Chapitre 25 : Les mots sur le mur
Résumé :
Les autres membres du personnel arrivent sur les lieux, et l'enquête est lancée.
Note conjointe de l'autrice et de la traductrice :
Ce chapitre s'appuie fortement sur le chapitre 9 de Harry Potter et la Chambre des Secrets. Les passages que vous reconnaissez vaguement sont probablement des citations traduites par mes soins.
- Qu'est-ce qui se passe ici ? Qu'est-ce qui se passe ?
Argus Rusard – ou ce qui semblait être Argus Rusard – fendit la foule à grand renfort de coups d'épaule. Quand il découvrit le spectacle, il recula, se couvrant le visage avec une expression d'horreur.
- Mon chat ! Mon chat ! Qu'est-ce qui est arrivé à Miss Teigne ?
Un bref coup d'œil confirma que l'objet suspendu au support de la torche semblait bel et bien être Miss Teigne, rigide et immobile.
Et puis les yeux de Rusard tombèrent sur le groupe que Severus protégeait, et son expression se durcit.
- Toi ! hurla-t-il en désignant Harry. Tu as tué mon chat ! Tu l'as tuée ! Je vais te-
- Absolument pas. À ce point Severus avait bien peu d'énergie disponible pour calmer Rusard, mais la fureur provoquée par le chagrin devait être redirigée, et rapidement.
Un instant plus tard, le directeur arriva enfin sur les lieux, suivi par les autres membres du personnel. Enfin, Severus mit fin au sort de bouclier qu'il avait maintenu, même s'il garda sa baguette à portée de main alors que Dumbledore les dépassait d'un pas vif et détachait Miss Teigne du support de la torche. Quiconque avait frappé le chat et attiré Potter ici n'oserait probablement pas attaquer devant une telle foule.
- Venez avec moi, Argus, dit Dumbledore. Vous aussi, Severus, et vos élèves.
Lockhart s'avança d'un air impatient, la lumière des torches scintillant de façon horripilante sur ses cheveux.
- Mon bureau est tout près, Directeur – juste un étage à monter – je vous en prie -
Severus plissa les yeux.
- Merci, Gilderoy, dit Dumbledore.
La foule silencieuse s'écarta pour les laisser passer, Minerva se joignit à eux, et les autres professeurs restèrent en arrière pour s'occuper des élèves.
- Est-ce que ça va ? demanda discrètement Minerva alors qu'ils montaient les escaliers. Que s'est-il passé ?
Severus secoua légèrement la tête. Il ne voulait pas prendre le risque de se laisser distraire par une conversation dans ce couloir ouvert à tous vents. Le bureau de Lockhart ne serait pas vraiment plus sûr, mais au moins il pourrait surveiller les portes.
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Il y eut plusieurs mouvements brusques sur les murs quand ils entrèrent ; Severus brandit sa baguette, puis reconnut les portraits de Lockhart qui quittaient les lieux. Le vrai Lockhart éclaira la pièce et dégagea son bureau pour que Dumbledore puisse y déposer Miss Teigne. Severus désigna aux enfants les chaises les plus proches du bureau, et les observa pour la première fois depuis qu'il avait brandi le bouclier.
Tous quatre étaient pâles, observant les yeux ronds ce qui se passait autour d'eux. Severus réalisa qu'aucun d'eux n'avait mangé, et murmura "Nibbet, des sandwiches et du jus pour quatre." Un instant plus tard, une assiette et quatre gobelets apparurent sur un des bureaux, et les enfants sursautèrent.
- Mangez quelque chose, leur dit-il à voix basse. Vous vous sentirez mieux. Quoi qu'il se soit produit, vous n'êtes pas responsables.
- Elle a certainement été tuée par un sort, entendit Severus derrière lui, de la voix orgueilleuse de Lockhart. Probablement un supplice de Métamorphose – j'ai vu ça tellement de fois, quel dommage que je n'aie pas été là, je connais le contre-sort exact qui aurait pu la sauver…
Severus plissa les lèvres alors que Lockhart continuait, n'offrant absolument rien d'utile. La seule chose que de tels commentaires apportaient à l'enquête était une raison de se méfier de lui, même si Severus n'avait encore vu aucun signe indiquant qu'il soit capable de ce qu'il affirmait. Cependant, le fait que les gens semblent le croire méritait une enquête plus approfondie.
Rusard pleurait, des sanglots secs et déchirants, et Severus regretta que Pomona ou Rolanda ne soient pas là pour le réconforter. Miss Teigne avait été l'animal de compagnie de Rusard quand il était arrivé à l'école pendant la deuxième année de Severus, fuyant les persécutions des Mangemorts. Sa perte serait très douloureuse pour lui.
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- Elle n'est pas morte, Argus, dit enfin Dumbledore.
- Pas morte ? s'étrangla Rusard, regardant Miss Teigne à travers ses doigts. Mais pourquoi est-elle si – si immobile ?
- Elle a été pétrifiée, dit Dumbledore. Mais comment, je ne sais pas…
Pétrifiée d'une façon inhabituelle, supposa Severus, compte tenu du fait que le maléfice du saucisson était maîtrisé par la plupart des première année.
Severus s'écarta, se tourna pour surveiller les adultes en même temps que les enfants – juste à temps pour voir Rusard pointer un doigt sur Potter et crier "Demandez-lui !"
- Potter n'est pas responsable, dit Severus d'une voix ferme. Nous sommes arrivés sur les lieux en même temps, après le départ de l'agresseur.
- Si ce n'est pas lui, qui d'autre ? cracha Rusard, et Potter tressaillit. Il a trouvé – dans mon bureau – il sait que je suis un –
- Argus, l'interrompit Severus. Je peux vous indiquer tous les mouvements de Potter depuis dix-neuf heures aujourd'hui. Quoi qu'il sache à ce sujet, ou ignore, il n'est pas responsable de ce qui est arrivé.
- Mon chat a été Pétrifié ! s'écria Rusard. Je veux voir une punition appropriée !
- Nous allons pouvoir la guérir, Argus, dit Dumbledore d'une voix patiente. Le professeur Chourave a récemment pu se procurer des Mandragores. Dès qu'elles auront atteint leur taille adulte, je ferai faire une potion qui réveillera Miss Teigne.
Je ferai faire une potion ? Severus ouvrit la bouche pour faire un commentaire, mais fut interrompu par Lockhart.
- Je la ferai, déclara le fanfaron vaniteux. J'ai dû la faire une centaine de fois. Je pourrais préparer un Philtre Restaurateur à la Mandragore dans mon sommeil –
- Excusez-moi, dit Severus d'un ton glacial. Mais il me semble que je suis le Maître de Potions de cette école. Et si j'ai besoin d'aide, le Compagnon Mulpepper est bien plus qualifié pour m'assister.
Il y eut une pause très inconfortable.
Minerva s'avança.
- Potter, Granger, Weasley, Londubat – venez avec moi, dit-elle, profitant clairement de l'occasion pour éviter aux élèves d'assister à la dispute à venir. Je vais vous ramener à votre dortoir.
Les enfants échangèrent un regard, et Harry se tourna vers Severus avec une expression nerveuse.
- Votre curiosité peut attendre demain, indiqua-t-il, et il fut soulagé de voir Potter se détendre. Si vous êtes perturbés par ce que vous avez vu, Madame Pomfresh conserve des philtres calmants à l'usage des élèves qui ont subi une expérience traumatisante.
Avec un peu de chance, Harry verrait où il voulait en venir, et ferait appel à lui-même ou à Pompom le lendemain.
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Minerva guida les élèves hors du bureau, et Severus se tourna vers le chat pétrifié. Il n'était pas nécessaire de mentionner que sa connaissance des maléfices dépassait celle de Dumbledore lui-même, et Albus ne fit aucun commentaire quand Severus examina le chat.
- … je confirme, dit-il enfin. Le Philtre Restaurateur à la Mandragore devrait être efficace. Cependant, les mandragores doivent être fraîches, et les nôtres ne seront pas mûres avant mai. Nous ferions mieux de demander à M. Mulpepper de rechercher d'autres fournisseurs.
Rusard devint blanc comme un linge.
- Combien de temps cela va prendre ? Et si – est-ce que son état va s'aggraver ? Comment – il avala sa salive. Qui va payer pour ça ?
Severus le regarda avec toute la douceur dont il était capable.
- D'après ce que je peux dire, elle a été pétrifiée dans l'état exact où elle se trouvait au moment de l'attaque. Le philtre devrait la ramener à cet état quel que soit le temps qui se sera écoulé. Je vous recommande de la transporter à l'Infirmerie ou dans vos quartiers, afin que personne ne puisse la toucher.
Rusard hocha la tête d'un geste saccadé et ramassa son chat, dont le corps pétrifié semblait encore plus pathétique dans ses bras.
- Je vais la prendre avec moi, dit-il, les mains tremblantes. Je – elle devrait être à la maison. Il se détourna et s'éloigna d'un pas lourd, les épaules recourbées et ses cheveux pendant autour de son visage.
Severus plissa les lèvres.
- Je vais me retirer aussi, Directeur, dit-il, ignorant Lockhart. La longue soirée commençait à peser sur lui, et il sentait son énergie diminuer. Il aurait besoin de repos pour être prêt à affronter les journées à venir.
Autre note conjointe de l'autrice et de la traductrice :
Ce chapitre suivait le livre d'assez près, donc je n'ai pas eu l'occasion de l'utiliser pour faire une déclaration à propos des dernières conneries que JKR a prononcées. Pour CETTE histoire, rendez-vous dans mon profil pour y découvrir la traduction d'une fic de seekeronthepath à propos d'une Tonks non-binaire : Un vrai nom personnel.
