Note du traducteur : La romance et la vie domestique c'est bien joli, mais n'oublions pas que Callen est un agent du NCIS et que son but est tout de même de chasser les criminels les plus endurcis, donc il va falloir retourner au travail. Un peu d'action précurseur de la suite.

Rating : T (langage familier.)

La journée avait commencé toutes les autres. Dee commençait plus tard ce matin-là, alors ils avaient pris ensemble leur petit déjeuner, et elle l'avait mis à la porte avec des « je t'aime » et des « sois prudent. », même si la vision de la jeune femme portant l'une de ses chemises ne lui donnait absolument pas envie de quitter la maison. Mais connaissant Hetty, elle n'allait de toute évidence pas lui pardonner le fait qu'il avait du mal à se détacher de sa compagne. De toute façon, Dee était plongée dans la paperasse et en avait pour plusieurs heures, alors il quitta la maison.

Il arriva au bureau pile à l'heure, en lançant dans une tasse d'eau fumante, le filtre contenant son thé, en essayant de savoir pourquoi chaque membre de son équipe semblait avoir une liste de souhaits, excepté lui. Il était peut-être temps qu'il s'y mette. Il y avait certaines choses qu'il avait envie d'accomplir, et toutes ses idées incluaient Dee. Quand il avait demandé à Kensi comment se passait les préparatifs de mariage, il avait eu droit à plus de détails qu'il ne pouvait en supporter et il avait instantanément regretté d'avoir posé la question.

La journée promettait d'être longue et uniquement consacrée à la paperasse. En y repensant quelques jours plus tard, il se disait qu'il aurait dû voir venir les choses. Il aurait dû percevoir que quelque chose se tramait. Encore une fois, avec le recul on voyait toujours les choses plus clairement, et ce matin-là, aucun indice ne laissait présageait que quelque chose allait se passer.

Une demi-heure plus tard, le sifflement d'Éric, retentit et l'équipe se dirigea vers le centre opérationnel. Le fait qu'Hetty soit présente au briefing n'était pas en inhabituel, mais d'une certaine manière cette présence rendit l'agent sénior nerveux. Quand il regarda l'écran, il comprit instantanément pourquoi.

« C'était quand? » exigea il.

« Il y a une heure. » répondit Eric, en fronçant les sourcils. « Il y a eu une explosion au centre-ville. Dans un café. » continua il en pianotant sur la tablette. « Ce café s'appelle L'Indulge, dirigé par… »

« Deja Barrow et Lindy Knight. »

Eric regarda l'agent senior, surpris par cette interruption.

« Oui c'est exact… »

« Des victimes ? »

« Deux sont mortes, et quatre blessés. Il semblerait qu'il n'y avait personne d'autre au restaurant. » répondit alors Nell.

C'était normal, il était encore tôt. L'affluence du café était plutôt aux alentours de dix heures.

« Des caméras de surveillances pour identification des suspects ? »

« Pas encore » répondit Eric par la négative. « L'appartement qui se situe à l'étage du café, est au nom de Mademoiselle Barrow, mais on ignore encore si elle était chez elle au moment de l'explosion. Les pompiers n'ont trouvé personne à l'étage lors de leur vérification. »

Callen se mordit la langue, ne voulant pas leur expliquer qu'il savait pertinemment que la jeune femme n'était pas dans son appartement. Il tourna alors son attention vers Hetty. « Pourquoi on regarde ça ? est ce qu'il s'agit de terrorisme intérieur ? » ce n'était pas le fait qu'il ne voulait pas s'occuper de cette affaire, mais ce genre d'incident était habituellement du ressort du FBI.

Hetty soupira. « La police de Los Angeles a trouvé quelque chose en fouillant les lieux. Monsieur Beale, passez sur l'écran s'il vous plait. »

Eric fit apparaître une photographie sur l'écran. Callen la scanna des yeux et en deux secondes tourna les talons pour sortir de la pièce. « Où est elle Hetty ? »

« En route pour le hangar à bateaux. » Mais Hetty n'allait certainement pas le laisser filer à l'anglaise comme ça. « Monsieur Callen, j'apprécierais que vous me donnier certaines informations sur cette situation s'il vous plait. »

Il se retourna avant d'avouer. « Il est écrit : Вы будете знать, что он чувствует, как, autement dit : tu vas savoir ce que c'est. Les initiales appartiennent à quelqu'un qui n'est plus de ce monde. Vous allez devoir appeler Gibbs, lui annoncer que lui et son équipe sont en danger. »

« Oui, j'avais saisi cette partie-là. » répondit la petite femme en fronçant les sourcils. « Je suis consciente que vous vouliez qu'elle soit en sécurité, mais j'ai besoin de savoir à quoi nous sommes confrontés. »

Callen prit une profonde respiration avant de commencer son explication. « Une mission classée secret défense en Serbie. Uniquement Gibbs et moi. La mission consistait à éliminer un trafiquant d'arme russes qui vivait là bas. Pour faire court : tout ne c'est pas passé comme prévu et on a subi des dommages collatéraux. La femme et la fille du trafiquant ont également été tuées. », il quarra les épaules avant de poursuivre. « Un seul survivant, son fils, et c'est le seul qui pourrait avoir une raison de vouloir se venger. »

« As t'on un nom? »

« Son père s'appelait Oleg Bogdanov. On peut voir ses initiales sur le bas de la photo. Je ne sais pas comment s'appelle son fils. » Sur ces dernières révélations, il quitta le centre opérationnel.

Hetty porta son attention sur Sam « Allez avec lui, s'il vous plait. On va commencer les recherches à partir de ce que Monsieur Callen nous a révélé. On aura besoin de vous au restaurant plus tard. Tous les deux. »

Sam n'avait pas besoin de plus d'explication et suivit les traces de Callen hors de la pièce.

Se hâtant d'entrer au hangar à bateaux, il vit la silhouette de la jeune femme à travers l'écran. La jeune femme se trouvait dans la salle d'interrogatoire. Elle triturait le bracelet qu'elle avait au poignet. Sa mâchoire était serrée, ses yeux un mélange de fureur et d'anxiété à peine contenue.

En colère, Callen hurla son mécontentement aux deux agents présents. « Je peux savoir qui vous a dit de l'installer en salle d'interrogatoire ? elle n'est pas une suspecte. Elle est là pour qu'on assure sa protection. »

Il se dirige avers la salle en question, sans prêter attention à Sam qui était entrer à sa suite dans la planque. La silhouette de la jeune femme sembla se relaxer à la vue de l'homme. « Grisha… »

Callen vérifia que la jeune femme n'avait pas de blessure visible, avant d'envelopper ses bras autour d'elle. « Est-ce que ça va? »

« Je suis sacrément énervée. » mumura elle. « Ces deux hommes sont venus sonner, ne se sont même pas présentés, ils m'ont juste dit qu'ils étaient du NCIS et n'ont pas voulu me dire où ils m'emmenaient. Je n'ai même pas eu le temps de m'habiller convenablement. » se posant un peu plus contre la chaise, elle le fixa. « Tu as plutôt intérêt à me dire ce que ce passe, avant que je m'énerve encore plus. »

Il ne put s'empêcher de la regarder, remerciant le ciel qu'elle soit en vie, souriant intérieurement à l'entente de son accent anglais exacerbé. C'était l'un des signes révélateurs de colère, de peur ou parfois d'excitation.

« On ne t'a rien dit ? »

« Non, rien du tout. »

« Assieds-toi. » il tira la chaise qui se trouvait en face pour venir la positionner à côté de la jeune femme. Prenant une profonde respiration, il attrapa ses mains. « Il y a eu une explosion. »

« Où cela ? »

« A l'Indulge. »

Les yeux de la jeune femme s'agrandirent de stupeur. « Lindy et Jess, est ce qu'elles vont bien ? »

« Je ne sais pas. »

Elle se mordit la lèvre inférieure, essayant de contenir ses larmes. « Je présume qu'il ne s'agissait pas d'un accident. »

« Je suis désolée ma chérie. C'était un acte délibéré et ciblé. »

« Tu veux dire que c'est nous qui sommes visés ? »

Il opina. « Quelqu'un m'en veux. »

« Pourquoi ? à cause du travail ? »

« à cause de quelque chose que j'ai fait il y a bien longtemps. » avoua il en lui pressant la main. « Je devais éliminer son père. Malheureusement, la mère et la sœur de l'homme qui m'en veux ont également été tuées. »

« Comment sais-tu qu'il s'agit bien de cette personne ? »

« Il m'a laissé un message au café. »

« Il essaie de se venger. »

« Oui, exactement, il essaie. »

« Je dois uniquement la vie au fait d'avoir été à la maison, et pas à l'appartement. » elle luttait contre l'afflu de ses émotions qui menaçaient de déborder à tout moment. « Qu'est-ce qu'il veut ? »

« Il veut que je souffre, comme lui a souffert. »

« Et j'imagine que cela passe par moi alors. »

« Oui c'est toi. »

« Il a accomplis son travail. »

Callen acquiesça. « Mon boulot à moi c'est de l'attraper, mais avant tout c'est de te garder en sécurité. »

« Et tu peux faire les deux en même temps ? »

« Si tu ne passes pas ton temps à t'enfuir, ça ne posera pas de problème. »

Dee retrouva rapidement la tête froide. « Qu'est-ce que tu attends de moi alors, là tout de suite ? »

Ce n'est qu'à l'instant il toucha son genou nu que le commentaire de la jeune femme sur le fait qu'elle n'avait pas eu le temps de s'habiller, fit rejaillir la colère de l'agent. Elle portait toujours la chemise de l'agent, et c'était tout à l'exception d'une paire de baskets. « On va te trouver un pantalon. »dit-il entre ses dents essayant de ne pas laisser transparaître la colère qu'il ressentait. « Je jure devant Dieu… »

Deja haussa les épaules « Ne t'en fais pas, je suis certaine qu'ils vont déjà vu des jambes nues auparavant. Dis-moi ce que je dois faire. »

Encore plus à cet instant, la résilience de la jeune ne cessait de le surprendre. Elle avait cette habilité à changer de conversation en l'espace de quelques secondes seulement.

« Est ce que tu as vu quelque chose ou quelqu'un de suspect ? »

Elle allait répondre par la négative avant de se rétracter. « Peut-être… je me souviens de deux hommes, ils étaient étrangers. Ils ont commencé à venir au café il y a quinze jours, il me semble. Ils venaient d'Europe de l'Est. Je n'y pas plus prêté attention, après tout, on voit des touristes tous les jours. Tu sais ce que c'est. Mais ils observaient d'un peu trop près les lieux, et ils posaient beaucoup de question. » finit elle en le regardant. « J'aurais dû dire quelque chose n'est-ce pas? »

« Tu ne pouvais pas savoir, chérie. »

« Mais tout de même… »

« Non, tu ne pouvais pas savoir. » il changea alors de sujet de conversation. « Qui a une clé de l'appartement. »

« Lindy et moi uniquement. » répondit elle en luttant contre les larmes. « Humm… j'allais oublier, il y en a une dans le bureau également. »

« Okay » il dégagea délicatement les mèches de cheveux qui s'éparpillaient sur le visage de la jeune femme. « Est-ce que si je te laisse ici ça va aller ? c'est le seul endroit, où je suis certain que tu es en sécurité. Si nous n'avons rien de concret ce soir, nous aviserons. »

« On ne vas pas rentrer ce soir alors. »

Il secoua la tête. « La maison est compromise. S'ils savent où tu travailles, ils savent forcément où on vit. »

« Oui, logique. »

Callen fit reposer quelques instant son front contre celui de la jeune femme. « Je suis tellement désolé, mon amour. Je sais que c'est beaucoup à encaisser une seule journée, et que tu n'as pas le temps de tout assimiler. Mais je dois régler cette histoire, avant que cela ne devienne complètement hors de contrôle. »

Dee opina étudiant le visage de l'homme qu'elle aimait. « Tu es bien calme sur toute cette histoire. »

« Crois-moi, je ne le suis pas. Je pense être encore être encore plus furieux que toi, et c'est dire quand on sait que ton monde entier vient de s'effondrer. Mais c'est mon travail. Et j'aurais le plaisir d'attraper l'enfoiré qui a fait ça. J'ai besoin que tu restes là et que ton optimisme légendaire me porte chance. »

« J'ai confiance en toi. »

Il sourit pressant un baiser sur ses lèvres. « Je sais. » en se levant, il offrit sa main à la jeune femme. « Tu es prête pour rencontrer Sam ? »

« Non, pas vraiment. »

Prenant une profonde respiration, elle quarra ses épaules pour se donner une contenance. « Passes devant. »

Sam se retourna quand le couple entra. Il avait évidemment observé leur interaction sur l'écran. Ils partageaient vraiment une évidente complicité. Il avait vu la réaction de Deja lors de l'apparition de Callen, elle s'était instantanément détendue. Elle lui faisait entièrement confiance. Elle avait l'air d'être une femme forte. Elle ne s'était pas énervée à l'idée d'avoir perdu tout ce qui constituait sa vie entière, ni du fait qu'elle ne pourrait vraisemblablement pas rentrée chez elle le soir même, qu'elle n'allait pas le laisser tomber si cela voulait dire qu'elle pouvait le perdre lui aussi.

« Sam, je te présente Deja. Dee, voici Sam. »

Deja hocha la tête. « Je suis ravie de vous rencontrer. J'ai beaucoup entendu parler de vous. »

« Je suis désolé, que cela soit en si terribles circonstances. »

Elle respira profondément et pressa la main de Callen. « Oui, moi aussi. »

Sam reporta alors son attention sur son partenaire. « On doit aller au café. »

Callen opina. « Est qu'il y a quelque chose que tu voudrais que je cherche, si cela est possible ? » demanda il à la jeune femme.

« Je voudrais juste des informations sur Lindy et Jess. Le reste ce n'est que du matériel et largement remplaçable. »

« Tu es sûr ? »

« Absolument. »

« Et de la maison, tu ne veux rien ? si je peux y retourner sans me faire tuer. »

« La boite de thé. »

Il fût surprise de cette demande. « La boite de thé ? je suis certain qu'Hetty sera plus que ravie, de t'offrir une tasse de thé décente. Une qui ne sent pas le papier. »

« Non, je parlais de ta boite de thé à toi. »

Grisha resta silencieux quelques instants. Il fixa son regard quelques instants. Le regard sur le visage de la jeune femme lui révéla tout ce qu'elle pensait. Et il n'allait pas argumenter. En fait, il était vraiment touché à la pensée que cette boite était la première chose à laquelle elle avait pensé. « C'est tout ? »

« Oui, toi, et des infos sur Lindy et Jess. Tout le reste, on peut le remplacer. »

Avec hochement de tête, il se tourna vers Sam. « Bon, le café d'abord et ensuite la maison si on peut y accéder. »

Il embrassa ensuite longuement et langoureusement la jeune femme, réticent à l'idée de la laisser. « Je t'aime. »

« Je t'aime aussi. »

Si Sam fut surpris de l'entendre prononcer ces mots à quelqu'un qu'il n'avait jamais rencontré, il ne pipa mot. Ce n'était pas absolument pas le moment de commencer à le questionner. Il suivit donc Callen à l'extérieur. L'heure était à la chasse aux méchants.