Me voilà de retour. Oui, je sais, trois mois c'est long. Je suis désolé. Cependant rassurez-vous, je n'ai rien eut. C'est juste que je ne me sentais pas l'inspiration d'écrire, c'est tout. Mais à partir de maintenant, les publications vont reprendre comme avant.
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Roi des Neiges
Arc Final
Chapitre 38 : Victoire ?
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Elsa n'était pas une guerrière et malgré tout son talent en défense et en duel, Severus non plus. Voldemort en revanche était un redoutable tueur sans le moindre scrupule. Il avait rapidement pallié à ses désavantages et ses deux adversaires se retrouvaient en difficultés une fois de plus.
Dissimulés derrière un mur de glace, ils subissaient les assauts incessants et rapides du Seigneur des Ténèbres sans pouvoir riposter. On voyait bien que ce n'était pas seulement son charisme ou sa prétendue pureté de sang qui l'avaient amené à devenir l'un des mages noirs les plus craint de l'histoire. Ses réserves de magies semblaient infinies et il enchaînait les sorts les uns à la suite des autres presque sans reprendre son souffle.
« Severus ! » haleta Elsa. « À ce rythme-là nous n'allons pas pouvoir tenir plus longtemps. Il fait partir ! »
Transplaner était impossible mais la reine pouvait toujours ouvrir un portail. Enfin, si elle en avait le temps. Chaque sort envoyé par Voldemort détruisait un peu plus le mur qu'elle avait dressé pour les protéger et le renforcer lui prenait toute son énergie et son attention.
« Non ! » S'écria Severus, qui, plaqué contre la glace, attendait le meilleur moment pour riposter. « On a une chance de l'avoir. On ne peut pas laisser tomber maintenant. »
Voldemort lui avait tout prit. Lily, ses yeux, sa vie…il avait été obligé de ramper et d'obéir à cet homme pendant des années et même pendant sa disparition, il ressentait son spectre à chaque fois qu'il regardait la Marque sur son bras gauche.
Voldemort n'était pas le seul mais il était le seul qui restait. Le seul sur qui il pouvait encore décharger sa haine.
Son père était un homme cruel et violent. Il avait dû être un homme bien à une époque sinon sa mère ne l'aurait jamais épousé, mais d'aussi loin que Severus de souvenait, ça n'avait pas été le cas. Né-de-Sorcier, rejeté par sa famille, il avait pris de plein fouet le mépris de la société Sorcière lors de son mariage. Il avait espéré que son mariage serait suffisant pour effacer la honte de sa naissance mais cela n'avait pas été le cas. Cela l'avait aigris, l'avait rendu jaloux des pouvoirs de sa femme tant et si bien qu'il en était fini par la détester autant qu'il l'aimait. C'était là que les coups avaient commencés.
Puis Severus était né et Tobias Rogue s'était calmé…pour un temps. Cet être qui lui ressemblait tellement possédait quelque chose que lui n'aurait jamais : le précieux don de la magie. Severus était lui mais avec de la magie, une sorte de meilleure version de lui-même née seulement pour lui rappeler sa médiocrité. Les coups avaient alors recommencés.
Pourtant cette fois, Eileen Rogue ne s'était pas laissé faire. Elle était jusque-là restée passive, accueillant les coups de son époux comme si elle se sentait responsable de son état. Mais elle ne pouvait pas rester sans rien faire quand son enfant était en danger. À chaque fois que Tobias se sentait d'humeur à frapper et se dirigeait vers son fils, Eileen s'interposait, prenant les coups sous les yeux d'un Severus impuissant.
Pourtant, elle avait refusé de le quitter, de partir. Et ce qui devait arriver, arriva. Peut-être que ce jour-là Tobias avait frappé plus fort ou alors peut-être qu'Eileen était mal retombée. Toujours est-il qu'Eileen était morte. Tobias n'avait pas été inquiété. Il avait maquillé le meurtre en suicide et la police n'avait de toute façon pas posé beaucoup de questions.
A partir de ce moment-là, Severus avait été seul. Seul à recevoir les coups, seul responsable de l'infériorité de son père et aussi seul responsable de la mort de sa mère. C'était ce que Tobias disait.
Mais Severus avait un espoir et cet espoir s'appelait Poudlard. Il savait que son père n'aurait pas d'autres choix que de l'y envoyé. Cela voulait dire que pendant la majorité de l'année il serait loin de son père et dans le monde de sa mère, loin des moldus qui ne l'acceptaient. Tous les trouvaient bizarre et se méfiaient de lui et ceux qui l'approchaient, c'était pour le harceler ou le battre.
Mais Lily, elle, elle était différente. Elle était gentille. Elle tenait même tête à sa sœur quand elle essayait d'embêter Severus. Ce n'est que plus tard qu'il avait compris pourquoi il. S'entendait si bien avec elle. C'était parce que c'était une sorcière, tout comme lui. Le jour où elle avait reçu sa lettre avait été le plus beau de sa vie, plus encore que de recevoir la sienne parce que cela voulait dire qu'il serait toujours avec elle.
Mais arrivée là-bas, il avait rapidement déchanté. Lily et lui avaient été séparés. Elle était allée à Gryffondor et lui à Serpentard. Déjà à cette époque il y avait des frictions entre les maisons et il était inconcevable qu'un Serpentard soit ami avec une Gryffondor.
Mais ce n'était pas la seule chose qui avait causé la désillusion de Severus. Lui qui pensait être accueillit, lui qui pensait trouver sa place faisait face au même rejet que chez lui. Si son père le rejetait parce qu'il était trop sorcier alors tous les autres le rejetaient parce qu'il était trop moldus. Certes aucun de ses parents ne l'étaient mais il avait été élevé comme tel. Pire encore, son père était un cracmol et même si lui avait des pouvoirs, qui disait que son sang souillé ne donnerait pas naissance à d'autres.
Les pires parmi eux avaient été les Maraudeurs, James Potter et Sirius Black en particulier. Severus ne savait pas vraiment ce qu'il avait fait pour qu'ils s'intéressent à lui. Est-ce que c'était parce qu'il était à Serpentard ? Parce que son père était cracmol ? Ou alors peut-être avait-il seulement une tête de victime. Toujours est-il qu'entre moqueries et humiliations, l'école était devenue un enfer quotidien. Lily avait bien essayé de l'aider mais aux yeux des garçons, elle était juste une miss je-sais-tout. Elle avait essayé également d'alerter les professeurs mais ceux-ci l'avaient gentiment renvoyé.
« Ce ne sont que des plaisanteries innocentes » disaient-ils. « Il suffit de les ignorer. »
Dumbledore aurait pu agir lui. Tout comme le professeur McGonagall. Mais le premier était trop occupé par ses postes officiels au Magenmagot et à la Confédération Internationale des Sorciers pour se préoccuper de cela tandis que la seconde n'avait tout simplement pas le temps car en plus de ses postes de professeur et de directrice adjointe, elle devait également s'occuper des tâches normalement dévolues au directeur pendant son absence. Elle avait à peine le temps de s'occuper de sa maison alors d'un élève d'une autre maison…
Et puis été arrivé Lucius Malefoy. Aux yeux de Severus, il était un sauveur mais en vérité c'était celui qui l'avait mené à sa perte. Plus âgé et surtout plus populaire, Lucius avait pris Severus sous son aile et sous sa protection. Il est probable que le jeune Héritier Malefoy ai vu un intérêt dans ce garçon qui, malgré son sang impur, se révélait avoir, et ce dès la première année un talent certain en potions à en croire les louanges d'Horace Slughorn, le professeur de l'époque, un talent qui pourrait aider le Seigneur et ami de son père Abraxas. Mais Severus était ignorant de cela à cette époque et avait saisi l'opportunité.
Cela n'avait pas empêché les Maraudeurs de s'en prendre à lui, bien au contraire, mais à présent il avait le soutien nécessaire pour se défendre et surtout riposter le tout bien plus discrètement.
Après le départ de Lucius, les autres (sur son ordre probablement) continuèrent à le considérer comme un ami, à le protéger et à l'aider tout en le convertissant à leurs idées : la suprématie des sorciers sur les moldus et surtout celle des sang-purs. Après tout ce n'était pas quelque chose de compliqué à faire avec Severus. Il détestait déjà les moldus à cause de ce que lui avait fait son père et tous ceux qu'il avait connu avant de partir.
Les années avaient passés et Severus étaient de plus en plus avec ses amis Serpentard, négligeant Lily pourtant toujours là. Il la voyait à peine même pendant l'été car ses « amis », eux, avaient des manoirs où il pouvait aller pour échapper à son père.
Pourtant il ne l'avait pas oublié et avec l'adolescence était venu les premiers émois. Pour Severus, Lily devenait moins une amie fille qu'une jeune femme, une très belle jeune femme. C'était à ce moment-là que l'inimitié entre Severus et les Maraudeurs s'était à nouveau éveillé. En effet Severus n'était pas le seul que les charmes de Lily ne laissaient pas indifférents. James Potter avait également jeté son dévolu sur elle mais malgré ses nombreux refus, il avait continué à la courtiser sous les yeux jaloux de Severus.
Oui. Il en voulait à James Potter de lui avoir pris Lily. Mais s'il était vraiment honnête avec lui-même, il se serait rendu compte qu'il n'avait jamais rien fait pour l'empêcher de partir. Au contraire, à son immobilisme et à son indifférence feinte s'était ajoutée la honte. La honte de devoir toujours être sauvé. Lily était toujours là pour le défendre contre James Potter et un jour la honte l'avait emportée. Il l'avait insultée.
A partir de ce moment rien n'avait plus été pareil et il n'avait plus approché Lily jusqu'à cette fatidique nuit du 31 octobre quand il avait serré son corps mort dans ses bras.
A présenté son père était mort. James Potter était mort. Mais Voldemort, lui, il était toujours là. C'était lui qui avait tué Lily, lui qui avait été la cause de cette guerre qui lui avait tout prit. Il devait y mettre fin.
« Severus, il faut nous retirer ! » s'écria à nouveau Elsa qui se sentait faiblir.
« Non ! » s'exclama encore une fois Severus.
« Ne fais pas ton Gryffondor ! »
Par reflexe, Severus tourna la tête vers sa compagne, choqué, et la regarda de ses yeux morts.
« Moi ? Un Gryffondor ! » s'étrangla-t-il.
« Tu agis sans réfléchir et tu foncé dans le tas. Je suis sûr que tu n'as même pas prévu de plan de repli. Ce n'est pas comme ça que sont les Gryffondor selon toi ? »
« Je… »
Elsa sourit.
« Replions-nous » dit-elle. « Nous ne sommes pas seul. Erik…je sens qu'Erik est revenu. Ensemble nous pourrons… »
Mais elle ne put finir sa phrase. Un sort plus puissant que les autres fit exploser sa barrière de glace. Severus eut le temps de se jeter sur le côté mais sa compagne fut propulsée en arrière.
« Elsa ! » s'exclama Severus.
Il se releva et se précipita vers elle. À travers sa perception magique, il pouvait apercevoir la frêle silhouette inerte dessinée par sa présence dans son esprit.
« Non, non, non, non, non » gémit-il en arrivant près d'elle.
Voir son corps dans cette position lui rappelait quand il avait retrouvé le corps de Lily. Il ne voulait pas à nouveau pleurer une femme qu'il avait aimée. Rapidement, il l'a pris dans ses bras et lui tapota la joue.
« Allez ! Réveille-toi ! Je t'en prie ! » supplia-t-il alors que des larmes lui montait aux yeux. « Je… Je ne veux pas que tu meurs Elsa, Je t'aime ! »
A ce moment-là, la femme poussa un gémissement et fit une grimace avant d'entrouvrir les yeux.
« Severus… »
« Merci ! Merci Merlin ! » S'exclama celui-ci en la serrant contre lui.
« Comme c'est touchant » dit alors une voix sarcastique tout près d'eux.
Severus sursauta et se remit en garde. Il avait presque oublié que leur adversaire était toujours là.
« Tu crois que tu peux faire un portail ? » Lui demanda Severus à voix basse.
« Je crois… » balbutia Elsa.
Elle voulut se redresser mais elle fit une grimace et porta la main à son front.
« Ma tête… » dit-elle dans un gémissement. « Je…je… »
Severus se maudit lui-même. Le choc avait dû causer une commotion à sa compagne et il n'avait sur lui aucune potion qui pourrait l'aider. Il n'avait également aucun moyen de s'enfuir puisqu'il ne pouvait pas transplaner ni faire de portail.
De son côté, Voldemort s'était mis à avancer vers le couple. Un sourire inquiétant et satisfait étirait sa bouche aux lèvres inexistantes. Il marchait lentement. Il avait tout son temps. De son côté, Severus avait aidé Elsa à se relever et s'était remis en position défensive, prêt à les défendre si nécessaire. De son côté, la Reine tentait de reprendre suffisamment ses esprits pour créer un portail afin de leur permettre de s'enfuir.
A ce moment-là, quelque chose changea dans l'air. Ou plutôt, c'est l'air lui-même qui se mit à changer. Un souffle de vent commença à descendre du ciel devant Severus et Elsa, en direction de Voldemort. Petit à petit, le vent se mit à forcir au point ralentir le mage noir. Pour quiconque d'extérieur, ce vent n'aurait rien de spécial mais pour Severus qui ne voyait que par sa perception magique, c'était une toute autre histoire.
Le vent était intégralement fait de magie. Ce n'était pas un vent invoqué par un sortilège, non. Le vent qui soufflait à présent était une entité faite de pure magie de vent, un puissant courant d'énergie bleu profond tout entier dirigé contre une seule personne, Voldemort.
Le vent continua à forcir jusqu'à ce que Voldemort ne puisse plus avancer. Toutes les forces du mage noir étaient à présent concentrées sur le simple fait de rester debout, de résister à cet ennemi invisible. Il ne pouvait même pas jeter de sort car il ne parvenait même pas à pointer sa baguette.
Finalement il n'eut pas le choix et il dû reculer. Malheureusement pour lui, le terrain avait été inondé pendant le combat. La glace d'Elsa avait fondue sous la puissance des sorts, créant des flaques un peu partout sur l'herbe du terrain de Quidditch, le rendant passablement boueux.
Quand il recula, le pieds de Voldemort plongea dans une flaque et s'enfonça de quelques centimètres. Ce fut suffisant pour lui faire perdre l'équilibre et le forcer à en faire plusieurs autres rien que pour rester debout.
Comme si son but avait été atteint, le vent cessa de souffler et se mit à faire quelques pirouettes dans les airs que seul Severus pouvait voir. Il se dit que le vent, ou plutôt l'entité était comme un enfant joueur.
Voldemort de son côté, se redressa avec un regard mauvais et pointa à nouveau sa baguette sur ses proies. Il voulut à nouveau pointer sa baguette sur eux mais à ce moment-là, quelque chose émergea de la flaque d'eau juste devant lui. Voldemort eut juste le temps de s'apercevoir qu'il s'agissait d'un cheval au corps composé uniquement de liquide avant que celui-ci ne se mette à ruer sous ses yeux.
Il tomba en arrière sur le sol meuble et sa robe fut recouverte de boue. Le choc avait été si violent qu'il en avait perdu sa baguette. Il voulut la récupérer mais il dut retirer sa main car des femmes violettes avaient soudains jaillit de nulle part.
De son côté, Elsa regardait, fasciné le spectacle devant elle. Elle ne savait pas pourquoi mais elle se sentait attiré par ces choses qui sortaient d'on ne sait où. Elle sentit le vent caresser son visage et jouet avec ses cheveux et se sentit un peu mieux. Le cheval d'eau s'approcha alors d'elle et baissa la tête. La femme leva la main et caressa le chanfrein humide alors que le destrier renâclait doucement.
Le feu violet s'avança alors en faisant des mouvements erratiques jusqu'à elle et s'arrêta à ses pieds. Elsa se baissa et remarqua qu'il s'agissait d'un petit lézard bleu avec de grands yeux et des losanges violets sur le dos. Il était en feu mais celui-ci semblait se calmer. Elle tendit la main et le petit animal y grimpa avec des trilles joyeux. Son corps était chaud mais il se refroidit au contact de la peau et du pouvoir d'Elsa. Loin de s'en plaindre le lézard émit des petits bruits satisfait en se lovant dans la paume de la femme.
« Elsa ? » appela Severus.
« C'est…c'est fantastique » dit celle-ci. « J'ai…j'ai l'impression de les connaitre…de savoir qui ils sont mais je ne sais pas pourquoi… »
Severus, lui, en avait une idée. Tout comme le vent, le cheval et le lézard semblaient être fait d'énergie pur, de la magie de différents tons de bleus qui se répondaient les uns aux autres entre eux mais aussi avec sa compagne. C'était comme s'ils faisaient partie d'elle, que sa belle Elsa faisait partie d'un tout plus vaste que lui.
A ce moment-là, la terre se mit à trembler. Severus voulut se précipiter vers Elsa pour la protéger mais celle-ci ne semblait pas s'en rendre compte. Soudain, l'un des côtés du terrain de Quidditch explosa, propulsant des fragments de bois un peu partout sauf là où se trouvait le couple et les entités. De la fissure émergea une forme immense et vaguement humanoïde, un géant fait de pierre moussu qui s'avançait sur l'herbe tendre suivit par plusieurs congénères.
Severus se plaça devant Elsa pour la protéger mais celle-ci lui posa une main sur l'épaule afin de l'apaiser. Elle l'écarta doucement puis attendit que les êtres de pierre la rejoignent. Elle tendit la main et le géant qui se trouvait en tête fit de même. Les doigts blancs de la reine effleurèrent la pierre rêche qui composait la créature. Elsa sourit.
C'est à ce moment-là que Severus se rappela pourquoi ils étaient là. Il se retourna précipitamment et regarda autour de lui. Personne. Il jura. Voldemort avait disparu. En brisant les gradins, les géants de pierre avaient brisés les sortilèges qui faisaient du terrain une prison et dans la cohue de l'arrivée des êtres de pierre, le mage noir en avait profité pour récupérer sa baguette et transplaner.
Severus soupira et tourna à nouveau les yeux vers sa compagne. Elle semblait légèrement absente, intoxiquée par la magie des créatures en écho à la sienne. Cela n'allait pas durer mais elle ne pouvait plus combattre pour le moment.
Le sorcier décida alors d'en prendre son partie. Sa bien-aimée avait besoin qu'il reste pour veiller sur elle. Quand à Voldemort et bien, il n'était pas seul après tout. Quelqu'un d'autre pourrait parfaitement lui régler son compte.
Erik par exemple.
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Il était facile pour quelqu'un qui pouvait manipuler la lumière de devenir invisible. C'était grâce à cela que Draco avait pu traverser le champ de bataille sans encombre.
Se faufilant à travers les rangs ennemis et alliés, il avait rejoint le château afin de retrouver son amant…non, ses amants. Dès que Wolf avait retrouvé son corps, Draco l'avait senti. Ce n'était pas grâce à leur lien mental puisqu'il avait fermé celui qui le reliait au grand Arendil quand celui-ci avait été possédé mais c'était plutôt comme une évidence. Il savait que Wolf était revenu tout comme il savait qu'Erik était à ses côtés et où ils se trouvaient. Son cœur savait ce que même son esprit ignorait.
Laissant tomber son invisibilité dès son entrée dans le château, il se précipita vers les étages. Enfin, au détour d'un couloir il les vit tous les cinq.
Il se mit à ralentir puis s'arrêta complètement en les regardant. Erik et Wolf était ensembles, les yeux dans les yeux, se souriant, entouré de leurs trois amis. Les cinq Arendils étaient rassemblés comme avant. Draco sentit une légère nausée le prendre en les voyants ainsi. À cause de ses incertitudes, il remarquait à peine Hermione qui se tenait près d'eux. Il ne voyait que ces cinq-là.
C'était le groupe d'origine, les inséparables, les amis d'enfances…Draco en vint à se demander où était sa place là-dedans. Non, il ne devait pas penser à ça, pas maintenant. Il respira un grand coup et se força à refluer la nausée avant de. S'avancer de nouveau.
« Draco » dit Erik avec un grand sourire en l'apercevant.
Il s'avança vers lui et prit son visage entre des mains avant de l'embrasser. De près, Draco pouvait voir à quel point Erik avait changé. Il s'était habitué à l'aspect plus qu'étrange de son amant, ses mèches blanches dans sa chevelure noire ainsi que ses yeux vairons. Mais à présent, ses cheveux était d'un blanc pur comme de la neige fraîche quant à ses yeux…ce n'était pas tant leur couleur qui perturbait Draco que ce qu'il voyait à l'intérieur. Le savoir. La connaissance. C'était de ça qu'était faite la Magie Astrale. De la connaissance du monde et de la capacité de réfléchir et de raisonner.
Un mouvement derrière Erik fit sursauter Draco. Son autre amant s'était approché à son tour, faisant frissonner l'autre garçon. Il savait il savait que c'était bien Wolf, son esprit, ses sentiments, ses pensées. Et pourtant son corps l'effrayait, son apparence le faisait frissonner. C'était celle de l'homme, de l'entité, de la chose qui avait abusé de lui, profitant de ses connaissances du corps de Draco pour lui imposer un plaisir qu'il ne voulait pas éprouver. Plus qu'un viol de son corps c'était un viol de son esprit que de le forcer à aimer ressentir ce que son agresseur lui avait fait ressentir.
Draco vit Wolf approcher sa main de sa joue et se mit à trembler, le souffle court. Le plus grand effleura seulement la peau pâle de sa joue sans aller plus loin. De frayeur, Draco ferma les yeux. C'est à ce moment-là qu'il sentit quelque chose contre son esprit, la marque d'un autre esprit. Ce n'était pas une intrusion, plutôt comme une caresse, quand quelqu'un vous touche doucement l'épaule pour attirer votre attention. Et ce contact, Draco le connaissait alors il lui ouvrit la voie.
Je suis désolé, dit Wolf dans son esprit. Je sais ce que ce monstre t'as fait.
J'aurais préféré que tu ne sache rien, répondit Draco. Que personne ne sache jamais ce que j'ai fait.
Mais ce n'est pas de ta faute. Rien n'est de ta faute.
Je suis tellement désolé.
Il n'y a pas de raison d'être désolé, intervint Erik. Tu n'as commis aucune faute.
Au contraire, tu as été tellement courageux. Nous t'aimons. Je t'aime.
L'autre ne lui avait jamais dit cela. Même lors de ses jeux les plus pervers il n'avait pas retourné son esprit en prononçant ces mots. En les entendant, Draco sentit les larmes poindre au coin de ses yeux. Il les rouvrit puis posa de lui-même sa main sur la joue de Wolf. C'était le même visage encadré de longs cheveux qu'il avait appris à craindre mais ses yeux étaient différents. Ils étaient sauvages, pleins de sentiments bouillonnants et infini. N'importe qui aurait eu peur de ce bouillonnement. Mais pas Draco. Refermant les yeux, il se mit alors de lui-même sur la pointe des pieds et posa ses lèvres sur les siennes. L'Arendil mit alors ses bras autour de lui et le serra contre son corps.
Puis vient à nouveau le temps des explications. Draco écouta avec attention l'histoire de ses amants tout en essayant de ne pas laisser paraître la nausée qui l'étreignait. Erik et Wolf était devenus les avatars de la Magie. Deux Avatars, deux Magies, un couple. À nouveau, quelle était sa place parmi eux ? Y en avait-il seulement une ?
« Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi vous ne pouvez pas vous battre ? » demanda finalement Ingrid à la fin du récit.
« Nous sommes beaucoup trop puissant et avons nos pouvoirs depuis bien trop peu de temps » répondit Erik. « À notre niveau, ce serait comme essayer de faire couler goûte à goûte une lance à incendie. C'est impossible…enfin, bien trop difficile pour que nous prenions le risque. »
« Le moindre faux pas pourrait décimer à la fois nos ennemis et nos alliés » repris Wolf.
« Vous êtes si puissant que ça ? »
demanda Hans.
« C'est plus une question de nature. Tous les êtres, les créatures, les animaux et artefacts magiques tirent leur pouvoir de la Source. Et nous sommes la Source, là où se concentre votre magie, celle de tous les combattants dehors, de l'école elle-même, des lignes de Ley… »
« En clair, vous pouvez maîtriser toute l'énergie magique existant dans l'univers même si elle n'est pas exactement en vous » dit Hotun.
« Théoriquement oui » répondit Wolf en prenant la relève d'Erik. »
« Même la magie d'autres sorciers comme par exemple…les Mangemorts ? »
« À nouveau ce serait théoriquement possible » dit Erik. « Mais à notre niveau, nous risquons de faire plus de mal que de bien…et pas que pour la bataille, pour le reste du monde aussi. »
« L'autre, l'Esprit Sombre, il a dit qu'un combat entre vous endommagerai le monde » dit Hermione. « C'est à cause de votre puissance ? »
« En temps normal ça ne devrait pas être un problème aussi important » dit Wolf. « Mais le tissus de la réalité est fragile. »
« À cause de Voldemort et de son pouvoir ? »
Les deux Avatars hochèrent la tête. Ingrid jura.
« C'est pas vrai ! Nous disposons d'un avantage stratégique supérieur et nous ne pouvons même pas l'utiliser ! »
Erik sourit.
« Ne t'inquiète pas » dit-il. « Il y a d'autres choses que nous pouvons faire. »
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Le silence s'installa d'un seul coup sûr le champ de bataille. Même les créatures sans intelligence réel créé par les pouvoirs du Seigneur des Ténèbres avaient arrêtés de se battre et regardaient dans la même direction que les autres combattants, vers le château.
Voldemort, après avoir échappé au piège de Severus, était retourné sur sa colline pour observer sa victoire. Comme tout le monde il tourna ses yeux vers l'entrée de Poudlard et vit les silhouettes qui se trouvaient devant. Deux en particuliers le firent bouillir de colère. Son ennemi et son prétendue allié mains dans la main.
« Potter » grinça-t-il.
« C'est Potter-Elsasson » répondit celui-ci d'un ton mutin.
Il n'avait pas élevé la voix mais celle-ci s'était propagée autour de lui par magie. Tous pouvaient entendre distinctement ses mots comme s'il se trouvait juste à côté.
« Renonce » reprit-il plus sérieusement. « Ton combat est perdu d'avance. Regarde, le monde s'est ligué contre toi, il te rejette à cause des souffrances que tu lui impose. Cesse ce carnage tant qu'il est temps. »
« Renoncer ? Jamais ! » cracha Voldemort. « Je suis le seul digne de régner sur ce monde et c'est ce que je ferais même si je dois y régner seul ! »
« Si tu continues, il n'y aura plus de monde sur lequel régner. Ton ambition est en train de le détruire. »
« Alors je le reconstruirai, j'en ai le pouvoir. Je vois que toi et ton petit ami êtes devenus plus puissant, mais je reste le meilleur. Vous ne pouvez pas m'arrêter. »
« Tu as tort, Tom. Nous ne sommes devenus plus puissant, nous sommes devenus tout-puissant. »
C'est à ce moment-là que leur pouvoir se mit à flamboyer autour d'eux, un arc-en-ciel de couleurs et d'énergies entremêlés dont la force jetait un souffle sur le terrain autour d'eux. Tous pouvait voir son pouvoir mais peut pouvaient comprendre ce que cela signifiait.
Hermione, elle, le savait. Quand le groupe était sortir à l'air libre, elle était restée un peu en arrière. Elle ne savait pas bien pourquoi elle avait fait ça mais elle avait senti que quelque chose allait se passer et elle avait raison.
Erik et Wolf se trouvait devant, main dans la main. Hotun, Hans, Ingrid et Draco se trouvaient juste derrière. Sans le faire exprès ils s'étaient disposés pressures en demi-cercle. Et puis les deux Avatars avaient relâchés leur pouvoir et Hermione avait compris.
Un être purement céleste mais au cœur viscéralement lié à notre monde. C'était comme cela qu'était décrit le Sauveur de la double prophétie, celui qui vient « parmi nous pour sauver la Création tout entière » et à l'appel de qui « toutes les races devront s'allier, qu'elles les veuillent ou non car de leurs actions dépendent leur survie. »
Erik était devenu un être de pure Magie Astrale, d'une magie céleste. Il était accompagné de Wolf, son cœur de Magie Viscérale et il avait appelé les autres races qui avaient répondus à soin appel car ne pas bouger signifier laisser Voldemort détruire ce monde et eux avec.
Quant aux autres, à Hans, à Draco, à Hotun et à sa chère Ingrid, ils étaient les étoiles, les « quatre étoiles aux pouvoirs immenses qui l'accompagnent partout où il va ». Certes elle était proche d'Erik, comme n'importe lequel de leurs amis mais aucun n'était aussi proches que ceux-là, aucun n'était autant en symbiose qu'eux avec leur ami.
Oui, ils étaient biens les êtres de la prophétie.
« Mais dans ton malheur tu as de la chance, Tom » reprit Erik. « Parce que nous sommes tout-puissant, nous sommes bien trop puissant pour t'arrêter sans faire de dégât à ce monde ou à ceux de notre camps. Mais ne te réjouis pas trop vite car si nous ne pouvons pas te battre nous-même, nous pouvons donner aux autre le moyen de le faire. »
Car ils étaient là Source, là d'où provenait toute la Magie, là où prenait naissance toutes les lignes de Ley et là où elles retournaient. Là où le début et la fin de croisaient, le nœud de tous les nœuds, une inépuisable source de pouvoir dans lesquels pouvaient puiser les combattants.
Il suffit à Erik et Wolf de se lier à eux, de faire le chemin inverse de tout sorcier qui cherchait le pouvoir dans les lignes, de former eux-mêmes le lien…et d'ouvrir les vannes.
La magie déferla alors sur le champ de bataille, touchant tous les êtres qui pouvaient l'utiliser, gorgeant tous artefacts jusqu'à la lié et même saturant les lieux alentours.
Les sorciers pouvaient sentir cette puissance couler en eux. Elle était si forte que la magie s'échappait d'eux par vague sans qu'ils ne puissent la retenir.
Les nains et les elfes sentaient leurs forces décupler. Le métal magique de leurs armes et armures ainsi que les cristaux magiques incrustés se mirent à briller de mille éclat comme jamais auparavant.
Les vampires, eux, accueillirent ce pouvoir en eux et s'en délectèrent. L'ivresse de cette magie était telle qu'elle surpassait tout ce qu'ils avaient connus et les pouvoirs des moindres petits vampires nouveau-nés égalaient ceux des plus anciens parmi eux.
Shamans, bergens, gobelins, yokais, tous sentaient leurs pouvoirs décupler, centupler même au point que ça en était presque douloureux. Il n'y avait alors qu'un seul moyen d'échapper à cela, c'était de l'utiliser.
La bataille repris alors avec plus de ferveur, avec plus de force. Les créatures artificielles, les Mangemorts et toutes les troupes de Voldemort n'avaient pas été touchés par la vague de puissance et devaient reculés, impuissants face à la puissance quasi divine du moindre de leurs adversaires.
Derrières Erik et Wolf toujours auréolés de leur puissance, leurs quatre étoiles se mirent à avancer. Leur corps luisait d'une aura étincelante, blanc pour Draco, vert pour Hotun, jaune pour Ingrid et sable pour Hans.
A présent ils disposaient bien des pouvoirs immenses de la prophétie et ils allaient les utiliser pour gagner.
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Ingrid n'avait jamais senti la foudre parcourir son corps avec une telle intensité. Chaque fibre de son corps, chaque muscle, chaque veine, chaque nerf, jusqu'au moindre petit os était parcouru d'un courent électrique dont la force allait de façon exponentielle. Elle ne pouvait pas le voir mais au-delà de son aura, des éclairs s'échappaient de l'air autour de son corps. Le blanc de ses yeux scintillaient tellement fort que ses prunelles en étaient presque invisibles.
L'énergie qui circulait en elle faisait accélérer les battements de son corps ainsi que son souffle chargé d'éclairs. Elle sentait une sorte d'excitation parcourir tout son être. Ça en était presque effrayant mais aussi tellement bon.
Elle serra les poings autour de la hampe de sa lance et chargea ses ennemis. Son corps propulsé par son pouvoir fendit l'air comme un éclair vivant, laissant sur son passage une traînée d'herbe brûlée.
C'était fantastique. Sa vitesse était tout bonnement fantastique. Elle en voulait plus. Elle voulait aller plus vite, encore plus vite.
La foudre autour d'elle s'intensifia. Bientôt son corps en fut totalement recouvert. Non. C'était en fait son corps qui était devenu la foudre. Comme un éclair à forme humaine qui parcourait le champ de bataille en tous sens, foudroyant tout ennemi se trouvant sur son passage.
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Hotun prit l'un de ses couteaux de lancée infusé de son pouvoir amplifié et le lança sur une immense créature à corps de serpent. La lame était faite de bois cependant elle pénétra la chaire du monstre comme si c'était du beurre.
C'est parce que ce n'était pas une arme ordinaire faite d'un bois ordinaire. Sculptée par les outils affûtés de Kazath Dum et durcie par son feu à partir d'une branche d'un arbre de Vie, elle était le réceptacle parfait pour tout le pouvoir que possédait à présent Hotun. En vérité, jamais celui-ci n'aurait pu exploiter tout le potentiel de cette arme s'il n'avait pas été béni par la Source. C'était comme si elle est les autres avaient été fabriqué pour ce seul moment.
De la plaie ouverte par l'arme jaillit de la mousse qui se mit à recouvrir la créature. C'était comme si la lame avait planté des graines en lui mais c'était bien plus que cela. C'était la chaire du monstre qui devenait mousse tout comme ses os, à l'intérieur de son corps, devaient branches ou sa fourrure, des feuilles.
Mais l'arme ne détruisait pas. Elle n'était pas faite pour cela. L'arme faisait naître la vie, une nouvelle vie pour remplacer celle que Voldemort avait souillée en créant cette créature et bientôt il ne resta d'elle qu'un arbre aux racines biens plantés dans le sol, au tronc fort et couvert d'une mousse fraîche et au feuillage luxuriant.
C'était le sort de cette créature comme c'était le sort de toutes celles que les lames jetés par Hotun touchèrent. Grandes ou petites, rapide ou non, toutes succombaient et naissaient à nouveau.
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Le sable était un pouvoir tellement étrange si on regardait bien. En fait, si Hans avait dû auparavant d'écrire son pouvoir, il aurait dit que c'était celui de contrôler les grains. Le sable était fait de grains, la poussière, la terre, le mortier…tous formés de grains minéraux minuscules et absolument sous son contrôle. Ce n'était pas vraiment un pouvoir utile si on regardait comme ça mais il avait ses avantages. Il pouvait prendre les formes les plus complexes et, parfois connus, parfois inconnus, parfois concrètes, parfois abstraites.
Mais le point le plus important c'était qu'il y en avait partout. Dans les airs, sous les mers et surtout sur le sol. En fait le sol était littéralement fait de grains à la totale disposition de Hans, libre à lui de les utiliser pour soulever le sol sous les pieds des ennemis, les frapper avec pu les enterrer en dessous.
Pourtant, le jeune Arendil était un esthète et grâce au pouvoir supplémentaire qu'il avait reçus, il comptait bien mettre un certain raffinement dans ses attaques. Il allait montrer à Voldemort que celui-ci n'était pas le seul à donner naissance à des créatures.
Cependant, lui ne créait pas de monstres cauchemardesques. En effet le pouvoir du sable lui avait toujours semblé plus lié au rêve et, tel un jeune marchand de sable, il se servit du sol pour former des êtres fantasmagoriques de toute beauté, marchant sur le sol ou volant dans les airs, terrassant les ennemis et protégeant leurs alliés.
Après tout, son arme était une paire de bouclier. Il le savait depuis longtemps, il était plus un protecteur qu'un guerrier tout comme Hotun était plus un soigneur. C'est la raison pour laquelle, alors que ses chimères oniriques se dispersaient aux alentour, lui utilisait sa magie pour protéger les autres et même si les yeux de basilique qui ornaient ses boucliers était inutile contre les créatures de Voldemort, les champs de forces émis par ses ceux-ci étaient imparable.
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Jusqu'à présent, Draco n'avait jamais utilisé son pouvoir autrement que pour dissimuler, pour tromper. La lumière, par nature est sources d'illusions mais elle a également un tout autre pouvoir.
Si le soleil nous réchauffe, ce n'est pas parce qu'il est une grosse boule de feu. Pas directement. Non, le fait qu'il soit une sphère embrasée génère de la lumière et c'est elle qui nous réchauffe, nous éblouit et qui, si elle est suffisamment forte, nous brûle.
C'était un feu lumineux qui parcourait à présent les veines de Draco. La lumière en lui pulsait et s'échappait par vague, créant autour de lui un halo semblable à celui du soleil et comme lui, le jeune sorcier envoyait ses rayons tout autour de lui. Mais ses rayons à lui étaient plus brûlants que le plus brûlant des feux. C'était des rayons de mort qui frappaient ses adversaires en les anéantissant sans aucune pitié.
Il n'avait même plus besoin de sa lame, il lui suffisait seulement de briller de mille feux.
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Petit à petit, les quatre étoiles ouvrirent un chemin sur le champ de bataille, mettant les ennemis hors d'état de nuit et les alliés à l'abri. Grâce à eux un chemin s'ouvrait pour Erik et Wolf, un chemin qui menait à nul autre endroit qu'à la colline où se trouvait Voldemort.
Sans se regarder, sans se concerter, les deux Avatars se mirent alors à marcher le long du chemin de vie et de mort formé par leurs quatre alliés. Ils allaient à présent pouvoir mettre fin à la guerre.
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Jīnfă était un être puissant, un Kyubi, un renard à neuf queues. Elle avait beau être en partie humaine, son côté yokai avait toujours prévalu. Elle était et elle demeurait un esprit supérieur ayant vécu plus de mille ans et dont la puissance n'avait jamais cessé d'augmenter au fil des siècles.
Elle croyait avoir atteint les sommets du pouvoir, seuls les dieux pouvaient être plus puissants qu'elle. Et pourtant elle comprit sa faiblesse quand elle sentit la magie de la Source couler en elle. Savoir qu'il existait une telle puissance dans ce monde était à la fois effrayant et grisant et savoir qu'elle pouvait encore espérer progresser encore la mettait dans un état d'excitation proche de l'euphorie.
Bien entendu, elle savait qu'elle ne pourrait garder ce pouvoir. Personne ne le pourrait. Même elle sentait la brulure de la magie. Avec un tel niveau de pouvoir, elle devrait continuer à se battre jusqu'à la fin des temps pour ne pas être consumée. Cependant cette perspective ne la contrariait pas trop, au contraire. L'immortalité avait cela de problématique que l'on s'ennuyait vite. Une quête visant à rechercher le pouvoir qu'elle avait en ce moment après qu'il lui serait retiré lui prendrait sans doute le reste de son existence.
« Tu sembles bien joyeuse chère sœur » dit alors une étrange voix dans son dos.
C'était comme si deux personne avaient parlé exactement en même temps.
Jīnfă se retourna et sourit en voyant les trois adolescents shamans derrière elle. Sauf que ce n'était pas vraiment eux, pas complètement. Tout comme leur voix était double, leur corps aussi semblait se dédoubler. Les trois jeunes étaient bien là mais les esprits des trois autres fondateurs semblaient se mêler à eux. Tous les six irradiaient littéralement de pouvoir.
Que ce soit du côté des shamans ou de magiciens, il y avait toujours eut des doutes sur la nature du furyoku. Certains disaient que c'était une forme de magie et d'autre non. Vu à quel point le pouvoir de la Source avait amplifié les pouvoirs des shamans, la réponse ne faisait plus aucun doute.
« Simplement la perspective d'un avenir intéressant » répondit la femme renard avec un sourire. « Je vois que vous avez fini ce que vous avez à faire. »
« Et comme tu le vois, nous sommes de retour vers toi » dirent Oltau et Nalangu d'une même voix.
Jīnfă ne le montra pas mais elle se sentit encore plus heureuse et un sentiment de soulagement parcourut son être. Certaines personnes avaient besoins d'être souvent rassurés sur les sentiments des autres à son égard.
« Nous pensions venir nous amuser à tes côtés » rajoutèrent Tankred er Styr. « Cela fait longtemps que nous ne nous sommes pas battus ensemble. »
« Non » dit doucement Jīnfă. « Nous ne nous sommes jamais battu avec un tel niveau de pouvoir. »
Elle glissa un regard amusé à ses amis et sourit.
« C'est excitant vous ne trouvez pas ? »
Un sourire similaire apparut alors sur les lèvres des trois esprits et des trois shamans. Oui, ce combat allait être très intéressant.
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Ginny accueillit le surplus d'énergie avec plaisir. Elle avait refusé de le montrer mais la bataille incessante qu'elle menait depuis le début des combats la fatiguaient un peu plus. Pourtant elle refusait de montrer le moindre signe de faiblesse. Surtout pas alors que sa famille était présente. Seule fille parmi six garçons et en plus la benjamine, elle avait toujours été surprotégé par sa famille, la poussant à aller toujours plus loin pour prouver qu'elle était capable de se débrouiller seule.
C'était la frustration et la peur de l'échec qui l'avait poussé à écrire dans le journal de Jedusor lors de sa première année. C'était une chose qu'elle avait toujours regretté et pas seulement à cause de ce qui était arrivé dans la Chambre des Secrets. Elle s'en voulait de s'être fait avoir, de s'être montré faible. On avait eu beau lui dire que ce n'était pas sa faute, que c'était Tom qui était le responsable, elle n'était pas arrivée à oublier la honte.
Le fait que Tom soit en fait Voldemort, ce qu'elle n'avait appris que plus tard, rajoutait à son humiliation. Elle avait vécu ce traumatisme comme une trahison, un viol même, et elle refusait d'être une victime à nouveau.
Pourtant, quand Erik était apparu et que les combats avaient cessé, elle avait été soulagée. Elle se sentait arriver à ses limites tant physiques que magique. C'est pour cela qu'elle avait été heureuse de tout ce pouvoir supplémentaire qui avait afflué en elle.
Mais plus de puissance magique ne pouvait pas compenser la fatigue physique. Au contraire même, le corps était soumis à plus rude épreuve et un corps fatigué risquait de rapidement la trahir.
Et c'est ce qui arriva presque dès la reprise des combats. Alors qu'elle se battait, elle s'écarta un peu trop du reste de sa famille. À ce moment-là, elle sentit un mouvement dans sa direction. Elle leva les yeux et vit l'un des immenses Dragons noirs fondre sur elle. Elle voulut léviter mais c'est à cet instant précis qu'elle sentit une faiblesse dans sa cheville et qu'elle dérapa. Le dragon, lui, continuait à descendre à pleine vitesse, gueule grande ouverte.
« Ne la touche pas ! » s'exclamèrent alors simultanément cinq voix. « Reducto ! »
Le sort lancé simultanément par les autres Weasley et démultiplié par leur magie amplifié fit mouche. Les cinq éclairs bleutés percutèrent la créature au même moment. Celle-ci ne fut pas simplement désintégrée, elle explosa avec une telle force que l'énergie résiduelle détruisit d'autres monstres volants plus petits, créant une sorte de vide dans l'air tout autour.
« Est-ce que ça va ma chérie ? » demanda alors Mrs Weasley qui s'était précipitée pour aider sa fille à se relever.
« Tiens » lui dit son père en lui tendant une potion.
C'était de la pimentine. Normalement elle était utilisée pour soigner le rhume mais en d'autres circonstances, elle permettait de retrouver des forces et d'éviter l'épuisement. Ils en avaient tous reçus plusieurs en vue de la bataille en même temps que d'autres potions de soins mais Ginny avait refusé d'utiliser les siennes. Elle voulait pouvoir se débrouiller.
« Non » dit-elle en essayant de se dégager. « Je… »
Mais elle chancela et du se retenir à l'épaule de sa mère.
« Si tu ne bois pas, tu ne vas pas pouvoir continuer à combattre » lui dit alors celle-ci.
Ginny leva les yeux vers elle. Elle était pourtant persuadé qu'ils allaient lui dire de se retirer. Elle ne voulait pas paraitre faible mais elle n'avait pas vraiment le choix. Elle prit donc le flacon débouché que lui tendait son père et avala le liquide d'une seule gorgée. Elle sentit son corps se mettre à bruler mais ce n'était rien comparé à la brulure de la magie qui se déchainait toujours en elle. Toujours est-il qu'elle put enfin se redresser sans tomber.
« Tu en aurais une autre pour moi ? » demanda alors Charlie en jetant un regard furtif à Arthur Weasley.
Lui, Bill et Percy étaient disposés tout autour de leurs parents alors que ceux-ci s'occupaient de leur sœur. D'autres créatures arrivaient mais étaient arrêtés par les trois garçons. Pourtant ils savaient que si cela continuait, ils allaient rapidement se trouver dans le même état que Ginny. D'ailleurs, Charlie n'était pas le seul qui avait besoin d'une potion, ses deux frères étaient également à court.
« Désolé » leur répondit Arthur, peiné. « C'était ma dernière.
Il tourna son visage vers sa femme qui secoua la tête. Elle avait aussi utilisé tout son stock. Ginny, elle, regardait sa famille avec de grands yeux. Dans le feu de l'action, elle n'avait même pas remarqué que ses frères et même ses parents s'étaient sentis affaiblie au point de prendre la potion. Elle fouilla alors dans sa sacoche et en sortit toutes les doses de pimentine qu'elle possédait. Il y en avait une pour chacun d'eux.
Arthur, Molly et même Bill, Charlie et Percy lui jetèrent des regards surpris.
« Ne me dit quand même pas que depuis le début tu te bat sans la potion » dit Percy, éberlué.
Ginny cligna des yeux en regardant chacun des membres de sa famille puis rougit de fierté. Oui, c'était vrai, elle avait tenu sans potion, en fait elle avait tenu plus longtemps que chacun d'eux. Elle allait ouvrir la bouche pour répondre quand elle vit une énorme créature galoper dans leur direction. Concentrés sur elle, ses frères ne l'avaient pas vu.
Rapidement, elle dépassa ses parents et puis se plaça juste devant ses frères, main levé pour lancer le premier sort qui lui venait à l'esprit, son sort préféré, celui de chauve-furie.
« Vespertilio Furor ! » s'exclama-t-elle.
Aussitôt, une tourbillon de chiroptères enragés jaillit de sa main tendu et fonça vers le monstre. Ginny pensait seulement l'arrêter mais son attaque fit plus que ça. Les milliers de chauves-souris furieuses déchiquetèrent le monstre en quelques secondes avant de continuer à semer la destruction parmi les ennemis.
Ginny était tellement surprise de la puissance de son attaque, qu'elle n'entendit pas sa mère approcher. Molly Weasley se plaça alors juste à côté de sa fille, la prit par les épaules et lui embrassa la tempe.
« Bien joué ma grande fille » lui dit-elle.
Ginny eut un sourire sincère.
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C'est avec une grande excitation que Nurarhyon menait son cortège démoniaque parmi le champ de bataille. Les combats lui avaient manqués. Auparavant, lui et ses cent démons avaient écumés le pays pour agrandir son territoire mais à présent la vie était clame. Peut-être un peu trop.
L'atmosphère des champs de bataille lui avait manqué. Cet air lourd, cette odeur de sang et de sueur…Mais le plus entêtant, c'était les odeurs humaines. Excitation, colère…peur. Oui, comme tous les Yokai, il se nourrissait de la peur et plus celle-ci était grande et plus ils étaient puissants.
Cependant, lui et les autres restaient des êtres de magie et la brusque poussée de pouvoir lui avait bénéficié tout autant qu'à ses troupes. La puissance avait redoublé son excitation. Jamais une marche d'un cortège ne l'avait mis dans un tel état.
Mais soudain, quelque chose sembla approcher, quelque chose d'étrange, qui n'était pas de ce monde. Cette pensée le fit sourire. Lui-même n'était pas vraiment de ce monde. Comme tous les yokai, il était à cheval entre le réel et le rêve.
Cependant cet être était différent. Tous le fuyaient, alliés comme ennemis. Et lui semblait fuir également même si Nurarhyon ne savait pas trop quoi.
Il le vit approcher et vit qu'il s'agissait…d'un arbre. Un arbre vivant, avec des bras et des jambes et ce qui semblait être une bouche. On pouvait entendre des sons en sortir mais impossible de savoir ce qu'il disait.
« Intéressant » dit Nurarhyon avec un sourire.
« Monseigneur ! » s'exclama la Yuki Onna en voulant se placer devant lui.
Mais d'un geste, le maitre du cortège l'en empêcha.
« Allons ma belle Setsura » dit-il en prenant son menton dans sa main, « tu ne voudrais quand même pas m'enlever le plaisir de rencontrer notre nouvel ami ? »
« Non, Monseigneur » répondit Setsura alors que la peau blafarde de ses joues se colorait de rouge.
Elle se recula rapidement et s'inclina. Nurarhyon sourit puis se tourna à nouveau vers l'arbre qui venait dans sa direction. Il se mit dans une position décontracté et fit reposer la lame de son sabre sur son épaule. L'arbre arriva alors à son niveau et s'arrêta, le regardant droit dans les yeux.
« A…llié ? » demanda la créature d'une voix caverneuse.
Nurarhyon remarqua que c'était une voix de femme.
« Je ne sais pas » répondit le yokai. « À toi de me le dire. »
Soudain, l'arbre parut devenir fou.
« Allié ! Allié ! Allié ! » se mit-il à crier.
Dans le même temps, il se mit à faire de larges mouvements et ses branches se mirent à fouetter l'air autour de lui. Pourtant Nurarhyon ne bougeait pas. Il restait parfaitement calme face à la colère de la créature.
Finalement, celle-ci se mit à crier et attaqua Nurarhyon. Son bras ressemblant à une grosse branche noueuse tenta de le faucher mais il ne rencontra aucun obstacle. Pourtant Nurarhyon était toujours là. Le bras l'avait traversé et dispersé son image comme s'il n'avait été fait que de brume.
« On dirait qu'il va falloir se battre Nenekirimaru » dit le maitre du Cortège en s'adressant à son sabre.
A nouveau, le bras de la créature voulut le frapper et ce qui devait être son poing s'enfonça dans le sol. Nurarhyon, lui, avait disparu. L'arbre se redressa et chercha autour de lui. Il n'y avait rien. Pourtant, il se mit à entendre des pas dans l'herbe du champ de bataille. Quelqu'un marchait vers lui. L'arbre regarda partout autour de lui mais il était incapable de voir son adversaire.
Et pourtant Nurarhyon était bien là. C'était juste que l'arbre ne pouvait pas le voir. Pas parce que Nurarhyon était invisible mais parce que son esprit refusait même jusqu'à son existence. La peur est une arme puissante. Elle peut paralyser mais elle peut aussi rendre imperceptible. En effet quand un être est submergé par la peur alors son esprit tente par tous les moyens de chasser la peur en dissimulant ce qui la provoque.
Et c'est ce que fait Nurarhyon. En se drapant dans la peur, il devient une présence qui s'efface des esprits…ce qui lui permet de frapper.
Un coup d'épée, un seul, et l'arbre s'effondra, coupé en deux. Nurarhyon réapparut alors et se dirigea calmement vers la tête du Cortège.
« Non ! » s'écria alors une voix.
Le yokai se retourna et vit un jeune homme marcher dans leur direction. L'un de ses bras semblait avoir été arraché alors que l'autre tentait de presser la plaie pour arrêter l'hémorragie.
« C'était ton ami ? » demanda calmement Nurarhyon. « Désolé de l'avoir tué. »
Mais le jeune homme ne l'écoutait pas. Il se traina jusqu'aux restes de la créature arbre et tomba à genoux. Avec sa main valide, il se mit à fouiller dans le tronc et en retira quelque chose. Le yokai vit que c'était un corps humain.
« Je suis désolé » dit-il d'une voix entrecoupée de sanglots. « Je suis désolé Giulia. Je croyais…je croyais que j'allais pouvoir te faire revivre, je croyais…que ça marcherai. Je ne pouvais pas savoir… »
Nurarhyon vit que le regard du jeune homme était voilé, presque fou.
« Mais tu vas voir » poursuivit-il. « Je…je vais trouver une solution. Je vais recommencer et cette fois, tout…tout ira bien, tu… »
Mais il ne put achever sa phrase. Une lame venait de se planter dans le cœur qu'il tenait à la main. Nurarhyon, qui s'était avancé, souleva l'organe planté sur la pointe de son épée puis le jeta en l'air.
« Setsura ! » cria-t-il alors.
La Yuki Onna comprit tout de suite l'ordre. Elle prit une grande aspiration puis souffla dans la direction du cœur. Prit dans la magie de glace de la yokai, celui-ci gela avant d'exploser en retombant au sol.
« Non ! » cria Francesco. « Pourquoi vous avez fait ça ? Je ne pourrais plus jamais la faire revenir. »
« Il faut savoir respecter ceux qui sont morts » dit-il avec un regard dédaigneux. « Surtout quand il s'agit d'êtres aimés. »
« Mais je ne voulais pas qu'elle parte ! C'était trop tôt ! »
« C'est toujours trop tôt quand on aime » dit le yokai qui s'était légèrement adouci. « Crois en l'expérience d'un vieil immortel dont l'amour de sa vie était humaine. »
« Je ne sais pas ce que je pourrais faire sans elle. »
« Vivre, quoi d'autre. »
Puis Nurarhyon se détourna et repartit à la tête de son cortège en laissant Francesco pleurer toutes les larmes de son corps. Il n'y avait rien qu'il puisse faire de plus pour lui. Le jeune homme devait trouver la force en lui et en lui seul.
Jusque-là, il avait quelque chose de bien plus réjouissant à mener.
Un combat.
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Voldemort sentit une impression désagréable parcourir son corps à mesure que son ennemi de toujours avançait vers lui. Il ne savait pas ce que c'était et s'il l'avait su, il n'aurait laissé personne le savoir, pas même lui.
C'était la peur. Voldemort avait peur. Il voyait ce puissant pouvoir s'approchait de lui et il avait peur. L'impression de puissance était tellement écrasante qu'il n'arrivait même pas à désirer ce pouvoir. Non, même pour lui c'était trop.
Et puis enfin, ils furent face à face. Potter et son ancien allié entouré de ses amis d'un côté et Voldemort de l'autre avec quelques Mangemorts. Trop peu pour le défendre.
« Rends-toi Tom » dit simplement Erik.
Mais Voldemort ne voulait pas renoncer. Il ne pouvait pas. Il était tellement près du but. Il tendit alors le bras et le pointa vers le couple.
« Avada Kedavra ! »
Le rayon vert fil vers Erik et Wolf et les percuta. Voldemort crut avoir réussi mais son sort sembla être aspiré par les deux Avatars.
« Impossible » murmura-t-il pour lui-même.
Il relança le sort sans plus résultat mais il refusait d'abandonner. Une pluie de sorts s'abattit sur Erik et Wolf sans résultat.
« C'est inutile » dit le jeune Prince d'Arendelle. « Nous sommes la Source de la Magie. Nous sommes la Magie elle-même. Aucun sort ne peut nous faire de mal. »
Voldemort serra la main autour de sa baguette. Non ! Il refusait !
Il leva alors les mains en l'air et celles-ci se teintèrent d'une lumière verte. De longs tentacules d'énergies se mirent alors à jaillir et à s'étendre sur tout le champ de bataille. L'un d'eux saisit une créature puis l'amena au-dessus de Voldemort. Puis un autre en amena une à son tour et la mit près de l'autre. Il se passa alors quelque chose d'incroyable et écœurant. Leur chaire noire se mit à se fondre l'une dans l'autre et au moment où une troisième créature fut amené, le même phénomène se produisit. La créature qui se formait sous leurs yeux étaient un monstre comme jamais ils n'en avait vu auparavant. Une forme noire pleine de bras, de jambes, de pattes, de queues…
« Si la Magie ne fait rien, alors j'utiliserai mon pouvoir ! » s'exclama Voldemort, hystérique.
« Il faut l'en empêcher coute que coute ! » s'exclama alors Erik à l'attention de ses amis.
« Cette créature risque de tuer tout le monde ! » souffla Draco en voyant la chose grossir encore à mesure que d'autres étaient amenés pour la renforcer. »
« Pas seulement » reprit Erik. « S'il continue à utiliser son pouvoir comme ça, tout va disparaitre. Nous sommes au bord de l'implosion, là. »
Comprenant qu'ils n'avaient pas de temps à perdre, les quatre amis d'Erik voulurent attaquer Voldemort en même temps mais à ce moment-là, ils furent percuter par une masse de créatures. Il semblait que toutes celles présentes sur le champ de bataille convergeaient à présent vers Voldemort pour protéger leur maitre.
« C'est dingue ! » s'exclama Ingrid en se battant comme un beau diable. « On est plus nombreux, plus puissant et on pratique depuis plus longtemps, pourquoi il est si fort ? »
Même avec sa vitesse il lui était impossible d'approcher Voldemort. Elle était perpétuellement refoulée.
« Il s'est mieux préparé » lui répondit Erik. « Il faut trouver une autre approche.
« Je…je crois que j'ai une idée » dit alors Hermione.
Elle avait suivi Erik et Wolf quand ceux-ci avaient commencé à traverser le champ de bataille. Elle voulait pouvoir assurer leurs arrière si nécessaire et finalement elle avait eu raison parce qu'elle savait que maintenant, c'était à elle d'agir.
« Je…je vais juste avoir besoin de plus de pouvoir » dit-elle.
« Ton corps risque de ne pas résister » la prévint Erik.
« Sauf si on le fait ensemble. »
« Tu es sûr ? »
Hermione hésita quelques instants puis hocha la tête. Erik fit un signal à Draco, Ingrid, Hans et Hotun qui érigèrent une barrière autour d'eux. S'ils devaient soutenir Hermione, ils ne pourraient pas se battre. La jeune fille prit plusieurs respirations puis ferma les yeux. Son travail serait du domaine de l'esprit et elle se concentrait mieux les yeux fermés. Et de la concentration elle en aurait besoin. Ce qu'elle s'apprêtait à faire, elle ne l'avait tenté qu'une seule fois et elle avait échouée. Cette fois elle devait réussir.
Voldemort était un bon legilimens mais un occlumens médiocre. En fait, il utilisait généralement la lecture d'esprit pour se défendre à contre-attaquant. Mais Hermione était plus fine et plus douée que n'importe qui et Voldemort était occupé. Entrer dans son esprit serait facile, surtout qu'elle suivrait une route bien précise.
Connectant son esprit à l'un des tentacules de Vie, elle le remonta jusqu'au Mage Noir et à son esprit. Le pouvoir lui servit de passerelle mais à présent qu'elle était à l'intérieur, il allait lui servir de guide vers un endroit bien précis de l'esprit de Voldemort : le siège de son pouvoir.
Quand elle s'était retrouvée face à Wolf, ou plutôt face à l'Esprit Noir en Wolf et que celui-ci avait utilisé ses ténèbres sur elle, elle avait réussi à se libérer en déstabilisant le noyau de son pouvoir. C'est ce qu'elle voulait faire avec Voldemort sauf que cette fois au lieu de le simplement le déstabiliser ou même de le désactiver comme elle aurait voulu le faire avec Wolf, elle voulait le détruire.
Elle savait que cette action suffirait à stopper Voldemort. Malgré tout, elle ne savait pas du tout comment faire. Elle espérait que sa puissance brute combinée à celle de ses amis suffirait.
Enfin, elle arriva devant le noyau.
C'était une sphère d'un vert puissant mais pas aussi funeste que l'Avada Kedavra. Non, celui-ci semblait doux et chaud. Pourtant, la sphère semblait endommagée. À certains endroits, le vert était sale, comme pollué. C'était le résultat des actions de Voldemort. Il ne se rendait même pas compte qu'il se détruisait lui-même en même temps que le monde. Tant mieux. Son travail n'en serait que plus facile.
Elle passa aussitôt à l'attaque. Il n'y avait pas de sort, pas de plan, pas de stratégie. C'était seulement de l'énergie, de l'énergie brute balancée contre la sphère. Ingrid, Hans, Hotun et Draco, tous les trois s'y mettaient avec elle pour détruire la sphère.
A l'extérieur, Voldemort se mit à crier. Il sentait une grande douleur parcourir sa tête. Son pouvoir semblait flancher mais hors de question qu'il abandonne. Sa volonté pure était telle qu'elle était suffisante pour résister à l'attaque.
On ne va pas y arriver !
Hermione s'était parlé à elle-même mais sa phrase sembla résonner partout autour d'elle à travers les liens qu'elle avait avec ses amis. Bientôt, elle sentit une autre présence se mêler à son attaque et envoyer sa force, puis une autre et encore une autre. Chacun de ses amis s'était arrêté de se battre pour lui prêter main forte. Ensemble, tous ses treize amis étaient avec elle.
Non, pas seulement eux. Erik et Wolf ne pouvaient pas lui envoyer plus d'énergie, ça serait dangereux. Et pourtant ils étaient là, leurs esprits étaient là pour la soutenir elle dans son effort pour vaincre Voldemort et mettre fin aux combats.
Ils étaient comme une flèche dont elle était la pointe et cette pointe réussit à venir à bout de la résistance de Voldemort. Dans la vision qu'elle avait du pouvoir de Voldemort, Hermione vit la sphère se fendre…et exploser.
Cependant l'explosion ne fut pas seulement mentale. Toute l'énergie convoquée par Voldemort s'échappa soudain de lui et balaya le champ de bataille. C'était une énergie douce et chaleureuse, une véritable énergie vitale débarrassée de la souillure. Toutes les personnes présentes crurent alors entendre un soupir, comme si le monde lui-même était soudain soulagé.
Hermione, elle, avait été expulsée tellement fort de l'esprit de Voldemort que son corps physique en était tombé à la renverse. Elle sen sentait très fatigué et sa tête tournait.
« Tu as réussi Hermione ! » s'exclama Erik en lui tendant la main pour l'aider à se relever.
Hermione la prit et se remit sur ses jambes. Ses amis étaient autour d'elle. Non seulement Erik, Wolf, Hans, Hotun, Draco et Ingrid mais aussi les autres qui avaient convergés vers eux : Neville, Haldus, Pansy, Vincent, Gregory, Blaise, les Jumeaux, Théo…tous semblaient avoir souffert des combats mais ils étaient encore debout, en pleine forme et ils lui souriaient.
« Tu as réussi Hermione » répéta Erik.
« J'ai arrêté Voldemort ? » demanda-t-elle.
« Pas seulement » lui dit son ami avec un sourire. « Grace à toi, le principe Vital va pouvoir être restauré. Tu as sauvé le Monde, Hermione. Le Monde et la Magie. »
« Vraiment ? » demanda la jeune fille avec un sourire.
A ce moment-là, un rayon de lumière apparut dans le ciel et recouvrit Hermione. Celle-ci se sentit alors très légère. Elle eut alors l'impression qu'un courent d'eau frais passait à travers son corps. Ce n'était pas désagréable, bien au contraire. Cette sensation lui donnait une impression de total apaisement.
Puis la lumière disparut de même que la sensation et Hermione sentit à nouveau son corps. Pourtant, elle se sentait différente, elle ne savait pas vraiment en quoi mais elle sentait qu'elle n'était plus la même qu'auparavant. Elle se mit à regarder son corps, cherchant des différences mais elle ne vit rien à part peut-être…
Elle se figea quand elle vit sa main droite. Son majeur était orné d'une bague qu'elle ne possédait pas auparavant. Mais ce n'était pas une simple bague, c'était un Anneau Seigneurial.
En bronze, il était orné d'un blason formé d'un écu écartelé de sable à lunes d'argent et d'orangé à livres d'or surmonté de la couronne marquisale. En dessous de l'écu, il y avait un phylactère avec des caractères en latin.
« Adhuc Eruditio » lut-elle.
« Tu sais ce que ça veut dire ? » lui demanda Draco.
« Bien sûr » soupira Hermione. « Je connais le latin. Ça veut dire « Toujours Apprendre ». »
« Non ! Pas ça ! L'anneau ! Tu ne comprends pas ? Tu es devenu une Sang-Pur ! »
La nouvelle fit sursauter Hermione.
« Moi ? Une S…Non, c'est impossible, je n'ai pas… »
« Et pourtant c'est vrai » lui dit Erik. « En empêchant Voldemort de continuer, tu as sauvé la magie et celle-ci t'a récompensé en faisant de toi la première de ta lignée, la Dame de la Maison Granger. »
« Mais je croyais que c'était vous la magie ! » s'exclama la jeune fille.
« C'est plus compliqué que ça » répondit son ami avec une grimace. « Nous représentons les parts de la magie, son aspect physique, énergétique, mais elle possède tout de même un esprit indépendant. »
« Un esprit qui t'as jugé digne d'être récompensé » poursuivit Wolf.
A ce moment-là, un gémissement se fit entendre derrière eux. Tous se retournèrent alors vers Voldemort. Dans l'excitation du moment, ils avaient oubliés qu'il était toujours en vie et dangereux. Il ne possédait plus son pouvoir mais il restait tout de même un sorcier dangereux malgré le choc de l'explosion qui l'avait aussi jeté par terre.
« Ce n'est pas…fini… » cracha-t-il en faisant des efforts pour se relever. « Je n'ai pas…encore…perdu. »
« Tu ne peux pas gagner » dit Erik. « Nous sommes tous contre toi alors que ton armée est en déroute. »
En effet il ne restait plus grand-chose des créatures de Voldemort. Certaines étaient mortes dès que son pouvoir avait été détruit, d'autres erraient sans buts, devenus folles à cause du choc et étaient éliminés par les forces de l'armée internationales et inter-espèce en même temps que les Mangemorts et autres alliés de Voldemort survivant. D'autres encore s'étaient enfuis mais il serait temps plus tard d'organiser des battues pour les retrouver.
En effet, il était raisonnable de dire que Voldemort était vaincu. Il ne manquait plus qu'il soit arrêté par les Défenseurs et enfermé en attente d'un jugement. Erik ne voulait pas le tuer. Il n'était pas comme ça. Tous les horcruxes avaient été détruit, même Nagini dont Draco s'était chargé dès le début de la bataille en activant le sort qui empêchait le poison de se propager dans son organisme. Voldemort n'était donc plus immortel et même s'il était encore une menace, ce n'était rien que les amis d'Erik ne pouvaient gérer.
Pourtant Voldemort ne ressemblait pas à un vaincu. Au contraire il souriait. Il ouvrit la bouche et laissa échapper quelques sons d'une voix rauque et gutturale.
Aussitôt, Haldus sentit son corps se raidir. Sans qu'il ne comprenne pourquoi ni comment, il commença à faire un pas, puis un autre en direction de Voldemort. Il ne voulait et pourtant il était inexorablement attiré vers son géniteur.
« Haldus ! » s'exclama Neville.
« Je…je ne peux pas…me contrôler » souffla Haldus en essayant de se débattre.
« Inutile mon fils » siffla Voldemort.
Avant que quiconque n'ai pu faire un geste, Haldus se retrouva près de Voldemort. Celui-ci le plaqua contre son torse avec un bras et de l'autre il posa sa baguette sur sa gorge.
« Comment… » commença Haldus.
« Tu as passé tant de temps avec moi, mon fils » dit Voldemort. « Je voulais être sûr qu'au moment voulu tu sache une chose importante. Ton corps m'appartient. »
« Relâche-le ! » s'exclama Neville en concentrant sa magie.
« Un seul geste et il meurt » le menaça l'homme.
Haldus envoya alors un message à son époux. Il lui suffisait d'arrêter le temps et alors il pourrait s'échapper. Mais il n'en eut pas le temps. Le sol près des jeunes sorcier explosa, les faisant tomber en arrière. L'attaque était arrivé assez loin de Voldemort donc seul le souffle le toucha. Malheureusement une pierre heurta Haldus à la tête, lui faisant perdre conscience.
L'air miroita alors près de Voldemort et un Mangemort apparut, portant un sac.
« Je les ai, Maitre ! » s'exclama-t-il d'une voix empressée.
« C'est bien Dolohov, je suis satisfait » ronronna presque Voldemort.
Alors que tous regardaient le Mangemort, Pansy posa son œil magique sur le sac et vit immédiatement ce qu'il contenait.
« Ne le laissez pas s'enfuir ! » s'exclama-t-elle. « Il a pris les statuettes ! »
Mais c'était trop tard. Voldemort et Dolohov avaient disparu, emportant Haldus avec eux.
« Haldus ! Non ! » s'écria Neville d'une voix désespérée.
Il tomba alors à genoux sur le sol et se mit à pleurer.
A suivre…
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Et voilà ! Fin de l'avant-avant-dernier chapitre de l'histoire (sans compter l'épilogue). J'espère qu'il a répondu à vos attentes vu ce que vous l'avez attendus.
Oui, je sais que dans l'histoire originale, Tobias Rogue n'est pas originaire d'une famille de sorciers mais je trouvais plus crédible qu'il le soit pour expliquer sa violence.
Bon, je sais. Gros speech sur l'enfance de Severus. J'espère que ça vous a pas trop gonflé. J'espère aussi que j'ai pas fait de contre sens. Je crois que j'ai déjà évoqué sa vie dans Prince des Neiges et j'espère que ça concorde. Au pire je ferais des changements là où il faut. En tout cas si vous voyez des incohérences, n'hésitez pas à me le dire.
J'ai toujours vu le pouvoir de Hans comme se rapprochant de celui-ci du Marchand de Sable dans les 5 Légendes de Deamworks. J'ai toujours eut l'idée qu'il. Utilise le sable pour créer des créatures comme lui.
Je viens de me rendre compte. Malgré le fait que je joue à FF14, ça m'avait échappé. Ou peut-être qu'il m'a influencé. Dans le jeu, une équipe de donjon normale est composé d'un Tank, un guerrier qui protège le groupe en prenant les dégâts (donc un protecteur), d'un soigneur et de deux DPS (Dégâts Par Seconde), des guerriers ou des magiciens chargés de faire des dégâts. Et bien dans mon histoire, Hans protège (Tank), Hotun soigne, et Draco et Ingrid attaquent…c'est fou non ?
Pour le blason d'Hermione, il est séparé en quatre avec la partie supérieur gauche et la partie inférieure droite noire avec une lune d'argent et la partie supérieure droite et la partie inférieur gauche orange avec des livres dorés.
Voilà, je vous dis donc à dans deux semaines et n'hésitez pas à me laisser des commentaires.
