Chapitre 25 :
Pivert croisé avec un pigeon
Toc - Toc - Toc
"Mmmh ? Rrrh… mfffaaah !" grommela Harry en plaquant un coussin sur sa tête.
Le jour s'était levé depuis longtemps... mais ils avaient à peine eu le temps de vider l'hôtel, client après client et hurlements après hurlements que le soleil pointait déjà à l'horizon.
Toc - Toc - Toc
Alors Red leur avait dit de choisir une chambre chacun… ils passeraient leur première journée au Japon à dormir mais ils étaient en décalage horaire et puis ils étaient arrivé un jour trop tôt avec les conneries de Praesepe !
Toc - Toc - Toc
"Haaarry…" le secoua Max, elle dormait au pied du lit.
"Quoiii ?! C'est la femme de ménage, non ?"
"On dit personnel d'entretien, espèce d'illetré !"
"Aaah, merci. C'est vraiment un truc essentiel à me dire, en plein milieu de ma journée de sommeil !!!"
Toc - Toc - Toc
"ENTREZ, BORDEL !!!" cria Harry, un peu plus réveillé et beaucoup plus énervé.
"Mais Harry, on a bailloné tout le personnel d'entretien... on a arrosé la totalité des murs avec du saucisson fondu au fromage ! Si l'une de nos victime nous avait échappé, elle aurait d'autres soucis que venir border nos lits. Tu ne crois pas ?"
Harry se redressa, un visage horrifié.
"Oh. Mon. Moi !" dit-il d'une voix blanche.
Moi étant le synonyme pour Dieu, évidemment.
"Ah bah enfin..." soupira Max.
"Cette chambre ne possède même pas de cafetière !" s'écria Harry.
"Quoi ? Non mais..."
"La salle du petit-déjeuner c'est Guernica !!!" précisa-t-il. "Caaafou, mon 1er café de la journée... je t'ai abandonné !"
"Tu es à peu près aussi utile que mon chat…" constata Max.
Elle s'arma d'une baguette et d'un katana, attacha un coussin jaunâtre sur son ventre et un autre coussin sur son dos puis enfila l'abajour en guise de casque… avec un Praesepe mage-noir au cul, on n'est jamais trop paranoïaque.
"Si je ne m'en sort pas... tu diras à ma femme et mes enfants que je les aime." dit-elle.
"Oui, ô Grande Max."
"… et tu prendras soin de mon chat."
"Nooooon !!! Surtout n'ouvre pas cette porte !!! Pitiiié…"
Toc - Toc - …
Max ouvrit la porte, poussa un cri de guerre et referma la porte aussi sec.
… Toc
"Qui est-ce ?" demanda Harry, légèrement inquiet. "On a défoncé tout l'hôtel... ça n'est quand même pas..."
Toc - Toc - Toc
"Tu as deviné, Harry." lui confia Max, le regard grave. "C'est notre anniversaire."
"Heiiin ?!"
Toc - Toc…
Max coulissa les rideaux, dévoilant quatre hiboux et elle ouvrit la fenêtre pour les laisser entrer. Ils connaissaient déjà l'un d'eux : Grand Duc fier, gonflant ses poils pour les impressionner.
"C'est de la part de Drago ?" demanda Harry.
"Exactement. On sait ce que c'est, du coup..."
Harry et Max échangèrent un regard malicieux et levèrent les bras au ciel en s'écriant :
"Bonbooons !!!"
Ils décrochèrent la lettre avec hâte… la jetèrent sur un lit à la va-vite et ouvrirent le colis pour compter les friandises.
"36 ? 36 ?!" s'indigna Harry. "… mais l'an dernier, y'en avait 37 !!!"
"Hein ?! Non, non, c'est moi, ça. Désolée." répondit Max en tirant sa langue, bleue et pleine de poudre sucrée.
"Ouuuf, on a échappé à la catastrophe !"
Chers Hérit… oh, mer… mince.
Je viens de réaliser, en écrivant cette missive que vous n'êtes plus les Héritiers de la Noble Famille des Black. J'ose espérer que vous ne prendrez pas ces histoires de rangs trop au sérieux, l'année prochaine mais je n'oublie pas à qui je m'adresse : évidemment que vous allez être insupportables avec ça !
Comme vous pouvez le constater, j'ai pris les devants pour vos petites magouilles de Poudlard Express… si j'étais vous, je ne m'approcherai pas des Langues Sauteuses mais ça ne sert strictement à rien de vous écrire tout ça, n'est-ce pas ? Vous avez jeté la lettre et vous êtes déjà en train de vous baffrer... Prévisible.
Au moins, on ne pourra pas dire que je ne vous ai pas prévenu. Peu importe, au fond, vous n'êtes pas réputé pour votre bonne foi et c'est un comble : ne suis-je pas censé être le seul Malfoy dans notre clan de collaborateurs amicaux ?
Joyeux anniversaire,
Cordialement,
Drago Malfoy,
Héritier de la Noble Famille des Malfoy.
PS : pour votre information, sachez que j'ai choisi le Soin aux Créatures Magiques et l'étude des Runes… sans vouloir vous influencer : choisissez judicieusement.
"Hééé-iiioooh he eh iii-euuuh ?" demanda Harry, la bouche pleine de chocolats.
"É-iii-aaa-en !" confirma Max, la bouche toute aussi pleine.
Effectivement, l'oiseau d'Hermione était d'une banalité affligeante et il leur amenait même la Gazette du Sorcier ! Comme elle avait un chat et pas de hibou, elle avait loué les services d'un oiseau-facteur-de-courrier et il leur amenait deux livres : facile à deviner avec la forme du paquet.
"Merci, oiseau banal." répondit Harry en décrochant son paquet.
Le hibou le fixa durant quelques minutes et il resta comme un idiot, les cadeaux dans la main sans savoir quoi faire.
"Pourquoi il me regarde, le piaf ?!"
"Faut lui donner une noise, je crois." répondit Max. "Pour la gazette, tu sais..."
"Aaah ! C'est payant ?"
"Oui, c'est pour ça qu'on ne reçoit jamais le journal."
"Je croyais que c'était pour éviter le bourrage de crâne médiatique et l'angoisse artificielle des titres putacier écris par des journalistes sur le déclin prêts à mentir par figure de style littéraire en oubliant qu'ils ne sont pas romanciers et qui s'éloignent inexorablement de la ligne éditoriale en rognant leurs idéaux pour contenter quelques costards-cravate trop éloignés de notre réalité jusqu'à briser totalement leurs rêves et remplacer ceux qu'ils voulaient surpasser au nom de la liberté sans réaliser qu'ils sont eux-mêmes devenu des usurpateurs qui se feront aussi expulser par des jeunes plumes rempli de rêves brisés par la réalité écrasante, reproduisant malgré eux le cycle de la vie."
Max le regarda, cligna trois fois des yeux avant d'hausser les épaules :
"Oui, c'est vrai qu'il y a ça aussi."
"C'est mon anniversaire à moi, parasite donc c'est à toi de payer pour la Gazette."
"QUOIII ?!" hurla Max. "Tu te fiche de moi, là ?! J'te signale que j'ai abandonné mon anniversaire pour toi !"
"Roooh, ça va. C'est pas comme si tu tenais particulièrement à tes parents… hein ?!"
Max baissa la tête et Harry grogna : il avait perdu. Elle commença à pleurer...
"Ça va, c'est bon. Je paie."
"Gagné !" fanfaronna-t-elle.
Il donna sa pièce à l'oiseau qui continua à le regarder... c'était comme s'il attendait qu'on lui donne une petite coupelle remplie d'eau et un biscuit pour le voyage. Aaah, ok.
"Pourquoi on ne peut pas détacher l'emballage ???" s'étonna Harry. "Je veux mon cadeau !!!"
"La lettre… Je crois qu'Hermione tient à ce qu'on lise sa lettre avant d'être trop absorbé par nos cadeaux."
"Quoi ? C'est ridicule, ça, aucune confiance. Nous sommes ses meilleurs amis et c'est comme ça qu'elle nous remercie ?!"
Pendant ce temps-là, la lettre de Drago restait abandonnée sur le lit... pauvre lettre...
Cher Harry, chère Max,
… petits cachotiers ! Vous ne m'aviez pas dit que vous partiez en Égypte. J'ai tant de choses à vous demander sur les coutumes des Sorciers de l'Égypte ancienne, j'ai entendu dire qu'ils étaient fascinants. Surtout, profitez bien de vos vacances malgré ce qu'il s'est passé.
Moi aussi, je voyage en ce moment, je vous écris de France où j'ai dû entièrement réécrire mon parchemin pour le devoir d'Histoire de la Magie… j'espère que le Professeur Binns ne m'en voudra pas s'il est un peu trop long. J'ai eu peur de ne pas pouvoir vous écrire d'ici, j'ignorais comment me procurer un hibou. Heureusement que je n'ai pas suspendu mon abonnement à la Gazette du Sorcier, ce hibou m'a sauvé !
À ce propos... Harry, je tiens à t'envoyer la Gazette du Sorcier où tu fais la Une depuis plus de deux semaines consécutives : toujours la même image et toujours les mêmes articles. À croire que tu te serais incrusté sur la photo de la famille Weasley et que tu aurais jeté un sort afin d'être sur la couverture chaque jour jusqu'à la fin des temps. C'est totalement absurde, n'est-ce pas ? Sérieusement, tu devrais annuler ça... déjà, c'est ridicule et puis surtout, tu nous prive des dernières nouvelles ! Imagine si un dangereux criminel s'échappait de la Prison d'Azkaban : personne ne pourrait être mis au courant. Je sais que c'est impossible mais c'est ce que Luna m'a dit et Luna a toujours raison… n'est-ce pas ?
Amusez-vous bien, pas trop et surtout ne tuez personne. On se reverra à la rentrée si le monde tient encore debout d'ici là...
Amitiés,
Hermione.
"T'es sérieux, Harry ?! Ça fait deux semaines que tu parasite la Gazette ?"
"Vous n'avez aucune preuve contre moi !" se défendit-il.
"C'est trooop cool."
"Je sais ! Celui qui a fait ça est un génie, vraiment. Tu crois que c'est Ron ?"
"Bien sûr, on va dire ça..."
Il ne restait plus que deux oiseaux : un énorme chevêche pouilleux et un ara bleu qui portait un collier de pastèques et de melon autour du cou.
"Ça c'est Luna !!!" assura Max. "Reviens ici, hibou étrange !"
"C'est pas un hibou, Max..." soupira Harry. "C'est une sorte de pivert croisé avec un pigeon."
Le cadeau resta solidement accroché dans les serres de l'animal mais la lettre se décrocha toute seule, flottant à quelques centimètres du sol. Le papier se tordit en quatre, comme une cocotte et la voix de Luna leur souhaita une joyeuse Pâque vraiment très en retard... oh, et comme par hasard, cette Pâque tombait le jour de leur anniversaire.
"Le monde est bien fait." commenta Harry.
"C'est une beuglante ?" demanda Max.
"Non, ça ressemble plutôt à une chuchoteuse."
"C'est pas l'heure..." indiqua la lettre avec la voix de Luna.
Luna Lovegood avait inventé l'ASMR avec vingt ans d'avance !
-Fin du 25ème chapitre-
…à suivre…
