Chapitre 38 – Sirius est quoi ?!
Laureen était préoccupée par le comportement assez distant de Charlie ces derniers jours, et il y avait bien une raison, seulement une raison pas aussi catastrophique que ce qu'elle pouvait imaginer. Après le dîner où il avait été décidé que Laureen passerait quelques jours chez les jumeaux pour les aider à installer leur magasin de farces et attrapes, Charlie avait passé une nuit entière à ruminer dans le jardin du Terrier. Il avait la bénédiction de Sirius, ne restait plus qu'à acheter une bague, et… demander Laureen en mariage.
Son grand frère Bill avait fini par le rejoindre vers une heure du matin, fatigué d'attendre dans leur chambre que son petit frère vienne se coucher. Il s'était assis sur la balancelle avec un grand verre de Bièraubeurre, en attendant que Charlie daigne arrêter de faire les cent pas. Finalement le plus jeune se tourna vers lui, tenant sa tête à deux mains.
-Tu crois que je suis en train de faire une connerie ?
-Hein ? Quoi ?
-Je suis en train de faire une énorme connerie, c'est ça. Elle est beaucoup trop jeune ! On sort ensemble depuis à peine un an, c'est trop tôt. Elle n'est pas prête, et il ne faut pas prendre ce genre d'engagement à la légère et…
-Boucle-la ! s'écria Bill soudainement.
Son frère s'arrêta et le regarda, yeux écarquillés. Bill passa une main lasse sur son visage en grognant.
-Par la barbe de Merlin, tais-toi. J'en ai marre. Arrête de parler, en plus tu dis n'importe quoi.
Choqué par la réaction de son frère, Charlie s'assit à côté de lui sur la balancelle.
-Non, je ne pense pas que tu es en train de faire une connerie. Non, elle n'est pas beaucoup trop jeune. Oui, vous sortez ensemble depuis un an mais non ce n'est pas trop tôt. C'est vrai qu'il ne faut pas prendre ce genre d'engagement à la légère, mais qui te dit qu'elle n'est pas prête ?
-Je… je ne sais pas, c'est juste que…
-C'est toi qui d'un coup n'est plus très sûr de vouloir te marier, parce que tu ne sais pas si tout ça va fonctionner ?
-Un peu, admit Charlie. C'est…
-Un grand pas en avant. Je sais. Et c'est normal d'avoir peur, mais ressaisis-toi, bon sang ! Tu es un dresseur de dragons ! Rien sur cette terre n'est censé te faire peur !
-Rien à part Laureen en colère, marmonna Charlie avec un demi-sourire.
-Et maman énervée. Ça, ça fait vraiment peur, rit Bill. Quoiqu'il en soit, qu'est-ce qui te fait aussi peur, petit frère ?
-Elle pourrait dire non, souffla Charlie.
Bill jeta un regard incrédule à son frère, mais se retint de dire quelque chose. Charlie était presque au bord des larmes en envisageant le fait que Laureen puisse dire non. L'aîné des Weasley lui tapota l'épaule.
-Elle ne dira pas non. Laureen t'aime, tu l'aimes, tu veux l'épouser et lui faire des bébés, tout va bien dans le meilleur des mondes.
-On va attendre un peu pour les bébés, je crois, grimaça Charlie. Je veux commencer par l'épouser, ce serait déjà très bien.
-Alors on va commencer par trouver une bague, et puis tu vas ramasser ce qui reste de ton courage de tes jours à Gryffondor, charmer la demoiselle, mettre un genou à terre et poser cette foutue question, d'accord ?
Charlie hocha la tête, et réussit à sourire à son frère.
-Tu crois que l'idée de Sirius est une bonne idée ?
-Hum… Oui, mais en même temps c'est une idée de Sirius donc restons méfiants. Allez, viens te coucher, la journée sera longue demain !
Le lendemain matin, Bill et Charlie rejoignirent Remus sur le Chemin de Traverse pour déjeuner, quand Sirius apparut près du groupe, souriant.
-Sirius ! s'exclama Remus avec panique, les yeux écarquillés allant de gauche à droite et inversement rapidement. Qu'est-ce que tu fais en public ? Tu pourrais te faire arrêter !
-Hein ? Mais non, le Ministère m'a déclaré innocent, ils ont reconnu que je n'étais coupable de rien ! répliqua Sirius en haussant les épaules.
-QUOI ?! s'écrièrent les trois autres.
-Je suis un homme libre, confirma Sirius.
-Et depuis quand tu le sais ? s'offusqua Remus.
-Quelques jours ? tenta Sirius en se cachant derrière Bill. Je voulais garder la surprise pour Laureen !
-Comment ça se fait ? demanda alors Charlie. Je veux dire… pourquoi maintenant ? Ils ont eu quelques années pour y réfléchir !
-La bataille du département des mystères, comprit Remus.
-Kingsley a témoigné, confirma Sirius. Il a admirablement géré les choses.
-Il faut arroser ça ! décida Bill avec un grand sourire.
Après un déjeuner bien arrosé, les quatre hommes se rendirent à Gringotts. Les veines à moitié remplies de Whiskey Pur Feu, Sirius donna un grand coup de pied pour ouvrir la porte de la banque des sorciers, envoyant les panneaux dans les murs avec fracas.
-Je viens voir mon coffre ! annonça-t-il fièrement.
Les gobelins travaillant ici et les sorciers venus s'occuper de leurs coffres se figèrent.
-Qu'on appelle les Aurors ! hurla une voix de femme. C'est le criminel Sirius Black !
-J'ai été gracié, sourit ce dernier de toutes ses dents en agitant un parchemin.
Remus et les deux Weasley levèrent leurs yeux au ciel et le tirèrent vers un comptoir, afin d'être emmenés au coffre le plus vite possible. Une fois les formalités réglées, ils furent emmenés au fameux coffre, et crurent halluciner face aux trésors qu'il contenait.
-Comment tu fais pour avoir autant d'argent alors que tu n'as jamais travaillé de ta vie ? s'étonna Remus.
-Hey, j'ai été Auror ! s'indigna Sirius.
-Pas très longtemps, répondit son ancien compagnon.
-J'ai hérité la fortune de mes parents, et celle de mon oncle Alphard, il m'aimait bien. C'est d'ailleurs grâce à lui qu'on est là aujourd'hui. Venez.
Il entra sans hésiter et se mit à fouiller. Les trois autres le regardèrent avec scepticisme pendant un bon quart d'heure avant qu'il n'émerge triomphant avec un coffret de bois précieux dans les mains.
-Regardons cela, sourit-il.
Il ouvrit le coffret, et sous les yeux toujours écarquillés des deux Weasley et de son meilleur ami, il en sortit deux plateaux de joaillier, couverts de bagues, de toutes les formes, de tous les métaux, de toutes les couleurs, avec une variété de gemmes impressionnante.
-Je ne sais pas vraiment pourquoi il faisait collection, mais il m'a dit que le jour où je demanderai à une femme de m'épouser, je pourrais choisir là-dedans, expliqua Sirius.
-Il en manque une, remarqua Bill en pointant un emplacement du doigt.
-Évidemment, avec quelle bague crois-tu que j'aie demandé à Brianna de m'épouser ? s'esclaffa Sirius.
Remus sursauta et se tourna vers son vieux camarade, choqué.
-Pardon ? réussit-il à formuler.
-Ah oui, on avait gardé ça secret à l'époque, sourit Sirius mais cela ressemblait davantage à une grimace. Et avec tout ce qu'il s'est passé ensuite on n'a pas eu le temps de vous l'annoncer.
-J'abandonne, soupira Remus.
Il sortit du coffre et avant que les autres ne puisse le rattraper, il était sur le wagon qui le ramènerait à la surface.
-J'irai lui parler après, soupira Sirius. Revenons à la bague pour le moment.
-Je ne peux pas accepter, fit Charlie, gêné.
-Bien sûr que si, répliqua Sirius. Sauf si aucune ne te plaît. Mais j'insiste.
Ne voulant pas contrarier son futur beau-père, Charlie inspecta de plus près les bagues sous ses yeux. Après de longues minutes passées à les observer minutieusement, il en prit finalement une délicatement.
-Celle-ci, dit-il avec certitude.
Sirius observa la bague qu'il avait choisi, et sourit.
-Entièrement d'accord. Bien, pas que je veuille vous presser mais je dois aller m'excuser auprès de mon meilleur ami pour être un imbécile amnésique, alors…
Les trois sortirent rapidement de la banque, et une fois dehors, Sirius partit d'un côté alors que Charlie et Bill partaient de l'autre.
-Tu veux acheter quelque chose ? demanda Bill.
-Juste de quoi entretenir le balai que j'ai en Roumanie, les produits sont meilleurs ici. Tu m'accompagnes ?
Bille regarda sa montre, et eut un sourire coupable.
-J'aurais adoré, mais j'ai un rendez-vous et je ne veux vraiment pas être en retard. A plus tard !
Avant que Charlie ait pu lui demander de quoi il parlait, il avait disparu dans la rue. Le rouquin se rendit donc seul au magasin de Quidditch.
Laureen s'étira en bâillant comme un chat ce matin-là. Puis elle se figea, et ses sourcils se froncèrent adorablement au-dessus de ses yeux encore pleins de sommeil. Aucun bruit. Pas de jumeaux en train de sauter sur son matelas pour la réveiller, pas de cris dans la cuisine entre Lee et George pour savoir qui est le meilleur gardien de Quidditch de tous les temps, rien. Et c'était bien le problème.
Elle dormait dans la chambre d'amis chez les jumeaux, George et Fred avaient chacun leur chambre et Lee avait élu domicile sur le canapé. Elle se glissa hors des couvertures et enfila des chaussons et une robe de chambre avant de sortir de la pièce en silence. Pas un bruit dans l'appartement. Elle se rendit donc à la cuisine, et découvrit les trois hommes en train de préparer le petit déjeuner en silence.
-Euh… j'ai manqué quelque chose ?
-Oh, tu es réveillée, sourit Lee. Joyeux anniversaire !
Il l'embrassa sur la joue avant de revenir à ses tranches de bacon qui grillaient dans la poêle. Fred et George lui souhaitèrent un joyeux anniversaire à leur tour et vinrent lui faire un câlin avant de retourner respectivement à leurs œufs au plat, et aux boissons. Laureen les regarda ensuite mettre la table, chacun avait une assiette avec un œuf au plat, des toasts et des tranches de bacon, ainsi qu'une tasse de thé – ou de café dans le cas de la jeune femme.
-Je ne suis pas sûre de tout comprendre… C'est… silencieux ce matin, dit-elle.
-C'est pour ton anniversaire bien sûr, sourit George. Ne t'en fais pas, demain tu seras réveillée par des cris comme d'habitude.
-Je vais voir avec mon père si je ne peux pas revenir à la maison, grommela-t-elle avec un fin sourire.
Ils finirent leur petit-déjeuner tranquillement et se préparèrent pour la journée avant de descendre dans la boutique pour terminer de l'organiser. Ils déjeunèrent tous ensemble au Chaudron Baveur, avant de retourner à la boutique. En fin d'après-midi, ils se retrouvèrent dans le salon, et Laureen s'apprêtait à préparer le dîner quand Fred et George lui bloquèrent le passage.
-Va dans ta chambre, change-toi, on t'attend dans le salon, annoncèrent-ils en même temps.
Elle fronça les sourcils, mais fit ce qu'ils demandaient, et se rendit dans sa chambre, où une magnifique robe en dentelle bleu clair l'attendait sur le lit. Elle l'enfila avec un sourire et rejoignit les autres dans le salon, prit la main de George et le laissa transplaner.
Quelle ne fut pas sa surprise de réapparaître devant le Terrier, où apparemment tout le groupe était rassemblé pour l'occasion. Laureen embrassa tout le monde, avant que Molly n'appelle l'assemblée à table.
Le dîner fut délicieux, couronné par un gigantesque et succulent gâteau au chocolat. Après le repas, chacun s'installa par petits groupes dans la maison, pour discuter et bien finir la soirée. Laureen allait s'installer avec son père et Remus, quand Charlie lui prit la main et la tira doucement vers le jardin. Il ferma la porte derrière eux et passa ses bras autour de sa taille avant de l'embrasser légèrement.
-Tu m'as manqué, dernièrement, souffla-t-elle en enfouissant sa tête dans son cou.
-Je suis désolé, j'avais quelques affaires à régler, répondit-il en l'embrassant sur la tempe.
Il se pencha et la souleva comme une princesse, la faisant rire.
-Qu'est-ce que tu fais ? sourit-elle.
-Là, dit-il en la posant sur la balancelle derrière la maison. Ce sera très bien ici.
-Qu'est-ce qui sera bien ? demanda-t-elle en se lovant contre lui.
-Nous deux. Discutant tranquillement. On ne s'est pas vus beaucoup depuis ton retour de Poudlard, et tu m'as terriblement manqué.
-Pourtant c'est toi qui as insisté pour que je reste avec les jumeaux cette semaine, s'étonna-t-elle.
-Je sais, je voulais juste m'assurer de ta sécurité pendant que je m'occupais de… enfin de tout ça, et par les temps qui courent… Je suis désolé de ne pas avoir été là.
-Ce n'est pas grave. Tu es là maintenant, c'est ça qui compte.
Charlie hocha la tête, les yeux perdus dans le vague.
-Tout va bien ? s'inquiéta Laureen.
-Hein ? Oui, oui bien sûr ma chérie, pourquoi ?
-Tu as l'air… distant ? Déjà à mon retour de Poudlard tu semblais nerveux. Quelque chose ne va pas ?
-Si, tout va bien.
Il inspira un grand coup, et se leva, se tournant vers elle.
-Tant pis, impro, souffla-t-il.
-De quoi tu parles ? s'inquiéta-t-elle en se levant à son tour. Mais qu'est-ce qu'i la fin ?
-Laureen, ça fait un moment que je pense au futur et j'ai passé des nuits entières à y réfléchir. Je suis plus ou moins sûr que tous les gens qui me connaissent n'auraient jamais parié que je ferais ça un jour, et pourtant m'y voilà. Mon ange, je… je ne peux pas me passer de toi. Je t'aime, et mon avenir est avec toi.
Il s'agenouilla et sortit un écrin de sa poche. Les yeux de sa petite amie s'écarquillèrent et elle porta une main tremblante à sa bouche, choquée.
-Mademoiselle Laureen Maura Black-O'Neil, me ferez-vous l'honneur de m'épouser, et de devenir ma femme ?
Laureen restait figée. Puis d'un coup tout s'éclaircit quand ses yeux plongèrent dans ceux, vibrants d'amour, de Charlie.
-Oui, murmura-t-elle en hochant la tête. Oui !
Toujours à genoux, Charlie glissa la bague à l'annulaire gauche de sa désormais fiancée. La bague était un anneau d'or rose, où était enchâssée une ambre ovale chatoyante, autour de laquelle brillaient quatre petits diamants. Laureen la trouvait magnifique. A peine Charlie s'était-il relevé qu'elle lui sautait au cou, verrouillant ses jambes autour de ses hanches et ses bras autour de son cou alors qu'elle l'embrassait passionnément.
Ils entendirent des applaudissements, et se tournèrent pour voir tout le monde, les jumeaux en tête, rassemblés devant la maison.
-Future belle-sœur ! s'exclamèrent les jumeaux en même temps avant de l'étouffer dans un câlin digne de ceux de Molly.
De l'autre côté, Bill échangeait une accolade avec Charlie.
-Je suis fier de toi, petit frère. Et je suis très heureux d'accueillir Laureen dans la famille.
-Merci, Bill, sourit Charlie.
Chacun s'approcha pour offrir ses félicitations au jeune couple, et après une tournée de Whiskey Pur Feu – ou de Bièraubeurre pour les plus jeunes – à l'intérieur, chacun rentra chez lui, sauf Charlie qui accompagna Laureen à la maison du Square Grimmauld, refusant d'être séparé d'elle alors qu'ils devaient partir chacun de leur côté à la fin de l'été.
