti. Imagine ce qu'il a pu ressentir !
Castiel devinait que ça n'avait pas dû être facile pour lui. Et ça n'avait pas du être simple pour Gabriel non plus. Il n'y avait pas réfléchi en décidant de partir. Il s'était montré égoïste et il en payait le prix maintenant. Il n'avait pas le droit de fuir ses responsabilités. Il devait les assumer.
- Imagine si les rôles avaient été inversé et que tu avais appris de Sam que Dean était parti du jour au lendemain ! Imagine ce que tu aurais ressenti et ce que tu aurais pensé ! Et imagine maintenant que Dean revienne un jour sans prévenir. Tu crois que tu l'accueillerais à bras ouverts ? Est-ce que tu ne serais pas un peu en colère contre lui ?
Castiel serait probablement furieux. Vu sous cet angle, Gabriel avait raison. Dean avait le droit d'être en colère. Mais il aurait du se montrer honnête avec Castiel. Lui dire clairement ce qu'il ressentait. Il aurait du lui laisser une chance d'expliquer pourquoi il était parti plutôt que de se montrer aussi indifférent lors de leur conversation téléphonique.
- Il a le droit de m'en vouloir. Mais s'il est aussi en colère … il devrait me hurler dessus. Il devrait me le dire et me donner une chance de me faire pardonner. Il … le fait que cela le laisse aussi … froid et indifférent me fait me demander s'il a jamais réellement tenu à moi. Je veux … j'ai besoin qu'il réagisse. Besoin qu'il … besoin qu'il ait besoin de moi.
Gabriel hocha la tête. Il s'assit ensuite sur la table basse. Il ne semblait plus en colère ou même agacé. Il semblait en revanche fatigué. Et un peu désemparé face à la détresse évidente de son frère. Castiel savait qu'il lui imposait des choses difficiles. Et il aurait pouvoir l'épargner. Mais il avait trop besoin de lui pour ne pas lui en parler.
- Le problème Cassie, c'est que tu ne peux pas le forcer. Tu ne peux pas … l'obliger à réagir … à avoir de la peine … de la colère ou à avoir besoin de toi. Dean est un adulte et il … il est libre d'intégrer dans sa vie les gens qu'il veut voir en faire partie. Et si tu n'es pas inclus alors tu dois l'accepter. Il a sa vie et … peut être qu'il est temps que tu aies la tienne de ton côté. Je ne suis pas en train de dire que Dean ne voudra jamais de toi dans la sienne mais … c'est une éventualité que tu devrais commencer à prendre en considération si tu ne veux pas tomber de trop haut. Les gens changent et … Dean a pris des décisions importantes pour son avenir ces derniers jours. Tu n'étais pas là pour l'aider. Il estime peut être ne plus avoir besoin de toi pour continuer à avancer.
Castiel était terrifié à l'idée que cela soit le cas. Il n'avait pas été là à un moment crucial et Dean semblait avoir parfaitement réussi à négocier ce virage malgré tout. Peut-être avait-il pris conscience au passage qu'il s'en sortait bien sans Castiel. Qu'il n'était pas nécessaire de l'avoir à ses côtés pour être heureux. Si c'était effectivement le cas, alors le jeune homme ne pouvait rien faire pour le faire changer d'avis. Gabriel avait raison. Il était peut être temps pour lui d'admettre tout ça.
- Je ne veux pas le perdre, confessa t-il finalement.
- Je sais Cassie. Et une nouvelle fois, je ne suis pas dans sa tête et je ne sais pas ce qu'il veut. Peut être qu'il a juste besoin de temps. Peut-être qu'il veut attendre que le procès soit terminé pour gérer ses autres problèmes. Peut être qu'il n'a simplement pas la force de se concentrer sur autre chose. Ou peut être que sa décision est définitive. Tu le sauras quand il décidera de te le dire et pas avant.
Castiel hocha la tête. Il ne pouvait qu'accepter ce que Gabriel lui disait. Il était évident que son frère était bien plus lucide que lui sur la situation. Mais c'était tout de même difficile à entendre. Difficile à accepter. Il était terrifié à l'iodée de perdre Dean. Terrifié à l'idée d'avoir commis l'erreur de trop en partant.
- Je suis un idiot. Je n'aurais jamais du partir. J'aurais du … j'aurais du rester. J'aurais du être là pour lui. Je lui avais promis de toujours faire passer notre amitié avant tout le reste et je … on ne peut pas dire que j'ai tenu cette promesse.
Gabriel ne le contredit pas et Castiel accepta ce reproche déguisé. Il était responsable de la situation. Il était suffisamment adulte pour l'admettre. Et cela l'aiderait probablement à aller de l'avant. C'était son objectif même s'il ne savait pas comment s'y prendre pour y parvenir.
- Cassie, tu ne dois pas perdre de vue ton seul objectif. Et peut être que tu trouveras le mot un peu exagéré mais … ton objectif est aujourd'hui de te reconstruire. Tu as laissé cette histoire te détruire. Tu l'as laissé germer en toi et … il est évident que tu dois repartir de zéro maintenant. Tirer un trait sur ce que tu as vécu et reprendre la situation en main. Malheureusement personne ne peut le faire pour toi. Et certainement pas Dean. Parce qu'il ne peut pas avoir de contrôle sur ta vie. Et parce que c'est une responsabilité que tu ne dois surtout pas faire peser sur lui … il a d'autres chats à fouetter en ce moment.
Castiel savait bien qu'il était injuste de demander à Dean de prendre une décision les concernant pour eux deux. Il devait avant tout savoir ce dont lui avait envie. Mais c'était là tout le problème. Il n'en avait pas la moindre idée. Comment pouvait-il prendre la moindre décision dans ces circonstances ?
- Je sais bien que ce n'est pas à Dean de me dire ce que je dois faire, ressentir ou décider mais … si tu voulais bien le faire à sa place, je dois t'avouer que ça m'aiderait. Parce que je ne sais pas si tu l'as remarqué mais … je suis complètement perdu. Je ne sais pas où je vais ou même où j'ai envie d'aller.
- J'aimerais pouvoir le faire crois-moi Cassie. Et je peux te conseiller oui mais … je ne peux pas te dire quoi faire. Prendre tes décisions à ta place c'est … c'est t'infantiliser et de te déresponsabiliser. Tu es adulte et il est grand temps pour toi d'agir en tant que tel. Ni moi, ni Meg ni qui que ce soit d'autre ne pouvons faire ces choix à ta place. Si tu as besoin de notre avis, tu sais que nous te le donnerons sans hésiter. Mais ça s'arrêtera là.
Castiel hocha la tête. Il savait que son frère avait raison une nouvelle fois. Et s'il ne pouvait pas protester, cela l'agaçait quand même. Il aurait été tellement plus simple que quelqu'un se décide à lui dire une bonne fois pour toute ce dont il avait besoin. Cela lui ôterait un poids des épaules. Mais cela reviendrait à le faire peser sur les épaules de quelqu'un d'autre. Et c'était injuste. C'était lâche. C'était tout ce que Castiel ne voulait surtout pas être.
- Tu as probablement raison.
- Pas probablement … j'ai raison et tu le sais. Tu as juste du mal à l'admettre.
- Tu as raison oui et je vais le faire … j'ai juste besoin de temps pour faire le tri dans ce que je ressens. Pour retrouver la raison et avoir les idées un peu plus claires. Je dois faire la liste de mes priorités. Et peut être guérir des blessures que je me suis infligé en ne réagissant pas plus tôt.
Gabriel lui sourit alors pour la première fois depuis le début de leur conversation. Castiel sut alors qu'il avait dit ce que son frère voulait entendre. Peu importait le temps que cela prendrait, l'essentiel était qu'il ait compris ces choses-là. Il n'y avait que comme ça qu'il pouvait réellement avancer.
- Tu peux prendre tout le temps dont tu as besoin. Personne ne te presse. Personne ne te fera le reproche de prendre trop de temps du moment que tu avances. Tu as un toit au-dessus de ta tête. Un frère qui t'aime et des amis qui seront toujours là pour toi. Même si tu avais besoin de réfléchir pendant une année entière, je ne serais pas en colère contre toi. Tout ce que je te demande, c'est une réaction. La preuve que tu as envie que ça aille mieux. Le reste viendra en temps voulu.
Castiel acquiesça. Il avait effectivement envie d'aller mieux. Il ne savait pas encore comment il allait y parvenir mais il était déterminé. Il avait fait une partie du chemin avec Meg mais c'était une nouvelle fois Gabriel qui lui avait donné l'impulsion dont il avait tant besoin. Il ne savait pas encore si Dean ferait partie ou non de cet avenir. S'il aurait une chance un jour de le compter parmi ses amis. S'il finirait par ne plus en avoir besoin. Il était dans le flou total. Mais il entrevoyait une lumière au bout du tunnel. Une issue qu'il avait ignoré jusque-là. Elle semblait incroyablement loin mais elle était là. Et c'était tout ce dont il avait besoin.
- Merci pour le coup de pied aux fesses Gabe, souffla t-il alors.
- C'était un plaisir … et si toutefois tu avais besoin d'un coup de pied aux fesses plus littéral … tu sais que tu peux me demander. Je serais toujours là pour toi.
Castiel sourit à son tour. Gabriel ne faisait rien comme les autres. Même quand il aidait son frère, il trouvait le moyen de le faire d'une manière différente et peu conventionnelle. Mais cela fonctionnait à chaque fois. Il savait toujours exactement ce dont Castiel avait besoin. Et il le lui donnait à sa manière. Castiel savait qu'il pouvait compter sur lui. Il allait peut être perdre Dean pour de bon. Mais il aurait toujours son frère. Et quelque chose lui disait que cette épreuve allait les rapprocher un peu plus encore. Qu'elle aurait au moins l'avantage de leur rappeler combien leur relation était importante. Combien ils avaient de la chance d'être là l'un pour l'autre. Castiel ne devait surtout pas oublier qu'il n'était pas seul dans cette histoire. Qu'il ne le serait jamais vraiment. Perdre Dean serait une terrible souffrance. Mais cela ne signifiait pas pour autant qu'il n'aurait plus personne. Et c'était déjà beaucoup plus que ce que certains avaient.
Dean aurait vraiment voulu qu'il soit plus simple pour lui d'oublier l'appel de Castiel et de passer aussitôt à autre chose. Il avait des tas de choses plus importantes à gérer. Et il s'en voulait de ne pas être capable de mettre son histoire avec Castiel de côté pour ne se concentrer que sur elles. C'était un peu comme si cette conversation avait tout remis en question. Comme si elle avait rebattu les cartes et donné une nouvelle main à Dean. Ca n'avait pourtant duré que quelques minutes. Ils ne s'étaient rien dit d'important. Le jeune homme n'aurait pas du être autant chamboulé par quelques banalités.
Oui, Castiel était revenu en ville et oui il l'avait fait pour lui. Il avait pris le premier vol parce qu'il était inquiet pour Dean. Mais cela ne signifiait pas qu'il comptait rester. Qu'il ne finirait pas par repartir à terme. Et Dean ne voulait surtout pas se faire de faux espoirs pour ensuite être inévitablement déçu. Il préférait se raccrocher aux rares certitudes qu'il avait depuis le départ de Castiel.
La liste était simple et plutôt courte. Il allait faire tomber Roger et aider la justice à le condamner à la peine maximum. Il avait démissionné et ne comptait plus jamais reprendre son ancien travail. Il allait peut être réussir à publier son livre. Il pouvait compter sur Sam, Charlie, Ellen, Kevin et Bobby les yeux fermés. Ils seraient tous là pour le soutenir pendant le procès et après. Enfin, il avait rencontré un homme génial avec qui il avait envie de tenter sa chance. Victor était peut être son issue au bout du tunnel. Il avait trop longtemps cru que seul Castiel pouvait tenir ce rôle. Mais il avait eu tort. Victor avait pris sa place. Dean n'était pas amoureux de lui. Il avait toujours les mêmes sentiments pour Castiel. Mais il l'appréciait énormément. Il avait confiance en lui. Il avait envie d'apprendre à le connaitre. De lui faire une place dans sa vie. Et c'était une grande première pour lui.
Bien sûr, pour y parvenir, il devait commencer par faire de la place à Victor dans son cœur. Ce n'était pas facile. Castiel occupait toute la place libre depuis un moment maintenant et Dean ne savait pas comment faire pour l'en chasser. Il était en colère contre son ami pour ça. En colère qu'il soit revenu. S'il était resté à New York sans donner de nouvelles, Dean aurait eu une chance de l'oublier. Mais il était revenu. Il l'avait fait pour lui et parce qu'il était inquiet. Et il avait repris sa place sans avoir quoi que ce soit à faire. Sans avoir à le demander. Sans même le savoir probablement. Dean était furieux. Et il n'avait pas d'énergie à perdre pour ce genre de futilités. Pas quand il devait se préparer pour le procès.
Il rentrait le plus souvent éreinté de ses rendez vous avec le procureur. Et il n'avait alors plus qu'une seule envie. Tout laisser derrière lui. Ne surtout plus parler témoignage, mort et condamnation. Il voulait se glisser sous sa couette et dormir pour oublier.
Mais le plus souvent, Sam ne lui en laissait pas vraiment l'occasion. Passer du temps avec son frère n'avait jamais été une torture pour Dean. Il aimait Sam plus que la vie elle-même. Et il adorait plus que tout parler de tout et de rien avec lui. Plaisanter sur sa vie amoureuse. Discuter de ses études. Envisager son avenir en lui inventant des carrières toutes plus dingues les unes que les autres.
Mais après avoir passé des heures entières à répéter encore et encore ce qu'il avait traversé avec Roger, il n'en avait pas la force. Il aurait aimé que Sam le comprenne parfois.
Il n'était toutefois pas en colère contre lui. Il savait que cela partait d'une bonne intention. Son frère cherchait avant tout à lui changer les idées. Il pensait bien faire.
Il ne protesta donc pas quand, en rentrant d'un nouveau rendez vous douloureux avec Crowley, il trouva Sam dans la cuisine en train de préparer quelque chose qui sentait merveilleusement bon. Il le rejoignit sans ronchonner et sans trainer les pieds.
Sam avait mis la table et visiblement fait des efforts pour lui préparer son plat préféré. Dean apercevait même une tarte qu'il avait acheté et laissé sur le comptoir pour servir de dessert.
Il n'avait heureusement pas mangé avec Victor ce soir. Et maintenant que l'odeur de la nourriture envahissait ses narines, il réalisait combien il était affamé.
- Dis moi qu'il ne s'agit pas d'une hallucination et que tu es bien là en train de préparer à manger pour moi ! lança t-il à son frère en guise de salut.
Ce dernier se tourna pour le regarder et lui sourire.
- Non, tu n'hallucines pas ! J'ai pensé que tu pourrais avoir faim et … j'avais envie de te faire plaisir.
- Ne le prends surtout pas mal mais je … je dois reconnaitre que je suis … surpris. Tu ne cuisines jamais.
- Peut être parce que le plus souvent, tu te précipites dans la cuisine pour faire à manger en prétextant que c'est ton travail et pas le mien. Et peut être aussi que pour une fois, j'avais envie de faire quelque chose de gentil pour toi … parce que tu travailles dur pour faire tomber ce salopard et que je pense que tu le mérites !
Dean savait que son frère pensait chacun de ses mots. Mais il avait tout de même du mal à le croire. Il n'avait pas la sensation de faire quelque chose d'extraordinaire. Et il n'était pas sûr de mériter une quelconque récompense.
- Une nouvelle fois, ne te vexe pas mais … quelque chose me dit que ce n'est pas la seule raison derrière tout ça … quelque chose me dit que tu as une idée derrière la tête. Tu sais que m'offrir mon dessert favori est le meilleur moyen de me faire parler.
Sam prit un air faussement offensé qui ne trompait pas Dean. Il connaissait son frère par cœur. Il était presque sûr qu'il voulait le faire parler. Il n'était juste pas sûr de savoir ce qu'il voulait apprendre. Il finirait par le découvrir. Sam ne savait pas se montrer subtil.
- Assieds-toi, ouvre ta bière et arrête de me prêter des intentions que je n'ai pas !
- Sam, je te connais par cœur. Je t'ai élevé. Je sais que tu cherches à obtenir quelque chose de moi. Alors tu peux continuer à me mentir et à perdre du temps ou tu peux me dire clairement ce que tu veux.
Il n'attendit pas la réponse de son frère et prit place à table. Il ouvrit la bière que Sam lui avait sorti et en but une longue gorgée. Il le regarda ensuite mettre la touche final à son plat avant de le poser sur la table et de s'asseoir en face de lui.
- Premièrement, je pense réellement que ce que tu fais est courageux et héroïque et que tu mérites qu'on te le dise. Ce repas n'est pas un stratagème que mon esprit maléfique a mis sur place pour te duper. Et deuxièmement, oui … j'avoue que j'espérais pouvoir parler un peu avec toi. Je sais que tu ne veux pas discuter du procès et je le comprends parfaitement. Mais pour une fois, je n'ai pas envie que la conversation tourne exclusivement autour de moi.
- Tu veux qu'on parle de moi ? Je préfère te prévenir tout de suite … en ce moment, mis à part le procès, je n'ai pas grand-chose de très important à raconter.
Sam grimaça alors et Dean comprit exactement ce qu'il cherchait. Il aurait du le deviner plus rapidement. Si son frère ne voulait pas parler du procès, il ne pouvait avoir qu'un autre sujet de conversation en tête. Castiel. Sa venue chez eux et leur conversation téléphonique. Dean n'avait pas du tout envie de répondre à ses questions à ce sujet. Mais il doutait de pouvoir y échapper.
- Castiel est revenu, constata alors Sam après quelques secondes.
- J'avais cru remarquer oui Sammy. Merci pour l'information.
- Ne fais pas l'idiot Dean. Il est revenu parce qu'il s'inquiétait pour toi et je me dis que c'est le comportement de quelqu'un qui … tient à toi. Je me demandais juste si le sentiment était réciproque.
Dean soupira. Il ne savait quoi dire à son frère à ce sujet. Parce qu'il ne savait pas quoi en penser lui-même. Oui il tenait à Castiel. C'était évident. Mais il était également en colère contre lui. Il lui en voulait d'être revenu au pire des moments. Il lui en voulait de ne pas être resté loin de lui et lui avoir donné une chance de l'oublier. Mais il ne pouvait pas le dire à Sam. Du moins pas dans ces termes.
- Bien sûr que je tiens à lui. Je ne vais pas te mentir. Nous étions amis et … oui, j'ai de l'affection pour lui.
- Est-ce qu'il compte rester ? Est-ce qu'il est revenu pour de bon ou juste pour le procès ?
- Je n'en ai aucune idée. Je sais qu'il veut rester ici jusqu'au verdict pour me soutenir mais je ne sais pas ce qu'il a prévu de faire après. Et je ne le lui ai pas demandé parce que j'ai d'autres chats à fouetter comme tu le sais.
Sam hocha la tête. Il ne semblait toujours pas satisfait. Dean ne comprenait pas ce qu'il voulait l'entendre dire.
- Et si tu veux tout savoir … et je sais que tu veux savoir parce que tu es un petit curieux … j'ai rencontré quelqu'un … quelqu'un de génial avec qui je m'entends et avec qui j'envisage très sérieusement de sortir quand tout sera terminé.
Cette fois, Sam sembla réellement surpris. Il avait souvent répété à Dean qu'il devrait songer à faire des rencontres sérieuses. A trouver quelqu'un à aimer. Le jeune homme avait toujours refusé. Parce qu'il pensait ne pas pouvoir avoir une relation sérieuse tout en continuant à coucher avec des hommes pour de l'argent. Mais maintenant que tout cela était derrière lui, c'était bien sûr différent.
- Tu as rencontré quelqu'un ? Je peux te demander de qui il s'agit ?
Dean sourit alors, soulagé que Sam n'évoque pas Castiel à nouveau.
- Victor Henriksen … c'est le détective en charge de l'enquête. Et avant que tu ne te mettes à hurler, on s'est mis d'accord tous les deux sur le fait qu'on ne devait surtout rien envisager tant que le procès ne sera pas terminé. Mais je sais que je lui plais et il me plait aussi. Il me plait beaucoup. Je veux dire … il a tout pour lui. Il est séduisant. Il est sexy. Il sait tout de mon passé et il ne me juge pas. Il se fiche de ce que j'ai pu faire avant. C'est quelqu'un de bien et je pense que je pourrais … je pense vraiment que je pourrais tomber amoureux de lui.
Sam sourit à son tour. Il semblait content pour son frère. Mais Dean pouvait sentir qu'il n'était pas entièrement satisfait pour autant. Qu'il avait encore de choses à dire et qu'il n'tait pas prêt à accepter cette nouvelle sans en discuter longuement. Ce que Dean n'avait pas du tout envie de faire.
- Tu sais que si tu te sens bien avec cet homme, je serais de ton côté. Je serais là pour te soutenir et t'encourager. Et je suis tout à fait prêt à lui donner une chance mais … j'espère juste que tu … que c'est réellement avec lui que tu as envie de sortir. Que tu ne t'intéresses pas à lui uniquement parce que tu ne peux pas avoir … la personne que tu veux vraiment.
Dean secoua la tête. Oh, cette fois, il voyait parfaitement où son frère voulait en venir. C'était évident. Et il avait en partie raison. Il était vrai que Victor n'était pas réellement l'homme que Dean voulait. Mais puisque Castiel était totalement inaccessible, il saurait se contenter de lui. Il était réellement parfait. Et Dean s'imaginait vraiment heureux avec lui. Il n'était pas seulement une solution de repli.
- Il va falloir que tu te montres un peu plus clair avec moi parce que là je ne suis plus vraiment sûr de te suivre, mentit il alors.
Il n'allait certainement pas faciliter la tâche de Sam en lui disant qu'il voyait parfaitement où il voulait en venir. Il allait le forcer à prononcer les mots. Le forcer à tout déballer. Peut être parviendrait-il ainsi à lui faire réaliser combien sa question était malvenue, indiscrète et stupide.
- Est-ce que tu ne crois pas que tu pourrais … être amoureux de quelqu'un d'autre ? Disons … de Castiel par exemple ?
Dean but une longue gorgée de sa boire pour gagner un peu de temps. La réponse était bien évidemment oui. Mais il refusait de l'avouer à son frère. Il savait que Sam saisirait cette information et tenterait ensuite longuement de le convaincre de tenter sa chance. Ce que Dean refusait de faire. Parce qu'il savait que Castiel n'était pas amoureux de lui. Il refusait de voir Sam rejeter Victor simplement parce qu'il pensait son frère amoureux d'un autre.
- Je vais être parfaitement honnête avec toi Sam … je … j'ai cru être amoureux de lui pendant quelques temps. J'ai pensé avoir développé des sentiments pour lui. M ais j'ai réalisé quand il est parti que je m'étais trompé. Je ne suis pas amoureux de lui … je … je ne suis même plus sûr d'avoir envie qu'il fasse partie de ma vie.
Sam sembla presque déçu. Dean ne comprenait pas comment il pouvait avoir pris fait et cause pour Castiel alors même qu'il le connaissait à peine. Il aurait du l'encourager à tenter sa chance avec Victor à la place. Après tout, Castiel était une des dernières personnes à le relier à son ancien travail. A la vie qu'il voulait laisser derrière lui. Victor représentait l'avenir quand Castiel représentait le passé. Sam semblait ne pas le voir du même œil.
- Si tu dis ça parce que tu penses ne pas avoir la moindre chance alors permets-moi de te dire que tu te trompes … je pense vraiment que Castiel veut faire partie de ta vie … je pense qu'il a des sentiments pour toi. Il ne serait pas revenu sinon. Il … il n'aurait pas débarqué à l'appartement simplement parce que tu ne répondais pas au téléphone. Il … il n'agit pas seulement comme un ami. Il agit comme un homme amoureux.
Dean trouvait cela totalement ridicule. Il était presque sûr que le retour de Castiel était en grande partie du à la culpabilité qu'il ressentait. Il devait très certainement s'en vouloir d'être parti au pire des moments. Et il cherchait à se racheter. Ou à apaiser sa conscience. C'était un acte égoïste. Sam était clairement en train de se faire berner.
- Sammy, je suis désolé mais tu te trompes. Castiel n'est pas … on s'est disputé juste avant son départ. Il … il est parti juste après et sans m'avertir. Il s'est comporté comme un abruti. Il sait que je suis en colère contre lui. Il sait qu'il a tout gâché entre nous. Et franchement, je pense qu'il cherche juste à se racheter. A se faire pardonner peut être. Mais je n'ai pas de temps à perdre à apaiser sa culpabilité. Je … je dois rester concentré sur le procès avant tout.
- Je sais bien et c'est tout à ton honneur. Je ne te dis pas de prendre une décision ici et maintenant. Je te demande juste d'y réfléchir. Parce qu'il serait idiot de passer à côté d'une belle histoire maintenant que tu sembles être prêt à l'envisager juste parce que tu as peur.
Dean soupira longuement avant de vider sa bière d'une traite. Sam avait les yeux rivés sur lui et le jeune homme pouvait sentir l'espoir chez lui. Il semblait avoir terriblement envie d'entendre Dean lui dire qu'il avait raison. Qu'il était effectivement amoureux de Castiel. Qu'il allait le lui dire et vivre heureux avec lui jusqu'à la fin des temps. Mais il ne le ferait pas. Il avait toujours fait en sorte de donner à son frère tout ce dont il pouvait avoir besoin. Cette fois, en revanche, il s'y refusait. Et Sam allait devoir l'accepter.
- Sam, non. Je te l'ai dit et je te le redis. Je ne suis pas amoureux de Castiel. Je suis … peut être qu'on pourra redevenir amis lui et moi. Peut être qu'il repartir après le procès et que je ne le reverrais jamais. Je ne sais pas quoi te dire d'autre Sammy. Je suis désolé si tu espérais obtenir une autre réponse de ma part mais je te dis la vérité.
Sam finit par hocher la tête et Dean crut alors pendant une seconde qu'il avait gagné. Qu'il avait enfin réussi à convaincre son frère de lâcher l'affaire. Mais c'était mal le connaître.
- Tu as raison Dean. Tu as définitivement d'autres choses en tête pour le moment. Je pense qu'on devrait … on devrait en reparler plus tard quand tu pourras enfin réfléchir clairement à autre chose qu'à …
- Stop. Ce n'est pas uniquement une question de timing Sam. J'ai eu le temps d'y réfléchir avant tout ça. J'ai pris le temps de me demander ce que je ressentais pour Cas et … j'en suis venu à cette conclusion très simple. Je ne suis pas amoureux de lui. Point final. Il n'y a rien de plus à dire. Et j'aimerais assez que tu ne mettes pas ce que je te dis en doute. J'aimerais au contraire que tu acceptes l'idée que je puisse te dire la vérité et … être content pour moi parce que j'ai rencontré quelqu'un de génial et que pour la première fois de ma vie j'envisage très sérieusement de tenter ma chance en amour.
Il savait qu'en appuyant sur ce dernier point, il finirait par convaincre Sam. Après tout, c'était ce qu'il lui demandait depuis des années maintenant. Et même s'il semblait être plus enthousiaste à l'idée de voir Dean en couple avec Castiel, il finirait par oublier cette option ridicule. Parce qu'il voulait avant tout voir son frère heureux. Quel que soit l'homme avec qui il choisirait de partager sa vie.
- Je ne mets pas ta parole en doute Dean. Je ne suis juste pas sûr que tu sois dans les meilleures dispositions pour prendre une telle décision en ce moment. Si tu veux tenter ta chance avec Victor et si tu développes des sentiments pour lui alors crois-moi, je serais le plus heureux au monde. Mais si tu le fais par dépit, tu finiras par le regretter et … il sera sans doute trop tard pour revenir en arrière. Je veux t'éviter ça c'est tout.
- Je n'agis pas par dépit. Ce ne serait pas juste envers Victor. Et … tu sais que je n'ai jamais cherché à me mettre en couple à tout prix. Si j'ai fait ce choix maintenant c'est parce que j'en ai vraiment envie. C'est uniquement parce que Victor me plait vraiment … sincèrement.
- Alors je serais de ton côté Dean. Tu sais que tu peux compter sur moi. Et d'ailleurs … je serais vraiment content de le rencontrer. Victor je veux dire et … je dois m'assurer qu'il te mérite bien sûr avant de lui donner mon feu vert.
Dean secoua la tête, amusé et soulagé par les propos de son frère. Il n'était pas encore prêt à lui présenter Victor. Il était clairement trop tôt pour une telle rencontre. Il devait avant tout surmonter le procès. Triompher de Roger. Puis sortir quelques fois avec Victor pour être sûr que cela pouvait fonctionner entre eux.
- Laisse-moi d'abord une chance d'apprendre à mieux le connaître avant d'envisager de le rencontrer d'accord ? Il est peut être un peu trop tôt pour envisager quoi que ce soit de ce genre. Je n'ai même pas eu mon premier rendez vous avec lui.
- Peut être mais je préfère te prévenir tout de suite … tu n'y échappera spas … et lui non plus.
Dean aurait fait la même chose à sa place. Il n'était donc pas surpris. Et il se plierait aux exigences de son frère si cela devenait sérieux entre Victor et lui. Mais une nouvelle fois, il était bien trop tôt pour y penser. Il devait rester concentré sur son seul objectif important pour le moment. Il devait avant tout penser au procès. Il avait encore des rendez-vous avec Crowley à surmonter. Des réponses à préparer. Et il avait une merveilleuse tarte à déguster également. Il ne devait surtout pas perdre de vue ses priorités s'il voulait avoir une chance de reprendre sa vie en main convenablement. Et Sam le savait tout autant que lui.
