Chapitre 37 : Le Bal des Masques
Un miroir. Un reflet. Une jeune fille tremblante, anxieuse, indécise. En ce 1er septembre, la rentrée allait battre son plein et Emma allait devoir faire face à ses responsabilités nouvelles. Non seulement l'honneur et la réputation de sa famille se devaient d'être une priorité pour elle désormais, mais à tout cela s'ajoutait la variable « Préfète-en-chef ». Ce paramètre avait pour conséquence de la mettre dans une situation plus à risque que si la jeune fille n'entrait qu'en tant que simple élève dans ce nouveau Poudlard. Maintenant qu'elle était placée dans la hiérarchie de l'établissement, tous les regards seraient tournées vers elle, autant ceux des professeurs et directeurs, que ceux des élèves. La tâche qui lui était confiée paraissait pourtant simple et glorifiante : faire en sorte que les règles de Poudlard soit respectées de tous et diriger les préfets afin qu'il en soit ainsi. Mais voilà, désormais les règles avaient changées.
A la lecture du règlement Emma avait manqué de s'étouffer. Des règles et des sanctions associées, toutes aussi folles les unes que les autres. S'il n'y avait pas eu autant d'enjeux, elle aurait simplement et lâchement refusé sa nomination de Préfète-en-chef. Fuir, c'était ce qu'elle avait presque toujours fait après tout. Cependant, il ne pouvait en être ainsi du fait de l'attente qu'avait sa famille à son propos, du fait de l'attente qu'avait la famille Malefoy au sujet des Oreiro, du fait de l'attente qu'avait le Seigneur des Ténèbres et son régime tout entier en ce qui concernait les Sang Pur.
Ainsi donc, elle n'avait pas le choix. C'était ce qui l'effrayait ce matin-là en se regardant dans la glace. Le reflet que lui renvoyait cette dernière ne semblait pas vraiment capable de supporter le poids pesant sur ses épaules. Mais, elle n'avait pas le choix. Emma baissa son regard sur la potion de relaxation que lui avait prescrit son Grand-Père afin de l'aider dans sa pratique de l'Occlumancie. Le liquide lui était utile en ce que sa prise marquait le point de départ du rôle qu'elle se devait de jouer. Après un dernier regard vers son reflet assailli d'un trop plein d'émotions, elle but cul-sec la petite fiole en fermant les yeux. S'humectant les lèvres, Emma respira profondément avant d'ouvrir lentement les yeux, retardant au maximum la vue de son image dans le miroir.
Une fois le regard capté dans celui de son reflet, il était manifeste que ce dernier ne dégageait plus la même chose. Envolées toute peur, anxiété et autre appréhension. La place était désormais laissée à ce masque, figé, froid, impassible, qu'au final on lui avait toujours appris à porter. A l'époque, la jeune fille le portait par choix pour mieux se protéger des autres et du monde extérieur. Aujourd'hui, elle le portait par obligation, pour se protéger d'elle-même et de ce qu'elle était vraiment. Quelle ironie que de toujours se protéger contre « le bien »...
Un coup d'œil vers l'horloge lui apprit qu'il était dix heures passées de quinze minutes. Il était temps pour elle de dire au revoir à son Grand-père et accessoirement à sa mère, avant de rejoindre le quai 9 ¾ duquel partait habituellement le Poudlard Express. La jeune fille quitta sa chambre et de sa baguette magique, ensorcela ses affaires qui la suivirent hors de la pièce. Une fois arrivés dans le hall, ses bagages se déposèrent d'eux même. Emma quant à elle, continua son chemin vers le salon dans lequel se trouvait normalement son Grand-père. Ce dernier était effectivement installé dans un fauteuil et lisait la Gazette du jour.
- Il y a-t-il des nouvelles intéressantes ?
- Pas vraiment, mis à part l'officialisation de la nomination de Severus Rogue en tant que directeur de Poudlard et de celle des Carrow en tant que nouveaux professeurs. Tes suppositions se sont avérées exactes, ils enseigneront l'Etude des Moldus et la Défense contre les forces du Mal.
- C'était plutôt logique. Je constate que la Gazette s'est abstenue de préciser que c'est un cours d'Art de la Magie Noire auquel nous auront plutôt affaire.
- Tu es prête à partir ?
- Oui, il est l'heure que je m'en aille, confirma Emma alors que son Grand-père abaissait et repliait enfin le journal derrière lequel sa tête disparaissait jusqu'à présent.
La scrutant, il se leva et s'approcha d'elle sans la lâcher du regard.
-Tu me sembles prête, acquiesça-t-il après avoir tenté de lire, sans succès, dans l'esprit de sa petite-fille. Tu sais ce qu'il te reste à faire, Emma.
- Oui, Grand-père.
- Bien, c'est parfait. Essaie de passer une bonne année, ma chérie, souffla-t-il en serrant avec affection les épaules de la jeune fille.
- Vous ne réussirez pas à entrer dans ma tête, mais la tentative me va droit au cœur, répliqua-t-elle, impassible, face à l'attaque discrète de son Grand-père au moment de l'instant de tendresse qu'il lui avait accordé.
- Ravi de le constater.
- Emma, pourrais-je te parler avant que tu ne t'en ailles ? intervint la voix de sa mère qui venait juste d'entrer dans le salon.
Connaissant les récentes sautes d'humeur de la jeune fille envers cette dernière, Marcos Oreiro en profita pour tenter une nouvelle intrusion qui fut à nouveau vaine. Satisfait, il tourna son regard vers Héléna.
- Je vous laisse discuter entre femmes. Prends soin de toi, Emma, déclara-t-il avant de laisser la mère et la fille.
- Vous êtes consciente qu'en un regard il a su la raison pour laquelle il était préférable pour lui de nous laisser ? commença Emma en se retournant vers sa mère.
- Il n'est pas difficile de deviner que cela va finir en dispute, tu as été insupportable tout l'été.
- Il faut dire que cet été, vous avez semblée soudainement plus soucieuse de ma personne. Vous ne m'avez pas habituée à cela.
- Emma, je sais que cela est difficile à concevoir mais je m'inquiète pour toi, avoua Héléna qui perdait peu à peu le masque de froideur qu'elle avait toujours arboré.
- Vraiment ? Eh bien, veuillez m'excuser, Mère, si je ne sais pas comment réagir face à ce genre de réaction de votre part, répondit la jeune fille, impassible.
- Il faut croire que le monde n'est pas le seul à avoir changé. Et si tu n'y es pas sensible, sache que cela me ravit vraiment de voir mon instinct de mère se réveiller... enfin, s'exprima-t-elle avec vigueur, s'approchant et voulant prendre la main de sa fille qui recula prudemment.
- Par Merlin, reprenez-vous Mère. Votre état est pitoyable.
- Tu passes ton temps à me reprocher de t'avoir toujours délaissée. Ne commence pas à me reprocher de m'intéresser à toi.
- Il est trop tard pour ça.
- Il n'est jamais trop tard. C'est ce que disait toujours ton père.
- Je vois, c'est Grand-père qui t'a demandé de tester mes émotions n'est-ce pas ? Je ne te pensais pas aussi bonne comédienne, mes félicitations, tu as failli réussir. Mais ce ne sera pas pour cette fois, fit froidement Emma, jetant un regard condescendant à sa mère qui ne semblait plus vraiment maitresse d'elle même. Maintenant tu m'excuseras, j'ai un train à prendre.
- Cela faisait des années que tu ne m'avais pas tutoyée.
- Ah bon, j'aurai plutôt pensé qu'il s'agissait de la première fois, rétorqua la jeune fille avant de s'avancer vers la sortie.
- Fais attention à toi, Emma, avertit Héléna d'une voix plus contrôlée. Et méfie-toi de ton fiancé, de vous deux. L'amour est une faiblesse dans notre monde, continua-t-elle en faisant s'arrêter sa fille qui lentement, se retourna un rictus aux lèvres.
- Vous avez tort, Mère. L'amour est une force. Mais tout ce qui est puissant fait peur, n'est-ce pas ?
- Profite bien de ta dernière année. Qui sait ce qu'il t'attendra après... conclut la mère qui avait repris toute contenance et qui défiait désormais sa fille du regard.
La jeune fille ne releva pas et quitta définitivement le salon. Ne pas repenser à ce qu'il venait de se passer. Rester sur le moment présent. Respirer calmement. Se diriger vers ses bagages. Les prendre dans ses mains. Regarder une dernière fois le portrait magique de son père lui faire un clin d'œil complice. Et transplaner.
oOo
L'obscurité quasi-instantanée fit place au quai 9 ¾, auprès duquel était accosté le Poudlard Express dont la cheminée expulsait bruyamment des volutes de fumée. Emma avait été convoquée quelques jours auparavant afin de passer son permis de transplanage. Elle avait en effet atteint l'âge requis depuis plusieurs semaines déjà. La sensation n'était pas particulièrement agréable mais elle était heureuse d'être enfin libre de se déplacer où elle le souhaitait. Ce fut ainsi que pour la première fois elle put rejoindre la gare par ses propres moyens.
En observant le quai, la jeune fille eut l'impression qu'il était beaucoup moins bondé qu'à l'accoutumée. Ce n'était pas si surprenant que ça au fond, entre l'exclusion des Nés-Moldus et la désertion de certains Sang-Mêlés. Sans plus s'attarder sur les adieux déchirants de certaines familles à leurs enfants et inversement, elle se dirigea vers le wagon le plus proche et y entra, ses bagages la suivant en flottant derrière elle. Sans vraiment regarder qui occupait les compartiments, elle s'avança à la recherche d'une place isolée.
- Hey, Emma ! fut-elle interpellée par derrière.
- Entwhistle, ravie de te revoir.
- Il faut m'appeler, Twonk, Kévin Twonk maintenant.
- Twonk ? Je vois que tu as suivi le conseil de ce cher Yaxley.
- Ca m'a paru préférable.
- Twonk comme Norvel Twonk ? Tu sais qu'il a été nommé Commandeur du Grand-Ordre de Merlin après être mort en sauvant un Moldu...
- Moi, je le sais. Mais les membres du service des registres ne semblent pas se souvenir de leurs cours d'histoire, eux ! répondit-il avec un grand sourire.
- Ce qui reste surprenant c'est que toi tu t'en sois souvenu ! intervint Stephen Cornfoot sortant à son tour du compartiment. Tu viens avec nous ? Théo est là aussi.
- Si vous insistez, accepta-t-elle en ignorant le clin d'œil qui terminait la phrase de Stephen.
- Tu n'as pu réchapper aux griffes de ces deux zigotos ? plaisanta son ami en guise de salut lorsqu'elle entra.
- A nos serres acérées. Nous sommes des Serdaigle, vipère !
- Bonjour Théodore, se contenta-t-elle de dire en refusant d'entrer dans le jeu des garçons.
- Félicitations ! la complimenta-t-il en désignant son insigne de Préfète-en-chef alors qu'elle tentait de caser ses bagages dans ce qu'il restait de place.
- Merci.
- C'est toi qui a été nommée Préfète-en-chef ? s'étonna Kévin.
- J'ai hâte de voir la tête de Pansy quand elle va l'apprendre.
- A moi aussi il me tarde de voir sa réaction, confirma-t-elle sans pour autant illustrer la hâte ressentie avant de s'assoir auprès de Théodore.
- La Reine des Glaces est de retour, fit à voix basse ce dernier sans véritable discrétion.
- Comment m'as-tu appelée ? se tourna-t-elle lentement vers son voisin d'un air aussi hautain que pour ses dernières phrases.
- Ne te vexe pas, Emma, mais c'est comme ça qu'on t'appelait y a quelques années, expliqua Stephen.
- Avant de voir qu'en vérité tu savais rigoler et te montrer sympathique, bien sûr.
- Vraiment ?
- D'ailleurs à la soirée de Daphné, quand Théo t'as vu il a parié qu'il saurait « briser la glace ».
- Tout s'explique maintenant. Le grand mystère de l'intérêt de Théodore Nott pour moi ce soir-là est résolu, lança-t-elle en tournant un regard perçant vers son voisin.
- Merci Stephen, je ne sais pas ce que je ferais sans toi, grogna le Serpentard en menaçant des yeux celui qui lui faisait face.
- Eh bien puisque la « Reine des Glaces » est de retour, elle va vous laisser rigoler et vous montrer sympathique entre vous, déclara Emma en se levant afin de quitter le compartiment.
- Se mettre la Préfète-en-chef à dos dès le départ n'était peut-être pas la meilleure des idées, chuchota Kévin à l'oreille de Stephen.
- Je suis sûr que c'est fait exprès, ça doit faire partie du job, rassura ce dernier sur le même ton.
- Sois pas idiote, Emma. Il n'y a rien de méchant, tenta Théodore de la faire rester en la rejoignant dans le couloir.
- De toute façon j'ai une réunion de préfets à tenir. Et pour cela il faudrait que je trouve mon homologue masculin.
- Tu sais qui c'est ?
- J'ai ma petite idée.
- Ouai, moi aussi...
- La Reine des Glaces ? relança-t-elle un peu malgré elle.
- Tu vois que ça te fais rire. Pas la peine de mettre ton masque avec nous.
- Va donc rejoindre tes amis, le briseur de glace.
Après un dernier sourire en coin, le jeune homme la laissa seule dans le couloir. La jeune fille ne perdit pas de temps pour se diriger vers le compartiment réservé aux réunions de préfets de début d'année. Comme par hasard, il se trouvait tout au bout du train. C'était donc trois wagons entiers qu'elle devait traverser alors que le Poudlard Express venait justement de démarrer. D'un pas sûr et régulier, elle arpenta le long couloir dans lequel se trouvaient les quelques retardataires n'ayant pas encore trouvé de place. A mi-chemin, son regard tomba soudain sur celui de Michael. Elle stoppa net sa marche une fois passé le compartiment dans lequel ce dernier était installé aux côtés de Padma. En se retournant, elle put voir qu'en face d'eux se trouvaient Anthony et Daphné, sa petite-amie. Elle se décida à ouvrir la porte du compartiment qu'elle referma derrière elle une fois entrée.
- Au cas où tu ne l'aurais pas encore compris, tu n'es plus la bienvenue ici, l'interrompit Michael alors qu'elle s'apprêtait à les saluer.
Alors qu'habituellement elle se serait permise une remarque ironique face à cette impolitesse, elle se retint et demanda d'une voix cassante.
- Terry n'est pas avec vous ?
- Si vraiment son sort t'avait intéressé, tu aurais attendu la fin de son interrogatoire, répliqua Padma en lui lançant un regard noir.
- Où es-t-il ?
- Il a été envoyé à Azkaban, Emma, consentit à lui répondre Anthony alors que la jeune fille le dévisagea en silence.
- C'est toujours mieux que de recevoir le baiser du Détraqueur, finit-elle par dire en masquant toute émotion dans sa voix.
Ne semblant pas supporter si ce n'était la présence, l'attitude de son ancienne amie, Michael se leva et la gifla presque aussitôt. La force de la frappe lui fit tourner la tête alors que par réflexe elle porta sa main à sa joue. Sans rien laisser paraître, elle fit à nouveau face à Michael et en silence elle se contenta de le fixer calmement. Puis, elle le plaqua soudainement contre la vitre, le menaçant de sa baguette qu'elle avait sortie à toute vitesse.
- N'oublie pas, Michael, qu'un sorcier qui se respecte préfère user de méthodes plus dignes que cette pulsion primaire à la portée de tout Moldu. La prochaine fois que tu voudras régler tes comptes avec moi, n'hésite pas à me provoquer en duel. Rien ne me ferait plus plaisir que de te faire ravaler ton comportement puéril et infantile de ces derniers mois, siffla-t-elle à son oreille alors qu'elle le tenait pas le col et qu'elle enfonçait légèrement sa baguette dans sa poitrine.
- Et depuis quand les Préfètes-en-chef ont le droit de se battre en duel avec les élèves ! railla Padma lorsqu'Emma s'éloigna enfin du jeune homme qui bouillait de rage.
- Oh, mais je n'ai jamais dit que cela devait forcément se passer à Poudlard. Et qui sait, les ardeurs de ce cher Michael se seront peut-être calmées d'ici-là.
- Je suis contente que tu nous montres enfin ton vrai visage, Emma ! Après toutes ces années de comédie et de mensonges, lança l'indienne avec vigueur, alors qu'un mince sourire se dessina sur les lèvres de l'intéressée.
- Vous faites bien la paire, tous les deux, s'autorisa-t-elle à répondre en regardant alternativement Michael et Padma. Les règles à Poudlard ont beaucoup changé. Je vous conseille de vous tenir à carreaux, à défaut de quoi, je ne pourrai rien pour vous.
- Comme si on avait besoin de toi !
- Je vous souhaite un bon voyage et une bonne année, ignora-t-elle l'énième pique de son ancien ami avant de se retirer, un sourire figé sur le visage et de refermer les portes plus fortement qu'elle ne l'aurait voulu.
Ne pas repenser à ce qu'il venait de se passer. Continuer son chemin comme si de rien était. Aider les plus petits à placer leurs affaires sur le porte bagage afin de dégager le chemin. Saluer la dame aux friandises qui commençait sa tournée. Et enfin, atteindre le compartiment réservé aux réunions de préfets. Inspirer. Expirer. Ouvrir la porte... Et découvrir Drago et Astoria en pleine discussion sur l'une des banquettes.
- Décidément, ne s'autorisa-t-elle pas à finir la phrase qu'elle avait en tête.
- Emma, c'est toi la préfète-en-chef ? fut surprise la jeune Astoria.
- Etonnant, n'est-ce pas ? fit-elle en sortant de sa poche des parchemins qu'elle entreposa sur la table mise à leur disposition.
- Ca me soulage de ne pas avoir à me coltiner cette sang-sue de Parkinson, intervint à son tour Drago qui s'avança vers son homologue féminin.
- Astoria, tu pourrais nous laisser s'il-te-plait ?
- Elle reste. La réunion ne va pas tarder à commencer et Astoria est la préfète des Serpentard cette année, la contredit Drago alors qu'ils se défiaient tous deux du regard.
- Tu as lu le nouveau règlement ?
- Bien sûr. On était justement en train d'en parler, acquiesça-t-il en jetant un coup d'œil à Astoria qui se faisait toute petite dans un coin de la salle.
Avec nonchalance il s'assit sur la table et s'intéressa à la corbeille de fruit disposée à sa droite.
- Je peux savoir ce que tu fais ? demanda-t-elle froidement alors qu'il croquait dans la pomme qu'il venait de choisir.
- J'attends que les autres préfets ne daignent se montrer. Tu en veux un bout ? expliqua-t-il en lui tendant le fruit vert, ce qui agaça quelque peu la jeune fille.
- Et déterminer ce que l'on va dire durant cette réunion ne t'intéresse évidemment pas.
- J'avais oublié, s'exclama le blond, un éclair de compréhension lui traversant les yeux. Tu n'as jamais assisté à l'une de ces réunions, tu n'as jamais été préfète ! C'est simple : blablabla bienvenue pour cette nouvelle année, blablabla des rondes sont à faire dans le train, blablabla vous deux vous vous chargerez des deux premières heures, vous deux des suivantes, etcétéra etcétéra. Au revoir et bonne année.
- Au vu des circonstances actuelles, j'avais pensé à des choses un peu plus... explicites.
- Les Serdaigle et leur envie de tout décortiquer ! souffla-t-il en levant les yeux au ciel et en descendant de la table à laquelle il se décida à faire face. C'est quoi ça ? s'intéressa-t-il enfin aux documents préparés par Emma.
- Des copies du règlement pour chaque préfet, des plannings et des idées de tour de garde pour chacun.
- Super... Je crois que je vais te laisser t'occuper de tout ça.
- Je crois qu'il vaut mieux oui, confirma-t-elle juste avant que l'on ne frappe à la porte. Entrez.
Alors que Drago s'affairait à se débarrasser de son trognon de pomme et qu'Emma se concentrait sur les papiers qu'elle organisait, chacun leur tour les préfets arrivèrent et s'installèrent sur les banquettes. Une fois tout le monde arrivé, Emma jeta un regard à Drago appuyé contre la table, puis se retourna afin de faire face à l'assemblée de six personnes.
- Bonjour à tous. Je me présente Emma Oreiro, votre Préfète-en-chef pour cette année scolaire. Et voici votre Préfet-en-chef, Drago Malefoy, fit-elle les présentations avant de continuer en comprenant que le blond n'avait pas l'intention de prendre la parole. Tout d'abord félicitations pour votre nomination en tant que préfets et préfètes, j'espère que notre collaboration se déroulera au mieux. Il faut que vous sachiez que cette année, les règles ont changé et que le règlement se trouve être particulièrement plus strict. Ce qui nous donnera je pense un peu plus de difficultés que les autres années. Au cas où vous ne l'auriez pas reçu je vous en donne une copie, précisa-t-elle en distribuant chaque parchemin d'un coup de baguette. En ce qui concerne nos attributions, les bases restent les mêmes : des tours de garde dans le train pour voir si tout se passe bien et pour informer les premières années; au château après le couvre-feu pour vérifier que tous les élèves soient bien dans leur maison respective; guider les premières années dans leur salle commune après le banquet de rentrée et être à leur disposition durant les premières semaines; donner des avertissements, ou des sanctions qui devront être obligatoirement reportés sur le registre en cas d'infraction. Chaque semaine, se tiendra une réunion des préfets qui aura lieu en général le vendredi soir après les cours ou après le diner selon vos préférences. Et exceptionnellement, je propose que l'on se voit demain entre midi et deux afin que l'on discute du règlement que vous aurez évidemment lu, et au cas où vous auriez d'éventuelles questions ou suggestions quant à son application. Je vous distribue également des planning qui sont reliés magiquement les uns aux autres, de manière à ce que chacun puisse être informé des possibles changements. Un espace « Notes » est également à votre disposition sur le planning pour que vous puissiez y mettre des observations ou toute autre information que vous jugeriez utile. Bon, je pense que le plus important est dit. Peut-être que mon collègue voudrait rajouter quelque chose ? Concernant l'organisation des tours de gardes dans le train peut-être ? termina-t-elle son discours de manière désinvolte alors qu'Astoria qui avait assistée à leur discussion quelques minutes plus tôt pouffa discrètement de rire.
- Merci, Emma pour ce discours très... complet. Pour ma part, je me contenterai de dire que vous avez intérêt à bien faire votre boulot et que tout arrangement entre maisons au niveau des sanctions et autre application du règlement avec lesquelles vous n'adhéreriez pas, est évidemment interdit et sera très sévèrement puni, si ce n'est par moi, par les directeur et directeurs-adjoints. En ce qui concerne les rondes dans le train, très rapidement : 9h de voyage, donc une ronde à faire toutes les demie heures. Les deux premières heures pour vous, les deux suivantes pour vous, deux pour vous, et deux pour vous. Nous nous chargerons nous-même de la dernière heure et de l'ordre de se mettre en uniforme. Vous pouvez disposer maintenant, énonça rapidement Drago en désignant de la main chaque couple de préfet.
- Des questions ? demanda Emma en recevant pour réponses de simples hochements négatifs de la tête. Je vous remercie et à demain, midi trente, comme c'est inscrit sur le planning, ajouta-t-elle alors que tous se levaient déjà, contents d'être ainsi libérés.
- Tu crois vraiment qu'elle est nécessaire la réunion de demain ?
- J'en suis persuadée.
- Au final vous n'aviez pas vraiment besoin de déterminer quoi dire, tout avait l'air parfaitement étudié, fit observer Astoria, la dernière des préfets encore présente, en s'avançant vers eux.
- Je ne vois pas en quoi cela te regarde Astoria. D'ailleurs la réunion est terminée, tu peux retourner à ta place maintenant.
- C'est ici son compartiment, je l'ai autorisée à s'y installer.
- Très bien, je vois. Je pense que c'est moi qui vais retourner à ma place alors.
- Tu es jalouse ? lui demanda Drago d'un air sérieux qui décontenança à la fois Emma et Astoria.
- Je suis juste... agacée de ne pas avoir la possibilité de parler en privé à mon homologue masculin et accessoirement à mon fiancé, rétorqua-t-elle sous le sourire du jeune homme.
- Si ce n'est que ça... Astoria, ça ne te dérangerait pas d'aller nous chercher des dragées surprises ?
- Tu sais, je peux tout aussi bien aller rejoindre mes amis...
- Lesquels, ceux qui te charrieront ou ceux qui t'ignoreront ? Tiens, lui tendit-il de l'argent pour les friandises.
Avec hésitation, elle prit les pièces et quitta la pièce.
- C'est quoi cette histoire ?
- Tu n'es pas au courant, le statut de sang des Greengrass a été déclassifié en sang-mêlé.
- Oui, et alors ?
- La plupart des Serpentard sont au courant et risquent de ne pas être très aimables avec elle, si tu vois ce que je veux dire, expliqua-t-il avant qu'un silence trop long à son goût ne passe. Que me vaut ce silence ?
- Tu peux m'expliquer l'épisode que j'ai l'air d'avoir manqué. En juin je quitte un garçon plus meurtri que jamais, en août j'en retrouve un reclus et soumis à une autorité qui nous dépasse tous, et là, en ce jour de rentrée, je me retrouve face à un adolescent décontracté, nonchalant et qui surprotège sans complexe une Sang-Mêlée. Alors je ne sais pas ce qu'il en est pour toi, mais de mon côté les directives ont été très claires et ça me ronge l'intérieur à l'idée de devoir les suivre.
- Tu me reproches quoi exactement, Emma, là ? De ne plus être tourmenté, d'être plus détendu, ou d'être du côté d'une fille qui se trouve être ton amie quoique tu en dise ?
- Je ne peux pas... souffla-t-elle après un lourd silence, son regard se perdant dans le vide alors que son visage fut envahi d'un désespoir soudain.
- Qu'est-ce que tu ne peux pas ?
- Jongler avec ces rôles et... Un coup devoir être froide et distante pour ne rien laisser paraître de ce que je pense vraiment, un coup pouvoir sans culpabiliser être simple et détendue. Et contrôler ses pensées et faire le vide pour éviter les intrusions mentales. Et appliquer ces stupides règles que je ne cautionne pas, et devoir bien paraître devant ces fichus Mangemorts qui dirigent l'école... Je n'y arriverai pas...
- Emma, murmura Drago, en s'approchant d'elle tout en lui caressant la joue afin de chercher son regard toujours aussi perdu. Tu y arrives très bien et ça va continuer à bien se passer. Tu dois juste savoir laisser tomber le masque quand tu le peux. C'est comme prendre une grande bouffée d'air avant de devoir replonger dans cet océan sombre et belliqueux.
- Mais comment savoir quand le moment est venu de lâcher prise...
- Quand tu es seule et avec les personnes en qui tu as confiance, fit-il doucement en essuyant de son pouce les larmes qu'elle n'avait même pas senties couler.
- En qui j'ai confiance... Mais... la plupart des personnes à qui je faisais confiance m'ont tournée le dos, Drago. Je n'ai plus personne, quasiment...
- Tu le dis toi-même, quasiment. Tu m'as moi... dit-il en captant enfin son regard qui fut à nouveau submergé de larmes.
- Mais tu n'étais pas là... T'étais pas là, Drago. Tu m'as laissée seule, tout l'été ! sanglota-t-elle comme si elle réalisait elle même la portée de ces mots.
- Maintenant je suis là. Je suis à tes côtés désormais, Emma, la rassura-t-il avec force. Tu n'es plus seule et je ne suis plus seul. Et le plus important : on sait qu'on peut se faire confiance, toi et moi. Tu me l'as prouvé l'année dernière et je ne t'en remercierais jamais assez, ajouta-t-il alors qu'à cette phrase, Emma reprit peu à peu sa contenance et se sécha les yeux.
- Je pense que pour ça... la confiance entre toi et moi... il faut qu'on s'explique sur certaines choses.
- Je sais. D'ailleurs, si tu veux savoir, il y a deux raisons pour lesquelle je tiens à ce qu'Astoria reste ici. La première, principale, est qu'elle est l'une des deux seules personnes en qui j'ai confiance. La deuxième est que je fais tout pour retarder le moment où toi et moi on devra s'expliquer seul à seul sur les évènements pour lesquels tu dois te poser beaucoup questions, avoua Drago en se massant inconsciemment la nuque.
- Je comprends mieux maintenant, répondit-elle après un très léger rire. Elle ne devrait pas tarder. Il va falloir que je reprenne mon « rôle ».
- Crois-moi, Astoria fait partie des personnes en qui tu peux avoir confiance.
- Non Drago, elle fait partie de ces personnes qui m'ont tournés le dos sans vraiment chercher à me comprendre. Et plus que mon égo, c'est moi que ça a blessé.
- Pitié, ne la mets pas dans le même panier que ces crétins qui te servaient de soi-disant amis.
- Bon, je vais y aller.
- Où ça ?
- Je vais faire comme toi, retarder au maximum notre très redoutée future conversation et passer du temps avec la deuxième personne sur qui je peux compter ces temps-ci.
- Nott, devina-t-il en fronçant les sourcils.
- T'es jaloux ? répéta-t-elle la phrase qu'il lui avait précédemment lancée sur un air un peu plus amusé.
- Non, je suis agacé, répondit-il d'une voix innocente ce qui provoqua un sourire franc sur le visage d'Emma.
Les deux fiancés se dévisagèrent avec une complicité mêlée d'une pointe de tendresse involontaire, avant de s'embrasser avec envie. Entre deux baisers, la jeune fille se sentait bizarrement sourire et ce fut avec une délectation presque coquine que leurs langues se caressèrent et que leurs lèvres s'effleurèrent. Lorsque l'on cogna à la porte, Drago sortit instinctivement sa baguette et ferma la porte à clé. Astoria, qui devait certainement être à l'origine des coups, tenta alors vainement d'ouvrir ladite porte, le couple ne cessant toujours pas leur étreinte. Elle, les mains autour de son cou, lui, les mains autour de sa taille, Emma fut la première a mettre fin à leurs baisers.
- Elle n'est pas idiote, Drago.
- Je sais, concéda-t-il avant de s'emparer à nouveaux des lèvres de sa fiancée qui après quelques secondes finit par reculer et se dégager de son étreinte. C'est de ta faute aussi, on a perdu du temps à discuter.
- Va te faire voir, Drago Malefoy, lança-t-elle avec un sourire qui ne collait pas avec ses dires.
Pour seule réponse le jeune homme eut un sourire en coin avant de s'avancer vers la porte, de la déverrouiller et de l'ouvrir lui même. Juste avant qu'il ne l'ouvre, il laissa tomber sa main libre, de son front jusqu'au bas de son visage, comme s'il lui faisait signe qu'il était l'heure de remettre son masque. Alors qu'Astoria apparut, le sourire d'Emma disparut et laissa place à l'expression figée qu'elle avait arborée depuis le matin.
- Je vous laisse à votre dégustation, fit-elle en abandonnant le coin de table sur lequel elle s'était appuyée juste après que Drago ne lui ai envoyé un sachet de Dragées surprises de Bertie Crochue.
- Comme tu voudras. Passe mon bonjour à Nott ! dit-il à haute voix juste avant qu'elle ne referme la porte derrière elle.
Emma fit le chemin inverse afin de rejoindre le compartiment dans lequel elle avait placé ses affaires. Cette fois-ci, la jeune fille ne fit pas attention lorsqu'elle passa devant celui de ses anciens amis, ne leur accordant aucun regard. Quelques mètres plus loin, elle croisa les deux préfets de Gryffondor dont c'était le tour de faire leur ronde. S'arrêtant, elle leur demanda poliment si tout se passait bien. Question à laquelle elle reçut une réponse positive. Enfin arrivée au compartiment de Théodore, elle trouva ce dernier seul, endormi, la tête tenue par son poing et posée contre la vitre. Silencieusement, elle s'installa en face de lui et l'observa. A son tour, elle se laissa appuyer contre la vitre fraiche, sans cesser de le fixer. Au bout de quelques secondes, le train qui devait surement entamer un virage, eut un brusque tremblement qui réveilla le jeune homme, le faisant sursauter.
- Bien dormi ? demanda-t-elle narquoisement.
- Emma, c'est toi, constata-t-il en essuyant un bâillement. T'es là depuis combien de temps ? Ta réunion s'est bien passée ?
- Quelques minutes à peine. La réunion s'est bien passée. Tu as le bonjour du Préfet-en-chef.
- Ce n'est pas Malefoy, le Préfet-en-chef ?
- Si.
- Ah, ce genre de bonjour, déduisit-il en s'enfonçant dans son siège. Tu dois être contente.
- Pourquoi donc ?
- Tu as une raison officielle pour pouvoir passer ton temps avec ton fiancé.
- Sache, que rien ne me contente vraiment dans cette nouvelle et dernière année.
- Crois-moi, on est mieux à Poudlard que là-bas, affirma-t-il en montrant derrière lui de son pouce.
- C'est vrai...
- Mais ?
- Mais on serait certainement mieux ailleurs.
- C'est une proposition de cavale que tu me fais là ? plaisanta-t-il alors que tous deux rirent doucement.
- Si seulement c'était aussi simple que ça.
- Où irais-tu si tu le pouvais ?
- En Argentine.
- Chez les Oreiro, les vrais ?
- Pourquoi, nous on est les faux ?
- Vous êtes... des Oreiro anglais.
- Et si tu arrêtais de dire des bêtises, Théodore Nott.
- Si j'avais été ton fiancé, je t'aurai emmené là-bas. Afin qu'on puisse construire notre vie dans une communauté magique saine et stable, assura-t-il avec conviction.
- Et laisser nos familles ici ?
- Tu détestes ta mère et ton Grand-Père est quelqu'un qui sait se débrouiller. Quant à la mienne, elle n'est composée que de mon père qui serait ravi de voir son fils indigne loin de lui et de ses « affaires », et de ma mère qui ne reste que pour moi. Si je pars, elle aussi sera enfin libre de quitter cette famille qui n'en est plus une depuis bien longtemps.
- C'est ce que pense ton père de toi ?
- Ce n'est pas surprenant, pour un Mangemort. Ces gens-là ne pensent qu'à leur petite personne, cracha-t-il presque avec dégoût.
- Pourtant...
- Oui je sais, Emma, pourtant ton père était quelqu'un d'aimant et qui faisait passer sa petite fille chérie avant tout. Mais il ne faisait pas partie de ce que j'appelle de purs Mangemorts fiers de l'être, comme ce Yaxley, les Carrow qu'on va avoir le plaisir de connaître, ou encore Malefoy père.
- Cela ne transparait sans doute pas, mais les Malefoy sont une famille unie.
- C'est ça oui. Unie parce que le fils a suivi les idées du père. Mais si ton cher fiancé avait osé suivre une autre voie, je te garantie qu'il en aurait été autrement.
- Je n'en suis pas si sûre.
- Bref. La conclusion est que je ne suis pas ton fiancé et que c'est bien dommage.
- Ah oui, le portrait que tu me fais du potentiel beau-père n'est pourtant pas très réjouissant.
- Mais on s'en fout vu qu'on serait déjà loin.
- Bon ça suffit maintenant.
- Les retrouvailles ont été bonnes ?
- Pourquoi tu poses ce genre de questions, Théodore ?
- Pour le coup, je me suis dit que comme tu es revenue ici, ça avait peut-être dégénéré. Mais bon, vu ta réaction je me suis sûrement trompé alors inutile de répondre finalement.
- Drago a pris Astoria sous son aile.
- Vraiment ? Tu n'as pas peur qu'ils soient un « Emma&Théodore bis » ? Tu sais, des personnes qui s'aiment secrètement mais qui ne peuvent vivre leur amour passionnel.
- Tu racontes vraiment que des conneries aujourd'hui !
- Ouh, faites attention Madame la Préfète-en-chef, ce n'est pas un langage approprié à votre rang.
- Je suis pas la Préfète-en-chef avec toi, avoua-t-elle alors qu'un grand sourire apparut sur le visage du jeune homme. Enlève moi ce sourire niais de ton visage, ça veut juste dire que j'ai confiance en toi.
- Je vais me contenter de ça alors.
- Tu sais Théodore, je me rends compte que je ne t'ai pas vraiment remercié d'avoir été là pour moi cet été.
- Tu n'as pas à le faire, c'est normal entre personnes de confiance.
- Oui, mais... Tu as été le seul à rester, le seul à me comprendre, malgré les choses qui te déplaisent. Et pour ça, je t'estime vraiment beaucoup. Alors merci... Merci d'être encore là. Merci d'être mon ami.
Pour seule réponse, le jeune homme touché, un sourire sincère sur le visage, tapota la banquette à ses côtés, signe qu'il souhaitait qu'elle vienne près de lui. La jeune fille s'exécuta et se cala sous son bras qui l'enlaça. Il lui baisa le haut de la tête et lui murmura qu'il serait toujours là pour elle.
- Je ne te lâcherais jamais, Emma. Et ça, Malefoy devra s'y faire, ajouta-t-il sous le ton de la plaisanterie.
oOo
Epuisée. C'était le mot qui pouvait la qualifier en cette fin de journée. Sous l'eau chaude de sa douche, Emma s'autorisait enfin à repenser à la journée qu'elle venait de vivre. Au fond, mis à part le petit craquage lors de sa conversation avec Drago et son moment vérité avec Théodore, tout s'était passé comme il aurait fallu que cela se passe. Que ce soit devant les élèves, devant les préfets, devant les professeurs qu'elle avait pu croiser, elle avait su garder en tête le but qu'elle s'était fixée : ne rien faire transparaitre pour ne prendre aucun risque, être une sorte d'automate magique suivant le crédo « faire ce qui doit être fait à défaut de pouvoir faire ce qui devrait être fait ». On pourrait également associer cela à une technique d'infiltration, mais dans un dessein passif plutôt que actif.
Le train avait suivi sa route sans encombre et Emma avait comme convenu rejoint Drago la dernière heure afin de donner l'ordre de se mettre en uniforme et de faire les dernières rondes. Lorsque le train fut arrivé, ils avaient dû encore rester vérifier que tout le monde était bien sorti. Drago avait stoppé sa marche devant un compartiment à quelques mètres de la fin du train. « C'est ici que j'ai réglé son compte à Potter en début d'année dernière. » Lui avait-il dit le regard bien que sérieux, perdu vers le sol du compartiment. « Il te manque déjà ? » L'avait-elle taquiné en retour. Choqué par cette idée, il lui avait sèchement répondu qu'il était juste fier de se souvenir du moment où il avait vraiment pu lui « botter le cul ».
Au final, les deux fiancés n'avaient pas encore eu l'occasion d'avoir leurs fameuses explications. En réalité, Emma faisait elle aussi reculer l'échéance. Leur conversation sur la confiance qu'ils pouvaient avoir l'un envers l'autre lui avait soudainement fait rappeler qu'elle avait omis de lui dire certaines choses ayant pu être décisives pour la mission du jeune homme. Elle savait que c'était le moment où jamais, si elle voulait vraiment être honnête avec lui, de lui dire la vérité.
Lors du banquet de rentrée, Emma avait enfin pu voir à quoi ressemblaient les Carrow. La jeune fille avait été saisie en voyant Alecto Carrow. A son entrée dans le parc et dans le château elle avait déjà pris beaucoup sur elle afin d'ignorer la tour qui trônait au dessus de l'entrée et de repousser les souvenirs qui y étaient associés. Mais ce fut sans compter la silhouette petite et trapue de son nouveau professeur d'Etude des Moldus qui était exactement celle qu'elle avait vue à travers les multiplettes ce soir de juin. La gorge sèche, elle s'était permise de boire son verre de jus de citrouille avant que le nouveau directeur n'ait fini son discours, tout en jetant un coup d'œil à Michael, le seul après elle à avoir également vu ladite silhouette, qui regardait fixement d'un air mauvais la sœur Carrow. En plus de cette sombre coïncidence, voir Severus Rogue présider le banquet et ouvrir les « festivités » de ce dernier, semblait être quelque chose de très malsain. Un malaise ambiant était présent au sein de l'assemblée des élèves et de celle des professeurs, mis à part les deux frère et sœur Carrow qui arboraient un sourire jubilatoire faisant froid dans le dos.
En repensant à tout cela, malgré l'eau brulante, Emma eut un frisson dans l'échine. Il valait mieux passer sur cette partie de la journée. Lui vint alors directement en tête le souvenir de sa mère, la tête basse, les épaules lourdes, le visage plaintif, qui s'était avancée vers elle afin de lui prendre la main. A ce moment-là, Emma s'était prudemment reculée ne voulant pas de ce contact et s'était sentie révulsée par cette vision inhabituelle de sa mère. Comment avait-elle pu tomber aussi bas ? Héléna Oreiro, qu'elle avait toujours connue hautaine, froide, distante, sans aucune considération pour celle qui était sa fille. Elle ne l'avait pas reconnue et au fond ne voulait pas vraiment la reconnaître dans cette nouvelle configuration. Beaucoup de choses avaient changé dans le monde, c'était évident, mais pourquoi fallait-il que cela change, pourquoi fallait-il que sa mère change ? Elle n'avait pas besoin de ça. Trop de choses étaient difficiles à gérer déjà. Heureusement, elle ne retournerait pas chez elle avant longtemps.
La question était cependant toute posée, était-elle vraiment mieux à Poudlard ? Elle s'était tellement mis de pression sur cette année, sur cette première journée à passer, qu'elle avait perdu ses moyens et s'était cachée derrière ce masque qu'elle n'avait pas osé enlever lorsqu'elle avait pu le faire. Heureusement, Drago avait été là pour l'aider à faire redescendre cette pression. Il avait raison, elle allait y arriver. Après tout, c'était comme ça que les Sang-Pur étaient élevés. Jouer des rôles, ils ont ça dans le sang. Quelque soit la véracité de ces propos, elle pouvait au moins se rassurer en les pensant.
Sa violente réaction envers Michael lui revint également en mémoire. Physiquement elle ne l'avait pas vraiment été, néanmoins, elle avait dû prendre beaucoup sur elle pour contenir la violence qui bouillait en elle lorsqu'il avait osé lever la main sur elle. Mais Emma n'avait pas voulu s'abaisser à son niveau. Rien que cette réflexion la mettait mal à l'aise en y repensant. Se sentait-elle vraiment supérieure à lui ? Ou était-ce juste la rage de se voir ainsi incomprise par ceux qui se disaient être ses amis ? Toujours était-il que sa réaction avait été fortement liée au mode « Sang-Pur » qu'elle s'imposait désormais en public. De quoi serait-elle capable avec un tel rôle à tenir ? Mais surtout... De quoi devrait-elle être capable pour être à la hauteur de ce nouveau monde ?
Se rendant compte que cela faisait une éternité qu'elle était sous la douche, elle éteignit les robinets et resta quelques secondes dans la chaleur développée par la buée environnante. S'enroulant dans sa serviette, elle sortit de la cabine de douche et entreprit de s'habiller pour la nuit. Un coup d'œil vers son reflet lui apprit qu'elle avait le regard sombre et les traits tirés. Sentant qu'il était temps qu'elle prenne sa posologie du soir, Emma prit une gorgée de la potion de relaxation fournie par son grand-père. Se regardant à nouveau dans le miroir, elle se sentit plus sereine et plus légère.
Lorsqu'elle regagna son dortoir, elle fut surprise de voir Morag MacDougal s'installer dans la chambre.
- Salut Emma. J'espère que ça ne te dérange pas que je m'installe ici. Patil a fortement insisté pour qu'on échange de dortoir.
- Il n'y a pas de soucis, Morag, ne s'en offusqua pas la jeune fille, rassurée à l'idée de ne pas être seule dans ce dortoir tout au long de l'année.
- C'est à ce point là entre vous ?
- Je ne sais pas lequel des deux entre Padma et Michael, devrait remporter la palme du plus haineux, lâcha Emma en s'affalant sur son lit.
- Et avec les autres ?
- Anthony se fait discret mais il ne doit pas moins en penser... Quant à Mandy, même si elle a fait preuve de beaucoup de compréhension, c'est devenu délicat de continuer à correspondre avec elle.
- Daphné m'a dit ce qui s'est passé pour Terry...
- Alors tu dois surement avoir plus de détails que moi. Je sais juste qu'il a été envoyé à Azkaban. Michael me l'a gentiment envoyé à la figure.
- Comme tu t'en doutes, il a été reconnu comme Sang-de-Bourbe. Lorsqu'ils ont voulu lui prendre sa baguette, il ne s'est pas laissé faire. C'est pourquoi ils ont décidé de l'envoyer là-bas.
- Connaissant Terry, il a vraiment eu de la chance de ne pas être condamné au Baiser du Détraqueur.
- J'ai aussi appris ce que tu as fait pour Kévin. C'est très gentil à toi d'avoir bien voulu témoigner.
- Je n'ai pas fait grand chose tu sais. Je suis certaine qu'ils s'en seraient sortis seuls.
- Tu t'en veux de ne pas avoir fait la même chose pour Terry n'est-ce pas ? supposa-t-elle en voyant le regard d'Emma se perdre dans le vide.
Face au silence de cette dernière, elle continua.
- Je suis persuadée que s'il y avait eu possibilité de faire quelque chose pour lui tu l'aurais fait.
- Eh bien tu vois je n'en suis pas si sûre. J'en suis à me demander jusqu'à où j'irai pour me préserver, moi, ma famille,... et le reste.
- Le reste... Je suppose que cela concerne un certain Préfet-en-chef. D'ailleurs félicitations pour ta nomination.
- Tu parles d'un cadeau. Moi qui voulait me faire discrète pour cette année...
- Franchement Emma, je pense qu'avec les évènements et les personnes en place dans la hiérarchie de l'Ecole, tu es le meilleur choix qui puisse être.
- Oui c'est ça, Morag, continue de me passer la pommade, rétorqua-t-elle plus que septique.
- Quoi ? Tu aurais vu Pansy à ce poste ? Son alliance avec Drago aurait été désastreuse pour pas mal d'élève. Ou qui d'autre encore, tu aurais vu quelqu'un comme Weasley fille ou un quelconque Gyffondor ou autre supporter de leur petite bande ? Je doute qu'un comportement révolutionnaire ait sa place dans le poste de Préfet en chef. Or toi, tu es l'équilibre. Sang-Pur, tu te dois de suivre sans broncher. Mais tes convictions propres te pousseront sans doute à épargner le plus de choses, dans la mesure du possible.
- Je commence à croire que c'est toi qui aurait du être nommée, ironisa-t-elle face à l'emballement de sa nouvelle colocataire.
- Sauf que tu oublies une chose : il n'y a que toi pour tenir le Préfet-en-chef, alias Drago Malefoy, alias ton fiancé. Voilà pourquoi, tu es parfaite pour le poste.
- Hum hum... Bien sûr...
- D'ailleurs, comment ça se passe entre vous depuis ce qui s'est passé l'année dernière ? Il était vraiment présent en haut de cette tour ?
- Et toi Morag, comment ça se passe avec « ton » fiancé ? ignora-t-elle la question alors que la rousse qui s'était assise dans l'ancien lit de Padma au cours de la discussion, se leva et continua à installer ses affaires.
- J'ai compris. Pas de sujets qui fâchent.
- Je te signale qu'on n'a pas arrêté niveau sujets qui fâchent depuis mon entrée dans la pièce.
- Je te l'accorde. Mais avec les évènements actuels les sujets fâcheux deviennent des sujets normaux, et inversement...
- Donc j'en déduis que tout se passe bien entre vous.
- Plutôt oui... Enfin, on a surtout décidé de profiter de ce que pouvait nous apporter notre couple. Il faut dire qu'on a réussi à passer toutes les vacances hors de Grande Bretagne. C'était donc plus simple d'oublier ce qui s'y passait. Je t'avouerai que le retour à la réalité fut un choc, mais bon, c'est comme ça.
- Donc, toutes ses tromperies et autres douleurs, c'est terminé ? demanda-t-elle en montrant le dos de sa main alors qu'elle se souvenait des multiples supplices subis à cause de la cicatrice garante des fiançailles que Morag portait tout comme elle.
- Oui, il faut le croire. Mais qui sait combien de temps ça durera ! Je t'ai répondue. A ton tour !
- Il n'y a pas grand chose à raconter. On ne s'est pratiquement pas vus des vacances, entre sa cavale et... autre.
- Qu'est-ce qu'il est en fait ? Un mangemort ?... D'accord, vu ton silence je crois savoir la réponse... C'est horrible de faire ça à quelqu'un d'aussi jeune ! Et ce n'est pas Malefoy qui esquiverait son destin.
- Aucun d'entre nous n'aurait le cran de défier la volonté du Seigneur des Ténèbres.
- Et qui inclus-tu qui dans le nous ? questionna Morag de manière rhétorique en se doutant qu'il s'agissait des Sang-Pur en général.
- Les participants de ce Bal des Masques...
Les deux jeunes filles continuèrent à discuter encore quelques minutes avant de s'installer confortablement au fond de leur lit. Emma était plutôt contente de partager la chambre avec Morag cette année. Un soutien féminin comprenant ce qu'elle vivait, car vivant à peu près les mêmes choses, ne pouvait que lui faire du bien. Elle s'endormit dans ce sentiment de quiétude passager en évitant au maximum de penser à la journée suivante qui serait certainement tout autre...
oOo
- Histoire avec Binns de si bon matin, ça ne devrait pas exister, se plaignit Morag à Emma alors que celle-ci venait justement de terminer la distribution des emplois du temps en compagnie du Professeur Flitwick, leur directeur de maison.
- Dis-toi qu'il peut y avoir pire. Les premières années débutent avec Art de la magie noire, assura la Préfète-en-chef en s'installant sur la table des Serdaigle afin de prendre son petit déjeuner.
- Ouai... J'étais censée rejoindre Daphné et Megan avant les cours. Si tu veux je t'attends et on y va ensemble ?
- Oh, c'est gentil mais ça va aller. Vas-y, je vais tranquillement manger quelque chose, refusa poliment la jeune fille qui commençait à peine.
- Ok, prends le temps qu'il te faut, ne s'offusqua pas Morag qui lui lança un clin d'œil, Emma se doutant que sa phrase se destinait plus au fait d'intégrer le groupe de filles plutôt qu'à son petit déjeuner.
- A tout à l'heure.
- Un petit tête à tête à quatre avec ce cher Binns... Réjouissant.
Emma s'accorda un sourire tandis que Morag la laissait à sa tartine qu'elle confectionnait consciencieusement. Alors qu'elle se rassasiait de jus de citrouille, son regard tomba sur son fiancé assis à la table d'en face. Elle répondit à son sourire en coin par un signe de tête avant de reporter son attention sur sa tartine de chocolat noir. Emma soupçonnait les Elfes de maison de forcer sur la dose de chocolat à mettre sur les tables afin que les élèves puissent disposer à volonté de cet aliment empli de propriétés spéciales, telle que servir d'antidote contre les effets produits par les Détraqueurs et d'autres formes particulièrement horribles de Magie Noire.
Au moment de croquer le bout de pain, ses yeux tombèrent sur le chocolat qui s'était transformé en vers gluants. Laissant tomber la tartine dans son assiette, son regard se tourna vers la gauche, où un peu plus loin un groupe de personne s'esclaffait. Ce n'était autre que Michael et Padma, accompagné d'Anthony qui semblait quant à lui faire la sourde oreille à ce qui venait de se passer. Après vérification, Emma termina son jus et se leva, ne manquant pas d'apporter avec elle ladite tartine au-dessus de laquelle les vers se tortillaient toujours. Lorsqu'elle arriva à la hauteur de ses anciens amis tranquillement assis à table, elle s'arrêta et se pencha vers Michael qui lui tournait le dos.
- 50 points en moins pour préjudice envers la Préfète-en-chef.
- Et depuis quand tu pénalises ta propre maison ? ironisa Padma.
- Allez, Emma, je suis sûr que tu peux faire mieux que ça pour me punir ! la provoqua Michael.
- Vous feriez mieux de calmer votre animosité envers moi, se contenta-t-elle de dire avant de croiser le regard d'Anthony, comme si elle lui intimait de les surveiller de près.
Sans attendre de réponse de celui-ci, elle laissa tomber la tartine toujours maculée de vers dans l'assiette de son ancien ami.
- Je préfère les larves de guêpes grillées, dommage qu'après tout ce temps tu ne le saches pas, Michael, ironisa-t-elle avant de s'éloigner vers la sortie.
Juste avant de quitter la Grande Salle, elle entendit un cri étouffé provenant du bout de la table, là où étaient situés ceux qu'elle venait de quitter. Emma n'avait pu s'empêcher de jeter un sortilège à retardement à la tartine qui s'était subitement collée à la face de Michael. Ce fut avec un léger sourire qu'elle gagna le Grand Hall. Sourire qui disparut aussitôt lorsque son regard tomba sur Astoria. Sans aucune cérémonie, Emma continua son chemin vers le grand escalier en marbre.
- Tu ne me salues pas, l'aborda tout de même la jeune Serpentard qui s'était approchée.
- Tu as raison Astoria, je te dois tout le respect dû à chacun des préfets que je croise. Alors, bonjour Greengrass.
- C'est ridicule Emma, je crois qu'il est temps pour nous d'enterrer la hache de guerre.
- Et qu'est-ce que j'y gagne dis-moi ?
- Une amie...?
- Une vraie amie, ça ne se perd pas Astoria. Or il me semble t'avoir déjà perdue une fois.
- C'est un peu fermé d'esprit tout ça, commenta la jeune fille en provoquant le rire moqueur de celle qui lui faisait face.
- C'est toi qui parle de fermeture d'esprit, railla-t-elle malgré sa résolution de rester calme et effacée.
- Ecoute, l'année dernière tu me disais comprendre mon malaise face à tes mensonges et le fait que j'ai besoin de temps. Et maintenant que je te dis que je suis prête, tu me rejettes ? Dans l'histoire c'est toi qui a un problème, Emma !
- Mon problème, comme tu dis, est peut-être le fait que ton soudain changement de position soit certainement dû à la personne qui se trouve juste quelques mètres derrière toi, rétorqua Emma qui venait d'apercevoir Drago se diriger vers elles alors qu'il venait de quitter la Grande Salle.
- Est-ce qu'on parle de moi ici ? questionna-t-il avec assurance alors qu'on pouvait remarquer qu'il tenait dans sa main une tartine au chocolat.
- Non, pas du tout, s'empressa de répondre Astoria qui prit une légère teinte rosée.
- Tu mens très mal, Astoria, fit-il d'une voix doucereuse en levant de ses doigts la tête de la concernée qui n'osait pas le regarder en face.
- Il est temps que je rejoigne ma salle, déclara Emma, légèrement écœurée de la vision qu'elle avait devant elle.
- Je t'accompagne, signala Drago en prenant l'escalier à son tour.
- Et moi je vais... manger, dit Astoria qui au final venait de se retrouver seule.
Les deux élèves qui avaient cours au même étage, prirent la direction du premier. Emma avançait d'un pas rapide alors que son fiancé suivait la cadence aisément. Lorsqu'il se souvint de ce qu'il tenait dans la main, il mit fin au silence que personne n'avait encore pris la peine de rompre.
- J'ai pensé que ton petit exploit avec Corner t'aurait rouvert l'appétit. D'ailleurs félicitations, c'est un plaisir d'enfin te voir les traiter comme tu aurais du le faire depuis bien longtemps, la complimenta-t-il en lui tendant la tartine au chocolat.
- Ne me dis pas que tu t'es donné la peine de la faire juste pour moi ? s'interloqua Emma qui ralentit le rythme.
- A croire que je prends mon rôle de fiancé très à cœur.
- Eh bien mon estomac s'en trouve ravi, affirma-t-elle en s'emparant enfin du bout de pain.
- Oui, il est dangereux de venir le ventre vide dans une salle de classe comportant aussi peu d'élèves. Alors comme ça je suis le centre de vos conversations avec Astoria, continua-t-il alors que la jeune fille se délectait de son seul repas du matin.
- Je vois très bien où tu veux en venir, Drago. Je ne te laisserai pas le plaisir de me traiter de jalouse ou de quoique soit d'autre.
- On ne parle pas la bouche pleine, se contenta-t-il de répondre alors qu'ils arrivaient à un carrefour.
- C'est ici qu'on se quitte.
- Pour mieux se retrouver au cours d'après, assura-t-il avec un sourire en coin.
- Tu me ménages ou tu comptes jouer ce personnage insouciant et détaché tout au long de l'année ?
- Au moins jusqu'à ce qu'on ait cette fameuse conversation. Après, tout dépend de comment tu réagiras à ce que je t'avouerai.
- Moi aussi j'ai des choses à t'avouer, Drago, finit par dire Emma alors qu'ils se fixaient immobiles.
- Quel genre de choses ?
- Du genre... qui ne se dit pas à quelques minutes du début des cours.
- Alors on en reparle ce soir.
- On fait comme ça, confirma-t-elle avant d'entamer un geste pour se retourner et s'en aller, mais il l'en empêcha. Quoi ?
- Le personnage insouciant et détaché que je suis, a envie d'embrasser sa fiancée, déclara-t-il séducteur en s'approchant d'elle avant de s'exécuter.
Le baiser fut rapide et maladroit de la part d'Emma.
- Tout ça semble bizarre et... factice... confia-t-elle son ressenti alors qu'il lui encadrait toujours le visage de ses mains.
Avant qu'il n'ait le temps de répondre, des pas se firent entendre non loin d'eux. Il s'agissait de Morag et de Daphné, les deux autres élèves suivant le cours d'Histoire de la magie. Tous se saluèrent silencieusement et les deux filles empruntèrent le couloir menant à leur salle, non sans leur avoir lancé un regard moqueur. Emma leur indiqua qu'elle faisait le chemin avec elles et laissa Drago après un dernier regard vers lui. Aucun commentaire ne fut fait sur les derniers mètres menant jusqu'à la salle de classe du professeur Binns. Le cours d'histoire se passa comme à l'accoutumée, lent, monotone et empli de détails touffus. Lorsque vint la fin, Morag quitta les deux autres pour son prochain cours, les laissant prendre le chemin des cachots.
Cette année encore, c'était le professeur Slughorn qui assurait le cours de Potions. Toutefois l'absence de trois élèves se fit remarquer, ce que ne manqua pas de faire indirectement référence le professeur qui n'avait cessé d'envoyer des fleurs à Harry Potter durant toute l'année passée pour son incommensurable talent en Potions. Pour la première fois, Emma ne s'installa pas où elle avait l'habitude de s'assoir depuis plusieurs années et dut rejoindre Théodore. Cela lui fit bizarre lorsqu'elle vit Drago s'avancer vers elle et prendre place à ses côtés, sous les regards malveillants de ses anciens camarades, accompagnés de Ernie Macmillan et de Daphné qui avait rejoint son petit-ami. Slughorn fit remarquer la répartition inégale de la classe avec sa bonhomie légendaire mais ne changea pas pour autant les choses. Le cours se déroula sans soucis, mais dans un silence plutôt pesant qu'Emma semblait vouloir entretenir entre elle et les deux Serpentard qui l'entouraient. Une fois le cours passé, ils se retrouvèrent tous trois à faire le chemin vers la Grande Salle afin de pouvoir prendre leur déjeuner.
- Nous, on va part là, indiqua Drago en tirant le bras d'Emma vers lui alors qu'ils se trouvaient non loin de l'entrée des cuisines.
- Et depuis quand tu décides pour moi ? grogna la jeune fille irritée.
- Je te signale que l'on a une réunion à tenir et par conséquent à préparer. Alors on déjeune aux cuisines, histoire d'avoir un petit tête à tête tout en mangeant rapidement.
- Il me semble que le Préfet-en-chef vient d'avoir sa première bonne idée. Je te souhaite une bonne fin de journée, Théodore. Bon appétit.
- A toi aussi, Emma, répondit-il, compréhensif avant de se pencher vers elle et de lui faire la bise juste histoire d'embêter Drago qui tiqua légèrement. On essaie de se voir en fin de journée ?
- Ok, accepta-t-elle avec un sourire amusé alors qu'elle se dégageait de la main qu'il avait mis sur sa taille pour lui dire au revoir.
Puis, elle rejoignit Drago qui s'était déjà dirigé vers les cuisines.
- Je te rappelle que ce soir c'est moi que tu vois pour qu'on s'explique sur certaines choses... avertit le jeune homme d'un air renfrogné.
- Tu n'as pas besoin de me le rappeler, Drago.
Les deux fiancés s'installèrent sur une table dans les cuisines et furent servis comme des privilégiés. Ils mirent rapidement et brièvement au point la réunion qui se déroulerait à 12h30, soit quelques minutes plus tard. Arrivés au dessert, Drago ramena sur le tapis leur conversation du matin.
- Alors comme ça, tout te semble factice ? lâcha-t-il nonchalamment en terminant sa dernière bouchée de pudding.
- On ne parle pas la bouche pleine, lui rappela-t-elle avec ironie.
- J'attends.
- Pour l'instant j'ai l'impression que tout se fait dans la retenue, comme s'il ne se passait rien et comme si rien n'avait changé. Que ce soit au niveau des profs, ou des élèves... Et même nous j'ai l'impression qu'on s'inscrit dans cette relâche momentanée.
- Ca ne fait même pas vingt-quatre heures que l'on est à Poudlard. T'aurais préféré que les hostilités débutent immédiatement, peut-être ?
- Mais regarde ce qu'il s'est passé au diner de rentrée. Mis à part l'intervention non-exhaustive de Rusard sur ce qui est nouvellement et principalement interdit de faire vis à vis de la nouvelle politique du Ministère de la Magie, rien de concret n'a vraiment été annoncé sur ce que va surement endurer les élèves cette année ! Et même nous qui sommes chargés de contrôler la discipline n'avons aucune idée du genre de punitions qu'infligeront les Carrow.
- Il n'y a rien d'étonnant. Ca a toujours été leur façon de faire, aux Mangemorts. Ne rien évoquer officiellement pour ne pas affoler, tout en frappant au fur et à mesure et en étouffant les quelques contestations éventuelles.
- Et ce sera à nous de veiller à la bonne organisation de tout ça...
- Estime-toi heureuse d'avoir été désignée pour de telles responsabilités. Peu importe ce que tu penses, Emma, c'est ce qu'il faut faire pour...
- Pour avoir un avenir potable. Oui, je sais, on m'a déjà servie ce refrain tout l'été, l'interrompit-elle agacée par cette vérité. Je crois qu'il est temps qu'on y aille si on veut arriver avant les préfets.
La conversation s'arrêta ainsi et tous deux se dirigèrent vers la Salle des préfets située au cinquième étage non loin de la salle de bain des préfets. Ce fut Drago qui ayant déjà été préfet, ouvrit la marche. Une fois arrivés, ils utilisèrent le mot de passe qui leur avait été fourni. La pièce semblait rassembler l'esprit des quatre maisons au travers de sa décoration. Le mélange des couleurs n'était pas particulièrement beau, mais ce qui attirait le plus l'attention était les centaines de tableaux et photos qui tapissaient les longs murs de pierre. Il ne faisait nul doute qu'ils s'agissait des multiples préfets ayant été nommés au cours d'un nombre incalculable d'années. Des canapés en cuir semblant usés étaient disposés autour d'une table basse, face à la cheminée de la pièce. Un peu plus loin, une large et imposante table en chêne entourée de fauteuils matelassés trônait au centre. Enfin, une bibliothèque remplie de registres, de recueil des règlements successifs et autres ouvrages relatifs à la fonction de préfet était à leur disposition.
- A quoi mène cette porte ? demanda Emma en s'avançant dans la pièce.
- L'ancien dortoir des préfets.
- Ah c'est vrai, j'avais oublié qu'il avait existé avant d'être condamné à la fin des années soixante, révolution des mœurs oblige...
- Ne me dis pas que tu t'es tapée l'Histoire de Poudlard tout entier ? s'interloqua Drago en lui lançant un regard septique.
- Je te signale que ma spécialité c'est l'histoire, Drago.
- J'avoue que sur ce point là je ne te comprendrais jamais...
- Comme si tu me comprenais sur tous les autres points, rétorqua-t-elle en déposant ses affaires au bout de la table près de l'un des deux fauteuils semblant réservés aux Préfets-en-chef.
- Bien plus que tu ne sembles le croire apparemment.
- C'est ce qu'on verra... marmonna la jeune fille à elle-même en repensant à ce qu'elle devait lui avouer le soir venu.
A ce moment, les premiers préfets arrivèrent et Emma ne sut pas vraiment si Drago avait entendu sa dernière phrase. Lorsque tout le monde fut au complet, comme convenu lors du déjeuner ils débutèrent la réunion avec une rapide présentation de chacun au sein de laquelle devait être fait référence leur statut de sang. Cela était nécessaire car selon le nouveau règlement, un préfet de Sang-Mêlé avait des compétences plus limitées qu'un préfet de Sang-Pur.
Apparemment, les nominations avaient été faites de telle sorte que chaque maison était représentée par un préfet de chacune des catégories de statut de sang. Ainsi, Romilda Vane, Sang-Pur et Geoffrey Hooper, Sang-Mêlé, tous deux en cinquième année étaient les préfets de Gryffondor; Alphard Sumerby, Sang-Pur de sixième année et Kristen Bundy, Sang-Mêlé de cinquième année étaient ceux de Poufsouffle et pour finir, Derek Jones, Sang-Mêlé de sixième année et Astoria Greengrass Sang-Mêlé de cinquième année étaient respectivement les deux autres préfets des maisons représentées par Emma et Drago.
Le deuxième point de la réunion était consacré au système de sanctions. Pour les infractions mineures, telles que le port d'objets interdits, ou encore un abus de langage, les préfets avaient le pouvoir et le devoir d'enlever des points à l'élève contrevenant, quelque soit sa maison. Les infractions majeures devaient quant à elles faire l'objet d'une perte de points, mais également d'une punition devant être déterminée par l'un des directeurs de maison ou l'un des directeurs adjoints que se devrait de prévenir le préfet ayant relevé l'infraction. Etait considérée comme une infraction grave tout comportement contrevenant aux valeurs et principes du régime adopté par le nouveau Ministère de la magie. Devraient être expressément avertis en de tel cas, les directeurs adjoints qui s'occuperaient entièrement de la sanction à prendre.
Il était également prévu que tout soit reporté à l'écrit dans le registre des infractions et que devrait être fait un rapport hebdomadaire auprès des directeurs adjoints. Ces derniers pourraient ainsi constater l'évolution de la discipline de l'établissement, tout en se réservant la possibilité de durcir le système de sanctions.
Le point suivant de la réunion était quant à lui relatif à la hiérarchie au sein du corps des préfets. Il était en effet établi que les préfets de Sang-Mêlé n'aient pas compétence pour sanctionner tout Sang-Pur, peu importe l'infraction commise. Si le préfet se voyait dans une telle situation, il ne pourrait ainsi que relever l'infraction commise et prévenir tout autre préfet de Sang-Pur qui se chargerait de la sanction appropriée. S'il s'agissait d'une infraction majeure, ils se devraient d'avertir directement les Préfets-en-chef. Ces derniers avaient l'obligation de s'assurer que les préfets fassent bonne application du règlement.
Pour finir, les Préfets-en-chef rappelèrent les différents outils mis à leur disposition pour mener à bien leur mission. Durant leur court déjeuner, Emma et Drago avaient décidé d'approfondir l'idée du planning magique en ajoutant un document leur permettant de retracer l'historique de la journée passée afin que chacun puisse être au courant de ce qui se passait en temps et en heure. Fut ensuite établi le tour de garde de chacun, que ce soit à l'heure du déjeuner, après les cours, ou après le couvre-feu. Fut également rappelé que chaque vendredi aurait lieu une réunion en vue de la rédaction du rapport à faire auprès des directeurs adjoints le lendemain.
Les préfets eurent à peine le temps de faire part de leurs observations puisqu'il était déjà l'heure d'entamer les cours de l'après-midi. Presque tous quittèrent avec précipitation la salle. Ayant cours à l'autre bout du château, la Préfète-en-chef dut également partir rapidement. Avant qu'Emma ne s'en aille, elle convint avec Drago de se retrouver dans cette même salle après les cours. En silence, celui-ci lui fit signe de s'approcher. Légèrement agacée en voyant où il voulait en venir elle s'exécuta et se laissa embrasser.
- T'es accroc, toi, prit-elle tout de même le temps de le taquiner.
- Dégage ! amplifia-t-il son courroux face à l'affirmation de sa fiancée.
oOo
Son seul cours de l'après-midi se déroula trop vite au goût d'Emma qui se dirigeait à présent vers la salle des préfets. La jeune fille s'était vu obliger d'inscrire la sanction qu'elle avait infligée à Michael lors du petit-déjeuner. Elle espérait sincèrement qu'il se calmerait d'ici-là. Sur le chemin, elle croisa une bande de première année qui s'amusait à jeter un premier sortilège appris lors du cours du même nom, à savoir le Wingardium Leviosa. Emma se contenta de les avertir qu'il leur était interdit d'user de la magie dans les couloirs. Contre toute attente, l'un d'entre eux lui fit face en répliquant qu'il fallait bien qu'ils s'entrainent quelque part. Sans se départir de sa neutralité, elle assura au petit Gryffondor que la salle commune était faite pour cela, à condition de ne pas user des sorts contre les élèves. Après un regard noir, le première année rouge et or s'en alla, suivi de ses camarades qui semblaient tétanisés de voir leur nouvel ami se rebeller de la sorte. Lorsqu'ils furent éloignés, Emma soupira et espéra que ce genre de scène ne se reproduirait pas et surtout n'empirerait pas. Heureusement que les avertissements n'étaient pas à inscrire sur le registre, pensa-t-elle.
Lorsqu'elle arriva enfin au niveau de la salle des préfets, elle donna le mot de passe et pu rentrer. Drago n'était pas encore là, alors elle en profita pour observer les multiples photos des préfets sur les murs dans l'optique de trouver celle de son père qui avait été préfet durant sa cinquième et sixième année. Il n'y avait aucune logique dans la disposition des cadres ce qui lui rendait la tâche plus difficile. Après plusieurs minutes vaines, elle alla s'assoir sur l'un des canapés de la pièce. Son regard tomba sur une série de portraits et Emma s'en voulut de repérer la tête blonde du père de son fiancé, Lucius Malefoy, plutôt que celle de son paternel. La jeune fille se permit de s'allonger dans le canapé en attendant l'arrivée de Drago. Fermant les yeux, elle s'assoupit au bout de quelques temps. Lorsqu'elle s'obligea à rouvrir les yeux, elle sursauta en apercevant son fiancé juste au-dessus d'elle, accoudé au dossier du canapé.
- T'es là depuis longtemps ?
- Assez pour savoir que tu es du genre à grimacer pendant ton sommeil, ricana-t-il alors qu'Emma se redressait.
- Tu aurais pu faire l'effort de me réveiller. Imagine qu'un préfet était rentré.
- A cela, j'ai très certainement une solution...
- Qu'est-ce que tu racontes...?
- Il y a quelques jours, j'ai réussi à convaincre Rogue de me donner le mot de passe du dortoir, annonça-t-il non sans fierté.
- Le dortoir des préfets ? Alors on pourra tous l'utiliser ?
- Pas tous.
- Je vois... Alors, tu me fais visiter « ton » dortoir personnel ? suggéra-t-elle en se levant et en se dirigeant vers la porte déjà entrouverte.
La pièce dans laquelle elle entra était moins encombrée que la salle des préfets, même si là encore plusieurs peintures parsemaient les murs. Il s'agissait d'une petite salle commune semblant chaleureuse et fraichement nettoyée. Deux escaliers en pierre symétriques menaient aux dortoirs des filles et des garçons, comme cela était le cas dans toute salle commune. Toutefois deux portes se faisaient face non loin de l'entrée. L'inscription de Préfet-en-chef et de Préfète-en-chef permit à Emma de deviner que ces derniers avaient droit à des chambres particulières.
- C'est pas mal du tout.
- Et tu n'as pas tout vu, affirma Drago en s'avançant vers un grand tableau qui pivota en laissant entre-apparaître une autre salle.
- Un accès direct à la Salle de bain des préfets ! Ca, ça relève d'un cran l'utilité de cette pièce.
- Tu vois qu'être bien placé apporte bien des choses.
- Le prix est cher payé si on réfléchit aux circonstances qui t'ont permis d'avoir ce mot de passe.
- Ne réfléchissons pas alors, rétorqua-t-il en la dépassant afin de se diriger vers la chambre du Préfet-en-chef.
Emma s'arrêta à l'encadrement de la porte et s'y appuya.
- Je constate que tu t'es rapidement approprié la chambre.
- J'ai passé une excellente nuit, loin des ronflements de Crabbe, des grognements de Goyle et de la jalousie environnante de Nott, indiqua Drago en s'allongeant sur le grand lit, les bras postés derrière la tête.
- Tant mieux pour toi. Moi j'ai eu droit à une nouvelle colocataire.
- Tu pourrais avoir un nouveau colocataire si tu venais t'installer ici, lança le jeune homme d'un ton aguicheur.
- Je vais y réfléchir, feignit-elle une réticence.
- Emma, je peux savoir ce que tu attends pour entrer et poser tes jolies petites fesses à côté de moi, lâcha Drago de but en blanc après quelques secondes de silence. Enfin, pas si petites que ça, mais passons.
- Quel tact, Monsieur le Préfet-en-chef, ironisa-t-elle après un rire mi-nerveux, mi-moqueur.
La jeune fille finit toutefois par s'exécuter et s'allongea sur le ventre aux côtés de celui qui était son fiancé. Sans plus de cérémonie, Drago se redressa légèrement et entreprit de dégager le cou d'Emma afin de lui offrir des baisers, sa main s'égarant déjà vers la partie du corps de la jeune fille qu'il avait précité.
- Je croyais qu'on devait discuter de certaines choses, se força-t-elle à rappeler sous ses caresses.
- On a toute la soirée pour ça... Et si tu t'inquiètes pour le diner, sache qu'un carnet de commande destiné aux cuisines est sagement disposé sur l'une des tables de la salle commune, précisa-t-il à son oreille avant qu'elle ne se retourne vers lui.
Ils se lancèrent un regard empli de désir et de soif de l'autre, avant que leurs bouches ne s'emparent l'une de l'autre et que leurs corps embrasés ne se collent l'un contre l'autre...
oOo
- Je trouve quand même surprenant que Rogue t'ait permis aussi facilement d'utiliser le dortoir... à ta convenance. Après tout, il nous a déjà surpris dans un couloir... déclara Emma, alors que les deux amants étaient posés l'un contre l'autre sous les draps.
- Il me devait quelque chose, assura Drago, fixant devant lui et caressant les cheveux de sa fiancée qui avait la tête au creux de son épaule.
- Ah oui... J'aurai plutôt pensé l'inverse.
- Pourquoi tu dis ça ? demanda-t-il en se contractant soudain.
- Je crois qu'il est temps pour nous d'avoir cette conversation, suggéra la jeune fille en se redressant de manière à pouvoir voir le jeune homme.
- Qu'est-ce que tu sais, Emma, ordonna-t-il plus qu'il ne demanda sur un ton glacial, ne cessant pas de fixer son point invisible.
- Je sais... Non, je vais plutôt commencer par te dire que...
- Surtout prends ton temps, railla-t-il avec fébrilité.
- Nous, à savoir Mandy, Terry, Anthony, Padma, Michael et moi, étions au sommet de la tour des Serdaigle ce soir-là, lui apprit-elle alors que sous le choc il tourna vers elle un regard lourd de sens.
- Je vois, déglutit-il en retournant à son point invisible alors qu'il comprenait que sa fiancé avait certainement assisté à ce qu'il s'était passé ce soir de juin.
- A proprement dit, nous ne voyions strictement rien, tout du moins à l'œil nu. Terry avait eu l'idée d'emporter ses multiplettes. Alors on les a utilisées, un par un. La seule chose qu'on voyait était... Dumbledore, affalé contre l'un des bords de la tour et menacé par une main qui tenait une baguette. J'ai tout de suite reconnu la tienne.
- Qu'est-ce que tu as vu d'autre ?
- La silhouette de ce qui semble être maintenant Alecto Carrow est apparue, puis un éclair a propulsé un autre mangemort. C'est tout ce que j'ai pu voir avant que Michael ne me prenne les multiplettes des mains. Et là tout s'est enchainé, une lumière verte, la silhouette de Dumbledore qui s'effondre jusqu'au bas de la tour et la phrase de Michael « Rogue a tué Dumbledore. ». Plus tard j'ai aussi appris qu'il t'a aussi vu à ce moment-là.
- Je constate que finalement je n'ai pas grand-chose à t'apprendre.
- Qu'est-ce qui t'a fait baisser ta baguette, Drago ? De quoi parliez-vous ?
- Ca n'a plus aucune importance maintenant, répondit-il après quelques secondes de réflexion.
- Ca en a pour moi...
- Je vais plutôt confirmer ou non les interprétations que tu as pu faire de tout ça. Oui, ma véritable mission était d'éliminer Dumbledore. Non, je ne l'ai pas fait et c'est finalement Rogue qui s'en est chargé. Et ce n'est pas faute d'avoir essayé... Le collier qui a envoyé Johnson à Saint-Mougouste, était destiné à Dumbledore. De même que la bouteille qu'avait conservé Slughorn et qui a fini par empoisonné Weasley par je ne sais quel moyen. Tout ça c'était moi, voyant que je ne réussissais pas à réparer cette foutue armoire. Armoire qui était censée permettre à certains mangemorts de s'infiltrer dans le château afin de semer la pagaille pour que je puisse me charger... de Dumbledore.
- Mais tu ne l'as pas fait, alors que tu en avais l'occasion.
- Merci de me rappeler ce qui vaut à ma famille de se faire traiter comme des moins que rien par le Maître...
- Je me fou de ce qu'il en dit, Drago. Je suis sincèrement soulagée que tu ne sois pas devenu un meurtrier... son meurtrier.
- Eh bien moi je le regrette. Je regrette de n'avoir pu faire honneur à ma famille et la porter dans les bonnes grâces du Seigneur des Ténèbres.
- Tu parles d'un honneur...
- Ce n'est pas toi qui aies passé tout l'été là-bas, Emma ! Tu ne peux pas comprendre, tu ne sais rien de ce que c'est... Ici, tu me reproches d'avoir l'air trop détaché par rapport aux évènements, mais ici c'est le rêve à côté de ce que j'ai pu vivre ces derniers mois.
- Et qu'est-ce que tu as vécu ?
- Tu as assez de jugeote pour deviner ce que peuvent faire les larbins du Maître ! Etre présents aux réunions et aux plans macabres; voir se faire assassiner des gens sous son nez, sachant que certains d'entre eux faisaient partie du corps enseignant de Poudlard ; devoir torturer des prisonniers afin de leur soutirer des informations... Et encore, je ne te parle pas des punitions subies pour le travail mal fait, ou juste selon les humeurs du jour.
- C'est affreux...
- Oui et c'est le quotidien de ma famille encore aujourd'hui. Mon père n'a même plus de baguette. Tu imagines pire déshonneur pour un sorcier de son rang ! Il n'y a que ma tante qui soit encore en bonne position, mais elle ne peut pas grand-chose pour nous. Elle doit se trouver certainement chanceuse de ne pas être associée à notre défaite.
- Je suis désolée pour tout ça, Drago...
- Qu'est-ce que tu veux qu'on y fasse... Tu veux vraiment savoir ce que m'a proposé le vieux fou ce soir-là ? Il proposait de nous protéger, ma famille et moi. Même si j'ai pu croire une seconde à ce qu'il me disait, il était fini. Mon erreur ce soir-là a été d'abaisser ma baguette et de me laisser paralyser par la peur d'ôter la vie à quelqu'un, au point de vouloir fuir vers le camp adverse.
- Je crois qu'au contraire, c'est une preuve de courage que tu as eu, Drago. Caresser l'idée de défier la volonté de celui qui a fait de ta vie un enfer...
- Quoiqu'il en soit, rien n'est arrivé. Ni ma mission, ni ma fuite. Alors ce n'est plus la peine de revenir dessus, voulut-il clore le sujet en se redressant avant d'entreprendre de se rhabiller.
- Et pourquoi tu disais que Rogue te devait quelque chose ? y repensa Emma alors qu'elle se redressait à son tour, s'appuyant contre la tête de lit.
- Il se trouve que ce cher Severus Rogue a trouvé plus judicieux que le Maître ignore la petite conversation que j'ai pu avoir avec Dumbledore en ce qui concerne sa proposition d'aide, mais surtout en ce qui concerne le fait qu'il était déjà au courant de certaines choses au sujet de ma mission... Il m'a fait promettre de ne rien dire, mais au fond c'est surtout moi que ça arrange.
- Oh...
- Une autre question peut-être ? demanda-t-il semblant irrité et impatient de mettre un terme à la conversation alors qu'il reboutonnait sa chemise de façon brusque.
- Non, plus de questions m...
- Bien ! l'interrompit-il en grimpant à nouveau sur le lit et en s'approchant de sa fiancée. Je t'avoue avoir pensé que tu me détesterais au plus haut point en apprenant tout cela. Heureusement pour moi, ça n'a pas l'air d'être le cas... déclara-t-il avant de l'embrasser sans lui laisser le temps de répondre comme s'il craignait encore la réaction de la jeune fille.
- A vrai dire, j'ai encore quelque chose à te dire, Drago... avoua Emma d'un air penaud en provoquant le soupir d'exaspération du jeune homme qui se leva à nouveau du lit.
- Eh bien vas-y, on est là pour ça, sembla-t-il s'agiter avant de capter son reflet dans le miroir de la commode, faisant ainsi dos à la jeune fille.
- Il y a deux choses, que je t'ai cachées. Parce que j'avais peur, parce que j'étais déchirée entre mon inquiétude pour toi et entre mon inquiétude pour la tournure des évènements...
- De quoi tu parles ? demanda-t-il au reflet d'Emma dans la glace qu'il fixait.
- Je... Le jour où j'ai appris que tu étais un mangemort, j'ai vraiment été choquée et je me suis sentie obligée de faire quelque chose pour toi et pour le reste. Après beaucoup d'hésitation, je suis allée voir Dumbledore quelques jours plus tard. Je ne lui ai pas vraiment dit grand-chose, juste que quelque chose semblait se préparer et qu'il ferait mieux de faire attention...
- Tu as fait quoi !?
- Je t'assure que je n'ai rien dit sur ton identité, ni sur ce que tu faisais. D'ailleurs à ce moment-là je ne savais même pas ce que tu faisais dans cette salle ! C'est pourquoi j'ai vraiment été surprise de sa réaction. Il semblait calme et pas surpris pour une noise. Alors j'ai supposé qu'il était au courant. Surtout lorsqu'il m'a dit sa phrase concernant le fait que son devoir était de protéger « tous » les élèves de Poudlard. J'ai vraiment eu l'impression qu'il te protégerait quoiqu'il arrive et quoique tu fasses.
- Je n'arrive pas à croire que tu sois allée voir Dumbledore, lâcha-t-il sous le choc.
- Je te jure que...
- Non, Emma ! Ne me jure rien du tout, la coupa-t-il en se retournant vivement. Et c'est quoi cette deuxième chose ? J'espère pour toi que ce n'est pas pire que ce que je viens d'entendre.
- ... ne put-elle que déglutir, ne se sentant plus la force de continuer.
- Par la barbe de Merlin, Emma ! Qu'est-ce que tu as encore fait !? Tu as intérêt à me le dire immédiatement sinon je te jure que je t'assomme de légimancie quel que soit mon niveau aussi médiocre soit-il !
- Ce fameux soir. Juste avant que l'on ne se voit dans la Salle sur demande, pour la dernière fois. Tu as été dérangé par Trelawney, n'est-ce pas...?
- Comment est-ce que tu sais ça, articula-t-il avec force, craignant le pire.
- Lorsque j'ai voulu rejoindre la salle, le professeur Trelawney et Harry Potter discutaient devant l'entrée.
- Potter ! Et qu'est-ce qu'ils disaient ces cons ?!
- Elle lui racontait sa mésaventure lorsqu'elle avait voulu cacher un objet dans la salle. Et Potter a semblé intéressé lorsqu'elle a précisé qu'elle avait entendu un garçon crier de joie. Je l'ai même cru entendre prononcer ton nom. Suite à ça, il a absolument tenu à ce qu'ils aillent voir Dumbledore, pour lui faire part de ce qui venait de se passer, termina ses aveux Emma qui considérait que rien de plus n'était à ajouter.
Lorsqu'elle leva les yeux vers Drago, elle reçut de plein fouet non seulement son regard mauvais, mais également la déception meurtrie qui se dégageait de ce dernier. Il tremblait, de rage sans doute, comme s'il se forçait à retenir toute la colère qui s'apprêtait à sortir. Pourtant, la seule chose qu'il fit était de prendre une longue inspiration avant de brusquement quitter la pièce, non sans claquer la porte. Se retrouvant seule et choquée par la tournure des évènements, elle mit quelques secondes avant de se bouger afin de se rhabiller pour pouvoir le rejoindre. Une fois cela fait, elle hésita devant la porte. Peut-être fallait-il le laisser tranquille encore quelque temps. Elle se retourna et s'appuya contre la porte, levant la tête au ciel. Elle savait qu'il n'aurait pas du tout apprécié cette vérité. De la colère, c'était légitime. Mais Emma avait été affligée de ressentir une telle déception en lui. Rien qu'en repensant à son regard, elle se sentait comme une moins que rien, comme une traitre. Pourtant, tout ce qu'elle avait voulu faire c'était tenter de protéger au possible ce en quoi elle croyait, y compris et surtout lui. Sinon pourquoi aurait-elle gardé tant de choses pour elle ?
Se rassurant comme elle le pouvait, elle décida enfin d'ouvrir la porte et de l'affronter à nouveau. Une fois la salle commune à portée de vue, elle ne le vit pas tout de suite. Les fauteuils et canapés de la pièce étaient vides, cependant, en tournant la tête elle constata qu'il était assis par terre les coudes sur ses genoux relevés, à la droite de la porte de la chambre. Doucement, elle s'assit à ses côtés et l'observa. La tête posée contre ses mains jointes, il tapotait nerveusement ses doigts les uns contre les autres.
- Je suis sincèrement désolée... des répercussions de ce que j'ai pu faire ou justement ne pas faire... Mais je t'avouerais que je ne regrette rien si ce n'est la déception que de toute évidence je te cause, entama-t-elle après quelques minutes de silence.
Pour simple réponse, Drago n'eut qu'un rire nerveux lorsqu'il releva la tête.
- Il faut que tu saches que le choix que j'ai fait de t'omettre certaines informations était uniquement basé sur la confiance que j'accordais à Dumbledore.
- Et ma confiance envers toi, tu n'en avais rien à foutre apparemment, cracha-t-il sans lui accorder un regard.
- Au fond c'est le seul risque que j'ai pris, continua-t-elle sans répliquer. Croire Dumbledore capable de te protéger quoiqu'il se passe. Et avec ce que tu me dis, j'avais raison d'y croire. Même toi tu étais prêt à accepter sa protection en haut de cette tour.
- Mort, ce vieux fou ne peut plus rien pour nous, Emma !
- Au grand jamais je n'avais imaginé un tel dessein pour lui... Et tu te doutes, que d'avoir été liée ne serait-ce qu'indirectement à tout ça, est et continue d'être assez difficile à digérer.
- Quoiqu'il en soit, tu m'as trahi, moi, ma confiance en toi, tout ce qui nous liait. Je comprends maintenant ce qu'a pu ressentir Astoria, ou même ce stupide Corner ! Car je suppose que c'est à cause de ce qu'il a vu en haut de cette tour qu'il t'a tourné le dos, n'est-ce pas ? Tu as tellement cet art de jouer sur les deux tableaux à la fois, que ça en est d'autant plus vicieux. C'est bien le mot, et tu sais ce que tu as vicié, Emma !? Le dernier souvenir que tu m'as laissé de toi dans cette salle et auquel je me suis raccroché tout l'été pour tenir le coup. Comment as-tu pu oser me dire de faire attention, oser me dire que tu ne supporterais pas qu'il m'arrive quelque chose, oser... me dire que tu avais « besoin de moi » ? Alors que tu savais pertinemment que Potter, qui je te le rappelle a failli en finir avec moi durant l'année, détenait une information capitale ! Tu as raison, il vaut mieux te taire sur ce coup-là, ajouta-t-il toujours aussi acerbe devant le silence de jeune fille qui semblait pétrifiée.
- Tout s'est passé si vite, Drago... Peut-être n'avais-je pas envie de détruire le peu de confiance que tu avais en toi à ce moment-là.
- Mais bien sûr, j'oubliais que la réussite de ma mission t'importait tant.
- C'est toi qui m'importais !
- Sauf que ma vie était liée à cette mission, Emma ! As-tu au moins conscience du fait que si Dumbledore n'était pas mort ce soir-là c'est moi qui aurait été froidement assassiné par le Maître !? Et encore, je doute qu'il se serait donné lui-même cette peine, s'exclama-t-il en la regardant enfin d'une manière qui la glaça et qui lui fit détourner les yeux.
- Mais ça n'a pas été le cas...
- Oui, tant mieux pour ta conscience, n'est-ce pas ?
- J'ai l'impression que... tu es en train de ne retenir que le négatif de ce que j'ai pu faire pour toi. Tu as toujours su à quel point j'étais contre cette vision atterrante que le Seigneur des Ténèbres a souhaité nous imposer à tous. Et pourtant... j'ai tout fait pour t'aider toi, Drago. Sachant qu'incidemment cela influait sur l'aspiration de ton « Maître ». Si ma priorité n'avait pas été ta survie, les choses auraient sans doute été bien différentes. Alors oui, tu as le droit de m'en vouloir d'avoir essayé de laisser une chance à ce qui me faisait espérer un monde meilleur. Mais je t'interdis de croire que je t'ai trahi, ou que tu étais les dernières de mes préoccupations.
- Non, juste la deuxième ! railla-t-il alors qu'elle lui fit de nouveau face, le regard las.
- Au moins maintenant tu sais tout...
- Et moi je vais te dire une dernière chose avant que tu ne déguerpisses d'ici. Tu t'es permise de jouer avec la vie et le destin des Malefoy, et ça tu vois, je ne l'oublierai jamais. Maintenant c'est fini, Emma. Moins je te verrai, mieux je me porterai. Ce n'est plus la peine de chercher une quelconque attention de ma part. Tu es ma fiancée, point. On se mariera, parce qu'il le faut. Et si jamais il te reprend l'envie de nous remettre en danger, je te jure que je ne me générai pas pour te montrer de quoi sont capables les Malefoy, la menaça-t-il d'une voix à faire froid dans le dos, d'une placidité et d'un regard à glacer le sang. Maintenant hors de ma vue.
Sur ce, il se leva et se dirigea vers ce qui semblait être le parchemin permettant d'être en contact avec les cuisines. Après avoir griffonné rapidement quelques lignes, il reposa la plume et se redressa, tournant le dos à la jeune fille.
- Ne m'oblige pas à te foutre dehors, je risquerai d'apprécier ça.
Soupirant, Emma finit par se lever difficilement.
- Bonne soirée, Drago, souhaita-t-elle tout de même avant de s'avancer vers la porte.
Avant de la refermer, elle lança un dernier regard à son fiancé qui, droit comme un piquet, les mains dans les poches, la fixait avec impassibilité.
- Abstiens-toi d'espérer que cela me passe d'ici quelques jours. Je n'ai jamais été aussi sérieux, Emma.
Le contact visuel cessa lorsqu'elle referma la porte. Quelques secondes s'écoulèrent sans qu'elle ne bouge. Puis d'un coup, de son pied, elle frappa la porte de toutes ses forces. Une fois, deux fois, trois fois. Soupirant à nouveau, cette fois-ci d'agacement face à la réaction extrême de Drago, elle finit par se hâter de récupérer ses affaires laissées sur le canapé de la salle des préfets avant de foncer vers la sortie. Cette fois-ci, elle ne se priva pas pour claquer la porte. Le bruit résonna dans la salle qu'elle venait de quitter ainsi que dans le couloir qu'elle parcourait à grandes enjambées, les poings serrés.
Voici pour ce tout nouveau chapitre !
Il est assez capital pour la suite des évènements. J'ai aimé tenter de renverser la vapeur. Tout au long du 6 on aurait pu croire que c'était Emma qui en voudrait comme jamais à Drago pour tous les évènements survenus. Au final, elle tient tellement à Drago et elle est elle-même tellement plongée dans ces devoirs « d'agir pour l'honneur de leurs familles et leur avenir » qu'elle a été capable de passer au-dessus de tout ça. Mais pour Drago, c'est une énorme claque. Le combo de ses deux révélations a été comme un cocktail explosif à l'intérieur de lui. C'est à partir de là que l'intitulé du tome 3 commence à prendre tout son sens. Brisés. L'image qu'avait Drago de leur relation a été complètement brisée au cours de cette discussion. Le cœur d'Emma a été complètement brisé de voir tant de déception et de dureté chez Drago. Astoria oui. Ses amis de Serdaigle oui. Mais Drago ?
La suite au prochain épisode !
Sinon dans une ambiance plus légère, la référence aux larves de guêpes peut paraitre très incohérente mais c'est volontaire. C'est un petit clin d'œil à mon île où il est coutume de manger des larves de guêpes grillées. La tartine remplie de vers m'a fait penser à ça et je n'ai pas pu m'en empêcher.
Je me souviens que je m'étais vachement creusé la tête pour établir tout ce système autour de la fonction de préfet en ce temps de dictature. Le tome 7 ne parlant quasiment pas de Poudlard, beaucoup de libertés me sont plus ou moins permises. La difficulté est de rendre le tout cohérent.
Pour la salle commune des préfets, je sais cela fait très cliché. Mais j'ai eu mon époque de fanattitude des fanfictions mentionnant un tel lieu. Avant de me rendre compte que trop c'était trop. Mais voilà, j'ai quand même poursuivi cette idée afin de créer un lieu autre que la salle sur demande pour qu'ils puissent se retrouver. Pour moi Drago a tout sauf envie de remettre les pieds dans cette salle qui a hanté sa sixième année. Et je pense également qu'il a se besoin de s'isoler du reste de ses camarades de Serpentard après les évènements vécus. Promis pour la suite j'essaie de garder un certain réalisme par rapport à cette salle commune des Préfets et son utilisation. Déjà à l'époque ma première arme a été la vague explication de son existence dans l'Histoire de Poudlard et la fermeture de la pièce suite à la très connue libération des mœurs à la fin des années 60… Pourquoi cela n'aurait-il pas atteint Poudlard et que la direction n'aurait-elle pas décidé de prendre des décisions radicales ?
Bref voici pour mon blabla beaucoup plus long que d'habitude.
Il me tarde de corriger la suite et de vous la délivrer !
A bientôt !
Desea Oreiro
