Chapitre 38 : La confrontation
- Il n'en n'est pas question ! Avais-je lâché avec virulence me redressant sur mon lit, comme un clown sur ressort sortant de sa boite.
Le Docteur Aurélius avait eu la « délicatesse » de ne pas insister et avait pris congé en lâchant simplement un, « nous en reparlerons ». Comme je m'y attendais, et comme c'était souvent le cas, on n'avait pas vraiment l'air de tenir compte de mon avis sur la question, car trois jours plus tard, le Docteur Aurélius revint me voir. En entrant dans ma chambre il avait une petite mine satisfaite, qui ne laissait que peu de place aux doutes quant à la raison de ladite satisfaction.
Aujourd'hui j'avais eu le droit de me laver « seule » et eu le bonheur de retrouver, un tant soit peu d'intimité, à ce niveau-là du moins. Enfin, me laver est un bien grand mot, étant donné que j'étais encore alité à cause de ma jambe et que mon bras était toujours immobilisé. Je devais me débarbouiller en utilisant un gant et une bassine, que l'on avait installé sur une table à côté de mon lit. L'on m'avait également retiré mon bandage de fakir à la tête et j'avais pu observer l'étendue des dégâts avec un petit miroir. Oh ! Je devrais y être habituée avec le temps, je crois qu'il n'y a que peu de choses qui ont été épargnées à mon corps. Mais là, cette coupe de cheveux… Bon ! J'étais loin d'être le genre de fille qui se préoccupait sans cesse de son apparence. De toutes manières je n'avais jamais rien compris ce qu'on pouvait bien me trouver ! Je n'étais pas des plus féminine, sauf quand il s'agissait de m'exhiber lors de la tournée et autres mondanités liées au Hunger Games. Mais cela c'était grâce à Cinna qui savait réveiller la femme qui sommeillait, très profondément, en moi. Autrement, ce que j'aimais c'était mes vêtements, simples et pratiques ainsi que de porter la veste en cuir de mon père, un look passe partout qui m'allait très bien. Quant à mes habitudes capillaires, et bien, je portais quasiment toujours mon habituelle tresse, mais depuis quelques temps, je laissais volontiers mes cheveux détachés, car cela plaisait à Peeta.
Après l'explosion lors de la fin de la guerre, avec mes cheveux à moitié brûlés il avait fallu que je compose, en fait j'avais laissé faire la nature, jusqu'à enfin trouver une solution pour pouvoir les rattacher en ayant malgré tout des mèches folles qui refusaient catégoriquement de tenir en place ! Même mes cheveux semblaient aussi rebelles que moi ! Sauf que là, comment donner une image précise ? J'avais en tête la coupe de Cressida, avec la partie gauche de mon crâne rasée, sauf qu'en lieu et place de quelques tatouages, j'avais une jolie cicatrice (une de plus) rose. Mes chirurgiens n'étant visiblement pas experts dans l'art de la coiffure avaient dû penser que cela me ferait plaisir de me laisser le reste de mes cheveux. J'avais donc la moitié du crane rasée, et l'autre pas.
L'on m'aida, à ma demande, à me « coiffer ». Coiffer une moitié de tête ! Et les infirmières se chargèrent de me mettre un joli pansement blanc de l'autre côté. Au moins ça habillait un peu.
J'avais pu également quitter cette maudite chemise d'hôpital. Maman m'avait apporté ma valise dans laquelle je retrouvais mes affaires, mon odeur, une partie de moi-même en somme. Évidemment, côté pantalon, il avait fallu improviser compte tenu du fait qu'il ne fallait pas bouger ma jambe, brisée en mille morceaux. Nous avions donc fabriqué une sorte de paréo approximatif. Après avoir tenté d'enfiler un tee-shirt, nous avions fini par opter pour un chemisier, car entre les fils qui me reliaient encore aux différentes machines et mon bras en écharpe, ce n'était pas vraiment évident. Mais j'avais tellement insisté sur le fait de pouvoir porter autre chose que cette maudite chemise de nuit, que personne n'avait osé m'en dissuader. Au final, alors que je mettais en temps normal quinze petites minutes à me préparer, douche comprise, il nous fallut près d'une heure pour arriver à un résultat plus ou moins satisfaisant.
Les journées étaient longues, même si elles étaient entre coupées de visites de mes « proches ». Comme j'étais toujours sur la défensive et pas vraiment d'une humeur des plus agréable, particulièrement depuis l'annonce du Docteur Aurélius sur le fait de me confronter à Peeta, ils semblaient moins s'éterniser auprès de moi, ou pour certains ne pas venir du tout.
Ce fut le cas de Gale par exemple. En même temps je ne l'avais pas ménagé, surtout après qu'il ait, lui aussi tenté d'argumenter en faveur de la proposition du Docteur Aurélius sur le fait de voir Peeta, qu'il me décrivait comme étant l'ombre de lui-même depuis que je l'avais chassé de ma chambre. Je l'avais traité d'hypocrite, lui disant que maintenant il se rangeait de son côté alors qu'avant, il essayait de me persuader que c'était lui qui était fait pour moi. S'en était suivi une dispute (ce n'était ni la première et surement pas la dernière entre nous) et j'avais fini par le chasser lui aussi, sans ménagement, arguant que de toutes manières il me mentait et ne me disait pas la vérité sur ce qu'il s'était réellement passé.
Ce jour-là, jour de la visite du Docteur Aurélius, j'étais donc d'une humeur massacrante et particulièrement tendue. J'avais pourtant, et à plusieurs reprises décortiqué plusieurs fois ce qu'il m'avait dit lors de notre dernière entrevue. Évidement j'entendais ce qu'il me disait, j'admettais qu'il n'avait pas tort, mais bornée comme je l'était, mon instinct de protection reprenait le dessus et je rejetais tout en bloc. Je devais admettre que depuis hier, je sentais bien que c'était plus embrouillé dans ma tête. Je commençais, à bien vouloir admettre certaines choses. Je devais bien constater que depuis mon « réveil », il ne s'était rien passé de grave. Aucune manifestation particulière de mes « agresseurs » par exemple. Une partie de moi cependant, restait en alerte et je me disais que cela pouvait très bien être une ruse.
Je voyais bien aussi, que les gens, semblaient tout à fait normaux et sains d'esprits.
Enfin, les quelques informations que je pouvais voir à la télévision, donnaient toutes la même version à savoir celle qui m'était rabâchée depuis que j'étais sortie du coma.
Il était surement plus facile pour moi de rejeter cette réalité-là, de rester sur mes positions, car sinon cela voudrait dire que, d'une part j'étais certainement un cas désespéré et je ne pouvais concevoir le fait de devoir passer ma vie à lutter contre moi-même des pensées défaillantes.
Et d'autre part, Peeta. Si j'acceptais que ce qu'on me répétait sans cesse était vrai, cela voudrait dire que je l'avais rejeté, une fois de plus, lui, la seule personne qui m'avait permis de trouver un peu de paix ces derniers temps. Et comme je n'étais pas douée pour admettre mes torts, ou m'excuser, qu'il y avait-il de plus simple que fuir et m'enfermer dans MA réalité ? Après tout, j'avais toujours fonctionné comme ça. Alors devoir l'affronter ? Qu'il soit un danger physique pour moi, ou simplement ce garçon qui s'était battu à tous les niveaux pour être avec moi, cela me semblait être au-dessus de mes forces.
Je ne pris donc même pas la peine de saluer le Docteur Aurélius. L'avantage avec cet homme, qui semblait me connaitre mieux que je ne me connaissais moi-même, c'est qu'il ne se formalisait pas et embrayait avec ses boniments habituels : « Comment allez-vous aujourd'hui ? Bien ! Comment vous sentez vous ? Bien ! Avez-vous réfléchi à notre dernière discussion ? Monologue ! » Le repris-je, ce qui l'amusât, il n'y avait bien que lui, que la situation semblait amuser. Tout ça, je le savais bien, n'était qu'une entrée en matière pour la suite de la séance.
- Si nous pouvions abréger cet énième interrogatoire Docteur et aller droit au but, au moins nous pourrions en finir plus vite ? Lançais-je sans ménagement.
- Nous pourrions. Dit-il.
Mais avant je vais devoir prendre quelques précautions.
Connaissant vos réactions spontanées et votre fougue, je ne voudrais pas qu'un incident se produise durant cette séance, vous n'êtes pas d'accord ?
- Je refuse que vous m'attachiez ! Dis-je, avec un ton très autoritaire.
- Non, je ne vous attacherais pas.
Simplement nous allons installer sur votre perfusion une seringue de sédatifs, juste au cas où.
- Je suppose que je n'ai pas le choix ?
- Non, je regrette, dit-il d'un air sincère.
Je comprends votre réticence, mais c'est pour la sécurité de tout le monde, et croyez bien que j'espère vraiment ne pas avoir à m'en servir.
Une infirmière entra pour installer la fameuse seringue que le Docteur Aurélius gardait avec lui.
- Je peux formuler une requête ? Tentais-je.
- Je vous écoute.
- Je suppose que d'autres personnes visionnent en ce moment même nos échanges et vont visionner cette séance, mais j'aimerais conserver un peu d'intimité à ce niveau-là.
Je voudrais donc que seul vous, soyez le témoin de cet entretien.
Il sembla réfléchir quelques secondes, puis se leva de ouvrît la porte et en étant à moitié hors de la pièce, je l'entendis donner des instructions. Après quoi il ferma les stores de la pièce sur les fenêtres sans tain donnant sur le couloir.
- Je suis quand même obligé d'enregistrer la séance.
On va m'amener une caméra ici, mais celle de la chambre sera désactivée dès que l'autre sera en place. Cela vous convient comme ça ?
- Je vais faire avec.
Nous patientâmes donc en silence le temps que tout soit prêt.
- Je sais que je ne vous ai pas laissé le choix pour cet exercice, mais, il est à mon sens vitale.
Je me doute que vous ne devez pas être très bien en ce moment même. Peeta ne s'approchera pas de vous à moins que vous ne le laissiez faire.
- Aucune chance que ça arrive !
- Nous verrons bien.
J'aimerais que vous essayiez de vous détendre, et d'être le plus à l'écoute possible, de ce qu'il pourra vous dire, mais aussi de ce que vous ressentez. Ne vous bloquez pas même si c'est douloureux.
- Vous devriez, une fois de temps en temps, être à la place de vos patients Docteur. Lui dis-je, avec le regard qui allait avec.
- Bien, je vais faire rentrer Peeta maintenant.
Il se leva pour ouvrir la porte, Peeta entra. Il ne se rua pas dans la chambre, il avança presque comme un fantôme, sans un bruit et se colla contre le mur face à moi, à côté de la porte. C'est vrai qu'il avait une sale tête. Il avait également apporté un bouquet, un bouquet de pissenlits. Je ne voulais pas affronter son regard. J'avais trop peur d'y trouver des traces de cette colère, cette envie de me tuer, ou de la déception, de la tristesse. Lâche, je fuyais, encore.
Le Docteur Aurélius s'était de nouveau installé dans son fauteuil et semblait prendre des notes. Il ne disait rien ce qui ne m'aidait pas vraiment.
Ce silence devenait vraiment pesant. C'est alors que Peeta fit le premier pas.
- Bonjour Katniss. Dit-il avec hésitation et presque à voix basse.
Toujours sans le regarder, les yeux rivés sur le bas de mon chemisier, que je tordais dans tous les sens entre mes doigts, je répondis un bonjour glacial.
- Comment vas-tu ? Tu as moins mal ?
- Tu dois en savoir autant que moi, puisque tu dois parler aux médecins. Répliquais-je.
- Oui, c'est vrai, mais ce n'est pas pareil leur avis est médical et ce n'est pas la même chose que ce que tu pourrais avoir à dire toi.
Je ne répondais rien.
- J'ai voulu t'apporter un bouquet de pissenlits, dit-il, en tentant un petit sourire. J'ai eu du mal à en trouver, mais je me suis dit que ça te rappellerait peut-être de bons souvenirs ?
- Je ne suis pas dans le même état que toi à ta sortie du Capitole Peeta ! Lâchais-je brutalement.
Je me souviens parfaitement des bons moments.
C'est ce qu'il y a eu après, puis dernièrement qui me pose un problème ! Lui dis-je, le fixant dans les yeux cette fois-ci avec toute la colère dont j'étais capable.
- Je sais. Je ne sais pas trop quoi te dire par rapport à ça. Dit-il l'air désolé et baissant les yeux vers le sol.
- Et bien ne dit rien ! Rien ne t'y oblige ! Ce n'est qu'une expérience qu'on nous oblige à mener. Je n'ai rien demandé !
- Mais pour moi ce n'est pas une expérience comme tu dis. Je voulais te voir. Tu me manques tu sais ? Osât-il dans un murmure.
- Je ne vois pas bien ce qui peut te manquer. Ma joie de vivre ?
- Oui, car je sais que tu peux en avoir par moment.
- Et bien plus maintenant ! Dis-je catégorique.
- Tu dis ça maintenant, mais ils vont t'aider comme ils l'ont fait avec moi.
Et moi aussi je pourrais t'aider, comme tu l'as fait, si tu veux bien me laisser faire ? Dit-il avec une pointe d'espoir dans la voix
- Je ne t'ai pas aidé ! Pas au début !
J'ai fui vers le deux pour aller au combat, car je pensais que tu étais une cause perdue, et après ce qu'il s'est passé j'ai l'impression que c'est toujours le cas.
Peu importe ce que j'ai vécu ou pense avoir vécu, comme on se plait à me le répéter, tu as eu des épisodes avant notre arrivée ici !
Tu m'as projeté du lit ! Ou dans le train après l'incident avec Gale !
Je ne pense pas que je pourrais être vraiment en sécurité avec toi un jour. Dis-je de nouveau pleine de colère, mais sentant cette fois ci monter une boule de tristesse en moi.
Qu'étais-je en train de décider, ou de vouloir lui dire ? Que je le quittais ? Mais il ne semblait pas vouloir baisser les bras.
- Tu sais, avec ce que je t'ai fait après mon sauvetage, c'est compréhensible que tu aies fuit. Je ne t'en veux pas.
Je t'ai fait du mal, dans tous les sens du terme et je m'en veux encore pour ça.
Souvent j'y repense même si c'est un peu flou.
Mais après, tu n'as pas fui et on s'est de nouveau protégés l'un l'autre, comme on l'a toujours fait et c'est grâce à toi si je suis redevenu moi-même, ou en partie.
Je te l'ai dit, depuis cette nuit-là, dans le train lors de la tournée, quand tu as voulu que je reste dormir avec toi pour apaiser tes cauchemars, je serais là, toujours.
- Mais ça c'est toi qui le veux, et moi ce que je veux on peut en tenir compte pour une fois ?
Pas une fois, depuis cette maudite moisson, je n'ai eu le choix de ce que je pourrais bien vouloir faire pour moi.
Les autres ! Je n'ai pensé qu'aux autres !
J'ai failli mourir je ne sais combien de fois !
Et même ça, même quand j'ai décidé d'arrêter de vouloir vivre on ne m'a pas laissé le faire !
Ça m'aurait soulagé, surtout quand je vois où j'en suis.
Et si maintenant je voulais vivre pour moi ?
Je te l'ai dit en plus, je n'ai jamais voulu me marier, ni avoir d'enfants !
Alors de toutes manières que cela soit maintenant ou dans cinq ans, ça va se produire, tu vas m'abandonner, car tu en auras marre et moi j'aurais mal encore !
J'aurais mal autant que les fois où tu essayes de me tuer.
Et si maintenant je décidais que je ne voulais plus de tout ça ?
Que je voulais qu'on me laisse tranquille ?
- Je n'ai pas essayé de te tuer Katniss et tu ne peux pas décider ça toute seule dans ton état.
Cela nous concerne tous les deux, on en a déjà parlé, j'ai mon mot à dire dans tout ça.
- Non Peeta ! Je sais, je commence à comprendre que j'ai vraiment vécu un cauchemar et que j'ai été vraiment blessée dans cette explosion.
Bon ! je veux bien admettre que je n'accepte peut-être pas encore tout à fait cette version, mais à y réfléchir, ça pourrait arriver.
Et je refuse, tu m'entends ? Je refuse que cela se produise !
Je suis un danger pour vous tous et inversement.
Je ne peux plus supporter ça !
- Jamais je ne te ferais du mal. Dit-il, la voix tremblotante
- Tu m'en as déjà fait ! Tu m'as laissé aimer !
Et maintenant, je vais en plus devoir vivre en sachant que je t'aurais brisé le cœur, encore une fois.
De nouveau le silence. Le Docteur Aurélius nous observait, il ne disait rien. Peeta se frottait les yeux avec sa manche. Il pleurait, silencieusement. Moi j'étais de marbre, comme si rien ne pouvait m'atteindre.
- Tu devrais t'en aller maintenant Peeta.
Ça ne sert à rien de rester planté là, ça ne me fera pas changer d'avis.
Je vais aller vivre avec ma mère quand je pourrais sortir d'ici.
Je vais profiter du temps chez elle pour me préparer, pour le poste que Paylor m'a proposé dans le douze.
Je ne sais pas ce qui venait de me prendre, je n'avais plus réfléchi à ça depuis ma discussion avec Paylor, je venais de prendre l'une des décisions les plus importante de ma vie, sur un coup de tête. Je n'en avais même pas parlé avec ma mère.
- Quel poste ? Me dit-il.
- Tu le sais très bien ! Dis-je d'un ton las.
Tu avais entendu ma discussion avec Gale, la veille de mon départ avec l'escouade !
- Katniss ! Intervint subitement le Docteur Aurélius.
Peeta, ne peut pas être au courant de ce soi-disant échange puisque celui-ci ne s'est jamais produit, étant donné que vous veniez de subir l'accident durant la cérémonie.
- Ah…
- Peeta ? Vous pourriez lui re donner la chronologie ?
Peeta essaya de retrouver une contenance toujours en tenant son bouquet entre les mains. Je voyais qu'il s'y accrochait de toutes ses forces, car ses phalanges étaient blanches tellement il devait le serrer.
- Oui et bien, la dernière nuit que nous avons passé ensemble c'était la veille de la cérémonie où l'on devait détruire le palais.
Il n'y en a pas eu d'autre depuis.
Je sais que tu as parlé avec Paylor, mais quand tu es revenue, tu m'as dit que tout allait bien mais que tu voulais simplement « débrancher ton cerveau » et je savais que tu m'en parlerais le moment venu.
- Ah…Dis-je de nouveau perplexe.
- Katniss, souhaitez-vous expliquer à Peeta ce que la Présidente Paylor vous a proposé ?
- Oui, enfin, après ce qu'on vient de se dire je ne vois pas ce que ça va changer, mais bon, si c'est nécessaire : Paylor m'a proposé de prendre en charge la direction de l'école du douze.
Je ne lui ai pas encore dit que j'acceptais d'ailleurs, je n'en n'ai pas eu le temps avec, tout ce bazar.
Mais voilà, je vais le faire, je pense.
En tous cas je vais voir ce que donne la formation, moi qui voulais trouver quelque chose à faire, un projet à moi, et bien ça sera l'occasion de le faire.
- C'est une très bonne chose pour toi. Dit Peeta avec sincérité, une lueur d'espoir dans les yeux.
- J'ai encore le temps de me préparer, d'ici la rentrée.
Je ne reviendrais pas avant je pense.
Mais ne t'inquiètes pas, je ne suis pas odieuse au point de t'imposer ma présence au village des vainqueurs, je trouverais une maison dans un autre quartier du District. Lâchais-je me forçant à ne laisser transparaitre aucune émotion.
Peeta sembla accuser le coup. Je ne supportais plus cette situation et je trouvai l'excuse parfaite pour mettre y mettre un terme.
- Maintenant je suis fatiguée, j'aimerais être seule.
Peeta ne semblait pas vouloir partir.
- Est-ce que je peux au moins te laisser les pissenlits ? Demanda-t-il prudemment, les yeux embrumés.
- Je ne préfère pas Peeta. Dis-je à contre cœur, sachant pertinemment que je lui faisais du mal.
C'était pour nous protéger que je le faisais, car sinon il pourrait continuer à espérer.
Et puis, je savais que si j'avais ce maudit bouquet sous le nez, j'allais penser à lui et je ne voulais pas. C'était déjà suffisamment pénible comme ça. Oui pénible, je m'accordais à le penser. En même temps je n'avais pas souhaité le voir, je n'avais pas demandé cette rencontre qu'on m'avait imposé, je ne savais pas ce qu'elle allait donner, nous étions maintenant fixés. Alors oui, je n'ai pas sauté sur Peeta pour le tuer, ou pour me défendre d'une potentielle menace qu'il aurait pu représenter, mais je savais que je venais de le briser. Je m'accrochais simplement à l'idée que c'était un service que je lui rendais ! Il s'en remettrait à la longue, il trouverait une fille bien, qui serait prête à lui donner tout ce dont il avait besoin. Je n'étais pas cette fille ! Je ne l'avais jamais été ! J'avais eu quelques temps l'illusion de, mais c'était me voiler la face !
Sans que je m'y attende, il s'avança vers moi d'un pas décidé, il se pencha vers moi et m'embrassa sur le front. Moi qui étais tendue depuis son entrée dans la pièce, je senties mon corps se relâcher, mais je lui refusais se laisser aller et tenta de garder un visage neutre.
- Au revoir Katniss. N'oublie pas que quoi qu'il arrive, je serais toujours là pour toi.
J'espérais qu'il passerait rapidement à autre chose, car je ne pourrais pas supporter de le croiser, le sachant seul, quand je reviendrais dans le douze. J'espérais que ce temps, loin l'un de l'autre, lui permettrait de comprendre que c'était une voie sans issue et de comprendre que j'avais pris la meilleure décision qui s'imposait, pour nous deux.
Comme je ne réagissais pas, Peeta n'insista pas il partit et ferma la porte sans aucune violence, me laissant seule avec le Docteur Aurélius et un trou béant au milieu de la poitrine que je commençais à sentir subitement dès qu'il eut franchi le seuil de la porte.
- Laissez-moi s'il vous plait. Suppliais-je alors le Docteur Aurélius.
Lui non plus n'insistait pas et me laissa après m'avoir glissé un : « à très vite Katniss. ». Il était certain qu'il allait me reparler de cette séance, même s'il avait consenti cette fois-ci à ne pas me harceler avec ses questions et m'obliger à supporter une énième introspection, pour connaitre mes sentiments sur le vif.
Une fois seule, je m'autorisais enfin à laisser sortir mes émotions refoulées et je pleurais à chaudes larmes.
